1. Résumé
Le Questionnaire du trouble du développement de la coordination (connu internationalement sous le nom de Developmental Coordination Disorder Questionnaire [DCDQ] et en néerlandais sous l’appellation Coördinatievragenlijst voor Ouders [CVO]) est un instrument d’évaluation psychométrique et de dépistage standardisé, complété par les parents ou les tuteurs légaux, conçu pour identifier les difficultés de coordination motrice chez les enfants âgés de 5 à 15 ans. Développé initialement par Brenda N. Wilson et ses collaborateurs en 2000, puis révisé sous la forme du DCDQ’07 et adapté dans de multiples contextes linguistiques — notamment par Marina M. Schoemaker et son équipe en 2007 pour la version néerlandaise (CVO) —, cet outil répond directement aux critères diagnostiques opérationnels du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5-TR) pour le trouble du développement de la coordination (TDC, anciennement dyspraxie développementale).
L’instrument se compose de 15 items univoques évaluant les compétences motrices de l’enfant dans des situations écologiques du quotidien. Chaque énoncé est noté sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout comme votre enfant ») à 5 (« Tout à fait comme votre enfant »). La structure sous-jacente s’articule autour de trois facteurs robustes : (1) le Contrôle pendant le mouvement (6 items), (2) la Motricité fine et l’écriture (4 items), et (3) la Coordination générale (5 items). Le score total varie de 15 à 75 points, où des scores plus élevés reflètent une meilleure coordination et une absence de maladresse motrice, tandis que des scores inférieurs aux seuils d’alerte spécifiques par groupe d’âge indiquent une suspicion clinique de TDC nécessitant un examen approfondi (par exemple au moyen de la batterie MABC-2).
Les propriétés psychométriques du questionnaire sont solides à travers les différentes adaptations internationales. La cohérence interne globale présente un coefficient alpha de Cronbach généralement supérieur à 0,88, atteignant 0,94 dans l’échantillon normatif canadien d’origine. La stabilité temporelle test-retest est excellente (coefficients de corrélation intraclasse souvent supérieurs à 0,90). En termes de validité convergente et discriminante, le DCDQ/CVO discrimine avec une sensibilité (80 à 85 %) et une spécificité (75 à 88 %) élevées les enfants présentant un développement neurotypique de ceux répondant aux critères diagnostiques de dyspraxie ou de troubles moteurs associés au TDAH et aux troubles du spectre de l’autisme.
2. Mots-clés
Trouble du développement de la coordination, dyspraxie développementale, Developmental Coordination Disorder Questionnaire, Coördinatievragenlijst voor Ouders, motricité fine, motricité globale, contrôle moteur, évaluation psychométrique, dépistage parental, pédiatrie du développement, ergothérapie.
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de premier plan en ergothérapie, en kinésiologie du développement et en réadaptation pédiatrique :
- Brenda N. Wilson, M.Sc., OT Reg. (Ont.) : Ergothérapeute clinicienne et chercheuse en développement de l’enfant, affiliée au Child Development Centre et à l’Université de Calgary, Alberta, Canada. Co-auteure principale du DCDQ original (2000) et de la révision DCDQ’07.
- Bonnie J. Kaplan, Ph.D. : Professeure émérite au Département de pédiatrie et de sciences de la santé communautaire, Cumming School of Medicine, Université de Calgary, Alberta, Canada. Spécialiste de la neurobiologie comportementale chez l’enfant.
- Sharon Crawford, M.Sc. : Statisticienne biomédicale et méthodologiste de recherche, Département de pédiatrie, Université de Calgary, Alberta, Canada.
- Deborah Dewey, Ph.D., R.Psych. : Professeure aux départements de pédiatrie et de santé communautaire, chercheuse au Alberta Children’s Hospital Research Institute (ACHRI), Université de Calgary, Alberta, Canada.
- Marina M. Schoemaker, Ph.D. (autrice de l’adaptation néerlandaise, CVO) : Professeure et directrice de recherche au Center for Human Movement Sciences, University Medical Center Groningen (UMCG), Université de Groningue, Pays-Bas. Auteure de la normalisation et de la validation néerlandaise en collaboration avec Baukje Flapper, M.D., Ph.D. (pédiatre de développement).
4. Objectif
Le Developmental Coordination Disorder Questionnaire / Coördinatievragenlijst voor Ouders a été expressément formulé pour répondre à un défi clinique et épidémiologique majeur : le dépistage précoce, valide et peu coûteux du Trouble du Développement de la Coordination (TDC). Le TDC affecte environ 5 à 6 % des enfants d’âge scolaire à l’échelle mondiale, se traduisant par une maladresse persistante, des lenteurs considérables dans l’exécution motrice et une imprécision marquée dans les gestes quotidiens, interférant directement avec la réussite scolaire et l’autonomie personnelle.
L’objectif central de l’outil est d’opérationnaliser le Critère B des classifications diagnostiques internationales (notamment le CIM-11 de l’OMS et le DSM-5-TR), lequel stipule que le déficit moteur doit interférer de manière significative et persistante avec les activités de la vie quotidienne (habillage, alimentation, hygiène), les performances scolaires (graphisme, manipulation d’outils géométriques) ou les activités de loisirs et de jeux sportifs. Si des tests de laboratoire standardisés comme le Movement Assessment Battery for Children (MABC-2) ou le Bruininks-Oseretsky Test of Motor Proficiency (BOT-2) permettent d’évaluer la capacité motrice maximale dans un environnement standardisé et silencieux, ils échouent fréquemment à saisir la performance fonctionnelle habituelle de l’enfant dans son milieu naturel. Les parents, observant l’enfant au cours de milliers d’heures réparties sur des contextes variés et non structurés, constituent les informateurs les plus fiables quant à l’impact réel des difficultés motrices.
Dans la pratique clinique, le DCDQ/CVO est utilisé par les pédiatres, les ergothérapeutes, les psychomotriciens, les neuropsychologues et les médecins scolaires comme un instrument de première intention lors du triage diagnostique. Un score global chutant en dessous du seuil d’alerte indique la nécessité d’orienter le jeune patient vers une évaluation neuromotrice formelle et une évaluation interdisciplinaire visant à écarter des affections neurologiques congénitales ou acquises (telles que la paralysie cérébrale ou la dystrophie musculaire, conformément au Critère D du DSM).
Sur le plan de la recherche scientifique, cet instrument permet d’homogénéiser la sélection des cohortes cliniques et des groupes témoins dans les études portant sur les troubles neurodéveloppementaux. Il est massivement employé dans les investigations étudiant la comorbidité entre le TDC, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), la dyslexie, les troubles du langage oral et les troubles anxio-dépressifs secondaires à l’exclusion sociale causée par le manque d’habileté sportive.
5. Construit psychologique
Le DCDQ/CVO évalue le construit multidimensionnel de la compétence motrice fonctionnelle infantile. L’analyse structurale a isolé trois sous-dimensions interdépendantes mais distinctes, reflétant les sollicitations motrices dominantes rencontrées par un enfant d’âge scolaire :
1. Contrôle pendant le mouvement (Items 1 à 6)
Cette sous-échelle évalue la capacité de l’enfant à intégrer des informations visuelles, vestibulaires et proprioceptives en temps réel afin de planifier, d’ajuster et d’exécuter des mouvements requérant un timing spatio-temporel précis. Les habiletés sollicitées relèvent principalement de la motricité balistique, de l’oculomotricité et de la régulation posturale anticipatrice :
- Lancer et attraper : Capacité à doser la force et la direction lors du jet d’une balle, et à coordonner la fermeture des mains au contact d’un projectile lancé à distance (items 1 et 2). Ces tâches nécessitent un calibrage précis de la rétroaction visuelle et un ajustement moteur prédictif (feedforward).
- Frappe d’objet mobile : Frapper un volant ou une balle avec une raquette ou une batte (item 3), tâche requérant une synchronisation temporelle fine et une coordination œil-main complexe sous contrainte de vitesse.
- Locomotion dynamique et franchissement d’obstacles : Sauter au-dessus d’objets, courir avec une vitesse et une cadence symétriques comparables aux pairs du même sexe et du même âge (items 4 et 5).
- Organisation praxique séquentielle : Concevoir, structurer et exécuter un plan moteur corporel complet face à une consigne nouvelle ou lors de jeux d’obstacles (item 6), renvoyant au concept neuropsychologique de praxie d’idéation et d’idéomotricité.
2. Motricité fine et écriture (Items 7 à 10)
Ce domaine explore la précision distale des membres supérieurs, l’indépendance digitale, le contrôle de la force exercée sur l’outil scripteur et la vitesse de traitement perceptivo-moteur dans les tâches académiques fondamentales :
- Vitesse et fluidité graphique : Capacité de l’enfant à suivre le rythme de production écrite exigé en classe sans accumuler un retard chronique par rapport à ses pairs (item 7).
- Lisibilité et organisation spatiale : Clarté, régularité dimensionnelle et espacement harmonieux des lettres et chiffres tracés sur la feuille (item 8).
- Préhension instrumentale : Stabilité et maturation de la prise du crayon (par exemple, prise tripode dynamique mature sans crispation excessive ni tenue immature palmaire ou interdigitale) (item 9).
- Bimanualité instrumentale : Utilisation coordonnée des ciseaux pour découper le long d’une ligne ou d’une forme géométrique (item 10), impliquant la stabilisation asymétrique du support par la main non dominante pendant que la main dominante réalise le geste séquentiel de coupe.
3. Coordination générale (Items 11 à 15)
Ce troisième facteur regroupe les manifestations motrices globales, l’appétence sportive, la vitesse d’apprentissage de nouvelles praxies, ainsi que le tonus axial et la stabilité posturale dans la durée :
- Participation récréative et motrice : Intérêt spontané pour les sports d’équipe, les jeux physiques et la participation active dans la cour de récréation (item 11).
- Apprentissage moteur procédural : Facilité et rapidité à automatiser de nouveaux schèmes moteurs complexes tels que faire du vélo à deux roues, nager, faire du roller ou sauter à la corde (item 12).
- Autonomie dans la vie quotidienne : Rapidité et dextérité lors des routines d’habillage, de laçage des chaussures, de boutonnage et de rangement de l’espace personnel (item 13).
- Absence de maladresse accidentelle : Capacité à réguler son schéma corporel dans l’espace physique, évitant de trébucher, de cogner des tiers, de heurter le mobilier ou de renverser involontairement des verres et objets (item 14).
- Endurance posturale : Préservation d’un tonus tronco-postural adéquat en position assise prolongée lors du travail sur table, sans s’avachir, glisser sur la chaise ou manifester une fatigabilité neuromusculaire anormale (item 15).
6. Cadre théorique
Le développement et la structure conceptuelle du DCDQ/CVO reposent sur une convergence entre les théories du contrôle moteur computationnel, l’approche des systèmes dynamiques du développement moteur et le paradigme de l’intégration sensorielle.
Modèles du contrôle moteur interne et feedforward
La théorie motrice contemporaine (popularisée par des chercheurs tels que Daniel Wolpert, Reza Shadmehr, et appliquée à la clinique de l’enfant par Peter Wilson) postule que le cerveau génère des modèles internes prédictifs (modèles directs ou forward models) pour anticiper les conséquences sensorielles de l’action avant même que la rétroaction sensorielle périphérique n’atteigne le cortex somatosensoriel. Chez les enfants présentant un TDC, de nombreuses études en neuro-imagerie fonctionnelle et en analyse biomécanique suggèrent une altération du réseau cortico-cérébelleux et pariéto-frontal impliqué dans cette commande prédictive. En conséquence, ces enfants dépendent de façon excessive d’une rétroaction visuelle lente et coûteuse sur le plan attentionnel, expliquant pourquoi le DCDQ cible explicitement les actions nécessitant une régulation anticipatoire rapide : attraper une balle, ajuster la trajectoire d’une raquette ou réagir à des irrégularités du terrain lors de la course.
Approche des systèmes dynamiques (Esther Thelen)
Selon l’approche des systèmes dynamiques formulée par Esther Thelen et Newell, le comportement moteur émerge de l’interaction constante entre les contraintes de l’organisme (système musculosquelettique, tonus, maturation neurale), de l’environnement (gravité, surface d’appui, perturbations dynamiques) et de la tâche à accomplir. Le DCDQ opérationnalise ce principe en évaluant l’enfant dans son milieu écologique habituel plutôt que dans des conditions artificielles de laboratoire. Les items 11 à 15 illustrent particulièrement cette dynamique : les enfants dyspraxiques développent fréquemment des comportements d’évitement secondaire face aux contraintes environnementales complexes (cours de récréation, clubs de sport), initiant une spirale négative de déconditionnement physique et d’isolement social.
Théorie praxique et planification motrice (A. Jean Ayres)
Les concepts de dyspraxie développementale issus des travaux pionniers d’Anna Jean Ayres soulignent le rôle primordial de la somatosensorialité et de la planification d’actions motrices nouvelles non automatisées. L’item 6 (« Si votre enfant a le projet d’accomplir une activité motrice, il est capable d’organiser son corps… ») et l’item 12 (apprentissage de nouveaux patterns moteurs) capturent précisément la composante praxique cognitive : la capacité d’élaborer une stratégie motrice volontaire, de programmer l’enchaînement temporel des contractions musculaires et d’ajuster l’exécution en cas d’erreur de trajectoire.
7. Validité
Le DCDQ et son adaptation néerlandaise (CVO) ont fait l’objet d’investigations approfondies concernant leurs qualités psychométriques au sein d’échantillons pédiatriques normatifs et cliniques.
Validité de construit
La validité de construit a été démontrée par la capacité de l’échelle à discriminer sans ambiguïté les enfants avec un développement moteur typique des enfants diagnostiqués avec un TDC avéré. Dans l’étude de validation princeps de Wilson et al. (2000), le groupe TDC obtenait des scores significativement inférieurs (p < 0,001) sur l’ensemble des items comparativement au groupe témoin apparié selon l’âge et le sexe. Les analyses de contrastes d’âge indiquent une augmentation linéaire progressive des scores bruts chez les enfants tout-venant entre 5 et 10 ans, attestant de la sensibilité de l’instrument aux paliers de maturation neuromotrice.
Validité convergente et concourante
La validité convergente a été explorée en corrélant le score total du questionnaire avec les résultats obtenus aux batteries motrices de référence administrées par des professionnels :
- Movement Assessment Battery for Children (MABC / MABC-2) : Les corrélations de Pearson entre le score DCDQ et le score standardisé MABC oscillent généralement entre r = 0,55 et r = 0,68 (p < 0,001). Dans la validation néerlandaise du CVO par Schoemaker et al. (2007), menée auprès d’une cohorte de 432 enfants, une corrélation modérée à forte (r = 0,59) a été rapportée avec le percentile moteur de la MABC.
- Bruininks-Oseretsky Test of Motor Proficiency (BOT-2) : Les études nord-américaines ont mis en évidence des corrélations variant entre r = 0,51 et r = 0,64 avec le composite moteur global du BOT-2.
- Corrélations avec les échelles d’écriture : La sous-échelle Motricité fine et écriture présente des corrélations significatives avec les échelles de dysgraphie comme l’échelle BHK (Brief Handwriting Evaluation, r = -0,48 à -0,56).
Validité discriminante et précision diagnostique
Les courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) ont déterminé les seuils optimaux permettant de maximiser l’indice de Youden. Pour la population francophone et européenne, les propriétés métriques rapportées se situent dans les intervalles suivants :
- Sensibilité : Varie entre 80,0 % et 85,7 % selon la tranche d’âge considérée, indiquant que l’outil identifie correctement plus de 8 enfants sur 10 présentant un TDC réel.
- Spécificité : Se situe entre 75,0 % et 88,2 %, garantissant un taux modéré de faux positifs parmi les enfants au développement neurotypique.
- Valeur prédictive négative (VPN) : Constamment supérieure à 88 %, ce qui fait du DCDQ un excellent outil d’exclusion diagnostique en milieu scolaire.
8. Fidélité
La fidélité du DCDQ et du CVO a été explorée sous l’angle de la consistance interne, de la stabilité temporelle (test-retest) et de l’accord inter-juges.
Cohérence interne
Les indices de cohérence interne calculés au moyen du coefficient alpha de Cronbach démontrent une très grande homogénéité des items au sein de l’échelle totale et de ses facteurs respectifs :
- Échelle totale : Les valeurs de l’alpha de Cronbach varient de 0,88 à 0,94 dans les différentes cohortes publiées (Wilson et al., 2000, 2007 ; Schoemaker et al., 2007 ; Tseng et al., 2010). Dans l’échantillon normatif canadien (n = 282), l’alpha était de 0,94.
- Sous-échelle Contrôle pendant le mouvement : α = 0,85 à 0,89.
- Sous-échelle Motricité fine et écriture : α = 0,83 à 0,87.
- Sous-échelle Coordination générale : α = 0,80 à 0,84.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée en réadministrant le questionnaire aux mêmes parents après un intervalle compris entre 2 et 4 semaines :
- Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total s’élève à 0,94 (intervalle de confiance à 95 % : [0,89 ; 0,97]), témoignant d’une remarquable constance des estimations parentales en l’absence d’intervention rééducative.
- Pour les sous-échelles, les CCI s’échelonnent entre 0,86 (Coordination générale) et 0,92 (Contrôle pendant le mouvement).
Accord inter-juges (Mère vs Père)
Les investigations comparant les cotations indépendantes produites par la mère et par le père d’un même enfant rapportent un coefficient de corrélation de Pearson de r = 0,78 à 0,83, attestant d’une perception convergente des habiletés motrices fonctionnelles par les deux figures parentales.
9. Analyse factorielle
Lors de la création du DCDQ initial, une analyse en composantes principales (ACP) exploratoire suivie d’une rotation varimax avait extrait une structure à 4 ou 3 facteurs selon les tranches d’âge. Lors de la révision systématique menée en 2007 (DCDQ’07) et confirmée dans l’étude d’adaptation néerlandaise de Schoemaker et al. (2007), des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont validé une structure invariante à trois facteurs comprenant 15 items épurés.
Résultats de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC)
L’ajustement du modèle tridimensionnel aux données empiriques s’est avéré satisfaisant à excellent sur plusieurs échantillons internationaux :
- Indice de comparabilité de Bentler (CFI) : 0,95 à 0,97
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,94 à 0,96
- Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : 0,051 à 0,064 (avec un intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,08)
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : 0,042
Saturations factorielles des items (Factor Loadings)
Toutes les saturations factorielles standardisées dépassent le seuil critique de 0,50, la majorité oscillant entre 0,62 et 0,86 :
- Facteur 1 : Contrôle pendant le mouvement
- Item 1 (Lancer une balle de façon contrôlée) : saturation ~ 0,78
- Item 2 (Attraper une petite balle) : saturation ~ 0,81
- Item 3 (Frapper une balle/volant avec batte ou raquette) : saturation ~ 0,74
- Item 4 (Sauter par-dessus des obstacles) : saturation ~ 0,69
- Item 5 (Courir avec la même vitesse/coordination que ses pairs) : saturation ~ 0,66
- Item 6 (Planifier et organiser son corps pour accomplir une tâche) : saturation ~ 0,72
- Facteur 2 : Motricité fine et écriture
- Item 7 (Vitesse d’écriture/dessin en classe) : saturation ~ 0,83
- Item 8 (Lisibilité et espacement des lettres/chiffres) : saturation ~ 0,86
- Item 9 (Préhension adaptée de l’outil scripteur) : saturation ~ 0,71
- Item 10 (Découper avec des ciseaux) : saturation ~ 0,68
- Facteur 3 : Coordination générale
- Item 11 (Appétence pour le sport et activités actives) : saturation ~ 0,62
- Item 12 (Apprentissage rapide de nouvelles praxies motrices) : saturation ~ 0,73
- Item 13 (Rapidité pour ranger, se chausser, s’habiller) : saturation ~ 0,67
- Item 14 (Absence de maladresse : ne trébuche pas, ne renverse pas) : saturation ~ 0,64
- Item 15 (Endurance posturale : ne s’avachit pas sur la table) : saturation ~ 0,63
10. Instrument de mesure
- Nom du test : Questionnaire du trouble du développement de la coordination / Coördinatievragenlijst voor Ouders (DCDQ / CVO).
- Type d’évaluation : Hétéro-évaluation pédiatrique complétée par les parents, tuteurs ou représentants légaux.
- Nombre d’items : 15 items standardisés formulés sous forme d’affirmations comportementales positives.
- Population cible : Enfants d’âge scolaire de 5 ans 0 mois à 14 ans 11 mois (normes stratifiées en trois tranches d’âge).
- Format de réponse : Échelle de Likert à 5 points :
- 1 = Pas du tout comme votre enfant (Not at all like your child)
- 2 = Un peu comme votre enfant (A bit like your child)
- 3 = Modérément comme votre enfant (Moderately like your child)
- 4 = Assez bien comme votre enfant (Quite a bit like your child)
- 5 = Tout à fait comme votre enfant (Extremely like your child)
- Modalités de cotation et scores composites :
- Le score global s’obtient par la somme directe des 15 items, s’échelonnant de 15 à 75 points.
- Score sous-échelle Contrôle pendant le mouvement (items 1 à 6) : 6 à 30 points.
- Score sous-échelle Motricité fine et écriture (items 7 à 10) : 4 à 20 points.
- Score sous-échelle Coordination générale (items 11 à 15) : 5 à 25 points.
- Un score élevé indique une motricité fluide et bien coordonnée ; un score faible traduit des difficultés motrices significatives.
- Seuils décisionnels d’alerte clinique (DCDQ’07) :
- Âge 5 ans 0 mois à 7 ans 11 mois :
- Score 15 – 46 : Indication de trouble du développement de la coordination (TDC suspecté ou probable).
- Score 47 – 75 : Développement de la coordination dans la norme attendue.
- Âge 8 ans 0 mois à 9 ans 11 mois :
- Score 15 – 55 : Indication de trouble du développement de la coordination (TDC suspecté ou probable).
- Score 56 – 75 : Coordination dans la norme.
- Âge 10 ans 0 mois à 14 ans 11 mois :
- Score 15 – 57 : Indication de trouble du développement de la coordination (TDC suspecté ou probable).
- Score 58 – 75 : Coordination dans la norme.
- Âge 5 ans 0 mois à 7 ans 11 mois :
- Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de parution originale : 2000 (DCDQ original par Wilson et al.) ; révision normative majeure : 2007 (DCDQ’07) ; version néerlandaise standardisée (CVO) : 2007.
- Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle détenue par Brenda N. Wilson et les chercheurs associés (Université de Calgary / ACHRI).
- Accessibilité et politique d’utilisation : Le questionnaire a été rendu gratuitement accessible pour la recherche clinique, épidémiologique et la pratique diagnostique indépendante à des fins non commerciales. Les formulaires officiels, guides de cotation et traductions internationales sont distribués sous l’égide de l’équipe de recherche sur le site officiel du DCDQ (www.dcdq.ca).
- Conditions de licence : Toute utilisation commerciale, inclusion dans un progiciel payant ou redistribution numérique non autorisée nécessite une autorisation formelle écrite accordée par les dépositaires du droit d’auteur. Les cliniciens et chercheurs sont autorisés à imprimer et administrer le formulaire en respectant scrupuleusement l’intégrité du texte et des seuils psychométriques établis.
12. Références
- American Psychiatric Association. (2022). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed., text rev.; DSM-5-TR). https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890425787
- Blank, R., Barnett, A. L., Cairney, J., Green, D., Kirby, A., Polatajko, H., Rosenblum, S., Smits-Engelsman, B., Sugden, D., Wilson, P., & Vinçon, S. (2019). International clinical practice recommendations on the definition, diagnosis, assessment, intervention, and psychosocial aspects of developmental coordination disorder. Developmental Medicine & Child Neurology, 61(3), 242–285. https://doi.org/10.1111/dmcn.14132
- Schoemaker, M. M., Flapper, B. C. L., Verheij, N. P., Wilson, B. N., & Reinders-Messelink, H. A. (2006). Evaluation of the Developmental Coordination Disorder Questionnaire as a screening instrument. Developmental Medicine & Child Neurology, 48(8), 668–673. https://doi.org/10.1017/S001216220600140X
- Schoemaker, M. M., Reinders-Messelink, H. A., & Flapper, B. C. L. (2007). Handleiding en verantwoording van de Coördinatievragenlijst voor Ouders (CVO). UMCG / Rijksuniversiteit Groningen.
- Tseng, M. H., Fu, C. P., Wilson, B. N., & Hu, F. C. (2010). Psychometric properties of a Chinese version of the Developmental Coordination Disorder Questionnaire in community-dwelling children. Research in Developmental Disabilities, 31(2), 555–563. https://doi.org/10.1016/j.ridd.2009.12.007
- Wilson, B. N., Crawford, S. G., Green, D., Roberts, G., Aylott, A., & Kaplan, B. J. (2009). Psychometric properties of the revised Developmental Coordination Disorder Questionnaire. Physical & Occupational Therapy in Pediatrics, 29(2), 182–202. https://doi.org/10.1080/01942630902784761
- Wilson, B. N., Kaplan, B. J., Crawford, S. G., Campbell, A., & Dewey, D. (2000). Reliability and validity of a parent questionnaire on childhood motor skills. The American Journal of Occupational Therapy, 54(5), 484–493. https://doi.org/10.5014/ajot.54.5.484
13. Questions et items du questionnaire
Response scale:
5-point Likert scale: 1 = Not at all like your child, 2 = A bit like your child, 3 = Moderately like your child, 4 = Quite a bit like your child, 5 = Extremely like your child (or ‘Completely like your child’)
- Your child throws a ball in a controlled and accurate fashion.
- Your child catches a small ball (e.g., tennis ball size) thrown from a distance of 6 to 8 feet (2 to 2.5 meters).
- Your child hits an approached ball or birdie with a bat or racquet.
- Your child jumps easily over obstacles found in garden or play areas.
- Your child runs as fast and in a similar way to other children of the same gender and age.
- If your child has a plan to do a motor activity, he/she can organize his/her body to follow the plan and effectively complete the task (e.g., building a cardboard or cushion fort, moving through an obstacle course, following a sequence in a game).
- Your child’s printing or writing or drawing in class is fast enough to keep up with the rest of the children in the class.
- Your child’s printing or writing or drawing letters and numbers is neat, easy to read and well-spaced.
- Your child grasps a pencil, crayon or pen appropriately (e.g., using a dynamic tripod grasp, not holding too tightly or awkwardly).
- Your child cuts out pictures or shapes easily and accurately with scissors.
- Your child likes sports, active games or playground activities, and joins in willingly.
- Your child learns new motor skills (e.g., swimming, rollerblading, riding a bicycle, skipping rope) easily and does not take longer than other children to achieve proficiency.
- Your child is quick and competent in tidying up, putting on shoes, buttoning clothes, or getting dressed.
- Your child does not frequently drop things, spill liquids, trip, or bump into things or people.
- Your child does not fatigue easily, slouch, or slump at the desk when doing seated fine motor tasks.