Questionnaire sur le comportement de maladie (IBQ)

Le Questionnaire sur le comportement de maladie (Illness Behaviour Questionnaire – IBQ) développé par Pilowsky et Spence évalue le comportement de maladie anormal et l’hypocondrie à travers 62 items et 7 sous-échelles cliniques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur le comportement de maladie (Illness Behaviour Questionnaire, IBQ), élaboré initialement par le psychiatre australien Issy Pilowsky et le psychologue Neil D. Spence au début des années 1970 puis révisé en 1983 et 1994, constitue l’un des instruments de référence internationale en médecine psychosomatique, en psychiatrie de liaison et en psychologie de la santé. L’instrument est conçu pour évaluer de manière standardisée et multidimensionnelle le concept de « comportement de maladie anormal » (abnormal illness behaviour), caractérisé par la persistance de conduites d’invalidation, de plaintes somatiques et d’un mode de vie centré sur la maladie en disproportion manifeste avec les lésions organiques objectivables.

Composé de 62 items auto-administrés requérant une réponse dichotomique binaire (« Oui » ou « Non »), l’IBQ permet de dériver sept dimensions factorielles cliniquement distinctes : (1) l’hypocondrie générale / phobique (General Hypochondriasis), (2) la conviction d’être malade (Disease Conviction), (3) la focalisation psychologique versus somatique (Psychological vs. Somatic Focusing), (4) l’inhibition affective (Affective Inhibition), (5) la perturbation affective / dysphorie (Affective Disturbance), (6) le déni des stresseurs psychologiques (Denial) et (7) l’irritabilité (Irritability). De surcroît, une échelle composite d’affirmation somatique (combinaison de la conviction de maladie et du déni) est fréquemment calculée en milieu clinique.

Sur le plan métrologique, l’IBQ présente une consistance interne globale satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,65 et 0,86 selon les sous-échelles et les populations de patients étudiées (douleur chronique, lombalgie rebelle, troubles somatoformes, oncologie). Sa stabilité temporelle test-retest à court et moyen terme démontre des coefficients de corrélation variant de 0,67 à 0,84. Utilisé à grande échelle dans les centres d’évaluation de la douleur chronique, les services de réadaptation fonctionnelle et la médecine générale, l’IBQ fournit un profil psychologique éclairant les mécanismes d’amplification somatique, les trajectoires d’adhésion thérapeutique et les risques de surconsommation iatrogène des soins médicaux.

2. Mots-clés / Keywords

Comportement de maladie, Illness Behaviour Questionnaire, IBQ, Issy Pilowsky, comportement de maladie anormal, hypocondrie, somatisation, douleur chronique, amplification somatosensorielle, psychométrie, évaluation clinique, rôle de malade.

3. Auteurs / Authors

Le développement fondamental et la standardisation de l’IBQ ont été menés par :

  • Issy Pilowsky, MD, ChB, FRACP, FRANZCP, FRCPsych : Professeur émérite de psychiatrie au Département de psychiatrie de l’Université d’Adélaïde (University of Adelaide), Australie. Pionnier mondial de la recherche sur les comportements de maladie anormaux et la phénoménologie de la douleur intemporelle. Courriel académique historique : [email protected].
  • Neil D. Spence, PhD : Psychologue clinicien et chercheur associé au Département de psychiatrie de l’Université d’Adélaïde, co-auteur des manuels originaux de l’IBQ (1975, 1983, 1994).
  • Collaborateurs méthodologiques majeurs : Mary Katsikitis, PhD (Université de la Sunshine Coast / Université d’Adélaïde) et John Cobb, MD, qui ont participé aux études factorielles de réplication, à la validation transculturelle et à la classification typologique des profils d’ajustement à la maladie chronique.

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier du Illness Behaviour Questionnaire (IBQ) est d’opérationnaliser et de quantifier les modalités selon lesquelles un individu perçoit, évalue et réagit à ses sensations corporelles et à son état de santé. En médecine somatique conventionnelle, les praticiens sont fréquemment confrontés à une divergence frappante entre l’étendue des anomalies anatomo-pathologiques décelées par l’imagerie ou la biologie et l’intensité du handicap fonctionnel ou de la souffrance rapportée par le patient. L’IBQ a été précisément élaboré pour combler cette lacune clinique en fournissant une cartographie empirique standardisée des attitudes, croyances et affects déployés par le sujet face à sa condition médicale.

D’un point de vue clinique, l’instrument remplit plusieurs fonctions diagnostiques et pronostiques cruciales :

  • Dépistage du comportement de maladie anormal (AIB) : Identifier les patients qui adoptent un mode de fonctionnement rigide axé sur la recherche opiniâtre d’une validation biomédicale de leurs symptômes, malgré des bilans diagnostiques répétés et négatifs, ainsi que les rassurances médicales formelles.
  • Orientation thérapeutique en algologie et réadaptation : Dans le champ de la prise en charge de la douleur chronique (notamment les rachialgies, la fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique), l’IBQ aide à différencier les profils d’ajustement adaptatifs des profils dysfonctionnels caractérisés par l’évitement kinesiopho-anxieux, la catastrophisation et le déni des stresseurs psycho-émotionnels sous-jacents.
  • Prévention de l’escalade iatrogène et de la surutilisation médicale : En objectivant une conviction inébranlable de maladie associée à une forte inhibition affective, le clinicien peut anticiper l’échec de chirurgies itératives ou d’investigations invasives superflues, et orienter précocement le patient vers des approches interdisciplinaires (thérapies cognitivo-comportementales, remobilisation globale, gestion du stress).

Sur le plan de la recherche scientifique, l’IBQ permet d’analyser les mécanismes transactionnels reliant les traits de personnalité, la détresse affective et la symptomatologie fonctionnelle. Il sert également d’indicateur sensible pour mesurer l’efficacité des interventions psychothérapeutiques ou psychophysiologiques visant à modifier les croyances dysfonctionnelles relatives à la santé.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’IBQ s’articule autour d’une conceptualisation multidimensionnelle de l’expérience de la maladie. L’outil ne mesure pas la sévérité biomédicale de la pathologie, mais la manière dont l’individu « met en acte » et cognitive son état morbide. Les 62 items de l’échelle se distribuent en sept sous-échelles établies par analyses factorielles rigoureuses :

1. Hypocondrie générale / phobique (General Hypochondriasis)

Cette dimension évalue l’anxiété diffuse relative à la santé, la peur viscérale de développer une pathologie redoutable et la vigilance excessive portée aux fluctuations corporelles quotidiennes. Contrairement à une simple inquiétude conjoncturelle, elle capture une tendance quasi-phobique à interpréter des signes bénins comme des indicateurs d’un cataclysme somatique imminent. Des items comme l’appréhension d’être frappé soudainement par une maladie ou l’incapacité à détourner son attention de son propre corps illustrent ce pôle.

2. Conviction d’être malade (Disease Conviction)

Ce facteur représente le degré de certitude absolue et inébranlable qu’a le patient quant à la présence d’une affection organique sous-jacente grave, doublé d’une résistance marquée à la réassurance dispensée par les praticiens de santé. Le patient manifeste une adhésion indéfectible au rôle de malade et perçoit son existence comme fondamentalement ruinée par un désordre biologique, même en l’absence de toute anomalie décelable aux examens complémentaires.

3. Focalisation psychologique versus somatique (Psychological vs. Somatic Focusing)

Cette échelle bipolaire mesure l’attribution causale privilégiée par le patient pour rendre compte de ses symptômes. Un score faible reflète une somatisation pure, c’est-à-dire le refus d’envisager qu’une tension psychologique, un conflit émotionnel ou une surcharge nerveuse puissent être à l’origine ou moduler l’intensité des manifestations physiques. À l’inverse, un score plus élevé indique la reconnaissance d’une composante psychique intervenant dans la dynamique symptomatique.

4. Inhibition affective (Affective Inhibition)

Cette dimension quantifie la difficulté ou la répugnance éprouvée par l’individu à communiquer ses sentiments intimes, sa détresse ou sa colère à autrui. Elle est étroitement liée au concept d’alexithymie. Les sujets obtenant un score élevé ont tendance à « intérioriser » leurs éprouvés affectifs négatifs (bottling up feelings), ce qui favorise un court-circuitage expressif se traduisant par des voies de décharge neurovégétatives et musculosquelettiques.

5. Perturbation affective (Affective Disturbance)

Ce domaine englobe les manifestations thymiques et anxieuses directes associées au vécu morbide : épisodes de tristesse, états dépressifs récurrents, labilité émotionnelle, nervosité généralisée et troubles du sommeil. Il met en lumière la souffrance psychique consciente et subjective ressentie en concomitance avec l’expérience symptomatique corporelle.

6. Déni (Denial)

L’échelle de déni mesure la propension du sujet à attribuer l’ensemble des vicissitudes et conflits de sa vie uniquement et exclusivement à son état de santé physique. Le patient affirme généralement que si sa condition corporelle était restaurée, tous ses problèmes personnels, relationnels et financiers s’évanouiraient instantanément. Ce mécanisme défensif permet de désavouer toute implication dans des difficultés d’ordre psychosocial ou conjugal préexistantes.

7. Irritabilité (Irritability)

Cette dernière sous-échelle capture les sentiments d’exaspération, de colère interpersonnelle, de perte de patience et de rancœur envers l’entourage et les soignants. L’individu s’irrite aisément lorsque ses doléances ne sont pas prises au sérieux selon ses attentes ou lorsqu’on tente de minimiser l’impact invalidant de ses symptômes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique de l’IBQ plonge ses racines dans les travaux sociologiques et médicaux pionniers de David Mechanic sur le « comportement de maladie » (illness behaviour, 1962), articulés avec la sociologie du « rôle de malade » (sick role) théorisée par Talcott Parsons (1951), et profondément remaniés par la vision psychopathologique d’Issy Pilowsky.

Dans la perspective de Talcott Parsons, l’entrée dans le rôle de malade confère à l’individu deux privilèges majeurs (l’exonération temporaire des responsabilités sociales habituelles et la reconnaissance de l’absence de faute dans l’état de vulnérabilité) en échange de deux obligations fondamentales : la volonté explicite de guérir et la coopération active avec les professionnels de la santé. Mechanic a ensuite élargi cette perspective en soulignant que le comportement de maladie englobe les mécanismes perceptifs, cognitifs et comportementaux par lesquels chaque individu donne un sens à ses sensations corporelles, formule un jugement sur son état et recherche de l’aide médicale.

Issy Pilowsky (1969, 1978) a forgé le concept nosologique novateur de comportement de maladie anormal (Abnormal Illness Behaviour – AIB). Pilowsky a postulé que l’AIB survient lorsqu’un sujet persiste à manifester un ensemble de comportements d’invalidité, de demandes d’aide et de plaintes somatiques inadéquats ou disproportionnés, après qu’un praticien compétent a procédé à une évaluation médicale approfondie et a expliqué la nature objective de l’état clinique. Pilowsky a classifié l’AIB selon deux axes cardinaux :

  • Axe d’affirmation somatique vs. psychologique : Selon que le patient attribue rigidement ses troubles à un dysfonctionnement organique (comme dans l’hypocondrie somatosensorielle, les troubles de conversion ou la somatisation) ou à un trouble psychique méconnu.
  • Axe de motivation consciente vs. inconsciente : Permettant de distinguer les conduites névrotiques et somatoformes involontaires des conduites factices (syndrome de Münchhausen) et de la simulation délibérée (motivée par des bénéfices financiers ou judiciaires secondaires).

L’IBQ s’inscrit donc résolument dans ce paradigme interactionniste et psychodynamique-cognitif : il opérationnalise l’AIB en saisissant la discordance entre les paramètres biomédicaux objectifs et le système de traitement de l’information somato-affective du patient. L’instrument permet d’objectiver comment l’amplification somatosensorielle, conjuguée à des mécanismes de défense tels que le déni et l’inhibition émotionnelle, pérennise l’invalidité chronique bien au-delà de la phase de cicatrisation tissulaire initiale.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité de l’IBQ ont fait l’objet de nombreuses investigations empiriques au cours des quatre dernières décennies, attestant de sa robustesse transculturelle et clinique.

Validité de construit

La validité conceptuelle a été établie par la concordance entre les profils de l’IBQ et les diagnostics cliniques psychiatriques standardisés (critères DSM et CIM). Dans les études princeps de Pilowsky et Spence (1975, 1983), les patients souffrant d’hypocondrie primaire et de troubles somatoformes présentaient des scores significativement plus élevés sur les échelles de Disease Conviction et General Hypochondriasis comparativement à des groupes témoins composés de patients atteints de pathologies somatiques documentées (arthrite rhumatoïde, affections respiratoires organiques) ou d’individus sains sans plaintes médicales.

Validité convergente et discriminante

L’IBQ présente des corrélations modérées à fortes avec des instruments connexes évaluant la somatisation, l’anxiété de santé et la détresse affective :

  • Corrélations significatives positives entre la sous-échelle Affective Disturbance et l’échelle d’évaluation de la dépression de Beck (BDI) (r = 0,58 à 0,71) ainsi que la sous-échelle d’anxiété du SCL-90-R.
  • Corrélations convergentes robustes entre General Hypochondriasis et l’inventaire d’anxiété de santé (Health Anxiety Inventory – HAI) (r = 0,64).
  • À l’inverse, la validité discriminante est confirmée par l’indépendance statistique relative entre l’échelle de Denial et les mesures d’intelligence générale ou de cognition globale (MMSE), démontrant que le déni capturé par l’IBQ ne relève pas d’un déficit cognitif mais bien d’un style d’adaptation psychologique spécifique.

Validité prédictive

Dans le domaine de l’orthopédie et du traitement de la douleur rachidienne, les travaux de Main et Waddell (1987) ainsi que de Pilowsky et Katsikitis (1994) ont démontré que les scores élevés sur les échelles d’affirmation somatique (combinaison de forte conviction de maladie et de déni psychologique) constituent des prédicteurs indépendants majeurs de l’échec de la rééducation fonctionnelle, de la non-reprise du travail après chirurgie lombaire et de la chronicisation du recours aux analgésiques de palier III.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’IBQ a été documentée à travers l’évaluation de sa cohérence interne et de sa stabilité temporelle test-retest dans diverses populations cliniques.

Consistance interne

En raison du format dichotomique (Oui / Non) des items et de la brièveté de certaines sous-échelles (notamment le Déni et l’Irritabilité), les coefficients d’homogénéité varient selon les dimensions, mais demeurent satisfaisants pour un usage clinique et de recherche :

  • General Hypochondriasis : alpha de Cronbach compris entre 0,76 et 0,84.
  • Disease Conviction : alpha de Cronbach oscillant entre 0,72 et 0,81.
  • Psychological vs. Somatic Focusing : alpha de Cronbach variant de 0,65 à 0,74.
  • Affective Inhibition : alpha de Cronbach situé entre 0,67 et 0,76.
  • Affective Disturbance : alpha de Cronbach robuste entre 0,78 et 0,86.
  • Denial : alpha de Cronbach plus modéré (0,58 à 0,68), attribuable à la variance restreinte et au faible nombre d’items composant ce facteur.
  • Irritability : alpha de Cronbach variant de 0,64 à 0,73.

Fidélité test-retest

Les études de stabilité temporelle conduites sur des intervalles allant de deux semaines à trois mois (Pilowsky & Spence, 1983 ; McDowell, 2006) rapportent des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) ou des corrélations de Pearson variant de 0,67 à 0,84 chez des patients souffrant de lombalgies stables ou de douleurs musculosquelettiques chroniques. Ces résultats confirment que les échelles de l’IBQ mesurent des caractéristiques comportementales et attitudinales relativement stables (styles cognitifs liés à la maladie) plutôt que de simples fluctuations émotionnelles transitoires.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La configuration factorielle de l’IBQ découle d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initialement menées sur de larges échantillons de patients psychiatriques et de patients hospitalisés pour douleurs chroniques intraitables. L’analyse en composantes principales avec rotation varimax réalisée par Pilowsky et Spence a systématiquement dégagé une structure à sept facteurs expliquant approximativement 45 % à 52 % de la variance totale des scores bruts :

  • Facteur I (Hypocondrie générale / phobique) : Regroupe principalement des items mesurant l’hypervigilance corporelle, la crainte des maladies fatales et l’impossibilité de se laisser rassurer (ex. items 1, 6, 21, 34, 38). Saturations factorielles comprises entre 0,42 et 0,74.
  • Facteur II (Conviction de maladie) : Chargé lourdement par les items traduisant l’affirmation d’une anomalie physique grave et l’interférence majeure sur la vie quotidienne (ex. items 2, 3, 7, 16, 26, 33). Saturations oscillant entre 0,45 et 0,78.
  • Facteur III (Focalisation psychologique vs. somatique) : Caractérisé par les items explorant la reconnaissance des liens entre stress émotionnel et manifestations somatiques (ex. items 44, 57, 60).
  • Facteur IV (Inhibition affective) : Composé des items évaluant le verrouillage des sentiments d’hostilité ou de vulnérabilité et l’incapacité à verbaliser ses émotions (ex. items 22, 36, 53, 58, 62).
  • Facteur V (Perturbation affective) : Dominé par les items de tonalité dépressive et anxieuse classique (ex. items 12, 18, 47, 51, 54, 59).
  • Facteur VI (Déni) : Regroupe les items où le patient affirme n’avoir aucun autre problème vital ou affectif en dehors de son mauvais état de santé physique (ex. items 27, 43, 46, 55).
  • Facteur VII (Irritabilité) : Saturé par les comportements d’impatience, d’agacement relationnel et de susceptibilité (ex. items 9, 56, 61).

Des travaux ultérieurs d’analyse factorielle confirmatoire (AFC), notamment menés par Main et Waddell (1987) au Royaume-Uni dans des populations de lombalgiques britanniques, ont discuté la réplicabilité intégrale de certaines sous-échelles mineures (comme le Déni et l’Irritabilité), suggérant parfois une solution plus parcimonieuse à cinq ou six facteurs. Néanmoins, la solution standardisée à sept facteurs de Pilowsky et Spence demeure le modèle clinique de consensus retenu dans le manuel officiel de 1994 pour le calcul des profils normatifs.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Format du test : Questionnaire auto-administré sur support papier-crayon ou version informatisée standardisée.
  • Nombre total d’items : 62 items rédigés sous forme interrogative directe.
  • Modalités de réponse : Échelle binaire dichotomique (« Oui » / « Non »). Le sujet doit obligatoirement choisir l’une des deux options pour chaque question sans omettre d’items.
  • Durée moyenne de passation : Approximativement 10 à 15 minutes.
  • Sous-échelles mesurées :
    • Hypocondrie générale / phobique (General Hypochondriasis – GH)
    • Conviction de maladie (Disease Conviction – DC)
    • Focalisation psychologique vs somatique (Psychological vs Somatic Focusing – P/S)
    • Inhibition affective (Affective Inhibition – AI)
    • Perturbation affective (Affective Disturbance – AD)
    • Déni (Denial – D)
    • Irritabilité (Irritability – I)
  • Procédure de cotation : Chaque réponse alignée avec la direction pathologique du comportement de maladie reçoit 1 point, tandis que la réponse opposée reçoit 0 point. Pour certains items rédigés sous forme inversée (ex. facilité à se détendre ou bonne entente avec l’entourage), la réponse « Non » est codée 1. Les scores sont sommés par sous-échelle, puis convertis en scores standardisés (profils centiles ou scores z) par comparaison avec les tables normatives publiées par Pilowsky et Spence.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de première parution : 1975 (version préliminaire) ; 1983 (2e édition du manuel clinique) ; 1994 (3e édition révisée du manuel de référence).
  • Auteurs et copyright : Issy Pilowsky et Neil D. Spence, Université d’Adélaïde, Australie.
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’IBQ est un instrument de recherche protégé par le droit d’auteur académique. Il est traditionnellement accessible gratuitement aux chercheurs universitaires, étudiants et cliniciens à des fins de recherche non commerciale et d’évaluation médicale hospitalière, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources et de respecter l’intégrité intégrale des items.
  • Frais d’utilisation : Aucun honoraire commercial n’est perçu pour l’usage académique standardisé. Les utilisations commerciales à grande échelle (essais cliniques parrainés par l’industrie pharmaceutique) requièrent l’accord préalable du titulaire des droits ou des représentants successoraux de l’Université d’Adélaïde.

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations métrologiques majeures de l’IBQ sont répertoriées ci-dessous :

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: Yes / No

  1. Do you worry a lot about your health?
  2. Do you think there is something wrong with your body?
  3. Does your illness interfere with your life a great deal?
  4. Are you easy to get along with when you are ill?
  5. Does your family have history of illness?
  6. Do you think you are more liable to illness than other people?
  7. If the doctor told you that he could find nothing wrong with you‚ would you believe him?
  8. Is it easy for you to forget about yourself and think about all sorts of other things?
  9. If you feel ill and someone tell you that you are better‚ do you become annoyed?
  10. Do you find that you are often aware of various things happening in your body?
  11. Do you ever think of your illness as a punishment for something you have done wrong in the past?
  12. Do you have trouble with your nerves?
  13. If you fill ill or worried‚ can you be easily cheered up by the doctor?
  14. Do you think that other people realize what it’s like to be sick?
  15. Does it upset you to talk to the doctor about your illness?
  16. Are you bothered by many pains and aches?
  17. Does your illness affect the way you get on with your family or friends a great deal?
  18. Do you find that you get anxious easily?
  19. Do you know anybody who was had the same illness as you?
  20. Are you more sensitive than other people?
  21. Are you afraid of illness?
  22. Can you express your personal feelings easily to other people?
  23. Do people fill sorry for you when you are ill?
  24. Do you think that you worry about health more than other people?
  25. Do you find that your illness affects your sexual relations?
  26. Do you experience a lot of pain with your illness?
  27. Except for your illness‚ do you have any problems in your life?
  28. Do you care whether or not people realise that you are sick?
  29. Do you find that you get jealous of other peoples good health?
  30. Do you ever have silly thoughts about your health which you can’t get out of your mind‚ no matter how hard you try?
  31. Dou you have any financial problem?
  32. Are you upset by the way people take your illness?
  33. Is it hard for you to believe the doctor when he tells you there is nothing for you to worry about?
  34. Do you often worry about the possibility that you have got a serious illness?
  35. Are you sleeping well?
  36. When you are angry‚ do you tend to bottle up your feelings?
  37. Do you often think that you might suddenly fall ill’?
  38. If a disease is brought to your attention (through the radio‚ television‚ newspapers or someone you know) do you worry about getting it yourself?
  39. Do get the feeling that people are not taking your illness seriously enough?
  40. Are you upset about the appearance of your face or body?
  41. Do you find that you are bothered by many different symptoms?
  42. Do you frequently try to explain to others how your feelings are?
  43. Do you have any family problems?
  44. Do you think that there is something the matter with your mind?
  45. Are you eating well?
  46. Is your bad health the biggest difficulty of your life?
  47. Do you find that you get sad easily?
  48. Do you worry or fuss over small details that seem unimportant to others?
  49. Are you always a co-operative patient?
  50. Do you often have the symptoms of a very serious disease?
  51. Do you find that you get angry easily?
  52. Do you have any work problems?
  53. Do you prefer to keep your feelings to yourself?
  54. Do you find that you get depressed?
  55. Would all your worries be over if you were physically healthy?
  56. Are you more irritable towards other people?
  57. Do you think that your symptoms may be caused by worry’?
  58. Is it easy for you to let People know when you are Cross with them?
  59. Is it hard for you to relax?
  60. Do you have personal worries that are not caused by physical illness?
  61. Do you often find that you lose patience with other people?
  62. Is it hard for you to show people your personal feelings?
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Questionnaire sur le comportement de maladie (IBQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-comportement-maladie-ibq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur le comportement de maladie (IBQ).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-comportement-maladie-ibq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur le comportement de maladie (IBQ).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-comportement-maladie-ibq/.