1. Résumé
Le Questionnaire des compétences de régulation émotionnelle (Emotion-Regulation Skills Questionnaire, ou ERSQ ; initialement conçu en allemand sous le nom de Selbsteinschätzung emotionaler Kompetenzen, SEK-27) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé par le Professeur Matthias Berking et ses collaborateurs. Cet outil a été spécifiquement élaboré pour évaluer de façon multidimensionnelle les capacités individuelles à identifier, accepter, comprendre et moduler ses états affectifs au cours de la semaine écoulée. Reposant sur un modèle intégratif et fonctionnel de la santé mentale (le modèle adaptatif de régulation émotionnelle de Berking), l’ERSQ mesure l’application effective de compétences émotionnelles dans des situations concrètes du quotidien.
L’instrument se compose de 27 items répartis de manière équilibrée sur neuf sous-échelles distinctes comprenant chacune trois items : (1) la conscience émotionnelle (Awareness), (2) la perception des sensations corporelles (Body Sensation), (3) la clarté émotionnelle (Clarity), (4) la compréhension des émotions (Understanding), (5) l’acceptation (Acceptance), (6) la tolérance à la détresse (Tolerance / Resilience), (7) l’auto-soutien compatissant (Compassionate Self-Support), (8) la disposition à affronter les émotions aversives (Readiness to Confront), et (9) la modification des émotions négatives (Modification). Les participants évaluent la fréquence d’utilisation de chaque compétence au cours de la dernière semaine sur une échelle de type Likert en 5 points, allant de 0 (« pas du tout ») à 4 (« presque toujours »).
D’un point de vue psychométrique, l’ERSQ présente des propriétés robustes et répliquées au sein de cohortes cliniques et non cliniques. La consistance interne du score global est excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre .90 et .94, tandis que les sous-échelles affichent des coefficients satisfaisants à très satisfaisants (.68 à .86). L’analyse factorielle confirmatoire corrobore une structure hiérarchique comprenant neuf facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur général d’ordre supérieur de régulation émotionnelle. L’ERSQ est largement employé dans les contextes de thérapie cognitivo-comportementale (TCC), en psychiatrie, en psychopathologie expérimentale et dans les essais contrôlés randomisés évaluant l’entraînement aux compétences émotionnelles (Emotion Regulation Therapy / TEK).
2. Mots-clés
Régulation émotionnelle, ERSQ, SEK-27, compétences émotionnelles, évaluation psychométrique, thérapie cognitivo-comportementale, psychopathologie, tolérance à la détresse, acceptation émotionnelle, santé mentale
3. Auteurs
L’ERSQ a été développé et validé principalement par l’équipe de recherche dirigée par :
- Matthias Berking, Ph.D. : Professeur titulaire de psychologie clinique et de psychothérapie à l’Université Friedrich-Alexander d’Erlangen-Nuremberg (FAU), Allemagne. Auparavant affilié à l’Université de Berne (Suisse) et à l’Université de Washington (États-Unis). Directeur de la chaire de psychologie clinique et pionnier du Training Emotionaler Kompetenzen (TEK).
- Heinz Znoj, Ph.D. : Professeur de psychologie clinique et de psychothérapie à l’Institut de psychologie de l’Université de Berne, Suisse. Co-créateur du SEK-27 original.
- Peggy Wupperman, Ph.D. : Professeure associée de psychologie au John Jay College of Criminal Justice et au Graduate Center de la City University of New York (CUNY), États-Unis. Collaboratrice clé pour les adaptations anglophones et transculturelles.
- Ulrich Orth, Ph.D. : Professeur de psychologie du développement à l’Université de Berne, Suisse.
- David Daniel Ebert, Ph.D. : Professeur de psychologie et d’interventions numériques en santé mentale à l’Université technique de Munich (TUM), Allemagne.
- Stefan G. Hofmann, Ph.D. : Professeur émérite à l’Université de Boston (États-Unis) et titulaire d’une chaire Alexander von Humboldt à l’Université de Marbourg (Allemagne).
Correspondance académique principale : Chaire de psychologie clinique et de psychothérapie, Département de psychologie, Université Friedrich-Alexander d’Erlangen-Nuremberg, Nägelsbachstraße 25a, 91052 Erlangen, Allemagne.
4. Objectif
Le Questionnaire des compétences de régulation émotionnelle a été conçu pour répondre à une lacune majeure dans le domaine de l’évaluation psychométrique des émotions. Alors que les échelles traditionnelles se concentraient sur les traits de personnalité globaux (comme le névrosisme), sur la dysrégulation émotionnelle générale (comme le DERS de Gratz et Roemer), ou sur des stratégies cognitives isolées (comme la réévaluation et la suppression cognitive mesurées par l’ERQ de Gross et John), l’ERSQ adopte une approche résolument orientée sur les compétences adaptatives modifiables.
L’objectif fondamental de l’ERSQ est de fournir un instrument standardisé, sensible au changement et cliniquement pertinent, capable d’évaluer dans quelle mesure un individu est capable de mettre en œuvre des comportements précis de régulation lorsqu’il est confronté à des affects négatifs dans sa vie quotidienne. Contrairement aux questionnaires évaluant des tendances dispositionnelles abstraites, l’ERSQ ancre son évaluation dans une temporalité définie (« Au cours de la semaine dernière… »), ce qui en fait un outil de suivi longitudinal de premier ordre au cours d’une psychothérapie.
Sur le plan clinique, l’ERSQ répond à plusieurs nécessités diagnostiques et thérapeutiques :
- Profilage diagnostique initial : L’outil permet d’identifier précisément les déficits spécifiques du patient. Un individu peut, par exemple, posséder une bonne conscience corporelle de ses émotions mais échouer totalement à s’apporter du réconfort ou à tolérer des vagues affectives intenses sans adopter de comportements d’évitement ou de compensation dysfonctionnels (tels que la consommation d’alcool, l’automutilation ou les compulsions alimentaires).
- Surveillance continue des progrès (Measurement-Based Care) : En raison de son format concis (27 items) et de sa fenêtre temporelle hebdomadaire, l’ERSQ peut être administré de façon répétée avant, pendant et après chaque phase thérapeutique afin d’évaluer l’acquisition concrète des compétences enseignées.
- Prédiction des rechutes : De multiples études prospectives ont démontré que des scores déficitaires à l’ERSQ à la fin d’une thérapie cognitivo-comportementale constituent un facteur prédictif indépendant et robuste de rechute dépressive ou de récidive d’addiction (Berking et al., 2011).
En recherche translationnelle, l’ERSQ est massivement utilisé comme mesure de médiation thérapeutique. Il sert à examiner empiriquement l’hypothèse centrale de la psychopathologie transdiagnostique : l’amélioration des compétences génériques de régulation émotionnelle constitue un médiateur du changement clinique, quel que soit le trouble sous-jacent (dépression majeure, troubles anxieux, état de stress post-traumatique, dépendances aux substances).
5. Construit psychologique
L’ERSQ conceptualise la régulation émotionnelle comme un ensemble hiérarchique de compétences interdépendantes qui opèrent en séquence synergique pour permettre à l’individu de naviguer de manière fonctionnelle dans son paysage affectif. Le modèle intègre neuf facettes spécifiques de trois items chacune :
1. Conscience émotionnelle (Awareness – AW)
Cette dimension mesure la capacité d’une personne à prêter volontairement et délibérément attention à ses états affectifs internes dès leur émergence (Items 1, 12, 19). Elle renvoie à la méta-attention : être capable de porter le focus attentionnel sur ce que l’on ressent sans dissociation ni ignorance défensive.
2. Sensation corporelle (Body Sensation – SE)
Cette composante évalue la perception intéroceptive des émotions (Items 7, 14, 24). Elle examine dans quelle mesure l’individu est conscient des manifestations somatiques et physiologiques qui accompagnent les émotions (rythme cardiaque, tensions musculaires, sensation de serrement ou de chaleur) et s’il utilise ces signaux somatiques comme source informative fiable.
3. Clarté émotionnelle (Clarity – CL)
La clarté fait référence à l’aptitude à identifier, différencier et nommer précisément les émotions ressenties (Items 6, 13, 25). Elle capture le degré de granularité émotionnelle de la personne, s’opposant directement à l’alexithymie ou à une confusion diffuse entre la colère, la tristesse, l’anxiété ou le dégoût.
4. Compréhension émotionnelle (Understanding – UN)
Cette compétence implique l’analyse causale et contextuelle de l’émotion (Items 3, 11, 20). Elle évalue si le sujet comprend les déclencheurs situationnels, les interprétations cognitives et les besoins fondamentaux sous-jacents à ses réactions affectives.
5. Acceptation émotionnelle (Acceptance – AC)
L’acceptation représente la disposition à autoriser et valider la présence d’émotions aversives sans jugement, sans culpabilité et sans tentative immédiate de rejet (Items 5, 17, 23). Elle est étroitement liée à l’attitude de pleine conscience (mindfulness) et s’oppose à la lutte expérientielle.
6. Tolérance à la détresse et résilience (Tolerance / Resilience – RES)
Cette compétence désigne la conviction et la capacité d’endurer des affects négatifs de forte intensité sans paniquer, sans s’effondrer et sans recourir à des stratégies de soulagement immédiates et destructrices (Items 4, 18, 26). Elle mesure le sentiment d’auto-efficacité face à la souffrance émotionnelle.
7. Auto-soutien compatissant (Compassionate Self-Support – SESU)
Cette dimension évalue la propension à adopter une attitude bienveillante, encourageante et réconfortante envers soi-même lorsque l’on traverse une situation éprouvante (Items 9, 15, 27). Elle reflète l’activation de schémas de compassion pour soi plutôt que d’autocritique destructive ou de punition interne.
8. Disposition à affronter (Readiness to Confront – R to C)
Cette sous-échelle mesure la volonté et la capacité d’engager des actions dirigées vers des buts valorisés, même lorsque ces actions sont susceptibles de provoquer, réveiller ou amplifier des émotions désagréables (Items 8, 16, 22). Elle constitue l’antidote comportemental à l’évitement agoraphobique, social ou existentiel.
9. Modification émotionnelle (Modification – MOD)
Enfin, la modification reflète l’aptitude à influencer activement et efficacement son humeur et à générer des affects positifs lorsque cela est nécessaire et opportun (Items 2, 10, 21). Elle englobe les stratégies de réévaluation cognitive, de résolution de problèmes et de réorientation attentionnelle productive.
6. Cadre théorique
Le cadre théorique sous-tendant l’ERSQ s’enracine dans le Modèle adaptatif de régulation émotionnelle de Berking (Adaptive Coping with Emotions Model), lui-même influencé par la synthèse des théories cognitivo-comportementales de troisième vague (notamment la thérapie comportementale dialectique de Marsha Linehan et la thérapie d’acceptation et d’engagement de Steven Hayes) et des modèles de traitement de l’information émotionnelle de James Gross et Leslie Greenberg.
Selon Berking, les émotions ne sont pas de simples épiphénomènes ou des dysfonctionnements à supprimer ; elles constituent des systèmes adaptatifs de guidage de l’action, informant l’organisme sur l’état de satisfaction de ses besoins fondamentaux (attachement, contrôle, valorisation de soi, plaisir). Les troubles psychopathologiques émergent lorsque les individus utilisent de manière prédominante des stratégies inadaptées (évitement, rumination, suppression expressive, agressivité ou abus de substances) en lieu et place de compétences régulatrices saines.
Le modèle théorique de Berking postule une séquence fonctionnelle et hiérarchique :
- Phase de détection : Avant toute intervention, l’individu doit prendre conscience de son émotion et enregistrer ses sensations corporelles. Sans intéroception fine, l’émotion reste diffuse.
- Phase de décodage cognitif : L’émotion doit être nommée avec clarté et son message compris par rapport à l’environnement et aux objectifs de la personne.
- Phase d’ouverture expérientielle : Face à l’aversion, l’individu doit faire preuve d’acceptation et de tolérance. Si la personne refuse l’affect ou s’en effraie, elle bascule immédiatement dans des boucles de détresse secondaire.
- Phase de modulation active : Fort de cette posture d’acceptation, le sujet peut s’apporter du réconfort compatissant, décider d’affronter les contextes anxiogènes au nom de ses valeurs, et activement modifier son état affectif par des stratégies comportementales et cognitives ajustées.
Cette approche théorique surmonte la fausse dichotomie entre « acceptation » (courants humanistes et troisième vague) et « modification active » (TCC classique). L’ERSQ conçoit ces deux polarités non pas comme incompatibles, mais comme des étapes complémentaires d’un processus dynamique : la modification n’est adaptative que si elle repose sur une acceptation préalable honnête de l’expérience ressentie.
7. Validité
Les propriétés métrologiques et la validité de l’ERSQ ont fait l’objet d’investigations approfondies à travers de multiples échantillons cliniques (patients hospitalisés pour trouble dépressif caractérisé, troubles anxieux, dépendance à l’alcool) et non cliniques (étudiants, population générale adulte, professionnels en environnements stressants).
Validité de construit et validité convergente
Les études de validation (Berking & Znoj, 2008 ; Berking et al., 2008) révèlent des corrélations négatives fortes et statistiquement significatives entre le score global de l’ERSQ et les indices de détresse psychologique générale :
- Le score global de l’ERSQ est négativement corrélé avec l’inventaire de dépression de Beck (BDI ; r = -.52 à -.64).
- Il montre de fortes corrélations négatives avec la Symptom Checklist-90-R (SCL-90-R / GSI ; r = -.55 à -.68).
- Il corrèle négativement avec les scores du questionnaire d’anxiété-trait (STAI-T ; r = -.61).
- Des corrélations positives substantielles sont observées avec les échelles de bien-être subjectif (WHO-5 ; r = .58) et les mesures de pleine conscience (ex. FFMQ ; r = .45 à .62).
Validité discriminante
L’ERSQ parvient à discriminer efficacement les individus sains des populations psychiatriques. Les scores moyens globaux des patients souffrant de dépression majeure ou de troubles anxieux généralisés sont significativement inférieurs (souvent de 1 à 1,5 écart-type) à ceux des témoins sains appariés. De plus, les analyses corrélationnelles avec l’inventaire de personnalité NEO-PI-R démontrent que si l’ERSQ est corrélé négativement au névrosisme (r ≈ -.50), il ne se confond pas avec lui et explique une part de variance unique et significative de la santé mentale au-delà des cinq grands facteurs de personnalité (Berking et al., 2008).
Validité prédictive et sensibilité au changement
Dans un essai contrôlé randomisé marquant mené par Berking, Ebert, Cuijpers et Hofmann (2013) chez des patients hospitalisés pour dépression majeure, l’adjonction d’un entraînement systématique aux compétences de régulation (TEK) à la TCC standard a entraîné une hausse substantielle des scores à l’ERSQ, corrélée directement à une rémission symptomatique plus rapide et plus durable. Dans une autre étude prospective sur la dépendance à l’alcool (Berking et al., 2011), les déficits spécifiques mesurés par l’ERSQ en fin de traitement prédisaient de manière robuste les rechutes de consommation à 3 et 6 mois de suivi, confirmant la haute valeur pronostique de l’instrument.
8. Fidélité
La fidélité de l’ERSQ a été rigoureusement attestée à travers plusieurs paramètres psychométriques :
Consistance interne
Dans l’échantillon de dérivation original (Berking & Znoj, 2008, N = 636) ainsi que dans les validations ultérieures (Berking et al., 2008, 2011), le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 27 items s’établit de façon constante entre .90 et .94, traduisant une excellente homogénéité du construit global. Pour les neuf sous-échelles, les coefficients de consistance interne se distribuent comme suit :
- Conscience (Awareness) : α = .72 à .79
- Sensations corporelles (Body Sensation) : α = .76 à .83
- Clarté (Clarity) : α = .78 à .84
- Compréhension (Understanding) : α = .74 à .81
- Acceptation (Acceptance) : α = .73 à .82
- Tolérance / Résilience (Tolerance) : α = .75 à .85
- Auto-soutien compatissant (Compassionate Self-Support) : α = .80 à .86
- Disposition à affronter (Readiness to Confront) : α = .71 à .79
- Modification (Modification) : α = .77 à .84
Fidélité test-retest
Dans des sous-échantillons d’individus non soumis à des interventions psychologiques sur un intervalle de deux semaines, les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et de corrélation test-retest se situent entre r = .75 et r = .86 pour le score total, et entre .68 et .81 pour les différentes sous-échelles. Cette stabilité temporelle adéquate s’accompagne néanmoins d’une grande sensibilité aux gains thérapeutiques lorsque les patients reçoivent une intervention ciblée.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle de l’ERSQ a été explorée par analyse factorielle exploratoire (AFE), puis validée au moyen de modèles d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) compétitifs.
Structure factorielle confirmatoire
Lors des analyses confirmatoires conduites par Berking et ses collègues (2008) ainsi que dans les réplications internationales (par exemple Mohammadi et al., 2015), un modèle comprenant neuf facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur général de second ordre s’est avéré fournir le meilleur ajustement aux données empiriques, surpassant largement les modèles unifactoriels stricts ou les modèles à facteurs non hiérarchisés. Les indices d’ajustement rapportés dans les publications fondatrices attestent de cette adéquation :
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : ≤ .048 (intervalle de confiance à 90 % : [.042, .054])
- CFI (Comparative Fit Index) : ≥ .95
- TLI (Tucker-Lewis Index) : ≥ .94
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : ≤ .045
Saturations factorielles des items
Chacun des 27 items présente des saturations factorielles standardisées (λ) très satisfaisantes sur son facteur assigné respectif, oscillant généralement entre .60 et .88, sans saturation croisée majeure. Les corrélations entre les neuf facteurs de premier ordre sont toutes positives et modérées à fortes (allant de .35 à .72), justifiant pleinement l’extraction du facteur général de régulation émotionnelle de second ordre tout en maintenant la pertinence clinique de l’interprétation des profils individuels par sous-échelle.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report measure).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / numérique en ligne.
- Durée moyenne de passation : Environ 5 à 8 minutes.
- Nombre d’items : 27 items au total, formulés à la première personne du singulier.
- Période de référence : Les sept derniers jours (« Au cours de la semaine dernière… » / « In the last week… »).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
- 0 = Pas du tout (not at all)
- 1 = Rarement (rarely)
- 2 = Parfois (sometimes)
- 3 = Souvent (often)
- 4 = Presque toujours (almost always)
- Sous-échelles et composition des items :
- Conscience (Awareness) : Items 1, 12, 19
- Sensations corporelles (Physical Sensation) : Items 7, 14, 24
- Clarté (Clarity) : Items 6, 13, 25
- Compréhension (Understanding) : Items 3, 11, 20
- Acceptation (Acceptance) : Items 5, 17, 23
- Tolérance / Résilience (Tolerance / Resilience) : Items 4, 18, 26
- Auto-soutien compatissant (Compassionate Self-Support) : Items 9, 15, 27
- Disposition à affronter (Readiness to Confront) : Items 8, 16, 22
- Modification (Modification) : Items 2, 10, 21
- Cotation et calcul des scores :
- Aucun item inversé n’est présent dans le questionnaire ; tous les énoncés sont formulés dans le sens de la compétence adaptative.
- Les scores de chaque sous-échelle s’obtiennent en calculant la moyenne des 3 items correspondants (score variant de 0 à 4) ou leur somme brute (de 0 à 12).
- Le score global de compétences de régulation émotionnelle est calculé en faisant la moyenne de l’ensemble des 27 items (variant de 0 à 4) ou la somme cumulée totale (de 0 à 108). Un score élevé reflète un répertoire de régulation émotionnelle plus riche, plus flexible et plus efficient.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 2008 (version originale allemande SEK-27 par Matthias Berking et Heinz Znoj ; validation anglophone ERSQ la même année par Berking, Wupperman, Orth et al.).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par Matthias Berking et les revues savantes éditrices (American Psychological Association, Elsevier, Hogrefe).
- Tarification et accès : L’utilisation de l’ERSQ / SEK-27 est libre de droits et gratuite pour les travaux de recherche académique, les thèses universitaires et la pratique clinique individuelle à but non lucratif, sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales de référence.
- Utilisation commerciale : Toute intégration dans une plateforme logicielle commerciale payante ou tout usage dans le cadre d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique nécessite l’accord préalable écrit des auteurs.
12. Références
Les publications fondamentales et les études psychométriques de validation de l’ERSQ / SEK-27 comprennent :
- Berking, M., & Znoj, H. (2008). Entwicklung und Validierung eines Fragebogens zur standardisierten Selbsteinschätzung emotionaler Kompetenzen (SEK-27). Zeitschrift für Psychiatrie, Psychologie und Psychotherapie, 56(2), 141–152. https://doi.org/10.1024/1661-4747.56.2.141
- Berking, M., Wupperman, P., Orth, U., Meier, L. L., & Znoj, H. (2008). Prospective effects of emotion-regulation skills on emotional adjustment. Journal of Counseling Psychology, 55(4), 485–494. https://doi.org/10.1037/a0013596
- Berking, M., Wupperman, P., Reichardt, A., Pejic, T., Dippel, A., & Znoj, H. (2008). Emotion-regulation skills as a treatment target in psychotherapy. Behaviour Research and Therapy, 46(11), 1230–1237. https://doi.org/10.1016/j.brat.2008.08.005
- Berking, M., Margraf, M., Ebert, D., Wupperman, P., Hofmann, S. G., & Junghanns, K. (2011). Deficits in emotion-regulation skills predict alcohol use during and after cognitive behavioral therapy for alcohol dependence. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 79(3), 307–318. https://doi.org/10.1037/a0023441
- Berking, M., Ebert, D., Cuijpers, P., & Hofmann, S. G. (2013). Emotion regulation skills training enhances the efficacy of inpatient cognitive behavioral therapy for major depressive disorder: A randomized controlled trial. Psychotherapy and Psychosomatics, 82(4), 234–245. https://doi.org/10.1159/000348448
- Mohammadi, R., Bahari, Z., Robat Meeli, S., Seyed Ahmadian, S. M., & Karimi, R. (2015). Reliability, validity, and normalization of Berking’s Emotion-Regulation Skills Questionnaire in the students of Police University. Journal of Police Medicine, 4(2), 105–112.
13. Questions et items du questionnaire
Instructions: In the last week …
Response format:
0 = not at all
1 = rarely
2 = sometimes
3 = often
4 = almost always
- I was able to consciously pay attention to my feelings.
- I could consciously bring about positive feelings.
- I understood my emotional reactions.
- I could endure my negative feelings.
- I was able to accept my negative feelings.
- I could have labelled my feelings.
- I had a clear physical perception of my feelings.
- I did what I wanted to do‚ even if I had to face negative feelings on the way.
- I tried to reassure myself during distressing situations.
- I was able to influence my negative feelings.
- I knew what my feelings meant.
- I could focus on my negative emotions if necessary.
- I knew what emotions I was feeling in the moment.
- I consciously noticed when my body reacted towards emotionally charged situations in a particular way.
- I tried to cheer myself up in emotionally distressing situations.
- I did what I intended to do despite my negative feelings.
- I was OK with my feelings‚ even if they were negative.
- I was certain that I would be able to tolerate even intense negative feelings.
- I was able to experience my feelings consciously.
- I aware of why I felt the way I felt.
- I knew that I was able to influence my feelings.
- I pursued goals that were important to me‚ even if I thought that doing so would trigger or intensify negative feelings.
- I was able to experience my negative feelings without immediately trying to fight them off.
- my physical sensations were a good indication of how I was feeling.
- I was clear about what emotions I was experiencing.
- I could tolerate my negative feelings.
- I supported myself in emotionally distressing situations.