Le questionnaire d’autorégulation (SRQ)

Le Questionnaire d’autorégulation (SRQ) de Miller, Brown et Lawendowski mesure en 63 items les sept dimensions de la régulation comportementale et volitionnelle.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire d’autorégulation (Self-Regulation Questionnaire, SRQ), élaboré par William R. Miller, J. M. Brown et L. A. Lawendowski à la fin des années 1990 au sein du Center on Alcoholism, Substance Abuse, and Addictions (CASAA) de l’Université du Nouveau-Mexique, est un instrument d’évaluation psychométrique conçu pour mesurer la capacité globale d’un individu à initier, maintenir et moduler son comportement afin d’atteindre des objectifs personnels ou de s’adapter aux exigences de son environnement. L’instrument opérationnalise le modèle cybernétique d’autorégulation comportementale développé initialement par le psychologue Frederick Kanfer.

Le SRQ comprend 63 items auto-rapportés structurés autour d’un processus en sept étapes séquentielles de neuf items chacune : (1) la réception des informations pertinentes relatives à l’état actuel (Receiving), (2) l’évaluation de ces données en les comparant à des normes ou standards personnels (Evaluating), (3) le déclenchement de la volonté de changement face à un écart constaté (Triggering change), (4) la recherche active d’options d’action (Searching for options), (5) la formulation d’un plan d’intervention structuré (Formulating a plan), (6) la mise en œuvre pratique de ce plan (Implementing the plan), et (7) l’évaluation rétrospective de l’efficacité des stratégies déployées (Assessing the plan’s effectiveness). Les participants répondent sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Fortement en désaccord » / Strongly disagree) à 5 (« Fortement d’accord » / Strongly Agree), avec 26 items inversés.

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’échelle globale présente une excellente cohérence interne, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,91 et 0,94 dans la littérature de référence, et une fidélité test-retest robuste ($r = 0,94$). Cependant, les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires conduites dans divers contextes cliniques et universitaires (notamment par Carey et al., 2004) ont mis en lumière une forte intercorrélation entre les sous-échelles, suggérant une dimension générale sous-jacente prépondérante, ce qui a conduit au développement de versions abrégées (telles que le Short SRQ ou SSRQ à 31 items). Le SRQ demeure l’une des mesures les plus influentes et complètes dans l’étude des addictions, des thérapies motivationnelles, de la régulation volitionnelle et de la psychologie de la santé.

2. Mots-clés / Keywords

Autorégulation, Questionnaire d’autorégulation, SRQ, William R. Miller, Frederick Kanfer, contrôle de soi, métacognition, comportements addictifs, prise de décision, psychométrie, évaluation comportementale, modèle cybernétique, volition, validité psychométrique.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire d’autorégulation a été développé conjointement par des chercheurs rattachés au Center on Alcoholism, Substance Abuse, and Addictions (CASAA) du Département de psychologie de l’Université du Nouveau-Mexique (Albuquerque, États-Unis) :

  • J. M. Brown, Ph.D. : Chercheur en psychologie clinique, spécialiste des déterminants individuels et motivationnels de l’abus de substances et des mécanismes de régulation du comportement chez les jeunes adultes.
  • William R. Miller, Ph.D. : Professeur émérite distingué de psychologie et de psychiatrie à l’Université du Nouveau-Mexique, cofondateur de l’entretien motivationnel (Motivational Interviewing) et figure de proue internationale dans l’étude des dépendances, du changement comportemental et de la relation thérapeutique.
  • L. A. Lawendowski, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse ayant collaboré aux protocoles expérimentaux d’évaluation des processus autorégulateurs et de validation initiale de l’instrument psychométrique au sein du CASAA.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du SRQ est de fournir une mesure standardisée, quantitative et opérationnelle de la capacité globale d’autorégulation comprise comme un macro-processus continu et itératif de contrôle de l’action orientée vers un but. Historiquement, le développement de cet instrument s’enracine dans la recherche sur les comportements addictifs et la psychopathologie des conduites d’excès (consommation abusive d’alcool, de drogues illicites, boulimie, jeu pathologique). Les concepteurs cherchaient à élucider pourquoi certains individus parviennent spontanément à modérer leur consommation ou à modifier des habitudes préjudiciables dès lors qu’ils perçoivent des signaux d’alarme, tandis que d’autres s’enferment dans des schémas rigides ou compulsifs en dépit de conséquences négatives manifestes.

Au-delà du simple trait de « contrôle des impulsions » ou du concept statique de « volonté », le SRQ a été conçu pour identifier à quelle étape précise de la boucle d’autorégulation un sujet rencontre des difficultés. Dans le cadre de l’évaluation clinique, cette granularité diagnostique permet d’adapter les interventions thérapeutiques :

  • Un individu échouant au niveau de la réception de l’information bénéficiera en priorité d’exercices d’auto-observation (self-monitoring), de rétroaction objective (biofeedback ou carnets de bord) et de prise de conscience de ses propres états physiologiques et émotionnels.
  • Un patient présentant un déficit au niveau du déclenchement du changement nécessitera une approche d’entretien motivationnel centrée sur la résolution de l’ambivalence et l’amplification du contraste entre ses valeurs profondes et sa conduite actuelle.
  • Un patient en difficulté lors de la formulation ou de la mise en œuvre du plan tirera un bénéfice accru de programmes d’entraînement aux compétences de résolution de problèmes (problem-solving therapy), de planification d’implémentation (implementation intentions) et de prévention de la rechute.

Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée, le SRQ est largement utilisé en psychologie de la santé, en psychologie organisationnelle et en sciences de l’éducation. Il permet d’étudier l’impact des compétences autorégulatrices sur l’adhésion aux traitements médicaux chroniques, l’adoption de comportements prophylactiques (activité physique, équilibre nutritionnel), la gestion du stress en milieu professionnel et la persévérance académique.

5. Construit psychologique / Construct

L’autorégulation est définie dans ce cadre comme la capacité humaine universelle à planifier, guider, surveiller et adapter ses propres pensées, affects et comportements en fonction des circonstances changeantes afin d’atteindre des standards préalablement définis. Le SRQ opérationnalise ce construit à travers sept dimensions fonctionnelles interconnectées, chacune étant représentée par 9 items au sein de l’inventaire :

1. Réception des informations pertinentes (Receiving relevant information)

Cette composante renvoie à la vigilance métacognitive et à l’attention portée aux signaux internes (émotions, sensations physiques, cognition) et externes (réactions de l’entourage, résultats concrets). Elle reflète l’aptitude du sujet à percevoir son état actuel de manière lucide et continue sans déni ni évitement attentionnel (ex. Item 1 : « I usually keep track of my progress toward my goals » ; Item 15 inversé : « It’s hard for me to notice when I’ve had enough »).

2. Évaluation de l’information et comparaison aux normes (Evaluating the information and comparing it to norms)

Cette dimension mesure le processus de confrontation entre les données observées et des standards de référence, qu’il s’agisse de valeurs personnelles, d’idéaux éthiques ou de normes sociales. L’individu évalue s’il existe une concordance ou un écart indésirable entre « ce qui est » et « ce qui devrait être » (ex. Item 30 : « I have personal standards, and try to live up to them » ; Item 58 : « I know how I want to be »).

3. Déclenchement du changement (Triggering change)

Le constat d’un écart significatif entre le comportement actuel et les standards normatifs ne suffit pas toujours à inciter à l’action. Cette étape capture la sensibilité au signal d’alarme, c’est-à-dire la propension à reconnaître l’urgence d’une modification comportementale et la volonté de rompre avec l’inertie ou la rigidité des habitudes (ex. Item 14 : « I change the way I do things when I see a problem with how things are going » ; Item 31 inversé : « I am set in my ways »).

4. Recherche d’options (Searching for options)

Une fois la nécessité du changement reconnue, le sujet explore le champ des possibles. Cette sous-échelle évalue la flexibilité cognitive, la créativité divergente, la recherche de conseils extérieurs et la croyance en son sentiment d’efficacité personnelle quant à la possibilité de trouver des stratégies alternatives (ex. Item 18 : « If I wanted to change, I am confident that I could do it » ; Item 46 : « I can usually find several different possibilities when I want to change something »).

5. Formulation d’un plan d’action (Formulating a plan)

L’étape de formulation transforme un désir abstrait en une feuille de route concrète. Elle mesure la capacité à anticiper les obstacles, à hiérarchiser les priorités, à décomposer les macro-objectifs en sous-buts opérationnels et à s’engager résolument dans une décision sans succomber à la paralysie décisionnelle ou à la procrastination (ex. Item 47 : « Once I have a goal, I can usually plan how to reach it » ; Item 12 inversé : « I put off making decisions »).

6. Mise en œuvre du plan (Implementing the plan)

Cette dimension correspond au versant volitionnel et exécutif du modèle. Elle rend compte de la persévérance, de la résistance aux tentations immédiates, du maintien de l’effort dans la durée et de l’aptitude à préserver la trajectoire de l’action malgré la survenue de distractions ou de revers temporaires (ex. Item 27 : « I can stick to a plan that’s working well » ; Item 41 : « I am able to resist temptation » ; Item 55 inversé : « Little problems or distractions throw me off course »).

7. Évaluation de l’efficacité du plan (Assessing the plan’s effectiveness)

La dernière composante boucle la trajectoire autorégulatrice en soumettant le plan mis en œuvre à une analyse critique rétroactive. L’individu vérifie si les actions engagées réduisent effectivement l’écart de départ, tire des leçons constructives de ses échecs sans s’auto-déprécier et réajuste dynamiquement sa tactique si nécessaire (ex. Item 35 : « When I’m trying to change something, I pay a lot of attention to how I’m doing » ; Item 57 : « I learn from my mistakes »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel du SRQ repose sur une synthèse rigoureuse de la théorie cybernétique de la régulation comportementale de Frederick H. Kanfer (1970, 1975) et des modèles sociocognitifs développés par Albert Bandura (1986, 1991), complétés par les théories de la boucle de rétroaction négative de Charles S. Carver et Michael F. Scheier (1981, 1998).

Le modèle canonique de Frederick Kanfer

Historiquement, Kanfer a modélisé l’autorégulation non pas comme une entité caractérielle immuable, mais comme un système de contrôle en boucle fermée (feedback loop) déclenché lorsque les automatismes comportementaux d’un individu s’avèrent inefficaces, inadaptés ou bloqués par l’environnement. Dans les travaux originaux de Kanfer, cette boucle comprend trois étapes fondamentales :

  1. L’auto-observation (Self-monitoring) : Le sujet dirige délibérément son attention vers ses propres conduites et recueille des données sur sa performance.
  2. L’auto-évaluation (Self-evaluation) : Ces observations sont comparées à des critères internes. La discordance génère un affect spécifique (insatisfaction, culpabilité ou fierté).
  3. L’auto-renforcement ou auto-correction (Self-reinforcement) : En fonction du jugement porté, l’individu s’octroie des récompenses symboliques ou matérielles ou engage des actions correctrices pour rétablir l’équilibre.

L’extension en sept étapes par Brown et Miller

J. M. Brown et William R. Miller (1998, 1999) ont enrichi la conceptualisation tripartite de Kanfer en détaillant les étapes cognitives et exécutives intermédiaires nécessaires pour passer d’un simple constat d’insatisfaction à un changement durable, aboutissant au modèle séquentiel en sept phases du SRQ :

$$\text{Réception} long\rightarrow \text{Évaluation} long\rightarrow \text{Déclenchement} long\rightarrow \text{Recherche d’options} long\rightarrow \text{Planification} long\rightarrow \text{Mise en œuvre} long\rightarrow \text{Évaluation du plan}$$

Ce modèle postule une logique cybernétique où une défaillance à n’importe quel maillon de la chaîne entraîne un dysfonctionnement de l’ensemble du système d’autogestion :

  • L’absence de réception produit une anosognosie ou un aveuglement quant aux conséquences de ses actes (phénomène typique des phases précoces de l’alcoolisme ou de l’assuétude).
  • L’incapacité d’évaluation engendre une absence de repères normatifs.
  • L’échec de déclenchement maintient l’ambivalence et la complaisance passive.
  • L’échec dans la recherche d’options engendre l’impuissance acquise (learned helplessness).
  • L’échec de planification conduit à l’impulsivité désorganisée.
  • L’échec de mise en œuvre reflète la défaillance de la volonté exécutive et de la régulation de l’inhibition.
  • L’échec d’évaluation finale empêche la capitalisation sur l’expérience et reproduit indéfiniment les mêmes erreurs.

7. Validité / Validity

Les propriétés psychométriques du SRQ ont fait l’objet de nombreuses investigations empiriques menées auprès de populations d’étudiants, d’adultes en population générale et de patients souffrant de troubles liés à l’usage de substances.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente du score global au SRQ est solidement établie par des corrélations statistiquement significatives avec des instruments mesurant des construits théoriquement apparentés :

  • Contrôle des impulsions et maîtrise de soi : Des corrélations positives élevées ($r = 0,60$ à $0,75$, $p < 0,001$) sont systématiquement rapportées avec la Self-Control Scale de Tangney et al. (2004) et le Barratt Impulsiveness Scale (BIS-11, corrélations inverses fortes, notamment avec l’impulsivité motrice et l’absence de planification, $r = -0,55$ à $-0,68$).
  • Traits de personnalité du modèle à cinq facteurs (Big Five) : Le score total au SRQ est très fortement corrélé de manière positive avec la dimension de Conscienciosité (Conscientiousness, $r = 0,62$ à $0,71$) et modérément avec l’Agréabilité ($r pprox 0,30$), tandis qu’il corrèle négativement avec le Névrosisme ($r = -0,40$ à $-0,52$), attestant que la stabilité émotionnelle favorise l’exécution efficace de la boucle d’autorégulation.
  • Sentiment d’efficacité personnelle : Des associations positives substantielles sont observées avec l’échelle d’auto-efficacité générale de Schwarzer et Jerusalem ($r pprox 0,55$).

Validité prédictive et critériée

Dans le domaine des dépendances, des scores plus faibles au SRQ prédisent avec acuité :

  • Une fréquence et une intensité plus élevées des épisodes de consommation excessive épisodique d’alcool (binge drinking) chez les étudiants de premier cycle (Brown et al., 1997 ; Carey et al., 2004).
  • Une plus grande sévérité des conséquences psychosociales négatives liées à la consommation de drogues et d’alcool (mesurées via la Rutgers Alcohol Problem Index ou l’AUDIT).
  • Un taux d’abandon prématuré (drop-out) accru au cours des programmes de sevrage ambulatoire ou résidentiel.

Validité discriminante

Le SRQ démontre une indépendance satisfaisante vis-à-vis des mesures d’intelligence générale fluide ou de niveau socio-économique, indiquant qu’il capture des compétences volitionnelles et exécutives distinctes des capacités cognitives pures. De surcroît, la corrélation avec les échelles de désirabilité sociale (telle que l’échelle de Marlowe-Crowne) demeure modeste ($r pprox 0,18$ à $0,26$), attestant que les scores ne sont pas de simples artefacts de présentation de soi favorable.

8. Fidélité / Reliability

Les études initiales et les réplications indépendantes mettent en évidence d’excellents indices de fidélité pour le score global du questionnaire :

Cohérence interne

  • Score total (63 items) : Dans l’étude princeps de Brown, Miller et Lawendowski (1999), le coefficient alpha de Cronbach pour le score global atteignait $\alpha = 0,91$. Les travaux ultérieurs menés sur de vastes échantillons universitaires et cliniques (par exemple Neal & Carey, 2005) ont confirmé une consistance interne globale remarquable, variant entre $\alpha = 0,91$ et $\alpha = 0,94$.
  • Sous-échelles spécifiques : La cohérence interne au niveau des sept sous-échelles individuelles présente en revanche une plus grande variabilité. Si certaines sous-échelles affichent une consistance satisfaisante (ex. Mise en œuvre du plan : $\alpha pprox 0,74$ ; Formulation d’un plan : $\alpha pprox 0,72$), d’autres présentent des indices plus modestes (ex. Déclenchement du changement : $\alpha pprox 0,55$ à $0,63$ ; Réception : $\alpha pprox 0,60$ à $0,68$). Cette hétérogénéité s’explique en partie par la concision relative de chaque domaine (9 items par sous-échelle) et la présence de plusieurs items formulés de manière inversée qui génèrent du bruit de mesure.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

L’évaluation de la stabilité test-retest conduite par Brown et al. auprès d’un sous-échantillon d’étudiants sur un intervalle de 2 à 5 semaines a révélé un coefficient de corrélation intra-classe très élevé de $r = 0,94$ pour le score total, attestant que l’aptitude globale à l’autorégulation se comporte comme une disposition stable dans le temps chez des sujets non soumis à une intervention ciblée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que le SRQ ait été conçu à l’origine sur la base d’une décomposition conceptuelle a priori en sept sous-processus distincts, la structure factorielle empirique de l’instrument a suscité d’intenses débats méthodologiques au sein de la communauté psychométrique.

L’examen factoriel empirique de Carey, Neal et Collins (2004)

L’étude psychométrique majeure menée par Carey, Neal et Collins (2004) auprès d’un échantillon de près de 400 étudiants a soumis les 63 items du SRQ à des analyses factorielles exploratoires (AFE) par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax). Les résultats ont infirmé l’existence empirique des sept facteurs orthogonaux indépendants :

  • Les sept sous-échelles d’origine présentaient de fortes intercorrélations mutuelles ($r$ souvent supérieur à $0,60$), révélant un recouvrement conceptuel et empirique substantiel.
  • Une analyse factorielle confirmatoire (AFC) testant le modèle théorique à 7 facteurs a démontré un ajustement médiocre aux données (RMSEA > 0,08 ; CFI < 0,85).
  • L’analyse du diagramme d’éboulis (scree plot) et l’analyse parallèle de Horn ont mis en évidence la présence prépondérante d’un facteur général d’autorégulation expliquant la majeure partie de la variance commune.

Émergence du Short SRQ (SSRQ) à deux facteurs

Face à ces constats, Carey et ses collaborateurs ont éliminé les items redondants, ambigus ou possédant des saturations factorielles croisées inférieures à 0,40, aboutissant à une version abrégée de 31 items, le Short Self-Regulation Questionnaire (SSRQ). L’analyse factorielle confirmatoire sur cette version a isolé deux facteurs robustes et cohérents :

  1. Contrôle des impulsions (Impulse Control) : Regroupant les capacités d’inhibition des automatismes, de maintien de l’attention face aux distractions et d’arrêt comportemental.
  2. Fixation et poursuite des buts (Goal Setting) : Englobant la projection temporelle, la planification méthodique des étapes et la vérification des progrès accomplis.

Néanmoins, dans la pratique clinique et de recherche utilisant le SRQ complet de 63 items, les auteurs préconisent d’utiliser prioritairement le score total composite comme indicateur unifié de la capacité d’autorégulation, tout en conservant les scores des sept sous-échelles comme profils cliniques exploratoires et heuristiques.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report questionnaire).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée sur tablette/ordinateur.
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Nombre d’items : 63 items au total, répartis équitablement à raison de 9 items par phase théorique.
  • Échelle de réponse (Format Likert en 5 points) :
    • 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Incertain ou hésitant (Uncertain or Unsure)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
  • Items inversés (Scoring inversé : 1=5, 2=4, 3=3, 4=2, 5=1) : 26 items au total :

    2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 13, 15, 19, 20, 21, 24, 26, 29, 31, 33, 37, 40, 43, 45, 50, 55, 62 et 63.
  • Composition des sous-échelles (9 items chacune) :
    • Réception (Receiving) : Items 1, 8, 15, 22, 29, 36, 43, 50, 57.
    • Évaluation (Evaluating) : Items 2, 9, 16, 23, 30, 37, 44, 51, 58.
    • Déclenchement du changement (Triggering change) : Items 3, 10, 17, 24, 31, 38, 45, 52, 59.
    • Recherche d’options (Searching for options) : Items 4, 11, 18, 25, 32, 39, 46, 53, 60.
    • Formulation d’un plan (Formulating a plan) : Items 5, 12, 19, 26, 33, 40, 47, 54, 61.
    • Mise en œuvre du plan (Implementing the plan) : Items 6, 13, 20, 27, 34, 41, 48, 55, 62.
    • Évaluation de l’efficacité (Assessing the plan’s effectiveness) : Items 7, 14, 21, 28, 35, 42, 49, 56, 63.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Chaque item est noté de 1 à 5 après inversion des 26 items correspondants.
    • Le score total est obtenu en sommant l’ensemble des 63 items, produisant une étendue théorique allant de 63 à 315 points.
    • Chaque sous-échelle génère un score variant de 9 à 45 points.
    • Un score total plus élevé traduit une capacité d’autorégulation plus robuste et efficiente.
  • Seuils normatifs indicatifs (Échantillons universitaires/CASAA) :
    • Autorégulation basse : Score < 214 (< 1 écart-type sous la moyenne). Indique un risque accru d’impulsivité, de rechute et de désorganisation comportementale.
    • Autorégulation intermédiaire : Score compris entre 214 et 238 (dans la zone de la moyenne).
    • Autorégulation élevée : Score > 239 (> 1 écart-type au-dessus de la moyenne). Témoigne d’aptitudes volitionnelles, d’inhibition et de planification bien développées.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 1997 (premières communications scientifiques par Brown et al. à la Research Society on Alcoholism) ; publication dans des ouvrages de référence en 1998 et 1999.
  • Statut des droits d’auteur et licence : Domaine public / libre de droits pour la recherche et la pratique clinique. L’instrument a été mis gratuitement à disposition par William R. Miller et le Center on Alcoholism, Substance Abuse, and Addictions (CASAA) de l’Université du Nouveau-Mexique sur leur plateforme documentaire institutionnelle (CASAA Instruments).
  • Tarification : Accès 100 % gratuit (aucun coût d’achat ni redevance d’utilisation pour les praticiens, chercheurs et étudiants).
  • Conditions d’utilisation : Aucune autorisation formelle préalable n’est requise pour un usage non commercial ou de recherche clinique, à condition de citer fidèlement les sources originales (Brown et al., 1999). Toute adaptation commerciale ou intégration dans un logiciel propriétaire requiert l’accord des détenteurs des droits moraux.

12. Références / References

  • Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
  • Bandura, A. (1991). Social cognitive theory of self-regulation. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 248–287. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90022-L
  • Brown, J. M. (1998). Self-regulation and the addictive behaviors. In W. R. Miller & N. Heather (Eds.), Treating addictive behaviors (2nd ed., pp. 61–74). Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-1934-2_5
  • Brown, J. M., Baumann, B. D., Smith, C. D., & Etheridge, S. L. (1997). Self-regulation, extroversion, and substance abuse among college students. Paper presented at the Research Society on Alcoholism, San Francisco, CA.
  • Brown, J. M., Miller, W. R., & Lawendowski, L. A. (1999). The Self-Regulation Questionnaire. In L. VandeCreek & T. L. Jackson (Eds.), Innovations in clinical practice: A source book (Vol. 17, pp. 281–289). Professional Resource Press.
  • Carey, K. B., Neal, D. J., & Collins, S. E. (2004). A psychometric analysis of the self-regulation questionnaire. Addictive Behaviors, 29(2), 253–260. https://doi.org/10.1016/j.addbeh.2003.08.001
  • Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1981). Attention and self-regulation: A control-theory approach to human behavior. Springer-Verlag. https://doi.org/10.1007/978-1-4612-5887-2
  • Kanfer, F. H. (1970). Self-regulation: Research, issues, and speculations. In C. Neuringer & J. L. Michael (Eds.), Behavior modification in clinical psychology (pp. 178–220). Appleton-Century-Crofts.
  • Neal, D. J., & Carey, K. B. (2005). A follow-up psychometric analysis of the self-regulation questionnaire. Psychology of Addictive Behaviors, 19(4), 414–422. https://doi.org/10.1037/0893-164X.19.4.414
  • Tangney, J. P., Baumeister, R. F., & Boone, A. L. (2004). High self-control predicts good adjustment, less pathology, better grades, and interpersonal success. Journal of Personality, 72(2), 271–324. https://doi.org/10.1111/j.0022-3506.2004.00263.x

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:
1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Uncertain or Unsure, 4 = Agree, 5 = Strongly Agree

  1. I usually keep track of my progress toward my goals.
  2. My behavior is not that different from other people’s.
  3. Others tell me that I keep on with things too long.
  4. I doubt I could change even if I wanted to.
  5. I have trouble making up my mind about things.
  6. I get easily distracted from my plans.
  7. I reward myself for progress toward my goals.
  8. I don’t notice the effects of my actions until it’s too late.
  9. My behavior is similar to that of my friends.
  10. It’s hard for me to see anything helpful about changing my ways.
  11. I am able to accomplish goals I set for myself.
  12. I put off making decisions.
  13. I have so many plans that it’s hard for me to focus on any one of them.
  14. I change the way I do things when I see a problem with how things are going.
  15. It’s hard for me to notice when I’ve had enough (alcohol, food, sweets).
  16. I think a lot about what other people think of me.
  17. I am willing to consider other ways of doing things.
  18. If I wanted to change, I am confident that I could do it.
  19. When it comes to deciding about a change, I feel overwhelmed by the choices.
  20. I have trouble following through with things once I’ve made up my mind to do something.
  21. I don’t seem to learn from my mistakes.
  22. I’m usually careful not to overdo it when working, eating, drinking.
  23. I tend to compare myself with other people.
  24. I enjoy a routine, and like things to stay the same.
  25. I have sought out advice or information about changing.
  26. I can come up with lots of ways to change, but it’s hard for me to decide which one to use.
  27. I can stick to a plan that’s working well.
  28. I usually only have to make a mistake one time in order to learn from it.
  29. I don’t learn well from punishment.
  30. I have personal standards, and try to live up to them.
  31. I am set in my ways.
  32. As soon as I see a problem or challenge, I start looking for possible solutions.
  33. I have a hard time setting goals for myself.
  34. I have a lot of willpower.
  35. When I’m trying to change something, I pay a lot of attention to how I’m doing.
  36. I usually judge what I’m doing by the consequences of my actions.
  37. I don’t care if I’m different from most people.
  38. As soon as I see things aren’t going right I want to do something about it.
  39. There is usually more than one way to accomplish something.
  40. I have trouble making plans to help me reach my goals.
  41. I am able to resist temptation.
  42. I set goals for myself and keep track of my progress.
  43. Most of the time I don’t pay attention to what I’m doing.
  44. I try to be like people around me.
  45. I tend to keep doing the same thing, even when it doesn’t work.
  46. I can usually find several different possibilities when I want to change something.
  47. Once I have a goal, I can usually plan how to reach it.
  48. I have rules that I stick by no matter what.
  49. If I make a resolution to change something, I pay a lot of attention to how I’m doing.
  50. Often I don’t notice what I’m doing until someone calls it to my attention.
  51. I think a lot about how I’m doing.
  52. Usually I see the need to change before others do.
  53. I’m good at finding different ways to get what I want.
  54. I usually think before I act.
  55. Little problems or distractions throw me off course.
  56. I feel bad when I don’t meet my goals.
  57. I learn from my mistakes.
  58. I know how I want to be.
  59. It bothers me when things aren’t the way I want them.
  60. I call in others for help when I need it.
  61. Before making a decision, I consider what is likely to happen if I do one thing or another.
  62. I give up quickly.
  63. I usually decide to change and hope for the best.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Le questionnaire d’autorégulation (SRQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-autoregulation-srq/
Looti, Mohammed. “Le questionnaire d’autorégulation (SRQ).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-autoregulation-srq/.
Looti, Mohammed. “Le questionnaire d’autorégulation (SRQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-autoregulation-srq/.