Questionnaire d’autorégulation prosociale (SRQ-P)

Le Questionnaire d’autorégulation prosociale (SRQ-P) est un outil psychométrique mesurant les styles de régulation externe, introjectée et identifiée chez l’enfant selon la théorie de l’autodétermination.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

Le Questionnaire d’autorégulation prosociale (en anglais, Prosocial Self-Regulation Questionnaire ou SRQ-P) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer les motifs et les styles de régulation motivationnelle sous-jacents aux comportements prosociaux chez les enfants scolarisés en fin d’école élémentaire et au début du collège (approximativement âgés de 9 à 14 ans). Développé initialement par Richard M. Ryan et James P. Connell en 1989, cet outil s’ancre directement dans les postulats de la théorie de l’autodétermination (TAD) et de la théorie de l’intégration organismique (TIO). L’échelle investigue précisément le locus perçu de causalité (Perceived Locus of Causality, PLOC) à travers plusieurs scénarios sociaux typiques de la vie quotidienne de l’enfant, incluant le respect des promesses, l’abstention de moqueries, le contrôle de l’agressivité physique, la bienveillance générale et l’assistance apportée à une personne en détresse.

Le questionnaire est composé de 25 énoncés répartis autour de cinq situations comportementales prosociales distinctes. Pour chaque situation, l’enfant évalue différentes raisons d’agir sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 4 points (allant de « Very True » [Tout à fait vrai = 4] à « Not at All True » [Pas du tout vrai = 1]). Contrairement à d’autres échelles d’autorégulation adaptées aux adultes, le SRQ-P évalue trois styles de régulation spécifiques : la régulation externe, la régulation introjectée et la régulation identifiée. Conformément aux hypothèses développementales de la TAD, les conduites prosociales chez l’enfant requièrent un processus d’intériorisation des normes morales et culturelles plutôt qu’un penchant spontanément auto-gratifiant, justifiant l’absence intentionnelle de sous-échelle de motivation intrinsèque pure.

D’un point de vue psychométrique, le SRQ-P présente des propriétés empiriques robustes établies dans la littérature internationale : une structure de corrélation de type « quasi-simplex » confirmant le continuum d’autodétermination, une consistance interne satisfaisante pour ses sous-échelles (coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,68 et 0,86 selon les groupes d’âge et les adaptations), et une validité prédictive remarquable quant aux conduites d’empathie, au jugement moral, au bien-être psychologique et à l’ajustement socio-émotionnel en milieu scolaire.

2. Mots-clés

Questionnaire d’autorégulation prosociale, SRQ-P, théorie de l’autodétermination, comportement prosocial, régulation externe, régulation introjectée, régulation identifiée, locus perçu de causalité, motivation morale, psychométrie infantile

3. Auteurs

Le Questionnaire d’autorégulation prosociale a été élaboré et formalisé par deux figures majeures de la psychologie du développement et de la motivation humaine :

  • Richard M. Ryan, Ph.D. : Professeur clinicien et professeur de recherche à l’Institute for Positive Psychology and Education de l’Australian Catholic University (North Sydney, Australie), et professeur émérite de psychologie à l’Université de Rochester (New York, États-Unis). Co-créateur de la théorie de l’autodétermination aux côtés d’Edward L. Deci, le Dr Ryan est internationalement reconnu pour ses travaux novateurs sur la motivation autonome, l’intériorisation culturelle et le bien-être psychologique.
  • James P. Connell, Ph.D. : Psychologue du développement, anciennement chercheur et professeur associé à l’Université de Rochester, co-fondateur de l’Institute for Research and Reform in Education (IRRE). Ses recherches se sont centrées sur les transitions éducatives chez les enfants et adolescents, la motivation scolaire, l’engagement socio-émotionnel et l’opérationnalisation empirique du locus perçu de causalité.

Les correspondances scientifiques institutionnelles relatives aux échelles de la famille SRQ peuvent être adressées via le portail officiel du réseau de recherche de la théorie de l’autodétermination (selfdeterminationtheory.org).

4. Objectif

L’objectif fondamental du SRQ-P est de disséquer non pas la fréquence objective ou la quantité brute des conduites prosociales affichées par un enfant, mais la qualité motivationnelle et la nature de l’autorégulation qui gouvernent ces agissements. En psychologie de l’enfant et de l’adolescent, deux individus peuvent manifester une assistance identique envers un pair — par exemple, consoler un camarade qui pleure ou tenir une promesse — tout en agissant à partir de ressorts psychologiques radicalement opposés : l’un peut le faire par peur d’une réprimande parentale ou pour obtenir l’approbation de ses pairs (locus externe), tandis que l’autre agit parce qu’il valorise sincèrement le bien-être d’autrui et adhère à la règle morale de réciprocité (locus interne).

Le SRQ-P répond à un besoin méthodologique et conceptuel crucial dans l’évaluation psychologique : surmonter l’illusion de l’homogénéité comportementale. Les comportements prosociaux, bien qu’universellement encouragés dans les contextes scolaires et familiaux, ne sont pas systématiquement le reflet d’une motivation autonome. En opérationnalisant le concept de locus perçu de causalité (PLOC) introduit par Fritz Heider et adapté par Ryan et Connell, le SRQ-P permet de cartographier avec finesse le degré auquel l’enfant a transformé une prescription sociale extérieure en une valeur personnelle intégrée.

Dans les applications de recherche, l’instrument est abondamment employé pour :

  • Examiner les déterminants éducatifs et parentaux de l’intériorisation morale, notamment l’impact du soutien de l’autonomie parentale versus les styles parentaux contrôlants ou punitifs ;
  • Étudier les liens longitudinaux entre les formes d’autorégulation prosociale et l’émergence de troubles externalisés (agressivité, délinquance juvénile) ou internalisés (anxiété sociale, culpabilité pathologique, détresse émotionnelle) ;
  • Évaluer l’efficacité de programmes d’apprentissage socio-émotionnel (Social and Emotional Learning, SEL) et d’interventions de justice restaurative en milieu scolaire.

Sur le plan clinique et psycho-éducatif, le questionnaire offre aux psychologues scolaires et praticiens de l’enfance un outil diagnostique pour comprendre l’origine de certaines difficultés d’adaptation relationnelle. Un enfant dont les conduites prosociales reposent massivement sur une régulation introjectée s’expose à un risque accru d’auto-critique sévère, de rumination anxieuse et d’épuisement émotionnel lié au perfectionnisme moral. À l’inverse, une dominance marquée de la régulation externe peut indiquer une dépendance excessive à la surveillance des adultes et une vulnérabilité aux comportements antisociaux dès que l’autorité punitive s’absente.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique mesuré par le SRQ-P est l’autorégulation prosociale, définie comme l’ensemble des processus d’auto-guidage motivationnel mobilisés par un individu pour initier, maintenir et moduler des actes délibérément orientés vers le bénéfice d’autrui ou la conformité à des normes de bienveillance interpersonnelle. Conformément aux développements empiriques de Ryan et Connell (1989), ce construit n’est pas dichotomique (intrinsèque contre extrinsèque), mais continu et multidimensionnel.

Le modèle structurel du SRQ-P articule trois styles de régulation motivationnelle, ordonnés le long d’un gradient d’autonomie croissante :

1. La régulation externe (External Regulation)

La régulation externe constitue la forme la moins autonome et la plus contrôlée de motivation extrinsèque. Dans ce cadre, l’enfant adopte le comportement prosocial exclusivement sous la pression de contingences externes tangibles, telles que la recherche de récompenses matérielles, l’obtention de compliments verbaux de l’enseignant, ou l’évitement de sanctions directes, de punitions et de conflits avec les pairs. Le comportement est entièrement dépendant de la présence ou de l’anticipation d’une autorité régulatrice externe.

Exemples d’opérationnalisation : Ne pas frapper un camarade « parce que j’aurai des ennuis si je le fais » ou aider quelqu’un « parce que sinon je pourrais être puni ».

2. La régulation introjectée (Introjected Regulation)

La régulation introjectée représente un premier niveau d’intériorisation, mais l’acte demeure psychologiquement contrôlé. Ici, les contingences de renforcement ont été transposées à l’intérieur de l’individu sans être pour autant assimilées à son soi authentique. L’enfant s’auto-administre des sanctions psychologiques : il agit pour préserver son estime de soi conditionnelle, satisfaire son ego, éviter le sentiment dévastateur de culpabilité, d’anxiété morale ou de honte. Le sujet agit par contrainte interne (« je dois », « je me dois de »), sous le regard intériorisé d’une autorité censeure.

Exemples d’opérationnalisation : Garder une promesse « parce que je me sentirais comme une mauvaise personne si je ne le faisais pas » ou ne pas se moquer d’un enfant « parce que j’aurais honte de moi après l’avoir fait ».

3. La régulation identifiée (Identified Regulation)

La régulation identifiée correspond à une forme autonome de motivation extrinsèque. À ce niveau, l’enfant comprend, valorise et accepte consciemment l’importance sous-jacente du comportement prosocial. L’action est reconnue comme ayant une valeur intrinsèque pour le fonctionnement harmonieux des relations et pour autrui ; elle est congruent avec les objectifs et l’identité de l’individu. L’enfant agit volontairement, par choix réfléchi, et éprouve un sentiment d’auto-détermination substantiel.

Exemples d’opérationnalisation : Aider une personne en détresse « parce que je pense qu’il est important d’aider quand c’est nécessaire » ou être gentil « parce que je pense qu’il est important d’être une personne gentille ».

Absence intentionnelle de sous-échelle de motivation intrinsèque

Une particularité théorique fondamentale du SRQ-P, qui le distingue de son pendant scolaire (le Academic Self-Regulation Questionnaire, SRQ-A), est l’absence délibérée de sous-échelle de régulation intrinsèque. Dans la modélisation de Ryan et Connell, la motivation intrinsèque renvoie à une activité pratiquée pour le plaisir inhérent, l’intérêt spontané, la curiosité et la satisfaction d’exploration sensorielle ou intellectuelle (comme le jeu libre). Les comportements prosociaux, quant à eux, impliquent fréquemment des renoncements, des coûts personnels, des compromis ou la maîtrise d’impulsions agressives spontanées. Ils sont le fruit direct de processus de socialisation et d’intériorisation culturelle. Bien que l’assistance d’un pair puisse être ressentie comme profondément satisfaisante (certains items identifiés reflétant ce plaisir d’aider), elle découle principalement d’une assimilation de valeurs humanistes et morales plutôt que d’une curiosité fonctionnelle native.

6. Cadre théorique

Le fondement théorique exclusif du SRQ-P repose sur la théorie de l’autodétermination (TAD), formalisée par Edward L. Deci et Richard M. Ryan au cours des années 1970 et 1980, et plus précisément sur l’une de ses mini-théories : la théorie de l’intégration organismique (Organismic Integration Theory, OIT).

La théorie de l’intégration organismique (OIT)

La TIO postule que les êtres humains possèdent une tendance organismique innée et active vers l’intégration des expériences et des exigences culturelles au sein d’un sentiment unifié de soi. Dès l’enfance, les individus sont confrontés à des règles, devoirs et restrictions morales formulés par les parents, les éducateurs et la société. L’OIT conceptualise la manière dont ces régulations initialement extérieures peuvent être progressivement transformées en régulations internes autonomes à travers deux processus distincts : l’introjection (assimilation superficielle maintenant la pression interne) et l’identification (assimilation pleine où la règle devient une valeur propre).

Le concept de locus perçu de causalité (PLOC)

Le SRQ-P s’inspire directement du concept de « locus perçu de causalité » (PLOC) issu des travaux pionniers de Fritz Heider sur la psychologie des relations interpersonnelles, ultérieurement raffiné par Richard deCharms (distinction entre l’individu agissant comme « Origine » ou comme « Pion »). Ryan et Connell (1989) ont opérationnalisé le PLOC en démontrant qu’il ne se réduit pas à une causalité binaire interne/externe, mais s’organise selon un continuum d’autonomie relative :

  • Locus de causalité externe : Régulation externe (l’enfant se perçoit comme contraint par des forces physiques ou sociales hors de son contrôle).
  • Locus de causalité semi-interne : Régulation introjectée (la source de pression est interne à l’esprit de l’enfant mais psychologiquement dissociée de sa volonté autonome ; sentiment de contrainte intra-psychique).
  • Locus de causalité interne : Régulation identifiée (l’enfant endosse pleinement l’action, faisant l’expérience d’une agentivité libre et responsable).

La structure de type Simplex

Sur le plan mathématique et géométrique, la théorie de l’autodétermination prédit que les styles de régulation motivationnelle doivent entretenir des corrélations mutuelles selon un modèle simplex (théorisé par Louis Guttman). Dans une matrice ordonnée simplex, les sous-échelles qui sont conceptuellement adjacentes sur le continuum théorique (par exemple, la régulation externe et la régulation introjectée, ou l’introjection et l’identification) présentent des corrélations positives plus fortes que les sous-échelles théoriquement plus éloignées (la régulation externe et la régulation identifiée, qui affichent des corrélations faibles, nulles ou négatives). L’article fondateur de Ryan et Connell (1989) a démontré de manière spectaculaire l’existence empirique de ce schéma simplex dans le domaine prosocial, apportant une confirmation épistémologique majeure à la validité structurelle du continuum de la TAD.

7. Validité

La validité psychométrique du Questionnaire d’autorégulation prosociale a fait l’objet d’investigations approfondies depuis sa publication inaugurale, attestant de sa robustesse sur plusieurs plans :

Validité de construit

La validité de construit du SRQ-P est établie en premier lieu par l’observation systématique de la structure ordonnée de type simplex au sein des corrélations inter-échelles. Dans les cohortes étudiées par Ryan et Connell (1989 ; N = 271 élèves de classes de CM1 à 6e), la corrélation entre régulation externe et régulation introjectée était modérément positive (r ≈ 0,39, p < 0,001), la corrélation entre régulation introjectée et régulation identifiée était également positive (r ≈ 0,35, p < 0,001), tandis que la corrélation entre régulation externe et régulation identifiée était significativement plus faible, voire quasi-nulle (r ≈ 0,09 à 0,12, n.s.). Ce patron de relations inter-dimensionnelles prouve que les styles de régulation s’alignent précisément sur un continuum univarié sous-jacent d’autonomie perçue.

Validité convergente et discriminante

Le SRQ-P présente une excellente validité convergente et discriminante vis-à-vis d’autres mesures de personnalité, de fonctionnement affectif et de cognition morale :

  • Empathie et prise de perspective : La régulation identifiée est positivement et fortement corrélée aux indices de prise de perspective empathique (mesurée notamment via l’Interpersonal Reactivity Index de Davis) et aux comportements réels de partage, alors que la régulation externe y est non corrélée ou négativement corrélée.
  • Anxiété et détresse morale : La régulation introjectée se distingue nettement de la régulation identifiée par ses relations significatives avec l’anxiété morale, la tendance à éprouver une culpabilité excessive après une transgression et la sensibilité au rejet social. Les enfants fortement introjectés affichent des niveaux de détresse affective plus élevés que ceux agissant par régulation identifiée.
  • Comportement agressif et réputation par les pairs : Les évaluations sociométriques fournies par les camarades de classe et les enseignants démontrent que les enfants présentant des scores élevés en régulation externe manifestent des taux d’agressivité réactive supérieurs lorsque les mécanismes de surveillance diminuent, attestant de la validité différentielle des sous-échelles.

Validité transculturelle et d’âge

Les versions adaptées du SRQ-P en différentes langues (notamment en espagnol, en italien, en néerlandais et en chinois) ont confirmé l’invariance de mesure de l’instrument à travers les sexes et les cultures éducatives occidentales et collectivistes, bien que la prévalence absolue de l’introjection puisse être influencée par les pratiques de socialisation familiales.

8. Fidélité

Les études empiriques évaluant la fidélité psychométrique du SRQ-P rapportent des indices de cohérence interne et de stabilité temporelle adéquats pour une passation auprès de populations d’enfants d’âge scolaire :

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon initial de validation de Ryan et Connell (1989), les coefficients de consistance interne ont révélé une homogénéité satisfaisante pour l’ensemble des sous-échelles, eu égard au nombre modéré d’items par domaine :

  • Régulation externe : α = 0,77 à 0,82
  • Régulation introjectée : α = 0,72 à 0,78
  • Régulation identifiée : α = 0,81 à 0,86

Des réplications indépendantes menées ultérieurement sur des cohortes d’élèves de collège (âgés de 11 à 14 ans) ont montré des coefficients composites et des alphas de Cronbach similaires, se situant de manière constante au-delà du seuil conventionnel de 0,70 requis pour la recherche fondamentale et l’évaluation de groupe.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La stabilité test-retest a été évaluée sur des intervalles de temps allant de 4 à 8 semaines. Les coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et les corrélations de Pearson rapportés oscillent entre 0,65 et 0,74 pour la régulation externe, 0,61 et 0,70 pour la régulation introjectée, et 0,69 et 0,78 pour la régulation identifiée. Ces données attestent d’une bonne stabilité temporelle des orientations régulatrices chez l’enfant, tout en démontrant une sensibilité développementale aux interventions psycho-éducatives ciblées.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle du SRQ-P a été examinée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), venant corroborer le découpage tripartite de l’autorégulation prosociale.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors des premières analyses en composantes principales assorties de rotations obliques (Promax ou Oblimin, autorisant la corrélation naturelle entre facteurs), trois composantes majeures émergent de manière récurrente, expliquant collectivement entre 48 % et 58 % de la variance totale des scores. Les saturations factorielles des items (factor loadings) s’avèrent solides :

  • Les items de régulation externe saturent préférentiellement sur le premier facteur avec des coefficients compris entre 0,54 et 0,79, sans saturation croisée majeure (> 0,30) sur les autres axes.
  • Les items de régulation identifiée se regroupent nettement sur un deuxième facteur distinct avec des saturations s’échelonnant de 0,58 à 0,82.
  • Les items de régulation introjectée saturent sur un troisième facteur (saturations entre 0,48 et 0,75), se positionnant géométriquement comme une dimension intermédiaire entre les pôles externe et identifié.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Dans les modélisations par équations structurelles (SEM) et AFC menées dans les études contemporaines, le modèle à trois facteurs corrélés présente une supériorité statistique manifeste par rapport à un modèle unifactoriel (motivation globale) ou un modèle à deux facteurs (contrôlée vs autonome) :

  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI) : généralement compris entre 0,91 et 0,95 ;
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : supérieur à 0,90 ;
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : située entre 0,042 et 0,058 avec des intervalles de confiance à 90 % acceptables ;
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : inférieur à 0,06.

L’analyse multidimensionnelle non métrique (Multidimensional Scaling, MDS) a également été mise à profit pour projeter les distances euclidiennes inter-items, confirmant visuellement l’ordonnancement curviligne prédit par la théorie du simplex le long d’une seule dimension latente d’autonomie psychologique.

10. Instrument de mesure

L’instrument de mesure et ses modalités d’administration se structurent comme suit :

  • Dénomination complète : Prosocial Self-Regulation Questionnaire (SRQ-P) / Questionnaire d’autorégulation prosociale.
  • Population cible : Enfants et adolescents scolarisés (de la fin de l’école primaire au premier cycle du secondaire / collège, environ 9 à 14 ans).
  • Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou numérique informatisé. La passation peut être individuelle ou collective en groupe-classe sous supervision guidée.
  • Durée approximative de complétion : 10 à 15 minutes.
  • Nombre total d’items : 25 items, organisés en 5 blocs comportementaux contextuels (conserver une promesse, ne pas se moquer d’une erreur d’un camarade, ne pas frapper sous le coup de la colère, être gentil avec les autres, aider quelqu’un en détresse).
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale en 4 points, formulée de manière accessible pour les jeunes répondants :
    • Very True (Tout à fait vrai) = 4 points
    • Sort of True (Plutôt vrai) = 3 points
    • Not Very True (Pas très vrai) = 2 points
    • Not at All True (Pas du tout vrai) = 1 point
  • Cotation et calcul des scores :
    • Score de Régulation Externe : Moyenne arithmétique des scores obtenus aux items correspondants. Un score élevé reflète une motivation régulée par les récompenses concrètes, l’approbation superficielle ou l’évitement de sanctions directes.
    • Score de Régulation Introjectée : Moyenne arithmétique des items mesurant la culpabilité, la honte morale et la valorisation conditionnelle de l’ego.
    • Score de Régulation Identifiée : Moyenne arithmétique des items reflétant la conviction personnelle, la valeur accordée à autrui et l’importance morale accordée au comportement.
    • Indice d’Autonomie Relative (RAI – Relative Autonomy Index) prosocial : Bien que les sous-échelles puissent être utilisées séparément, certains chercheurs calculent un score composite synthétique d’autonomie en pondérant les sous-échelles selon leur position théorique sur le continuum :
      RAI Prosocial = (2 × Régulation Identifiée) - (1 × Régulation Introjectée) - (2 × Régulation Externe).
      Un score positif indique une prédominance nette des motivations autonomes dans la sphère prosociale.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de conception et publication : 1989 (publication de référence par Richard M. Ryan et James P. Connell dans le Journal of Personality and Social Psychology).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Développé sous les auspices théoriques du réseau scientifique de la Self-Determination Theory. Propriété académique des auteurs originaux.
  • Conditions d’accès et tarifs : Le SRQ-P relève du domaine de la science ouverte (Open Science) et est mis gratuitement à disposition de la communauté académique, des étudiants, des chercheurs et des psychologues praticiens à des fins de recherche non commerciale et d’évaluation éducative sans but lucratif.
  • Autorisation d’utilisation : Aucune redevance financière n’est requise. Les chercheurs sont autorisés à reproduire, traduire et administrer le questionnaire sous réserve de citer formellement la publication originale de Ryan et Connell (1989) et de mentionner le portail officiel de la TAD (selfdeterminationtheory.org). Toute utilisation commerciale, intégration dans un logiciel payant ou distribution lucrative nécessite l’accord explicite écrit des auteurs.

12. Références

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives au SRQ-P et à la modélisation de l’autorégulation prosociale comprennent :

  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Publishing. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227-268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
  • Guttman, L. (1954). A new approach to factor analysis: The radex. In P. F. Lazarsfeld (Ed.), Mathematical thinking in the social sciences (pp. 258-348). Free Press.
  • Roth, G., Kanat-Maymon, Y., & Bibi, U. (2011). Prevention of school bullying: The role of children’s internalized prosocial motivation and teachers’ autonomy support. Child Development, 82(2), 654-666. https://doi.org/10.1111/j.1467-8624.2010.01534.x
  • Ryan, R. M., & Connell, J. P. (1989). Perceived locus of causality and internalization: Examining reasons for acting in two domains. Journal of Personality and Social Psychology, 57(5), 749-761. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.5.749
  • Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28769

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

So my friends will like me.
2

Because I’d feel like a bad person if I didn’t.
3

Because my friends will get made at me if I don’t.
4

Because I don’t like breaking promises.
5

Because if I do‚ I’ll get in trouble.
6

Because I think it’s important to be nice to others.
7

Because I’d feel ashamed of myself after I did it.
8

Because other kids won’t like me if I do that.
9

Because I don’t like to be mean.
10

Because I’ll get in trouble if I do.
11

Because I want other kids to like me.
12

Because I don’t like to hit others.
13

Because I wouldn’t want to hurt someone.
14

Because I’d feel bad about myself if I did.
15

Because if I don’t‚ other kids won’t like me.
16

Because I’ll get in trouble if I don’t.
17

Because I think it’s important to be a nice person.
18

Because I will feel bad about myself if I don’t.
19

Because I don’t like being mean.
20

Because I think it’s important to give help when it’s needed.
21

Because I could get in trouble if I didn’t.
22

Because I’d feel bad about myself if I didn’t.
23

Because I want people to like me.
24

Because it is satisfying to help others.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Questionnaire d’autorégulation prosociale (SRQ-P). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-autoregulation-prosociale-srq-p-3/
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’autorégulation prosociale (SRQ-P).” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-autoregulation-prosociale-srq-p-3/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’autorégulation prosociale (SRQ-P).” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-autoregulation-prosociale-srq-p-3/.