1. Résumé
Le Questionnaire d’autorégulation de l’amitié (Friendship Self-Regulation Questionnaire, SRQ-F) est un instrument psychométrique autorapporté conçu pour évaluer les processus motivationnels et les styles de régulation comportementale sous-tendant l’engagement au sein d’une relation amicale spécifique. Ancré dans le cadre conceptuel de la théorie de l’autodétermination (TAD ; Deci & Ryan, 1985, 2000), et plus particulièrement dans la théorie de l’intégration organismique (OIT), le questionnaire mesure le degré d’autonomie relative perçue par un individu dans le maintien et l’entretien de ses liens amicaux. L’instrument comporte 20 items organisés autour de quatre scénarios ou questions contextuelles fondamentales de l’amitié : les raisons de la proximité amicale actuelle, le temps passé ensemble, l’écoute des confidences et des difficultés de l’ami(e), ainsi que le respect des engagements et promesses mutuelles.
Chacun de ces scénarios présente des propositions correspondant à quatre formes distinctes de régulation réparties le long du continuum de l’autodétermination : la régulation externe (se conformer aux exigences perçues, éviter des sanctions ou des réactions colériques de l’ami), la régulation introjectée (agir sous la pression de la culpabilité, de la honte ou du besoin de préserver son estime de soi), la régulation identifiée (reconnaître la valeur intrinsèque et l’importance personnelle de l’amitié et de la loyauté), et la motivation intrinsèque (s’engager par pur plaisir partagé, curiosité relationnelle et satisfaction inhérente au lien). Les réponses sont recueillies sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout vrai ») à 7 (« Très vrai »).
Les données psychométriques issues de multiples cohortes d’adolescents et de jeunes adultes révèlent une structure factorielle conforme au modèle simplex quasi-circumplex postulé par la TAD, des indices de cohérence interne satisfaisants pour l’ensemble des sous-échelles (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,86), ainsi qu’une excellente validité convergente et prédictive. L’autonomie relationnelle mesurée par le SRQ-F prédit significativement la qualité de l’amitié, la divulgation de soi, le soutien social perçu, la résolution constructive des conflits et le bien-être subjectif global, tout en protégeant contre l’aliénation relationnelle et la détresse émotionnelle.
2. Mots-clés
Théorie de l’autodétermination, autorégulation, motivation autonome, motivation contrôlée, amitié, relations interpersonnelles, continuum d’intériorisation, psychométrie, indice d’autonomie relative, validation d’échelle
3. Auteurs
Le Friendship Self-Regulation Questionnaire (SRQ-F) s’inscrit dans la suite d’instruments psychométriques standardisés développés par le réseau de recherche sur la théorie de l’autodétermination sous l’égide de Richard M. Ryan et Edward L. Deci, en collaboration avec des chercheurs spécialistes de la psychologie du développement social et des relations interpersonnelles :
- Richard M. Ryan, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie clinique et sociale à l’Université de Rochester (Rochester, NY, États-Unis), professeur distingué à l’Institut de psychologie positive et d’éducation de l’Université catholique australienne (ACU, Sydney, Australie). Spécialiste mondial de la motivation humaine et cofondateur de la théorie de l’autodétermination. Courriel : [email protected].
- Edward L. Deci, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie sociale et Helen F. & Fred H. Gowen Professor à l’Université de Rochester (Rochester, NY, États-Unis). Cofondateur de la théorie de l’autodétermination et pionnier des recherches sur les motivations intrinsèque et extrinsèque. Courriel : [email protected].
- Travaux associés et adaptations relationnelles : Le format originel des questionnaires d’autorégulation (SRQ) a été opérationnalisé pour les contextes académique et relationnel en collaboration avec James P. Connell (1989), puis étendu aux relations d’amitié par des chercheurs affiliés au laboratoire de Rochester et des équipes internationales explorant le développement socio-émotionnel à l’adolescence (notamment Maarten Vansteenkiste et Bart Soenens, Université de Gand, Belgique).
4. Objectif
L’amitié constitue l’un des piliers du développement psychosocial, de l’équilibre affectif et de l’intégration sociale tout au long de la vie, et tout particulièrement durant l’adolescence et l’âge adulte émergent. Cependant, le simple fait d’entretenir un lien amical ou de participer à des activités partagées ne renseigne en rien sur la qualité psychologique sous-jacente de cet engagement. Deux individus investissant un temps identique dans une relation amicale peuvent le faire sous l’effet de forces motivationnelles radicalement différentes : l’un peut s’y engager par pure joie d’être ensemble et par adhésion profonde aux valeurs de loyauté, tandis que l’autre peut s’y sentir contraint par la peur du rejet, l’obligation morale ou l’anxiété d’abandon.
L’objectif fondamental du SRQ-F est de dépasser l’évaluation quantitative des relations (comme le nombre d’amis ou la fréquence des interactions) pour appréhender la qualité phénoménologique de la régulation comportementale au sein d’une relation amicale ciblée. Plus précisément, l’outil a été conçu pour répondre à trois impératifs scientifiques et appliqués majeurs :
Différenciation de la motivation autonome et de la motivation contrôlée
Le SRQ-F permet de mesurer si la personne interagit avec son ami(e) sur un mode autonome (fondé sur le libre choix, l’intérêt authentique et la congruence avec ses propres valeurs) ou sur un mode contrôlé (marqué par des pressions externes ou des exigences intrapsychiques rigides telles que la culpabilité ou le chantage affectif). Cette distinction est déterminante pour comprendre pourquoi certaines amitiés constituent de puissants facteurs de résilience et de vitalité psychologique, alors que d’autres génèrent de l’épuisement émotionnel, du ressentiment et de l’ambivalence.
Applications dans la recherche fondamentale et clinique
En recherche, le SRQ-F est abondamment mobilisé pour investiguer les antécédents et les conséquences de la régulation relationnelle. Il permet d’étudier comment les styles parentaux (soutien à l’autonomie versus contrôle psychologique) influencent la capacité ultérieure des jeunes à nouer des amitiés saines et autodéterminées. Il sert également d’indicateur fin dans l’analyse des dynamiques d’attachement, des processus de co-rumination et de la résistance à la pression des pairs.
Sur le plan clinique et psycho-éducatif, le questionnaire offre aux praticiens une grille de lecture diagnostique des difficultés relationnelles. Chez les adolescents ou adultes souffrant d’anxiété sociale, de dépendance affective ou de troubles de la personnalité limite, le SRQ-F permet de repérer les régulations introjectées excessives (ex. rester ami par crainte panique d’être rejeté ou pour combler un vide narcissique) et d’orienter le travail thérapeutique vers une plus grande authenticité, l’affirmation de soi et la clarification des limites relationnelles saines.
5. Construit psychologique
Le SRQ-F opérationnalise le construit d’autorégulation motivationnelle de l’amitié en déclinant quatre styles de régulation comportementale identifiés par la théorie de l’intégration organismique. Chacun de ces styles correspond à un degré spécifique d’assimilation ou d’intériorisation des raisons d’agir au sein du soi :
1. Régulation externe (External Regulation)
La régulation externe représente la forme la plus contrôlée et la moins autodéterminée de la motivation extrinsèque. Dans ce mode de fonctionnement, l’individu participe à la relation amicale ou répond aux sollicitations de son ami(e) uniquement pour se conformer à des exigences extérieures manifestes, pour obtenir des gratifications contingentes ou pour éviter des punitions, des conflits et des réactions hostiles.
Manifestation dans l’amitié : La personne passe du temps avec son ami(e) parce que ce dernier « se fâcherait s’il ne le faisait pas » (Item 9) ou parce qu’elle cherche à obtenir des compliments et des renforcements directs (Item 15). La dynamique relationnelle est vécue comme hétéronome, imposée du dehors, et génère un sentiment de contrainte et de surveillance.
2. Régulation introjectée (Introjected Regulation)
La régulation introjectée implique que la motivation a été intériorisée dans l’appareil psychique, mais sans avoir été intégrée de manière congruente au soi authentique. Le comportement est soutenu par des pressions internes, des impératifs moraux intériorisés (« je devrais », « il faut »), l’évitement de sentiments négatifs intenses (culpabilité, honte) ou la recherche d’une valorisation de l’estime de soi conditionnelle.
Manifestation dans l’amitié : L’individu s’investit dans la relation ou écoute les confidences de son ami(e) sous peine de se sentir coupable (Item 5, Item 14), parce qu’il « se sentirait mal avec lui-même s’il ne tenait pas ses promesses » (Item 18), ou parce qu’être ami avec cette personne lui confère un statut qui l’aide à « se sentir important » (Item 1). Bien que la source d’incitation soit interne à la personne, elle demeure expérimentée comme une force aliénante et coercitive.
3. Régulation identifiée (Identified Regulation)
La régulation identifiée constitue la première forme de motivation véritablement autonome. L’individu attribue une valeur personnelle consciente et signifiante au comportement. Même si l’activité n’est pas spontanément plaisante ou divertissante en elle-même, elle est adoptée parce qu’elle est jugée personnellement importante, juste et cohérente avec les buts existentiels et relationnels du sujet.
Manifestation dans l’amitié : La personne accorde une haute estime au fait de passer du temps avec son ami(e) (Item 12), prend le temps d’écouter ses difficultés parce qu’elle « valorise sincèrement le fait de mieux le/la connaître » (Item 16), ou tient ses promesses car cela reflète une « composante personnelle essentielle de son éthique » (Item 17). L’engagement amical émane d’une volonté authentique et d’un libre choix réfléchi.
4. Motivation intrinsèque (Intrinsic Motivation)
La motivation intrinsèque constitue l’archétype de l’autonomie et de l’autorégulation optimale. Elle caractérise les comportements accomplis pour le plaisir inhérent, la joie partagée, la stimulation intellectuelle et émotionnelle, ou la curiosité spontanée qu’ils procurent.
Manifestation dans l’amitié : L’individu est ami parce qu’il savoure les « moments fous et amusants » partagés (Item 2), parce que passer du temps ensemble est immédiatement « amusant et gratifiant » (Item 10), ou parce qu’il éprouve un plaisir spontané et profond à s’exprimer et à respecter sa parole (Item 19). L’amitié est vécue comme une fin en soi, source d’affects positifs et de vitalité subjective.
6. Cadre théorique
Le SRQ-F repose intégralement sur la théorie de l’autodétermination (TAD), élaborée initialement par Edward L. Deci et Richard M. Ryan à l’Université de Rochester, et enrichie par des décennies de travaux empiriques internationaux (Deci & Ryan, 1985, 2000 ; Ryan & Deci, 2017). La TAD postule une conception organismique du fonctionnement humain, selon laquelle les individus tendent naturellement vers l’intégration psychologique, l’actualisation de leur potentiel et l’assimilation harmonieuse de leurs expériences sociales, pourvu que leur environnement soutienne la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux :
- Le besoin d’autonomie : le sentiment d’être à l’origine de ses propres actions, d’agir avec un sentiment de volonté et d’accord profond avec soi-même ;
- Le besoin de compétence : le sentiment d’efficacité, de maîtrise et de capacité à relever les défis de son environnement ;
- Le besoin d’appartenance sociale (ou de reliance) : le sentiment de se sentir connecté aux autres, d’aimer et d’être aimé, d’appartenir à une communauté bienveillante.
La théorie de l’intégration organismique (OIT)
Au cœur de la TAD, la sous-théorie de l’intégration organismique conceptualise la motivation non pas comme une dichotomie simpliste (motivation intrinsèque vs extrinsèque), mais selon un continuum continu d’autodétermination fondé sur le degré d’intériorisation. L’intériorisation désigne le processus actif par lequel un individu transforme des régulations sociales externes en valeurs personnelles intégrées.
Dans la sphère de l’amitié, les comportements de loyauté, d’écoute attentive, de soutien lors des crises et de compromis ne sont pas toujours spontanément plaisants sur l’instant. L’OIT explique comment ces conduites exigeantes peuvent être progressivement assimilées au répertoire autonome du soi :
- À un niveau non intériorisé, l’adolescent ou l’adulte ne soutient son ami que pour éviter des représailles ou pour préserver son image (régulation externe).
- À un niveau d’intériorisation partielle, le sujet applique à lui-même des pressions punitives (culpabilité, autocritique sévère en cas de défaillance ; régulation introjectée).
- À un niveau d’intériorisation aboutie, le sujet saisit la noblesse et l’utilité du lien d’amitié, choisissant volontairement d’être présent même lorsque cela requiert des sacrifices (régulation identifiée).
- Enfin, lorsque l’échange relationnel suscite un enthousiasme immédiat et une congruence totale, il rejoint la motivation intrinsèque.
Le modèle quasi-simplex de l’autorégulation
Une prédiction théorique majeure de la TAD est que ces quatre styles de régulation s’agencent le long d’un continuum linéaire sous-jacent. En conséquence, les corrélations bivariées entre les sous-échelles doivent obéir à une structure quasi-simplex : les régulations adjacentes sur le continuum (par exemple, externe et introjectée, ou identifiée et intrinsèque) présentent des corrélations positives plus fortes entre elles que des régulations situées aux extrémités opposées (par exemple, externe et intrinsèque), lesquelles affichent typiquement des corrélations négatives ou proches de zéro (Ryan & Connell, 1989).
7. Validité
La validité psychométrique du SRQ-F a été rigoureusement démontrée dans plusieurs investigations empiriques menées auprès de populations d’adolescents, d’étudiants universitaires et d’adultes engagés dans des relations amicales significatives (Deci & Ryan, 2000 ; Soenens et al., 2007 ; Roth et al., 2009).
Validité de construit et structure simplex
La matrice inter-corrélations des quatre sous-échelles du SRQ-F reproduit systématiquement le pattern théorique simplex :
- La régulation externe est fortement et positivement corrélée à la régulation introjectée ($r \approx 0,45$ à $0,60$) ;
- La régulation identifiée est positivement associée à la motivation intrinsèque ($r \approx 0,55$ à $0,70$) ;
- Les corrélations entre les régulations contrôlées (externe, introjectée) et les régulations autonomes (identifiée, intrinsèque) sont très faibles ou significativement négatives (les corrélations externe-intrinsèque oscillant généralement entre $r = -0,20$ et $r = -0,40$).
Validité convergente et discriminante
La validité convergente du SRQ-F a été corroborée par ses relations avec d’autres échelles mesurant le fonctionnement interpersonnel et l’adaptation psychologique :
- Qualité relationnelle et intimité : Des scores élevés aux dimensions autonomes (ou un Indice d’Autonomie Relative – RAI élevé) sont positivement corrélés avec les scores du Friendship Quality Questionnaire (FQQ), l’empathie dispositionnelle, la confiance mutuelle et la fréquence de l’auto-divulgation émotionnelle sincère ($r$ variant de $0,35$ à $0,55$, $p < 0,001$).
- Résolution des conflits : Les individus régulés de manière autonome privilégient la négociation intégrative, le compromis respectueux et l’expression calme de leurs désaccords. À l’inverse, une régulation contrôlée élevée prédit l’évitement du conflit, la rancœur accumulée ou l’agression passive-agressive.
- Bien-être psychologique vs détresse : L’autonomie dans l’amitié est positivement corrélée à la vitalité subjective ($r \approx 0,40$), à l’estime de soi globale ($r \approx 0,35$) et négativement associée à la solitude affective ($r \approx -0,38$), à la dépression et à l’anxiété relationnelle.
Validité prédictive
Des études longitudinales ont révélé que le score d’autonomie relationnelle au SRQ-F prédit la stabilité et la longévité de l’amitié sur des périodes de six mois à un an, même après avoir contrôlé la durée initiale de la relation et la satisfaction de départ. Lorsque des tensions surviennent, les amis dont l’autorégulation est autonome résistent mieux à l’attrition relationnelle et manifestent un pardon plus spontané et plus durable.
8. Fidélité
La fidélité du SRQ-F a été évaluée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle à travers de multiples échantillons de recherche :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Les coefficients de cohérence interne calculés sur les sous-échelles du SRQ-F démontrent une homogénéité satisfaisante à excellente pour des échelles de motivation interpersonnelle comportant un nombre concis d’items par dimension (généralement 4 à 6 items par sous-échelle dans la composition globale) :
- Régulation externe : $\alpha = 0,72$ à $0,81$
- Régulation introjectée : $\alpha = 0,70$ à $0,79$
- Régulation identifiée : $\alpha = 0,74$ à $0,83$
- Motivation intrinsèque : $\alpha = 0,78$ à $0,86$
Pour le score global composite de la motivation autonome (combinant les régulations identifiée et intrinsèque), l’alpha atteint couramment des valeurs supérieures à $0,85$, tandis que le composite de la motivation contrôlée (combinant les régulations externe et introjectée) présente une fidélité moyenne comprise entre $0,75$ et $0,82$.
Fidélité test-retest
Les investigations portant sur la stabilité temporelle du questionnaire confirment que, bien que les scores soient sensibles aux changements qualitatifs majeurs intervenant dans la dyade amicale, l’autorégulation relationnelle présente une stabilité substantielle sur des intervalles courts à modérés. Sur une période de 4 à 8 semaines, les coefficients de corrélation test-retest intra-classe ($ICC$) se situent entre $0,68$ et $0,78$ pour les sous-échelles individuelles, témoignant d’une bonne fiabilité de mesure.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle du SRQ-F a été explorée et validée au moyen de procédures d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) :
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les études factorielles comparent généralement trois modèles concurrents :
- Un modèle unidimensionnel où tous les items satureraient sur un facteur général d’engagement relationnel ;
- Un modèle à deux facteurs opposant la motivation autonome (régulations identifiée + intrinsèque) à la motivation contrôlée (régulations externe + introjectée) ;
- Un modèle à quatre facteurs corrélés correspondant aux quatre styles distincts de régulation (externe, introjectée, identifiée, intrinsèque).
Les indices d’ajustement soutiennent invariablement la supériorité du modèle à quatre facteurs corrélés, avec des indices statistiques satisfaisant amplement aux critères conventionnels de Hu et Bentler (1999) :
- $chi^2/dl < 2,5$
- Comparative Fit Index (CFI) $ge 0,93$
- Tucker-Lewis Index (TLI) $ge 0,91$
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $le 0,055$ (IC à 90 % $[0,042 ; 0,067]$)
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $le 0,058$
Saturations factorielles
Toutes les saturations factorielles standardisées ($lambda$) des items sur leurs facteurs théoriques respectifs sont statistiquement significatives ($p < 0,001$) et dépassent généralement le seuil critique de 0,50, avec une médiane de saturation se situant à 0,65. Les items ne présentent pas de saturations croisées substantielles non prévues par la théorie, ce qui confirme l'indépendance fonctionnelle des construits tout en respectant l'organisation continue du spectre d'autodétermination.
10. Instrument de mesure
- Nom de l’instrument : Questionnaire d’autorégulation de l’amitié (Friendship Self-Regulation Questionnaire, SRQ-F).
- Type d’évaluation : Questionnaire autorapporté sur papier ou support informatisé.
- Population cible : Adolescents (à partir de 12 ans), étudiants universitaires et adultes.
- Nombre d’items : 20 items répartis sous 4 questions contextuelles (Scénarios A, B, C et D).
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
- $1$ = Pas du tout vrai (Not at all true)
- $2$ = Très peu vrai
- $3$ = Peu vrai
- $4$ = Moyennement vrai (Somewhat true)
- $5$ = Assez vrai
- $6$ = Vrai
- $7$ = Très vrai (Very true)
- Répartition des items par sous-échelle :
- Régulation externe : Items 3, 7, 9, 15, 20
- Régulation introjectée : Items 1, 5, 11, 14, 18
- Régulation identifiée : Items 4, 8, 12, 16, 17
- Motivation intrinsèque : Items 2, 6, 10, 13, 19
- Modalités de cotation et de calcul des scores :
- Scores de sous-échelles : Calcul de la moyenne arithmétique des items assignés à chaque dimension (score variant de 1 à 7 pour chaque régulation).
- Score de motivation autonome : $(\text{Identifiée} + \text{Intrinsèque}) / 2$.
- Score de motivation contrôlée : $(\text{Externe} + \text{Introjectée}) / 2$.
- Indice d’Autonomie Relative (RAI – Relative Autonomy Index) : Cet indice synthétique combine l’ensemble des sous-échelles en leur attribuant une pondération proportionnelle à leur positionnement sur le continuum d’autodétermination :
$$\text{RAI} = [2 \times \text{Intrinsèque}] + [1 \times \text{Identifiée}] – [1 \times \text{Introjectée}] – [2 \times \text{Externe}]$$
Un score de RAI plus élevé reflète un degré supérieur d’autodétermination et d’autonomie fonctionnelle au sein de la relation amicale.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication : L’architecture des échelles SRQ a été initialement publiée à la fin des années 1980 (Ryan & Connell, 1989), et la version spécifique à l’amitié (SRQ-F) a été formalisée et diffusée au cours des années 1990 et 2000 sur le portail scientifique du Center for Self-Determination Theory.
- Droits d’auteur et permissions : Le SRQ-F est la propriété intellectuelle de Richard M. Ryan et Edward L. Deci. L’instrument est mis à la libre disposition de la communauté académique et scientifique. L’utilisation du questionnaire à des fins de recherche non commerciale, de thèses doctorales ou d’évaluation clinique courante ne requiert aucun paiement de royalties, sous réserve de citer expressément les auteurs et les sources bibliographiques princeps.
- Tarifs : Gratuit pour un usage académique et de recherche scientifique non lucrative. Toute exploitation commerciale, intégration dans des plateformes logicielles payantes ou applications de coaching rémunéré nécessite l’obtention préalable d’une autorisation formelle auprès des titulaires des droits via le site officiel de la TAD (selfdeterminationtheory.org).
12. Références
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227-268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
- Hu, L. t., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1-55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Roth, G., Assor, A., Niemiec, C. P., Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2009). The promoting of autonomous motivation and psychological health in childhood and adolescence: The role of parental conditional regard and autonomy support. Child Development Perspectives, 3(2), 111-119. https://doi.org/10.1111/j.1750-8606.2009.00084.x
- Ryan, R. M., & Connell, J. P. (1989). Perceived locus of causality and internalization: Examining reasons for acting in two domains. Journal of Personality and Social Psychology, 57(5), 749-761. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.5.749
- Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. American Psychologist, 55(1), 68-78. https://doi.org/10.1037/0003-066X.55.1.68
- Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. Guilford Publications. https://doi.org/10.1521/978.14625/28806
- Soenens, B., Vansteenkiste, M., Lens, W., Luyckx, K., Goossens, L., Beyers, W., & Ryan, R. M. (2007). Conceptualizing parental autonomy support: Adolescent perceptions of promotion of independence versus promotion of volitional functioning. Developmental Psychology, 43(3), 633-646. https://doi.org/10.1037/0012-1649.43.3.633
13. Questions et items du questionnaire
Being Friends
This questionnaire has four questions, and each questions is followed by a set of possible answers. Please read the first question, and then consider each response. Indicate how true each response is for you in the particular friendship you have selected using the following scale.
1 = not at all true
4 = somewhat true
7 = very true
A. Why am I close friends with this person now?
- Because being friends with him/her helps me feel important.
- Because I enjoy the numerous crazy and amusing moments that we share.
- Because my friend would be upset if I ended the relationship.
- Because I feel a lot of freedom and personal satisfaction in our friendship.
- Because I would feel guilty if I withdrew from the friendship.
- Because he/she is someone I really enjoy sharing emotions and special events with.
- Because this person really wants me to be a close friend.
- Because my commitment to him/her is personally very important to me.
B. Why do I spend time with my friend?
- Because my friend would get mad at me if I didn’t.
- Because it is fun spending time with him/her.
- Because I think it is what friends are supposed to do.
- Because I really value spending time with my friend.
C. Why do I listen to my friend’s problems, or to what my friend has to say?
- Because it’s interesting and satisfying to be able to share like that.
- Because I would feel guilty if I did not.
- Because my friend praises me and makes me feel good when I do.
- Because I really value getting to know my friend better.
D. Why do I keep promises to my friend?
- Because I believe it is an important personal attribute to live up to my promises to a friend.
- Because I would feel bad about myself if I didn’t.
- Because I really enjoy following through on my promises.
- Because it would threaten our friendship if I were not trustworthy.