Questionnaire d’amitié de McGill

Le Questionnaire d’amitié de McGill (Mendelson & Aboud) est un outil psychométrique de référence évaluant la qualité des amitiés à travers l’affection éprouvée (MFQ-RA) et six fonctions relationnelles clés (MFQ-FF).

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire d’amitié de McGill (McGill Friendship Questionnaire, MFQ), développé par les psychologues canadiens Morton J. Mendelson et Frances E. Aboud (1992, 1999), constitue un instrument psychométrique de référence internationale pour évaluer la qualité et les dynamiques fonctionnelles des relations amicales chez les grands adolescents et les jeunes adultes. L’instrument est articulé en deux composantes complémentaires mais conceptuellement distinctes : le McGill Friendship Questionnaire – Respondent’s Affection (MFQ-RA) et le McGill Friendship Questionnaire – Friend’s Functions (MFQ-FF). Le MFQ-RA comprend 16 items évaluant les sentiments subjectifs et l’évaluation globale que le répondant porte sur son amitié à travers deux facettes principales, à savoir les Sentiments positifs (Positive Feelings) et la Satisfaction relationnelle (Satisfaction). Le MFQ-FF comporte 48 items (avec une version abrégée validée de 30 items) évaluant six fonctions interpersonnelles et développementales fondamentales remplies par l’ami(e) : la Compagnie stimulante (Stimulating Companionship), l’Aide instrumentale et informationnelle (Help), l’Intimité (Intimacy), l’Alliance fiable (Reliable Alliance), la Validation de soi (Self-Validation) et la Sécurité émotionnelle (Emotional Security).

Sur le plan psychométrique, le MFQ-RA utilise une échelle de réponse bipolaire en 9 points allant de -4 (« Totalement en désaccord ») à +4 (« Totalement d’accord »), tandis que le MFQ-FF emploie une échelle de fréquence en 9 points allant de 0 ou 1 (« Jamais ») à 8 (« Toujours »). Les deux échelles démontrent une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach systématiquement compris entre 0,89 et 0,96 pour l’ensemble des sous-échelles. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires soutiennent la multidimensionnalité des fonctions amicales tout en confirmant la présence d’une dimension générale de haute qualité relationnelle. Utilisé massivement en psychologie du développement, en psychologie sociale et en psychopathologie développementale, le questionnaire de McGill permet de sonder avec précision les mécanismes relationnels protégeant contre la solitude, la détresse psychologique et les difficultés d’ajustement socio-émotionnel lors des transitions de vie critiques.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire d’amitié de McGill, MFQ, relations entre pairs, qualité de l’amitié, intimité interpersonnelle, fonctions de l’amitié, validation de soi, alliance fiable, psychométrie développementale, soutien social, transition vers l’âge adulte, attachement aux pairs, Morton Mendelson, Frances Aboud.

3. Auteurs / Authors

Le questionnaire a été conçu et validé par des chercheurs rattachés au Département de psychologie de l’Université McGill à Montréal (Québec, Canada) :

  • Morton J. Mendelson, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université McGill. Spécialiste reconnu du développement social et cognitif chez l’enfant et l’adolescent, il s’est particulièrement intéressé à l’évaluation des processus interpersonnels et à l’impact des relations fraternelles et amicales sur le bien-être. (Courriel institutionnel de contact : [email protected]).
  • Frances E. Aboud, Ph.D. : Professeure émérite au Département de psychologie de l’Université McGill. Experte de renommée internationale en psychologie sociale et du développement, ses recherches portent sur les relations interpersonnelles, le développement des préjugés, la santé internationale et les interventions psychosociales auprès des jeunes.
  • Collaborateurs associés : Robert P. Lanthier (Université George Washington) et Aaron C. Kay (Université Duke), ayant participé aux validations empiriques subséquentes et à l’exploration des déséquilibres dyadiques au sein des relations amicales.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Questionnaire d’amitié de McGill est de fournir une évaluation opérationnelle, nuancée et empiriquement rigoureuse de la qualité d’une relation amicale spécifique. Contrairement aux mesures sociométriques traditionnelles qui évaluent la popularité globale ou l’acceptation par le groupe de pairs (statut sociométrique), le MFQ s’intéresse à la relation dyadique close, c’est-à-dire au lien affectif et fonctionnel unissant deux individus particuliers.

Historiquement, les outils d’évaluation de l’amitié s’adressaient principalement aux enfants d’âge scolaire (par exemple, le Friendship Quality Questionnaire de Parker et Asher). Mendelson et Aboud ont cherché à combler un vide méthodologique en concevant une mesure spécifiquement adaptée à la complexité des relations amicales chez les grands adolescents et les jeunes adultes fréquentant l’université ou entrant dans la vie active. Durant cette période du développement, l’amitié acquiert une fonction de soutien émotionnel et d’individuation accrue, servant souvent de pont affectif entre la famille d’origine et la formation de liens de couple durables.

Le MFQ répond à une double finalité théorique et appliquée :

  • Distinguer l’affection subjective des fonctions concrètes : Le cadre sépare nettement ce que le sujet éprouve pour son ami (MFQ-RA : satisfaction, attachement, appréciation globale) de ce que l’ami apporte concrètement dans la dynamique de la relation (MFQ-FF : fonctions de camaraderie, d’aide, d’écoute intime, de loyauté). Cette dissociation analytique permet aux chercheurs d’étudier comment l’accomplissement des fonctions amicales prédit l’affection et le maintien du lien au fil du temps.
  • Applications en recherche développementale et clinique : L’outil est largement mobilisé pour investiguer les corrélats protecteurs de l’amitié face au sentiment d’isolement social (solitude), à l’anxiété et à la symptomatologie dépressive. Il permet également d’explorer l’impact des ruptures d’amitié, les effets différentiels des amitiés de même sexe versus de sexe opposé, et les déséquilibres dyadiques où un membre de la dyade perçoit un soutien fonctionnel asymétrique par rapport à l’autre.
  • Applications en conseil psychologique et accompagnement universitaire : En contexte clinique ou d’orientation universitaire, le MFQ peut être utilisé pour diagnostiquer des déficits spécifiques dans le réseau de soutien social de l’étudiant, identifier des vulnérabilités d’attachement ou cibler des difficultés dans la réciprocité interpersonnelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le Questionnaire d’amitié de McGill repose sur une modélisation multidimensionnelle de la qualité de l’amitié (friendship quality). Cette conceptualisation postule que l’amitié est à la fois une expérience affective interne et un système transactionnel de rôles et de provisions psychosociales. Les dimensions mesurées sont définies ci-dessous :

5.1. McGill Friendship Questionnaire – Respondent’s Affection (MFQ-RA)

Cette échelle évalue la réponse émotionnelle et évaluative du participant envers son ami à travers deux dimensions principales :

  • Satisfaction relationnelle (Satisfaction – S) : Mesure l’évaluation cognitive et le contentement global à l’égard de la qualité et de la solidité de l’amitié. Le participant juge à quel point cette relation répond à ses attentes fondamentales et constitue une relation harmonieuse (ex. : « I am happy with my friendship with ___ », « I think my friendship with ___ is strong »).
  • Sentiments positifs (Positive Feelings – P) : Capte la chaleur émotionnelle directe, l’attachement affectif, l’appréciation mutuelle et le désir de pérennité du lien (ex. : « I care about ___ », « I feel close to ___ », « I want to stay friends for a long time »). Dans la version originale de 1992, une troisième facette exploratoire dite d’Évaluation (Evaluation – E) incluait des jugements sur les qualités personnelles intrinsèques de l’ami (ex. : « I think ___ is nice »), mais celle-ci a été intégrée ou simplifiée dans la version révisée au profit d’une structure bifacteur robuste axée sur la satisfaction et l’affect positif.

5.2. McGill Friendship Questionnaire – Friend’s Functions (MFQ-FF)

Le MFQ-FF décompose la contribution de l’ami en six provisions psychosociales distinctes :

  • Compagnie stimulante (Stimulating Companionship – S) : Capacité de l’ami à proposer des interactions excitantes, agréables et divertissantes, éliminant l’ennui et enrichissant le quotidien (ex. : « ___ is fun to do things with », « ___ makes me laugh », « ___ has good ideas about entertaining things to do »).
  • Aide (Help – H) : Fourniture d’une assistance tangible, instrumentale, matérielle ou cognitive. L’ami offre des conseils utiles, prête des objets nécessaires ou consacre du temps pour aider à surmonter une difficulté (ex. : « ___ helps me when I need it », « ___ gives me useful information when I need it », « ___ lends me things that I need »).
  • Intimité (Intimacy – I) : Climat de confiance mutuelle permettant l’auto-divulgation (self-disclosure), le partage de confidences intimes et la certitude que l’ami fait preuve de sensibilité et d’empathie face aux états internes (ex. : « ___ is someone I can tell private things to », « ___ knows when I’m upset », « ___ understands my feelings »).
  • Alliance fiable (Reliable Alliance – R) : Sentiment de loyauté inconditionnelle, de fidélité et de durabilité de la relation en dépit des tensions, des conflits éventuels, de la distance physique ou des jugements extérieurs (ex. : « ___ would still want to be my friend even if we had a fight », « ___ would stay my friend even if other people criticized me »).
  • Validation de soi (Self-Validation – SV) : Rétroaction interpersonnelle bienveillante qui soutient l’estime de soi, renforce le sentiment de compétence, reconnaît la valeur personnelle et encourage l’individu à maintenir une image positive de lui-même (ex. : « ___ makes me feel important », « ___ makes me feel special », « ___ points out things that I am good at »).
  • Sécurité émotionnelle (Emotional Security – E) : Rôle de havre de sécurité (analogue aux fonctions d’attachement), où la présence de l’ami procure apaisement, régulation émotionnelle, réconfort face à l’inconnu, à l’angoisse ou aux situations menaçantes (ex. : « ___ would make me feel comfortable in a new situation », « ___ would make me feel calmer if I were nervous », « ___ makes me feel better when I’m upset »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du Questionnaire d’amitié de McGill s’inscrit au carrefour de la théorie interpersonnelle de la psychiatrie et des modèles contemporains de la psychologie sociale du développement.

6.1. La théorie interpersonnelle de Harry Stack Sullivan

L’assise conceptuelle majeure des travaux de Mendelson et Aboud découle des écrits de Harry Stack Sullivan (1953). Sullivan a été l’un des premiers théoriciens à postuler que le développement de la personnalité et de la santé mentale ne dépend pas exclusivement des pulsions intrapsychiques ou des figures parentales, mais de l’évolution des besoins interpersonnels tout au long de la vie. Selon Sullivan, l’entrée dans la préadolescence (vers l’âge de 9-12 ans) est marquée par l’émergence d’un besoin impérieux d’intimité interpersonnelle, cristallisé dans la relation avec un alter ego ou un camarade privilégié (le « chum », donnant naissance au concept de chumship).

Pour Sullivan, cette relation intime avec un pair semblable permet à l’enfant d’expérimenter pour la première fois une réciprocité authentique : le bien-être de l’autre devient aussi important que le sien. C’est à travers cette alliance intime que l’individu valide sa valeur personnelle (consensual validation), corrige d’éventuelles distorsions cognitives issues du milieu familial et apprend l’empathie. Le MFQ opérationnalise directement ces postulats en intégrant des dimensions telles que l’Intimité, la Validation de soi et la Sécurité émotionnelle, qui reflètent fidèlement les provisions thérapeutiques du chumship sullivannien transposées à la fin de l’adolescence et à l’âge adulte émergent.

6.2. Les fonctions de l’amitié selon Hartup et Berndt

Le modèle s’appuie également sur les taxonomies développementales proposées par Willard W. Hartup (1996) et Thomas J. Berndt (1986, 2002). Ces auteurs ont démontré que l’amitié ne remplit pas une fonction unique mais opère comme un contexte de développement multifonctionnel fournissant :

  • Un soutien instrumental (ressources matérielles, aide concrète) ;
  • Un soutien informatif et cognitif (conseils, confrontation des points de vue) ;
  • Un compagnonnage ludique (stimulation, loisirs partagés) ;
  • Un étayage émotionnel face aux stresseurs de l’environnement (sécurité, réconfort).

Mendelson et Aboud ont systématisé ces fonctions théoriques en six catégories distinctes, permettant de tester empiriquement si certaines fonctions deviennent plus saillantes à des stades spécifiques du cycle de vie ou selon le genre des individus.

6.3. La théorie de l’attachement aux pairs

Enfin, le MFQ s’articule avec les prolongements de la théorie de l’attachement (Bowlby, Ainsworth) appliqués à l’adolescence par des auteurs comme Hazan et Shaver (1987) ou Furman et Wehner (1994). Durant le passage à l’âge adulte, les fonctions d’attachement (recherche de proximité, havre de sécurité, base de sécurité) sont progressivement transférées des figures parentales vers les pairs (amis intimes et partenaires amoureux). La sous-échelle de Sécurité émotionnelle (Emotional Security) et celle d’Alliance fiable (Reliable Alliance) traduisent précisément la constitution de l’ami intime comme figure de régulation affective et base de sécurité interpersonnelle.

7. Validité / Validity

Les qualités métrologiques du MFQ ont été documentées à travers de multiples études auprès de populations collégiales, universitaires et communautaires.

7.1. Validité de construit et structure dimensionnelle

La validité de construit du MFQ-RA et du MFQ-FF repose sur leur capacité à discriminer les différents aspects qualitatifs de la relation amicale. Les corrélations entre les six sous-échelles du MFQ-FF sont modérées à élevées (variant généralement entre 0,55 et 0,78), ce qui indique que bien qu’elles partagent un socle commun de positivité relationnelle, elles captent des facettes fonctionnelles uniques. L’analyse confirme que les individus distinguent parfaitement, par exemple, un ami stimulant pour faire des sorties (Compagnie stimulante) d’un ami capable d’écouter leurs angoisses les plus profondes (Intimité et Sécurité émotionnelle).

7.2. Validité convergente

La validité convergente est démontrée par des associations significatives et théoriquement cohérentes avec plusieurs instruments établis :

  • Corrélation avec les mesures de solitude : Les scores totaux et factoriels du MFQ-RA et du MFQ-FF sont négativement corrélés avec l’Échelle de solitude de l’UCLA (UCLA Loneliness Scale), avec des coefficients variant de r = -0,35 à r = -0,55 (p < 0,001), confirmant que les relations amicales riches en intimité et en validation de soi préservent significativement contre l’isolement perçu.
  • Convergence avec le Friendship Quality Questionnaire (FQQ) : Les dimensions d’Aide, d’Intimité et d’Alliance fiable montrent de fortes corrélations (r > 0,65) avec les dimensions équivalentes de l’échelle de Parker et Asher.
  • Bien-être psychologique et estime de soi : Des corrélations positives robustes sont observées avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (r ≈ 0,30 à 0,42), tout particulièrement pour la sous-échelle Validation de soi.

7.3. Validité discriminante et prédictive

Le MFQ présente une excellente validité discriminante vis-à-vis du statut de popularité sociométrique générale : un individu peut être moyennement populaire au sein de son groupe de pairs tout en entretenant une amitié dyadique de très haute qualité selon le MFQ, confirmant que l’outil mesure la profondeur de la dyade et non la désirabilité sociale globale. Sur le plan prédictif, les scores au MFQ prédisent l’adaptation psychologique lors de la transition du secondaire vers l’université, la persistance de l’amitié lors de suivis longitudinaux sur plusieurs mois, ainsi que des niveaux inférieurs de symptômes internalisés (dépression, anxiété sociale).

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité du Questionnaire d’amitié de McGill se révèlent exceptionnellement stables et homogènes à travers les études publiées par Mendelson et Aboud (1999) ainsi que dans les recherches indépendantes ultérieures.

8.1. Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les indices de consistance interne rapportés dans les études de référence sont particulièrement élevés, dépassant largement les seuils psychométriques conventionnels de 0,70 ou 0,80 :

  • MFQ-RA (Respondent’s Affection) :
    • Sentiments positifs (Positive Feelings) : α = 0,96
    • Satisfaction : α = 0,92
  • MFQ-FF (Friend’s Functions – Forme longue de 48 items) :
    • Compagnie stimulante (Stimulating Companionship) : α = 0,91
    • Aide (Help) : α = 0,89
    • Intimité (Intimacy) : α = 0,94
    • Alliance fiable (Reliable Alliance) : α = 0,95
    • Validation de soi (Self-Validation) : α = 0,91
    • Sécurité émotionnelle (Emotional Security) : α = 0,92
  • MFQ-FF (Forme abrégée de 30 items) : Les coefficients de cohérence interne pour les sous-échelles de 5 items demeurent remarquablement élevés, oscillant entre α = 0,83 et α = 0,91 selon les échantillons étudiés.

8.2. Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les coefficients de stabilité test-retest évalués sur des intervalles de 3 à 6 semaines auprès d’étudiants de premier cycle universitaire se situent entre r = 0,75 et r = 0,86 pour l’ensemble des sous-échelles du MFQ-FF et du MFQ-RA, témoignant d’une excellente stabilité temporelle tout en demeurant sensible aux fluctuations réelles de la vie relationnelle (par exemple, suite à un conflit majeur ou à un éloignement géographique).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle du MFQ a fait l’objet d’examens psychométriques approfondis combinant analyses factorielles exploratoires (AFE) et analyses factorielles confirmatoires (AFC).

9.1. Structure du MFQ-RA

Dans l’étude de Mendelson et Aboud (1999), l’analyse factorielle en axes principaux avec rotation oblique (Promax) menée sur les items du MFQ-RA révisé a révélé une structure claire à deux facteurs expliquant plus de 65 % de la variance totale :

  1. Un premier facteur d’Affection positive (Positive Feelings), regroupant les items exprimant l’attachement, la tendresse et le désir de maintenir le contact, avec des saturations factorielles comprises entre 0,68 et 0,89 ;
  2. Un second facteur de Satisfaction (Satisfaction), regroupant les évaluations cognitives de la réussite et de la force du lien, avec des saturations comprises entre 0,62 et 0,85.

9.2. Structure du MFQ-FF

L’analyse factorielle exploratoire initiale du MFQ-FF (48 items) a mis en évidence six facteurs correspondant aux six fonctions théoriques postulées. Chaque item sature principalement sur son facteur théorique cible (saturations primaires généralement > 0,55) avec des saturations croisées minimes (< 0,25). La variance totale expliquée par les six facteurs dépasse fréquemment 62 %.

Cependant, en raison des intercorrélations substantielles entre les six sous-échelles, plusieurs modélisations en analyse factorielle confirmatoire (AFC) ont comparé :

  • Un modèle unidimensionnel (un facteur général de soutien amical) ;
  • Un modèle à six facteurs corrélés ;
  • Un modèle hiérarchique de second ordre (six facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur général de « Qualité des fonctions de l’amitié »).

Les indices d’ajustement (CFI > 0,92 ; TLI > 0,91 ; RMSEA ≈ 0,05-0,06) confirment la supériorité statistique et conceptuelle du modèle à six facteurs corrélés et du modèle hiérarchique par rapport au modèle unidimensionnel strict. Cela confirme que si les individus perçoivent leur amitié selon une tonalité globale bienveillante, ils différencient bel et bien les rôles fonctionnels spécifiques assurés par leur ami.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : McGill Friendship Questionnaire (Questionnaire d’amitié de McGill).
  • Composantes :
    • MFQ-RA : Respondent’s Affection (Affection du répondant).
    • MFQ-FF : Friend’s Functions (Fonctions de l’ami) – Forme intégrale (48 items) et Forme abrégée (30 items).
  • Format d’administration : Auto-questionnaire individuel (papier-crayon ou informatisé/en ligne). Le répondant désigne au préalable un ami spécifique (souvent le « meilleur ami » ou un ami proche du même sexe ou de sexe différent) et inscrit son prénom dans l’espace vide prévu à cet effet (___).
  • Population cible : Grands adolescents (à partir de 15-16 ans), étudiants collégiaux et universitaires, jeunes adultes et adultes émergents.
  • Temps de passation estimé :
    • MFQ-RA (16 items) : environ 3 à 5 minutes.
    • MFQ-FF forme intégrale (48 items) : environ 10 à 15 minutes.
    • MFQ-FF forme abrégée (30 items) : environ 6 à 8 minutes.
  • Format et échelles de réponse :
    • MFQ-RA : Échelle de type Likert bipolaire en 9 points allant de -4 (« Totalement en désaccord » / Very Much Disagree) à +4 (« Totalement d’accord » / Very Much Agree), avec un point neutre à 0 (« Ni d’accord ni en désaccord »).
    • MFQ-FF : Échelle de fréquence en 9 points allant de 0 ou 1 (« Jamais » / Never) à 8 (« Toujours » / Always).
  • Calcul des scores : Les scores des sous-échelles sont calculés en effectuant la moyenne arithmétique (ou la somme) des items correspondants. Aucun item inversé n’est présent dans les versions standards. Un score composite global de qualité peut être généré en calculant la moyenne de l’ensemble des items du MFQ-FF.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1992 (premières présentations de recherche et manuscrits non publiés par Aboud & Mendelson).
  • Année de publication de référence : 1999 (publication officielle de validation dans la Revue canadienne des sciences du comportement).
  • Statut des droits et conditions d’utilisation : Le questionnaire a été placé dans le domaine public à des fins académiques, d’enseignement et de recherche scientifique non commerciale. Il peut être utilisé et reproduit librement par les chercheurs et étudiants sous réserve de citer explicitement les articles fondateurs des auteurs originaux.
  • Tarifs : Instrument libre de droits d’accès pour la recherche (aucun coût d’achat ni redevance commerciale requise).
  • Contact institutionnel : Pr Morton J. Mendelson, Département de psychologie, Université McGill, Montréal, Québec, Canada (courriel : [email protected]).

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives au Questionnaire d’amitié de McGill sont les suivantes :

  • Aboud, F. E., & Mendelson, M. J. (1992, novembre). Measurement and determinants of friendship quality. Conférence invitée présentée à la Conference on Friendship in Childhood and Adolescence, Montréal, Québec, Canada.
  • Aboud, F. E., & Mendelson, M. J. (1996). Determinants of friendship selection and quality: Developmental perspectives. Dans W. M. Bukowski, A. F. Newcomb, & W. W. Hartup (Éds.), The company they keep: Friendship in childhood and adolescence (pp. 87–112). Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511571121.006
  • Berndt, T. J. (2002). Friendship quality and social development. Current Directions in Psychological Science, 11(1), 7–10. https://doi.org/10.1111/1467-8721.00157
  • Furman, W., & Buhrmester, D. (1985). Children’s perceptions of the personal relationships in their social networks. Developmental Psychology, 21(6), 1016–1024. https://doi.org/10.1037/0012-1649.21.6.1016
  • Mendelson, M. J., & Aboud, F. E. (1999). Measuring friendship quality in late adolescents and young adults: The McGill Friendship Questionnaires. Canadian Journal of Behavioural Science / Revue canadienne des sciences du comportement, 31(2), 130–132. https://doi.org/10.1037/h0087080
  • Mendelson, M. J., Aboud, F. E., & Lanthier, R. P. (1994). Personality predictors of friendship and popularity in kindergarten. Journal of Applied Developmental Psychology, 15(3), 113–135. https://doi.org/10.1016/0193-3973(94)90008-2
  • Mendelson, M. J., & Kay, A. C. (2000, août). Positive feelings in friendship: Does imbalance in the relationship matter? Affiche présentée au congrès annuel de l’American Psychological Association (APA), Washington, D.C.
  • Parker, J. G., & Asher, S. R. (1993). Friendship and friendship quality in middle childhood: Links with peer group acceptance and feelings of loneliness and social dissatisfaction. Developmental Psychology, 29(4), 611–621. https://doi.org/10.1037/0012-1649.29.4.611
  • Sullivan, H. S. (1953). The interpersonal theory of psychiatry. W. W. Norton & Co.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

McGill Friendship Questionnaire – Respondent’s Affection (MFQ-RA)

Response format: 9-point scale (-4 = « Very Much Disagree » to +4 = « Very Much Agree »)

Subscales: S = Satisfaction; P = Positive Feelings; E = Evaluation

  1. I am happy with my friendship with ___ (S)
  2. I care about ___ (P)
  3. I like ___ a lot (P)
  4. I feel my friendship with ___ is a great one (S)
  5. I am satisfied with my friendship with ___ (S)
  6. I think ___ is nice (E)
  7. I want to stay friends for a long time (P)
  8. I prefer ___ over most people I know (P)
  9. I feel close to ___ (P)
  10. I think my friendship with ___ is strong (S)
  11. I think ___ is a good person (E)
  12. I am glad that ___ is my friend (P)
  13. I hope ___ and I will stay friends (P)
  14. I would miss ___ if he/she left (P)
  15. I think ___ is a likable person (E)
  16. I enjoy having ___ as a friend (P)

McGill Friendship Questionnaire – Friend’s Functions (MFQ-FF)

Response format: 9-point scale (1 = « Never » to 8 = « Always » / 0 to 8)

Subscales: S = Stimulating Companionship; H = Help; I = Intimacy; R = Reliable Alliance; SV = Self-Validation; E = Emotional Security

  1. ___ would make me feel better if I were worried (E)
  2. ___ would want to stay my friend if we didn’t see each other for a few months (R)
  3. ___ would make me feel calmer if I were nervous (E)
  4. ___ would still want to be my friend even if we had a fight (R)
  5. ___ makes me feel smart (SV)
  6. ___ makes me laugh (S)
  7. ___ helps me do things (H)
  8. ___ knows when something bothers me (I)
  9. ___ lends me things that I need (H)
  10. ___ is exciting to talk to (S)
  11. ___ makes me feel special (SV)
  12. ___ would listen if I talked about my problems (I)
  13. ___ would make me feel better if I were in trouble (E)
  14. ___ would stay my friend even if other people criticized me (R)
  15. ___ would understand me if I told her/him my problems (I)
  16. ___ would stay my friend even if other people did not like me (R)
  17. ___ makes me feel better when I have problems (E)
  18. ___ is willing to do favors for me (H)
  19. ___ compliments me when I do something well (SV)
  20. ___ is enjoyable to be with (S)
  21. ___ is easy to talk to about private things (I)
  22. ___ is exciting to be with (S)
  23. ___ points out things that I am good at (SV)
  24. ___ helps me when I’m trying hard to finish something (H)
  25. ___ would make me feel better if I were anxious (E)
  26. ___ would still want to stay my friend even if we argued (R)
  27. ___ makes me feel that I can do things well (SV)
  28. ___ would still want to be my friend even if I didn’t have time to see her/him a lot (R)
  29. ___ understands my feelings (I)
  30. ___ shows me how to do things better (H)
  31. ___ is fun to sit and talk with (S)
  32. ___ makes me feel better when I’m upset (E)
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire d’amitié de McGill. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-amitie-mcgill/
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’amitié de McGill.” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-amitie-mcgill/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’amitié de McGill.” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-amitie-mcgill/.