1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire sur l’alliance d’aide (communément désigné dans la littérature internationale sous l’appellation Helping Alliance Questionnaire ou HAq, et dans sa version révisée standardisée HAq-II) est l’un des instruments psychométriques d’évaluation de la relation thérapeutique les plus rigoureusement validés et largement employés en psychothérapie clinique et en recherche évaluative des processus de soin. Initialement conceptualisé par Lester Luborsky au sein de l’École de médecine de l’Université de Pennsylvanie, puis perfectionné dans sa version de deuxième génération par Luborsky, Barber, Siqueland, Johnson, Najavits, Frank et Daley en 1996, cet outil capture la nature de la collaboration collaborative et du lien affectif unissant le patient au thérapeute.
Le HAq-II se compose de 19 items évaluant de manière auto-rapportée la perception du partenariat thérapeutique, décliné en une version patient et une version thérapeute. Les participants répondent au moyen d’une échelle d’échelle de Likert en 6 points, allant de 1 (strongly disagree / totalement en désaccord) à 6 (strongly agree / totalement d’accord). L’instrument intègre 5 items formulés de manière négative (inversés) pour prévenir les biais d’acquiescement. Sur le plan psychométrique, le questionnaire affiche une consistance interne globale exceptionnelle (alpha de Cronbach compris entre 0,90 et 0,93), une remarquable stabilité temporelle test-retest (corrélations oscillant entre r = 0,75 et r = 0,85 selon les intervalles de mesure) et une validité prédictive robuste quant aux résultats thérapeutiques finaux (clinical outcome), à la rétention des patients dans le traitement et à la réduction symptomatique. Les analyses factorielles confirment l’existence d’un facteur général prépondérant d’alliance thérapeutique, conforté par des dimensions secondaires associées au soutien ressenti et à la coopération orientée vers les objectifs du traitement.
2. Mots-clés / Keywords
Alliance d’aide, alliance thérapeutique, HAq-II, Lester Luborsky, psychométrie, relation thérapeutique, évaluation de processus, psychothérapie, recherche en psychothérapie, consistance interne, fidélité test-retest, validité prédictive.
3. Auteurs / Authors
Le développement, la révision et la validation psychométrique formelle du HAq-II ont été conduits par une équipe de chercheurs de premier plan rattachés au Center for Psychotherapy Research du Département de Psychiatrie de l’Université de Pennsylvanie, en collaboration avec d’autres institutions psychiatriques majeures aux États-Unis :
- Lester Luborsky, Ph.D. (1920–2009) : Professeur émérite de psychologie en psychiatrie à la Perelman School of Medicine de l’Université de Pennsylvanie. Pionnier international de la recherche empirique sur la psychanalyse et la psychothérapie dynamique brève, concepteur de la méthode du Core Conflictual Relationship Theme (CCRT) et des premières échelles empiriques de l’alliance d’aide.
- Jacques P. Barber, Ph.D., ABPP : Professeur et doyen de la Derner School of Psychology à l’Université Adelphi (anciennement chercheur principal au Center for Psychotherapy Research de l’Université de Pennsylvanie). Spécialiste reconnu des mécanismes de changement thérapeutique et des prédicteurs d’efficacité des psychothérapies. Courriel institutionnel : [email protected].
- Lynne Siqueland, Ph.D. : Psychologue clinicienne, chercheuse associée au Center for Psychotherapy Research de l’Université de Pennsylvanie et codirectrice du Children and Adult Center for OCD and Anxiety à Plymouth Meeting, Pennsylvanie.
- Susan B. Johnson, Ph.D. : Chercheuse en sciences du comportement et méthodologiste clinique associée aux programmes de recherche de l’Université de Pennsylvanie.
- Lisa M. Najavits, Ph.D. : Professeure adjointe de psychiatrie à la Harvard Medical School, chercheuse au McLean Hospital et conceptrice du modèle de traitement intégré Seeking Safety. Courriel institutionnel : [email protected].
- Arthur Frank, M.D. : Psychiatre et chercheur clinicien, ayant contribué aux essais cliniques multicentriques sur la pharmacothérapie et la psychothérapie des troubles addictifs et dépressifs.
- Dennis C. Daley, Ph.D. : Professeur de psychiatrie et travailleur social clinique à l’Institut Psychiatrique de Western de l’École de Médecine de l’Université de Pittsburgh (UPMC), spécialiste de l’évaluation des addictions et des troubles comorbides.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Questionnaire sur l’alliance d’aide est d’opérationnaliser, de quantifier et de suivre de manière standardisée la qualité du lien collaboratif établi entre un consultant (patient) et son intervenant (thérapeute, clinicien ou conseiller) au cours d’un processus psychothérapeutique ou psychosocial. Depuis les premières conceptualisations freudiennes du transfert non contestable jusqu’aux formulations modernes des facteurs communs (common factors), la relation thérapeutique est identifiée comme l’un des prédicteurs transversaux les plus déterminants de l’efficacité de toute intervention en santé mentale, indépendamment de l’orientation théorique sous-jacente (thérapie cognitivo-comportementale, thérapie psychodynamique, thérapie systémique ou thérapie humaniste-expérientielle).
Sur le plan clinique, le HAq-II répond à des nécessités diagnostiques et de régulation continue du traitement. Il offre une modalité systématique pour dépister précocement les ruptures d’alliance thérapeutique (affaissements de la confiance mutuelle, désaccords latents sur les tâches thérapeutiques ou malentendus émotionnels). En intégrant la passation répétée du questionnaire (par exemple après les séances 3, 5, 10 et en milieu de cure), le praticien peut calibrer sa posture, rectifier les malentendus relationnels et adapter ses interventions aux besoins exprimés du patient, limitant ainsi significativement les risques d’abandon prématuré du traitement (drop-out).
Sur le plan de la recherche scientifique, le HAq-II a été développé pour surmonter les limitations psychométriques inhérentes à la première version du questionnaire (le HAq-I de 24 items mis au point dans les années 1980). Le HAq-I comportait en effet des items mesurant simultanément l’alliance relationnelle et l’amélioration symptomatique directe du patient, ce qui générait une inflation artificielle de la corrélation statistique entre l’alliance et le résultat clinique final (problème méthodologique de confusion des construits ou criterion contamination). Le HAq-II a été épuré pour cibler exclusivement le processus relationnel et collaboratif immédiat, garantissant aux chercheurs un instrument non contaminé par les variations symptomatiques concomitantes. Il s’applique aujourd’hui à un spectre très large de protocoles : études d’efficacité randomisées contrôlées (RCT), études naturalistes en vie réelle, recherches sur les troubles liés à l’usage de substances, la dépression majeure, les troubles anxieux et les troubles de la personnalité.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le Questionnaire sur l’alliance d’aide repose sur la conceptualisation bifactorielle de l’alliance thérapeutique articulée par Luborsky, enrichie par les travaux intégrateurs d’Edward Bordin. Luborsky a théorisé l’existence de deux formes successives et imbriquées d’alliance au sein de la trajectoire psychothérapeutique :
L’Alliance de Type 1 (Le sentiment de soutien et de sécurité relationnelle)
Cette composante prédomine généralement au cours des phases initiales de la thérapie. Elle traduit l’expérience subjective du patient qui se sent chaleureusement accueilli, compris, validé et soutenu par un professionnel bienveillant et compétent. Le patient perçoit que le thérapeute possède les aptitudes nécessaires pour l’aider et lui accorde un intérêt humain authentique. Dans le HAq-II, cette facette est illustrée par des énoncés mesurant l’appui perçu et la confiance interpersonnelle :
- Item 1 : « I feel I can depend upon the therapist » (mesure la fiabilité perçue et le sentiment de pouvoir s’appuyer sur le clinicien).
- Item 2 : « I feel the therapist understands me » (évalue l’empathie ressentie et le sentiment d’être compris en profondeur).
- Item 9 : « I like the therapist as a person » et Item 18 : « I believe the therapist likes me as a person » (rendent compte de l’appréciation mutuelle et de la chaleur affective du lien).
L’Alliance de Type 2 (La collaboration conjointe et le travail d’équipe)
Cette deuxième facette se déploie à mesure que le traitement progresse et que les exigences thérapeutiques s’intensifient. Elle renvoie au sentiment de former une véritable « équipe de travail » (joint effort), un partenariat actif caractérisé par un accord partagé sur la nature des problématiques à traiter, le partage des responsabilités et l’application conjointe des techniques ou exercices thérapeutiques. Dans le HAq-II, cette dimension d’effort concerté est opérationnalisée par des items tels que :
- Item 5 : « I feel I am working together with the therapist in a joint effort » (expression directe du travail collaboratif synchrone).
- Item 6 : « I believe we have similar ideas about the nature of my problems » (accord sur l’étiologie et la formulation des difficultés cliniques).
- Item 10 : « In most sessions, the therapist and I find a way to work on my problems together » (efficacité pragmatique de la collaboration en séance).
La détection des freins relationnels et des tensions négatives
Un apport déterminant du construit du HAq-II réside dans la prise en compte explicite des interférences relationnelles, du scepticisme et des sentiments d’éloignement. Ces aspects négatifs de la relation constituent des indicateurs privilégiés de ruptures d’alliance qui, si elles ne sont pas réparées, prédisent l’échec thérapeutique :
- Item 4 : « At times I distrust the therapist’s judgment » (méfiance envers l’expertise clinique).
- Item 8 : « The procedures used in my therapy are not well suited to my needs » (désaccord sur les moyens d’intervention).
- Item 11 : « The therapist relates to me in ways that slow up the progress of the therapy » (sentiment d’entrave causé par l’attitude du praticien).
- Item 19 : « At times the therapist seems distant » (percevoir le thérapeute comme distant ou désengagé affectivement).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration du Helping Alliance Questionnaire s’enracine historiquement dans l’évolution des théories psychodynamiques, avant de s’étendre aux paradigmes intégrateurs pan-théoriques des facteurs communs de la psychothérapie.
Les racines psychanalytiques : du transfert à l’alliance de travail
Dès 1912, Sigmund Freud identifiait dans La dynamique du transfert que l’attachement positif du patient envers son analyste ne relève pas exclusivement de répétitions infantiles conflictuelles, mais comprend une composante d’attachement conscient, rationnel et bienveillant qu’il qualifia de transfert positif inattaquable (« unobjectionable positive transference »). Ce courant a ensuite été enrichi par les psychanalystes de l’Ego Psychology : Richard Sterba (1934) introduisit l’idée d’une scission thérapeutique du Moi du patient, dont la partie rationnelle s’allie à l’analyste ; Elizabeth Zetzel (1956) forgea formellement l’expression « therapeutic alliance » ; et Ralph Greenson (1965, 1967) décrivit minutieusement la « working alliance » (l’alliance de travail), soulignant la capacité des deux protagonistes à coopérer efficacement malgré les mouvements transférentiels et contre-transférentiels houleux.
La contribution de Lester Luborsky : l’Alliance d’Aide (Helping Alliance)
Au milieu des années 1970, Lester Luborsky réinvestit ces notions théoriques pour leur conférer un statut d’opérationnalité scientifique. Luborsky préféra le terme « helping alliance » (alliance d’aide) à celui d’alliance de travail, afin de placer au centre du modèle le sentiment vécu par le patient d’être activement soutenu et secouru par un tiers thérapeutique bienfaisant. Dans son modèle fondateur (Luborsky, 1976), il conceptualisa la distinction entre l’Alliance de Type 1 (fondée sur la perception de l’aide reçue et de la sollicitude du praticien) et l’Alliance de Type 2 (fondée sur la conscience d’un investissement mutuel et coordonné dans le processus thérapeutique). Le Penn Helping Alliance Rating System (méthode initiale reposant sur l’évaluation par des juges externes de transcriptions de séances) constitua la genèse du HAq, qui en devint l’équivalent auto-rapporté directement administrable aux patients et aux cliniciens.
Convergence avec le modèle tripartite d’Edward Bordin
En 1979, Edward Bordin formula un modèle pan-théorique définissant l’alliance thérapeutique comme un trépied composé : (1) d’un accord sur les objectifs (goals), (2) d’un accord sur les tâches (tasks), et (3) de l’établissement d’un lien affectif (bond) de confiance mutuelle. Bien que le HAq-II soit issu du cadre conceptuel de Luborsky, ses items recouvrent avec une remarquable fidélité les dimensions de Bordin : les items 3 et 6 ciblent les buts, les items 8 et 10 capturent les tâches, tandis que les items 1, 2, 9, 12 et 18 explorent l’intensité du lien affectif.
7. Validité / Validity
Les qualités métrologiques du HAq-II ont été établies au cours de vastes essais cliniques multicentriques, notamment dans le cadre du projet NIDA (National Institute on Drug Abuse) consacré à la dépendance aux opiacés et à la cocaïne, ainsi que dans de multiples études indépendantes portant sur des populations psychiatriques ambulatoires souffrant de troubles de l’humeur.
Validité convergente
La validité convergente du HAq-II est étayée par des corrélations fortes et statistiquement significatives avec les autres instruments étalons de l’alliance thérapeutique. Les études rapportent une corrélation de Pearson variant entre r = 0,68 et r = 0,81 (p < 0,001) avec l’inventaire Working Alliance Inventory (WAI d’Horvath et Greenberg), et entre r = 0,60 et r = 0,74 avec la California Psychotherapy Alliance Scale (CALPAS de Gaston et Marmar). De plus, le score du HAq-II présente une corrélation robuste (r = 0,67) avec l’échelle originale évaluée par observateurs indépendants (Penn Helping Alliance Rating Scale), confirmant que les auto-évaluations des patients capturent fidèlement la dynamique observée de manière objective par des experts externes.
Validité prédictive des résultats cliniques (Outcome Validity)
La valeur prédictive de l’alliance mesurée par le HAq-II constitue l’un de ses atouts scientifiques majeurs :
- Prédiction des gains thérapeutiques : Les scores de HAq-II mesurés en début de prise en charge (typiquement entre la 2e et la 5e séance) sont corrélés de manière prospective avec la réduction des symptômes dépressifs (mesurés par le BDI ou la HAM-D) et anxieux à la fin de la cure, avec des tailles d’effet variant de r = 0,25 à r = 0,42 (p < 0,01), ce qui correspond à la taille d’effet moyenne méta-analytique de l’alliance thérapeutique établie par Horvath, Del Re, Flückiger et Symonds.
- Adhésion et rétention : Les patients attribuant des scores bas au HAq-II ou manifestant une dégradation de leurs scores au cours des premières séances présentent un risque de décrochage prématuré (abandon sans accord médical) multiplié par trois comparativement aux patients maintenant des scores d’alliance stables ou croissants.
Validité discriminante
En éliminant les items de bénéfices symptomatiques présents dans le HAq-I initial, Luborsky et al. (1996) ont démontré que les corrélations entre le HAq-II et les mesures de détresse psychologique générale ou de sévérité symptomatique initiale (notées par le SCL-90-R) sont faibles à quasi nulles (r < 0,15, non significatif), ce qui atteste que l’outil évalue spécifiquement la qualité du lien interpersonnel et non un simple biais d’humeur positive ou de soulagement symptomatique immédiat.
8. Fidélité / Reliability
Le Helping Alliance Questionnaire-II affiche des caractéristiques de fidélité et de précision métrologique répondant aux exigences les plus rigoureuses des standards internationaux de psychométrie (AERA, APA, NCME).
Consistance interne
Dans l’étude princeps de validation (Luborsky et al., 1996) incluant un échantillon de 214 patients ambulatoires, le coefficient alpha de Cronbach pour le score total du HAq-II s’élevait à α = 0,93 pour la version patient et à α = 0,91 pour la version thérapeute. Des réplications subséquentes menées dans divers contextes culturels et linguistiques (notamment des adaptations francophones, germanophones et hispanophones) ont corroboré ces données avec des coefficients alpha systématiquement situés entre 0,88 et 0,94, démontrant une excellente homogénéité des items.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
L’évaluation de la fidélité test-retest de l’alliance thérapeutique soulève une considération théorique : l’alliance est à la fois un construit caractérisé par un niveau de base stable (trait-like) et une réalité relationnelle mouvante sensible aux événements de séance (state-like). Néanmoins, administré à des intervalles rapprochés sans intervention thérapeutique majeure modifiant le cadre (intervalle de 48 à 72 heures), le HAq-II montre un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) de 0,82. Sur des périodes plus longues (par exemple entre la séance 3 et la séance 4), la stabilité test-retest demeure substantielle (r = 0,76), attestant de la robustesse de l’instrument face aux fluctuations aléatoires de mesure.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture dimensionnelle du HAq a fait l’objet d’investigations poussées, marquant précisément la transition du HAq-I vers le HAq-II.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Dans la version initiale (HAq-I), les analyses factorielles mettaient en lumière deux facteurs corrélés mais imparfaitement distingués, ainsi qu’une saturation parasite de plusieurs items sur des facteurs d’amélioration de l’état général. Dans l’échantillon d’étalonnage du HAq-II (Luborsky et al., 1996), une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une rotation oblique (Promax) a révélé que la quasi-totalité de la variance commune était expliquée par un facteur général d’alliance d’aide de premier ordre, dont la valeur propre (eigenvalue) dominait largement le spectre factoriel (rendant compte de plus de 45 % de la variance totale). Tous les items présentaient des saturations factorielles substantielles sur ce facteur général, oscillant entre 0,42 et 0,78.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Des analyses factorielles confirmatoires ultérieures conduites sur de larges cohortes cliniques ont testé plusieurs modèles structurels :
- Modèle unidimensionnel strict : Bien qu’acceptable, il tend à présenter des résidus modérés au niveau des items formulés de manière négative.
- Modèle bifactoriel (Bifactor Model) : Ce modèle procure le meilleur ajustement statistique aux données (χ²/df < 2,2 ; RMSEA = 0,046 ; CFI = 0,96 ; TLI = 0,95). Il positionne un facteur général d’alliance thérapeutique sur lequel s’adossent tous les items, complété par deux sous-facteurs de second ordre : (a) le pôle de collaboration positive et de soutien affectif (items 1, 2, 3, 5, 6, 7, 9, 10, 12, 13, 14, 15, 17, 18), et (b) le pôle des tensions relationnelles ou ruptures potentielles constitué des items inversés (items 4, 8, 11, 16, 19).
En pratique clinique et en recherche, les auteurs recommandent expressément l’utilisation du score global unidimensionnel, ce dernier concentrant la validité prédictive la plus puissante.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom de l’instrument : Questionnaire sur l’alliance d’aide, version révisée (Helping Alliance Questionnaire – Revised, HAq-II).
- Versions disponibles :
- Version Patient (auto-évaluation par le client).
- Version Thérapeute (évaluation du praticien quant à la relation avec le patient).
- Type de passation : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé.
- Nombre total d’items : 19 items.
- Temps de passation estimé : 3 à 5 minutes.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 6 points :
- 1 = strongly disagree (totalement en désaccord)
- 2 = disagree (en désaccord)
- 3 = slightly disagree (légèrement en désaccord)
- 4 = slightly agree (légèrement d’accord)
- 5 = agree (d’accord)
- 6 = strongly agree (totalement d’accord)
- Cotation et calcul des scores :
- Items inversés : Les items 4, 8, 11, 16 et 19 sont formulés de manière négative. Leurs scores doivent être impérativement inversés avant d’établir le total (score recodé = 7 − score brut, c’est-à-dire que 1 devient 6, 2 devient 5, 3 devient 4, 4 devient 3, 5 devient 2, et 6 devient 1).
- Score total : Calculé par la somme de l’ensemble des 19 items (après inversion). Le score théorique s’étend de 19 à 114. Alternativement, le score moyen peut être calculé en divisant le total par 19, situant le résultat sur une métrique lisible de 1 à 6. Des scores élevés reflètent une alliance d’aide solide, harmonieuse et constructive.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Le Helping Alliance Questionnaire a été initialement diffusé sous sa forme exploratoire (HAq-I) en 1983-1984, avant de connaître sa publication définitive et validée (HAq-II) en 1996 par Lester Luborsky et son équipe au sein du Journal of Psychotherapy Practice and Research.
Conditions de licence et d’utilisation : Le HAq-II relève du domaine public académique pour la recherche clinique, les thèses universitaires et les pratiques d’évaluation clinique non commerciales. L’Université de Pennsylvanie (Center for Psychotherapy Research) a mis cet instrument en accès libre à la communauté scientifique. Aucuns frais de copyright ni redevances ne sont exigés pour la reproduction et la passation de l’instrument dans ces contextes, sous réserve de citer explicitement la publication de référence princeps (Luborsky et al., 1996) et de ne pas dénaturer l’intégrité rédactionnelle des énoncés.
12. Références / References
Les publications de référence ci-dessous fondent l’assise conceptuelle, la construction empirique et la validation métrologique de l’instrument :
- Bordin, E. S. (1979). The generalizability of the psychoanalytic concept of the working alliance. Psychotherapy: Theory, Research & Practice, 16(3), 252–260. https://doi.org/10.1037/h0085885
- Flückiger, C., Del Re, A. C., Wampold, B. E., & Horvath, A. O. (2018). The alliance in adult psychotherapy: A meta-analytic synthesis. Psychotherapy, 55(4), 316–340. https://doi.org/10.1037/pst0000172
- Horvath, A. O., Del Re, A. C., Flückiger, C., & Symonds, D. (2011). Alliance in individual psychotherapy. Psychotherapy, 48(1), 9–16. https://doi.org/10.1037/a0022186
- Luborsky, L. (1976). Helping alliances in psychotherapy: The groundwork for a study of their methods and results. In J. L. Cleghorn (Ed.), Successful psychotherapy (pp. 92–116). Brunner/Mazel.
- Luborsky, L., Barber, J. P., Siqueland, L., Johnson, S., Najavits, L. M., Frank, A., & Daley, D. (1996). The Revised Helping Alliance Questionnaire (HAq-II): Psychometric properties. The Journal of Psychotherapy Practice and Research, 5(3), 260–271. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22700294/
- Luborsky, L., Crits-Christoph, P., Alexander, L., Margolis, M., & Cohen, M. (1983). Two helping alliance methods for predicting outcomes of psychotherapy: A counting signs vs. a global rating method. The Journal of Nervous and Mental Disease, 171(8), 480–491. https://doi.org/10.1097/00005053-198308000-00005
- Safran, J. D., & Muran, J. C. (2000). Negotiating the therapeutic alliance: A relational approach to treatment. Guilford Press.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
1 = strongly disagree
2 = disagree
3 = slightly disagree
4 = slightly agree
5 = agree
6 = strongly agree
Instructions: These are ways that a person may feel or behave in relation to another person — their therapist. Consider carefully your relationship with your therapist, and then mark each statement according to how strongly you agree or disagree. Please mark every one.
- I feel I can depend upon the therapist.
- I feel the therapist understands me.
- I feel the therapist wants me to achieve my goals.
- At times I distrust the therapist’s judgment.
- I feel I am working together with the therapist in a joint effort.
- I believe we have similar ideas about the nature of my problems.
- I generally respect the therapist’s views about me.
- The procedures used in my therapy are not well suited to my needs.
- I like the therapist as a person.
- In most sessions, the therapist and I find a way to work on my problems together.
- The therapist relates to me in ways that slow up the progress of the therapy.
- A good relationship has formed with my therapist.
- The therapist appears to be experienced in helping people.
- I want very much to work out my problems.
- The therapist and I have meaningful exchanges.
- The therapist and I sometimes have unprofitable exchanges.
- From time to time, we both talk about the same important events in my past.
- I believe the therapist likes me as a person.
- At times the therapist seems distant.