1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire d’alexithymie pour enfants (Alexithymia Questionnaire for Children, ASC), élaboré par Carolien Rieffe, Pieter Oosterveld et Mark Meerum Terwogt en 2006, constitue une adaptation psychométrique majeure de la célèbre échelle adulte Toronto Alexithymia Scale (TAS-20) pour les populations pédiatriques et adolescentes âgées de 8 à 14 ans environ. L’alexithymie, concept introduit initialement par John Nemiah et Peter Sifneos dans les années 1970, caractérise un déficit marqué de l’identification, de la différenciation et de l’expression verbale des états émotionnels propres, ainsi qu’un mode de pensée orienté de manière prédominante vers les stimuli concrets externes au détriment de la vie imaginaire et introspective.
L’ASC est un instrument auto-rapporté composé de 20 items mesurés à l’aide d’une échelle de type Likert simplifiée en 3 points (« Pas vrai », « Un peu vrai », « Souvent vrai » ou « Vrai »), conçue spécifiquement pour respecter les capacités cognitives, sémantiques et de métacognition des jeunes sujets. Tout comme le modèle tripartite prédominant chez l’adulte, l’ASC capture trois dimensions intriquées de la compétence socio-émotionnelle : la Difficulté à identifier ses sentiments (DIF, items explorant la confusion entre états affectifs et sensations corporelles), la Difficulté à décrire ses sentiments (DDF, items ciblant l’incapacité à verbaliser et partager ses affects avec autrui) et la Pensée orientée vers l’extérieur (EOT, reflétant un désintérêt pour l’introspection émotionnelle et une préférence pour les aspects factuels de la réalité quotidienne).
Sur le plan métrologique, l’ASC a démontré des propriétés psychométriques robustes dans une multitude d’échantillons communautaires et cliniques à travers le monde. Les études de validation factorielle confirmatoire démontrent l’adéquation du modèle tridimensionnel, tout en confirmant des corrélations négatives attendues avec l’intelligence émotionnelle, et des corrélations positives prédictives avec les plaintes somatiques inexpliquées, l’anxiété infantile et les symptômes internalisés comme la dépression précoce.
2. Mots-clés / Keywords
Alexithymie infantile, ASC, Carolien Rieffe, évaluation des émotions, identification des émotions, verbalisation affective, pensée orientée vers l’extérieur, somatisation chez l’enfant, régulation émotionnelle, psychométrie pédiatrique, validation factorielle, psychopathologie développementale.
3. Auteurs / Authors
Le Questionnaire d’alexithymie pour enfants a été conçu et validé par une équipe de chercheurs en psychologie du développement et psychométrie de l’Université de Leyde (Universiteit Leiden) et de l’Université libre d’Amsterdam (Vrije Universiteit Amsterdam), aux Pays-Bas :
- Carolien Rieffe, Ph.D. : Professeure titulaire en psychologie du développement, directrice du laboratoire de recherche Focus on Emotions (Faculté des sciences sociales et comportementales, Université de Leyde, Pays-Bas). Pionnière internationale de l’étude du développement émotionnel atypique chez les enfants neuroatypiques, sourds ou malentendants, et présentant des troubles psychosomatiques.
- Pieter Oosterveld, Ph.D. : Psychométricien et méthodologiste, expert en analyse factorielle, en modélisation par équations structurelles et en standardisation d’outils d’évaluation psychologique à l’Université de Leyde.
- Mark Meerum Terwogt, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie du développement à l’Université libre d’Amsterdam (Vrije Universiteit Amsterdam), spécialiste des représentations émotionnelles, de la théorie de l’esprit et de la régulation des affects chez l’enfant d’âge scolaire.
Des adaptations et validations transculturelles subséquentes ont été menées en collaboration étroite avec d’autres équipes, notamment Habib Nasiri et Morteza Latifian (Université de Chiraz, Iran), documentant la validité transculturelle de l’échelle.
4. Objectif / Purpose
Le principal objectif du Questionnaire d’alexithymie pour enfants est de fournir aux cliniciens, neuropsychologues, psychiatres pédiatriques et chercheurs en psychologie du développement un instrument standardisé, court et développementalement ajusté pour quantifier les traits alexithymiques chez les mineurs. Avant la publication des travaux de Rieffe et ses collègues en 2006, la recherche sur l’alexithymie infantile souffrait d’un manque criant d’outils validés : les cliniciens étaient contraints de recourir à des versions adultes non adaptées de la TAS-20, dont la complexité lexicale et la structure abstraite excédaient les capacités métacognitives des enfants, ou de s’en remettre uniquement aux hétéro-évaluations parentales, qui échouent fréquemment à saisir l’expérience phénoménologique interne de l’enfant.
L’alexithymie chez l’enfant constitue un facteur de vulnérabilité étiologique majeur dans le développement des troubles internalisés. Lorsqu’un enfant est incapable d’identifier la nature précise d’une détresse interne (confondant par exemple la peur, la colère et la tristesse) ou ne dispose pas du vocabulaire affectif requis pour solliciter un étayage auprès de ses figures d’attachement, l’activation neurovégétative liée à l’affect non élaboré tend à se décharger sur le soma. Cela se traduit par une prévalence élevée de céphalées récurrentes, de douleurs abdominales idiopathiques, de fatigue chronique et d’autres symptômes sans cause médicale identifiable.
Sur le plan des applications pratiques, l’ASC remplit plusieurs fonctions cruciales :
- Dépistage et diagnostic précoce : Identification des enfants à risque de somatisation, de troubles anxieux et de dépression réactionnelle au sein des milieux scolaires et des services de pédiatrie générale.
- Orientation des prises en charge psychothérapeutiques : Un score élevé d’alexithymie indique aux thérapeutes que les approches verbales traditionnelles (thérapies psychodynamiques pures ou thérapies cognitivo-comportementales fondées sur une auto-analyse discursive complexe) doivent être précédées d’un travail intensif de psychoéducation émotionnelle, d’entraînement à l’identification sensorielle et de remédiation lexicale affective.
- Recherche fondamentale et développementale : Analyse des liens entre le style d’attachement parental, la théorie de l’esprit (ToM), l’empathie, la flexibilité cognitive et la genèse des dysrégulations émotionnelles au cours de la transition de l’enfance vers l’adolescence.
5. Construit psychologique / Construct
L’alexithymie, telle qu’opérationnalisée dans l’ASC, n’est pas considérée comme une entité nosographique binaire catégorielle, mais comme une constellation dimensionnelle continue de traits cognitifs et affectifs. L’ASC transpose le modèle dominant de Taylor, Bagby et Parker en l’adaptant au niveau développemental de l’enfant autour de trois dimensions interconnectées :
1. Difficulté à identifier ses sentiments (Difficulty Identifying Feelings – DIF)
Cette dimension évalue l’incapacité de l’enfant à distinguer clairement ses états affectifs spécifiques les uns des autres, ainsi que sa difficulté fondamentale à différencier les sensations somatiques résultant d’une excitation autonome de l’état émotionnel proprement dit. L’enfant présentant un score élevé sur ce facteur se sent souvent dépassé ou confus quant à son vécu intérieur (ex. : item 1 : « I am often confused about the way I am feeling inside ») et ne parvient pas à discriminer si son mal-être relève de la tristesse, de la peur ou de la colère (item 6 : « When I am upset, I don’t know if I am sad, scared or angry »). Ce déficit engendre fréquemment des inquiétudes hypocondriaques, l’enfant attribuant son activation somatosensorielle à une maladie physique mystérieuse (item 3 : « I feel things in my body that even doctors don’t understand »).
2. Difficulté à décrire ses sentiments (Difficulty Describing Feelings – DDF)
Cette sous-échelle mesure le déficit dans la mise en mots (l’étiquetage sémantique) des ressentis affectifs et leur communication interpersonnelle. Même lorsqu’un enfant perçoit une altération de son équilibre interne, il échoue à trouver les termes adaptés pour le transmettre à autrui (item 9 : « Sometimes I can’t find the words to say how I feel inside »), ce qui entrave le partage social des émotions et l’obtention d’un réconfort interactif. L’enfant tend ainsi à garder ses émotions pour lui-même, éprouvant un blocage y compris face à ses pairs les plus proches (item 17 : « It is difficult for me to say how I really feel inside, even to my best friend »).
3. Pensée orientée vers l’extérieur (Externally Oriented Thinking – EOT)
Cette facette cognitive caractérise une modalité de pensée pragmatique, factuelle et opératoire, orientée presque exclusivement vers les événements concrets du monde externe, au détriment de l’introspection, de la curiosité pour les motivations psychologiques internes d’autrui ou du recours à l’imaginaire. L’enfant préfère traiter des aspects quotidiens et superficiels plutôt que d’aborder des thématiques affectives (item 15 : « I prefer talking to people about everyday things, rather than about how they feel ») et manifeste une réticence à investir des œuvres narratives ou des récits centrés sur les conflits relationnels (item 16 : « I prefer watching funny television programmes, rather than films that tell a story about other people’s problems »). Sur le plan théorique, l’EOT reflète un manque d’élaboration fantasmatique et de mentalisation réflexive.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre conceptuel de l’ASC s’enracine au confluent de la médecine psychosomatique francophone et américaine, et des modèles contemporains de la compétence émotionnelle et de la psychopathologie développementale.
Historiquement, l’alexithymie (du grec a- privé, lexis parole, et thymos humeur/émotion, signifiant littéralement « absence de mots pour les émotions ») a été conceptualisée par John Nemiah, Peter Sifneos et Heinz Wolff au début des années 1970 pour décrire le profil psychologique de patients atteints d’affections psychosomatiques classiques (ulcères gastroduodénaux, asthme, rectocolite hémorragique). Ces patients présentaient ce que Pierre Marty et Michel de M’Uzan de l’École psychosomatique de Paris appelaient la « pensée opératoire » : une pensée pauvre en fantasmes, collée aux faits concrets, coupée de l’affect, et caractérisée par une incapacité à élaborer psychiquement les tensions pulvérisées directement dans le corps.
Dans les années 1990, Graeme J. Taylor, R. Michael Bagby et James D. A. Parker ont opérationnalisé le construit dans le cadre du paradigme cognitivo-comportemental en publiant la TAS-20. Ils ont postulé que l’alexithymie reflète une perturbation structurelle de l’autorégulation émotionnelle : selon leur modèle de traitement de l’information affective, les émotions humaines normales comprennent trois composantes interdépendantes : neurovégétative, motrice-expressive et cognitivo-expérientielle. Chez l’individu alexithymique, la boucle de rétroaction cognitive est déconnectée de la réponse physiologique ; l’information somato-affective est ressentie mais non symbolisée sous forme de représentations mentales conscientes.
Carolien Rieffe et ses collègues ont enrichi cette perspective en l’intégrant aux théories du développement émotionnel de Paul Ekman, Carroll Izard et Judy Dunn. Durant l’enfance, l’aptitude à identifier et nommer ses émotions ne relève pas seulement d’une maturation neurologique intrinsèque (développement du cortex préfrontal ventromédian et de l’insula), mais dépend étroitement de la qualité des interactions précoces parent-enfant et du processus d’étayage (« biofeedback social » décrit par Gergely et Watson). Si les donneurs de soins échouent à refléter fidèlement et à verbaliser les états internes de l’enfant, celui-ci ne parvient pas à construire un lexique émotionnel stable, prédisposant ainsi à un phénotype alexithymique durable qui entravera la régulation du stress et la socialisation.
7. Validité / Validity
Les études empiriques consacrées à l’ASC confirment de manière convergente la robustesse de sa validité de construit, de sa validité concurrente et de sa validité discriminante dans divers contextes culturels et linguistiques.
Validité de construit et convergente
La validité concurrente de l’ASC a été rigoureusement attestée par sa corrélation positive et statistiquement significative avec divers indicateurs de détresse psychologique et physique chez les enfants :
- Symptômes somatiques inexpliqués : Les scores totaux d’alexithymie, et plus particulièrement la sous-échelle Difficulté à identifier ses sentiments (DIF), présentent une corrélation forte ($r$ oscillant entre 0,40 et 0,55, $p < 0,001$) avec la fréquence des céphalées, des maux d’estomac et de la fatigue mesurés par la Children’s Somatization Inventory (CSI). Ces résultats corroborent directement l’hypothèse centrale liant le défaut de mentalisation à l’expression somatosensorielle de la tension psychologique.
- Troubles internalisés (Anxiété et Dépression) : Dans les travaux fondateurs de Rieffe et al. (2006) auprès de 734 enfants et adolescents néerlandais, ainsi que dans les réplications ultérieures menées en Iran (Nasiri, Latifian, & Rieffe, 2009 ; Rieffe et al., 2010), des corrélations modérées à élevées ont été observées entre les scores de l’ASC et les scores obtenus au Children’s Depression Inventory (CDI) ($r = 0,45$ à $0,58$) et aux échelles d’anxiété du RCADS ($r = 0,38$ à $0,52$). L’impossibilité de clarifier son propre ressenti exacerbe l’impuissance acquise et l’affect négatif continu.
- Compétence et régulation émotionnelles : Les scores d’alexithymie sont négativement corrélés aux mesures d’intelligence émotionnelle, à la précision dans la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles et à l’utilisation de stratégies de régulation cognitive adaptatives (telles que la réévaluation cognitive).
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée en démontrant que l’ASC ne se confond pas avec le névrosisme généralisé ou un déficit intellectuel global. Les analyses de régression multiple montrent que l’ASC prédit les plaintes somatiques de manière indépendante des niveaux d’anxiété et de tristesse ressentis, ce qui démontre que l’alexithymie ne constitue pas un simple épiphénomène de l’humeur négative chez l’enfant.
8. Fidélité / Reliability
La consistance interne et la stabilité temporelle de l’ASC ont fait l’objet d’évaluations méthodologiques minutieuses. Les paramètres psychométriques rapportés dans la littérature sont conformes aux standards acceptés pour les questionnaires destinés aux populations juvéniles :
Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’étude princeps de Rieffe, Oosterveld et Meerum Terwogt (2006) portant sur des cohortes d’élèves du primaire et du secondaire :
- Score total ASC : Le coefficient $\alpha$ de Cronbach se situe généralement entre 0,72 et 0,79, témoignant d’une bonne homogénéité générale du répertoire d’items.
- Difficulté à identifier ses sentiments (DIF) : $\alpha$ compris entre 0,70 et 0,76 selon les groupes d’âge.
- Difficulté à décrire ses sentiments (DDF) : $\alpha$ compris entre 0,68 et 0,75.
- Pensée orientée vers l’extérieur (EOT) : $\alpha$ plus modeste, oscillant entre 0,55 et 0,64. Ce résultat est classique et reproduit fidèlement la tendance observée chez l’adulte avec la TAS-20. Il s’explique par la nature hétérogène des comportements explorés par l’EOT et par la complexité cognitive requise chez l’enfant pour évaluer spontanément son propre désintérêt métacognitif.
Dans l’échantillon iranien validé par Rieffe et ses collègues (2010) comprenant 451 participants (8-13 ans), les alphas étaient respectivement de 0,74 pour le score global, 0,69 pour DIF, 0,66 pour DDF et 0,58 pour EOT, confirmant la réplicabilité de cette structure interne.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée sur des intervalles de 4 à 8 semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) ou de Pearson rapportés varient entre $r = 0,68$ et $0,78$ pour le score total, soulignant que l’ASC évalue bien une disposition dispositionnelle relative (un trait) plutôt qu’un état d’humeur purement transitoire.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de l’ASC a été soumise à la fois à des analyses factorielles exploratoires (AFE avec rotation oblique Promax/Oblimin) et à des analyses factorielles confirmatoires (AFC) par modélisation d’équations structurelles (SEM).
Modèle tridimensionnel répliqué
Les analyses factorielles confirmatoires conduites par Rieffe et al. (2006) ont testé plusieurs modèles rivaux : un modèle unifactoriel (alexithymie comme construit monolithique), un modèle bifactoriel (combinant DIF et DDF en un facteur unique d’affectivité négative opposé à l’EOT), et le modèle tripartite théorique original calqué sur la TAS-20. Les indices d’ajustement ont systématiquement confirmé la supériorité du modèle à trois facteurs corrélés :
- $\chi^2 / dl$ (Chi-carré normé) : Inférieur au seuil critique de 3,0 (typiquement entre 1,65 et 2,20).
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Valeurs comprises entre 0,038 et 0,049, indiquant une adéquation remarquable aux données empiriques.
- CFI (Comparative Fit Index) et TLI (Tucker-Lewis Index) : Supérieurs à 0,90 (généralement entre 0,91 et 0,94).
Saturations factorielles des items
La quasi-totalité des items présente des saturations primaires modérées à fortes sur leur facteur théorique assigné :
- Facteur DIF (Items 1, 3, 6, 7, 13, 14) : Saturations variant de 0,42 à 0,68. Les items explorant la confusion émotionnelle (item 1 et item 6) présentent les saturations les plus élevées.
- Facteur DDF (Items 2, 4 [inversé], 9, 11, 12, 17) : Saturations s’échelonnant de 0,38 à 0,72. L’item 9 (difficulté à trouver les mots) constitue le meilleur indicateur de ce facteur.
- Facteur EOT (Items 5, 8, 10 [inversé], 15, 16, 18 [inversé], 19 [inversé], 20) : Saturations plus étalées, variant de 0,31 à 0,55, reflétant la multidimensionnalité inhérente aux préférences comportementales et cognitives pragmatiques chez l’enfant.
Les corrélations inter-facteurs révèlent une forte association entre DIF et DDF ($r \approx 0,60$ à $0,70$), ce qui souligne le lien intime entre l’identification de l’émotion et sa formulation sémantique. L’association entre l’EOT et les deux composantes affectives est quant à elle plus faible ($r \approx 0,15$ à $0,30$), ce qui réplique parfaitement les résultats obtenus chez l’adulte.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (auto-évaluation standardisée).
- Public cible : Enfants et jeunes adolescents âgés de 8 à 14 ans (scolarité primaire et début de l’enseignement secondaire).
- Nombre total d’items : 20 items rédigés dans un langage clair et direct adapté à l’enfance.
- Format des réponses : Échelle ordinale simplifiée de type Likert en 3 points :
- 0 = Not true (Pas vrai)
- 1 = Sometimes true (Parfois vrai)
- 2 = Often true (Souvent vrai)
(Note : Certaines variantes utilisent le libellé « Not true, A bit true, True » avec la même métrique 0, 1, 2).
- Distribution des sous-échelles :
- Difficulté à identifier ses sentiments (DIF) : 6 items (1, 3, 6, 7, 13, 14) — score de 0 à 12.
- Difficulté à décrire ses sentiments (DDF) : 5 items (2, 4, 9, 11, 17) ou 6 items selon les versions avec l’item 12 — score de 0 à 10 ou 12.
- Pensée orientée vers l’extérieur (EOT) : 8 items (5, 8, 10, 15, 16, 18, 19, 20) — score de 0 à 16.
- Items inversés (Reverse-scored items) : Les items 4, 10, 18 et 19 décrivent des attitudes émotionnelles positives ou adaptatives et doivent impérativement être inversés avant la sommation du score ($0 \rightarrow 2$, $1 \rightarrow 1$, $2 \rightarrow 0$) :
- Item 4 : « I can easily say how I feel inside »
- Item 10 : « It is important to understand how you feel inside »
- Item 18 : « I can feel close to someone, even when we are sitting still and not saying anything »
- Item 19 : « Thinking about how I feel, helps me when I want to do something about my problems »
- Calcul du score total : Le score total de l’ASC s’obtient par la somme de tous les items recodés, s’étendant d’un minimum de 0 à un maximum de 40 points. Un score plus élevé indique un niveau d’alexithymie plus marqué.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2006.
- Auteurs et copyright : Carolien Rieffe, Pieter Oosterveld et Mark Meerum Terwogt. Tous droits réservés par les auteurs et la revue Personality and Individual Differences (Elsevier).
- Modalités d’accès et licence : L’instrument est accessible en libre accès pour la recherche scientifique et la pratique clinique non commerciale (Open Access Academic Resource). Les cliniciens et chercheurs indépendants peuvent se procurer gratuitement le protocole du test via le site officiel du groupe de recherche néerlandais Focus on Emotions (www.focusonemotions.nl).
- Utilisation commerciale : Toute intégration de l’échelle dans un logiciel commercial, une application payante ou une publication lucrative nécessite une autorisation écrite formelle préalable auprès du laboratoire détenteur des droits ou de l’éditeur scientifique.
12. Références / References
Les travaux académiques suivants constituent le socle de validation empirique et clinique de l’ASC :
- Nasiri, H., Latifian, M., & Rieffe, C. (2009). Alexithymia and its relationship with physical complaints and emotional competency in children and adolescents. Iranian Journal of Psychiatry and Clinical Psychology, 15(3), 248–257. http://www.sid.ir/fa/VEWSSID/J_pdf/52813885804.pdf
- Nemiah, J. C., Freyberger, H., & Sifneos, P. E. (1976). Alexithymia: A view of the psychosomatic process. In O. W. Hill (Ed.), Modern Trends in Psychosomatic Medicine (Vol. 3, pp. 430–439). Butterworths.
- Rieffe, C., Oosterveld, P., & Meerum Terwogt, M. (2006). An alexithymia questionnaire for children: Factorial and concurrent validation results. Personality and Individual Differences, 40(1), 123–133. https://doi.org/10.1016/j.paid.2005.05.013
- Rieffe, C., Oosterveld, P., Meerum Terwogt, M., Novin, S., Nasiri, H., & Latifian, M. (2010). Relationship between alexithymia, mood and internalizing symptoms in children and young adolescents: Evidence from an Iranian sample. Personality and Individual Differences, 48(4), 425–430. https://doi.org/10.1016/j.paid.2009.11.016
- Taylor, G. J., Bagby, R. M., & Parker, J. D. A. (1997). Disorders of affect regulation: Alexithymia in medical and psychiatric illness. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511526831
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale for all items: Not true (0) | Sometimes true (1) | Often true (2)
(Alternative standard label: Not true | A bit true | True)
- I am often confused about the way I am feeling inside
- I find it difficult to say how I feel inside
- I feel things in my body that even doctors don’t understand
- I can easily say how I feel inside
- When I have a problem, I want to know where it comes from and not just talk about it
- When I am upset, I don’t know if I am sad, scared or angry
- I am often puzzled by things that I feel in my body
- I’d rather wait and see what happens, instead of thinking about why things happen
- Sometimes I can’t find the words to say how I feel inside
- It is important to understand how you feel inside
- I find it hard to say how I feel about other people
- Other people tell me that I should talk more about how I feel inside
- I don’t know what’s going on inside me
- I often don’t know why I am angry
- I prefer talking to people about everyday things, rather than about how they feel
- I prefer watching funny television programmes, rather than films that tell a story about other people’s problems
- It is difficult for me to say how I really feel inside, even to my best friend
- I can feel close to someone, even when we are sitting still and not saying anything
- Thinking about how I feel, helps me when I want to do something about my problems
- When I have to concentrate on a film to understand the story, I enjoy the film much less