1. Résumé
Le Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry (Buss-Perry Aggression Questionnaire, BPAQ ; Buss & Perry, 1992) constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus prééminents et rigoureusement validés dans l’histoire de la psychologie sociale, de la psychopathologie et de la criminologie contemporaines. Conçu afin de surmonter les limitations méthodologiques et conceptuelles de son prédécesseur historique, le Buss-Durkee Hostility Inventory (BDHI ; Buss & Durkee, 1957), le BPAQ a été développé selon une approche factorielle et psychométrique moderne pour mesurer les manifestations multidimensionnelles du comportement agressif chez l’être humain.
L’instrument est composé de 29 items mesurés à l’aide d’une échelle de type Likert en 5 points, allant de 1 (« extrêmement peu caractéristique de moi » / extremely uncharacteristic of me) à 5 (« extrêmement caractéristique de moi » / extremely characteristic of me). La structure interne du questionnaire s’articule autour de quatre sous-échelles fondamentales reflétant les différentes composantes de l’agressivité :
- L’Agressivité physique (Physical Aggression, 9 items) : évalue la propension comportementale à recourir à la violence corporelle ou aux atteintes matérielles ;
- L’Agressivité verbale (Verbal Aggression, 5 items) : mesure les tendances à l’argumentation véhémente, aux menaces orales et à l’insulte ;
- La Colère (Anger, 7 items) : capture la composante affective, émotionnelle et physiologique de l’agressivité, caractérisée par l’irritabilité et le manque de contrôle émotionnel ;
- L’Hostilité (Hostility, 8 items) : quantifie la composante cognitive, englobant la méfiance, le cynisme, la jalousie et le sentiment d’injustice sociale.
Sur le plan psychométrique, le BPAQ présente une cohérence interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,89 pour les sous-échelles individuelles et atteignant 0,89 à 0,92 pour l’échelle globale. La fidélité test-retest à neuf semaines confirme une stabilité temporelle satisfaisante (coefficients de corrélation variant de 0,72 à 0,80). L’outil possède une excellente validité de construit, confirmée par de nombreuses analyses factorielles confirmatoires internationales, ainsi qu’une validité convergente et discriminante solidement documentée avec les traits de la personnalité (Big Five / FFM), l’impulsivité, l’empathie et les conduites violentes avérées.
2. Mots-clés
Questionnaire d’agressivité de Buss-Perry, BPAQ, agressivité physique, agressivité verbale, colère, hostilité, évaluation psychométrique, validation transculturelle, psychologie sociale, violence, criminologie.
3. Auteurs
Le Questionnaire d’agressivité a été élaboré et standardisé par deux chercheurs de premier plan de l’Université du Texas à Austin (Department of Psychology, University of Texas at Austin, Austin, Texas, États-Unis) :
- Arnold H. Buss, Ph.D. (1924–2021) : Professeur émérite de psychologie à l’Université du Texas à Austin. Pionnier de la recherche expérimentale et développementale sur le tempérament, la timidité et les conduites agressives, auteur du célèbre paradigme de la « machine à agresser » de Buss (Buss Aggression Machine) et co-concepteur de la théorie du tempérament EAS (Émotivité, Activité, Sociabilité).
- Mark Perry, Ph.D. : Chercheur en méthodologie quantitative et psychologie sociale à l’Université du Texas à Austin au moment de la publication fondatrice de l’échelle, spécialisé dans la modélisation en équations structurelles et l’optimisation psychométrique des outils diagnostiques.
4. Objectif
L’objectif fondamental du Buss-Perry Aggression Questionnaire est de fournir aux chercheurs, cliniciens et praticiens médico-légaux un instrument standardisé, valide et fidèle, capable de dissocier et de quantifier simultanément les facettes motrices (comportementales), affectives (émotionnelles) et cognitives des tendances agressives individuelles. Pendant plus de trois décennies, la recherche psychologique s’est heurtée à une conceptualisation unitaire ou excessivement floue de l’agressivité, qui confondait souvent l’état émotionnel subjectif de colère, les biais cognitifs d’attribution hostile et les comportements moteurs effectifs de destruction ou d’agression.
Applications en recherche fondamentale et appliquée
Le BPAQ est utilisé à travers un large éventail de contextes scientifiques :
- Psychologie sociale et expérimentale : étude de l’exposition aux médias violents, jeux vidéo et contenus numériques sur les schémas cognitifs agressifs ; analyse des réactions de représailles face à la provocation sociale ou à l’ostracisme.
- Criminologie et psychologie légale : évaluation du risque de récidive violente chez les populations carcérales et probationnaires ; analyse différentielle des profils d’infracteurs (agression réactive impulsive vs. agression proactive instrumentale).
- Psychiatrie et psychopathologie clinique : évaluation diagnostique et suivi thérapeutique des troubles de la personnalité (trouble de la personnalité limite, trouble de la personnalité antisociale), des troubles du contrôle des impulsions, et du trouble explosif intermittent.
- Psychologie du sport : étude des comportements antisportifs, des fautes intentionnelles et de la gestion de la frustration chez les athlètes de haut niveau soumis à une forte pression compétitive.
- Psychologie du travail et des organisations : identification des comportements contre-productifs au travail (CWB), des conflits interpersonnels toxiques et des dynamiques de harcèlement moral ou managérial.
En décomposant l’agressivité en quatre construits empiriquement distincts, le BPAQ permet aux cliniciens d’adapter leurs interventions : une thérapie cognitive ciblera préférentiellement la sous-échelle d’Hostilité (restructuration des biais paranoïdes), tandis qu’un programme de biofeedback ou de régulation émotionnelle sera privilégié pour des scores élevés sur la sous-échelle de Colère.
5. Construit psychologique
Le BPAQ repose sur une conceptualisation tripartie de l’agressivité : l’acte instrumental (moteur), l’affect d’activation (émotionnel) et l’attitude évaluative (cognitif). Ces trois pôles s’incarnent dans les quatre sous-échelles du modèle de Buss et Perry (1992) :
1. L’Agressivité physique (Physical Aggression – 9 items)
Cette dimension représente la composante comportementale et instrumentale directe de l’agression. Elle quantifie la prédisposition de l’individu à infliger des dommages physiques à autrui (frapper, pousser, menacer physiquement) ou à endommager des objets matériels lors d’épisodes d’emportement. Les items emblématiques incluent : « If somebody hits me, I hit back » (item 22) et « I have become so mad that I have broken things » (item 5). Cette sous-échelle présente régulièrement des scores significativement plus élevés chez les hommes que chez les femmes, reflétant les différences sexuées classiques observées en criminologie.
2. L’Agressivité verbale (Verbal Aggression – 5 items)
Cette seconde composante motrice concerne l’expression linguistique de l’agressivité. Elle évalue l’utilisation délibérée de la parole, de l’argumentation conflictuelle et des invectives orales pour heurter autrui ou dominer les interactions. Les items clés incluent : « I tell my friends openly when I disagree with them » (item 4) et « I can’t help getting into arguments when people disagree with me » (item 6). Contrairement à l’agressivité physique, l’agressivité verbale montre généralement des différences de genre faibles à inexistantes.
3. La Colère (Anger – 7 items)
La colère constitue le moteur affectif et physiologique de l’agressivité. Elle mesure l’activation du système nerveux autonome, l’irritabilité, la labilité émotionnelle et les difficultés d’autorégulation face à la frustration. Elle sert de pont psychologique entre les attitudes cognitives hostiles et les passages à l’acte moteurs. Les items représentatifs comprennent : « I flare up quickly but get over it quickly » (item 12) et « Sometimes I feel like a powder keg ready to explode » (item 25).
4. L’Hostilité (Hostility – 8 items)
L’hostilité représente la composante cognitive et idéationnelle. Elle englobe des schémas mentaux négatifs persistants envers autrui, la méfiance paranoïde, le sentiment de persécution, la jalousie et la conviction d’avoir été injustement traité par la vie. Les items caractéristiques sont : « When people are especially nice, I wonder what they want » (item 3) et « At times I feel I have gotten a raw deal out of life » (item 17). L’hostilité prédit fortement la morbidité cardiovasculaire à long terme et les difficultés chroniques d’adaptation sociale.
6. Cadre théorique
Le BPAQ s’inscrit au carrefour de plusieurs grands courants théoriques de la psychologie contemporaine :
1. Le modèle néo-associationniste cognitif de Berkowitz
La distinction opérée par Buss et Perry entre affects, cognitions et comportements est directement influencée par la théorie néo-associationniste cognitive de Leonard Berkowitz (1990). Selon ce modèle, les événements aversifs (douleur, frustration, chaleur) génèrent automatiquement un affect négatif indifférencié. Cet affect active un réseau associatif reliant des réactions motrices de combat ou de fuite, des sentiments de colère et des pensées d’hostilité. Le BPAQ permet de cartographier avec précision chaque niveau d’activation de ce réseau au sein du répertoire individuel.
2. La théorie du tempérament et de la personnalité d’Arnold Buss
Arnold Buss a consacré une grande partie de sa carrière à démontrer que l’agressivité s’enracine dans des prédispositions tempéramentales stables à composante biologique (modèle EAS : Émotivité, Activité, Sociabilité). Dans cette perspective, la colère reflète un niveau élevé d’émotivité négative innée, tandis que l’agressivité physique et verbale découle de l’interaction entre ce tempérament biologique et les contingences de socialisation.
3. Le modèle intégratif du General Aggression Model (GAM)
Développé ultérieurement par Craig A. Anderson et Brad J. Bushman (2002), le General Aggression Model (GAM) formalise l’intégration des variables personnelles (traits mesurés par le BPAQ) et situationnelles (provocations, stimuli environnementaux) dans la détermination des états internes (cognitions hostiles, affects colériques, éveil physiologique) conduisant à la prise de décision agressive. Le BPAQ sert d’outil opérationnel privilégié pour quantifier les variables de personnalité dans le cadre du GAM.
7. Validité
Le BPAQ a fait l’objet d’un examen empirique exhaustif démontrant d’excellentes qualités de validité psychométrique :
Validité de construit
Lors de l’étude princeps menée auprès de 1 253 étudiants de premier cycle (Buss & Perry, 1992), les corrélations entre les quatre facteurs ont révélé des interrelations théoriquement cohérentes : la Colère est fortement corrélée à la fois à l’Agressivité physique (r = 0,43) et à l’Hostilité (r = 0,48), confirmant son statut d’intermédiaire psychologique entre la cognition et le comportement manifeste.
Validité convergente
De multiples études ont démontré des corrélations substantielles et attendues entre le BPAQ et d’autres échelles validées :
- Traits de personnalité (Big Five) : corrélations négatives robustes avec l’Agréabilité (Agreeableness ; r compris entre -0,45 et -0,60) et la Stabilité émotionnelle (Névrosisme ; corrélations positives de r = 0,35 à 0,55 avec la Colère et l’Hostilité).
- Impulsivité : corrélations positives significatives avec l’échelle d’impulsivité de Barratt (BIS-11), particulièrement pour la Colère et l’Agressivité physique (r > 0,40).
- Mesures de laboratoire : corrélation positive avec l’intensité des chocs électriques ou des bruits aversifs délivrés dans les paradigmes expérimentaux d’agression compétitive (Taylor Aggression Paradigm).
Validité prédictive et discriminante
Le BPAQ distingue efficacement les populations cliniques et judiciaires des groupes contrôles normatifs. Les individus incarcérés pour crimes violents obtiennent des scores significativement plus élevés à la sous-échelle d’Agressivité physique que les délinquants non violents. De plus, les sous-échelles prédisent avec précision les comportements réactifs face à la provocation sociale et les conduites de harcèlement en milieu scolaire ou professionnel.
8. Fidélité
Les indices de fidélité du BPAQ ont été documentés dans l’échantillon initial de Buss et Perry (1992) ainsi que dans de nombreuses réplications internationales indépendantes :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Les coefficients de cohérence interne rapportés dans l’étude fondatrice (N = 1 253) sont les suivants :
- Agressivité physique : α = 0,85
- Agressivité verbale : α = 0,72
- Colère : α = 0,83
- Hostilité : α = 0,77
- Score total d’agressivité : α = 0,89
Dans les méta-analyses et validations linguistiques ultérieures (notamment en versions française, espagnole, allemande et chinoise), l’alpha de Cronbach de l’échelle totale dépasse régulièrement le seuil de 0,88, attestant d’une excellente fiabilité statistique.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité test-retest a été évaluée par Buss et Perry sur un intervalle de 9 semaines auprès d’un sous-échantillon de 372 participants :
- Agressivité physique : r = 0,80
- Agressivité verbale : r = 0,76
- Colère : r = 0,72
- Hostilité : r = 0,72
- Score total : r = 0,80
Ces coefficients démontrent que, bien que sensible aux variations d’humeur ponctuelles, le BPAQ évalue avant tout des dispositions de personnalité durables et stables dans le temps.
9. Analyse factorielle
Le développement initial du questionnaire a reposé sur une démarche séquentielle rigoureuse combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) :
Structure factorielle initiale
Partant d’un pool de 52 items issus du BDHI révisé, Buss et Perry ont mené une analyse factorielle exploratoire en composantes principales avec rotation oblique. Les items présentant des saturations croisées élevées ou saturant à moins de 0,35 sur leur facteur théorique ont été éliminés, aboutissant à la structure définitive à 29 items et 4 facteurs.
Analyses factorielles confirmatoires et modèles alternatifs
Bien que le modèle à quatre facteurs corrélés de Buss et Perry soit le plus couramment employé, des travaux ultérieurs (Bryant & Smith, 2001 ; Tremblay & Ewart, 2005) ont discuté de la présence de légères saturations croisées sur certains items (ex. items 18 et 24). Plusieurs auteurs ont proposé des versions abrégées (notamment le BPAQ-SF à 12 items par Bryant et Smith), confirmant cependant que la solution quadridimensionnelle originale reste le modèle structurel le plus robuste et le plus explicatif de la variance globale du comportement agressif.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation standardisé (self-report inventory).
- Nombre total d’items : 29 items énoncés sous forme d’affirmations comportementales et attitudinales.
- Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points graduée comme suit :
1 = Extrêmement peu caractéristique de moi (extremely uncharacteristic of me)
2 = Plutôt peu caractéristique de moi (somewhat uncharacteristic of me)
3 = Ni caractéristique ni peu caractéristique de moi (neither uncharacteristic nor characteristic of me)
4 = Plutôt caractéristique de moi (somewhat characteristic of me)
5 = Extrêmement caractéristique de moi (extremely characteristic of me) - Structure des sous-échelles :
- Agressivité physique (Physical Aggression) : Items 2, 5, 8, 11, 13, 16, 22, 25, 29 (9 items)
- Agressivité verbale (Verbal Aggression) : Items 4, 6, 14, 21, 27 (5 items)
- Colère (Anger) : Items 1, 9, 12, 17, 19, 23, 28 (7 items)
- Hostilité (Hostility) : Items 3, 7, 10, 15, 18, 20, 24, 26 (8 items)
- Règles de cotation inverse (Reverse scoring) : Les items 9 et 16 sont formulés de manière inversée et doivent être recodés avant le calcul des scores (1 = 5, 2 = 4, 3 = 3, 4 = 2, 5 = 1).
- Calcul des scores : Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus par la somme directe des items qui la composent. Le score total d’agressivité correspond à la somme des 29 items (score brut allant de 29 à 145).
- Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication : 1992.
- Droit d’auteur et statut juridique : L’article original et l’échelle sont sous copyright de l’American Psychological Association (APA).
- Conditions d’utilisation académique : L’utilisation du BPAQ à des fins de recherche scientifique non commerciale ou académique est généralement autorisée dans le cadre d’un usage loyal (fair use), à condition de citer rigoureusement l’article princeps de Buss et Perry (1992). Les utilisations commerciales, cliniques rémunérées ou nécessitant une reproduction dans des batteries de tests commerciales nécessitent une autorisation formelle préalable de l’APA.
- Tarification : Gratuit pour la recherche universitaire standard et les thèses de doctorat.
12. Références
- Anderson, C. A., & Bushman, B. J. (2002). Human aggression. Annual Review of Psychology, 53(1), 27–51. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.53.100901.135231
- Berkowitz, L. (1990). On the formation and regulation of anger and aggression: A cognitive-neoassociationistic analysis. American Psychologist, 45(4), 494–503. https://doi.org/10.1037/0003-066X.45.4.494
- Bryant, F. B., & Smith, B. D. (2001). Refining the architecture of aggression: A measurement model for the Buss–Perry Aggression Questionnaire. Journal of Research in Personality, 35(2), 138–167. https://doi.org/10.1006/jrpe.2000.2302
- Buss, A. H., & Durkee, A. (1957). An inventory for assessing different kinds of hostility. Journal of Consulting Psychology, 21(4), 343–349. https://doi.org/10.1037/h0046900
- Buss, A. H., & Perry, M. (1992). The Aggression Questionnaire. Journal of Personality and Social Psychology, 63(3), 452–459. https://doi.org/10.1037/0022-3514.63.3.452
- Tremblay, P. F., & Ewart, L. A. (2005). The Buss–Perry Aggression Questionnaire: Confirming a revised five-factor measurement model and examining relationships with the HEXACO personality dimensions. Current Psychology, 24(4), 234–250. https://doi.org/10.1007/s12144-005-1025-x
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale: 5-point Likert scale
- 1 = extremely uncharacteristic of me
- 2 = somewhat uncharacteristic of me
- 3 = neither uncharacteristic nor characteristic of me
- 4 = somewhat characteristic of me
- 5 = extremely characteristic of me
Reverse Scoring Note: Items 9 and 16 are reverse scored (1 = 5, 2 = 4, 3 = 3, 4 = 2, 5 = 1).
- Some of my friends think I am a hothead.
- If I have to resort to violence to protect my rights, I will.
- When people are especially nice, I wonder what they want.
- I tell my friends openly when I disagree with them.
- I have become so mad that I have broken things.
- I can’t help getting into arguments when people disagree with me.
- I wonder why sometimes I feel so bitter about things.
- Once in a while I can’t control the urge to strike another person.
- I am an even-tempered person.
- I am suspicious of overly friendly strangers.
- I have threatened people I know.
- I flare up quickly but get over it quickly.
- Given enough provocation, I may hit another person.
- When people annoy me, I may tell them what I think of them.
- I am sometimes eaten up with jealousy.
- I can think of no good reason for ever hitting a person.
- At times I feel I have gotten a raw deal out of life.
- I have trouble controlling my temper.
- When I get frustrated, I feel that I will explode.
- Other people always seem to get the breaks.
- I often find myself disagreeing with people.
- If somebody hits me, I hit back.
- I get into fights a little more than the average person.
- I can’t help being a little rude to people I don’t like.
- Sometimes I feel like a powder keg ready to explode.
- I know that « friends » talk about me behind my back.
- My friends say that I’m somewhat argumentative.
- Sometimes I fly off the handle for no good reason.
- I get into fights a little more than the average person.