1. Résumé
Le questionnaire de Qualité de vie dans l’ostéoporose (mieux connu au niveau international sous l’acronyme QUALEFFO ou QUALEFFO-41) est un instrument de mesure psychométrique autorapporté spécifiquement développé pour quantifier l’impact multidimensionnel de l’ostéoporose, particulièrement en présence de tassements et de fractures vertébrales. Conçu au milieu des années 1990 par un groupe de travail clinique et méthodologique sous l’égide de la European Foundation for Osteoporosis (aujourd’hui intégrée à l’International Osteoporosis Foundation), cet outil vise à pallier l’inadéquation des questionnaires génériques de santé (tels que le SF-36 ou l’EuroQol EQ-5D) qui manquent fréquemment de sensibilité pour capter les déficits fonctionnels et la souffrance physique spécifiques induits par les déformations du rachis.
L’instrument comporte 41 items structurés autour de cinq domaines cardinaux : la douleur (items 1 à 5), le fonctionnement physique subdivisé en trois composantes (activités de la vie quotidienne [items 6 à 9], tâches domestiques [items 10 à 14] et mobilité globale [items 15 à 22]), le fonctionnement social et les loisirs (items 23 à 29), la perception générale de la santé (items 30 à 32) et le fonctionnement psychologique ou l’humeur (items 33 à 41). Chaque énoncé fait l’objet d’un format de réponse ordinale comportant entre 3 et 5 options catégorielles, adaptées à la nature de la question posée (allant par exemple de l’absence totale de gêne à l’impossibilité d’effectuer la tâche, ou d’une fréquence nulle à une présence permanente).
Sur le plan métrologique, les scores bruts sont linéairement normalisés sur une échelle continue graduée de 0 à 100, où un score de 0 représente la meilleure qualité de vie concevable et 100 la pire détérioration possible. Les validations transculturelles et psychométriques ont démontré une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,72 et 0,93 selon les sous-échelles, et une excellente reproductibilité test-retest (coefficients de corrélation intraclasse généralement supérieurs à 0,80). La validité discriminante est particulièrement robuste, l’échelle différenciant de façon nette les patientes ostéoporotiques avec fractures vertébrales des témoins indemnes ou des patientes souffrant d’ostéoporose non compliquée.
2. Mots-clés
qualité de vie, ostéoporose, tassement vertébral, QUALEFFO, évaluation fonctionnelle, douleur rachidienne, psychométrie, rhumatologie, gériatrie, santé perçue, propriétés psychométriques, questionnaire autorapporté
3. Auteurs
L’instrument a été élaboré sous l’égide de la European Foundation for Osteoporosis (EFFO), par un groupe de travail international interdisciplinaire réunissant des rhumatologues, des épidémiologistes et des experts en méthodologie de la recherche clinique :
- Paul Lips, MD, PhD (Investigateur principal / Coordinateur) : Professeur d’endocrinologie, Département d’endocrinologie, Vrije Universiteit Medical Center (Amsterdam UMC), Amsterdam, Pays-Bas. Spécialiste de renommée mondiale du métabolisme osseux et de la vitamine D. Courriel institutionnel : [email protected].
- C. Cooper, FMedSci : MRC Lifecourse Epidemiology Unit, University of Southampton, Southampton, Royaume-Uni.
- D. Agnusdei, MD : Clinica Medica, Università di Siena, Sienne, Italie.
- F. Caulin, PhD : Faculté de Médecine, Université Paris Descartes, Paris, France.
- P. Egger, MSc : Medical Research Council, Southampton General Hospital, Royaume-Uni.
- O. Johnell, MD, PhD : Department of Orthopaedics, Malmö University Hospital, Lund University, Malmö, Suède.
- J. A. Kanis, MD, PhD : Centre for Metabolic Bone Diseases, University of Sheffield Medical School, Sheffield, Royaume-Uni.
- U. A. Liberman, MD, PhD : Institute of Endocrinology and Metabolism, Beilinson Medical Center, Petah Tiqva, Israël.
- H. Minne, MD, PhD : Klinik Der Fürstenhof, Bad Pyrmont, Allemagne.
- G. Reeve, PhD : Center for Health Outcomes Research, Memphis, États-Unis.
- J. Y. Reginster, MD, PhD : Département de Santé Publique, Épidémiologie et Économie de la Santé, Université de Liège, Liège, Belgique.
- M. de Vernejoul, MD, PhD : Hôpital Lariboisière, INSERM U605, Université Paris Diderot, Paris, France.
- O. Wiklund, MD : Sahlgrenska University Hospital, Göteborg, Suède.
4. Objectif
L’objectif fondamental du questionnaire de Qualité de vie dans l’ostéoporose réside dans l’évaluation quantitative, standardisée et spécifique des répercussions bio-psycho-sociales induites par l’ostéoporose, avec une attention singulière portée aux fractures de fragilité vertébrale. Pendant de nombreuses décennies, le monitoring clinique de l’ostéoporose s’est focalisé presque exclusivement sur des paramètres biologiques et radiologiques stricts, tels que la densité minérale osseuse (DMO) mesurée par absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA) et l’incidence brute des fractures. Or, ces biomarqueurs morphologiques ne reflètent que très imparfaitement le fardeau quotidien réel subi par les patients, notamment la chronicisation de la douleur rachidienne, l’altération progressive de la posture corporelle (hypercyphose), la perte d’autonomie fonctionnelle et l’isolement affectif.
En pratique clinique, l’instrument remplit une triple fonction :
- Évaluation initiale de la sévérité du retentissement individuel : Il permet au praticien de dresser une cartographie précise des incapacités du patient (difficulté à s’habiller, dépendance pour les tâches ménagères lourdes, restriction du périmètre de marche).
- Suivi longitudinal des interventions thérapeutiques : Il sert de critère de jugement clinique pour mesurer l’efficacité des traitements pharmacologiques (anti-ostéoporotiques, antalgiques), des programmes de réadaptation physique en kinésithérapie et des interventions chirurgicales minimales invasives (vertébroplastie, cyphoplastie par ballonnet).
- Détection précoce des troubles anxio-dépressifs et de la peur de chuter : En incluant des items relatifs à la kinésiophobie, à la frayeur de subir de nouvelles fractures et au sentiment de solitude, l’échelle attire l’attention sur les besoins psychothérapeutiques complémentaires souvent négligés dans les consultations orthopédiques traditionnelles.
Dans le domaine de la recherche translationnelle et des essais cliniques randomisés, le questionnaire s’est imposé comme un critère de jugement rapporté par le patient (Patient-Reported Outcome Measure – PROM) indispensable. Il permet de comparer objectivement la valeur thérapeutique ajoutée de nouvelles molécules en démontrant qu’au-delà de la consolidation trabéculaire, elles restaurent véritablement le bien-être subjectif et réduisent l’impact incapacitant des fractures incidentes.
5. Construit psychologique
L’instrument repose sur une modélisation multidimensionnelle de la qualité de vie liée à la santé (HRQoL), adaptée à la physiopathologie spécifique des maladies squelettiques systémiques. L’ostéoporose non fracturaire étant une affection silencieuse, le construit théorique ciblé par l’échelle s’articule principalement autour des conséquences symptomatiques, fonctionnelles et affectives de la déformation vertébrale. L’outil conceptualise le trouble à travers cinq dimensions majeures (subdivisées en 7 composantes analytiques) :
1. La douleur rachidienne (Items 1 à 5)
Ce domaine capte l’intensité de la dorsalgie et de la lombalgie, sa périodicité temporelle (fréquence au cours de la semaine écoulée), sa propension à perturber le sommeil nocturne, ainsi que son aggravation posturale spécifique lors du maintien prolongé des positions assise et debout ou lors des mouvements de flexion antérieure du tronc et de port de charges. Ce construit met en lumière la nature mécanique et continue de la douleur ostéoporotique.
2. Le fonctionnement physique
Le retentissement sur la motricité corporelle est appréhendé par trois sous-dimensions distinctes :
- Activités de la vie quotidienne (Items 6 à 9) : Ce construit mesure le degré d’autonomie personnelle pour les gestes élémentaires d’auto-soin, incluant l’habillage complet (enfiler une chemise ou une robe), le chaussage (mettre et retirer chaussures et chaussettes, geste particulièrement entravé par la rigidité du rachis dorsolombaire), la toilette (prendre un bain ou une douche sans assistance) et la capacité à ramasser un objet tombé à terre.
- Tâches domestiques et travail à domicile (Items 10 à 14) : Cette facette évalue l’aptitude à réaliser des activités instrumentales de la vie courante : la préparation autonome des repas, le ménage léger (époussetage, vaisselle), l’entretien domestique lourd (nettoyer les sols, laver les carreaux), le port des courses alimentaires et la réfection de la literie.
- Mobilité globale (Items 15 à 22) : Ce domaine explore la réserve locomotrice : se relever d’un siège sans s’aider des bras, marcher sur une distance plane de 100 mètres, monter et descendre une volée d’escaliers sans marquer d’arrêt, s’agenouiller ou fléchir les genoux, sortir de son lit le matin, la nécessité d’utiliser une aide technique à la marche (canne, déambulateur) et la satisfaction subjective relative à la quantité de marche extérieure effectuée.
3. Le fonctionnement social et les loisirs (Items 23 à 29)
L’altération de la condition vertébrale induit fréquemment un retrait social involontaire. Ce domaine examine l’impact direct du mal de dos sur la vie amicale et familiale, la restriction des activités récréatives, sportives ou associatives, la réduction des sorties hors du domicile, l’augmentation anormale du temps passé alité et le sentiment subjectif d’isolement social ou de solitude.
4. La perception générale de la santé (Items 30 à 32)
Ce construit cognitif et évaluatif saisit la manière dont le patient auto-évalue son état de santé global actuel, sa comparaison comparative explicite vis-à-vis de ses pairs du même âge chronologique, ainsi que sa perception de la trajectoire d’évolution de sa vitalité au cours des douze derniers mois.
5. Le fonctionnement psychologique et l’humeur (Items 33 à 41)
Ce volet affectif et émotionnel couvre un spectre large allant de l’humeur dépressive et de l’anxiété généralisée à la déplétion énergétique (fatigue chronique, anergie) et à l’anhédonie (incapacité à goûter aux joies de l’existence). De surcroît, il intègre des construits cognitifs spécifiques à la pathologie fracturaire : la peur de tomber (ptophobie), la crainte obsessionnelle d’encourir une récidive fracturaire, l’angoisse de perdre son indépendance au détriment de ses proches et la hantise de l’institutionnalisation ou de la fin de vie en fauteuil roulant.
6. Cadre théorique
Le développement du questionnaire s’ancre dans le modèle biopsychosocial de la santé promu initialement par George Engel et institutionnalisé par l’Organisation mondiale de la santé à travers la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF). Contrairement aux approches purement biomédicales qui postulent une équivalence directe entre lésion anatomique et état de santé perçu, le cadre conceptuel de la CIF stipule qu’une anomalie structurale (la perte de substance osseuse et le tassement corporéal vertébral) n’entraîne pas de façon mécanique ou uniforme des limitations d’activité ou des restrictions de participation sociale.
Entre la fracture squelettique et la détresse existentielle s’interposent des modérateurs individuels, environnementaux et psychologiques complexes :
- La théorie de l’auto-efficacité de Bandura : Le sentiment d’efficacité personnelle (Albert Bandura) joue un rôle régulateur primordial dans l’adaptation à la douleur chronique rachidienne. Lorsqu’une patiente estime que tout mouvement dynamique comporte un risque imminent de rupture osseuse, elle développe une kinésiophobie majeure menant à l’inactivité, à l’amyotrophie de désuétude et, par ricochet, à une perte accrue d’indépendance.
- Le modèle de la peur et de l’évitement (Fear-Avoidance Model) : Formalisé par Vlaeyen et Linton pour la rachialgie chronique, ce cadre théorique postule que l’interprétation catastrophiste de la douleur vertébrale génère une hypervigilance somatosensorielle et une appréhension panique des chutes. L’évitement des activités physiques conduit à une dégradation secondaire des fonctions musculosquelettiques et précipite l’isolement social et les symptômes dépressifs, mesurés par les items 33 à 41 de l’outil.
- La théorie du vieillissement réussi et de l’adaptation fonctionnelle : Les travaux de Baltes et Baltes sur le modèle d’optimisation sélective avec compensation éclairent la sous-échelle de santé générale. Face au déclin ostéoarticulaire, l’individu réajuste ses standards internes d’évaluation (response shift), ce qui explique la pertinence d’évaluer non seulement l’état absolu, mais également la santé ressentie par rapport aux pairs de même classe d’âge.
7. Validité
Les propriétés métrologiques du questionnaire ont été documentées dans une multitude de cohortes internationales multicentriques depuis l’étude princeps menée par Lips et collaborateurs en 1999.
Validité de construit et discriminante
La validité discriminante constitue le point fort majeur de l’instrument. Lors de l’étude multicentrique européenne d’étalonnage (regroupant plus de 700 patientes réparties entre des cas confirmés avec tassements vertébraux documentés radiologiquement et des témoins appariés sans fracture), tous les domaines de l’outil ont affiché des différences statistiquement hautement significatives ($p < 0{,}001$). Les scores globaux de qualité de vie étaient nettement plus altérés chez les femmes atteintes de fractures vertébrales (score moyen avoisinant 45 à 55) que chez les témoins du même âge (score moyen avoisinant 25 à 30). De plus, l’outil démontre un gradient dose-réponse prononcé : le score de dégradation fonctionnelle augmente proportionnellement au nombre et à la sévérité géométrique des tassements vertébraux (déformation cunéiforme, biconcave ou écrasement complet selon la classification de Genant).
Validité convergente
La validité de critère et la validité convergente ont été établies par corrélations croisées avec des échelles génériques établies :
- Les domaines Douleur, Mobilité et Activités quotidiennes corrèlent fortement ($r = -0{,}65$ à $-0{,}78$) avec les sous-scores physiques respectifs de l’inventaire Short-Form 36 (SF-36) (Physical Functioning, Bodily Pain).
- Le domaine Fonctionnement psychologique présente une corrélation substantielle ($r = -0{,}60$ à $-0{,}72$) avec l’échelle de santé mentale du SF-36 et avec l’indice de dépression gériatrique (GDS).
- Une corrélation inverse significative ($r = -0{,}50$ à $-0{,}65$) est systématiquement mise en évidence avec l’indice d’utilité de l’EuroQol EQ-5D.
Sensibilité au changement (Validité longitudinale)
L’instrument possède une réactivité clinique reconnue. Dans les essais cliniques évaluant les agents anaboliques osseux (comme le tériparatide) ou les interventions de consolidation vertébrale percutanée, le questionnaire enregistre des réductions de score hautement corrélées au soulagement de la douleur et à la reprise d’autonomie motrice dès la 6e semaine post-intervention, avec des tailles d’effet (d de Cohen) supérieures à 0,70 sur le domaine de la douleur et de la mobilité.
8. Fidélité
La consistance interne et la stabilité temporelle du questionnaire ont été testées rigoureusement dans ses diverses adaptations linguistiques (anglaise, néerlandaise, française, allemande, italienne, espagnole et suédoise).
Consistance interne
Les indices d’homogénéité interne calculés au moyen de l’alpha de Cronbach dépassent largement les standards psychométriques requis pour une utilisation clinique individuelle ($ge 0{,}70$) pour la quasi-totalité des domaines :
- Douleur (items 1–5) : $\alpha = 0{,}82$ à $0{,}89$
- Activités de la vie quotidienne (items 6–9) : $\alpha = 0{,}78$ à $0{,}84$
- Tâches domestiques (items 10–14) : $\alpha = 0{,}80$ à $0{,}88$
- Mobilité globale (items 15–22) : $\alpha = 0{,}84$ à $0{,}91$
- Fonctionnement social (items 23–29) : $\alpha = 0{,}75$ à $0{,}82$
- Santé générale (items 30–32) : $\alpha = 0{,}70$ à $0{,}76$
- Humeur et fonctions mentales (items 33–41) : $\alpha = 0{,}81$ à $0{,}87$
- Score total (41 items) : $\alpha = 0{,}92$ à $0{,}95$
Fidélité test-retest
L’évaluation de la reproductibilité test-retest à un intervalle de 1 à 2 semaines chez des patientes ostéoporotiques stables (sans fracture récente ni modification pharmacologique) démontre une constance remarquable des mesures :
- Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total oscille entre 0,84 et 0,93.
- Les CCI des sous-échelles s’échelonnent de 0,74 (pour la perception générale de la santé) à 0,91 (pour la mobilité et les activités domestiques).
- L’erreur standard de mesure (SEM) et la différence minimale détectable (MDD) ont été chiffrées à environ 4 à 6 points sur l’échelle globalisée de 100, garantissant qu’une variation observée au-delà de ce seuil traduit un changement clinique véritable et non un bruit de mesure statistique.
9. Analyse factorielle
Les investigations psychométriques initiales et ultérieures fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) par extraction en composantes principales avec rotation varimax ont confirmé l’existence d’une structure sous-jacente robuste reflétant l’architecture théorique originelle. L’analyse révèle entre 5 et 7 facteurs à valeur propre (eigenvalue) supérieure à 1, expliquant cumulativement plus de 58 % à 64 % de la variance totale des réponses.
Les regroupements factoriels observés confirment la distinction nette des dimensions :
- Facteur 1 (Mobilité et tâches lourdes) : Regroupe les items de locomotion (monter les escaliers, marcher 100 mètres) et d’effort domestique (laver les sols, porter les courses), avec des saturations factorielles très élevées comprises entre 0,62 et 0,85.
- Facteur 2 (Humeur et craintes psychologiques) : Les items explorant la dépression, l’anxiété, la peur de tomber et d’être en fauteuil roulant saturent sur un axe commun avec des poids oscillant de 0,55 à 0,79.
- Facteur 3 (Douleur rachidienne) : Les items 1 à 5 saturent de manière quasi exclusive et univoque sur un pôle dolorimétrique avec des charges factorielles comprises entre 0,68 et 0,84, sans contamination croisée notable sur les autres domaines.
- Facteur 4 (Fonctionnement social et isolement) : Les items 23 à 29 forment un bloc cohérent reflétant l’entrave causée par les rachialgies sur la vie récréative et relationnelle (saturations entre 0,50 et 0,74).
- Facteur 5 (Soins personnels / ADL de base) : Les items relatifs à l’habillage, au chaussage et à la toilette s’isolent de manière satisfaisante (saturations > 0,60).
Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) menées sur des cohortes de réplication ont corroboré l’adéquation d’un modèle hiérarchique du second ordre où les cinq domaines convergent vers un facteur global de qualité de vie liée à l’ostéoporose. Les indices d’ajustement structurel s’avèrent satisfaisants (RMSEA $le 0{,}06$, CFI $ge 0{,}92$, TLI $ge 0{,}90$), confortant ainsi la légitimité du calcul d’un score sommaire total aux côtés des scores de sous-domaines.
10. Instrument de mesure
- Nom du test : Qualité de vie dans l’ostéoporose (QUALEFFO / QUALEFFO-41).
- Type de test : Questionnaire autorapporté / Mesure des résultats rapportés par le patient (PROM).
- Format d’administration : Papier-crayon ou format informatisé auto-administré (durée de passation : environ 10 à 15 minutes).
- Nombre d’items : 41 items répartis en 5 domaines principaux (Douleur, Fonction physique [ADL, Tâches domestiques, Mobilité], Fonctionnement social, Santé générale, Fonctions mentales).
- Échelle de réponse : 3 à 5 options de réponse catégorielles par item (majoritairement des échelles ordinales de type Likert en 5 points ou des choix ordonnés adaptés au libellé, par exemple : 1 = Jamais à 5 = En permanence ; ou 1 = Sans difficulté à 5 = Impossible).
- Règles de cotation et calcul des scores :
- Chaque item reçoit une cotation brute initiale variant de 1 à 3, 1 à 4, ou 1 à 5, selon le nombre d’options offertes.
- Les scores des items au sein de chaque domaine (ou pour la totalité du questionnaire) sont additionnés.
- Les scores bruts sont linéairement transformés sur une échelle standardisée normalisée allant de 0 (qualité de vie optimale / aucun retentissement) à 100 (qualité de vie la plus médiocre / handicap maximal) selon la formule : $$\text{Score standardisé} = \frac{\text{Score brut obte\nu} – \text{Score brut minimum possible}}{\text{Score brut ma\ximum possible} – \text{Score brut minimum possible}} \times 100$$
- Un score élevé traduit systématiquement une dégradation plus sévère de la condition de santé du patient.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de conception originale : 1996 (travaux de validation publiés en 1997 et 1999).
- Propriétaire des droits : International Osteoporosis Foundation (IOF) / European Foundation for Osteoporosis (EFFO) et auteurs originaux (Lips et al.).
- Conditions d’accès et tarifs : Le questionnaire est généralement accessible à titre gratuit pour une utilisation clinique non commerciale ainsi que pour les projets de recherche académique indépendants. Pour les essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou les applications commerciales, une autorisation formelle ou une convention d’utilisation doit être requise auprès de l’IOF ou du comité détenteur des droits.
- Recommandations professionnelles : L’instrument est formellement intégré et recommandé dans diverses lignes directrices professionnelles, notamment par la Société royale néerlandaise de physiothérapie (KNGF-richtlijn Osteoporose).
12. Références
Badia, X., Díez-Pérez, A., Alvarez-Sanz, C., Díaz-López, B., Lizán, L., & Lips, P. (2001). Measuring quality of life in women with vertebral fractures: Validation of the Spanish version of the QUALEFFO. Quality of Life Research, 10(7), 619–628. https://doi.org/10.1023/A:1013146401083
Lips, P., Agnusdei, D., Caulin, F., Cooper, C., Egger, P., Johnell, O., Kanis, J. A., Liberman, U. A., Minne, H., Reeve, G., Reginster, J. Y., de Vernejoul, M., & Wiklund, O. (1997). The development of a European questionnaire for quality of life in patients with vertebral osteoporosis: QUALEFFO. Osteoporosis International, 7(Suppl 3), 36–38.
Lips, P., Cooper, C., Agnusdei, D., Caulin, F., Egger, P., Johnell, O., Jonsson, B., Kanis, J. A., Liberman, U., Minne, H., Reeve, J., Reginster, J. Y., de Vernejoul, M., Wiklund, O., & Working Party for Quality of Life of the European Foundation for Osteoporosis. (1999). Quality of life in patients with vertebral fractures: Validation of the Quality of Life Questionnaire of the European Foundation for Osteoporosis (QUALEFFO). Osteoporosis International, 10(2), 150–160. https://doi.org/10.1007/s001980050210
Salaffi, F., Malavolta, N., Cimmino, M. A., Di Matteo, L., Scendoni, P., Carotti, M., Stancati, A., Mulé, R., & Frigato, M. (2007). Validity and reliability of the Italian version of the quality of life questionnaire in osteoporosis (QUALEFFO-41). Osteoporosis International, 18(9), 1269–1279. https://doi.org/10.1007/s00198-007-0373-1
van Schoor, N. M., Knol, D. L., Zuithoff, P., de Vries, O. J., Lips, P., & Bouter, L. M. (2003). Minimal clinically important differences were estimated for the Short-Form 36, the Early Osteoarthritis Questionnaire, and the QUALEFFO. Journal of Clinical Epidemiology, 56(10), 964–973. https://doi.org/10.1016/S0895-4356(03)00155-2
13. Questions et items du questionnaire
Response format: 3 to 5 categorical response options per item (mostly 5-point Likert or ordinal options specific to each question, e.g., 1=Never to 5=Constantly, or 1=No problem to 5=Impossible).
- How often did you have back pain during the last week?
- Did your back pain disturb your sleep during the last week?
- How severe was the back pain during the last week?
- Did your back pain bother you while sitting or standing during the last week?
- Did your back pain bother you while bending down or lifting objects during the last week?
- Can you dress yourself without help (e.g. putting on your shirt or dress)?
- Can you put on and take off your shoes and socks without help?
- Can you take a bath or a shower without help?
- Can you reach down to pick up an object from the floor without difficulty?
- Can you prepare meals?
- Can you do light housework (e.g. dusting, washing dishes)?
- Can you do heavy housework (e.g. washing floors, windows, cleaning the bath)?
- Can you do your own shopping and carry groceries?
- Can you make your bed?
- Can you get up from a chair without holding onto anything?
- Can you walk 100 metres (about 100 yards) on flat ground?
- Can you walk up a flight of stairs without stopping?
- Can you walk down a flight of stairs without stopping?
- Can you bend down or kneel?
- Do you need a walking stick or frame to walk outdoors?
- Do you have difficulty getting into or out of bed?
- Are you able to walk outdoors as much as you like?
- Did your back problems interfere with your social life or hobbies during the last week?
- Did your back problems prevent you from visiting friends or relatives during the last week?
- Did you go out less often because of back problems during the last week?
- Did you spend more time in bed than usual during the last week because of back problems?
- Did your back problems interfere with your family life during the last week?
- Have your hobbies or sports activities been restricted during the last week?
- Did you feel lonely during the last week?
- How would you rate your health in general?
- How would you rate your health compared to other people of your own age?
- Do you feel your health has deteriorated in the last year?
- Did you feel depressed during the last week?
- Did you feel nervous or anxious during the last week?
- Did you feel full of energy during the last week?
- Did you feel tired during the last week?
- Did you feel that you could enjoy life during the last week?
- Were you afraid of falling during the last week?
- Were you afraid of fractures or further fractures during the last week?
- Were you afraid of becoming dependent on others during the last week?
- Were you afraid of ending up in a wheelchair during the last week?