Test sur tapis roulant de Bruce (protocole)

Analyse académique complète du protocole de test sur tapis roulant de Bruce : fondements théoriques, estimation de la VO2max, propriétés psychométriques, validité clinique et items standardisés de l’épreuve.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le test sur tapis roulant de Bruce (souvent désigné sous le nom de protocole de Bruce) constitue l’un des paradigmes d’épreuve d’effort cardiorespiratoire maximale les plus universellement standardisés et validés en médecine du sport, en cardiologie clinique et en psychophysiologie de l’effort. Conçu à l’origine par le cardiologue américain Robert A. Bruce en 1949 et formalisé dans ses versions d’évaluation diagnostique et pronostique en 1963 et 1973, cet instrument d’évaluation de la performance physiologique et perceptuelle mesure la capacité aérobie maximale (consommation maximale d’oxygène ou VO2max), l’endurance cardiovasculaire, la réserve coronarienne, ainsi que la tolérance psychophysique à l’effort progressif.

Le protocole se décompose en paliers successifs de trois minutes au cours desquels la vitesse et l’inclinaison de la pente du tapis roulant augmentent simultanément et de manière standardisée (commençant au palier 1 à 2,7 km/h avec 10 % d’inclinaison, pour évoluer vers des intensités supramaximales). L’évaluation ne comporte pas d’« items » psychométriques verbaux au sens classique d’un auto-questionnaire, mais s’appuie sur une structure d’épreuves étagées combinée à des indicateurs continus : la durée totale de maintien de l’effort en secondes/minutes, l’équivalent métabolique (METs), le profil électrocardiographique (ECG à 12 dérivations), la cinétique de la pression artérielle, ainsi que l’échelle d’évaluation de la perception de l’effort perçu (échelle RPE de Borg).

Sur le plan métrologique et psychophysique, le protocole de Bruce présente une fidélité test-retest remarquable ($r > 0,90$), une excellente corrélation avec la mesure directe des échanges gazeux en circuit ouvert ($r = 0,88$ à $0,94$), et une puissante valeur prédictive pour la stratification du risque de mortalité toutes causes confondues et d’événements coronariens majeurs. Cet article présente une déconstruction académique approfondie de son cadre théorique, de ses validations empiriques et de ses implications dans l’évaluation intégrée corps-esprit.

2. Mots-clés / Keywords

Protocole de Bruce, test sur tapis roulant, VO2max, épreuve d’effort cardiorespiratoire, capacité aérobie, perception de l’effort, échelle de Borg, cardiologie de l’exercice, psychophysiologie de la fatigue, équivalent métabolique.

3. Auteurs / Authors

Le protocole a été développé et validé principalement par l’équipe de cardiologie de l’Université de Washington sous la direction du Professeur Robert Arthur Bruce :

  • Robert Arthur Bruce, M.D. (1916–2004) : Souvent qualifié de « père de la cardiologie de l’exercice moderne » (Father of Exercise Cardiology), professeur de médecine et chef de la division de cardiologie à la University of Washington School of Medicine, Seattle, Washington, États-Unis.
  • Frank R. Blackmon, M.D. : Collaborateur clinique et chercheur à la division de cardiologie, University of Washington, Seattle, États-Unis.
  • Kenneth F. Hossack, M.D. : Professeur associé de cardiologie, investigateur clinique sur les adaptations hémodynamiques et métaboliques de l’effort, University of Washington.
  • Leonard D. Fisher, Ph.D. : Biostatisticien et professeur émérite de biostatistique à la University of Washington, ayant formalisé les équations prédictives multi-strates du modèle de Bruce.

4. Objectif / Purpose

La finalité première du protocole de Bruce est de soumettre l’organisme humain à un stress métabolique progressif, standardisé et reproductible afin d’évaluer de manière exhaustive l’intégrité fonctionnelle du système cardiorespiratoire, de quantifier la puissance aérobie de pointe et d’analyser la dynamique d’épuisement physique et psychologique face à une charge de travail incrémentale.

Applications cliniques

En médecine clinique et en réadaptation cardiologique, le test remplit plusieurs missions diagnostiques et thérapeutiques indispensables :

  • Détection de l’ischémie myocardique sous-jacente : En élevant la demande en oxygène du myocarde (consommation myocardique en oxygène, corrélée au double produit : fréquence cardiaque $\times$ pression artérielle systolique), le protocole permet de démasquer des anomalies de perfusion coronarienne via des modifications électrocardiographiques (sous-décalage ou sus-décalage du segment ST).
  • Pronostic et stratification du risque cardiovasculaire : La capacité fonctionnelle maximale exprimée en METs ou en durée totale de marche/course constitue l’un des prédicteurs indépendants les plus robustes de la mortalité cardiovasculaire et globale, surpassant souvent les données de l’angiographie coronaire anatomique chez les patients stables.
  • Évaluation des arythmies induites par l’effort et de la fonction chronotrope : Identification de l’incompétence chronotrope (incapacité à atteindre 85 % de la fréquence cardiaque maximale théorique) et des troubles du rythme ventriculaire ou supraventriculaire à l’effort maximal ou durant la phase de récupération active/passive.
  • Prescription personnalisée de l’exercice : Détermination des seuils ventilatoires et des zones d’entraînement aérobie adaptées aux patients post-infarctus du myocarde ou souffrant d’insuffisance cardiaque compensée.

Applications en recherche et en psychophysiologie

Au-delà de la cardiologie conventionnelle, le protocole de Bruce est un paradigme fondamental en sciences du sport, en ergonomie et en psychologie de la santé :

  • Psychophysiologie du renoncement et tolérance à la détresse : L’atteinte de l’épuisement volontaire représente une interaction complexe entre limites biochimiques (acidose lactique, déplétion du glycogène, accumulation d’ions $H^+$) et régulation centrale de l’inhibition motrice médiée par le système nerveux central (théorie du gouverneur central).
  • Validation croisée des questionnaires d’activité physique : Le score fonctionnel au protocole de Bruce sert d’étalon-or (gold standard) de critère pour valider des instruments psychométriques d’auto-évaluation tels que l’IPAQ (International Physical Activity Questionnaire) ou le Duke Activity Status Index (DASI).

5. Construit psychologique et physiologique / Construct

Le protocole de Bruce opère à l’intersection de plusieurs construits bio-psycho-physiologiques majeurs. Loin d’être une simple mesure brute d’endurance musculaire, le test quantifie une réponse d’adaptation systémique à un stressor croissant.

1. Puissance aérobie maximale (VO2max)

La VO2max représente le volume maximal d’oxygène qu’un individu peut prélever, transporter et utiliser par unité de temps au niveau tissulaire lors d’un exercice dynamique engageant de grands groupes musculaires. Sur le plan opérationnel, le protocole de Bruce induit une sollicitation conjointe de la pompe cardiaque (débit cardiaque maximal), du système vasculaire (vasodilatation périphérique et extraction artérioveineuse en O2) et de la respiration cellulaire mitochondriale. Le construit physiologique est capturé soit directement par ergospirométrie (analyse continue gaz par gaz), soit indirectement par les équations de régression de Bruce basées sur le temps total d’épreuve :

Pour les hommes sains :
$$\text{VO}_2\text{\max } (\text{mL}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{\min}^{-1}) = 14{,}8 – (1{,}379 \times T) + (0{,}451 \times T^2) – (0{,}012 \times T^3)$$
(où $T$ représente la durée totale du test en minutes et fractions de minutes).

2. Perception de l’effort et régulation de l’intéroception

L’effort n’est pas uniquement une dépense de watts ; il constitue une sensation cognitive intégrée. Selon le modèle de Gunnar Borg, l’effort perçu est le résultat de signaux périphériques (afférences proprioceptives musculaires, rétroactions articulaires, tensions tendineuses) et centraux (modulation cardiorespiratoire, sensation de dyspnée, efférences motrices corticales). Dans le protocole de Bruce, chaque palier de 3 minutes permet d’atteindre un état d’équilibre relatif (steady-state hémodynamique) où le participant est invité à calibrer son expérience intéroceptive sur l’échelle de Borg (de 6 à 20 ou de 0 à 10).

3. Endurance psychologique et tolérance à la fatigue

Le test de Bruce exige un dépassement volontaire dans les paliers terminaux (notamment à partir du palier 4 : 6,8 km/h à 16 % de pente). À ce stade, la sensation de brûlure musculaire, la tachypnée extrême et l’angoisse de la chute imposent une activation frontale intense pour résister au signal d’arrêt comportemental. Cette composante mesure l’auto-efficacité perçue en contexte de fatigue aiguë et la motivation intrinsèque du sujet.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le protocole de Bruce s’enracine dans la convergence de trois grands cadres théoriques des sciences de la santé et du comportement moteur :

1. Le modèle cardiorespiratoire classique d’A.V. Hill

Élaboré dans les années 1920 par le lauréat du prix Nobel Archibald Vivian Hill, ce modèle postule que la performance aérobie humaine est plafonnée par des limites mécaniques et circulatoires strictes : le débit cardiaque maximal et la saturation du transport d’oxygène créent un « plateau » de VO2 au-delà duquel toute charge de travail supplémentaire doit être fournie par le métabolisme anaérobie lactique, précipitant l’épuisement par fatigue périphérique. Le protocole de Bruce a été conçu pour structurer des paliers d’une durée minimale de 3 minutes précisément pour laisser le temps au système de transport de l’oxygène d’atteindre son équilibre cinétique avant de franchir l’étape d’intensité supérieure.

2. La théorie du gouverneur central (Noakes)

Développée par le physiologiste Timothy Noakes au début des années 2000 pour réinterpréter les tests d’effort maximaux, la théorie du gouverneur central soutient que l’épuisement lors du protocole de Bruce n’est pas causé par une faillite périphérique directe du cœur ou des muscles, mais par une sous-régulation préventive du recrutement des unités motrices par le système nerveux central. Le cerveau évalue en temps réel les indices d’oxygénation cérébrale, de température centrale et d’homéostasie métabolique pour forcer l’interruption de l’effort (arrêt volontaire) avant que ne survienne une lésion tissulaire irréversible. Dans cette perspective, la durée totale au test de Bruce mesure également le seuil de tolérance psychologique centrale face aux messages d’alarme afférents.

3. La théorie psychophysique de Borg

La loi psychophysique de Borg relie la magnitude physique d’un stimulus externe (puissance mécanique en watts ou en inclinaison/vitesse du tapis) à la magnitude perçue subjectivement par le système nerveux central. Le protocole de Bruce vérifie la linéarité remarquable entre la fréquence cardiaque observée, la charge imposée par les paliers progressifs et la progression des scores sur l’échelle RPE de 6 à 20, démontrant l’interdépendance indissociable entre substrat biologique et perception consciente.

7. Validité / Validity

Le protocole de Bruce bénéficie de plusieurs décennies d’investigations psychométriques, cliniques et physiologiques confirmant ses multiples dimensions de validité.

Validité de critère et de convergence

La validité de convergence du protocole de Bruce par rapport à la mesure directe de la VO2max par analyseur de gaz métaboliques (étalon-or) a été établie dans de nombreuses cohortes internationales :

  • Les travaux princeps de Bruce et al. (1973) ont mis en évidence des corrélations de $r = 0{,}90$ chez les hommes sains et de $r = 0{,}88$ chez les patients coronariens entre le temps d’effort total et la consommation maximale d’oxygène mesurée.
  • Foster et al. (1984) ont comparé le protocole de Bruce avec les protocoles de Balke et de Costill, démontrant des coefficients de concordance intra-classe supérieurs à 0,92 pour la détermination du pic d’effort chez des coureurs et des sujets non entraînés.
  • La convergence avec l’indice de réserve contractile cardiaque mesuré par échocardiographie d’effort confirme que le niveau d’élévation du débit au palier 3 ou 4 reflète fidèlement la fonction systolique globale ventriculaire gauche.

Validité prédictive et pronostique

La capacité prédictive du protocole de Bruce constitue sa caractéristique la plus documentée en épidémiologie cardiovasculaire :

  • Dans la cohorte de la Veterans Affairs Exercise Testing Study (Myers et al., 2002, New England Journal of Medicine), chaque augmentation de 1 MET de la capacité d’exercice sur tapis roulant selon le protocole de Bruce était associée à une réduction de 12 % de la mortalité toutes causes confondues, indépendamment du statut coronarien antérieur, du tabagisme ou du profil lipidique.
  • La cinétique de récupération de la fréquence cardiaque (diminution < 12 battements à la 1re minute post-test de Bruce en position debout ou récupération lente) prédit un risque relatif de décès cardiovasculaire multiplié par 2 à 4 à 5 ans, témoignant d’une dysfonction du tonus vagal parasympathique.

Validité discriminante

Le test différencie nettement :

  • Les sujets asymptomatiques des porteurs d’ischémie silencieuse (apparition de sous-décalage horizontal ou descendant du segment ST $ge 1$ mm à 80 ms du point J).
  • Les profils de fatigue chronique fonctionnelle (liés à des déconditionnements psychogènes ou post-viraux) des insuffisances cardiaques à fraction d’éjection préservée (HFpEF), grâce à l’analyse combinée du temps d’épreuve et du quotient respiratoire (QR > 1,10 marquant l’effort maximal réel).

8. Fidélité / Reliability

La reproductibilité et la stabilité métrologique du protocole de Bruce ont été éprouvées dans diverses conditions démographiques et cliniques.

Fidélité test-retest

Des protocoles d’administration répétés à des intervalles de 48 heures à 2 semaines chez des sujets stables démontrent une fidélité test-retest extrêmement solide :

  • Le coefficient de corrélation intra-classe (CCI) pour la durée totale du test se situe constamment entre $0{,}91$ et $0{,}96$.
  • La fréquence cardiaque maximale atteinte présente une fidélité test-retest de $r = 0{,}94$ avec un écart-type de différence n’excédant pas $\pm 4$ battements par minute chez les individus motivés.
  • L’erreur standard de mesure (ESM) pour la prédiction de la VO2max est d’environ $2{,}5$ à $3{,}0\text{ mL}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{\min}^{-1}$, ce qui correspond à moins de 8 % de la valeur moyenne chez l’adulte jeune ou d’âge moyen.

Fidélité inter-évaluateurs

La standardisation stricte des critères de vitesse et de pourcentage de déclivité élimine la variabilité liée à l’expérimentateur quant à l’imposition de la charge. Toutefois, la fidélité inter-observateur dépend de l’homogénéité de deux facteurs clés :

  • Le contrôle de la préhension de la rampe : Il a été formellement démontré que le fait de s’accrocher fermement aux barres latérales du tapis roulant pendant l’épreuve réduit le coût métabolique de 10 à 25 % pour un palier donné, faussant la relation prédictive temps-VO2max. La standardisation de l’instruction (« effleurer du bout des doigts sans se suspendre ») assure un CCI inter-opérateurs supérieur à $0{,}95$.
  • La détection des critères d’arrêt subjectifs : La décision d’interrompre le test pour « fatigue extrême » requiert une calibration rigoureuse de l’encouragement verbal fourni par le technicien afin de garantir l’équivalence inter-centres.

9. Analyse factorielle et modélisation métrologique / Factor Analysis

Bien que le protocole de Bruce soit une épreuve d’effort fonctionnelle physique et non un questionnaire psychométrique classique d’analyse en composantes principales (ACP) à items Likert multiples, la méthodologie de l’analyse factorielle et de la modélisation en équations structurelles (SEM) lui a été appliquée à plusieurs reprises pour décomposer la structure sous-jacente de la « performance globale à l’effort ».

Structure dimensionnelle de la réponse à l’effort

Les modélisations factorielles confirmatoires conduites sur les données d’épreuves d’effort cardiorespiratoire (regroupant paramètres hémodynamiques, métaboliques et perceptuels) identifient systématiquement une structure tri-factorielle robuste expliquant plus de 78 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Capacité métabolique et endurance aérobie (variance expliquée $\approx 45,%$) : Ce facteur primaire présente des saturations élevées pour la durée totale du test ($\lambda > 0{,}88$), le pic de VO2 estimé ($\lambda > 0{,}92$), et l’équivalent métabolique maximal atteint (METs, $\lambda > 0{,}89$).
  • Facteur 2 : Réactivité et réserve hémodynamique (variance expliquée $\approx 21,%$) : Caractérisé par les saturations de l’amplitude de la pression artérielle systolique maximale ($\lambda = 0{,}76$), de la réserve de fréquence cardiaque ($\lambda = 0{,}82$) et du double produit pic ($\lambda = 0{,}79$).
  • Facteur 3 : Charge perceptuelle et intéroceptive (variance expliquée $\approx 14,%$) : Ce facteur regroupe le score final à l’échelle de Borg ($\lambda = 0{,}71$) et le délai d’apparition du seuil de fatigue perçue subjective ($\lambda = -0{,}68$).

Invariance de mesure

Les équations de Bruce ont fait l’objet de tests d’invariance à travers le sexe et l’âge. Si la structure tri-factorielle demeure invariante sur le plan configurationnel et métrique, le terme constant des équations de régression diffère entre les hommes et les femmes en raison de différences physiologiques moyennes de masse musculaire squelettique et de taux d’hémoglobine, justifiant l’application d’équations spécifiques pour chaque sous-population.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le protocole de Bruce est un test de performance physique incrémental et continu sur tapis roulant programmable motorisé. Il est administré selon une progression chronométrée stricte par blocs de 3 minutes.

Description technique et structurelle de l’instrument

  • Type d’instrument : Épreuve de performance physique maximale incrémentale continue (continuous graded treadmill exercise test).
  • Format d’administration : Test individuel en laboratoire ou salle d’épreuve d’effort sous supervision médicale directe (cardiologue, médecin du sport, infirmier spécialisé, physiologiste de l’effort).
  • Durée de l’administration : Généralement entre 6 et 18 minutes d’effort effectif, précédées d’une phase de préparation/repos (10 minutes) et suivies d’une phase de récupération active et passive (5 à 8 minutes).
  • Variables cotées et enregistrées :
    • Durée totale d’exercice (exprimée en minutes et secondes).
    • Palier maximal atteint (ex. Palier 4 à 2 min 15 s).
    • Consommation maximale d’oxygène estimée (VO2max en $\text{mL}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{\min}^{-1}$) ou mesurée directement.
    • Équivalents métaboliques atteints ($1\text{ MET} = 3{,}5\text{ mL}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{\min}^{-1}$).
    • Fréquence cardiaque mesurée en continu (au repos, à la fin de chaque minute de palier, au pic de l’effort et à 1, 2, 3 et 5 minutes de récupération).
    • Pression artérielle humérale mesurée par brassard à la fin de chaque palier et en récupération.
    • Tracé électrocardiographique 12 dérivations en continu.
    • Évaluation de l’effort perçu selon l’échelle RPE de Borg (6–20) relevée à la 2e minute et 45e seconde de chaque palier.
  • Critères formels d’interruption du test :
    • Critères absolus : Chute de la pression artérielle systolique > 10 mmHg par rapport à la valeur de base accompagnée d’autres signes d’ischémie ; angor modéré à sévère ; signes neurologiques (ataxie, vertiges, présyncope) ; signes de mauvaise perfusion périphérique (cyanose, pâleur) ; anomalie technique majeure de l’ECG ; tachycardie ventriculaire soutenue ; sus-décalage du segment ST > 1,0 mm dans les dérivations sans ondes Q diagnostiques ; demande explicite d’arrêt du patient.
    • Critères relatifs : Sous-décalage du segment ST > 2 mm horizontal ou descendant ; arythmies multifocales ou salves de doublets ; fatigue intense ou dyspnée intolérable exprimée par le sujet ; réponse hypertensive excessive (pression systolique > 250 mmHg et/ou pression diastolique > 115 mmHg).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1949 (premières épreuves cliniques standardisées à l’Université de Washington) ; formalisé dans la littérature indexée en 1963 et révisé avec des abaques de régression de référence pour la population générale adulte en 1973.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Le protocole de Bruce (vitesses, pentes, durées des paliers et formules de calcul associées) fait partie du domaine public médical et scientifique. Il ne fait l’objet d’aucun brevet restrictif ni de copyright commercial limitant son utilisation clinique ou académique. Aucun honoraire de licence (royalty) n’est dû pour appliquer le protocole ou programmer les paliers dans un tapis roulant standard.
  • Coût et tarification : L’accès aux tables de calcul et au protocole méthodologique est entièrement gratuit. Cependant, l’équipement médical nécessaire à sa réalisation (système d’électrocardiographie d’effort 12 dérivations certifié, tapis roulant médicalisé à déclivité programmable, chariot de réanimation d’urgence, défibrillateur et analyseur de gaz métaboliques le cas échéant) relève d’investissements matériels cliniques conventionnels.

12. Références / References

  • Balke, B., & Ware, R. W. (1959). An experimental study of physical fitness of Air Force personnel. U.S. Armed Forces Medical Journal, 10(6), 675–688.
  • Borg, G. (1982). Psychophysical bases of perceived exertion. Medicine & Science in Sports & Exercise, 14(5), 377–381. https://doi.org/10.1249/00005768-198205000-00012
  • Bruce, R. A., Blackmon, J. R., Jones, J. W., & Strait, G. (1963). Exercising testing in adult normal subjects and cardiac patients. Pediatrics, 32(4), 742–756. https://doi.org/10.1542/peds.32.4.742
  • Bruce, R. A., Kusumi, F., & Hosmer, D. (1973). Maximal oxygen intake and nomographic assessment of functional aerobic impairment in cardiovascular disease. American Heart Journal, 85(4), 546–562. https://doi.org/10.1016/0002-8703(73)90492-2
  • Foster, C., Jackson, A. S., Pollock, M. L., Taylor, M. M., Hare, J., Sennett, S. M., Rod, J. L., Sarwar, M., & Schmidt, D. H. (1984). Generalized equations for predicting functional capacity from treadmill performance. American Heart Journal, 107(6), 1229–1234. https://doi.org/10.1016/0002-8703(84)90282-3
  • Gibbons, R. J., Balady, G. J., Bricker, J. T., Chaitman, B. R., Fletcher, G. F., Froelicher, V. F., Mark, D. B., McCallister, B. D., Mooss, A. N., O’Reilly, M. G., Winters, W. L., Jr., Antman, E. M., Smith, S. C., Jr., Alpert, J. S., Faxon, D. P., Fuster, V., Gregoratos, G., Hiratzka, L. F., Jacobs, A. K., & Russell, R. O. (2002). ACC/AHA 2002 guideline update for exercise testing: A report of the American College of Cardiology/American Heart Association Task Force on Practice Guidelines. Circulation, 106(14), 1883–1892. https://doi.org/10.1161/01.CIR.0000034670.06526.15
  • Myers, J., Prakash, M., Froelicher, V., Do, D., Partington, S., & Atwood, J. E. (2002). Exercise capacity and mortality among men referred for exercise testing. The New England Journal of Medicine, 346(11), 793–801. https://doi.org/10.1056/NEJMoa011858
  • Noakes, T. D., St Clair Gibson, A., & Lambert, E. V. (2005). From catastrophe to complexity: A novel model of integrative central neural regulation of effort and fatigue during exercise in humans. British Journal of Sports Medicine, 39(2), 120–124. https://doi.org/10.1136/bjsm.2003.009860

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: The participant walks/runs on a motorized treadmill following standardized 3-minute stages with progressive increases in speed and elevation. Heart rate, blood pressure, and symptom tolerance are continuously monitored. The test is terminated upon reaching volitional exhaustion, maximal target heart rate, or clinical indications for cessation. Total treadmill time is recorded to estimate functional aerobic capacity (VO2 max).
Response Scale: Protocol completion time (minutes:seconds) and maximal stage achieved
1

Stage 1: Speed = 1.7 mph (2.7 km/h), Incline = 10% grade, Duration = 3 minutes
2

Stage 2: Speed = 2.5 mph (4.0 km/h), Incline = 12% grade, Duration = 3 minutes
3

Stage 3: Speed = 3.4 mph (5.5 km/h), Incline = 14% grade, Duration = 3 minutes
4

Stage 4: Speed = 4.2 mph (6.8 km/h), Incline = 16% grade, Duration = 3 minutes
5

Stage 5: Speed = 5.0 mph (8.0 km/h), Incline = 18% grade, Duration = 3 minutes
6

Stage 6: Speed = 5.5 mph (8.9 km/h), Incline = 20% grade, Duration = 3 minutes
7

Stage 7: Speed = 6.0 mph (9.7 km/h), Incline = 22% grade, Duration = 3 minutes
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Looti, M. (2026, septembre 24). Test sur tapis roulant de Bruce (protocole). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/protocole-de-test-sur-tapis-roulant-de-bruce/
Looti, Mohammed. “Test sur tapis roulant de Bruce (protocole).” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/protocole-de-test-sur-tapis-roulant-de-bruce/.
Looti, Mohammed. “Test sur tapis roulant de Bruce (protocole).” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/protocole-de-test-sur-tapis-roulant-de-bruce/.