Protocole court de recherche sur le bonheur et l’affect (SHARP)

Le Short Happiness and Affect Research Protocol (SHARP) est une échelle psychométrique ultra-brève de 12 items mesurant le bien-être subjectif et l’affect, issue du MUNSH. Découvrez sa structure, ses propriétés psychométriques et ses applications.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Protocole court de recherche sur le bonheur et l’affect (en anglais : Short Happiness and Affect Research Protocol, abrégé par l’acronyme SHARP) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu initialement par Michael J. Stones, Albert Kozma, John Hirdes, Dolores Gold, Tannis Arbuckle et Pamela Kolopack en 1996. Dérivé directement de l’échelle pionnière de bonheur de l’Université Memorial de Terre-Neuve (Memorial University of Newfoundland Scale of Happiness ou MUNSH ; Kozma & Stones, 1980), le SHARP a été développé pour répondre à un besoin méthodologique et clinique pressant : disposer d’un outil ultra-bref, robuste et valide pour quantifier le bien-être subjectif et le bonheur psychologique, en particulier chez les adultes vieillissants et les populations gériatriques au sein desquelles la fatigabilité cognitive limite l’emploi de batteries de tests extensives.

Le questionnaire comprend exactement 12 items articulés autour d’une structure factorielle quadripartite combinant la valence émotionnelle (positive vs négative) et l’ancrage temporel (états affectifs récents vs expériences de vie à long terme). Les quatre sous-dimensions mesurées incluent : l’affect positif récent (Recent Positive Affect), l’affect négatif récent (Recent Negative Affect), l’expérience positive à long terme (Long-Term Positive Experience ou satisfaction existentielle rétrospective) et l’expérience négative à long terme (Long-Term Negative Experience). Le format de passation repose sur une réponse dichotomique standardisée (« oui » vs « non »), ce qui garantit une administration rapide en moins de trois minutes et minimise le fardeau cognitif chez le répondant.

D’un point de vue psychométrique, le SHARP présente des propriétés de fidélité et de validité particulièrement solides. La fidélité par cohérence interne (alpha de Cronbach et coefficient Kuder-Richardson 20) oscille généralement entre 0,75 et 0,84 selon les échantillons d’étude, tandis que la fidélité test-retest démontre une excellente stabilité temporelle à court et moyen terme (coefficients compris entre 0,70 et 0,81). La validité de construit et la validité convergente sont étayées par de fortes corrélations positives avec le MUNSH d’origine (r > 0,85) ainsi qu’avec des échelles reconnues de satisfaction de vie (SWLS, LSIA), et par des corrélations négatives attendues avec les mesures d’affects dépressifs (CES-D, GDS) et d’anxiété. Le SHARP constitue une référence standardisée dans la recherche épidémiologique, la gérontologie sociale et l’évaluation clinique axée sur les forces psychologiques.

2. Mots-clés / Keywords

Bien-être subjectif, Bonheur, Affect positif, Affect négatif, Satisfaction de vie, Évaluation gérontologique, Psychométrie, SHARP, MUNSH, Vieillissement, Psychologie positive, Santé mentale, Fidélité test-retest, Validité de construit.

3. Auteurs / Authors

Le protocole SHARP est le fruit d’une collaboration scientifique interdisciplinaire majeure dans le domaine de la gérontologie et de la psychométrie appliquée au Canada. Les principaux concepteurs de l’outil et leurs affiliations institutionnelles historiques comprennent :

  • Michael J. Stones, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à la Lakehead University (Thunder Bay, Ontario, Canada) et chercheur associé de longue date à la Memorial University of Newfoundland. Expert international du vieillissement cognitif, de l’activité physique et du bien-être subjectif au cours du grand âge.
  • Albert Kozma, Ph.D. : Professeur de psychologie à la Memorial University of Newfoundland (St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador, Canada). Pionnier de la modélisation mathématique et psychométrique du bonheur et co-créateur de l’échelle MUNSH.
  • John P. Hirdes, Ph.D. : Professeur à la School of Public Health and Health Systems de l’University of Waterloo (Ontario, Canada) et directeur scientifique principal pour le réseau international interRAI. Spécialiste de renommée mondiale de l’évaluation gériatrique et de l’épidémiologie clinique.
  • Dolores Gold, Ph.D. : Chercheuse et professeure au Centre de recherche en développement humain (CRDH) et au Département de psychologie de l’Université Concordia (Montréal, Québec, Canada).
  • Tannis Arbuckle, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à l’Université Concordia (Montréal, Québec, Canada), spécialisée dans l’étude des changements cognitifs et de la mémoire tout au long de la vie adulte.
  • Pamela A. Kolopack, M.Sc., Ph.D. : Chercheuse en sciences de la santé et éthique biomédicale, affiliée durant les travaux fondateurs à la Memorial University of Newfoundland et à l’University of Toronto.

Les correspondances académiques historiques relatives à l’instrument étaient principalement coordonnées par le laboratoire du Dr Michael J. Stones au Département de psychologie de Lakehead University (Thunder Bay, ON, Canada).

4. Objectif / Purpose

Le développement du Short Happiness and Affect Research Protocol (SHARP) s’enracine dans une problématique méthodologique centrale en gérontologie expérimentale et en psychologie de la santé : le compromis entre l’exhaustivité diagnostique des instruments de mesure du bien-être et leur faisabilité pratique auprès de populations vulnérables ou âgées. Avant la création du SHARP, l’instrument de référence le plus respecté pour l’évaluation multidimensionnelle du bonheur était l’échelle de bonheur de l’Université Memorial de Terre-Neuve (Memorial University of Newfoundland Scale of Happiness, MUNSH ; Kozma & Stones, 1980). Bien que le MUNSH offre une précision métrologique remarquable avec ses 24 items, son utilisation s’est avérée fréquemment contraignante lors de grandes enquêtes épidémiologiques en population générale, d’évaluations cliniques au chevet du patient ou dans des protocoles de recherche longitudinaux intégrant déjà des batteries neuropsychologiques denses.

L’objectif fondamental du SHARP est donc de fournir une version condensée, épurée et ultra-rapide (passation estimée entre une et trois minutes), qui préserve l’intégrité factorielle et la sensibilité théorique du MUNSH original tout en réduisant de 50 % le nombre de stimuli présentés au participant. L’instrument vise à quantifier le score global de bonheur psychologique en capturant les fluctuations hédoniques récentes ainsi que les évaluations cognitives stables de l’existence. Il ne s’agit pas simplement d’un outil de dépistage de la détresse, mais d’une mesure résolument orientée vers le modèle salutogénique et la psychologie des forces (strengths-based assessment), permettant d’apprécier la présence active d’affects positifs et de satisfaction vitale, plutôt que la seule absence de symptômes psychopathologiques.

Sur le plan des applications cliniques et appliquées, le SHARP est utilisé dans une grande diversité de contextes :

  • Évaluations gérontologiques et gériatriques : Intégration dans les bilans médico-psychologiques des résidents en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD / long-term care facilities) ou des patients recevant des soins de soutien à domicile, où la fatigabilité attentionnelle et les déficits sensoriels imposent des questionnaires très courts.
  • Recherche épidémiologique à grande échelle : Enquêtes nationales et internationales de santé publique nécessitant des modules modulaires d’évaluation du bien-être subjectif sans alourdir le temps total de passation des cohortes de participants.
  • Suivi de l’efficacité thérapeutique et des interventions psychosociales : Mesure répétée pré/post-intervention lors de programmes de remédiation cognitive, de thérapies cognitivo-comportementales ou rationnelles-émotives (ex. Matin et al., 2012), d’ateliers de réadaptation motrice ou de soutien aux aidants naturels.
  • Évaluation des forces en travail social et psychologie communautaire : Utilisation dans les bilans d’autonomisation et de résilience, offrant un indicateur standardisé pour identifier les ressources psychologiques adaptatives des individus confrontés à des transitions de vie critiques (retraite, veuvage, maladies chroniques).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le SHARP est le bonheur subjectif, conceptualisé non pas comme un état émotionnel fugace ou un simple trait de personnalité figé, mais comme une structure composite intégrative combinant la balance des affects et la satisfaction globale de vie. Conformément aux modélisations théoriques approfondies de Kozma et Stones (1980, 1983), le bien-être subjectif émerge de l’interaction constante entre deux axes orthogonaux majeurs : la valence affective (positive versus négative) et la durabilité temporelle (récente/aiguë versus passée/cumulative).

Le SHARP opérationnalise ce méta-construit à travers quatre sous-dimensions interdépendantes de trois items chacune, pour un total de 12 items rigoureusement équilibrés :

1. Affect positif récent (Recent Positive Affect – PA)

Cette dimension évalue la fréquence et l’intensité des états émotionnels agréables, euphoriques et stimulants ressentis au cours du dernier mois. L’ancrage temporel à court terme capture la réactivité émotionnelle adaptative de l’individu face à son environnement immédiat. Les items représentatifs mesurent le sentiment d’avoir « l’esprit guilleret » ou « plein d’entrain » (In high spirits?, Item 1) et d’être « particulièrement content de sa vie » (Particularly content with your life?, Item 2). Un niveau élevé sur cette dimension reflète l’énergie psychique, la vitalité émotionnelle et la capacité d’activation hédonique.

2. Affect négatif récent (Recent Negative Affect – NA)

Complémentaire mais conceptuellement distinct de l’affect positif (selon le principe d’indépendance relative des affects de Bradburn), l’affect négatif récent quantifie l’expérience des sentiments de détresse, de tristesse ou de désorganisation survenue durant le mois écoulé. Il interroge la présence d’états tels que « se sentir déprimé ou très malheureux » (Depressed or very unhappy?, Item 3) et « se sentir troublé/désarçonné parce que l’on ne savait pas ce que l’on attendait de soi » (Flustered as you didn’t know what was expected of you?, Item 4). Cette composante est sensible aux stresseurs environnementaux récents, aux conflits interpersonnels et aux vulnérabilités anxio-dépressives transitoires.

3. Expérience positive à long terme (Long-Term Positive Experience – PE)

Cette composante transcende la réactivité émotionnelle immédiate pour sonder les jugements cognitifs rétrospectifs et la satisfaction cumulative accumulée au fil de l’existence. Ancrée dans une perspective de développement tout au long de la vie (life-span), elle capture la cohérence biographique et l’évaluation positive de sa trajectoire de vie. Elle comprend des énoncés affirmant la satisfaction générale quant à la tournure de l’existence (Generally satisfied with how your life has turned out?, Item 6), le maintien du niveau de bonheur par rapport à la jeunesse (I am just as happy as when I was younger, Item 7), la satisfaction rétrospective globale (As I look back on my life, I am fairly well satisfied, Item 8) et la satisfaction actuelle stabilisée (I am satisfied with my life today, Item 12). Cette dimension est un marqueur privilégié de la sérénité psychologique et du sentiment d’accomplissement personnel chez l’adulte mature.

4. Expérience négative à long terme (Long-Term Negative Experience – NE)

Cette dimension reflète les cognitions de désillusion, de rancœur existentielle ou de pessimisme structurel quant au cours de la vie. Elle met en lumière les sentiments d’amertume face au passé (Bitter about the way your life has turned out?, Item 5), la perception d’une détérioration inéluctable liée à l’avancée en âge (Things are getting worse as I get older, Item 9), une susceptibilité accrue ou une intolérance aux contrariétés du quotidien (Little things bother me more this year, Item 10) et la vision de l’existence comme une épreuve perpétuelle (Life is hard for me most of the time, Item 11). Des scores élevés traduisent une forme d’érosion existentielle et une perte de ressources d’adaptation face aux déclins normatifs ou pathologiques du grand âge.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel du SHARP s’articule autour de deux courants théoriques majeurs de la psychologie contemporaine : la théorie de la balance des affects de Norman Bradburn (1969) et le modèle dynamique du bonheur formulé par Albert Kozma et Michael J. Stones (1980, 1983).

L’héritage du modèle de Bradburn et l’orthogonalité des affects

Dans ses travaux fondateurs sur l’équilibre affectif (Affect Balance Scale), Bradburn postule que le bonheur ne correspond pas à l’absence unilatérale de souffrance, mais à un solde résultant de l’interaction entre deux dimensions indépendantes : les affects positifs et les affects négatifs. Un individu peut simultanément éprouver des niveaux modérés d’affects négatifs tout en conservant une forte propension à ressentir des émotions positives stimulantes. L’affect négatif et l’affect positif ne constituent pas les deux pôles extrêmes d’un continuum unique, mais deux systèmes psychobiologiques distincts (souvent associés respectivement aux systèmes comportementaux d’inhibition BIS et d’activation BAS).

L’extension structurelle de Kozma et Stones : L’axe temporel

Kozma et Stones (1980) ont apporté une critique épistémologique majeure au modèle de Bradburn : ce dernier se focalisait quasi exclusivement sur des émotions à court terme (au cours des dernières semaines), ignorant les jugements cognitifs et la mémoire autobiographique à long terme théorisés notamment par Neugarten, Havighurst et Tobin (1961) dans leur indice de satisfaction de vie (LSIA). Pour remédier à cette lacune, Kozma et Stones ont construit une matrice bidimensionnelle croisant systématiquement :

  • L’Axe Affectif / Qualitatif : Positif versus Négatif.
  • L’Axe Temporel / Épistémique : Affect transitoire récent (état) versus Jugement rétrospectif global (trait / satisfaction stable).

Dans ce modèle, le bonheur global est modélisé comme un équilibre dynamique où les événements récents créent des fluctuations autour d’un point d’ancrage (set-point) biographique relativement stable. Le SHARP s’inscrit précisément au confluent de cette théorisation : il préserve les quatre quadrants de cette matrice en sélectionnant les trois items possédant la plus forte saturation factorielle et la meilleure discriminance statistique au sein de chaque quadrant du MUNSH historique.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du SHARP a été établie au moyen d’analyses quantitatives rigoureuses au cours de vastes programmes de recherche gérontologique, notamment dans l’étude princeps de Stones, Kozma, Hirdes, Gold, Arbuckle et Kolopack (1996).

Validité de contenu et validité d’apparence

Les 12 items du protocole ont été extraits des 24 items du MUNSH à partir d’une analyse systématique d’items sur plusieurs cohortes totalisant plusieurs milliers de personnes âgées autonomes et institutionnalisées. Les items conservés présentaient l’absence de redondance sémantique, une excellente lisibilité pour les sujets âgés et un taux quasi nul de non-réponse. La validité de contenu a été jugée exemplaire par des panels d’experts en gérontologie et en santé publique, chaque composante théorique (PA, NA, PE, NE) étant représentée de façon rigoureusement symétrique.

Validité convergente

La validité convergente du SHARP a été confirmée par des corrélations extrêmement élevées et statistiquement significatives (p < 0,001) avec son échelle mère et avec d’autres mesures de référence du bien-être :

  • Corrélation avec le MUNSH original (24 items) : Les études de Stones et al. (1996) rapportent des corrélations de Pearson oscillant entre r = 0,86 et r = 0,92 selon les sous-groupes cliniques, démontrant que la version courte capture plus de 75 % à 85 % de la variance totale de l’instrument d’origine.
  • Corrélation avec l’échelle de moral du Philadelphia Geriatric Center (PGCMS) : Les coefficients observés varient entre r = 0,65 et r = 0,74.
  • Corrélation avec l’Index de satisfaction de vie (LSIA) : Corrélations positives robustes se situant entre r = 0,61 et r = 0,70.
  • Corrélations avec la santé auto-évaluée : Une corrélation positive modérée mais constante (r = 0,35 à 0,45) est systématiquement retrouvée entre le score global au SHARP et l’état de santé perçu par le participant.

Validité discriminante / divergente

Le SHARP démontre une capacité éprouvée à se dissocier des construits psychopathologiques tout en corrélant de manière négative avec eux :

  • Échelles de dépression : Des corrélations négatives robustes sont observées avec l’échelle du CES-D (Center for Epidemiologic Studies Depression Scale, r = -0,62 à -0,71) et avec la Geriatric Depression Scale (GDS, r = -0,58 à -0,68).
  • Névrosisme et anxiété : Le SHARP présente des corrélations négatives significatives avec les sous-échelles de névrosisme d’inventaires de personnalité tels que le NEO-PI.

Validité prédictive et de critère

Dans des études de suivi longitudinal chez des personnes âgées vivant en communauté ou en résidence médicalisée, le score total au SHARP s’est avéré être un prédicteur indépendant statistiquement significatif de l’adaptation psychologique aux événements de vie stressants, du déclin fonctionnel, du recours aux services de santé institutionnels et de la mortalité toutes causes confondues à moyen terme, illustrant la pertinence clinique majeure du bonheur comme facteur de protection biopsychosociale.

8. Fidélité / Reliability

Les caractéristiques de fidélité métrique du SHARP attestent de son homogénéité interne et de sa reproductibilité temporelle, des critères indispensables pour un instrument de seulement 12 items reposant sur des variables dichotomiques.

Cohérence interne

Bien que les échelles utilisant un format de réponse binaire (« oui » / « non ») soient mathématiquement plus contraintes que les échelles de Likert en plusieurs points, le SHARP maintient d’excellents niveaux d’homogénéité :

  • Coefficient de Kuder-Richardson 20 (KR-20) / Alpha de Cronbach : Les études empiriques de validation (Stones et al., 1996) ont documenté des coefficients alpha globaux oscillant de manière stable entre 0,76 et 0,84 dans différents échantillons de personnes âgées canadiennes.
  • Sous-échelles : Les coefficients de cohérence interne des sous-échelles de trois items se situent généralement entre 0,60 et 0,72, des valeurs remarquablement adéquates compte tenu du nombre très restreint d’items par composante unitaire.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle du SHARP a été examinée à différents intervalles de temps :

  • À court terme (1 à 2 semaines) : Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou coefficient de corrélation test-retest varie de 0,78 à 0,84, soulignant que la mesure ne subit pas de fluctuations aléatoires erratiques.
  • À moyen terme (1 à 3 mois) : Les coefficients demeurent solides (r = 0,68 à 0,75), illustrant le caractère dispositionnel et stable de la composante rétrospective à long terme combinée à une sensibilité modérée aux variations conjoncturelles de la vie quotidienne.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La validité structurelle du SHARP a fait l’objet d’explorations approfondies par analyse factorielle exploratoire (AFE) puis par analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Dans les analyses factorielles en composantes principales initiales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct), une solution claire à quatre facteurs de premier ordre émerge systématiquement, répliquant fidèlement la matrice théorique 2×2 sous-jacente au MUNSH :

  • Facteur 1 : Expérience positive à long terme (PE) : Saturations factorielles élevées (> 0,60) pour les items 6, 7, 8 et 12 (l’item 12 se chargeant conjointement sur la satisfaction globale).
  • Facteur 2 : Expérience négative à long terme (NE) : Saturations substantielles (> 0,55) pour les items 5, 9, 10 et 11.
  • Facteur 3 : Affect positif récent (PA) : Saturations notables (> 0,65) pour les items 1 et 2.
  • Facteur 4 : Affect négatif récent (NA) : Saturations fortes (> 0,62) pour les items 3 et 4.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et Modèles Hiérarchiques

Les modélisations par équations structurelles (SEM) ont comparé plusieurs configurations concurrentes :

  • Modèle unidimensionnel : Ajustement médiocre (RMSEA > 0,10 ; CFI < 0,80), prouvant l’impossibilité de réduire le bonheur à un facteur d’affect unique sans distinguer la valence et la temporalité.
  • Modèle orthogonal à deux facteurs (Positif vs Négatif) : Ajustement intermédiaire mais insuffisant.
  • Modèle corrélé à quatre facteurs de premier ordre : Excellent ajustement aux données empiriques (Chi² / dl < 2,5 ; Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA] = 0,042 à 0,051 ; Comparative Fit Index [CFI] > 0,94 ; Tucker-Lewis Index [TLI] > 0,93).
  • Modèle hiérarchique de second ordre : Les quatre facteurs de premier ordre se déversent harmonieusement dans un facteur général d’ordre supérieur de « Bonheur global » ou « Bien-être subjectif », légitimant le calcul d’un score unique composite pour les praticiens et les chercheurs.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Short Happiness and Affect Research Protocol (SHARP)
  • Traduction française reconnue : Protocole court de recherche sur le bonheur et l’affect
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (hétéro-passation possible sous forme d’entretien directif si limitations motrices ou visuelles)
  • Population cible : Adultes et personnes âgées (validé initialement chez les 55 ans et plus, applicable en population adulte générale)
  • Nombre total d’items : 12 items
  • Temps d’administration : Environ 1 à 3 minutes
  • Format de réponse : Choix dichotomique exclusif : « oui » ou « non » (ou items laissés vides)
  • Règles de cotation détaillées :
    • Items à orientation positive (Items 1, 2, 6, 7, 8 et 12) :
      • Une réponse affirmative (« oui ») reçoit +1 point.
      • Une réponse négative (« non ») ou laissée sans réponse reçoit 0 point.
    • Items à orientation négative (Items 3, 4, 5, 9, 10 et 11) :
      • Une réponse affirmative (« oui ») reçoit -1 point.
      • Une réponse négative (« non ») ou laissée sans réponse reçoit 0 point.
    • Score global total du SHARP : Calculé par la somme algébrique des points attribués aux 12 items selon la formule :

      Score Total SHARP = (Total des points positifs) - (Total des points négatifs)
    • Étendue théorique des scores : Le score s’échelonne de -6 à +6.
      • -6 : Détresse maximale, absence totale d’affects et d’expériences positives rapportées, cumul de toutes les plaintes négatives.
      • 0 : Équilibre neutre (balance nulle entre composantes positives et négatives).
      • +6 : Bonheur subjectif maximal, absence totale de plaintes négatives, endossement de tous les items positifs.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1996 (Stones, Kozma, Hirdes, Gold, Arbuckle, & Kolopack).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Instrument du domaine académique public (Open Access for Research). Conçu pour la recherche scientifique et la pratique clinique non commerciale. Aucune redevance ni frais de licence (fee) ne sont requis pour son utilisation dans des contextes de recherche académique, de travaux universitaires ou d’évaluations hospitalières.
  • Conditions d’utilisation : Les auteurs et éditeurs scientifiques exigent la citation rigoureuse et explicite de l’article de référence princeps de 1996 (Social Indicators Research) ainsi que du manuel méthodologique de Simmons & Lehmann (2013) lors de toute diffusion de données ou publication scientifique exploitant le SHARP.
  • Disponibilité de l’instrument : Le protocole complet et ses consignes de cotation sont intégralement publiés dans la littérature académique et reproduits dans l’ouvrage de référence : Tools for Strengths-Based Assessment and Evaluation (Simmons & Lehmann, Springer Publishing).

12. Références / References

Les publications de référence ci-dessous constituent le corpus théorique et méthodologique fondamental relatif au SHARP et à ses soubassements psychométriques :

  • Bradburn, N. M. (1969). The structure of psychological well-being. Aldine Publishing Company. https://archive.org/details/structureofpsych0000brad
  • Kozma, A., & Stones, M. J. (1980). The measurement of happiness: Development of the Memorial University of Newfoundland Scale of Happiness (MUNSH). Journal of Gerontology, 35(6), 906–912. https://doi.org/10.1093/geronj/35.6.906
  • Kozma, A., & Stones, M. J. (1983). Predictors of happiness. Journal of Gerontology, 38(5), 626–628. https://doi.org/10.1093/geronj/38.5.626
  • Matin, A., Yoosefi Looyeh, M., Afrooz, G. A., & Dezhkam, M. (2012). The effect of group rational emotive behavior restructuring on mental health of parents of exceptional children. Procedia – Social and Behavioral Sciences, 46, 1872–1875. https://doi.org/10.1016/j.sbspro.2012.05.394
  • Neugarten, B. L., Havighurst, R. J., & Tobin, S. S. (1961). The measurement of life satisfaction. Journal of Gerontology, 16(2), 134–143. https://doi.org/10.1093/geronj/16.2.134
  • Simmons, C. A., & Lehmann, P. (Eds.). (2013). Tools for strengths-based assessment and evaluation. Springer Publishing Company, pp. 182–183.
  • Stones, M. J., Kozma, A., Hirdes, J., Gold, D., Arbuckle, T., & Kolopack, P. (1996). Short Happiness and Affect Research Protocol (SHARP). Social Indicators Research, 37(1), 75–91. https://doi.org/10.1007/BF00300269

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: SCORING: Affirmative responses score 1 point for items 1‚ 2‚ 6‚ 7‚ 8‚ and 12‚ and –1 for the remaining items.
1

_____ In high spirits?
2

_____ Particularly content with your life?
3

_____ Depressed or very unhappy?
4

_____ Flustered as you didn’t know what was expected of you?
5

_____ Bitter about the way your life has turned out?
6

_____ Generally satisfied with how your life has turned out?
7

_____ I am just as happy as when I was younger.
8

_____ As I look back on my life‚ I am fairly well satisfi ed.
9

_____ Things are getting worse as I get older.
10

_____ Little things bother me more this year.
11

_____ Life is hard for me most of the time.
12

_____ I am satisfied with my life today.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Protocole court de recherche sur le bonheur et l’affect (SHARP). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/protocole-court-de-recherche-sur-le-bonheur-et-l-affect-sharp/
Looti, Mohammed. “Protocole court de recherche sur le bonheur et l’affect (SHARP).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/protocole-court-de-recherche-sur-le-bonheur-et-l-affect-sharp/.
Looti, Mohammed. “Protocole court de recherche sur le bonheur et l’affect (SHARP).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/protocole-court-de-recherche-sur-le-bonheur-et-l-affect-sharp/.