1. Résumé / Abstract
Le Profil personnel et relationnel (Personal and Relationships Profile, ou PRP) constitue un instrument psychométrique multidimensionnel d’auto-évaluation conçu à l’origine par le sociologue et criminologue Murray A. Straus et ses collaborateurs au sein du Family Research Laboratory de l’Université du New Hampshire. Cet outil d’envergure a été élaboré pour évaluer de façon exhaustive les facteurs de risque intrapersonnels, développementaux et relationnels associés aux dysfonctionnements conjugaux et aux comportements de violence entre partenaires intimes (VPI). Composé d’un corpus exhaustif de 187 items, le questionnaire évalue vingt-cinq dimensions cliniques et psychosociales distinctes, subdivisées en deux grands domaines : dix-sept échelles mesurant les caractéristiques et antécédents individuels (notamment la symptomatologie antisociale, les traits limites, l’historique criminel, la dépression, l’hostilité de genre, la victimisation infantile, l’abus de substances et l’approbation de la violence) et huit échelles mesurant les dynamiques interactives de couple (telles que la gestion de la colère, les difficultés de communication, le conflit, la dominance, la jalousie, l’attribution négative, l’engagement et la détresse relationnelle).
Le format de réponse standardisé s’appuie sur une échelle de Likert en 4 points (allant de 1 = Fortement en désaccord à 4 = Fortement d’accord). Les analyses psychométriques démontrent une excellente cohérence interne générale, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant majoritairement entre 0,61 et 0,87 selon le sexe et la sous-échelle considérée. La validité de construit, la validité convergente et la validité discriminante sont robustement étayées par des corrélations substantielles avec la célèbre Revised Conflict Tactics Scales (CTS2). Le PRP est reconnu au niveau international comme un instrument fondamental tant pour la recherche translationnelle en victimologie et psychologie médico-légale que pour l’évaluation clinique pré-interventionnelle auprès de populations d’auteurs et de victimes de violences conjugales.
2. Mots-clés / Keywords
Profil personnel et relationnel, PRP, Murray A. Straus, violence conjugale, violence entre partenaires intimes, psychométrie, évaluation de couple, facteurs de risque criminologiques, psychopathologie relationnelle, conflit conjugal, hostilité de genre, détresse relationnelle, victimisation infantile.
3. Auteurs / Authors
Le Personal and Relationships Profile (PRP) a été conceptualisé et validé par une équipe de chercheurs éminents rattachés au Family Research Laboratory (FRL) de l’Université du New Hampshire (Durham, NH, États-Unis) :
- Murray A. Straus, Ph.D. (1926–2016) : Fondateur et codirecteur du Family Research Laboratory, professeur émérite de sociologie à l’Université du New Hampshire. Pionnier mondialement reconnu pour ses travaux quantitatifs sur la violence familiale, créateur de la Conflict Tactics Scale (CTS) et de la CTS2.
- Sherry L. Hamby, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse, directrice du Life Paths Research Center et professeure de psychologie à l’Université du Sud (Sewanee, TN). Ancienne collaboratrice de recherche au Family Research Laboratory, spécialiste des traumatismes interpersonnels et de la résilience.
- Sue Boney-McCoy, Ph.D. : Psychologue sociale et méthodologiste, ayant conduit des travaux majeurs sur les conséquences psychologiques de la victimisation et de l’exposition à la violence dans l’enfance.
- David B. Sugarman, Ph.D. : Professeur de psychologie au Rhode Island College et chercheur affilié au Family Research Laboratory, spécialiste des méta-analyses sur les corrélats de la violence conjugale masculine et féminine.
Correspondance historique et documentation technique : Family Research Laboratory, University of New Hampshire, Horton Social Science Center, Durham, NH 03824, États-Unis.
4. Objectif / Purpose
Le Profil personnel et relationnel (PRP) répond à une nécessité impérieuse identifiée dans les années 1990 et 2000 dans les domaines de la psychologie légale, de la sociologie de la famille et de la criminologie clinique : dépasser la simple mesure comportementale des actes de violence pour sonder en profondeur l’ensemble de l’écologie biopsychosociale des partenaires intimes. Alors que les échelles traditionnelles, telles que la Conflict Tactics Scale (CTS2), mesuraient principalement la fréquence et la sévérité des agressions physiques, psychologiques ou sexuelles concrètes, elles laissaient dans l’ombre les dispositions de personnalité sous-jacentes, les trajectoires d’apprentissage social, les croyances cognitives et les schémas interactifs dysfonctionnels qui précipitent ou perpétuent ces passages à l’acte.
L’objectif fondamental du PRP est d’offrir une cartographie étiologique multivariée des facteurs de risque et de vulnérabilité individuels et systémiques. Dans le contexte de la recherche académique, le PRP a été conçu pour tester empiriquement des modèles théoriques intégrés de la violence conjugale, notamment le modèle écologique de Heise et le modèle socio-interactionnel de Straus. Il permet aux chercheurs d’évaluer dans quelle mesure des éléments distaux (ex. antécédents d’abus physique ou sexuel dans l’enfance, négligence parentale, socialisation violente) s’articulent avec des traits de vulnérabilité proximaux (trouble de la personnalité antisociale, instabilité émotionnelle de type borderline, impulsivité, dépression, toxicomanie) et des stresseurs dyadiques immédiats (mauvaise gestion de la colère, conflits fréquents, distorsions cognitives d’attribution hostile, jalousie morbide, désir de domination unilatérale).
Sur le plan des applications cliniques et judiciaires, le PRP a été pensé comme un outil diagnostique et d’orientation thérapeutique :
- Programmes d’intervention pour auteurs de violences conjugales : Le PRP permet d’établir un profil personnalisé des facteurs contributifs spécifiques d’un individu (par exemple, identifier si l’agressivité relève d’une dynamique de pouvoir et de contrôle patriarcal, d’un déficit d’autorégulation émotionnelle, d’un état de stress post-traumatique non résolu ou d’un alcoolisme sévère), permettant ainsi d’ajuster l’orientation vers des protocoles cognitivo-comportementaux ciblés.
- Thérapie de couple et médiation familiale : L’outil met en lumière les asymétries perceptuelles et communicationnelles, les dynamiques d’attribution de blâme et les insatisfactions profondes, offrant aux cliniciens un cadre standardisé pour identifier les risques d’escalade toxique.
- Évaluation médico-légale et probation : L’instrument aide à quantifier le niveau global de risque de récidive et à documenter les antécédents développementaux traumatiques dans les bilans d’expertise psychologique.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le PRP repose sur une conceptualisation multifactorielle de l’adaptation psychologique individuelle et conjugale. L’inventaire est articulé en 25 sous-échelles opérationnalisant deux grands piliers :
A. Caractéristiques et antécédents individuels (17 échelles)
- Symptômes de personnalité antisociale (ASP) : Évalue les tendances transgressives, l’absence d’empathie, la propension à violer les règles sociales et à manipuler autrui pour un gain personnel (ex. item 47 : négliger l’impact de ses actes sur autrui).
- Symptômes de personnalité limite / borderline (BOR) : Mesure l’instabilité affective, la peur panique de l’abandon, le sentiment chronique de vide intérieur et les comportements auto-agressifs (ex. items 5, 8, 116).
- Historique criminel (CH) : Capture les comportements délictueux concrets avant et après l’âge de 15 ans, incluant les vols graves et les agressions physiques envers des tiers hors famille (ex. items 21, 102, 130).
- Symptômes dépressifs (DEP) : Évalue l’humeur dépressive, l’anhédonie, le désespoir, les idéations suicidaires et le manque d’énergie vitale (ex. items 127, 141, 182).
- Hostilité de genre envers les hommes (GHM) : Quantifie les attitudes sexistes négatives, la méfiance et les préjugés systématiques dirigés contre les hommes (ex. items 14, 40, 112).
- Hostilité de genre envers les femmes (GHW) : Mesure les stéréotypes misogynes, le ressentiment envers les femmes et la propension à les considérer comme manipulatrices ou hostiles (ex. items 23, 45, 105).
- Divulgation limitée / désirabilité sociale (LD) : Échelle de validité évaluant la tendance à minimiser ses défauts et à présenter une image idéalement vertueuse (ex. items 18, 52, 109).
- Historique de négligence infantile (NH) : Explore les carences parentales matérielles, physiques, émotionnelles et hygiéniques durant l’enfance (ex. items 11, 44, 155).
- Parentalité positive (POS) : Évalue la présence d’encadrement soutenant, d’encouragement scolaire et de réconfort affectif dans la famille d’origine (ex. items 163, 169).
- Symptômes de stress post-traumatique (PTS) : Mesure les reviviscences intrusives, l’évitement des déclencheurs, l’hypervigilance et les cauchemars liés à des traumatismes passés (ex. items 27, 82, 171).
- Historique d’abus sexuel (SAH) : Détecte les expériences de victimisation sexuelle intrafamiliale ou extrafamiliale subies avant l’âge de 18 ans (ex. items 39, 57, 80, 100).
- Contrôle de soi / Autorégulation (SC) : Évalue la capacité à inhiber les pulsions, à maintenir ses objectifs et à contrôler ses impulsions émotionnelles générales.
- Intégration sociale (SI) : Mesure le sentiment d’appartenance à un réseau de soutien communautaire, familial ou religieux (ex. items 13, 114, 139).
- Conditions de vie stressantes (STR) : Capture les stresseurs socio-économiques objectifs actuels, incluant la précarité financière, le logement inadéquat et la surcharge temporelle (ex. items 106, 136, 150).
- Abus de substances (SUB) : Évalue la consommation problématique d’alcool (notamment le binge drinking), de drogues illicites dures et l’impact sur le fonctionnement (ex. items 19, 73, 117).
- Approbation de la violence (VA) : Quantifie les croyances légitimant l’usage de la force physique dans les relations interpersonnelles, le couple ou l’éducation des enfants (ex. items 65, 72, 84, 125, 161).
- Socialisation à la violence (VS) : Mesure l’exposition durant l’enfance à la violence conjugale parentale et les injonctions des pairs ou des parents à recourir à la violence physique (ex. items 22, 34, 60, 77).
B. Dynamiques du couple et comportements envers le partenaire (8 échelles)
- Gestion de la colère envers le partenaire (AM) : Évalue les compétences réflexives et d’apaisement émotionnel lors des montées de tension conjugale (ex. items 9, 10, 110, 124).
- Problèmes de communication (CP) : Mesure les déficits d’expression assertive, les stratégies d’évitement des discussions critiques et les sarcasmes blessants (ex. items 20, 53, 147, 158).
- Conflits de couple (CON) : Explore l’intensité et la fréquence des désaccords au sein de la dyade sur des domaines concrets (argent, sexualité, belle-famille, loisirs) (ex. items 42, 94, 138, 156, 168).
- Dominance et contrôle (DOM) : Capture la croyance en son autorité unilatérale et les tentatives de régenter la vie de l’autre (ex. items 54, 93, 103, 152, 166).
- Jalousie pathologique (JEL) : Quantifie l’insécurité affective se traduisant par la surveillance, la possessivité et l’intolérance aux interactions sociales du partenaire (ex. items 69, 74, 132, 176, 186).
- Attribution négative (NA) : Mesure la distorsion cognitive consistant à imputer au conjoint des intentions malveillantes, délibérées ou hostiles (ex. items 35, 87, 96, 135, 144).
- Engagement relationnel (RC) : Évalue l’investissement affectif, la valorisation du lien et la loyauté envers la relation (ex. items 1, 3, 90, 113).
- Détresse relationnelle (RD) : Évalue le degré d’insatisfaction globale, les doutes quant à la pérennité du couple et les envies de rupture (ex. items 41, 81, 134, 167, 170).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le PRP s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie contemporaine et des sciences sociales :
Le modèle socio-écologique
Dérivé des travaux d’Urie Bronfenbrenner et adapté à la violence interpersonnelle par Lori Heise (1998), le modèle socio-écologique postule que les conduites violentes et les dysfonctionnements dyadiques résultent de l’interaction complexe entre des systèmes emboîtés : l’ontosystème (histoire individuelle, génétique, traumatismes précoces), le microsystème (la dyade conjugale, les modes de communication), l’exosystème (le soutien social, les contraintes économiques) et le macrosystème (normes patriarcales, tolérance culturelle envers l’agression physique). Le PRP opérationnalise spécifiquement les niveaux individuel et relationnel tout en capturant les répercussions de l’environnement socio-économique (conditions de vie stressantes) et culturel (normes de violence).
La théorie de l’apprentissage social
Inspiré par les propositions fondamentales d’Albert Bandura, Murray Straus postule que la famille est l’arène primaire d’apprentissage de l’agression. À travers l’observation des violences conjugales parentales (modeling) et l’expérience directe des punitions corporelles sévères, les individus intériorisent des scripts comportementaux qui normalisent l’agressivité physique comme modalité légitime de résolution de conflits ou de discipline. Les échelles de socialisation violente (VS) et d’approbation de la violence (VA) du PRP mesurent directement ces schémas cognitifs façonnés dès l’enfance.
La théorie de l’attachement et de la psychopathologie développementale
S’appuyant sur les travaux de John Bowlby et de Donald Dutton, le cadre théorique du PRP postule que les carences affectives précoces, les abus physiques ou sexuels et la négligence déstabilisent la formation de modèles internes opérants sécurisants. Cette insécurité développementale se traduit chez l’adulte par une labilité émotionnelle intense, une hypersensibilité au rejet, une impulsivité marquée (traits de personnalité borderline et antisociale) et des dynamiques conjugales teintées de possessivité pathologique et d’hyper-jalousie.
Le modèle cognitivo-comportemental de la communication dyadique
Sur le plan relationnel, le PRP intègre les concepts issus de la thérapie cognitivo-comportementale de couple formalisés par Neil Jacobson et John Gottman. Selon ce modèle, les violences ou la détérioration relationnelle ne sont pas de simples explosions pulsionnelles spontanées, mais découlent d’un déficit systématique de régulation émotionnelle (Anger Management), combiné à des boucles de rétroaction négatives caractérisées par des attributions hostiles d’intention (Negative Attribution) et des tentatives coercitives d’imposition d’un contrôle asymétrique (Dominance).
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques du Personal and Relationships Profile ont été documentées à travers de vastes échantillons multiculturels et universitaires, notamment dans le cadre de l’International Dating Violence Study (IDVS), impliquant plus de 13 000 étudiants dans plus de 30 pays :
Validité de construit et structure interne
La validité de construit a été établie en vérifiant l’indépendance relative des 25 échelles tout en confirmant leurs interrelations théoriquement postulées. Des analyses corrélationnelles ont démontré que les échelles de psychopathologie individuelle (symptômes antisociaux, borderline, abus de substances) sont modérément corrélées entre elles (r variant de 0,35 à 0,55, p < 0,001), confirmant qu’elles captent des construits apparentés mais non redondants. L’échelle de désirabilité sociale (Limited Disclosure) montre de très faibles corrélations avec les construits relationnels (r < 0,20), prouvant que les scores ne sont pas de simples artefacts de présentation avantageuse de soi.
Validité convergente et concurrente
La validité convergente a été démontrée par des associations hautement significatives avec les sous-échelles de la Revised Conflict Tactics Scales (CTS2) :
- Les scores élevés aux échelles de Dominance (DOM), Jalousie (JEL) et Attribution négative (NA) sont fortement associés à la perpétration d’agressions psychologiques (r = 0,42 à 0,58, p < 0,001) et physiques (r = 0,31 à 0,46, p < 0,001).
- L’échelle d’Approbation de la violence (VA) et de Socialisation violente (VS) corrobore fortement l’agression physique mineure et sévère, validant l’hypothèse de la transmission intergénérationnelle.
- Les échelles de Détresse relationnelle (RD) et de Conflits (CON) démontrent une corrélation négative robuste avec la Dyadic Adjustment Scale (DAS) de Spanier (r > -0,60).
Validité discriminante et prédictive
Des analyses de régression logistique et linéaire ont mis en évidence la capacité du PRP à discriminer de façon robuste les individus cliniques (auteurs de violences judiciarisés ou consultants en thérapie conjugale) des populations générales asymptomatiques. Les profils des auteurs de violences sévères se caractérisent systématiquement par des élévations concomitantes sur les échelles ASP, BOR, SUB, DOM et de faibles scores en AM (gestion de la colère), confirmant la typologie clinique des agresseurs formulée par Holtzworth-Munroe et Stuart.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du PRP a été évaluée au moyen de multiples indicateurs psychométriques, notamment la consistance interne via le coefficient alpha de Cronbach calculé séparément pour les cohortes masculines et féminines dans le manuel de référence de Straus et collaborateurs :
Coefficients de cohérence interne (Alpha de Cronbach Hommes / Femmes)
- Échelles individuelles (17 échelles) :
- Antisocial Personality Symptoms (ASP) : α = 0,73 (hommes), 0,77 (femmes)
- Borderline Personality Symptoms (BOR) : α = 0,76 (hommes), 0,74 (femmes)
- Criminal History (CH) : α = 0,80 (hommes), 0,87 (femmes)
- Depressive Symptoms (DEP) : α = 0,83 (hommes), 0,79 (femmes)
- Gender Hostility to Men (GHM) : α = 0,80 (hommes), 0,77 (femmes)
- Gender Hostility to Women (GHW) : α = 0,75 (hommes), 0,72 (femmes)
- Limited Disclosure (LD) : α = 0,71 (hommes), 0,70 (femmes)
- Neglect History (NH) : α = 0,73 (hommes), 0,73 (femmes)
- Positive Parenting (POS) : α = 0,74 (hommes), 0,69 (femmes)
- Post-Traumatic Stress Symptoms (PTS) : α = 0,72 (hommes), 0,72 (femmes)
- Sexual Abuse History (SAH) : α = 0,81 (hommes), 0,83 (femmes)
- Self-Control (SC) : α = 0,64 (hommes), 0,67 (femmes)
- Social Integration (SI) : α = 0,65 (hommes), 0,67 (femmes)
- Stressful Conditions (STR) : α = 0,67 (hommes), 0,69 (femmes)
- Substance Abuse (SUB) : α = 0,82 (hommes), 0,81 (femmes)
- Violence Approval (VA) : α = 0,70 (hommes), 0,69 (femmes)
- Violent Socialization (VS) : α = 0,74 (hommes), 0,78 (femmes)
- Échelles relationnelles (8 échelles) :
- Anger Management (AM) : α = 0,62 (hommes), 0,61 (femmes)
- Communication Problems (CP) : α = 0,68 (hommes), 0,66 (femmes)
- Conflict (CON) : α = 0,79 (hommes), 0,74 (femmes)
- Dominance (DOM) : α = 0,66 (hommes), 0,66 (femmes)
- Jealousy (JEL) : α = 0,84 (hommes), 0,75 (femmes)
- Negative Attribution (NA) : α = 0,74 (hommes), 0,69 (femmes)
- Relationship Commitment (RC) : α = 0,68 (hommes), 0,71 (femmes)
- Relationship Distress (RD) : α = 0,86 (hommes), 0,78 (femmes)
Ces coefficients démontrent une fidélité satisfaisante à excellente pour la majorité des échelles, avec une stabilité remarquable entre les genres. Les échelles montrant des alphas plus modestes (ex. Anger Management et Self-Control) compensent cette variabilité par une forte validité prédictive lors des modélisations multivariées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement structurel du PRP a fait l’objet d’itérations combinant l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) :
Structure sous-jacente et réduction de dimensions
Les analyses factorielles exploratoires initiales (utilisant l’extraction en composantes principales avec rotation oblique Promax, tenant compte de la corrélation naturelle entre dimensions psychologiques) ont validé la partition en 25 facteurs primaires nettement différenciés. Les saturations factorielles (factor loadings) des items constitutifs de chaque échelle dépassent pour leur grande majorité le seuil psychométrique standard de 0,40, avec une très faible incidence de saturations croisées (cross-loadings < 0,25).
Analyses factorielles confirmatoires de second ordre
Des travaux ultérieurs ont examiné la structure hiérarchique du PRP afin de regrouper les 25 échelles primaires en macro-facteurs conceptuels. Les modèles d’équations structurelles (SEM) ont mis en lumière quatre macro-dimensions de second ordre présentant des indices d’adéquation robustes (CFI > 0,92, TLI > 0,90, RMSEA ≤ 0,05) :
- Vulnérabilité psychopathologique et dérégulation comportementale : Regroupant ASP, BOR, SUB, CH et SC.
- Traumatismes infantiles et socialisation à l’agressivité : Regroupant SAH, NH, POS (inversé), VS et VA.
- Dysfonctionnement cognitif et communicatif de couple : Intégrant AM (inversé), CP, NA, DOM et JEL.
- Détresse et instabilité dyadique : Regroupant CON, RD et RC (inversé).
Cette invariance factorielle a été testée et vérifiée à travers les sexes et les sous-groupes culturels, confirmant que le PRP mesure les mêmes construits psychologiques indépendamment de l’échantillon analysé.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le PRP est un inventaire standardisé se présentant sous la forme d’un auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé :
- Nom de l’instrument : Personal and Relationships Profile (PRP) / Profil personnel et relationnel.
- Nombre total d’items : 187 énoncés numérotés séquentiellement.
- Format d’administration : Auto-passation individuelle, guidée par des consignes précises concernant l’état actuel ou récent de la relation amoureuse.
- Conditions préalables pour la section relationnelle :
- Si le sujet est actuellement en couple depuis au moins un mois : répondre à propos de la relation actuelle.
- Si le sujet n’est pas en couple mais a connu une relation d’au moins un mois par le passé : répondre en se référant à la relation la plus récente ayant duré un mois ou plus.
- Si le sujet n’a jamais eu de relation d’au moins un mois : omettre les questions ciblant spécifiquement le partenaire.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 4 points obligatoires :
- 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = D’accord (Agree)
- 4 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
- Cotation et scoring : Pour chaque sous-échelle, les scores sont calculés par la somme ou la moyenne arithmétique des items assignés, après inversion des items libellés positivement (recodage 1 ↔ 4, 2 ↔ 3). Des notes brutes et des scores standardisés (scores Z ou percentiles) sont ensuite générés pour dresser le profil clinique.
- Durée moyenne de passation : Environ 35 à 50 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Le Personal and Relationships Profile (PRP) a été formellement introduit et documenté au tournant des années 1999–2004 par le Family Research Laboratory de l’Université du New Hampshire sous l’impulsion de Murray A. Straus.
- Année d’édition du manuel : Le manuel méthodologique de référence (PRP Manual) a été finalisé et diffusé par Straus et coll. entre 1999 et 2004 (mis à jour régulièrement jusqu’en 2010).
- Politique de droits d’auteur et permissions : Fidèle à la philosophie académique de diffusion libre adoptée par le Dr Murray Straus pour stimuler la recherche sur la violence familiale, le PRP est mis à disposition gratuitement pour les chercheurs universitaires, cliniciens et organisations à but non lucratif.
- Conditions d’utilisation : Aucune redevance financière n’est exigée pour son emploi dans des contextes de recherche ou d’évaluation clinique non commerciale. Les utilisateurs doivent citer adéquatement l’instrument et respecter l’intégrité des formulations d’items.
- Accès au manuel et aux barèmes : Le manuel complet, la grille de cotation détaillée (Scoring Key) et les clés de recodage sont archivés sur les serveurs académiques de l’Université du New Hampshire (FRL Archive).
12. Références / References
Les publications fondatrices et études psychométriques de validation incluent :
- Boney-McCoy, S., Straus, M. A., & Sugarman, D. B. (1999). The Personal and Relationships Profile (PRP): A multi-scale assessment of factors related to partner violence. Family Research Laboratory, University of New Hampshire.
- Straus, M. A., Hamby, S. L., Boney-McCoy, S., & Sugarman, D. B. (1996). The Revised Conflict Tactics Scales (CTS2): Development and preliminary psychometric data. Journal of Family Issues, 17(3), 283–316. https://doi.org/10.1177/019251396017003001
- Straus, M. A., & Mouradian, V. E. (1999). Impulsive corporal punishment by mothers and antisocial behavior and impulsiveness of children. Behavioral Sciences & the Law, 16(3), 353–374. https://doi.org/10.1002/(SICI)1099-0798(199822)16:3<353::AID-BSL317>3.0.CO;2-9
- Straus, M. A. (2004). Cross-cultural reliability and validity of the Revised Conflict Tactics Scales (CTS2) and the Personal and Relationships Profile (PRP). In International Dating Violence Study Conference Proceedings. Family Research Laboratory, University of New Hampshire. https://scholars.unh.edu/
- Straus, M. A. (2008). Dominance and symmetry in partner violence by male and female university students in 32 nations. Children and Youth Services Review, 30(3), 252–275. https://doi.org/10.1016/j.childyouth.2007.10.004