1. Résumé / Abstract
Le Profil d’impact de la maladie (connu internationalement sous le nom de Sickness Impact Profile ou SIP) constitue l’un des instruments de mesure génériques de l’état de santé et de la qualité de vie liée à la santé (QdVLS) les plus rigoureusement validés et historiquement influents en psychométrie clinique et en épidémiologie. Développé initialement à l’Université de Washington par Marilyn Bergner et ses collaborateurs au début des années 1970 et formalisé dans sa version définitive en 1981, le SIP évalue l’impact perçu et comportemental de la maladie sur les activités quotidiennes d’un individu. L’instrument comprend 136 items répartis en 12 catégories fonctionnelles distinctes. Celles-ci sont regroupées en deux dimensions globales majeures — la Dimension physique (composée de la Déambulation, de la Mobilité, et des Soins corporels et mouvements) et la Dimension psychosociale (englobant les Interactions sociales, le Comportement d’éveil et cognitif, le Comportement émotionnel, et la Communication) — auxquelles s’ajoutent cinq catégories indépendantes : Sommeil et repos, Alimentation, Travail, Gestion du foyer, et Loisirs et passe-temps.
Le SIP repose sur un format de réponse dichotomique (« coché » si l’énoncé s’applique aujourd’hui et est attribuable à l’état de santé), chaque item étant pondéré individuellement selon la méthode des intervalles apparemment égaux de Thurstone. Les scores globaux et sous-dimensionnels sont exprimés en pourcentages allant de 0 % (dysfonctionnement nul) à 100 % (dysfonctionnement maximal). Sur le plan psychométrique, le SIP présente une consistance interne globale exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,91 et 0,95 pour le score total) et une excellente fidélité test-retest (coefficients de corrélation intraclasse souvent supérieurs à 0,88). Sa validité de construit, sa validité convergente avec les indices cliniques et d’autres échelles comme le SF-36 ou l’indice de Barthel, ainsi que sa sensibilité aux changements longitudinaux en font une référence fondamentale pour l’évaluation des programmes de santé, les essais cliniques et la recherche médico-économique.
2. Mots-clés / Keywords
Profil d’impact de la maladie, Sickness Impact Profile, SIP, qualité de vie liée à la santé, évaluation fonctionnelle, mesure comportementale, psychométrie de la santé, échelle de Thurstone, incapacité fonctionnelle, dimension psychosociale, dimension physique, adaptation transculturelle.
3. Auteurs / Authors
Le Sickness Impact Profile a été développé par une équipe multidisciplinaire de chercheurs du Département des services de santé et du Département de médecine de l’Université de Washington (Seattle, États-Unis) :
- Marilyn Bergner, Ph.D. : Épidémiologiste et professeure en politiques de santé, affiliée à l’École de santé publique de l’Université de Washington (plus tard à la Bloomberg School of Public Health de l’Université Johns Hopkins). Chercheuse principale du projet SIP.
- Ruth A. Bobbitt, Ph.D. : Psychologue de la santé et méthodologiste, Département des services de santé, Université de Washington.
- William B. Carter, Ph.D. : Sociologue médical et professeur associé, Département des services de santé, Université de Washington et Veterans Affairs Medical Center de Seattle.
- Betty S. Gilson, M.D. : Médecin clinicienne et chercheuse en santé communautaire, École de médecine de l’Université de Washington.
Plusieurs adaptations linguistiques et transculturelles majeures ont vu le jour, notamment l’adaptation néerlandaise standardisée réalisée par A. Luttik, H. M. Jacobs et L. P. de Witte (1985) à l’Institut de recherche sur la réadaptation de Hoensbroek (Pays-Bas), ainsi que des versions françaises adaptées et validées par diverses équipes hospitalo-universitaires en rhumatologie et en rééducation fonctionnelle.
4. Objectif / Purpose
L’objectif primordial du Sickness Impact Profile est de quantifier l’impact de la maladie sur les comportements de la vie quotidienne d’une manière objective, normalisée et standardisée, indépendamment du diagnostic étiologique spécifique. Contrairement aux indicateurs traditionnels de morbidité ou de mortalité, et à l’opposé des évaluations subjectives centrées sur la détresse émotionnelle diffuse ou les impressions générales, le SIP a été explicitement conçu pour capturer les modifications comportementales observables et déclarées directement induites par un état de dysfonctionnement ou de maladie.
Applications cliniques
En pratique clinique, le SIP est utilisé pour :
- Établir un profil fonctionnel de base exhaustif chez des patients atteints de pathologies chroniques (arthrose, polyarthrite rhumatoïde, accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque congestive, bronchopneumopathie chronique obstructive, sclérose en plaques, traumatismes rachidiens).
- Mesurer les progrès fonctionnels au cours d’interventions de réadaptation physique, ergothérapique ou psychologique.
- Identifier des déséquilibres spécifiques entre la limitation physique objective et l’altération psychosociale, facilitant ainsi une prise en charge personnalisée et holistique.
- Surveiller les effets secondaires iatrogènes ou la détérioration insidieuse de l’autonomie chez les populations âgées ou polypathologiques.
Applications en recherche et santé publique
Dans le domaine de la recherche translationnelle, épidémiologique et évaluative, le SIP remplit plusieurs rôles cruciaux :
- Essais cliniques randomisés : Il fournit un critère de jugement clinique majeur (patient-reported outcome) permettant d’évaluer si un nouveau traitement pharmacologique ou chirurgical se traduit par une amélioration tangible et signifiante des activités quotidiennes du patient.
- Évaluations médico-économiques et analyses coût-efficacité : Grâce à sa métrique standardisée et sa capacité à refléter le fardeau global de la maladie, il sert de base à la mesure de l’utilité clinique et à l’évaluation de l’impact des politiques de santé publique.
- Comparaisons inter-pathologies : En tant qu’outil purement générique, il permet de comparer directement la charge relative d’affections médicales totalement différentes (par exemple, comparer le niveau de restriction fonctionnelle induit par une néphropathie terminale à celui d’un trouble dépressif majeur récurrent).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par le SIP est le dysfonctionnement comportemental induit par la maladie. Les auteurs ont postulé que l’état de maladie se manifeste de manière primordiale par des altérations concrètes dans les gestes, habitudes, rôles sociaux et interactions qu’un individu effectue au quotidien. Le SIP ne mesure donc pas la pathologie organique en soi (telle qu’une lésion anatomique ou une anomalie biologique), ni la douleur pure sous une forme sensorielle, mais plutôt l’impact fonctionnel concret que cette pathologie engendre.
L’instrument structure ce construit autour de 12 catégories réparties en deux dimensions agrégées et cinq domaines autonomes :
1. Dimension physique (Physical Dimension)
Cette dimension agrège 45 items couvrant les composantes motrices fondamentales de la vie quotidienne :
- Déambulation (Ambulation – A, 12 items) : Évalue les limitations touchant la marche, la montée d’escaliers, la vitesse de déplacement et le recours à des aides techniques ou humaines (ex. : « I walk shorter distances or stop to rest often », « I get around in a wheelchair »).
- Mobilité (Mobility – M, 10 items) : Mesure le confinement géographique ou spatial imposé par la maladie, qu’il s’agisse de l’impossibilité de quitter son lit, sa chambre, son domicile ou sa ville (ex. : « I stay at home most of the time », « I am staying in bed most of the time »).
- Soins corporels et mouvements (Body Care and Movement – BCM, 23 items) : Analyse les limitations liées aux activités de base de la vie quotidienne (ADL) telles que s’habiller, se laver, maintenir son équilibre, utiliser les toilettes, ainsi que la motricité fine et les transferts posturaux (ex. : « I dress myself only with help from someone else », « I have trouble getting up from a chair »).
2. Dimension psychosociale (Psychosocial Dimension)
Cette dimension regroupe 48 items relatifs à l’intégration relationnelle, la régulation affective et les fonctions exécutives :
- Interactions sociales (Social Interaction – SI, 20 items) : Explore les altérations dans les relations avec les membres de la famille, les amis, les collègues, l’activité sexuelle, ainsi que la tendance à l’isolement ou à l’irritabilité interpersonnelle (ex. : « I isolate myself as much as I can from everyone », « I am having fewer sexual relations »).
- Comportement d’éveil et cognitif (Alertness Behavior – AB, 10 items) : Se concentre sur la vigilance, l’attention, le raisonnement, la résolution de problèmes, la mémoire récente et l’organisation exécutive (ex. : « I have difficulty reasoning and solving problems », « I forget a lot »).
- Comportement émotionnel (Emotional Behavior – EB, 9 items) : Cible les manifestations extérieures de labilité affective, de détresse psychologique, de nervosité, de désespoir ou d’irritabilité liées à la maladie (ex. : « I act depressed, for example, I tear up easily, I feel hopeless », « I laugh or cry suddenly »).
- Communication (Communication – C, 9 items) : Évalue les déficits dans l’expression verbale, l’élocution, la compréhension écrite et l’usage des canaux de communication standard (ex. : « I am slow in finding the right words to express myself », « I have difficulty speaking »).
3. Catégories indépendantes (Independent Categories)
Ces cinq catégories (43 items) mesurent des sphères de vie fondamentales qui ne s’agrègent pas exclusivement dans les dimensions physique ou psychosociale :
- Sommeil et repos (Sleep and Rest – SR, 7 items) : Altérations du cycle circadien, insomnie d’endormissement, fragmentation du sommeil, réveils précoces ou besoin accru de s’allonger en journée (ex. : « I spend much of the day lying down in order to rest », « I lie awake in bed for long periods of time »).
- Alimentation (Eating – E, 9 items) : Modifications dans la prise alimentaire, l’usage d’ustensiles, la texture des aliments ou la nutrition entérale/parentérale (ex. : « I feed myself with help from someone else », « I do not chew my food »).
- Travail (Work – W, 6 items) : Réduction des heures de travail, passage à un travail à temps partiel, changement de poste ou incapacité totale d’exercer son activité professionnelle (ex. : « I am not working at all », « I take more breaks or rest periods while working »).
- Gestion du foyer (Home Management – HM, 10 items) : Incapacité à réaliser les corvées ménagères légères ou lourdes, l’entretien extérieur, les courses ou les menues réparations (ex. : « I do not do any shopping that I usually do », « I give up light housework »).
- Loisirs et passe-temps (Recreation and Pastimes – RP, 8 items) : Abandon ou limitation des activités récréatives, sportives, associatives ou artistiques antérieures (ex. : « I am not doing heavy physical recreation », « I take part in quiet recreation only »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre conceptuel du Sickness Impact Profile s’ancre dans la sociologie médicale et la médecine comportementale des années 1960 et 1970, fortement influencées par les travaux d’Edward Suchman sur les étapes de la maladie et de Talcott Parsons sur le concept de « rôle de malade » (sick role). Bergner et son équipe ont formulé le SIP en réponse à une critique majeure adressée aux indices de santé de l’époque : la confusion constante entre l’état biologique interne (la maladie au sens d’entité nosologique ou disease), le sentiment subjectif de malaise (illness), et l’incapacité comportementale objective (sickness).
Les auteurs ont postulé que, si les états biologiques et les perceptions intimes varient de façon difficilement comparable entre les individus, les comportements fonctionnels sont des phénomènes empiriquement vérifiables, descriptibles et universellement reconnaissables à travers différentes cultures et pathologies. Un comportement altéré (par exemple, s’asseoir fréquemment au lieu de rester debout, demander de l’aide pour nouer ses souliers, s’isoler de ses amis) constitue la traduction sociétale et fonctionnelle directe de l’atteinte à la santé.
Sur le plan méthodologique et psychométrique, le SIP adopte la théorie de la mesure de Louis Leon Thurstone, spécifiquement la méthode des intervalles apparemment égaux (method of equal-appearing intervals). Plutôt que de traiter arbitrairement tous les items comme ayant la même gravité (comme dans une sommation brute de type Likert), l’équipe de Bergner a soumis des centaines d’énoncés comportementaux à des panels hétérogènes de juges (médecins, soignants, patients, grand public). Chaque juge devait évaluer la sévérité relative du dysfonctionnement représenté par l’énoncé sur une échelle en 11 points. La valeur d’échelle finale (poids) de chaque item correspond à la valeur médiane attribuée par les juges, assurant une échelle d’intervalles hautement robuste.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du SIP a fait l’objet d’un corpus empirique massif documenté dans des centaines d’études cliniques et épidémiologiques internationales :
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente du SIP est abondamment étayée par des corrélations modérées à fortes avec des mesures objectives et subjectives reconnues :
- Corrélations avec le statut clinique : Dans l’arthrose et la polyarthrite rhumatoïde, le score total du SIP et le sous-score de la Dimension physique présentent des corrélations fortes ($r = 0,60$ à $0,75$) avec l’indice articulaire de Ritchie, le nombre d’articulations tuméfiées et l’échelle visuelle analogique (EVA) de douleur.
- Corrélations avec les activités de la vie quotidienne : Dans les cohortes de rééducation post-AVC, les corrélations entre la Dimension physique du SIP et l’Indice de Barthel dépassent fréquemment $r = -0,75$ (une valeur négative indiquant qu’un score d’indépendance élevé correspond à un score de dysfonctionnement faible sur le SIP).
- Convergence psychosociale : La Dimension psychosociale du SIP corrèle significativement ($r = 0,55$ à $0,68$) avec l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI) et l’échelle d’anxiété de Hamilton.
Validité discriminante
Le SIP démontre une capacité éprouvée à distinguer nettement :
- Les sujets sains en population générale (scores moyens du SIP généralement inférieurs à 3-5 %) des populations souffrant de maladies chroniques stables (scores moyens entre 10 % et 25 %) et des patients institutionnalisés ou en phase aiguë de réadaptation (scores moyens supérieurs à 30-45 %).
- Différents stades d’avancement clinique d’une même pathologie (ex. stades de la classification NYHA dans l’insuffisance cardiaque ou stades de Hoehn et Yahr dans la maladie de Parkinson).
Sensibilité au changement (Responsiveness)
Le SIP est hautement sensible aux variations temporelles résultant d’interventions thérapeutiques majeures (chirurgie de remplacement articulaire de la hanche ou du genou, réadaptation cardiaque intensive, thérapie pharmacologique ciblée). Les tailles d’effet (effect sizes) mesurées à 6 et 12 mois post-intervention dépassent fréquemment 0,80 pour la Dimension physique, confirmant sa réactivité clinique.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés métrologiques du Sickness Impact Profile ont été établies au moyen d’analyses approfondies de consistance interne, de fidélité test-retest et d’équivalence inter-observateurs :
Consistance interne
Les coefficients de consistance interne (alpha de Cronbach) rapportés dans la littérature sont remarquablement élevés :
- Score total du SIP (136 items) : $\alpha$ systématiquement compris entre 0,91 et 0,95 dans des échantillons cliniques diversifiés.
- Dimension physique : $\alpha$ variant de 0,86 à 0,91.
- Dimension psychosociale : $\alpha$ variant de 0,81 à 0,89.
- Catégories individuelles : Pour la majorité des catégories, l’alpha oscille entre 0,65 et 0,85. Les catégories comprenant moins d’items (ex. : Manger, Sommeil/Repos) présentent des coefficients plus modestes mais amplement satisfaisants compte tenu de leur brièveté.
Fidélité test-retest
Lors d’évaluations conduites à un intervalle de 24 heures à deux semaines chez des patients dont l’état clinique était jugé médicalement stable, le coefficient de corrélation test-retest (Pearson ou intraclasse) se situait à :
- $r = 0,88$ à $0,92$ pour le score global du SIP.
- $r = 0,85$ à $0,91$ pour la Dimension physique.
- $r = 0,78$ à $0,86$ pour la Dimension psychosociale.
Fidélité inter-méthodes et inter-juges
Une concordance élevée a été observée entre la passation par auto-questionnaire et la passation administrée par un enquêteur formé ($r > 0,87$). De même, la fidélité entre un répondant patient et un répondant substitut (proche aidant) atteint des niveaux satisfaisants ($r = 0,70$ à $0,80$), bien que les proches aient tendance à évaluer le dysfonctionnement comme légèrement plus sévère que le patient lui-même.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle du SIP a fait l’objet de multiples études d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) depuis les travaux fondateurs de Bergner et Bobbitt :
Structure originale et hiérarchique
Les analyses factorielles de second ordre appliquées aux matrices de corrélation des 12 catégories ont invariablement confirmé l’existence de deux macro-facteurs distincts :
- Facteur 1 : Dysfonctionnement physique : Saturé principalement par la Déambulation (saturations factorielles typiquement $> 0,75$), la Mobilité ($> 0,70$) et les Soins corporels et mouvements ($> 0,80$). La catégorie Gestion du foyer présente également une saturation croisée modérée sur ce facteur.
- Facteur 2 : Dysfonctionnement psychosocial : Saturé massivement par les Interactions sociales ($> 0,70$), le Comportement d’éveil ($> 0,68$), le Comportement émotionnel ($> 0,65$) et la Communication ($> 0,60$).
Statut des catégories indépendantes
Les cinq catégories indépendantes (Travail, Alimentation, Sommeil et repos, Gestion du foyer, Loisirs et passe-temps) s’avèrent multidimensionnelles. Elles chargent de manière diffuse ou scindée sur les deux macro-facteurs selon la nature de la pathologie. Par exemple, l’atteinte au « Travail » peut refléter soit une incapacité motrice physique, soit une asthénie cognitive psychosociale. Ce constat statistique a justifié le choix méthodologique de maintenir ces cinq catégories en dehors des deux dimensions mères, tout en les intégrant dans le calcul du score total global du SIP.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom officiel : Sickness Impact Profile (SIP) / Profil d’impact de la maladie.
- Type d’évaluation : Questionnaire de santé générique, basé sur les modifications comportementales déclarées par le patient (Patient-Reported Outcome Measure – PROM).
- Format d’administration : Auto-questionnaire papier/crayon, format informatisé, ou entretien dirigé en face-à-face / par téléphone mené par un enquêteur entraîné.
- Nombre total d’items : 136 items comportementaux regroupés en 12 catégories.
- Durée de passation : Environ 20 à 30 minutes pour la passation complète en auto-administration (environ 30 minutes en entretien dirigé).
- Consigne de réponse : L’utilisateur doit cocher uniquement les énoncés qui décrivent fidèlement son comportement aujourd’hui et qui sont directement causés par son état de santé ou de maladie. Si un énoncé ne s’applique pas ou résulte d’une cause étrangère à la santé, il doit être laissé vierge.
- Format de réponse : Liste de contrôle dichotomique (Cocher l’énoncé s’il s’applique aujourd’hui et est lié à la santé/maladie).
- Règles de cotation et pondération :
- Chaque item validé se voit attribuer un poids prédéterminé issu de l’échelle d’intervalles de Thurstone (les poids varient typiquement entre 2,8 et 13,3 selon la gravité intrinsèque de l’item).
- Pour calculer le score d’une catégorie : Sommer les poids des items cochés dans cette catégorie, diviser par la somme totale possible de tous les poids de cette même catégorie, puis multiplier par 100.
$$\text{Score de Catégorie (%)} = \left( \frac{\sum \text{Poids des items cochés dans la catégorie}}{\sum \text{Poids total de tous les items de la catégorie}} \right) \times 100$$ - Pour calculer le score de la Dimension physique, de la Dimension psychosociale ou le Score Total global : Sommer les poids de tous les items cochés dans les sous-ensembles correspondants, diviser par le poids total maximal théorique de ce sous-ensemble, puis multiplier par 100.
- Interprétation : Les scores s’étendent de 0 % (absence totale de dysfonctionnement comportemental lié à la maladie) à 100 % (dysfonctionnement comportemental maximal).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1976 (première version opérationnelle) ; version standard finale à 136 items publiée en 1981 par Marilyn Bergner et al.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Le SIP original a été développé sous subvention fédérale de recherche publique américaine (National Center for Health Services Research). Les droits d’auteur moraux et la gestion de l’instrument sont historiquement associés à l’Université de Washington et à l’Université Johns Hopkins.
- Permissions et utilisation pour la recherche : L’utilisation académique et clinique non commerciale du SIP a traditionnellement été rendue accessible aux chercheurs et aux cliniciens sans frais de redevance prohibitifs, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales. Toute intégration dans des essais cliniques industriels sponsorisés, des logiciels commerciaux propriétaires ou des projets à visée lucrative requiert l’obtention formelle des autorisations institutionnelles adéquates.
- Adaptations linguistiques : Des versions standardisées pour plusieurs pays (néerlandaise par Luttik et al. en 1985 ; versions française, allemande, suédoise, espagnole) sont documentées dans la littérature scientifique avec leurs manuels respectifs.
12. Références / References
- Bergner, M., Bobbitt, R. A., Carter, W. B., & Gilson, B. S. (1981). The Sickness Impact Profile: Development and final revision of a health status measure. Medical Care, 19(8), 787–805. https://doi.org/10.1097/00005650-198108000-00001
- Bergner, M., Bobbitt, R. A., Pollard, W. E., Martin, D. P., & Gilson, B. S. (1976). The Sickness Impact Profile: Validation of a health status measure. Medical Care, 14(1), 57–67. https://doi.org/10.1097/00005650-197601000-00006
- Carter, W. B., Bobbitt, R. A., Bergner, M., & Gilson, B. S. (1976). Validation of an alternative method for generating weights for the Sickness Impact Profile. Medical Care, 14(1), 73–84. https://doi.org/10.1097/00005650-197601000-00008
- de Bruin, A. F., de Witte, L. P., Stevens, F., & Diederiks, J. P. (1992). Sickness Impact Profile: The production of a generic health status measure. Journal of Clinical Epidemiology, 45(7), 797–806. https://doi.org/10.1016/0895-4356(92)90057-h
- de Bruin, A. F., Diederiks, J. P., de Witte, L. P., Stevens, F. C., & Philipsen, H. (1994). The development of a short generic version of the Sickness Impact Profile. Journal of Clinical Epidemiology, 47(4), 407–418. https://doi.org/10.1016/0895-4356(94)90162-7
- Gilson, B. S., Gilson, J. S., Bergner, M., Bobbitt, R. A., Kressel, S., Pollard, W. E., & Vesselago, M. (1975). The Sickness Impact Profile: Development of an outcome measure of health care. American Journal of Public Health, 65(12), 1304–1310. https://doi.org/10.2105/ajph.65.12.1304
- Luttik, A., Jacobs, H. M., & de Witte, L. P. (1985). De Sickness Impact Profile: Handleiding voor de Nederlandse versie. Instituut voor Revalidatievraagstukken, Hoensbroek.
- Pollard, W. E., Bobbitt, R. A., Bergner, M., Martin, D. P., & Gilson, B. S. (1976). The Sickness Impact Profile: Reliability of a health status measure. Medical Care, 14(2), 146–155. https://doi.org/10.1097/00005650-197602000-00004
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to Respondents:
Please check/endorse each statement that applies to you today and is related to your health or sickness. If an item does not apply to you today, or applies for reasons other than your health or sickness, leave it blank.
Response Scale: Dichotomous checklist (Endorse/Check if statement applies today and is related to health/sickness)
- I walk shorter distances or stop to rest often
- I do not walk up or down hills
- I use stairs only with mechanical aid (for example, cane, crutches, handrail)
- I walk up or down stairs only with assistance from someone else
- I get around in a wheelchair
- I do not walk at all
- I walk by myself but with some difficulty (for example, go slowly, stumble, limp, use cane, or crutches)
- I walk only with help from someone else
- I go up and down stairs more slowly, for example, one step at a time, stop often
- I do not use stairs at all
- I get around only by using a walker, crutches, cane, or other mechanical aid
- I walk more slowly
- I do not carry any heavy loads
- I give up light housework (for example, dusting, cooking, light washing)
- I do not do any of the regular daily work around the house that I usually do
- I do not do any maintenance or repair work around the house
- I do not do any shopping that I usually do
- I do not do heavy work around the house (for example, cleaning the garage, mowing the lawn, heavy cleaning)
- I do less of the regular daily work around the house that I usually do
- I spend much of the day lying down in order to rest
- I sit during much of the day
- I sleep or nap more during the day
- I lie down more often during the day in order to rest
- I do not sleep or rest soundly; I toss and turn
- I sleep less at night, for example, wake up too early, don’t fall asleep for a long time
- I say how bad or useless I am, for example, that I am a burden on others
- I laugh or cry suddenly
- I act nervous or restless
- I act depressed, for example, I tear up easily, I feel hopeless
- I act irritable or grouchy with people around me, for example, snap at people, give sharp answers, criticize easily
- I do not stay in one position for very long; I keep moving around
- I make fewer demands on other people, for example, do not ask for help as much
- I talk often about the sickness or bad feelings I have
- I stay at home most of the time
- I am not going into town or out of the house as often as I used to
- I am not going out of town as often as I used to
- I do not go out on the street alone
- I go out of the house only when someone is with me
- I am staying in bed most of the time
- I stay in one room
- I stay in bed more
- I make difficult moves with help, for example, I need someone to help me get out of bed or a chair
- I do not move into or out of bed or a chair by myself, I am moved by someone else
- I stand up only with someone’s help
- I bend or stoop more slowly
- I do not move into or out of a bed or chair unless I am held
- I am kneeling, stooping, or bending less often
- I am unable to keep my balance when standing
- I have difficulty bending over to pick something up off the floor
- I move in and out of bed only with the aid of crutches, cane, or walker
- I have trouble getting up from a chair
- I do not fasten my shoes
- I do not put on my shoes and socks by myself
- I have difficulty getting on or off the toilet
- I dress myself only with help from someone else
- I do not take a bath or shower unless someone is there to help me
- I have to be completely bathed by someone else
- I make slower moves when dressing
- I do not wash and dry my body completely
- I do not wipe myself after using the toilet
- I have trouble with my balance when standing in the shower or bath
- I dress myself more slowly
- I do not comb my hair or brush my teeth
- I do not wipe myself clean after urinating
- I have difficulty using my hands and fingers to write, open jars, etc.
- I have lost bowel control
- I have lost bladder control
- I am not working at all
- I am doing part-time work rather than full-time work
- I am doing different work from usual
- I take more breaks or rest periods while working
- I am working fewer hours
- I am doing my work more slowly
- I have cut down on some of my usual physical recreation or activities
- I do not do any of my usual physical recreation or activities
- I am not doing any hobbies that I usually do
- I take part in quiet recreation only (for example, reading, watching TV)
- I am not doing heavy physical recreation (for example, running, tennis, swimming)
- I am doing less of the regular daily recreation or pastimes that I usually do
- I am taking longer trips for pleasure than usual
- I am cutting down on the length of visits with friends
- I am avoiding visits with friends
- I am not visiting with friends at all
- I do not go to parties or other social activities
- I show less affection
- I am having fewer sexual relations
- I have completely stopped having sexual relations
- I do not joke or talk much with friends
- I talk less with those I live with
- I do not talk to members of my family as much
- I get along less well with other people
- I isolate myself as much as I can from everyone
- I am paying less attention to the children
- I refuse to see family members
- I avoid getting into arguments with people
- I am having more arguments than usual with persons around me
- I talk less with other people
- I show more affection
- I make fewer phone calls to friends or family
- I do not communicate with other people in any way
- I am confused and start several actions at a time
- I have more difficulty making decisions
- I do not react to what is said to me
- I react more slowly to things that are said to me
- I have difficulty reasoning and solving problems, for example, making plans or making change
- I forget a lot, for example, things that happened recently, where I put things, appointments
- I have trouble keeping my attention on any activity
- I do not remember names of people I know
- I lose my train of thought when I am talking
- I have difficulty understanding what I read
- I am slow in finding the right words to express myself
- I have difficulty speaking, for example, get stuck, hesitate, stutter, slurring my words
- I do not speak clearly when I am under stress
- I write less than I usually do
- I do not speak at all; I make gestures or use written notes
- I am eating less food than usual
- I feed myself with help from someone else
- I am eating special or different food
- I eat no food at all but take liquids, baby foods, or diet drinks
- I am eating more food than usual
- I do not chew my food; I swallow it whole or eat soft food
- I eat only with a spoon
- I am fed through a tube or by IV fluids
- I am not using the telephone
- I am drinking less fluid
- I change my posture often
- I am taking fewer drinks of alcohol
- I am not eating at regular meal times
- I am taking more drinks of alcohol
- I dress only in loose or comfortable clothes
- I pay less attention to my personal appearance
- I am doing fewer tasks around the house that require lifting or reaching
- I avoid moving my head
- I maintain an unusual posture (for example, keep my head tilted or bent over)
- I move my hands or arms less often
- I lie awake in bed for long periods of time