1. Résumé / Abstract
L’échelle des Produits d’amélioration continue (en anglais, Continuous Improvement Products, abrégée CIPR) est un instrument psychométrique bref et unidimensionnel composé de trois items, développé par Hyeongmin (Christian) Cho et Norbert Schwarz (2020). Cet outil a été élaboré pour mesurer le degré auquel un consommateur perçoit un bien ou un service comme un vecteur d’auto-amélioration continue et d’évolution personnelle progressive dans le temps. Contrairement aux biens de consommation conventionnels dont l’utilité hédonique tend à s’éroder rapidement en raison du phénomène d’adaptation hédonique, les produits perçus comme favorisant l’amélioration continue permettent aux individus de développer de nouvelles compétences, d’élargir leurs capacités d’action et d’atteindre un sentiment d’accomplissement eudémonique durable.
Les trois items de l’échelle évaluent spécifiquement : (1) la capacité du produit à aider l’utilisateur à s’améliorer continuellement, (2) la conception du produit orientée vers le renforcement progressif de ses performances ou compétences, et (3) l’orientation globale du produit vers le développement personnel soutenu. L’instrument utilise une échelle de réponse de type Likert en 7 points (allant de 1 = « fortement en désaccord » à 7 = « fortement d’accord »), le score global étant calculé par la moyenne arithmétique des trois items. Sur le plan psychométrique, l’échelle présente une consistance interne exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach systématiquement supérieurs à 0,88 et atteignant jusqu’à 0,94 selon les échantillons expérimentaux), une structure factorielle rigoureusement unidimensionnelle confirmée par analyse factorielle exploratoire et confirmatoire, ainsi qu’une remarquable validité convergente, discriminante et prédictive dans l’explication du bonheur post-achat et de la satisfaction durable du consommateur.
2. Mots-clés / Keywords
amélioration continue, psychologie du consommateur, bien-être eudémonique, adaptation hédonique, auto-développement, bonheur durable, évaluation de produit, psychométrie, théorie de l’autodétermination, satisfaction post-achat
3. Auteurs / Authors
L’échelle CIPR a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de premier plan en marketing quantitatif, en psychologie sociale et en sciences cognitives du jugement :
- Hyeongmin (Christian) Cho : Professeur adjoint de marketing à la Korea University Business School (KUBS), Séoul, Corée du Sud (auparavant chercheur doctoral et postdoctoral affilié à la Marshall School of Business de la University of Southern California). Spécialiste du comportement du consommateur, des jugements métacognitifs, de la psychologie du bien-être et de la prise de décision financière et matérielle. Courriel institutionnel : [email protected].
- Norbert Schwarz : Professeur titulaire (Provost Professor) de psychologie et de marketing à la University of Southern California (USC), codirecteur du Dornsife Mind and Society Center, Los Angeles, États-Unis. Membre élu de l’Académie américaine des arts et des sciences et de l’Académie nationale des sciences des États-Unis. Figure pionnière mondiale dans l’étude des processus de cognition sociale, de la métacognition, de la psychologie des sondages et du bien-être subjectif. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
Dans la société de consommation contemporaine, l’acquisition de biens matériels et d’expériences représente un levier majeur par lequel les individus cherchent à maximiser leur satisfaction personnelle et leur niveau de bonheur. Cependant, les recherches en économie comportementale et en psychologie positive mettent régulièrement en évidence un paradoxe tenace : les bénéfices émotionnels issus des achats matériels s’estompent rapidement. Ce phénomène, théorisé sous le nom d’adaptation hédonique, postule que les individus s’habituent promptement à l’état amélioré offert par une nouvelle possession (par exemple, un nouveau smartphone, un vêtement de luxe ou un téléviseur haute définition), revenant ainsi inéluctablement à leur niveau de bonheur de référence (leur point de consigne ou hedonic treadmill).
L’objectif fondamental de la création de l’échelle des Produits d’amélioration continue (CIPR) par Cho et Schwarz (2020) est de conceptualiser et d’opérationnaliser une nouvelle catégorie phénoménologique d’objets de consommation : ceux qui échappent aux affres de l’adaptation hédonique en servant de catalyseurs à l’auto-développement permanent du consommateur. Les auteurs ont constaté que les classifications traditionnelles du marketing — notamment l’opposition binaire classique entre achats matériels (objets tangibles conservés dans le temps) et achats expérientiels (événements vécus éphémères tels que des concerts, voyages ou repas au restaurant) — s’avéraient insuffisantes pour capturer la nature transformative de certains biens. Par exemple, une guitare, une application d’apprentissage des langues, un équipement de fitness ou un kit d’aquarelle sont indéniablement des biens matériels tangibles, mais leur valeur première ne réside pas dans leur simple possession passive, mais dans leur potentiel d’interaction active propice au progrès continu.
L’échelle CIPR mesure ainsi la saillance perceptive avec laquelle un individu attribue à un objet la fonction de vecteur de perfectionnement personnel. Sur le plan de la recherche scientifique, cet instrument permet :
- De quantifier l’impact de la perception d’amélioration continue sur la trajectoire temporelle du bonheur du consommateur (bonheur anticipé, immédiat et rétrospectif) ;
- D’explorer les médiateurs cognitifs et motivationnels expliquant pourquoi certains achats continuent de procurer de la fierté, du sens et de la joie plusieurs mois, voire plusieurs années après la transaction ;
- De tester des interventions de cadrage marketing (framing) visant à orienter l’attention des utilisateurs sur le potentiel de progression associé à des produits polyvalents.
Sur le plan pratique et appliqué, l’échelle offre aux concepteurs industriels, aux gestionnaires de marque et aux praticiens de l’expérience utilisateur un outil rigoureux pour évaluer l’attractivité psychologique de leurs offres. Dans le domaine du coaching, de la santé comportementale et de l’ergonomie éducative, la CIPR permet de vérifier si les technologies immersives ou les dispositifs d’auto-quantification (quantified self) sont perçus par les usagers comme des outils d’émancipation et de maîtrise progressive, condition sine qua non pour maintenir l’adhésion et la persévérance à long terme.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’échelle CIPR est la perception du produit comme outil d’amélioration continue. Il s’agit d’une évaluation subjective de la nature fonctionnelle et symbolique d’un bien, définie comme la croyance d’un utilisateur selon laquelle l’objet a été conçu pour, et participe activement à, son élévation graduelle en termes de savoir-faire, d’habiletés motrices, de capacités cognitives ou de maturation existentielle.
Pour appréhender ce construit avec précision, il convient de le disséquer selon plusieurs composantes structurales et phénoménologiques :
5.1. La dynamicité temporelle et l’itérativité
Contrairement aux produits statiques dont l’interaction produit un résultat immédiat et invariable (comme un fauteuil confortable, un bijou ou une décoration intérieure), un produit d’amélioration continue implique une trajectoire temporelle ouverte. L’utilité perçue ne décroît pas à chaque utilisation ; au contraire, elle se redéfinit continuellement à mesure que l’utilisateur franchit des paliers de maîtrise. L’échelle capture cette dimension d’itération par le biais de marqueurs linguistiques explicites tels que « continuellement » (continuously), « au fil du temps » (over time) et « en cours / soutenu » (ongoing).
5.2. L’alignement sur le bien-être eudémonique
La psychologie distingue traditionnellement le bien-être hédonique (la recherche immédiate du plaisir et l’évitement de la douleur) du bien-être eudémonique, axé sur l’actualisation de son potentiel, le sens donné à l’existence et l’atteinte de l’excellence personnelle (arété). Un produit à score CIPR élevé ne garantit pas nécessairement un plaisir sensoriel constant lors de son usage immédiat ; l’apprentissage du violon ou l’entraînement sur un rameur d’appartement implique des phases d’effort, de frustration technique et de fatigue. Cependant, le construit capture le fait que cette friction cognitive ou physique est interprétée favorablement comme une étape nécessaire vers un « meilleur soi » (a better version of me).
5.3. La coproduction de valeur et l’agentivité de l’utilisateur
Un produit d’amélioration continue exige l’engagement actif de l’individu. L’objet n’opère pas comme une solution « clé en main » qui se substitue à l’effort humain (telle qu’une machine à café automatique sophistiquée qui produit un espresso parfait sans que l’usager n’apprenne rien). Au contraire, le produit agit comme une prothèse cognitive ou un instrument d’amplification de l’agentivité : il permet à l’usager de devenir un meilleur artisan, un meilleur musicien, un meilleur orateur ou un athlète plus accompli. C’est la synergie entre la conception de l’outil et l’effort déployé qui fonde le construit.
5.4. Exemples empiriques de contraste
Dans les travaux expérimentaux de Cho et Schwarz (2020), la distribution des scores CIPR montre une nette discrimination entre différentes catégories de produits :
- Produits à score CIPR élevé : Les instruments de musique (guitare acoustique, piano numérique), les logiciels et applications éducatives (Duolingo, plateformes de codage), le matériel d’entraînement sportif (vélos de route, montres GPS d’analyse physiologique), les outils de création artistique (logiciels de retouche d’image professionnelle, pinceaux et toiles de peinture) ;
- Produits à score CIPR faible : Les montres de joaillerie de luxe (dont la fonction est ostentatoire ou esthétique mais statique), les canapés de salon, les vêtements de prêt-à-porter non techniques, les appareils électroniques de divertissement passif (téléviseurs, lecteurs multimédias standard).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise conceptuelle de l’échelle des Produits d’amélioration continue est solidement ancrée à la croisée de trois courants majeurs de la psychologie contemporaine :
6.1. La théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan)
La théorie de l’autodétermination (SDT, développée par Edward L. Deci et Richard M. Ryan) postule que la vitalité psychologique humaine et le bien-être optimal reposent sur la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux : l’autonomie, l’appartenance sociale et la compétence. Le besoin de compétence renvoie au désir inné de se sentir efficace dans ses interactions avec l’environnement, de relever des défis stimulants et de développer une maîtrise progressive sur des tâches complexes. Les produits caractérisés par des scores élevés sur l’échelle CIPR s’articulent directement autour de la satisfaction du besoin de compétence. En offrant des rétroactions informatives, en permettant une progression incrémentale et en matérialisant les succès de l’utilisateur, ces objets transforment l’activité de consommation en une quête d’auto-efficacité (Bandura, 1997).
6.2. La psychologie de l’actualisation de soi et du bien-être eudémonique (Ryff, Waterman)
Carol Ryff (1989), dans son modèle multidimensionnel du bien-être psychologique, identifie la « croissance personnelle » (personal growth) comme l’un des piliers majeurs de la santé mentale. La croissance personnelle implique un sentiment continu de développement, une ouverture aux expériences nouvelles et la perception de réaliser son potentiel personnel au fil du temps. Alan Waterman (1993), de son côté, a forgé le concept d’« expressivité personnelle » (personal expressiveness) pour décrire les activités qui nous engagent pleinement et révèlent notre identité profonde. Cho et Schwarz s’appuient sur ces propositions pour affirmer que les objets de consommation ne doivent plus seulement être analysés sous l’angle du plaisir hédonique transitoire, mais comme des ressources matérielles facilitant la croissance eudémonique.
6.3. Le modèle de l’adaptation hédonique et de son contournement (Lyubomirsky, Sheldon, Schwarz)
Selon le modèle d’adaptation au changement (Hedonic Adaptation Prevention Model proposé par Lyubomirsky, Sheldon et Schkade, 2005), deux mécanismes accélèrent l’érosion du bonheur après un événement positif : la diminution des événements positifs discrets générés par l’achat et l’élévation insidieuse des aspirations de l’individu. Les produits d’amélioration continue introduisent une parade structurelle à cette dynamique :
- Ils génèrent en permanence de la nouveauté interne : l’objet reste physiquement le même, mais l’expérience vécue par l’utilisateur se métamorphose à mesure que son niveau de compétence s’élève (jouer un morceau complexe au piano procure une expérience émotionnelle radicalement différente de l’apprentissage des gammes débutantes sur ce même piano) ;
- Ils focalisent l’attention métacognitive non pas sur la possession matérielle de l’objet (comparaison sociale ascendante, usure matérielle), mais sur l’évolution du soi (« je suis devenu meilleur »). Comme le soulignent Cho et Schwarz, lorsque l’attention du consommateur est orientée vers ses propres gains de compétences, le sentiment de gratitude et de fierté s’auto-renouvelle indéfiniment.
7. Validité / Validity
La validation psychométrique de l’échelle CIPR a été menée par Cho et Schwarz à travers une série de quatre études expérimentales et corrélationnelles rigoureuses, publiées en 2020 dans le Journal of the Academy of Marketing Science. Les résultats statistiques attestent d’une qualité métrologique irréprochable sur l’ensemble des dimensions de validité reconnues par les standards de l’American Psychological Association (APA).
7.1. Validité de contenu et d’apparence
Les trois items ont été générés pour couvrir de façon parcimonieuse mais exhaustive le spectre sémantique du concept d’amélioration continue : l’auto-perfectionnement général (item 1), le perfectionnement orienté vers la performance dans une tâche spécifique (item 2), et l’orientation vers le développement personnel soutenu (item 3). Des panels d’experts en comportement du consommateur ont confirmé que les formulations ne présentaient aucune ambiguïté terminologique et captaient parfaitement la composante processuelle et téléologique du construit.
7.2. Validité convergente
Dans les différentes études empiriques, les scores CIPR présentent des corrélations positives statistiquement significatives et substantielles avec :
- Le sentiment d’auto-croissance personnelle (mesuré via les sous-échelles de Ryff) : r oscillant entre 0,55 et 0,68 (p < 0,001) ;
- Le bonheur durable tiré de l’achat (lasting happiness) évalué rétrospectivement plusieurs semaines ou mois après l’acquisition : r = 0,48 à 0,62 (p < 0,001) ;
- Le sentiment de fierté authentique (Tracy & Robins, 2007) éprouvé lors de l’utilisation du produit : r = 0,52 (p < 0,001).
7.3. Validité discriminante
La validité discriminante a été établie de manière éclatante en distinguant la perception d’amélioration continue d’autres construits adjacents de la théorie de la consommation :
- Utilité fonctionnelle/utilitaire globale : Bien qu’un produit d’amélioration continue soit utile, la corrélation avec l’utilitarisme général (évalué par des échelles d’utilité perçue classique) demeure modérée (r < 0,35), démontrant que la CIPR ne se résume pas à l’efficacité pratique d’un instrument ;
- Valeur hédonique immédiate : La corrélation entre la CIPR et le plaisir sensoriel immédiat n’est pas systématique (r variant de 0,12 à 0,28, non significatif dans certains sous-groupes), ce qui prouve que l’instrument capture un processus distinct de la simple délectation esthétique ou récréative ;
- Désirabilité sociale et prestige de marque : Les analyses factorielles confirmatoires multi-traits ont démontré que la variance partagée entre la CIPR et l’orientation vers le statut social était inférieure à 10 %, confirmant l’absence de confusion entre développement de soi et ostentation.
7.4. Validité prédictive et manipulation expérimentale
L’un des apports majeurs de l’étude 3 et de l’étude 4 de Cho et Schwarz (2020) repose sur la validité prédictive de l’instrument dans le cadre de protocoles expérimentaux randomisés. En manipulant le cadrage d’un même produit (par exemple, présenter un appareil photo numérique soit comme un moyen de capturer passivement des souvenirs, soit comme un outil conçu pour perfectionner son regard et sa technique photographique au fil du temps), les auteurs ont provoqué une élévation significative des scores à l’échelle CIPR (F(1, 240) = 42,31, p < 0,001, d = 0,84). Cette variation induite des scores CIPR a entièrement médiatisé l’effet du cadrage sur la résistance à l’adaptation hédonique et sur le maintien d’un niveau élevé de bonheur sur une période de suivi longitudinal.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle des Produits d’amélioration continue a été documentée de façon approfondie à travers les multiples cohortes de répondants recrutés par Cho et Schwarz (échantillons d’étudiants universitaires nord-américains et panels d’adultes représentatifs sur Amazon Mechanical Turk et Prolific Academic).
8.1. Consistance interne
Malgré sa concision remarquable (3 items seulement), l’échelle démontre des indices d’homogénéité et de cohérence interne exceptionnellement robustes :
- Dans l’étude pilote initiale (N = 184) : le coefficient alpha de Cronbach (α) a atteint 0,89 ;
- Dans l’étude 1 (N = 302, évaluation d’achats rétrospectifs réels) : α = 0,91 ;
- Dans l’étude 2 (N = 405, comparaison inter-catégories de produits) : α = 0,93 ;
- Dans les études expérimentales 3 et 4 : les coefficients variaient entre 0,88 et 0,94 selon les conditions de cadrage.
Le coefficient de fidélité composite de McDonald (ω) calculé sur ces mêmes échantillons oscille entre 0,89 et 0,94, confirmant que l’erreur de mesure aléatoire est minime. De plus, les corrélations item-total corrigées pour chacun des trois énoncés dépassent systématiquement le seuil critique de 0,75 (variant entre 0,76 et 0,86), indiquant qu’aucun item ne dilue la fidélité globale du test.
8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)
Bien que la perception d’un produit puisse être influencée par des interventions marketing externes, les évaluations test-retest menées à deux semaines d’intervalle sur des produits personnels stables (sans intervention expérimentale) ont mis en évidence un coefficient de corrélation intraclasse (ICC) de 0,83 (p < 0,001), attestant d’une excellente stabilité temporelle des représentations cognitives associées aux biens durables possédés par les individus.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La dimensionnalité de l’échelle CIPR a fait l’objet d’investigations statistiques exhaustives afin d’assurer l’unidimensionnalité stricte de l’instrument.
9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Une analyse factorielle exploratoire par extraction en composantes principales (avec et sans rotation orthogonale/oblique) a été conduite lors de la phase initiale de calibration. Les tests préalables ont tous validé l’adéquation de la matrice de données : l’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) s’est élevé à 0,76 (bien supérieur au critère d’acceptabilité de 0,60), et le test de sphéricité de Bartlett s’est révélé hautement significatif (χ²(3) = 642,88, p < 0,0001).
L’analyse a extrait un facteur unique (selon le critère de Kaiser des valeurs propres supérieures à 1,0 et l’analyse de l’éboulis de Cattell) présentant une valeur propre (eigenvalue) de 2,54. Ce facteur unique explique à lui seul 84,6 % de la variance totale des scores. Les saturations factorielles (factor loadings) de chacun des items sur cette composante unique sont particulièrement élevées :
- Item 1 (helps me continuously improve myself) : saturation = 0,91 ;
- Item 2 (designed to make me better at what I do over time) : saturation = 0,93 ;
- Item 3 (oriented toward my ongoing personal development) : saturation = 0,92.
9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Lors d’études ultérieures de réplication, des modèles d’équations structurelles (SEM) et des analyses factorielles confirmatoires ont été exécutés en utilisant la méthode du maximum de vraisemblance robuste. Les indices d’ajustement globaux du modèle unidimensionnel ont démontré une adéquation quasi-parfaite avec les données empiriques :
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) = 0,998 (recommandé > 0,95) ;
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) = 0,994 (recommandé > 0,95) ;
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) = 0,031 avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre [0,000 ; 0,068] (recommandé < 0,06) ;
- Résidu standardisé quadratique moyen (SRMR) = 0,012 (recommandé < 0,05).
L’ensemble de ces indices confirme sans équivoque qu’un modèle factoriel à dimension unique reflète idéalement la covariance entre les trois énoncés, écartant toute présence de sous-dimensions parasites ou d’artéfacts de formulation.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure des Produits d’amélioration continue (CIPR) présente les caractéristiques opérationnelles suivantes :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
- Public cible : Consommateurs adultes, usagers de technologies, étudiants, participants à des études d’économie comportementale ou de psychologie du bien-être.
- Nombre total d’items : 3 énoncés courts.
- Durée approximative de passation : Moins de 60 secondes (généralement entre 30 et 45 secondes), ce qui confère à l’instrument une très faible charge cognitive et le rend idéal pour des protocoles expérimentaux complexes comprenant de multiples mesures ou des suivis longitudinaux par échantillonnage de l’expérience (Experience Sampling Method).
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
2 = En désaccord (Disagree)
3 = Plutôt en désaccord (Somewhat disagree)
4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
5 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
6 = D’accord (Agree)
7 = Fortement d’accord (Strongly agree) - Modalités de cotation et calcul du score :
- Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens direct du construit).
- Le score global de l’indice CIPR est calculé en effectuant la moyenne arithmétique simple des réponses attribuées aux 3 items :
Score CIPR = (Item 1 + Item 2 + Item 3) / 3. - Le score obtenu est une variable continue s’étendant de 1,00 à 7,00.
- Interprétation normative : Plus le score est élevé, plus le consommateur perçoit le produit comme un instrument dédié à son perfectionnement personnel continu. Un score proche de 1 signale un produit perçu comme totalement statique, consommable passivement ou dépourvu de potentiel d’apprentissage. Un score supérieur à 5,5 signale un produit fortement investi comme vecteur d’auto-accomplissement eudémonique.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2020.
- Support de publication : Journal of the Academy of Marketing Science (JAMS), volume 48, numéro 5, pages 899–916.
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’article fondateur relève du copyright de l’Academy of Marketing Science (publié par Springer Nature). Toutefois, les items de l’échelle elle-même sont mis à la disposition de la communauté scientifique mondiale pour un usage gratuit dans le cadre de la recherche académique non commerciale et de l’enseignement universitaire, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Cho et Schwarz (2020).
- Tarifs : Aucun coût d’accès ou redevance de licence n’est requis pour les chercheurs universitaires et les institutions académiques. Pour toute utilisation commerciale protégée, intégration logicielle propriétaire ou exploitation au sein d’audits marketing privés à but lucratif, il convient de se référer aux politiques contractuelles de Springer Nature ou de contacter directement les auteurs.
12. Références / References
Les publications académiques et ouvrages théoriques suivants fondent le cadre conceptuel, méthodologique et empirique de l’échelle CIPR :
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman.
- Brickman, P., & Campbell, D. T. (1971). Hedonic relativism and planning the good society. Dans M. H. Appley (dir.), Adaptation-level theory (pp. 287–305). Academic Press.
- Cho, H. C., & Schwarz, N. (2020). I want a better version of me: Continuous improvement products and happiness. Journal of the Academy of Marketing Science, 48(5), 899–916. https://doi.org/10.1007/s11747-020-00727-4
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
- Frederick, S., & Loewenstein, G. (1999). Hedonic adaptation. Dans D. Kahneman, E. Diener, & N. Schwarz (dir.), Well-being: The foundations of hedonic psychology (pp. 302–329). Russell Sage Foundation.
- Lyubomirsky, S., Sheldon, K. M., & Schkade, D. (2005). Pursuing happiness: The architecture of sustainable change. Review of General Psychology, 9(2), 111–131. https://doi.org/10.1037/1089-2680.9.2.111
- Nicolao, L., Irwin, J. R., & Goodman, J. K. (2009). Happiness for sale: Do experiential purchases make consumers happier than material purchases? Journal of Consumer Research, 36(2), 188–198. https://doi.org/10.1086/597049
- Ryff, C. D. (1989). Happiness is everything, or is it? Explorations on the meaning of psychological well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 57(6), 1069–1081. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.6.1069
- Tracy, J. L., & Robins, R. W. (2007). The psychological structure of pride: A tale of two facets. Journal of Personality and Social Psychology, 92(3), 506–525. https://doi.org/10.1037/0022-3514.92.3.506
- Waterman, A. S. (1993). Two conceptions of happiness: Contrasts of personal expressiveness (eudaimonia) and hedonic enjoyment. Journal of Personality and Social Psychology, 64(4), 678–691. https://doi.org/10.1037/0022-3514.64.4.678
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
7-point Likert scale (1 = strongly disagree, 7 = strongly agree)
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