1. Résumé / Abstract
L’échelle de Généralité de l’image du produit (en anglais, Product Image Generality ou PIMGEN) constitue un instrument psychométrique développé et validé pour mesurer une composante fondamentale de l’intangibilité perçue des biens et des services dans le comportement du consommateur et le marketing cognitif. Introduite et consolidée empiriquement par Michel Laroche, Zhiyong Yang, Gordon H. G. McDougall et Jasmin Bergeron (2005) au sein de leur étude de référence sur les différences entre détaillants en ligne et points de vente traditionnels, cette mesure évalue précisément le degré de flou cognitif ou la difficulté éprouvée par un individu lorsqu’il tente de se représenter mentalement, d’expliciter, de spécifier ou de décrire les caractéristiques concrètes et distinctes d’un produit donné.
Sur le plan structurel, l’instrument se compose de trois items à score inversé (reverse-scored items), administrés principalement via des échelles d’accord de type Likert à 7 ou 9 points (allant de « Pas du tout d’accord » à « Tout à fait d’accord »). Dans le modèle tridimensionnel canonique de l’intangibilité perçue formalisé par Laroche et ses collègues — comprenant l’intangibilité physique (incapacité à toucher ou voir physiquement l’objet), l’intangibilité mentale (difficulté de compréhension globale) et la généralité (manque de précision et de clarté des attributs distinctifs) —, la sous-échelle PIMGEN opérationnalise le pôle cognitif de la généralité. Un score élevé sur cette échelle, après inversion, reflète une forte généralité, c’est-à-dire une incapacité du consommateur à former une image mentale nette, entraînant une indifférenciation perceptuelle vis-à-vis des alternatives concurrentes.
D’un point de vue psychométrique, la PIMGEN présente une fiabilité interne remarquable pour une mesure unidimensionnelle ultra-courte (coefficients alpha de Cronbach systématiquement compris entre 0,78 et 0,91 selon les catégories de produits et les canaux d’achat). Les analyses factorielles confirmatoires attestent d’une validité convergente et d’une validité discriminante robustes vis-à-vis des autres dimensions de l’intangibilité et du risque perçu, confirmant son statut d’outil d’évaluation standardisé dans la recherche sur le commerce électronique, la psychologie de la consommation et le design d’information commerciale.
2. Mots-clés / Keywords
Généralité de l’image du produit, PIMGEN, intangibilité perçue, psychométrie du consommateur, représentation mentale, imagerie cognitive, comportement du consommateur, commerce électronique, risque perçu, différenciation des attributs, évaluation de produit, fidélité de mesure, validité factorielle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle PIMGEN a été formalisée et validée dans son armature psychométrique contemporaine par une équipe de chercheurs renommés en marketing quantitatif et comportement du consommateur :
- Michel Laroche, Ph.D., FRSC, Professeur émérite distingué de marketing (Royal Bank Distinguished Professor of Marketing), École de gestion John-Molson, Université Concordia, Montréal, Québec, Canada. Spécialiste mondial de la modélisation du comportement du consommateur, de l’intangibilité des services et de la communication persuasive. Courriel institutionnel :
[email protected]. - Zhiyong Yang, Ph.D., Professeur de marketing et chef de département, Bryan School of Business and Economics, Université de Caroline du Nord à Greensboro (UNCG), États-Unis (anciennement doctorant et chercheur à l’Université Concordia). Courriel institutionnel :
[email protected]. - Gordon H. G. McDougall, Ph.D., Professeur émérite de marketing, Lazaridis School of Business and Economics, Université Wilfrid-Laurier, Waterloo, Ontario, Canada. Pionnier des études sur la tangibilité perçue et la satisfaction des consommateurs.
- Jasmin Bergeron, Ph.D., Professeur titulaire de marketing, École des sciences de la gestion (ESG UQAM), Université du Québec à Montréal, Montréal, Québec, Canada. Spécialiste de la vente relationnelle et de la psychologie des interactions de service. Courriel institutionnel :
[email protected].
4. Objectif / Purpose
La finalité première de l’échelle PIMGEN est de capturer et de quantifier le niveau de généralité perceptuelle associé à un produit au sein de l’esprit du consommateur. Historiquement, la littérature en économie des services et en théorie du marketing a longtemps considéré la dichotomie bien matériel versus service comme une opposition binaire simpliste. Cependant, les travaux fondamentaux en psychologie cognitive appliquée ont démontré que la tangibilité ne dépend pas uniquement de la présence physique de la matière, mais de la manière dont l’esprit humain traite les informations sensorielles et mémorielles d’une offre. L’objectif de la PIMGEN est précisément d’isoler l’aspect cognitif selon lequel un produit — qu’il soit un objet physique manufacturé, un logiciel numérique ou un service immatériel — génère une image mentale précise et individualisée ou, au contraire, une représentation floue, vague et générique.
Dans les contextes de recherche académique, la PIMGEN répond au besoin méthodologique de décomposer l’intangibilité perçue en facteurs non redondants. Elle permet aux chercheurs d’évaluer dans quelle mesure l’incapacité d’un consommateur à spécifier les caractéristiques détaillées d’un article découle non pas d’un déficit d’information brute, mais d’une structure d’attributs trop diffuse. L’échelle est mobilisée pour expliquer les mécanismes cognitifs de formation des jugements préalables à l’achat, l’évaluation de la qualité perçue, la formation des attentes, la recherche d’informations exploratoires et la sensation de perplexité décisionnelle.
Sur le plan des applications appliquées et managériales, l’instrument fournit aux concepteurs d’interfaces utilisateur (UX), aux directeurs de marque (brand managers) et aux stratèges du commerce électronique un diagnostic direct sur l’efficacité de la présentation visuelle et textuelle des offres. Par exemple, lorsqu’un consommateur navigue sur une plateforme de commerce en ligne, l’absence de contact physique peut amplifier la généralité perçue d’un produit d’habillement ou d’un équipement technologique. L’utilisation de la PIMGEN permet de mesurer si l’ajout de visualisations en trois dimensions, de réalité augmentée, de vidéos démonstratives ou de descriptions granulaires d’attributs parvient effectivement à abaisser la généralité de l’image du produit, transformant une abstraction nébuleuse en un concept mental net, tangible et hautement différencié.
Enfin, en psychologie expérimentale du consommateur, la PIMGEN sert de variable médiatrice ou dépendante clé pour analyser l’impact du traitement analogique versus analytique de l’information, de la surcharge informationnelle et de la mémoire sémantique dans l’évaluation de nouveaux concepts de produits avant leur mise sur le marché.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par l’échelle PIMGEN s’enracine dans la théorie de l’intangibilité perçue, définie à l’origine dans les travaux de l’économie des services et raffinée par la psychologie cognitive du consommateur. L’intangibilité a longtemps été circonscrite à l’incapacité de toucher, de voir ou d’expérimenter physiquement un bien avant l’achat (intangibilité physique). Néanmoins, McDougall (1987) puis Laroche et ses collègues (2001, 2003, 2005) ont établi que l’intangibilité est une entité multidimensionnelle composée de trois facettes interdépendantes mais conceptuellement distinctes :
- L’intangibilité physique : La privation d’accès tactile ou sensoriel direct à l’objet.
- L’intangibilité mentale : La difficulté psychologique à comprendre clairement ce qu’est le produit, son utilité et ses bénéfices fonctionnels (« Je n’arrive pas à saisir le concept de ce produit »).
- La généralité de l’image (PIMGEN) : L’absence de traits distinctifs, précis et définis dans la représentation mentale du produit (« Ce produit ne m’évoque rien de spécifique ou de bien particulier »).
La généralité renvoie à l’impossibilité cognitive d’ancrer le produit sur des descripteurs concrets et distinctifs. Selon la théorie sémantique des concepts, un concept est dit « général » lorsqu’il renvoie à une catégorie d’ordre supérieur ou à un prototype flou sans spécifications idiosyncratiques. À l’opposé, un concept est dit « spécifique » ou « net » lorsqu’il active des réseaux neuronaux d’associations précises, d’attributs discriminants et de marqueurs d’identité sensorielle ou fonctionnelle.
Pour illustrer ce construit, considérons l’évaluation d’un ordinateur portable vendu en ligne :
- Condition de forte généralité (score PIMGEN élevé après inversion) : Le consommateur perçoit l’appareil comme « simplement un ordinateur gris ordinaire ». Il est incapable de détailler la texture du châssis, la réactivité du clavier, la spécificité des connectiques ou la signature esthétique. Dans son esprit, le produit se fond dans la masse indéfinie de la catégorie générale des ordinateurs portables.
- Condition de faible généralité / haute spécificité (score PIMGEN faible après inversion) : Le consommateur dispose d’une vision cristalline : il visualise précisément l’alliage de magnésium usiné, la disposition ergonomique des touches, la brillance de l’écran antireflet et la structure thermique interne. L’image du produit est granulaire, hautement résolue et immédiatement discernable.
Les trois items de l’échelle PIMGEN sont délibérément formulés de manière positive vis-à-vis de la clarté et de la spécificité (ex. : clarté de l’image mentale, facilité à décrire en détail, netteté des caractéristiques), puis recodés de manière inversée lors de la phase de calcul des scores. Ce mécanisme permet de capter la difficulté introspective du sujet : plus le sujet affirme vigoureusement qu’il ne parvient pas à former une image nette ou qu’il est incapable de verbaliser des spécificités techniques, plus le score final de généralité (ou d’intangibilité générique) est élevé.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le socle théorique de la PIMGEN croise la théorie du double codage d’Allan Paivio, la théorie des niveaux de représentation cognitive (Construal Level Theory ou CLT) de Liberman et Trope, et les modèles de traitement de l’information dans la prise de décision de l’acheteur.
La théorie du double codage et la vivacité de l’imagerie
Selon la théorie du double codage de Paivio (1986), l’esprit humain traite et stocke l’information au moyen de deux sous-systèmes cognitifs autonomes mais interconnectés : un système verbal (responsable du traitement des symboles linguistiques et textuels) et un système non verbal ou imagé (spécialisé dans le traitement des représentations perceptuelles, spatiales et visuelles). Les objets concrets et tangibles activent simultanément les deux systèmes, bénéficiant d’un codage dual qui optimise la rétention mémorielle, la compréhension et l’attachement affectif. En revanche, un produit souffrant d’une forte généralité n’active que faiblement le système non verbal : le consommateur ne dispose pas d’images mentales concrètes à associer aux étiquettes linguistiques abstraites. L’échelle PIMGEN mesure directement cette déficience d’imagerie mentale en évaluant la difficulté à « visualiser » ou « se représenter nettement » les traits de l’objet.
La théorie des niveaux de représentation (Construal Level Theory – CLT)
Formulée par Trope et Liberman (2003, 2010), la CLT postule que la distance psychologique (qu’elle soit spatiale, temporelle, sociale ou hypothétique) altère systématiquement la façon dont les individus se représentent les objets et les événements. Une grande distance psychologique suscite des représentations de haut niveau, abstraites, schématiques et génériques, dépourvues de détails contextuels secondaires. Inversement, une faible distance psychologique induit des représentations de bas niveau, concrètes, contextualisées et hautement spécifiques. La généralité de l’image du produit (telle qu’opérationnalisée par la PIMGEN) traduit sur le plan psychométrique le basculement d’une représentation de bas niveau (riche en détails discriminants) vers une représentation de haut niveau (générique et floue). Dans le commerce électronique, l’éloignement physique du produit génère une distance psychologique artificielle qui pousse l’acheteur vers un niveau d’abstraction élevé, rendant l’échelle PIMGEN particulièrement sensible aux variations d’interfaces web.
L’école du risque perçu et de l’asymétrie d’information
La PIMGEN s’insère également dans le paradigme économique et psychologique du risque perçu initié par Bauer (1960) et approfondi par Cox (1967). Lorsque la généralité de l’image est élevée, l’asymétrie d’information entre le vendeur et l’acheteur s’accroît considérablement. L’incapacité à déceler les caractéristiques distinctives génère un risque de performance perçu (« Le produit correspondra-t-il à mes exigences ? ») et un risque financier (« Est-ce que je ne paie pas trop cher pour un objet indifférencié ? »). Laroche et al. (2005) ont mathématiquement démontré que la généralité agit comme un antécédent proximal du risque perçu global, qui à son tour inhibe l’intention d’achat.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques de la PIMGEN ont fait l’objet d’examens statistiques approfondis au sein de multiples échantillons empiriques, notamment dans les études fondatrices de Laroche et al. (2003, 2005) portant sur plus de 1 200 consommateurs interrogés à travers différentes typologies d’offres (produits tangibles versus intangibles, canaux électroniques versus magasins physiques).
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente de la PIMGEN a été rigoureusement démontrée par la significativité statistique de l’ensemble des saturations factorielles standardisées associées aux trois items. Dans le modèle de mesure de Laroche et al. (2005), toutes les saturations factorielles (λ) excédaient le seuil critique conventionnel de 0,70 (variant entre 0,74 et 0,89, p < 0,001). De plus, la variance moyenne extraite (VME ou Average Variance Extracted, AVE) s’est établie de manière récurrente au-dessus du critère standard de Fornell et Larcker (1981) de 0,50, atteignant des valeurs oscillant entre 0,61 et 0,76 selon les cohortes expérimentales. Ces résultats attestent que plus de 60 % de la variance des indicateurs est captée par le construit latent de généralité plutôt que par l’erreur de mesure.
Validité discriminante
L’un des défis majeurs lors de l’introduction de la PIMGEN consistait à prouver que la « généralité » ne se confondait pas avec « l’intangibilité physique » ou « l’intangibilité mentale ». Les tests empiriques basés sur le critère de Fornell-Larcker ont validé de façon indiscutable que la racine carrée de l’AVE pour la PIMGEN était nettement supérieure aux corrélations inter-construits reliant la généralité à l’intangibilité mentale (corrélations généralement situées entre r = 0,42 et r = 0,58) et à l’intangibilité physique (corrélations situées entre r = 0,25 et r = 0,45). Par ailleurs, les tests d’hétérotrait-monotrait (ratio HTMT), appliqués dans des réplications contemporaines, ont produit des valeurs bien inférieures au seuil conservateur de 0,85, écartant tout soupçon de colinéarité excessive entre les dimensions.
Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique s’avère particulièrement robuste. Intégrée dans des modèles d’équations structurelles (SEM), la généralité prédit positivement et significativement :
- Le risque financier perçu (β compris entre 0,28 et 0,41, p < 0,01) ;
- Le risque de performance (β compris entre 0,33 et 0,49, p < 0,001) ;
- L’effort cognitif requis pour la recherche d’informations complémentaires.
Parallèlement, la PIMGEN prédit négativement la confiance du consommateur envers le distributeur et l’intention finale d’achat, démontrant ainsi sa pertinence prédictive dans des contextes réels d’arbitrage commercial.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle PIMGEN a été évaluée à travers plusieurs indicateurs de cohérence interne et de stabilité dans diverses conditions d’expérimentation.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)
Bien que l’échelle ne contienne que trois items — une configuration qui tend mathématiquement à pénaliser le coefficient alpha de Cronbach —, la PIMGEN fait preuve d’une homogénéité interne remarquable :
- Dans l’étude princeps de Laroche et al. (2005), le coefficient α de Cronbach a été évalué à 0,82 pour les produits évalués en contexte de commerce physique et à 0,85 pour les mêmes produits évalués dans un environnement d’achat en ligne.
- La fiabilité composite (Composite Reliability – CR ou Rho de Jöreskog) dépasse systématiquement le seuil de 0,80, s’établissant couramment entre 0,83 et 0,88.
- Les corrélations item-total corrigées dépassent toutes le seuil minimal recommandé de 0,50, se situant majoritairement dans une fourchette robuste de 0,62 à 0,77, ce qui confirme qu’aucun des trois énoncés n’est redondant ou périphérique au regard du construit cible.
Stabilité test-retest et invariance de mesure
Dans des protocoles de pré-test longitudinaux avec un intervalle de deux à quatre semaines, le coefficient de corrélation intra-classe (CCI) a oscillé entre 0,75 et 0,81, indiquant une stabilité temporelle satisfaisante en l’absence d’intervention informationnelle sur le produit. De surcroît, les travaux de validation transculturelle et inter-canaux ont confirmé l’invariance factorielle de l’échelle (invariance configurationnelle, métrique et scalaire) entre acheteurs en ligne et acheteurs en magasin traditionnel, assurant que les scores obtenus peuvent être comparés sans distorsion psychométrique entre ces deux groupes.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de la PIMGEN a fait l’objet de vérifications approfondies par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) à l’aide de progiciels tels que LISREL et AMOS.
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors des phases initiales de développement d’échelles menées par McDougall et Laroche, l’extraction en composantes principales avec rotation varimax et oblimin direct sur l’ensemble des items d’intangibilité a systématiquement isolé un facteur autonome regroupant les items de généralité. Les critères d’arrêt standards (valeur propre supérieure à 1 de Kaiser-Guttman et examen visuel du diagramme de sédimentation de Cattell) ont clairement validé l’existence d’une dimension distincte expliquant à elle seule entre 18 % et 24 % de la variance totale du pool élargi d’items sur l’intangibilité.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Dans l’analyse factorielle confirmatoire globale rapportée par Laroche, Yang, McDougall et Bergeron (2005), le modèle tridimensionnel de l’intangibilité (distinguant physique, mentale et généralité) a présenté un ajustement très supérieur à tous les modèles concurrents unidimensionnels ou bidimensionnels alternatifs. Les indices statistiques d’adéquation globale ont attesté d’une excellente concordance avec les données empiriques :
- Chi-deux normalisé (χ² / ddl) : Valeurs comprises entre 1,65 et 2,30 (largement sous le seuil d’acceptabilité de 3,00) ;
- Goodness of Fit Index (GFI) : > 0,95 ;
- Comparative Fit Index (CFI) : > 0,97 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI / NNFI) : > 0,96 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : Valeurs oscillant entre 0,038 et 0,052 avec un intervalle de confiance à 90 % strictement inférieur à 0,08 ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : < 0,040.
Les saturations factorielles standardisées des trois items de la PIMGEN sur le facteur latent de généralité se sont réparties de manière équilibrée et hautement significative :
- Item 1 (Image claire et nette du produit) : λ = 0,84 à 0,89 (résidu d’erreur θ ≈ 0,21 à 0,29) ;
- Item 2 (Facilité à décrire les détails précis) : λ = 0,78 à 0,84 (résidu d’erreur θ ≈ 0,29 à 0,39) ;
- Item 3 (Présence de caractéristiques bien délimitées) : λ = 0,74 à 0,81 (résidu d’erreur θ ≈ 0,34 à 0,45).
Cette configuration écarte tout phénomène de saturation croisée (cross-loadings) significative sur les dimensions d’intangibilité physique ou mentale, démontrant une pureté factorielle exemplaire.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument PIMGEN est un questionnaire psychométrique auto-administré conçu pour être intégré aisément dans des protocoles d’enquêtes ou des dispositifs expérimentaux en laboratoire ou en ligne.
- Type d’évaluation : Instrument de mesure psychologique et d’attitude cognitive basé sur l’auto-évaluation introspective (self-report inventory).
- Format d’administration : Papier-crayon ou questionnaire numérique informatisé (compatible ordinateurs, tablettes et téléphones mobiles).
- Nombre d’items : 3 items courts rédigés sous la forme d’affirmations d’auto-évaluation.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 ou 9 points d’ancrage bipolaire :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
- 4 ou 5 = Neutre / Ni en désaccord ni d’accord (selon échelle en 7 ou 9 points)
- 7 ou 9 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
- Procédure de cotation et de calcul :
- Inversion des scores (Reverse Scoring) : Tous les items originaux étant formulés positivement en faveur de la spécificité (clarté et précision), les scores bruts doivent impérativement être inversés avant toute analyse visant à mesurer la généralité ou l’intangibilité. Pour une échelle de 1 à 7, la formule d’inversion est :
Score Inversé = 8 - Score Brut. Pour une échelle de 1 à 9, la formule est :Score Inversé = 10 - Score Brut. - Calcul de l’indice composite : Le score global de généralité s’obtient en effectuant la moyenne arithmétique des trois items inversés.
- Interprétation : Un score moyen faible (proche de 1) indique une image hautement concrète, individualisée et spécifique du produit. Un score moyen élevé (proche de 7 ou 9) indique une forte généralité, révélant un flou perceptuel important et une incapacité à distinguer les attributs du produit.
- Inversion des scores (Reverse Scoring) : Tous les items originaux étant formulés positivement en faveur de la spécificité (clarté et précision), les scores bruts doivent impérativement être inversés avant toute analyse visant à mesurer la généralité ou l’intangibilité. Pour une échelle de 1 à 7, la formule d’inversion est :
- Temps de passation estimé : Moins de 60 secondes pour l’ensemble des trois items.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’échelle PIMGEN a été publiée sous sa configuration actuelle en 2005 dans la revue universitaire évaluée par les pairs Journal of Retailing (Volume 81, Numéro 4, pages 251–267) par Michel Laroche, Zhiyong Yang, Gordon H. G. McDougall et Jasmin Bergeron. Des versions préliminaires et fondatrices avaient été présentées dès 2001 et 2003 par les mêmes auteurs.
- Droits d’auteur et permissions : Les droits d’exploitation commerciale de l’article scientifique appartiennent à Elsevier B.V. au nom de l’université de New York (NYU). Néanmoins, conformément aux usages éthiques et académiques en vigueur dans la recherche universitaire, l’utilisation de l’échelle à des fins d’enseignement, de recherche non commerciale, de thèses doctorales ou d’études académiques est autorisée à titre gracieux, sous réserve de citer formellement la publication originale de référence (Laroche et al., 2005).
- Frais d’utilisation : Gratuit pour toute recherche académique et scientifique. Pour toute utilisation commerciale intégrée au sein d’outils propriétaires d’évaluation de marque ou de plateformes marchandes privées à but lucratif, une autorisation préalable doit être sollicitée auprès des auteurs correspondants ou des ayants droit éditoriaux via le Centre des droits d’auteur (Copyright Clearance Center).
- Année d’introduction officielle : 2005 (forme finalisée).
12. Références / References
- Bauer, R. A. (1960). Consumer behavior as risk taking. In R. S. Hancock (Ed.), Dynamic Marketing for a Changing World (pp. 389–398). American Marketing Association.
- Cox, D. F. (Ed.). (1967). Risk Taking and Information Handling in Consumer Behavior. Harvard University Press.
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Laroche, M., Bergeron, J., & Goutaland, C. (2001). A three-dimensional scale of intangibility. Journal of Service Research, 4(1), 26–38. https://doi.org/10.1177/109467050141003
- Laroche, M., Bergeron, J., & Goutaland, C. (2003). How intangibility affects perceived risk: The moderating role of knowledge and involvement. Journal of Services Marketing, 17(2), 122–140. https://doi.org/10.1108/08876040310467907
- Laroche, M., Yang, Z., McDougall, G. H. G., & Bergeron, J. (2005). Internet versus bricks-and-mortar retailers: An investigation into intangibility and its consequences. Journal of Retailing, 81(4), 251–267. https://doi.org/10.1016/j.jretai.2004.11.002
- McDougall, G. H. G. (1987). Determinants of ease of evaluation of products: The intangibility factor. In R. Belk (Ed.), Proceedings of the 1987 AMA Winter Educators’ Conference (pp. 202–206). American Marketing Association.
- Paivio, A. (1986). Mental Representations: A Dual Coding Approach. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195066661.001.0001
- Trope, Y., & Liberman, N. (2003). Temporal construal. Psychological Review, 110(3), 403–421. https://doi.org/10.1037/0033-295X.110.3.403
- Trope, Y., & Liberman, N. (2010). Construal-level theory of psychological distance. Psychological Review, 117(2), 440–463. https://doi.org/10.1037/a0018963
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Product Image Generality Scale (PIMGEN) — English Items (Reverse-Scored):
Instructions: Please rate the extent to which you agree or disagree with each statement regarding the product you have just examined, using the scale from 1 (Strongly Disagree) to 7 (Strongly Agree).
- I have a very clear picture of this product.
- I could easily describe this product in great detail to someone else.
- This product has very clear and distinct features.
Traduction indicative pour passation francophone (Items inversés) :
Instructions : Veuillez indiquer votre degré d’accord avec chacune des affirmations suivantes concernant le produit présenté, sur une échelle allant de 1 (Pas du tout d’accord) à 7 (Tout à fait d’accord).
- J’ai une image mentale très claire et précise de ce produit.
- Je pourrais facilement décrire ce produit de manière très détaillée à une autre personne.
- Ce produit possède des caractéristiques très nettes et bien distinctes.