Port d’armes — Youth Risk Behavior Survey / NYC Youth Violence Survey

Analyse psychométrique détaillée du module de mesure du port d’armes issu du Youth Risk Behavior Survey (YRBS) et du NYC Youth Violence Survey : validité, fidélité test-retest, cadre théorique socio-écologique et items officiels.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le module d’évaluation du port d’armes issu du Youth Risk Behavior Survey (YRBS) et du New York City Youth Violence Survey (NYC-YVS) constitue l’un des instruments de surveillance épidémiologique et psychométrique les plus utilisés pour quantifier les comportements à risque létaux chez les adolescents scolarisés. Développé initialement sous l’égide des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et du Département de la santé et de l’hygiène mentale de la ville de New York (NYC DOHMH), cet outil mesure la fréquence, les contextes spatio-temporels, les motivations psychologiques, les filières d’acquisition et les antécédents de victimisation associés au port d’armes blanches et d’armes à feu. Composé de 8 items cardinaux, le module interroge le comportement sur une période rétrospective de 30 jours (pour le port) et de 12 mois (pour la victimisation). Les formats de réponse combinent des échelles catégorielles ordonnées de fréquence temporelle (de 0 à 6 jours ou plus, ou jusqu’à 18 jours ou plus selon les items) et des questions à choix multiples ciblant la causalité perçue et la source d’approvisionnement. Les propriétés psychométriques établies dans de vastes cohortes nationales et urbaines mettent en évidence une fidélité test-retest substantielle à excellente (coefficients kappa de Cohen s’échelonnant généralement entre 0,65 et 0,86), une validité convergente robuste avec d’autres indices de délinquance juvénile et de victimisation, ainsi qu’une sensibilité épidémiologique éprouvée pour modéliser les taux d’incidence démographiques. Cet instrument fournit des repères essentiels pour l’évaluation des interventions préventives en milieu scolaire et la recherche en criminologie développementale et en santé publique.

2. Mots-clés / Keywords

Port d’armes, Youth Risk Behavior Survey, délinquance juvénile, violence en milieu scolaire, armes à feu, épidémiologie comportementale, victimisation des adolescents, santé publique, psychométrie, évaluation du risque, comportements antisociaux, Centers for Disease Control and Prevention.

3. Auteurs / Authors

L’instrument résulte des travaux concertés d’organismes publics de recherche épidémiologique et de santé publique aux États-Unis :

  • Division of Adolescent and School Health (DASH), National Center for Chronic Disease Prevention and Health Promotion, Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Atlanta, Géorgie, États-Unis.
  • New York City Department of Health and Mental Hygiene (NYC DOHMH), New York, NY, États-Unis.
  • Contributeurs méthodologiques clés : Dr. Laura Kann (ancienne directrice de recherche du système YRBS, CDC), Dr. Danice K. Eaton (CDC), Dr. Nancy D. Brener (spécialiste de la méthodologie d’enquête et de la fidélité des mesures comportementales au CDC), et les équipes de surveillance épidémiologique de la violence juvénile de la ville de New York.

4. Objectif / Purpose

Le module de mesure du port d’armes issu du YRBS et du NYC Youth Violence Survey a été conçu pour combler un déficit critique dans la surveillance épidémiologique des comportements susceptibles d’entraîner des morbidités et mortalités traumatiques majeures chez les adolescents. Historiquement, la violence armée chez les jeunes était documentée principalement à travers les registres d’arrestations policières ou les statistiques de mortalité hospitalière et médicolégale. Bien qu’indispensables, ces indicateurs administratifs ne capturent que l’aboutissement le plus extrême du continuum de violence et souffrent d’un biais d’attrition considérable, négligeant les comportements quotidiens, clandestins et préventifs de port d’armes n’ayant pas mené à un contact judiciaire ou médical.

L’objectif fondamental de cet instrument est donc triple :

  1. Estimer la prévalence et l’incidence en population générale scolaire : L’outil quantifie la proportion d’élèves de l’enseignement secondaire (grades 6 à 12, soit environ 11 à 18 ans) qui transportent des armes blanches (couteaux, poignards), des armes contondantes (gourdins, matraques) ou des armes à feu (pistolets, revolvers), tant dans l’espace public général que dans les enceintes académiques.
  2. Disséquer la dynamique contextuelle et spatio-temporelle : En isolant le port d’armes global, le port durant les trajets scolaires (« going to or from school ») et le port sur la propriété même de l’école (« on school property »), l’échelle permet de cartographier les zones de vulnérabilité perçue et d’éclairer la politique sécuritaire et psycho-éducative des établissements.
  3. Élucider les mécanismes motivationnels et logistiques : En explorant explicitement le mobile prédominant (autodéfense face à une menace, conformisme social, affirmation de statut, intention agressive) et les canaux d’obtention de l’arme de poing (domicile familial, achat dans la rue, commerce formel, emprunt, vol), l’instrument offre aux cliniciens, psychologues scolaires et épidémiologistes des cibles d’intervention spécifiques, différenciant la délinquance proactive de l’hypervigilance consécutive à une victimisation répétée.

Sur le plan clinique et préventif, l’instrument fournit une base métrologique standardisée pour l’évaluation des programmes de réduction de la violence, l’analyse des politiques de désarmement en milieu urbain et le dépistage communautaire des adolescents exposés à des trajectoires de risque polymorphes (cumul avec l’usage de substances psychoactives, le harcèlement scolaire et les troubles des conduites).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par ce module relève des comportements d’extériorisation à haut risque et de l’adaptation défensive en contexte menaçant. Contrairement aux échelles d’attitudes qui évaluent la propension abstraite ou l’approbation morale de l’agressivité, cet instrument mesure un engagement comportemental effectif, clandestin et potentiellement létal. Le construit s’articule autour de cinq dimensions fondamentales :

1. Fréquence comportementale du port d’armes indifférenciées vs spécifiques

La première dimension concerne la récurrence du port d’un instrument létal ou incapacitant (fusil, pistolet, couteau, gourdin) sur un cycle mensuel récent (30 jours). Cette fréquence temporelle permet de distinguer l’expérimentation isolée (port ponctuel durant 1 jour) d’une intégration habituelle et chronique du port d’arme au répertoire comportemental quotidien (port répété 6 jours ou plus). Une sous-dimension cruciale isole spécifiquement le port d’armes à feu, un comportement associé à un potentiel de létalité disproportionnellement plus élevé et à des trajectoires délinquantes plus sévères.

2. Contextualisation spatiale du risque

Le comportement de port d’armes varie de façon drastique selon l’écologie sociale dans laquelle évolue l’adolescent. L’instrument discrimine formellement :

  • L’espace de vie global (« Anywhere ») : reflétant l’exposition générale au quartier, aux pairs délinquants ou aux activités de rue.
  • Les zones de transit scolaire (« To/From School ») : représentant un espace liminaire où l’adolescent se perçoit souvent comme non protégé par l’autorité institutionnelle et exposé aux agressions interpersonnelles ou aux bandes rivales.
  • Le sanctuaire scolaire (« On School Property ») : où le port d’arme enfreint directement les règles formelles de tolérance zéro, traduisant soit une rupture majeure du lien social avec l’institution scolaire, soit un état d’insécurité psychologique extrême surpassant la peur des sanctions disciplinaires.

3. Attribution motivationnelle

Le module capture l’intentionnalité sous-jacente au port d’arme via une catégorisation fonctionnelle. La littérature en psychologie clinique démontre que le port d’arme n’est pas un construit homogène : pour une majorité substantielle d’adolescents, il répond à une logique de protection personnelle (« For protection against attacks ») ancrée dans un sentiment d’insécurité chronique et de paranoïa adaptative. Pour d’autres, il répond à une logique de renforcement par les pairs et conformisme (« Because my friends carry weapons »), d’affirmation narcissique et de quête de statut (« Because it makes me feel important », « To show off »), ou, plus rarement mais plus dangereusement, d’agression proactive (« Because I wanted to hurt someone »).

4. Accessibilité environnementale et filières d’acquisition

Cette dimension mesure l’interaction entre la motivation individuelle et l’opportunité structurelle. L’accès à une arme de poing examine la perméabilité du domicile familial (arme parentale accessible), l’insertion dans des réseaux informels ou illégaux (« purchased on the street », « borrowed from a friend », « stolen »), ou l’exploitation de failles dans le commerce réglementé. Ce vecteur met en lumière le degré d’ancrage de l’adolescent dans un environnement criminogène ou la défaillance des mécanismes de stockage sécurisé intrafamilial.

5. Exposition à la victimisation armée en milieu scolaire

La dernière facette opérationnalise la victimisation par menace ou blessure avec arme sur le domaine scolaire au cours des 12 derniers mois. Cette dimension agit à la fois comme variable de contrôle, modérateur et facteur étiologique primaire : l’exposition directe à une menace armée constitue le catalyseur psychologique le plus puissant déclenchant un port d’arme réactionnel pour survie.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’instrumentation du port d’armes chez les adolescents s’inscrit au carrefour de plusieurs cadres théoriques majeurs de la psychologie, de la criminologie et de la santé publique :

Le modèle socio-écologique de la violence (Bronfenbrenner, Dahlberg & Krug)

Adopté par l’Organisation mondiale de la santé et les CDC, le modèle socio-écologique conceptualise la violence non comme un acte pathologique isolé, mais comme le produit d’interactions complexes réparties sur quatre niveaux : individuel (antécédents de victimisation, recherche de sensations), relationnel (influence des pairs, dynamique familiale), communautaire (violence du quartier, climat scolaire) et sociétal (disponibilité des armes à feu, normes culturelles de recours à la force). Le module YRBS/NYC-YVS capte simultanément des marqueurs individuels (fréquence, motivation agressive), relationnels (armes empruntées à des pairs, imitation) et communautaires (sentiment d’insécurité sur le trajet et à l’école).

La théorie des activités de routine (Cohen & Felson)

Selon la théorie des activités de routine, la criminalité et la victimisation surviennent lorsque trois éléments convergent dans l’espace et le temps : un délinquant motivé, une cible vulnérable/appropriée et l’absence de gardien compétent. Le port d’armes sur le chemin de l’école illustre cette dynamique : le trajet domicile-école constitue un interstice spatial dépourvu de surveillance adulte constante, incitant les jeunes ciblés à adopter une « autodéfense armée » en substitut à l’absence de gardiens efficaces.

La théorie de l’apprentissage social (Bandura, Akers)

La théorie de l’apprentissage social de Robert Burgess et Ronald Akers postule que les comportements délinquants sont acquis par conditionnement opérant, imitation de modèles signifiants (pairs déviants, fratrie) et intériorisation de définitions favorables à la transgression. Les items évaluant le port d’armes motivé par les pairs (« Because my friends carry weapons ») ou la quête de prestige (« To show off and impress my friends ») reflètent directement ces processus de renforcement différentiel et d’imitation vicariante.

Le paradigme de l’hypervigilance traumatique et de l’adaptation défensive

Issu de la psychopathologie développementale, ce modèle démontre que les enfants et adolescents chroniquement exposés à la violence communautaire développent un biais d’attribution hostile et une hyper-réactivité face à la menace. Dans cet état de stress post-traumatique complexe, le port d’arme n’est pas perçu par le jeune comme une infraction délibérée ou une transgression, mais comme une nécessité instrumentale de survie (« survival strategy »). L’item 8 (menacé ou blessé avec une arme à l’école) et l’item 3b (protection personnelle) incarnent opérationnellement cette trajectoire de victimisation-réaction armée.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la validité du module YRBS/NYC-YVS a fait l’objet de nombreuses investigations scientifiques conduites par les CDC et des équipes universitaires indépendantes :

Validité de contenu et d’apparence

Les items ont été développés selon une méthode itérative rigoureuse impliquant des panels d’experts multidisciplinaires (épidémiologistes comportementaux, pédiatres, psychologues du développement, sociologues et spécialistes de la justice juvénile). Les questions ont été soumises à des pré-tests cognitifs en laboratoire avec des adolescents d’origines socio-économiques et ethnoculturelles variées afin de s’assurer que les termes désignant les armes (« gun, knife, or club ») et les contextes spatiaux (« on school property ») étaient universellement compris sans ambiguïté sémantique.

Validité de construit et convergente

La validité convergente de l’instrument est largement documentée. Dans les analyses épidémiologiques transversales et longitudinales du CDC :

  • Les élèves déclarant avoir porté une arme au cours des 30 derniers jours affichent des taux significativement plus élevés de participation à des bagarres physiques (odds ratios variant typiquement de 3,5 à 7,2 selon les sous-groupes), de consommation d’alcool et de drogues illicites, et d’absentéisme scolaire motivé par la peur de subir une agression physique.
  • Une corrélation robuste est observée entre l’item de victimisation sur la propriété scolaire (item 8) et le port ultérieur d’arme sur le domaine scolaire (item 7), confirmant l’hypothèse de l’armement réactionnel face au trauma.

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à distinguer les comportements d’agression générale des infractions armées spécifiques. Les analyses montrent que le port d’arme constitue un palier distinct dans les modèles d’escalade délinquante : si presque tous les adolescents portant des armes rapportent des comportements d’opposition ou des altercations verbales, l’inverse n’est pas vrai. L’instrument discrimine avec précision les jeunes engagés dans une simple conflictualité adolescente ordinaire de ceux ancrés dans une dangerosité létale.

Sensibilité au changement et validité de critère

Dans les études d’évaluation des politiques publiques (telles que l’installation de détecteurs de métaux dans les lycées de New York ou l’implantation de corridors sécurisés de déplacement), le module a démontré une sensibilité empirique adéquate, détectant des réductions statistiquement significatives du port d’armes sur le domaine scolaire sans distorsion des taux mesurés dans l’espace public général (« anywhere »), prouvant la précision contextuelle de la mesure.

8. Fidélité / Reliability

En matière d’enquêtes épidémiologiques auto-administrées portant sur des conduites réprouvées ou illégales, la stabilité temporelle des déclarations constitue l’étalon d’or de la fidélité.

Fidélité test-retest

L’étude méthodologique princeps menée par Brener, Collins, Kann, Warren et Williams (1995), suivie de la grande réévaluation de 2002 (Brener et al., 2002) publiée dans le Journal of Adolescent Health, a administré le questionnaire YRBS à un échantillon national représentatif d’élèves du secondaire à un intervalle de 14 jours :

  • Pour l’item général portant sur le port d’armes au cours des 30 derniers jours (item 1), le coefficient kappa de Cohen ($kappa$) a atteint 0,76 (IC à 95 % : 0,70 – 0,82), ce qui dénote une fidélité substantielle à excellente. Le pourcentage d’accord brut dépassait 92 %.
  • Pour le port d’armes spécifique sur la propriété scolaire (item 7), le coefficient kappa s’est établi à 0,73, avec un accord global supérieur à 94 %.
  • Pour les items spécifiques aux armes à feu et aux armes de poing (items 2 et 6), les coefficients kappa variaient entre 0,68 et 0,85, confirmant que le rappel temporel sur 30 jours pour des événements d’une telle gravité demeure hautement stable chez les adolescents.

Cohérence interne et nature de la mesure

Bien que le coefficient alpha de Cronbach soit conventionnellement rapporté dans les échelles psychologiques réflexives (où les items sont présumés être des manifestations d’un trait latent sous-jacent unique), le port d’armes dans le YRBS fonctionne davantage comme un ensemble d’indicateurs formatifs comportementaux. L’agrégation des items de fréquence dans des études factorielles composites a néanmoins produit des indices de cohérence interne respectables (coefficients alpha composites variant généralement entre 0,78 et 0,84 pour l’ensemble des conduites violentes associées).

Atténuation des biais de désirabilité sociale

La fidélité des réponses est conditionnée par le protocole de passation : les études du CDC ont démontré que l’anonymat strict, l’administration collective en classe sans la présence de l’enseignant au-dessus des pupitres et l’assurance de confidentialité totale minimisent le sous-rapport délibéré et les déclarations d’exagération (« fake bad »), garantissant une consistance de mesure au fil des cycles biennaux.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle des comportements violents au sein du YRBS et du NYC-YVS a fait l’objet de modélisations factorielles confirmatoires (AFC) et d’analyses en composantes principales (ACP) au cours des trois dernières décennies.

Structure unifactorielle vs multidimensionnelle

Dans les premières analyses factorielles exploratoires des conduites à risque juvéniles (Jessor, Donovan), les comportements de port d’armes saturaient fortement sur un macro-facteur de « syndrome de comportements à risque à l’adolescence » (avec l’usage de substances psychoactives et la sexualité précoce). Cependant, des analyses factorielles plus granulaires menées spécifiquement sur le domaine de la violence (Brener et al., 2003) démontrent l’existence de dimensions bien différenciées :

  • Facteur 1 : Port d’armes clandestin/défensif : regroupe le port d’armes général (item 1), le port d’armes sur le trajet (item 5) et le port sur le site scolaire (item 7), avec des saturations factorielles très élevées oscillant entre 0,72 et 0,89.
  • Facteur 2 : Implication spécifique dans les armes à feu : isole le port de pistolets/armes à feu (items 2, 4 et 6), avec des saturations factorielles comprises entre 0,68 et 0,84, soulignant une rupture qualitative majeure par rapport au port d’armes blanches courantes.
  • Facteur 3 : Victimisation armée : l’item 8 sature de manière distincte sur un axe de victimisation, confirmant qu’il ne doit pas être confondu conceptuellement avec le comportement actif de port, même s’il entretient avec ce dernier une covariance structurelle élevée.

Modélisation par classes latentes (Latent Class Analysis – LCA)

Plusieurs études épidémiologiques contemporaines privilégient l’analyse de classes latentes pour segmenter la population scolaire en profils typologiques à partir de ces items :

  1. Classe 1 : Non-porteurs / Conformes (85 % à 92 % de l’échantillon) : probabilité quasi nulle de réponse positive aux items 1, 2, 5, 6 et 7.
  2. Classe 2 : Porteurs situationnels / transit (5 % à 8 %) : probabilités modérées de port d’armes blanches sur le trajet ou en dehors de l’école, motivées quasi exclusivement par l’autodéfense face aux pairs (item 3b), probabilité quasi nulle de port d’armes à feu.
  3. Classe 3 : Porteurs chroniques / poly-armes (2 % à 4 %) : probabilités élevées de port d’armes blanches et d’armes à feu, présence d’armes sur le domaine scolaire, motivations mixtes (statut social, gangs, défense) et antécédents sévères de victimisation armée.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation épidémiologique et comportementale (auto-rapporté / self-report inventory).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou questionnaire informatisé (auto-administré sous contrôle d’anonymat en milieu scolaire ou en contexte de recherche communautaire).
  • Nombre total d’items : 8 items.
  • Échelle de réponse : Variable selon les items :
    • Items 1, 2 et 7 : Échelle ordinale en 5 points de fréquence temporelle sur 30 jours (0 jour ; 1 jour ; 2 ou 3 jours ; 4 ou 5 jours ; 6 jours ou plus).
    • Items 5 et 6 : Échelle ordinale étendue en 8 points de fréquence pour les trajets scolaires (0 jour ; 1 jour ; 2 à 3 jours ; 4 à 5 jours ; 6 à 9 jours ; 10 à 13 jours ; 14 à 17 jours ; 18 jours ou plus).
    • Item 8 : Échelle ordinale en 8 points d’occurrence de victimisation sur 12 mois (0 fois ; 1 fois ; 2 ou 3 fois ; 4 ou 5 fois ; 6 ou 7 fois ; 8 ou 9 fois ; 10 ou 11 fois ; 12 fois ou plus).
    • Item 3 : Choix multiple catégoriel uninominal identifiant la cause prépondérante (7 modalités : non-porteur, autodéfense, influence des pairs, affirmation de soi/statut, parade/frime, intention hostile, autre).
    • Item 4 : Choix multiple catégoriel uninominal identifiant la filière d’acquisition de l’arme de poing (7 modalités : non-porteur, domicile parental/familial, armurerie/commerce, rue, prêt par un pair/connaissance, vol, autre).
  • Cotation et calcul des scores :
    • Dichotomisation de prévalence : Le score standard est codé sous forme binaire : 0 = non-porteur (réponse « a. 0 jours ») ; 1 = porteur (toute réponse de « b » à « e » ou « h »). Ce codage permet d’obtenir les taux de prévalence standardisés sur 30 jours.
    • Calcul des taux d’incidence comportementale : Pour modéliser la charge comportementale cumulée, les items de fréquence ordinale sont transformés en valeurs continues en attribuant la valeur médiane de chaque intervalle (ex. pour 2 à 3 jours, valeur = 2,5 ; pour 4 à 5 jours, valeur = 4,5 ; pour 6 jours ou plus, valeur minimale de seuil = 6). Le taux d’incidence ($IR$) et son erreur-type ($SE$) sont calculés selon la formule épidémiologique formalisée par le CDC :

      $$IR = \sum_{i=1}^{n} P_i C_i$$
      $$SE = \sqrt{\sum_{i=1}^{n} C_i^2 \cdot operatorname{Var}(P_i)}$$
      où $P_i$ est la proportion de sujets se situant au niveau de réponse $i$, et $C_i$ est la fréquence numérique (ou point médian) correspondant à ce niveau.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1991 pour la matrice originelle du YRBS (CDC) ; 1993 pour le module spécifique intégrant les items du NYC Youth Violence Survey ; rééditions et consolidations méthodologiques dans le compendium du CDC en 2005 (Dahlberg et al., 2005).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Domaine public (Public Domain). Développé par des agences gouvernementales fédérales (CDC/DASH) et municipales (NYC DOHMH) financées par des fonds publics des États-Unis. L’instrument est libre de droits et accessible sans frais d’acquisition de licence.
  • Tarification : Entièrement gratuit (0 $). Aucun coût de reproduction, d’utilisation ou de scoring.
  • Conditions d’utilisation : Les chercheurs et cliniciens sont libres de reproduire et d’administrer ces items dans des protocoles de recherche ou de surveillance épidémiologique, à condition de citer fidèlement la source originelle du CDC et du NYC DOHMH. L’instrument est téléchargeable dans le recueil méthodologique : Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (CDC).

12. Références / References

  • Brener, N. D., Collins, J. L., Kann, L., Warren, C. W., & Williams, B. I. (1995). Reliability of the Youth Risk Behavior Surveillance System questionnaire. American Journal of Epidemiology, 141(6), 575–580. https://doi.org/10.1093/oxfordjournals.aje.a117473
  • Brener, N. D., Kann, L., McManus, T., Kinchen, S. A., Sundberg, E. C., & Ross, J. G. (2002). Reliability of the 1999 Youth Risk Behavior Survey questionnaire. Journal of Adolescent Health, 31(4), 336–342. https://doi.org/10.1016/S1054-139X(02)00439-2
  • Brener, N. D., Kann, L., Shanklin, S., Kinchen, S., Eaton, D. K., Hawkins, J., & Flint, K. H. (2013). Methodology of the Youth Risk Behavior Surveillance System—2013. Morbidity and Mortality Weekly Report: Recommendations and Reports, 62(RR-1), 1–20. https://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/rr6201a1.htm
  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2nd ed.). Atlanta, GA: Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
  • Division of Adolescent and School Health. (1993). New York City Youth Violence Survey. Atlanta, GA: Centers for Disease Control and Prevention.
  • Kann, L., McManus, T., Harris, W. A., Shanklin, S. L., Flint, K. H., Queen, B., Lowry, R., Chyen, D., Whittle, L., Thornton, J., Lim, C., Bradford, D., Yamakawa, Y., Leon, M., Brener, N., & Ethier, K. A. (2018). Youth Risk Behavior Surveillance — United States, 2017. Morbidity and Mortality Weekly Report: Surveillance Summaries, 67(SS-8), 1–114. https://doi.org/10.15585/mmwr.ss6708a1
  • Webster, D. W., Freed, L. H., Frattaroli, S., & Wilson, M. H. (2002). How delinquent youths acquire guns: Initial versus most recent gun acquisitions. Journal of Urban Health, 79(4), 60–69. https://doi.org/10.1093/jurban/79.4.60

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

During the past 30 days‚ on how many days did you carry a weapon such as a gun‚ knife‚ or club?
2

During the past 30 days‚ on how many days did you carry a gun?
3

What is the single most important reason that you carried a weapon such as a gun‚ knife‚ or club during the past 30 days?
4

During the past 30 days‚ the last time you carried a handgun‚ from where did you get the handgun?
5

During the past 30 days‚ on how many days did you carry a weapon such as a gun‚ knife‚ or club going to or from school?
6

During the past 30 days‚ on how many days did you carry a handgun going to or from school?
7

During the past 30 days‚ on how many days did you carry a weapon such as a gun‚ knife‚ or club on school property?
8

During the past 12 months‚ how many times has someone threatened or injured you with a weapon such as a gun‚ knife‚ or club on school property?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Port d’armes — Youth Risk Behavior Survey / NYC Youth Violence Survey. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/port-d-armes-youth-risk-behavior-survey-nyc-youth-violence-survey/
Looti, Mohammed. “Port d’armes — Youth Risk Behavior Survey / NYC Youth Violence Survey.” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/port-d-armes-youth-risk-behavior-survey-nyc-youth-violence-survey/.
Looti, Mohammed. “Port d’armes — Youth Risk Behavior Survey / NYC Youth Violence Survey.” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/port-d-armes-youth-risk-behavior-survey-nyc-youth-violence-survey/.