Plaintes Spécifiques du Patient

Le questionnaire des Plaintes Spécifiques du Patient (PSK / Patient Specific Complaints) est une échelle clinique individualisée d’évaluation du statut fonctionnel conçue par Anna Beurskens et al. Découvrez ses fondements théoriques, sa réactivité clinique et ses propriétés psychométriques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le questionnaire des Plaintes Spécifiques du Patient (traduction de l’instrument néerlandais Patiënt Specifieke Klachten – PSK, également désigné dans la littérature internationale sous l’appellation Patient Specific Complaints – PSC ou sous une forme analogue à la Patient-Specific Functional Scale) est un instrument psychométrique individualisé d’auto-évaluation conçu initialement par Beurskens et al. (1996, 1999) à l’Université de Maastricht. Cet outil évalue le statut fonctionnel, l’incapacité perçue et le retentissement des affections physiques et musculosquelettiques sur les activités quotidiennes significatives pour la personne soignée. Contrairement aux instruments de mesure standardisés à contenu fixe (tels que l’indice d’incapacité d’Oswestry ou le questionnaire de Roland-Morris), la PSK adopte une approche centrée sur le patient dans laquelle ce dernier sélectionne personnellement entre 3 et 5 activités physiques régulières (pratiquées sur une base au moins hebdomadaire) qui s’avèrent entravées ou douloureuses en raison de son affection de santé.

Chaque activité sélectionnée fait l’objet d’une cotation par le sujet sur une échelle d’évaluation numérique (Numeric Rating Scale – NRS) graduée de 0 (« aucune gêne / aucune difficulté ») à 10 (« impossible à réaliser / gêne maximale »), remplaçant l’échelle visuelle analogique (EVA) initiale de 100 mm adoptée dans les versions pré-2008. Développée originellement pour les personnes souffrant de lombalgie chronique ou aiguë, la méthode a été étendue par la suite à d’autres pathologies chroniques, incluant la maladie de Parkinson, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (claudication intermittente), les traumatismes chroniques de la cheville et les pathologies cardiaques. Les propriétés psychométriques documentées dans la littérature internationale démontrent une excellente reproductibilité test-retest (coefficients de corrélation intraclasse souvent supérieurs à 0,85), une sensibilité au changement (réactivité clinique) remarquable surpassant fréquemment celle des questionnaires génériques ou régionaux fixes, ainsi qu’une validité convergente robuste corroborée par des corrélations modérées à fortes avec les échelles de douleur et d’incapacité fonctionnelle reconnues.

2. Mots-clés / Keywords

Plaintes Spécifiques du Patient, Patiënt Specifieke Klachten, PSK, Patient-Specific Complaints, statut fonctionnel, échelle individualisée, biomécanique clinique, réadaptation fonctionnelle, lombalgie, maladie de Parkinson, réactivité clinique, psychométrie.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs en épidémiologie clinique et réadaptation de l’Université de Maastricht (Pays-Bas) :

  • Anna J. H. M. Beurskens, PhD, PT : Professeure et chercheuse senior en autonomie et soins personnalisés, Département d’Épidémiologie et Département de Recherche en Réadaptation, Université de Maastricht (Maastricht University) et Centre d’Expertise Autonomie et Participation, Zuyd University of Applied Sciences, Heerlen, Pays-Bas. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Henrica C. W. de Vet, PhD : Professeure émérite d’épidémiologie clinique et de clinimétrie, Département d’Épidémiologie et de Biostatistique, Amsterdam University Medical Centers (VUmc), Amsterdam, Pays-Bas.
  • Alphons J. M. Köke, PhD, PT : Chercheur en réadaptation et physiothérapie, Adelante Centre d’Expertise en Réadaptation et Université de Maastricht, Pays-Bas.
  • Geert J. M. G. van der Heijden, PhD : Épidémiologiste clinique, Faculté de Médecine, Université de Maastricht et Centre Médical Universitaire d’Utrecht, Pays-Bas.
  • Piet G. Knipschild, MD, PhD : Professeur émérite d’épidémiologie, Faculté de Santé, Médecine et Sciences de la Vie, Université de Maastricht, Pays-Bas.

4. Objectif / Purpose

L’objectif clinique et psychométrique fondamental du questionnaire des Plaintes Spécifiques du Patient (PSK) est de quantifier l’intensité des limitations d’activité et des restrictions de participation vécues par une personne donnée, en mesurant précisément les conséquences fonctionnelles de sa pathologie sur des actions motrices jugées capitales pour sa qualité de vie personnelle. Dans le cadre de l’évaluation médicale conventionnelle, les outils standardisés imposent une liste d’items prédéterminés (par exemple : monter un escalier, lacer ses chaussures, s’asseoir plus de trente minutes). Or, un patient sédentaire vivant en pavillon de plain-pied n’accorde que peu d’importance au fait de monter des escaliers, tandis qu’un musicien de haut niveau ou un travailleur manuel accordera une priorité critique à des gestes techniques complètement absents des questionnaires standardisés.

La PSK répond à cette limite majeure de la mesure clinimétrique classique en opérationnalisant une approche sur-mesure. Les applications de cet outil s’étendent sur plusieurs volets :

  • Évaluation initiale et établissement d’objectifs thérapeutiques : L’instrument structure le dialogue clinique initial entre le patient et le praticien (kinésithérapeute, médecin rééducateur, ergothérapeute). En forçant l’identification des 3 à 5 activités les plus problématiques, la PSK guide l’élaboration d’objectifs de traitement individualisés, conformes à la méthode SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporellement définis).
  • Suivi longitudinal et monitorage de l’efficacité thérapeutique : Au cours de la prise en charge, la réévaluation périodique des mêmes items permet de suivre avec une sensibilité temporelle élevée les progrès moteurs, l’atténuation de la gêne fonctionnelle et la réussite des protocoles de rééducation ou de pharmacothérapie.
  • Recherche clinique et essais contrôlés randomisés : En recherche interventionnelle, la PSK sert de critère de jugement principal (primary outcome measure) pour évaluer l’efficacité de thérapies manuelles, d’exercices thérapeutiques, de programmes d’éducation à la douleur ou d’interventions chirurgicales, grâce à sa réactivité clinique supérieure aux instruments traditionnels.

La justification théorique sous-jacente s’enracine dans la volonté de maximiser la pertinence écologique de la mesure. En ne contraignant pas le sujet à répondre à des questions non pertinentes pour son mode de vie, l’instrument élimine les effets de plancher et de plafond artificiels générés par les items non concordants, tout en renforçant l’alliance thérapeutique par la reconnaissance explicite de l’expérience subjective vécue par le patient.

5. Construit psychologique / Construct

Le questionnaire des Plaintes Spécifiques du Patient opérationnalise le construit de limitation d’activité perçue et d’entrave fonctionnelle subjective. Au sens de la Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé (CIF) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le modèle n’explore pas directement le niveau des déficiences anatomiques ou physiologiques pures (telles que l’amplitude articulaire angulaire en degrés ou la force musculaire isométrique en Newtons), mais cible précisément le niveau des Activités (exécution d’une tâche par une personne) et de la Participation (implication de la personne dans les situations de vie réelle).

L’instrument ne comprend pas de sous-échelles factorielles préconçues ou invariables au sens psychométrique traditionnel, puisque la structure de son contenu est idiosyncrasique et construite dynamiquement. Néanmoins, l’architecture du construit s’articule autour de trois critères d’inclusion stricts que chaque activité sélectionnée doit impérativement satisfaire :

  • Pertinence personnelle et saillance motivationnelle : L’activité doit revêtir une importance significative pour le patient sur le plan personnel, familial, récréatif ou professionnel. Une activité n’est retenue que si sa dégradation affecte négativement le bien-être psychologique ou l’autonomie quotidienne de l’individu. Par exemple, pour un patient atteint de lombalgie, soulever son petit-enfant de son berceau représente une activité à haute charge émotionnelle et relationnelle.
  • Présence d’une gêne ou limitation directe (hinder) : L’exécution de la tâche doit être freinée, altérée, ralentie ou rendue intolérable par la condition clinique cible (douleur, enraidissement, instabilité posturale, tremblements, claudication). La cotation porte expressément sur le degré de difficulté ou d’impossibilité rencontré lors de la performance motrice effective.
  • Fréquence et régularité de survenue : L’action motrice doit faire partie de la vie courante et s’exercer à un rythme régulier, typiquement au moins une fois par semaine. Cette exigence garantit que le patient dispose d’une expérience directe, continue et actualisée de l’activité, prévenant ainsi les biais de remémoration rétrospective et permettant un suivi temporel fiable d’une séance de rééducation à l’autre.

En pratique clinique, le construit s’exprime à travers la sélection par le patient de 3 activités fondamentales (avec la possibilité d’étendre à 4 ou 5 activités optionnelles), réparties hiérarchiquement :

  • Activité 1 : L’activité considérée par le patient comme la plus importante parmi celles qui sont entravées par la pathologie (ex. : « jardiner plus de 20 minutes », « rester assis au bureau une heure consécutive »).
  • Activité 2 : La deuxième activité la plus significative affectée (ex. : « marcher sur une distance de 500 mètres », « faire les courses et porter les sacs »).
  • Activité 3 : La troisième activité prioritaire entravée (ex. : « conduire ma voiture sur l’autoroute », « dormir sur le côté droit sans être réveillé par la douleur »).
  • Activités 4 et 5 (optionnelles) : Des activités complémentaires enrichissant le profil clinique du patient lorsque son répertoire fonctionnel comporte des facettes supplémentaires d’intérêt thérapeutique majeur.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement conceptuel de la PSK s’inscrit à l’intersection de deux courants scientifiques majeurs : le modèle biopsychosocial de la santé et la théorie de la mesure centrée sur le patient (patient-reported outcomes – PRO).

Historiquement, la médecine physique et la réadaptation ont longtemps fonctionné selon le prisme biomédical strict décrit par George Engel (1977), dans lequel la guérison ou l’amélioration était jugée sur des paramètres organiques mesurés par le clinicien (radiographies, amplitudes articulaires, vitesse de conduction nerveuse). La transition vers le modèle biopsychosocial a mis en évidence le fait que la corrélation entre les marqueurs anatomiques de lésion (ex. : présence d’une hernie discale à l’IRM) et l’incapacité réelle perçue par le sujet est souvent faible ou modérée. Les travaux pionniers de Beurskens et al. (1996) s’appuient sur cette observation : le retentissement invalidant d’une pathologie dépend fondamentalement des rôles sociaux, des exigences professionnelles et des valeurs intrinsèques de l’individu.

Parallèlement, la théorie clinimétrique moderne introduite par Alvan Feinstein (1987) a souligné la nécessité de concevoir des indices capables de quantifier les jugements cliniques et les états subjectifs sans en dénaturer la richesse qualitative. La PSK applique ce principe en empruntant la logique des instruments dits « individualisés », dont l’équivalent anglophone le plus proche est la Patient-Specific Functional Scale (PSFS) développée au Canada par Stratford et al. (1995). Contrairement à la psychométrie classique issue de la théorie classique des tests — qui postule qu’un ensemble fixe d’items universels est nécessaire pour mesurer un trait latent —, la clinimétrie centrée sur la personne démontre qu’un instrument individualisé capture avec une précision nettement plus grande les changements cliniques intra-individuels.

Enfin, l’instrument intègre les principes de la psychologie de la motivation et de l’auto-efficacité (théorie de l’auto-efficacité d’Albert Bandura). Lorsque le patient participe activement à la désignation de ses propres cibles de traitement, son sentiment d’efficacité personnelle et son engagement thérapeutique s’en trouvent substantiellement renforcés, transformant l’acte de mesure en un levier cognitivo-comportemental favorisant l’adhésion au traitement.

7. Validité / Validity

L’évaluation des propriétés métrologiques de validité de la PSK a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques rigoureuses, tant dans sa version originale dédiée aux affections du rachis que dans ses déclinaisons ultérieures (maladie de Parkinson, claudication intermittente, affections de la cheville).

Validité de contenu et d’apparence (face validity)

La validité de contenu de la PSK est considérée comme intrinsèquement optimale. Puisque les items sont formulés et validés directement par le patient lui-même en fonction de son quotidien, les risques de non-pertinence ou d’omission d’aspects fondamentaux sont quasiment nuls. Les études qualitatives menées par Beurskens et ses collègues ont confirmé que les patients attribuent une valeur écologique maximale à ce format, se sentant reconnus dans leur singularité biopsychosociale.

Validité convergente et discriminante

La validité de construit a été validée par l’étude des corrélations avec d’autres questionnaires de référence :

  • Corrélation avec les questionnaires d’incapacité spécifiques : Dans la cohorte princeps de Beurskens et al. (1999) portant sur des patients souffrant de lombalgie non spécifique, les scores de la PSK présentaient des corrélations de Pearson modérées à fortes (r = 0,55 à 0,72) avec le Roland-Morris Disability Questionnaire (RDQ) et le Quebec Back Pain Disability Scale (QBPDS). Ces coefficients indiquent que l’outil mesure bien le construit visé (l’incapacité fonctionnelle) sans être redondant avec les inventaires généraux.
  • Corrélation avec l’intensité douloureuse : Des corrélations significatives mais plus modérées (r = 0,40 à 0,58) ont été observées avec l’échelle d’évaluation numérique de la douleur lombaire, illustrant une validité discriminante adéquate : la douleur contribue à la gêne mais ne se confond pas avec l’incapacité fonctionnelle opérationnelle.
  • Validation dans la maladie de Parkinson : Les travaux conduits lors de l’adaptation de la PSK à la maladie de Parkinson en 2006 ont révélé des corrélations fortes avec l’échelle UPDRS partie II (activités de la vie quotidienne) et le questionnaire de qualité de vie PDQ-39, prouvant sa capacité à capturer la spécificité des troubles neuro-moteurs dégénératifs.

Sensibilité au changement (réactivité clinique / responsiveness)

La réactivité clinique constitue la force majeure de la PSK. Dans les comparaisons directes d’efficacité diagnostique de suivi, la PSK affiche des tailles d’effet (effect sizes) et des ratios de réponse standardisés (standardized response means – SRM) systématiquement plus élevés que ceux des questionnaires à contenu fixe :

  • Les valeurs de SRM rapportées par Beurskens et al. oscillent fréquemment entre 1,10 et 1,60 chez les patients considérés comme nettement améliorés par une évaluation globale externe (Global Perceived Effect – GPE), contre des SRM variant entre 0,70 et 1,00 pour le questionnaire de Roland-Morris.
  • La surface sous la courbe ROC (Area Under the Curve – AUC) pour distinguer les patients améliorés des patients stables dépasse régulièrement 0,82, attestant d’une excellente aptitude à classifier correctement l’évolution clinique.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité d’une échelle individualisée soulève des interrogations méthodologiques singulières en raison de l’hétérogénéité des contenus entre les individus. Néanmoins, les analyses statistiques standardisées confirment la haute reproductibilité de la PSK.

Fidélité test-retest et reproductibilité

La stabilité temporelle des mesures a été quantifiée chez des patients dont l’état clinique était stable sur des intervalles de 24 heures à une semaine :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total moyen des plaintes spécifiques se situe de manière consistante entre 0,83 et 0,93 selon les études de validation néerlandaises et internationales, témoignant d’une excellente consistance de la notation par le patient.
  • Pour les items évalués individuellement, les CCI varient de 0,74 à 0,88, ce qui démontre que la sévérité attribuée à une tâche précise demeure très stable en l’absence de modification de l’état clinique sous-jacent.

Erreur de mesure et changement minimal détectable

La quantification de l’erreur aléatoire de mesure est cruciale pour l’interprétation clinique individuelle :

  • L’erreur standard de mesure (SEM) de la PSK sur l’échelle numérique 0-10 est généralement évaluée entre 0,8 et 1,2 point pour le score moyen.
  • Le changement minimal détectable (CMD / MDC95%), correspondant au seuil au-delà duquel un changement de score ne peut plus être attribué à l’imprécision métrologique avec un intervalle de confiance de 95 %, se situe approximativement à 2,0 à 2,5 points sur l’échelle de 0 à 10 pour un item individuel, et entre 1,4 et 1,8 point pour le score moyen cumulé des 3 à 5 activités.
  • La différence minimale cliniquement importante (Minimal Clinically Important Difference – MCID) perçue par le patient comme un bénéfice notable est estimée dans la plupart des études de rééducation musculosquelettique entre 2,0 et 3,0 points sur l’échelle numérique.

En ce qui concerne la cohérence interne, l’indice classique de l’alpha de Cronbach n’est pas strictement applicable au sens théorique conventionnel. En effet, les activités sélectionnées par un patient ne sont pas censées être des reflets interchangeables d’un trait latent unidimensionnel uniforme, mais constituent des indices formatifs complémentaires de son répertoire fonctionnel.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

D’un point de vue clinimétrique et psychométrique fondamental, la structure de la PSK diverge des échelles psychologiques traditionnelles fondées sur le modèle de mesure réflexif. Dans un modèle réflexif classique (exploré par l’analyse factorielle exploratoire [AFE] et confirmatoire [AFC]), on postule qu’un trait latent non observable (par exemple, la dépression ou l’anxiété) est la cause sous-jacente directe des réponses observées à des items identiques soumis à tous les participants. Dès lors, les items doivent saturer fortement sur un ou plusieurs facteurs communs avec des corrélations inter-items élevées.

Dans la PSK, le statut fonctionnel est conceptualisé selon un modèle de mesure formatif. Ce sont les différentes restrictions d’activités spécifiques sélectionnées qui, agrégées ensemble, composent et déterminent l’étendue globale du handicap de l’individu. Par conséquent :

  • Non-pertinence de l’analyse factorielle commune inter-sujets : Puisque l’item 1 d’un patient A peut consister en « courir 10 kilomètres » tandis que l’item 1 d’un patient B peut correspondre à « nouer les lacets de ses chaussures », il est mathématiquement et conceptuellement impossible d’agréger une matrice de covariance inter-items fixe à travers une vaste cohorte pour dégager des saturations factorielles universelles invariantes.
  • Unidimensionnalité du construit pragmatique : Bien que les tâches soient qualitativement disparates, elles partagent toutes le même métrique d’évaluation fonctionnelle : l’intensité de la gêne ou de l’incapacité ressentie pour accomplir une action désirée. Les travaux clinimétriques de Henrica de Vet et al. (2003, 2011) démontrent que l’agrégation des scores sous forme de moyenne arithmétique reflète valablement une dimension globale d’incapacité fonctionnelle individuelle perçue.
  • Catégorisation des domaines d’activités : Afin de standardiser le repérage sans rigidifier l’instrument, les chercheurs ont soumis les plaintes collectées à des analyses de classification thématique fondées sur la nomenclature CIF. Ces analyses démontrent que les activités librement formulées par les patients se structurent de façon prédominante autour de quatre macro-domaines d’activités physiques : la mobilité globale (marcher, se pencher, courir), les postures prolongées (station assise, station debout stationnaire), les activités domestiques et professionnelles avec charge mécanique (soulever, porter, pousser), et les loisirs ou activités sportives récréatives.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation individualisé (Patient-Reported Outcome Measure – PROM) administré sous forme d’entretien semi-structuré ou d’auto-questionnaire guidé.
  • Format d’administration : Version papier-crayon, formulaire électronique informatisé ou entretien clinique dirigé.
  • Nombre d’items : 3 items obligatoires (les 3 activités les plus perturbées) pouvant être complétés par 1 ou 2 items facultatifs (maximum 5 items au total).
  • Échelle de réponse : Numeric Rating Scale (NRS) from 0 to 10 (or previously 100 mm Visual Analogue Scale [VAS]): 0 = geen moeite (geen hinder) / able to perform activity without difficulty, 10 = onmogelijk (zeer grote hinder) / unable to perform activity.
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Score par activité : Chaque activité est cotée individuellement de 0 à 10 lors de l’évaluation initiale (T0), puis réévaluée aux étapes intermédiaires (T1) et à l’issue de la prise en charge (T2).
    • Score global moyen : Le score total de la PSK correspond à la somme des scores des activités sélectionnées divisée par le nombre d’activités évaluées (généralement 3, 4 ou 5), produisant une note globale sur 10.
    • Direction du score : Un score élevé indique une gêne majeure ou une incapacité fonctionnelle totale. Une diminution du score dans le temps traduit une amélioration fonctionnelle clinique.
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes lors de la séance inaugurale d’identification des activités, puis 1 à 2 minutes lors des réévaluations de suivi.
  • Populations cibles : Adultes et personnes âgées présentant des troubles musculosquelettiques (rachialgies, lésions articulaires des membres), des troubles neurologiques (maladie de Parkinson) ou des pathologies cardio-vasculaires périphériques (artériopathie, réhabilitation cardiaque).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1996 (Beurskens et al., version initiale avec échelle visuelle analogique de 100 mm pour la lombalgie). Révision majeure en 2006 (élargissement des listes d’activités à Parkinson, à la claudication et aux troubles de cheville) et en 2008 (transition officielle de l’EVA 100 mm vers l’échelle numérique NRS de 0 à 10).
  • Droits d’auteur et statut juridique : Instrument développé dans le cadre de la recherche universitaire publique néerlandaise (Université de Maastricht / KNGF – Koninklijk Nederlands Genootschap voor Fysiotherapie).
  • Conditions d’accès et tarif : L’instrument est disponible en libre accès (open access / gratuit) pour la pratique clinique courante, la rééducation physique et la recherche biomédicale. Aucun droit de licence pécuniaire n’est requis pour son utilisation.
  • Conditions d’utilisation : Les cliniciens et chercheurs doivent citer les publications méthodologiques princeps et respecter l’intégrité de la procédure de sélection des activités et de l’échelle d’évaluation numérique.

12. Références / References

  • Beurskens, A. J. H. M., de Vet, H. C. W., & Köke, A. J. A. (1996). Responsiveness of functional status in low back pain: A comparison of different instruments. Pain, 65(1), 71–76. https://doi.org/10.1016/0304-3959(95)00149-2
  • Beurskens, A. J. H. M., de Vet, H. C. W., Köke, A. J. M., van der Heijden, G. J. M. G., & Knipschild, P. G. (1999). Measuring the functional status of patients with low back pain: Assessment of the quality of four disease-specific questionnaires. Spine, 24(12), 1269–1274. https://doi.org/10.1097/00007632-199906150-00016
  • de Vet, H. C. W., Terwee, C. B., Mokkink, L. B., & Knol, D. L. (2011). Measurement in Medicine: A Practical Guide. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511996214
  • Hefford, C., Abbott, J. H., Arnold, R., & Baxter, G. D. (2012). The patient-specific functional scale: Validity, reliability, and responsiveness in patients with upper extremity problems. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 42(2), 56–65. https://doi.org/10.2519/jospt.2012.3953
  • Köke, A. J. A., Heuts, P. H. T. G., & van der Meer, S. (2008). Handleiding Patiënt Specifieke Klachten (PSK). Nederlands Paramedisch Instituut (NPi) / KNGF Richtlijnen.
  • Stratford, P. W., Gill, C., Westaway, M., & Binkley, J. (1995). Assessing disability and change on individual patients: A report of a patient-specific measure. Physiotherapy Canada, 47(4), 258–263. https://doi.org/10.3138/ptc.47.4.258
  • Verheyden, G., Nieuwboer, A., Mertens, F., & De Weerdt, W. (2007). The Patient-Specific Complaints questionnaire: A reliable and valid outcome measure for individuals with Parkinson’s disease. Parkinsonism & Related Disorders, 13(S2), S120–S121.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

Numeric Rating Scale (NRS) from 0 to 10 (or previously 100 mm Visual Analogue Scale [VAS]): 0 = geen moeite (geen hinder) / able to perform activity without difficulty, 10 = onmogelijk (zeer grote hinder) / unable to perform activity

  1. Activiteit 1 (belangrijkste activiteit waarin de patiënt hinder ondervindt)
  2. Activiteit 2 (tweede belangrijkste activiteit waarin de patiënt hinder ondervindt)
  3. Activiteit 3 (derde belangrijkste activiteit waarin de patiënt hinder ondervindt)
  4. Activiteit 4 (vierde belangrijkste activiteit waarin de patiënt hinder ondervindt, optioneel)
  5. Activiteit 5 (vijfde belangrijkste activiteit waarin de patiënt hinder ondervindt, optioneel)
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Looti, M. (2026, septembre 23). Plaintes Spécifiques du Patient. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/plaintes-specifiques-du-patient/
Looti, Mohammed. “Plaintes Spécifiques du Patient.” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/plaintes-specifiques-du-patient/.
Looti, Mohammed. “Plaintes Spécifiques du Patient.” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/plaintes-specifiques-du-patient/.