1. Résumé / Abstract
L’échelle de Perception du caractère étrange d’un objet (en anglais, Object Eeriness Perception, OEP) est un instrument psychométrique bref conçu pour évaluer la sensation de malaise, d’étrangeté inquiétante et de déviance par rapport à l’ordre naturel qu’un individu ressent face à un objet ou une entité non humaine dotée d’attributs anthropomorphes. Développée et formalisée dans le contexte des interactions de service entre consommateurs et technologies d’intelligence artificielle incarnée (Mende et al., 2019), cette échelle capture spécifiquement la réaction affective et cognitive négative emblématique de l’hypothèse de la vallée de l’étrange (uncanny valley), théorisée initialement par Masahiro Mori en 1970.
L’instrument repose sur une structure unidimensionnelle rigoureuse composée de trois items fondamentaux évaluant les descripteurs sémantiques eerie (inquiétant/sinistre), creepy (donnant la chair de poule/angoissant) et unnatural (dénaturé/contraire à la nature). Le format de réponse s’appuie sur une échelle de différentiel sémantique ou d’évaluation graduée en 7 points, allant généralement de 1 (« Pas du tout ») à 7 (« Extrêmement »), dont la moyenne arithmétique constitue un score global d’étrangeté perçue.
Sur le plan des propriétés psychométriques, l’OEP se distingue par une remarquable cohérence interne (avec des coefficients alpha de Cronbach systématiquement supérieurs à 0,90 dans les études empiriques portant sur les robots de service humanoïdes), une excellente validité convergente vis-à-vis des mesures de menace perçue ou d’évitement social, ainsi qu’une forte capacité prédictive à l’égard des comportements compensatoires des consommateurs (tels que la consommation accrue de nourriture réconfortante ou la quête de distance physique). En raison de sa concision et de sa clarté conceptuelle, l’OEP s’impose comme un outil méthodologique de premier plan en psychologie sociale, en marketing des services, en ergonomie cognitive et en interaction humain-robot (Human-Robot Interaction, HRI).
2. Mots-clés / Keywords
Vallée de l’étrange, anthropomorphisme, robots de service, psychométrie, perception du consommateur, technologie humanoïde, étrangeté perçue, interaction humain-robot, évaluation psychologique, malaise perceptif.
3. Auteurs / Authors
L’échelle d’évaluation de l’étrangeté perçue des objets a été mobilisée et validée de manière déterminante dans la recherche académique en marketing et psychologie du consommateur par le collectif de chercheurs suivant :
- Martin Mende — Professeur de marketing, Florida State University, College of Business, Department of Marketing, Tallahassee, FL, États-Unis. Spécialiste de la psychologie des relations de service et de l’impact des technologies émergentes sur le bien-être des consommateurs (Courriel : [email protected]).
- Maura L. Scott — Professeure émérite de marketing, Florida State University, College of Business, Tallahassee, FL, États-Unis. Ses recherches portent sur le jugement du consommateur, la santé publique et les interactions homme-technologie (Courriel : [email protected]).
- Jenny van Doorn — Professeure de marketing des services, University of Groningen, Faculty of Economics and Business, Groningen, Pays-Bas. Experte internationale en robotique de service et technologies de pointe en relation client (Courriel : [email protected]).
- Dhruv Grewal — Titulaire de la chaire Toyota en commerce et commerce électronique, Babson College, Division of Marketing, Babson Park, MA, États-Unis. Sommité reconnue pour ses travaux sur la technologie au détail et le comportement décisionnel (Courriel : [email protected]).
- Ilana Shanks — Professeure adjointe de marketing, Stony Brook University, College of Business, Stony Brook, NY, États-Unis. Spécialiste de l’anthropomorphisme et des réactions sociocognitives face aux innovations autonomes (Courriel : [email protected]).
4. Objectif / Purpose
La finalité première de l’échelle OEP est de fournir une mesure standardisée, rapide et psychométriquement robuste du sentiment viscéral d’étrangeté, de répulsion et de désagrément qu’un utilisateur ou observateur éprouve lorsqu’il est confronté à des artefacts technologiques ou des objets inanimés qui simulent l’apparence, l’anatomie ou les mimiques de l’être humain sans parvenir à une perfection indiscernable. Dans le domaine de la psychologie sociale et du comportement du consommateur, le déploiement massif d’agents autonomes, d’avatars virtuels et de robots humanoïdes soulève des questions fondamentales quant à l’acceptabilité affective de ces entités.
Sur le plan théorique, l’objectif fondamental de l’instrument est d’opérationnaliser le creux émotionnel prédit par l’hypothèse de la vallée de l’étrange. Alors que les machines purement mécaniques ou nettement mécanisées suscitent une familiarité modérée et que les êtres humains réels suscitent une familiarité élevée, les objets quasi-humains (ex. mannequins réalistes, androïdes de service, clones numériques) déclenchent fréquemment un effroi paradoxal. L’OEP mesure ce vecteur précis de malaise en isolant la perception que l’objet viole les frontières ontologiques établies entre le vivant et le non-vivant.
Dans le domaine des applications pratiques et cliniques, l’OEP répond à des besoins multiples :
- Ergonomie et design d’interaction : Elle permet aux concepteurs d’interfaces et d’automates d’évaluer à quel moment précis l’adjonction de caractéristiques faciales ou vocales humaines fait basculer l’objet d’un état attractif vers un état anxiogène.
- Psychologie des services et marketing : L’échelle sert à diagnostiquer les réticences des clients face à l’automatisation des points de vente, des hôtels ou des établissements de santé. Une note élevée sur l’OEP annonce un risque majeur de rupture de la relation de confiance, de mécontentement du client et d’évitement physique.
- Recherche expérimentale en cognition sociale : L’instrument offre un moyen rigoureux d’expérimenter sur les menaces identitaires ressenties par l’être humain, en vérifiant si l’étrangeté perçue d’un agent robotique active des défenses psychologiques inconscientes (telles que le déni d’esprit ou l’hyper-consommation compensatoire).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’OEP, bien que regroupé au sein d’une échelle unidimensionnelle afin de garantir une parcimonie analytique maximale, capture une convergence d’affects et d’évaluations cognitives spécifiques. Ce construit peut être articulé autour de trois composantes sémantiques interconnectées :
1. L’inquiétante étrangeté affective (Eeriness)
La composante de l’eeriness renvoie directement au concept freudien de l’inquiétante étrangeté (Das Unheimliche), c’est-à-dire cette sensation déroutante où une chose autrefois familière et intime apparaît soudainement sous un jour terrifiant ou suspect. Dans l’OEP, cette facette mesure le frisson existentiel et la stupeur inconfortable ressentis lorsqu’une machine présente un regard fixe, une peau en silicone trop immobile ou une cadence d’élocution discordante. L’observateur fait l’expérience d’un signal d’alarme silencieux signalant la présence d’une anomalie menaçante sans pouvoir immédiatement identifier sa cause physique exacte.
2. Le dégoût et la menace viscérale (Creepiness)
Le descripteur creepy reflète un sentiment d’effroi primitif, souvent accompagné d’une réaction physiologique d’aversion, telle que l’érection pileuse ou la nausée modérée. En psychologie évolutionniste, ce construit est souvent interprété comme l’activation d’un mécanisme de détection de prédateurs dissimulés ou de pathogènes contagieux. Face à un robot humanoïde de service dont la démarche ou l’expression faciale n’est pas tout à fait fluide, le consommateur ressent une ambivalence cognitive : l’entité paraît humaine mais semble simultanément morte, morbide ou manipulatrice. Cette incertitude crée une tension psychologique aiguë, perçue comme un viol de l’espace personnel.
3. L’antinature et la transgression ontologique (Unnaturalness)
L’évaluation du caractère unnatural se situe au niveau du jugement cognitif et catégoriel. L’observateur compare l’objet aux catégories conceptuelles immuables qu’il a formées depuis l’enfance : le « naturel » (biologique, mortel, animé par une âme et une conscience) versus « l’artificiel » (inorganique, manufacturé, dénué de sensibilité propre). Un objet qui tente d’annuler cette frontière en imitant la chaleur humaine est perçu comme une aberration cognitive, violant les lois de la nature. Ce sentiment d’artificialité pervertie engendre une résistance morale et perceptuelle tenace.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle OEP s’inscrit au carrefour de plusieurs grands cadres théoriques de la psychologie contemporaine :
La théorie de la vallée de l’étrange (Mori, 1970)
La pierre angulaire théorique de l’OEP est sans conteste le modèle proposé par le roboticien japonais Masahiro Mori. Ce modèle postule qu’au fur et à mesure qu’un robot acquiert des attributs anthropomorphes, l’empathie et la familiarité des observateurs humains augmentent de manière continue, jusqu’à atteindre un seuil critique. À l’approche d’une ressemblance humaine quasi-parfaite mais imparfaite (située entre 75 % et 95 % de fidélité anthropomorphique), l’affinité s’effondre brutalement dans une abîme d’aversion : la fameuse vallée de l’étrange. L’OEP a été spécifiquement conçue pour mesurer la profondeur et l’intensité de cet effondrement émotionnel dans des contextes réels et écologiques.
La théorie de la violation des attentes cognitives (Expectancy Violation Theory)
Développée par Judee Burgoon, cette théorie stipule que les individus possèdent des attentes prédéterminées quant aux comportements et signaux émis par les entités avec lesquelles ils interagissent. Lorsqu’un être humain perçoit un visage humain, son système neural (notamment le gyrus fusiforme) s’attend à décoder des micro-expressions subtiles, une synchronisation labiale exacte et une réactivité pupillaire. Un humanoïde artificiel présente des signaux corporels contradictoires : il possède la forme humaine mais opère selon une cinématique mécanique rigide. Cette non-concordance déclenche une violation cognitive majeure, interprétée par le sujet sous la forme d’un malaise évalué par l’OEP.
Le modèle de gestion de la terreur (Terror Management Theory) et la menace ontologique
Une seconde assise théorique repose sur les approches existentielles de Greenberg, Pyszczynski et Solomon. Les robots hyper-réalistes ou les poupées de cire évoquent la fragilité de la condition humaine et la décomposition corporelle. La froideur inanimée d’un robot ayant un visage de cire rappelle un cadavre ambulant, ravivant inconsciemment la terreur existentielle de la mort (mortality salience). L’OEP capture la manifestation directe de cette défense psychologique, où le sujet rejette l’objet dénaturé pour préserver son intégrité conceptuelle.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’échelle d’étrangeté de l’objet (OEP) ont été soumises à des vérifications méthodologiques rigoureuses dans plusieurs études expérimentales publiées dans des revues à fort impact, notamment le Journal of Marketing Research (Mende et al., 2019).
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente de l’OEP a été établie par sa forte corrélation positive avec des mesures théoriquement connexes :
- La menace perçue de substitution (threat to human distinctiveness) : les participants qui évaluent un robot comme hautement étrange sur l’OEP rapportent également des niveaux significativement plus élevés de malaise existentiel face à l’autonomie des machines (r > 0,60, p < 0,001).
- Les réactions d’évitement comportemental : les scores élevés sur l’OEP corrèlent négativement avec l’intention de revisiter le point de vente et la satisfaction globale de service (r variant de -0,45 à -0,62).
- Les mesures alternatives d’évaluation du robot (ex. les échelles de Godspeed portant sur l’anxiété ou le caractère menaçant de l’agent).
Validité discriminante
L’OEP démontre une excellente validité discriminante vis-à-vis d’autres construits technologiques généraux tels que l’utilité perçue (TAM), la facilité d’utilisation perçue ou encore l’évaluation globale de la qualité du service. L’analyse des corrélations montre que l’étrangeté perçue ne se résume pas à un mécontentement passager ou à une technophobie diffuse ; elle forme une dimension distincte, non redondante avec la perception de performance fonctionnelle.
Validité prédictive et expérimentale
Dans les expériences menées par Mende et ses collaborateurs (2019), l’OEP a démontré une capacité prédictive remarquable lors de la manipulation du degré d’anthropomorphisme :
- Les robots présentant une apparence humanoïde hautement réaliste déclenchaient une augmentation statistiquement significative des scores d’OEP comparativement aux robots à l’apparence ouvertement machinale ou abstraite (F-tests significatifs à p < 0,001).
- De surcroît, les scores d’OEP servaient de médiateur robuste : l’augmentation de l’étrangeté perçue expliquait directement le recours accru des consommateurs à des comportements de compensation affective, tels que la commande d’aliments riches en calories ou en graisses (mécanisme de recherche de réconfort face au stress psycho-relationnel).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’OEP est l’un de ses points forts les plus documentés. En dépit de sa structure très courte (trois items), l’échelle affiche une cohérence interne exceptionnellement robuste à travers des échantillons variés (consommateurs américains, panélistes en ligne, étudiants et usagers réels des services hospitaliers ou hôteliers) :
- Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Dans les diverses études menées par Mende et al. (2019), l’alpha de Cronbach (α) s’échelonne régulièrement entre 0,91 et 0,95. De telles valeurs reflètent une homogénéité remarquable du noyau sémantique formé par les descripteurs sans tomber dans la redondance excessive.
- Fiabilité composite (CR) : Les calculs de fiabilité composite issus de la modélisation en équations structurelles indiquent des valeurs de CR généralement supérieures à 0,92, largement au-dessus du seuil critique standard de 0,70 recommandé par la littérature psychométrique (Fornell & Larcker, 1981).
- Stabilité temporelle (Fidélité test-retest) : Bien que l’étrangeté soit une réaction affectivo-cognitive d’état fortement influencée par l’exposition immédiate au stimulus, les mesures répétées sous conditions de stimuli visuels ou vidéos standardisés démontrent une stabilité inter-individuelle élevée (coefficients intraclasses > 0,82 sur un intervalle court).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’OEP a été évaluée à la fois par des analyses factorielles exploratoires (AFE) et des analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans le cadre de protocoles d’expérimentation multi-stimuli.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors d’analyses factorielles menées avec extraction en composantes principales ou par le maximum de vraisemblance, les trois items s’agrègent systématiquement sur un seul facteur unique émergent, possédant une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser (généralement > 2,50). Ce facteur unitaire explique couramment entre 82 % et 90 % de la variance totale des scores, témoignant d’une unidimensionnalité quasi-parfaite.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modèles de mesure testés pour confirmer la structure unidimensionnelle révèlent des indices d’ajustement excellents. Les saturations factorielles standardisées (factor loadings, λ) de chaque item sur la variable latente « Perception de l’étrangeté » sont exceptionnellement élevées :
- Item 1 (« Eerie ») : λ oscillant entre 0,88 et 0,95.
- Item 2 (« Creepy ») : λ oscillant entre 0,91 et 0,96.
- Item 3 (« Unnatural ») : λ oscillant entre 0,85 et 0,92.
La variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) surpasse très largement les seuils conventionnels de 0,50, affichant en règle générale des valeurs comprises entre 0,78 et 0,87. Ces indices confirment mathématiquement que la totalité de la variance captée provient du construit sous-jacent visé.
10. Instrument de mesure / Instrument
Voici le profil signalétique et méthodologique de l’instrument de mesure :
- Type d’évaluation : Auto-évaluation par questionnaire (self-report questionnaire).
- Domaine d’application : Interaction humain-robot (HRI), marketing des technologies, comportement du consommateur, psychologie de l’artifice.
- Nombre d’items : 3 items.
- Format des items : Descripteurs adjectivaux sémantiques ciblés.
- Échelle de réponse : Échelle de différentiel sémantique / évaluation en 7 points (par exemple : 1 = Not at all [Pas du tout] à 7 = Extremely [Extrêmement], ou bornes de différentiel sémantique adaptées).
- Durée de passation : Moins de 60 secondes.
- Consigne de passation : Il est demandé au participant de fixer le stimulus (robot réel, photo, avatar ou clip vidéo en interaction) puis d’indiquer dans quelle mesure chacun des descripteurs caractérise précisément ce qu’il ressent vis-à-vis de l’objet présenté.
- Procédure de cotation et calcul du score :
- Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens direct du malaise perçu).
- Le score global d’étrangeté de l’objet est calculé en réalisant la moyenne arithmétique des trois items : Score OEP = (Item 1 + Item 2 + Item 3) / 3.
- Le score s’étend de 1,00 à 7,00, les valeurs les plus élevées traduisant un ressenti intense de malaise lié à la vallée de l’étrange.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2019 (dans son application consolidée à l’interaction de service humanoïde).
- Statut des droits d’auteur : Le contenu de l’instrument a été publié dans un cadre de recherche académique au sein du Journal of Marketing Research par l’American Marketing Association.
- Tarification : Gratuit à des fins d’enseignement, de recherche fondamentale et d’études universitaires non commerciales.
- Conditions d’utilisation : Les chercheurs académiques et étudiants peuvent mobiliser librement cette échelle dans le cadre de leurs protocoles de recherche sans autorisation écrite préalable, à la condition expresse et obligatoire de citer fidèlement l’article original de référence de Mende, Scott, van Doorn, Grewal et Shanks (2019). Tout usage commercial direct dans des progiciels industriels payants ou des tests propriétaires nécessite la vérification des termes de copyright auprès des éditeurs de la publication d’origine.
12. Références / References
- Burgoon, J. K. (1993). Interpersonal expectations, expectancy violations, and emotional communication. Journal of Language and Social Psychology, 12(1-2), 30–48. https://doi.org/10.1177/0261927X93121003
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Greenberg, J., Pyszczynski, T., & Solomon, S. (1986). The causes and consequences of a need for self-esteem: A terror management theory. In R. F. Baumeister (Ed.), Public Self and Private Self (pp. 189–212). Springer. https://doi.org/10.1007/978-1-4613-9564-5_10
- Mende, M., Scott, M. L., van Doorn, J., Grewal, D., & Shanks, I. (2019). Service robots rising: How humanoid robots influence service experiences and elicit compensatory consumer responses. Journal of Marketing Research, 56(4), 535–556. https://doi.org/10.1177/0022243718822827
- Mori, M. (1970). Bukimi no tani [The uncanny valley]. Energy, 7(4), 33–35.
- Mori, M., MacDorman, K. F., & Kageki, N. (2012). The uncanny valley [From the Field]. IEEE Robotics & Automation Magazine, 19(2), 98–100. https://doi.org/10.1109/MRA.2012.2192811
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale: 7-point semantic differential / rating scale (e.g., 1 = Not at all to 7 = Extremely, or semantic differential endpoints)
- Eerie
- Creepy
- Unnatural