Inventaire de Padoue – Révision de l’Université d’État de Washington (PI-WSUR)

Le PI-WSUR (Padua Inventory – Washington State University Revision) est un instrument psychométrique de référence évaluant le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) en 39 items répartis en 5 sous-échelles distinctes.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire de Padoue – Révision de l’Université d’État de Washington (Padua Inventory – Washington State University Revision, ou PI-WSUR) constitue un instrument psychométrique auto-rapporté de référence internationale conçu pour évaluer la sévérité et la typologie des manifestations symptomatiques associées au trouble obsessionnel-compulsif (TOC). Développé par G. Leonard Burns et ses collaborateurs en 1996, le PI-WSUR représente une révision méthodologique et théorique rigoureuse de l’Inventaire de Padoue original élaboré par Ezio Sanavio en 1988 (comprenant initialement 60 items). L’objectif primordial ayant guidé cette refonte était de pallier une faiblesse psychométrique majeure de la version princeps : la contamination substantielle de plusieurs items par des composantes d’inquiétude générale et d’anxiété diffuse, qui nuisait à la validité discriminante de l’outil vis-à-vis du trouble anxieux généralisé et des états dépressifs.

Le PI-WSUR est composé de 39 items répartis selon une structure factorielle robuste à cinq sous-échelles distinctes : (1) Obsessions de contamination et compulsions de lavage (Contamination obsessions and washing compulsions, 10 items), (2) Compulsions d’habillage et de soins personnels (Dressing/grooming compulsions, 3 items), (3) Compulsions de vérification (Checking compulsions, 10 items), (4) Pensées obsessionnelles d’agression/dommage envers soi-même ou autrui (Obsessional thoughts of harm to self/others, 7 items), et (5) Pulsions obsessionnelles d’agression/dommage envers soi-même ou autrui (Obsessional impulses to harm self/others, 9 items). Les répondants évaluent le degré de gêne ou de perturbation engendré par chaque pensée ou comportement sur une échelle de Likert en 5 points allant de 0 (« Pas du tout » / Not at all) à 4 (« Énormément » / Very much).

Sur le plan métrologique, le PI-WSUR démontre des qualités psychométriques remarquables au sein de cohortes cliniques et non cliniques. La consistance interne globale ainsi que celle des sous-échelles est excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,77 et 0,92. La fidélité test-retest atteste d’une remarquable stabilité temporelle, tandis que les analyses factorielles confirmatoires appuient son architecture multidimensionnelle. Surtout, la révision a permis d’accroître de façon significative sa validité discriminante par rapport aux mesures de névrosisme, de dépression et d’inquiétudes cognitives non spécifiques, confirmant son statut d’outil d’excellence pour l’évaluation diagnostique, le sous-typage phénotypique et le monitorage des interventions cognitivo-comportementales et pharmacologiques.

2. Mots-clés / Keywords

Trouble obsessionnel-compulsif, PI-WSUR, Inventaire de Padoue, psychométrie, évaluation clinique, pensées intrusives, compulsions de vérification, contamination, rituels de lavage, validité discriminante, thérapie cognitivo-comportementale.

3. Auteurs / Authors

La révision de l’Université d’État de Washington de l’Inventaire de Padoue a été conçue et validée par une équipe de chercheurs du Département de Psychologie de la Washington State University (Pullman, Washington, États-Unis) :

  • G. Leonard Burns, Ph.D. : Professeur émérite au Département de Psychologie, Washington State University, Pullman, WA, États-Unis. Spécialiste reconnu de l’évaluation psychométrique, de la psychopathologie quantitative et des modèles structuraux appliqués aux troubles émotionnels et comportementaux.
  • Susan Keortge, M.S. : Chercheuse et collaboratrice clinique, Département de Psychologie, Washington State University, Pullman, WA, États-Unis.
  • Gregory M. Formea, Ph.D. : Chercheur en psychologie clinique, Département de Psychologie, Washington State University, Pullman, WA, États-Unis.
  • Lynda G. Sternberger, Ph.D. : Chercheuse associée et clinicienne, Département de Psychologie, Washington State University, Pullman, WA, États-Unis.

Cette révision s’est appuyée sur les travaux fondamentaux initiaux du professeur Ezio Sanavio de l’Université de Padoue (Italie), auteur de la version originale en 60 items parue en 1988.

4. Objectif / Purpose

Le PI-WSUR a été développé pour fournir aux cliniciens et aux chercheurs un inventaire auto-rapporté ciblé, débarrassé du bruit de mesure lié à l’anxiété non spécifique, capable de quantifier fidèlement la présence et l’intensité des différentes sous-dimensions du spectre obsessionnel-compulsif. L’inventaire de Padoue princeps (Sanavio, 1988) avait constitué une avancée majeure dans la nosographie quantitative du TOC, mais des investigations psychométriques indépendantes (notamment Van Oppen, 1992 ; Freeston et al., 1994) avaient rapidement mis en lumière un écueil d’ordre conceptuel : une fraction substantielle de ses items mesurait des inquiétudes cognitives ordinaires (worries) plutôt que de véritables obsessions au sens psychopathologique strict. En conséquence, les scores globaux étaient fortement corrélés à des échelles d’anxiété généralisée, affaiblissant la spécificité clinique de l’outil.

L’objectif fondamental de Burns, Keortge, Formea et Sternberger (1996) a donc été d’épurer l’inventaire originel en appliquant une analyse factorielle rigoureuse et des critères théoriques drastiques issus des modèles cognitifs du TOC. Les auteurs ont cherché à isoler spécifiquement :

  • Les phénomènes obsessionnels primaires (pensées, images ou impulsions intrusives, involontaires, égodystoniques et productrices d’angoisse) ;
  • Les conduites compulsives manifestes ou neutralisantes (actes répétitifs, stéréotypés, régis par des règles rigides visant à prévenir un danger ou à réduire la détresse émotionnelle) ;
  • Tout en éliminant les ruminations et soucis quotidiens orientés vers des thématiques de la vie réelle (financières, professionnelles, relationnelles) caractéristiques de l’anxiété généralisée.

Sur le plan des applications cliniques, le PI-WSUR sert de boussole diagnostique initiale pour dresser le profil symptomatique idiosyncrasique d’un patient. Il facilite l’établissement d’une ligne de base clinique avant l’instauration d’un protocole d’exposition avec prévention de la réponse (EPR) ou d’un traitement par inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). De plus, sa structure multidimensionnelle permet d’évaluer de manière différentielle les gains thérapeutiques : un patient peut par exemple manifester une résorption spectaculaire de ses compulsions de vérification tout en maintenant un niveau modéré d’obsessions de contamination, ce que le score global seul peinerait à refléter avec précision.

Dans le domaine de la recherche scientifique, le PI-WSUR est couramment mobilisé pour constituer des sous-groupes phénotypiques homogènes dans les études de neuro-imagerie fonctionnelle, de génétique comportementale ou d’endophénotypes cognitifs. L’hétérogénéité clinique du TOC étant l’un des freins majeurs à l’identification de biomarqueurs stables, disposer d’un outil mesurant cinq dimensions distinctes et hautement discriminantes constitue un prérequis méthodologique fondamental.

5. Construit psychologique / Construct

Le PI-WSUR opérationnalise le construit du trouble obsessionnel-compulsif non pas comme une entité monolithique unitaire, mais comme un syndrome multidimensionnel complexe comprenant cinq dimensions psychopathologiques interconnectées mais empiriquement distinctes :

1. Obsessions de contamination et compulsions de lavage (Items 1 à 10)

Cette dimension évalue l’hyperréactivité émotionnelle, l’aversion et la détresse face au contact potentiel avec des agents perçus comme souillés, vecteurs de maladies, toxiques ou dégradants, ainsi que les comportements neutralisants correspondants. Elle englobe des peurs viscérales liées à la manipulation de billets de banque, au contact avec des sécrétions corporelles (sueur, salive, urine), à la proximité de poubelles ou à l’utilisation d’installations sanitaires et de téléphones publics. Les comportements associés incluent des rituels de lavage des mains anormalement prolongés, répétitifs et excessifs, ainsi que l’obligation irrépressible de se décontaminer ou de changer de vêtements après le moindre frôlement par un animal ou une personne inconnue.

2. Compulsions d’habillage et de soins personnels (Items 11 à 13)

Bien que brève, cette sous-échelle capture un sous-type particulier de rituels comportementaux axés sur la précision, la symétrie temporelle et le perfectionnisme procédural lors des transitions quotidiennes. Elle concerne l’obligation rigide d’exécuter des séquences строго ordonnées lors de l’habillage, du déshabillage ou des ablutions, le respect scrupuleux d’un ordre rituel avant l’endormissement, et la nécessité de plier ou suspendre ses vêtements d’une manière millimétrée. Ces rituels sont souvent sous-tendus par des sentiments d’incomplétude ou par le besoin impérieux d’atteindre un état de « juste ce qu’il faut » (just right feeling).

3. Compulsions de vérification (Items 14 à 23)

Cette composante centrale du spectre obsessionnel quantifie le doute pathologique et les conduites de réassurance répétées visant à neutraliser la survenue d’un préjudice catastrophique. Elle mesure la propension à vérifier compulsivement les robinets de gaz et d’eau, les interrupteurs électriques, le verrouillage des portes, des fenêtres et des tiroirs, ainsi que l’extinction des allumettes ou des mégots. Elle englobe également la vérification méticuleuse et récurrente de documents écrits, de formulaires ou de sommes d’argent, ainsi que le besoin de relire plusieurs fois des passages d’un texte par crainte persistante d’avoir omis une information cruciale. Ce construit reflète un déficit d’accès au sentiment de certitude mnésique interne (memory distrust).

4. Pensées obsessionnelles d’agression et de dommage envers soi-même ou autrui (Items 24 à 30)

Cette dimension cognitive explore la présence d’idées intrusives, de doutes culpabilisants et de craintes disproportionnées portant sur la responsabilité causale d’un malheur. Le sujet est assailli par l’anticipation de conséquences catastrophiques découlant d’une inattention minime, la crainte obsédante d’avoir blessé quelqu’un à son insu, ou le sentiment absurde d’être responsable de catastrophes rapportées dans les médias. Elle inclut également l’angoisse déclenchée par la vue d’objets tranchants (couteaux, poignards) et la rumination prolongée autour d’événements tragiques tels que les crimes ou les suicides.

5. Pulsions obsessionnelles d’agression et de dommage envers soi-même ou autrui (Items 31 à 39)

Distincte de la dimension précédente purement idéatoire, cette échelle évalue l’émergence soudaine d’impulsions motrices perçues comme incontrôlables, terrifiantes et radicalement contraires à la morale du patient (égodystoniques). Elle explore des impulsions auto-agressives (envie irrépressible de se précipiter dans le vide depuis un pont ou de se jeter sous un train en approche), des pulsions de transgression sociale majeure (impulsion de déchirer ses vêtements en public, pulsion kleptomaniaque de dérober des objets inutiles dans les magasins), et des impulsions hétéro-agressives effrayantes, telles que la tentation de précipiter son véhicule contre un obstacle ou d’infliger délibérément des violences à des enfants vulnérables ou à des animaux.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration et la structure interne du PI-WSUR s’inscrivent directement dans le paradigme de la thérapie cognitive et comportementale (TCC) moderne, et plus particulièrement au sein des modèles cognitifs du trouble obsessionnel-compulsif formulés par des théoriciens majeurs tels que Jack Rachman, Paul Salkovskis, David A. Clark et le Obsessive Compulsive Cognitions Working Group (OCCWG).

Le modèle cognitif de la responsabilité excessive et de l’évaluation dysfonctionnelle

Selon le modèle précurseur de Paul Salkovskis (1985, 1989), les intrusions cognitives (pensées, images, impulsions) ne sont pas pathologiques en elles-mêmes ; des études épidémiologiques ont largement démontré que plus de 90 % de la population générale expérimente occasionnellement des pensées intrusives involontaires dont le contenu est rigoureusement identique à celui des patients atteints de TOC. La genèse du trouble réside dans l’évaluation catastrophique que l’individu porte sur ces pensées. Le patient souffrant de TOC interprète l’apparition de l’intrusion comme le signe précurseur d’un danger imminent dont il est personnellement responsable s’il n’agit pas pour l’empêcher (inflated responsibility). Dès lors, les comportements de vérification, de lavage ou d’évitement constituent des stratégies de neutralisation visant à conjurer cette responsabilité supposée et à apaiser l’anxiété aiguë qui en découle.

La distinction fondamentale entre « Soucis » (Worries) et « Obsessions »

Le fondement théorique spécifique ayant motivé la révision de Washington State University repose sur la différenciation qualitative et fonctionnelle établie par Turner et al. (1992) et Burns et al. (1996) entre l’inquiétude générale (worry) et l’obsession clinique (obsession) :

  • L’inquiétude est une chaîne verbale d’anticipation anxieuse orientée vers l’avenir, portant sur des problèmes réels et plausibles du quotidien (santé d’un proche, finances, échec scolaire ou professionnel). Elle est principalement égosyntonique dans sa nature, même si son intensité est excessive.
  • L’obsession est une intrusion mentale involontaire, soudaine, souvent visuelle ou impulsive, ressentie comme profondément absurde, immorale ou répugnante (caractère égodystonique marqué). Elle implique des thématiques de contamination invraisemblable, de violence inexplicable ou de profanation sacrilège.

La version originale de l’Inventaire de Padoue de 1988 incluait de nombreux items reflétant de simples soucis quotidiens. Burns et ses collaborateurs ont donc épuré l’instrument pour s’assurer que chaque item des sous-échelles cognitives mesure sans ambiguïté une véritable intrusion obsessionnelle égodystonique, consolidant ainsi la validité théorique de l’échelle à l’égard des modèles contemporains de la psychopathologie cognitive.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques du PI-WSUR ont fait l’objet d’investigations exhaustives dans diverses cultures et populations cliniques (notamment Burns et al., 1996 ; Watson et Wu, 2005 ; Swinbourne, 2008), attestant d’une validité scientifique de premier plan.

Validité convergente

La validité convergente du PI-WSUR est confirmée par des corrélations hautement significatives avec les instruments cliniques et dimensionnels de référence évaluant la sévérité du TOC :

  • Corrélations élevées avec la Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (Y-BOCS), le standard diagnostique d’hétéro-évaluation clinique (coefficients compris entre r = 0,55 et r = 0,72).
  • Forte corrélation avec le Maudsley Obsessional-Compulsive Inventory (MOCI) et le Obsessive-Compulsive Inventory – Revised (OCI-R), tout particulièrement entre les sous-échelles thématiques correspondantes (e.g., corrélation supérieure à r = 0,75 entre les dimensions de lavage du PI-WSUR et de l’OCI-R).

Validité discriminante

C’est au niveau de la validité discriminante que le PI-WSUR démontre sa supériorité absolue sur la version originale de Padoue de 1988 :

  • Alors que les sous-échelles de l’inventaire originel présentaient des corrélations problématiques (souvent supérieures à 0,60) avec le Penn State Worry Questionnaire (PSWQ) et l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI), les sous-échelles du PI-WSUR présentent des corrélations modérées à faibles avec ces mêmes mesures (typiquement r < 0,35 avec le PSWQ).
  • L’instrument différencie avec une sensibilité clinique remarquable les patients porteurs d’un diagnostic primaire de TOC des individus présentant un trouble panique, une phobie sociale ou un trouble dépressif caractérisé, réduisant considérablement les taux de faux positifs observés antérieurement.

Validité de construit et validité prédictive

Le PI-WSUR possède une excellente sensibilité au changement thérapeutique : des réductions statistiquement et cliniquement significatives des scores sont systématiquement observées chez les patients répondant avec succès à un protocole de thérapie comportementale (EPR) ou à un traitement pharmacologique sérotoninergique, validant son aptitude à capturer l’évolution clinique longitudinale.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique du PI-WSUR a été étayée par des analyses quantitatives répétées au sein d’échantillons universitaires, communautaires et de patients psychiatriques externes.

Consistance interne

Les analyses de consistance interne démontrent une excellente cohérence des items au sein de chacune des cinq sous-échelles ainsi que pour le score total :

  • Score total (39 items) : Alpha de Cronbach global (α) compris entre 0,92 et 0,94 selon les études.
  • Obsessions de contamination et compulsions de lavage : α variant de 0,86 à 0,91.
  • Compulsions d’habillage et de soins personnels : α variant de 0,77 à 0,84 (performance tout à fait remarquable pour une sous-échelle brève de 3 items).
  • Compulsions de vérification : α oscillant entre 0,88 et 0,92.
  • Pensées obsessionnelles de dommage : α situé entre 0,80 et 0,85.
  • Pulsions obsessionnelles de dommage : α situé entre 0,81 et 0,87.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle des scores mesurée à des intervalles variant de 2 semaines à 3 mois atteste de la constance du construit chez les sujets non traités :

  • Les coefficients de corrélation intraclasse ou de corrélation de Pearson test-retest s’échelonnent de r = 0,76 à r = 0,89 pour les différentes sous-échelles.
  • Ces résultats confirment que le PI-WSUR appréhende des traits et des manifestations psychopathologiques stables plutôt que de simples fluctuations d’humeur transitoires.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle du PI-WSUR constitue le cœur de sa validation scientifique et de son amélioration par rapport à la version de Sanavio (1988).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Dans l’étude princeps de Burns et al. (1996), menée auprès d’un échantillon initial de 1 042 étudiants universitaires, les 60 items de l’Inventaire de Padoue ont été soumis à une extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax), permettant la corrélation des facteurs sous-jacents. Cette démarche a mis en évidence :

  • L’élimination de 21 items jugés non spécifiques, présentant des saturations croisées élevées sur plusieurs facteurs ou saturant préférentiellement sur un facteur parasite d’inquiétude anxieuse générale.
  • L’émergence limpide d’une solution optimale à 5 facteurs stables représentant les 39 items conservés, expliquant une part substantielle de la variance totale de la batterie.
  • Toutes les saturations factorielles primaires des items sur leur facteur respectif excèdent le seuil conventionnel de 0,45, la grande majorité se situant entre 0,55 et 0,82, avec des saturations secondaires négligeables (< 0,25).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Des travaux ultérieurs (ex. Watson & Wu, 2005) ont soumis la structure en 5 facteurs à des analyses factorielles confirmatoires sur des cohortes indépendantes de patients psychiatriques et de participants sains. Les indices d’ajustement structurel ont confirmé l’adéquation supérieure du modèle à 5 facteurs par rapport aux modèles concurrents unidimensionnels ou hiérarchiques à facteur unique général :

  • Comparative Fit Index (CFI) régulièrement supérieur à 0,93 ;
  • Tucker-Lewis Index (TLI) supérieur à 0,91 ;
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) stable entre 0,042 et 0,058, indiquant un ajustement globalement excellent aux données empiriques.

Cette invariance de mesure valide sans équivoque la pertinence de l’évaluation distincte des sous-types de pensées obsessionnelles, d’impulsions et de rituels compulsifs.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire auto-rapporté (auto-évaluation psychométrique).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée sur tablette/ordinateur.
  • Nombre total d’items : 39 propositions affirmatives décrivant des pensées, impulsions ou comportements.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points évaluant le degré de perturbation ou de gêne :
    • 0 = Pas du tout (Not at all)
    • 1 = Un peu (A little)
    • 2 = Assez (Quite a lot)
    • 3 = Beaucoup (A lot)
    • 4 = Énormément (Very much)
  • Distribution des sous-échelles :
    • Obsessions de contamination et compulsions de lavage : Items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 (Score de 0 à 40).
    • Compulsions d’habillage et de soins personnels : Items 11, 12, 13 (Score de 0 à 12).
    • Compulsions de vérification : Items 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23 (Score de 0 à 40).
    • Pensées obsessionnelles de dommage (soi/autrui) : Items 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30 (Score de 0 à 28).
    • Pulsions obsessionnelles de dommage (soi/autrui) : Items 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39 (Score de 0 à 36).
  • Cotation et calcul des scores : Le score de chaque dimension est obtenu par la somme arithmétique des items la composant. Le score total général est la somme de l’ensemble des 39 items (amplitude théorique de 0 à 156). Un score élevé reflète une sévérité accrue des manifestations symptomatiques. Aucun item n’est inversé.
  • Temps moyen de passation : Environ 8 à 12 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication officielle : 1995 (rapport technique) ; 1996 (publication scientifique dans Behaviour Research and Therapy).
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs originaux (G. Leonard Burns et al., Washington State University) et de l’éditeur Elsevier Ltd.
  • Conditions d’utilisation et permissions : Le PI-WSUR est traditionnellement mis à la disposition gracieuse de la communauté scientifique et médicale internationale pour un usage exclusif de recherche non commerciale et d’évaluation clinique directe. Les praticiens et chercheurs souhaitant l’intégrer à des protocoles d’essais cliniques ou à des études institutionnelles peuvent l’utiliser en citant impérativement la publication princeps de Burns et al. (1996).
  • Frais et tarification : Aucun coût de licence ou redevance financière n’est exigé pour une utilisation clinique standard ou académique non lucrative. Toute intégration dans une suite logicielle commerciale ou un produit payant requiert une autorisation contractuelle préalable auprès des ayants droit.

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

The following statements refer to thoughts and behaviors which may occur to everyone in everyday life. For each statement, choose the reply which best seems to fit you and the degree of disturbance which such thoughts or behaviors may create. Rate your replies as follows:

0 = Not at all  |  1 = A little  |  2 = Quite a lot  |  3 = A lot  |  4 = Very much
  1. I feel my hands are dirty when I touch money
  2. I think even slight contact with bodily secretions (perspiration, saliva, urine, etc.) may contaminate my clothes or somehow harm me
  3. I find it difficult to touch an object when I know it has been touched by strangers or by certain people
  4. I find it difficult to touch garbage or dirty things
  5. I avoid using public toilets because I am afraid of disease and contamination
  6. I avoid using public telephones because I am afraid of contagion and disease
  7. I wash my hands more often and longer than necessary
  8. I sometimes have to wash or clean myself simply because I think I may be dirty or ‘contaminated’
  9. If I touch something I think is ‘contaminated’ I immediately have to wash or clean myself
  10. If an animal touches me I feel dirty and immediately have to wash myself or change my clothing..
  11. I feel obliged to follow a particular order in dressing, undressing and washing myself
  12. Before going to sleep I have to do certain things in a certain order
  13. Before going to bed I have to hang up or fold my clothes in a special way
  14. I have to do things several times before I think they are properly done
  15. I tend to keep on checking things more often than necessary
  16. I check and re-check gas and water taps and light switches after turning them off
  17. I return home to check doors, windows, drawers, etc. to make sure they are properly shut
  18. I keep on checking forms, documents, cheques in detail to make sure I have filled them in correctly
  19. I keep on going back to see that matches, cigarettes, etc. are properly extinguished.
  20. When I handle money I count and recount it several times
  21. I check letters carefully many times before posting them
  22. Sometimes I am not sure I have done things which in fact I know I have done
  23. When I read, I have the impression I have missed something important and must go back and re-read the passage at least two or three times
  24. I imagine catastrophic consequences as a result of absentmindedness or minor errors which I make
  25. I think or worry at length about having hurt someone without knowing it.
  26. When I hear about a disaster, I think somehow it is my fault
  27. I sometimes worry at length for no reason that I have hurt myself or have some disease
  28. I get upset or worried at the sight of knives, daggers, and other pointed objects.
  29. When I hear about suicide or crime, I am upset for a long time and find it difficult to stop thinking about it
  30. I invent useless worries about germs and disease
  31. When I look down from a bridge or a very high window, I feel an impulse to throw myself into space
  32. When I see a train approaching, I sometimes think I could throw myself under it’s wheels
  33. At certain moments, I am tempted to tear my clothes off in public
  34. While driving I sometimes feel an impulse to drive the car into someone or something..
  35. Seeing weapons excites me and makes me think violent thoughts
  36. I sometimes feel the need to break or damage things for no reason
  37. I sometimes have an impulse to steal other people’s belongings, even if they are of no use to me…
  38. I am sometimes almost irresistibly tempted to steal something from the supermarket
  39. I sometimes have an impulse to hurt defenseless children or animals.
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Looti, M. (2026, octobre 9). Inventaire de Padoue – Révision de l’Université d’État de Washington (PI-WSUR). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/padua-inventory-washington-state-university-revision-pi-wsur/
Looti, Mohammed. “Inventaire de Padoue – Révision de l’Université d’État de Washington (PI-WSUR).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/padua-inventory-washington-state-university-revision-pi-wsur/.
Looti, Mohammed. “Inventaire de Padoue – Révision de l’Université d’État de Washington (PI-WSUR).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/padua-inventory-washington-state-university-revision-pi-wsur/.