1. Résumé / Abstract
L’Outil de diagnostic de l’éjaculation précoce (Premature Ejaculation Diagnostic Tool ou PEDT) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation standardisé conçu pour dépister et évaluer la sévérité de l’éjaculation précoce (EP) chez l’homme adulte. Développé initialement par Tara Symonds et ses collaborateurs en 2007 sous les auspices méthodologiques des critères diagnostiques du DSM-IV-TR (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et des recommandations de l’International Society for Sexual Medicine (ISSM), cet outil répond à un besoin clinique majeur : disposer d’une mesure rapportée par le patient (Patient-Reported Outcome ou PRO) brève, valide et fidèle, capable de transcender les seules contraintes techniques de la mesure chronométrée de la latence éjaculatoire intravaginale (IELT, Intravaginal Ejaculatory Latency Time).
Le PEDT capture les dimensions cardinales de la dysfonction éjaculatoire, à savoir le sentiment d’absence de contrôle sur le moment de l’éjaculation, la brièveté du délai d’éjaculation face à une stimulation minimale, ainsi que le retentissement psychologique et relationnel négatif, caractérisé par la frustration personnelle et l’inquiétude quant à la non-satisfaction de la partenaire sexuelle. Les versions validées de l’outil évaluent ces domaines au moyen d’items gradués sur une échelle de type Likert en 5 points (cotés de 0 à 4), produisant un score total continu. Un score inférieur ou égal à 8 indique une absence d’éjaculation précoce, un score de 9 ou 10 suggère une éjaculation précoce probable, et un score supérieur ou égal à 11 établit la présence d’une éjaculation précoce avérée selon les seuils cliniques validés.
D’un point de vue psychométrique, le PEDT démontre d’excellentes qualités : une consistance interne robuste attestée par un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,76 et 0,89 selon les populations étudiées, une fidélité test-retest élevée (coefficients de corrélation intraclasse supérieurs à 0,80), ainsi qu’une remarquable validité de critère et de convergence vis-à-vis de l’IELT et de l’évaluation clinique par un sexologue ou un urologue. L’analyse de la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) confère à l’outil une sensibilité d’environ 89 % et une spécificité avoisinant 78 % pour identifier les hommes répondant aux critères diagnostiques formels de l’affection. Ce questionnaire s’est imposé comme un standard de référence mondial, tant dans la pratique urologique et sexologique quotidienne que dans les essais cliniques randomisés évaluant des thérapeutiques pharmacologiques ou psychothérapeutiques.
2. Mots-clés / Keywords
éjaculation précoce, PEDT, sexologie, dysfonction sexuelle masculine, psychométrie, latence éjaculatoire, détresse interpersonnelle, contrôle éjaculatoire, auto-questionnaire, urologie, santé sexuelle, validité diagnostique, échelle de Likert, IELT.
3. Auteurs / Authors
L’élaboration et la validation initiale de l’Outil de diagnostic de l’éjaculation précoce (PEDT) ont été menées par une équipe pluridisciplinaire d’experts internationaux en psychométrie, en urologie et en médecine sexuelle :
- Tara Symonds, Ph.D. : Directrice de recherche en évaluation des résultats de santé (Outcomes Research), Pfizer Global Research and Development, Sandwich, Kent, Royaume-Uni. Spécialiste de renommée mondiale dans le développement de questionnaires cliniques et de PRO en santé sexuelle masculine et féminine.
- Michael A. Perelman, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie clinique en psychiatrie, médecine de la reproduction et urologie au Weill Cornell Medical College, New York-Presbyterian Hospital, New York, États-Unis. Ancien président de la Society for Sex Therapy and Research (SSTAR).
- Stanley E. Althof, Ph.D. : Directeur exécutif du Center for Marital and Sexual Health of South Florida, West Palm Beach, Floride, et professeur émérite de psychologie à la Case Western Reserve University School of Medicine, Cleveland, Ohio, États-Unis. Figure pionnière dans l’intégration biopsychosociale du traitement des dysfonctions éjaculatoires.
- Raymond C. Rosen, Ph.D. : Institut de recherche New England Research Institutes (NERI), Watertown, Massachusetts, États-Unis. Auteur de nombreuses échelles psychométriques de référence en sexologie, notamment l’IIEF (International Index of Erectile Function).
- Ian Eardley, M.D., FRCS : Chirurgien urologue consultant, St James’s University Hospital, Leeds, Royaume-Uni, et ancien président de la section de médecine sexuelle de l’Association européenne d’urologie (European Association of Urology, EAU).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du PEDT est d’offrir aux praticiens et aux chercheurs un instrument standardisé, objectif et cliniquement sensible pour l’identification, le diagnostic différentiel et la quantification de l’éjaculation précoce. Historiquement, l’appréciation clinique de l’éjaculation précoce reposait presque exclusivement sur l’évaluation subjective non standardisée lors de l’anamnèse ou sur la mesure chronométrée de l’IELT par la partenaire ou le patient au moyen d’un chronomètre. Bien que l’IELT apporte une quantification chronométrique directe de la durée intravaginale avant l’éjaculation, son utilisation en pratique clinique courante s’avère hautement contraignante, intrusive pour l’intimité du couple et réductrice. En effet, l’IELT omet les dimensions psychologiques fondamentales qui définissent la pathologie selon la nosographie moderne, notamment le sentiment subjectif d’incompétence éjaculatoire, l’angoisse de performance, la détresse émotionnelle individuelle et la détérioration de la dynamique relationnelle.
Sur le plan clinique, le PEDT a été élaboré pour opérationnaliser directement les critères diagnostiques du DSM-IV-TR et les définitions de consensus de l’ISSM. Il permet de distinguer avec précision les hommes souffrant d’une véritable éjaculation précoce (qu’elle soit primaire/vie-entière ou secondaire/acquise) de ceux présentant des variations physiologiques normales ou une anxiété de performance transitoire non pathologique. L’instrument permet également de surmonter la sous-déclaration fréquente de ce trouble : en raison du tabou, de la honte et de la stigmatisation entourant les dysfonctions sexuelles masculines, de nombreux hommes hésitent à aborder spontanément leurs difficultés éjaculatoires. Le PEDT fonctionne ainsi comme un outil de dépistage systématique et discret en cabinet d’urologie, d’andrologie, de médecine générale ou de sexothérapie.
Dans le domaine de la recherche translationnelle et des essais cliniques, le PEDT répond aux exigences méthodologiques strictes des agences réglementaires (telles que la FDA américaine et l’EMA européenne) concernant l’intégration d’évaluations centrées sur le patient. Il sert d’indicateur d’efficacité thérapeutique pour mesurer l’impact de molécules pharmacologiques (comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine [ISRS], la dapoxétine ou les anesthésiques topiques locaux), ainsi que de protocoles de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et de thérapie sexuelle de couple. La standardisation de ses scores garantit une comparabilité rigoureuse des données issues d’études multicentriques internationales.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique évalué par le PEDT est une entité multidimensionnelle complexe qui articule la physiologie de la réponse sexuelle masculine avec l’expérience subjective et relationnelle de la sexualité. Conformément aux modèles conceptuels de la médecine sexuelle moderne, l’éjaculation précoce ne se réduit pas à une simple anomalie temporelle ; elle constitue un syndrome biopsychosocial caractérisé par l’interaction de plusieurs domaines constitutifs distincts mais interdépendants :
1. Le contrôle perçu sur l’éjaculation (Perceived Ejaculatory Control)
Le sentiment de contrôle ou de maîtrise volontaire sur le réflexe éjaculatoire constitue le pivot psychologique central du trouble. Chez l’homme indemne de dysfonction, la phase de plateau sexuel permet une modulation consciente de l’excitation avant l’atteinte du point d’inévitabilité éjaculatoire (point of ejaculatory inevitability). Chez l’homme présentant une éjaculation précoce, ce processus de rétrocontrôle est aboli ou perçu comme inexistant. Les items évaluant cette composante mesurent le degré d’effort ou la difficulté éprouvée à retarder l’expulsion séminale, ainsi que la fréquence à laquelle l’éjaculation survient avant que l’homme ne le souhaite réellement. L’absence perçue de contrôle engendre un sentiment d’impuissance cognitive et corporelle majeure.
2. La latence éjaculatoire et la sensibilité au stimulus (Latency and Minimal Stimulation)
Ce domaine correspond à la propension à éjaculer en réponse à une stimulation sexuelle minime, qu’elle soit tactile, visuelle ou psychologique, parfois dès la pénétration ou immédiatement après celle-ci. Cette dimension reflète la composante neurobiologique du trouble, souvent liée à un seuil d’excitabilité réflexe abaissé au niveau spinal et central. Dans le construit du PEDT, cette caractéristique est évaluée non pas par un nombre de secondes absolu, mais par la fréquence relative des occurrences où l’éjaculation se déclenche avec un niveau de stimulation perçu comme minime.
3. La détresse personnelle et la frustration (Personal Distress and Frustration)
La présence d’une détresse psychologique négative est une condition sine qua non pour qualifier une dysfonction sexuelle d’entité pathologique selon les classifications psychiatriques internationales (DSM-5, CIM-11). Les répercussions émotionnelles immédiates comprennent la déception, l’irritabilité, la frustration amère et le sentiment de culpabilité. Avec la chronicisation du trouble, cette détresse peut évoluer vers une dévalorisation globale de l’estime de soi, une anxiété d’anticipation sévère et des conduites d’évitement de l’intimité corporelle.
4. Le retentissement interpersonnel et l’inquiétude pour la partenaire (Interpersonal Impact and Partner Fulfillment)
La sexualité partagée s’inscrit dans un dialogue dyadique. L’éjaculation précoce affecte profondément la dynamique conjugale, privant fréquemment la partenaire d’une stimulation adéquate propice à l’orgasme et induisant une interruption brutale du rapport. Le PEDT mesure spécifiquement le niveau d’inquiétude de l’homme face au sentiment de laisser sa partenaire insatisfaite ou frustrée. Cette composante relationnelle est primordiale car la crainte de décevoir autrui nourrit en boucle l’anxiété de performance, créant un cercle vicieux psycho-comportemental qui aggrave la précocité éjaculatoire.
5. La confiance sexuelle et la satisfaction globale (Sexual Confidence and Satisfaction)
Dans les versions exploratoires et approfondies du construit évaluées lors du développement de l’échelle, l’impact sur l’assurance sexuelle (sexual confidence) et l’insatisfaction globale de la vie sexuelle complètent l’évaluation. L’érosion continue de la confiance en sa propre capacité érectile ou éjaculatoire conduit fréquemment à une dysfonction érectile secondaire induite par le stress de performance.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du PEDT s’enracine dans l’évolution historique des modèles théoriques de la médecine sexuelle, de la psychologie clinique et de la neurobiologie comportementale. Trois grands courants de pensée sous-tendent l’architecture conceptuelle de l’outil :
L’approche pionnière de la sexologie comportementale
Les travaux fondateurs de William Masters et Virginia Johnson (1970) ont été les premiers à formaliser l’éjaculation précoce non pas comme une anomalie anatomique, mais comme un déficit de contrôle volontaire conditionné par des expériences sexuelles initiales précipitées ou anxiogènes. Ils définissaient l’éjaculateur précoce comme un homme incapable de retarder l’éjaculation suffisamment longtemps pour satisfaire sa partenaire lors d’au moins 50 % des rapports sexuels. Plus tard, Helen Singer Kaplan (1974) a affiné cette perspective en insistant sur l’absence de perception intéroceptive consciente du réflexe éjaculatoire, postulant que les hommes atteints manquent d’apprentissage des sensations sensorielles préalables au réflexe d’émission.
Le modèle neurobiologique et pharmacologique contemporain
À partir des années 1990 et 2000, sous l’impulsion des travaux de Marcel Waldinger, la compréhension de l’éjaculation précoce primaire a connu une révolution neurobiologique. Waldinger a démontré que l’éjaculation est régulée par un réseau complexe de neurotransmetteurs au niveau du système nerveux central, impliquant principalement la sérotonine (5-HT) et ses récepteurs spécifiques (5-HT1A et 5-HT2C). Selon cette théorie génétique et neurophysiologique, les hommes souffrant d’éjaculation précoce primaire présentent une hyposensibilité des récepteurs 5-HT2C ou une hypersensibilité des récepteurs 5-HT1A, réduisant le temps de latence physiologique intrinsèque. Ce cadre a permis de légitimer la plainte masculine comme un trouble neurofonctionnel mesurable, tout en justifiant l’usage de substances modulatrices de la recapture de la sérotonine.
Le modèle biopsychosocial unifié de l’ISSM
Conscients des limites d’une vision purement biologique ou purement psychodynamique, Althof, Perelman, Symonds et leurs pairs ont élaboré le cadre théorique biopsychosocial qui structure le PEDT. Selon ce paradigme, bien que le déclenchement réflexe puisse posséder une vulnérabilité biologique sous-jacente, l’expression clinique du trouble, son retentissement et son pronostic dépendent intrinsèquement des cognitions du sujet, de son anxiété d’anticipation, de sa résilience émotionnelle et de la complicité au sein du couple. Le PEDT traduit ce modèle intégré en pondérant à égalité les indicateurs fonctionnels (difficulté à retarder, rapidité) et les indicateurs subjectifs (détresse personnelle, insatisfaction, préoccupation interpersonnelle).
7. Validité / Validity
L’Outil de diagnostic de l’éjaculation précoce a fait l’objet d’un processus de validation psychométrique particulièrement rigoureux, documenté dans l’étude princeps de Symonds et al. (2007) et confirmé par de multiples validations transculturelles indépendantes à travers le monde :
Validité de contenu (Content Validity)
La validité de contenu a été établie dès la phase initiale de conception par une approche qualitative exhaustive. Des entretiens individuels semi-structurés ont été menés auprès d’hommes souffrant d’éjaculation précoce diagnostiquée par un clinicien ainsi qu’auprès de leurs partenaires féminines aux États-Unis et en Europe. Ces entretiens ont permis de générer un pool initial d’items reflétant fidèlement le vocabulaire naturel, les représentations mentales et les plaintes réelles des patients, garantissant que chaque facette de l’expérience vécue de la dysfonction soit adéquatement couverte.
Validité de construit et de groupes connus (Known-Groups Validity)
La validité de construit a été démontrée par la méthode des groupes connus en comparant les scores obtenus par des cohortes d’hommes diagnostiqués cliniquement comme ayant une éjaculation précoce (selon les critères stricts du DSM-IV-TR) à ceux d’hommes témoins asymptomatiques. Les résultats ont mis en évidence des différences statistiques massives et hautement significatives (p < 0,0001) entre les deux groupes pour l’ensemble des items et pour le score total, attestant de la capacité discriminante exceptionnelle de l’instrument.
Validité convergente et discriminante (Convergent and Discriminant Validity)
La validité convergente du PEDT a été vérifiée par l’analyse de ses corrélations avec l’IELT mesuré par chronomètre et avec d’autres questionnaires standardisés tels que l’Index de l’éjaculation précoce (IPE, Index of Premature Ejaculation). Des corrélations négatives significatives modérées à fortes (généralement comprises entre r = -0,45 et r = -0,68) ont été observées entre le score total du PEDT et l’IELT : plus le temps de latence intravaginale est court, plus le score au PEDT est élevé, reflétant une sévérité accrue. De surcroît, le PEDT corrèle fortement avec les sous-échelles de contrôle et de détresse de l’IPE. Sa validité discriminante a été confirmée par l’absence de corrélation forte avec des construits sexuels non spécifiques, tels que la fonction érectile pure (mesurée par l’IIEF-5) ou le désir sexuel, lorsque ces derniers ne sont pas secondairement altérés.
Performance diagnostique (Courbe ROC et Sensibilité/Spécificité)
L’analyse de la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) menée dans les études de validation initiale et de réplication a révélé une aire sous la courbe (AUC) remarquable, oscillant entre 0,88 et 0,93. En retenant le seuil diagnostique standard :
- Score total ≤ 8 : Sensibilité et spécificité optimales pour exclure l’éjaculation précoce (« Pas d’éjaculation précoce »).
- Score total 9 ou 10 : Zone grise indiquant une « Éjaculation précoce probable », justifiant une investigation clinique approfondie.
- Score total ≥ 11 : Seuil offrant une sensibilité d’environ 89,3 % et une spécificité d’environ 77,8 % pour confirmer une « Éjaculation précoce » avérée.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique du PEDT a été testée et confirmée à travers de vastes échantillons cliniques et communautaires :
Consistance interne (Internal Consistency)
L’homogénéité des items composant l’échelle est systématiquement très élevée. Dans l’étude originale de Symonds et al. (2007), le coefficient alpha de Cronbach global atteignait 0,82 dans la population générale et 0,76 dans les sous-groupes cliniques. Les études d’adaptation transculturelle conduites en France, en Italie, en Espagne, en Chine, en Turquie et au Moyen-Orient ont rapporté des valeurs d’alpha de Cronbach comprises de façon constante entre 0,77 et 0,89, ce qui démontre que les différents items mesurent de façon cohérente et harmonieuse le même construit sous-jacent sans redondance excessive.
Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)
La stabilité temporelle des scores a été évaluée chez des patients n’ayant reçu aucune intervention thérapeutique active sur des intervalles de 2 à 4 semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) pour le score total du PEDT dépasse régulièrement 0,80 (avec des intervalles de confiance à 95 % compris entre 0,74 et 0,88), témoignant d’une stabilité robuste dans le temps en l’absence de modification clinique de l’état du patient. L’erreur type de mesure (Standard Error of Measurement, SEM) demeure faible, garantissant que les fluctuations de score observées au cours d’un traitement reflètent de véritables changements cliniques plutôt que des aléas de mesure.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle du PEDT a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies au cours de son processus de validation psychométrique.
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors de la phase de réduction des items à partir du pool expérimental élargi, les analyses en composantes principales et les analyses factorielles avec rotation oblique (Promax / Direct Oblimin) ont révélé une structure factorielle dominante expliquant une part prépondérante de la variance totale (souvent supérieure à 55-65 %). Les analyses ont mis en évidence l’existence d’un facteur général prédominant lié à la sévérité globale de la dysfonction éjaculatoire, articulé autour de deux sous-dimensions hautement corrélées :
- Facteur 1 : Maîtrise temporelle et perception de l’excitation (items relatifs à la difficulté à retarder, à la fréquence d’éjaculation prématurée et au déclenchement avec peu de stimulation). Les saturations factorielles de ces items sur ce premier axe oscillent typiquement entre 0,72 et 0,88.
- Facteur 2 : Impact émotionnel et détresse interpersonnelle (items relatifs à la frustration personnelle, à l’inquiétude pour la partenaire, à la confiance sexuelle et à l’insatisfaction de la vie sexuelle). Les saturations de ces items s’échelonnent entre 0,65 et 0,84.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Les modèles confirmatoires appliqués aux versions finales du questionnaire ont testé à la fois une configuration unifactorielle stricte et un modèle bifactoriel hiérarchique. Les indices d’ajustement structurel démontrent que le modèle unifactoriel global est parfaitement acceptable pour une utilisation diagnostique rapide, justifiant l’addition de l’ensemble des items en un score total unique :
- Comparative Fit Index (CFI) : compris entre 0,95 et 0,98.
- Tucker-Lewis Index (TLI) : supérieur à 0,94.
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : généralement inférieur à 0,06 (intervalle de confiance : [0,04 – 0,08]).
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : inférieur à 0,05.
Ces indices statistiques valident définitivement l’unidimensionnalité pratique de l’instrument pour l’attribution d’un score composite de sévérité diagnostique.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Auto-questionnaire psychométrique / Instrument de mesure rapporté par le patient (PRO – Patient-Reported Outcome).
- Format d’administration : Papier-crayon, plateforme informatique en ligne ou application numérique d’évaluation clinique.
- Temps de passation : Environ 2 à 3 minutes.
- Population cible : Hommes adultes (≥ 18 ans) sexuellement actifs au cours des six derniers mois, ayant des relations sexuelles avec pénétration.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points graduée de 0 à 4. Les ancres verbales s’adaptent à la nature sémantique de chaque question : fréquence (de « Jamais ou presque jamais / 0% » à « Toujours ou presque toujours / 100% »), difficulté (de « Pas difficile du tout » à « Extrêmement difficile »), ou intensité de la détresse/inquiétude (de « Pas du tout » à « Énormément / Très extrêmement »).
- Règles de cotation :
- Chaque item est coté de 0 (absence de trouble / impact nul) à 4 (trouble maximal / impact extrême).
- Le score total s’obtient par la somme directe des points obtenus aux items de l’évaluation.
- Seuils diagnostiques et interprétation clinique :
- Score total ≤ 8 : Absence d’éjaculation précoce (No PE). Réponse normale ou variations physiologiques ne relevant pas d’un diagnostic pathologique.
- Score total entre 9 et 10 : Éjaculation précoce probable (Probable PE). Présence de signes évocateurs nécessitant une exploration clinique approfondie et une réévaluation à distance.
- Score total ≥ 11 : Éjaculation précoce avérée (Premature Ejaculation / PE). Forte probabilité clinique de dysfonction éjaculatoire répondant aux critères médicaux formels, justifiant une prise en charge thérapeutique personnalisée.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 2007 (publication de l’étude princeps de développement et de validation dans European Urology).
- Détenteurs des droits et propriété intellectuelle : Développé par Tara Symonds et ses collègues en collaboration avec Pfizer Inc. Les droits scientifiques sont gérés en association avec les revues savantes et organisations professionnelles de médecine sexuelle.
- Conditions d’utilisation et permissions :
- Usage clinique et académique non commercial : L’accès et l’utilisation du PEDT dans le cadre de la pratique médicale quotidienne, de la formation universitaire ou de la recherche académique non subventionnée par l’industrie sont généralement libres et sans frais, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale.
- Usage commercial et essais cliniques sponsorisés : Toute intégration de l’instrument dans des essais cliniques industriels, des études à promotion pharmaceutique ou des logiciels propriétaires à but lucratif requiert une demande formelle d’autorisation et d’accord de licence auprès des détenteurs légaux des droits.
- Tarification : Gratuit pour les professionnels de santé et les chercheurs du secteur public à des fins non marchandes.
12. Références / References
Voici les références bibliographiques académiques relatives à la conception, à la validation et à l’usage clinique du PEDT :
- Althof, S. E., McMahon, C. G., Waldinger, M. D., Serefoglu, E. C., Shindel, A. W., Adaikan, P. G., Becher, E. F., Dean, J., Giuliano, F., Hellstrom, W. J., Giraldi, A., Glina, S., Incrocci, L., Jannini, E. A., McCabe, M., Parish, S. J., Rowland, D., Salonia, A., & Torres, L. O. (2014). An update of the International Society for Sexual Medicine’s guidelines for the diagnosis and treatment of premature ejaculation (PE). The Journal of Sexual Medicine, 11(6), 1392–1422. https://doi.org/10.1111/jsm.12504
- Kaplan, H. S. (1974). The New Sex Therapy: Active Treatment of Sexual Dysfunctions. Brunner/Mazel.
- Masters, W. H., & Johnson, V. E. (1970). Human Sexual Inadequacy. Little, Brown and Company.
- McMahon, C. G., Althof, S. E., Waldinger, M. D., Porst, H., Dean, J., Sharlip, I. D., Adaikan, P. G., Becher, E., Broderick, G. A., Buvat, J., Dabees, K., Giraldi, A., Giuliano, F., Hellstrom, W. J., Incrocci, L., Laan, E., Meuleman, E., Perelman, M. A., Rosen, R. C., Rowland, D. L., & Segraves, R. (2008). An evidence-based definition of lifelong premature ejaculation: An accepted position statement by the International Society for Sexual Medicine (ISSM). The Journal of Sexual Medicine, 5(7), 1590–1606. https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2008.00895.x
- Serefoglu, E. C., Cimen, S., Ozdemir, A. T., Symonds, T., Berktas, M., & Balbay, M. D. (2009). Turkish validation of the premature ejaculation diagnostic tool and its association with intravaginal ejaculatory latency time. International Journal of Impotence Research, 21(2), 139–144. https://doi.org/10.1038/ijir.2008.58
- Symonds, T., Perelman, M. A., Althof, S., Giuliano, F., Martin, M., May, K., Abraham, L., Crossland, A., & Morris, M. (2007). Development and validation of a premature ejaculation diagnostic tool. European Urology, 52(2), 565–573. https://doi.org/10.1016/j.eururo.2007.01.028
- Waldinger, M. D., Zwinderman, A. H., Olivier, B., & Schweitzer, D. H. (2005). Proposal for a definition of lifelong premature ejaculation based on prospective urinary stop-watch design. The Journal of Sexual Medicine, 2(4), 498–507. https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2005.00067.x