1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’orientation religieuse (Religious Orientation Scale, ROS), développée initialement par Gordon W. Allport et J. Michael Ross en 1967 en s’appuyant sur les travaux préliminaires de Joe R. Feagin (1964), constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans le domaine de la psychologie de la religion. Ce dispositif d’évaluation a été conçu pour opérationnaliser la distinction conceptuelle entre deux modes fondamentaux de motivation religieuse : l’orientation intrinsèque (la religion vécue comme une fin en soi) et l’orientation extrinsèque (la religion utilisée comme un moyen pour atteindre des fins profanes telles que le statut social, la sécurité ou le réconfort psychologique).
L’instrument historique se compose classiquement de 20 à 21 items (la version de Feagin en comportant 21, tandis qu’Allport et Ross en ont retenu 20 pour leur analyse finale), répartis en deux sous-échelles : la sous-échelle extrinsèque (comprenant 11 à 12 items selon les variantes) et la sous-échelle intrinsèque (comprenant 9 items). Chaque proposition est évaluée à l’aide d’échelles de réponse catégorielles ou de type Likert en quatre ou cinq points, mesurant le degré d’accord, la véracité perçue ou la fréquence des pratiques spirituelles privées et publiques.
D’un point de vue psychométrique, la ROS a démontré des propriétés de cohérence interne acceptables à solides à travers des décennies de recherche interculturelle, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,73 et 0,86 pour l’orientation intrinsèque, et entre 0,65 et 0,81 pour l’orientation extrinsèque. Bien que la dimensionalité originelle postulait deux pôles indépendants, des analyses factorielles confirmatoires ultérieures ont fréquemment révélé une subdivision de la dimension extrinsèque en deux composantes distinctes : l’extrinsèque sociale (Extrinsic-Social) et l’extrinsèque personnelle (Extrinsic-Personal). Cet article propose une analyse approfondie des propriétés métrologiques, du substrat théorique, de la structure factorielle et des applications cliniques et psychosociales de cette mesure fondamentale.
2. Mots-clés / Keywords
Orientation religieuse, Gordon Allport, motivation intrinsèque, motivation extrinsèque, psychologie de la religion, psychométrie, échelle ROS, préjugés sociaux, bien-être psychologique, analyse factorielle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conceptualisée et raffinée principalement par trois chercheurs éminents en psychologie sociale et en sociologie :
- Gordon Willard Allport (1897–1967) : Professeur émérite de psychologie à l’Université Harvard (Cambridge, Massachusetts, États-Unis). Figure fondatrice de la psychologie de la personnalité et pionnier de l’étude des préjugés sociaux.
- J. Michael Ross : Chercheur associé au Département des relations sociales de l’Université Harvard durant les années 1960, ayant collaboré avec Allport sur le traitement statistique et la standardisation de la forme finale de la Religious Orientation Scale publiée en 1967.
- Joe R. Feagin : Professeur de sociologie (actuellement à la Texas A&M University, auparavant à l’Université de Californie à Riverside). En 1964, Feagin a formalisé la première séparation empirique et opérationnelle des items intrinsèques et extrinsèques en s’inspirant des formulations conceptuelles antérieures d’Allport.
4. Objectif / Purpose
L’Échelle d’orientation religieuse a été élaborée pour résoudre une énigme empirique troublante observée dans la sociologie et la psychologie d’après-guerre : le « paradoxe religieux ». Les enquêtes épidémiologiques et psychosociales des années 1940 et 1950 (notamment les travaux d’Allport & Kramer, 1946 ; Adorno et al., 1950) montraient régulièrement que les personnes fréquentant assidûment les lieux de culte manifestaient en moyenne des niveaux de préjugés raciaux, d’intolérance ethnique et d’autoritarisme plus élevés que les individus non affiliés ou non pratiquants. Ce constat heurtait de front l’axiome théologique selon lequel les grandes religions monothéistes professent la charité, la fraternité humaine et l’amour du prochain.
Pour dépasser ce paradoxe, Allport a théorisé que la religiosité ne pouvait être appréhendée comme une variable quantitative unitaire (combien de fois par semaine un individu prie ou va à l’église), mais devait être examinée sous l’angle qualitatif de la structure motivationnelle : comment et pourquoi une personne investit-elle le champ religieux ? L’objectif principal de la ROS est donc d’isoler la religiosité mature et sincère (intrinsèque) de la religiosité utilitariste et superficielle (extrinsèque), afin de dissocier leurs corrélats cognitifs, émotionnels et comportementaux respectifs.
Dans le domaine de la recherche, l’échelle permet de classifier les individus selon une typologie quadripartite : les personnes intrinsèques pures, les extrinsèques pures, les « indiscriminately pro-religious » (approuvant simultanément les items des deux échelles) et les « indiscriminately non-religious » (rejetant les deux). Sur le plan clinique et en psychologie de la santé, la ROS s’est révélée un outil majeur pour investiguer les liens entre spiritualité et santé mentale : alors que l’orientation intrinsèque est fréquemment corrélée à une plus grande résilience face aux événements de vie traumatiques, à une estime de soi internalisée et à des taux réduits de dépression majeure, l’orientation extrinsèque est régulièrement associée à l’anxiété existentielle, à la culpabilité névrotique, au conformisme défensif et à une faible tolérance à l’ambiguïté.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par l’instrument repose sur une dichotomie classique formulée avec acuité par Allport en 1954 dans son ouvrage monumental The Nature of Prejudice, puis synthétisée par son aphorisme célèbre : « Les extrinsèques utilisent leur religion, tandis que les intrinsèques vivent la leur » (The extrinsics use their religion, while the intrinsics live theirs).
L’orientation religieuse extrinsèque (Extrinsic Religious Orientation)
L’orientation extrinsèque décrit une posture fonctionnelle, instrumentale et utilitariste envers le phénomène religieux. Les personnes présentant un score élevé sur cette dimension perçoivent l’adhésion religieuse et les croyances dogmatiques comme des instruments au service d’objectifs non religieux. La religion fournit un moyen d’obtenir un statut au sein de la communauté, d’établir des réseaux sociaux avantageux, de soulager des sentiments d’insécurité psychologique ou de trouver un réconfort émotionnel ponctuel face aux crises existentielles. Les valeurs religieuses sont compartimentées ; elles ne régissent pas la conduite morale globale mais sont mobilisées lorsque la situation l’exige. Par exemple, l’item « One reason for my being a church member is that such membership helps to establish a person in the community » illustre l’ancrage social instrumental, tandis que l’item « The primary purpose of prayer is to gain relief and protection » souligne l’aspect défensif et régulateur d’affects.
L’orientation religieuse intrinsèque (Intrinsic Religious Orientation)
L’orientation intrinsèque renvoie à une dynamique motivationnelle où la religion constitue la valeur suprême directrice (le master motive). Les personnes fortement intrinsèques subordonnent leurs besoins personnels, leurs désirs égoïstes et leurs relations sociales aux préceptes de leur foi. La religion n’est pas un moyen, mais la fin ultime de l’existence. Les croyances sont internalisées et s’étendent de manière cohérente à toutes les sphères de la vie quotidienne. Cette orientation reflète une transcendance authentique, caractérisée par une recherche de sens existentiel profond et une conscience aiguë du divin. Ainsi, l’item « My religious beliefs are what really lie behind my whole approach to life » capture la centralité cognitive et comportementale du construit, complété par des comportements d’intériorisation privée mesurés par des propositions telles que « It is important to me to spend periods of time in private religious thought and meditation ».
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le socle théorique de la ROS s’enracine dans la psychologie de la personnalité humaniste et la théorie du développement du soi d’Allport, ainsi que dans la phénoménologie de la motivation humaine. Allport récusait les visions réductrices de la psychanalyse freudienne (qui considérait la religion comme une illusion infantile et une névrose obsessionnelle) et du comportementalisme strict (qui l’assimilait à un simple conditionnement opérant social). Il postulait l’existence d’une capacité humaine à l’autonomie fonctionnelle des motifs : des comportements initialement appris pour satisfaire des besoins élémentaires de sécurité infantile peuvent mûrir et se transformer en motivations autonomes, intégrées et directrices de la personnalité adulte.
Cette vision s’articule également avec les contributions sociologiques de Peter Berger sur la construction sociale de la réalité et la plausibilité des univers symboliques, ainsi qu’avec les réflexions théologiques et philosophiques d’William James dans The Varieties of Religious Experience (1902). James avait déjà distingué la « religion de seconde main » — héritée sans esprit critique des institutions par conformisme — de l’expérience religieuse personnelle première et vivante. Allport a traduit cette distinction philosophique en construits opérationnalisables pour la méthode quantitative empirique.
Dans ce modèle, la religiosité mature est caractérisée par la flexibilité cognitive, l’ouverture à l’altérité et l’universalisation de l’amour du prochain (intrinsèque), tandis que la religiosité immature demeure rigide, égocentrique, conventionnelle et ethnocentrique (extrinsèque). Ce cadre a permis de concevoir des hypothèses testables sur les rapports entre cognition morale, mécanismes de défense du Moi et stéréotypie sociale.
7. Validité / Validity
La validité de l’Échelle d’orientation religieuse a fait l’objet de centaines d’investigations empiriques attestant de sa robustesse métrologique :
- Validité de construit et prédictive : L’étude princeps d’Allport et Ross (1967), menée auprès de 309 membres d’églises confessionnelles diverses, a validé l’hypothèse centrale de l’instrument. Les participants classés comme intrinsèques affichaient des scores de préjugés raciaux et ethniques significativement plus bas que les participants extrinsèques. Plus frappant encore, les individus qualifiés de « pro-religieux indiscriminés » (marquant des scores élevés sur les deux dimensions) obtenaient les scores de préjugés les plus élevés de tout l’échantillon, démontrant la puissance discriminante de la typologie.
- Validité convergente : L’orientation intrinsèque corrèle positivement et significativement avec des instruments mesurant le bien-être subjectif, le sens de la vie (Purpose in Life Test de Crumbaugh & Maholick), ainsi qu’avec l’échelle de bien-être spirituel (Spiritual Well-Being Scale de Paloutzian & Ellison ; r typiquement compris entre 0,55 et 0,70). L’orientation extrinsèque, quant à elle, démontre des corrélations positives avec l’anxiété-trait (STAI), la peur de la mort (Death Anxiety Scale de Templer ; r ≈ 0,30 à 0,45) et les mesures de dogmatisme de Rokeach.
- Validité discriminante : Les corrélations entre les échelles intrinsèque et extrinsèque sont faibles à modérées, souvent proches de zéro dans les échantillons hétérogènes (r variant de -0,20 à +0,15 selon les populations), ce qui confirme que l’intrinsèque et l’extrinsèque ne représentent pas les extrémités opposées d’un continuum bipolaire unique, mais constituent deux dimensions orthogonales et indépendantes de la personnalité religieuse.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité de l’échelle ont été largement répliquées au sein d’échantillons cliniques, universitaires et communautaires :
- Cohérence interne (Alpha de Cronbach) : Pour la sous-échelle intrinsèque (9 items), la cohérence interne est systématiquement élevée, avec des valeurs de $\alpha$ s’échelonnant habituellement entre 0,78 et 0,86 (par exemple, Donahue, 1985 ; Gorsuch & McPherson, 1989). Pour la sous-échelle extrinsèque (11 à 12 items), les coefficients $\alpha$ sont légèrement plus modestes, variant de 0,68 à 0,78, ce qui s’explique par l’hétérogénéité multidimensionnelle sous-jacente des items extrinsèques (combinant composantes sociales et composantes de soulagement émotionnel personnel).
- Stabilité temporelle (Fidélité test-retest) : Les études longitudinales évaluant la stabilité de l’instrument sur des intervalles allant de 4 semaines à 6 mois révèlent des coefficients de corrélation test-retest solides, généralement situés entre r = 0,75 et r = 0,88 pour l’échelle intrinsèque, et entre r = 0,70 et r = 0,82 pour l’échelle extrinsèque, attestant qu’il s’agit de dispositions motivationnelles durables plutôt que d’états d’humeur fluctuants.
- Erreur standard de mesure : L’erreur standard de mesure (SEM) demeure contenue, permettant une différenciation clinique et expérimentale fiable des profils individuels au sein de populations diversifiées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’exploration de la structure latente de la ROS a généré une abondante littérature psychométrique depuis les années 1970 :
Initialement, Allport et Ross (1967) ainsi que Feagin (1964) ont utilisé des analyses factorielles exploratoires (AFE) par composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax). Ces analyses ont mis en évidence l’extraction nette de deux facteurs principaux distincts, correspondant fidèlement aux dimensions théoriques de l’orientation intrinsèque et de l’orientation extrinsèque. Les saturations factorielles des items intrinsèques sur leur facteur de référence sont généralement fortes (souvent supérieures à 0,55, atteignant jusqu’à 0,78 pour les items relatifs au rôle central des croyances dans la vie quotidienne).
Cependant, les réanalyses psychométriques ultérieures (notamment celles de Kirkpatrick, 1989, et de Gorsuch & McPherson, 1989) ont révélé une instabilité au sein de la sous-échelle extrinsèque. Lorsqu’une solution factorielle à trois composantes est appliquée, le bloc extrinsèque se scinde régulièrement en deux facteurs orthogonaux bien identifiés :
- Extrinsèque Social (Es) : Saturé par des items mesurant l’usage de l’institution ecclésiale pour le lien social et l’intégration communautaire (items 2, 6, 9).
- Extrinsèque Personnel (Ep) : Saturé par des items reflétant l’usage de la prière et de la foi comme tampon protecteur contre l’anxiété et le malheur (items 1, 3, 11).
Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) modernes démontrent fréquemment une meilleure adéquation aux données pour un modèle hiérarchique ou oblique à trois facteurs (Intrinsèque, Extrinsèque-Social, Extrinsèque-Personnel) comparativement au modèle canonique bidimensionnel strict, avec des indices d’ajustement satisfaisants (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,92 ; TLI > 0,90).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory).
- Population cible : Adolescents et adultes (généralement à partir de 16 ans) ayant une affiliation religieuse ou participant à des activités spirituelles.
- Nombre total d’items : 21 items dans la version de Feagin (1964) ; 20 items standardisés dans la version d’Allport et Ross (1967) (l’item extrinsèque n°12 ayant été retiré par Allport et Ross).
- Structure des sous-échelles :
- Sous-échelle Extrinsèque : 11 items (12 items dans la formulation complète de Feagin).
- Sous-échelle Intrinsèque : 9 items.
- Formats de réponse : L’échelle originale emploie une variété de formats catégoriels et de degrés d’accord en 4 points pour chaque proposition, comprenant notamment :
- Degré d’accord : « I definitely disagree », « I tend to disagree », « I tend to agree », « I definitely agree ».
- Vérité perçue : « Definitely not true », « Tends not to be true », « Tends to be true », « Definitely true » (ou équivalents « of me »).
- Fréquence comportementale : « Never », « Rarely », « Occasionally », « Frequently » (ou fréquences d’assistance au culte spécifiées par item).
- Modalités de cotation : Chaque item est coté de 1 à 4 selon la direction de l’énoncé. Les réponses reflétant une orientation élevée reçoivent 4 points, tandis que les réponses marquant un désaccord ou une faible fréquence reçoivent 1 point (certains items font l’objet d’une inversion de cotation selon le barème original). Deux scores continus séparés sont générés (Score Intrinsèque total et Score Extrinsèque total). Les chercheurs procèdent fréquemment à une classification par division par la médiane pour identifier les quatre groupes théoriques : Intrinsèque pur, Extrinsèque pur, Pro-religieux indiscriminé, Non-religieux indiscriminé.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 1964 (Feagin) ; standardisation canonique en 1967 (Allport & Ross).
- Statut du droit d’auteur : Instrument du domaine public académique. Les items ont été publiés intégralement dans des revues scientifiques à comité de lecture (le Journal for the Scientific Study of Religion et le Journal of Personality and Social Psychology).
- Frais et licences : L’utilisation de l’échelle est entièrement gratuite à des fins de recherche non commerciale, d’enseignement académique et d’évaluation clinique. Aucune licence commerciale payante n’est exigée, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales dans tout rapport ou publication.
12. Références / References
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- Allport, G. W., & Kramer, B. M. (1946). Some roots of prejudice. The Journal of Psychology, 22(1), 9–39. https://doi.org/10.1080/00223980.1946.9917293
- Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212
- Donahue, M. J. (1985). Intrinsic and extrinsic religiousness: Review and meta-analysis. Journal of Personality and Social Psychology, 48(2), 400–419. https://doi.org/10.1037/0022-3514.48.2.400
- Feagin, J. R. (1964). sessions and religious types: A focused study of southern fundamentalists. Journal for the Scientific Study of Religion, 4(1), 3–13. https://doi.org/10.2307/1385199
- Gorsuch, R. L., & McPherson, S. E. (1989). Intrinsic/extrinsic measurement: I/E-revised and single-item scales. Journal for the Scientific Study of Religion, 28(3), 348–354. https://doi.org/10.2307/1386745
- Hood, R. W. (1971). A comparison of the Allport and Feagin scoring procedures for intrinsic/extrinsic religious orientation. Journal for the Scientific Study of Religion, 10(4), 370–374. https://doi.org/10.2307/1384780
- Kirkpatrick, L. A. (1989). A psychometric analysis of the Allport-Ross and Feagin measures of intrinsic-extrinsic religious orientation. Research in the Social Scientific Study of Religion, 1, 1–31.
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- Wilson, W. C. (1960). Extrinsic religious values and prejudice. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 60(2), 286–288. https://doi.org/10.1037/h0040523