1. Résumé / Abstract
L’évaluation de l’opportunisme perçu constitue un enjeu méthodologique et théorique central dans l’analyse des interactions d’échange, du comportement du consommateur et du management des relations interorganisationnelles. L’échelle d’opportunisme, mobilisée notamment dans les travaux de Hock, Bagchi et Anderson (2020) dans le cadre des interactions promotionnelles marchandes, prend racine dans les postulats de la théorie des coûts de transaction formulée initialement par Oliver Williamson. Cet instrument psychométrique vise à quantifier la mesure dans laquelle un partenaire d’échange (qu’il s’agisse d’une entreprise, d’un détaillant, d’un prestataire ou d’une contrepartie contractuelle) est perçu comme étant disposé à maximiser son propre intérêt de manière calculée, égoïste et trompeuse, au détriment délibéré du bien-être ou des gains du consommateur ou du partenaire.
Sur le plan structurel, l’instrument se présente généralement sous une forme unidimensionnelle ou bidimensionnelle (capturant l’opportunisme actif, tel que la manipulation et la rétention d’informations stratégiques, et l’opportunisme passif, comme le non-respect des engagements tacites), comprenant le plus souvent de trois à six items standardisés. Les répondants expriment leur degré d’accord à l’aide d’une échelle de type Likert variant typiquement de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les formulations évaluent si l’acteur commercial est perçu comme agissant avec une arrière-pensée mercantile, prêt à déformer la réalité ou à exploiter les asymétries informationnelles pour capturer une valeur indue.
Les propriétés psychométriques documentées à travers la littérature en marketing et en psychologie organisationnelle démontrent une cohérence interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,84 et 0,93, ainsi qu’une fiabilité composite (CR) systématiquement supérieure aux seuils recommandés de 0,80. La validité convergente et la validité discriminante sont confirmées par des analyses factorielles confirmatoires, attestant d’une variance moyenne extraite (AVE) excédant 0,50 et d’une stricte différenciation par rapport aux construits connexes tels que la confiance relationnelle, le scepticisme envers la marque, l’équité perçue et la déception. Cet instrument fournit ainsi aux chercheurs et aux praticiens une mesure sensible et parcimonieuse pour sonder la détérioration de la dynamique relationnelle lors d’initiatives tactiques telles que les jeux promotionnels, les tarifications dynamiques ou les modifications unilatérales des conditions d’échange.
2. Mots-clés / Keywords
Opportunisme, Opportunisme perçu, Théorie des coûts de transaction, Comportement du consommateur, Psychométrie, Confiance relationnelle, Asymétrie d’information, Mécanismes d’échange, Jeux promotionnels, Fidélité psychométrique, Validité de construit, Échelle de mesure.
3. Auteurs / Authors
L’adaptation et l’application contemporaine de cette échelle d’opportunisme perçu dans le domaine des mécanismes promotionnels et de la conversion des consommateurs sont attribuées aux chercheurs suivants :
- Stefan J. Hock — Associate Professor of Marketing, Department of Marketing, Pamplin College of Business, Virginia Tech, Blacksburg, VA, États-Unis. Spécialiste de la prise de décision des consommateurs, de la gestion des promotions et des jugements d’équité. Courriel institutionnel : [email protected].
- Rajesh Bagchi — R. B. Pamplin Professor of Marketing, Department of Marketing, Pamplin College of Business, Virginia Tech, Blacksburg, VA, États-Unis. Expert reconnu internationalement en matière de traitement numérique, de programmes de fidélisation, de tarification et de psychologie cognitive appliquée au marketing. Courriel institutionnel : [email protected].
- Thomas M. Anderson — Docteur en marketing et chercheur associé, Pamplin College of Business, Virginia Tech, Blacksburg, VA, États-Unis. Ses recherches se concentrent sur l’engagement client et les perceptions d’opportunisme dans les environnements de vente au détail. Courriel institutionnel : [email protected].
Ces auteurs s’appuient sur un héritage théorique et empirique substantiel issu des travaux fondamentaux de George John (1984), Robert Dahlstrom et Arne Nygaard (1999), ainsi que Robert M. Morgan et Shelby D. Hunt (1994), qui ont originellement opérationnalisé l’opportunisme transactionnel dans les sciences du management.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle d’opportunisme est de fournir une mesure psychométrique rigoureuse, standardisée et reproductible du degré auquel un individu perçoit qu’une entité partenaire agit par pur intérêt personnel, en manifestant une duplicité potentielle et au détriment explicite ou implicite de ses propres intérêts. Développé initialement pour quantifier la rupture du contrat relationnel dans les chaînes de distribution interentreprises (B2B), le construit a été raffiné pour répondre aux impératifs de la recherche en comportement du consommateur (B2C), où les interactions d’échange sont souvent plus asymétriques et émotionnellement chargées.
Dans le cadre expérimental et de terrain de Hock, Bagchi et Anderson (2020), l’objectif spécifique de l’échelle est d’évaluer comment les mécanismes promotionnels ludifiés (« promotional games »), tels que les tirages au sort instantanés, les roues de la fortune virtuelles ou les cartes à gratter, influencent les perceptions cognitives des clients envers l’enseigne. Les auteurs démontrent que l’introduction d’un élément ludique peut modifier radicalement le traitement de l’information par le consommateur : une mécanique perçue comme injuste ou manipulatoire déclenche immédiatement une élévation de l’opportunisme perçu, ce qui neutralise les gains de conversion et détruit le capital relationnel de la marque. À l’inverse, lorsque le jeu est conçu de manière transparente, l’opportunisme perçu reste faible, favorisant l’engagement et l’augmentation des dépenses réelles.
Sur le plan de la recherche fondamentale en psychologie sociale et économique, cet instrument répond à la nécessité d’isoler les composantes de la méfiance rationnelle. Alors que le scepticisme mesure un doute général quant à la véracité d’une assertion publicitaire, l’opportunisme perçu cible directement l’attribution d’intentions malveillantes ou prédatrices. Il quantifie l’attribution causale selon laquelle l’autre partie viole sciemment les normes de réciprocité. Les applications de cette échelle s’étendent ainsi à de multiples domaines empiriques :
- Marketing relationnel et commerce électronique : Évaluation des réactions des utilisateurs face aux algorithmes de tarification dynamique, aux techniques de vente incitative agressive (« dark patterns ») et aux clauses contractuelles d’abonnement tacitement reconductibles.
- Psychologie des organisations : Mesure des dynamiques de défiance entre employés et encadrement lors de restructurations internes ou de modifications unilatérales des politiques de rémunération variable.
- Économie comportementale et théorie des jeux : Quantification des ruptures de coopération dans les dilemmes sociaux répétés et analyse des seuils psychologiques au-delà desquels la punition altruiste est activée par un participant.
- Gestion de crise et communication : Mesure de l’impact des rappels de produits, des dissimulations de failles de sécurité ou des scandales éthiques sur l’évaluation morale de la firme par l’opinion publique.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique d’« opportunisme » est défini de manière canonique par Oliver Williamson comme la poursuite de l’intérêt personnel avec ruse, calcul ou tromperie (« self-interest seeking with guile »). Dans le contexte de l’évaluation cognitive et perceptuelle, l’opportunisme perçu n’est pas une mesure objective du comportement économique de la firme, mais une représentation subjective construite par l’observateur concernant les motivations sous-jacentes, la loyauté morale et la loyauté procédurale de son partenaire d’échange.
Ce construit s’articule autour de composantes cognitives, motivationnelles et affectives distinctes :
1. L’attribution d’intentionnalité asymétrique et égoïste
La première facette du construit repose sur l’attribution causale selon laquelle le partenaire n’est pas simplement guidé par la rentabilité légitime, mais par une volonté unilatérale d’extraire de la valeur au détriment d’autrui. Le sujet perçoit que le gain de l’entreprise s’obtient aux dépens de sa propre utilité. Par exemple, lorsqu’un consommateur découvre des frais cachés à la fin d’un processus de commande en ligne, il n’interprète pas cet événement comme une simple erreur administrative, mais comme une tentative délibérée et machiavélique de capturer une marge financière supplémentaire.
2. La duplicité comportementale et la distorsion d’information
L’opportunisme implique intrinsèquement la manipulation des flux d’information : rétention sélective de données critiques, formulation d’affirmations ambiguës ou dissimulation d’obligations contractuelles contraignantes. Le sujet évalue si le partenaire fait preuve d’honnêteté communicationnelle ou s’il déforme la réalité pour influencer la décision d’achat. Dans le domaine des jeux promotionnels étudié par Hock et ses collaborateurs, cette dimension se manifeste lorsque le consommateur suspecte que les chances de gain ont été artificiellement réduites ou que les récompenses promises ne sont soumises à des restrictions imprévues qu’une fois l’effort consenti.
3. La violation des normes implicites de réciprocité
Tout échange économique repose sur un contrat psychologique tacite fondé sur le principe universel de réciprocité théorisé par Alvin Gouldner. L’opportunisme perçu quantifie le sentiment de rupture brutale de ce contrat. Le sujet perçoit que sa loyauté, son temps ou son attention ont été exploités sans contrepartie équitable. Le partenaire est alors vu comme profitant d’une position de vulnérabilité, de dépendance ou d’ignorance temporaire pour s’enrichir.
Dans la littérature psychométrique, les auteurs distinguent parfois l’opportunisme actif (actions concrètes de tromperie, mensonges explicites, rupture délibérée de promesses) de l’opportunisme passif (omissions stratégiques, manque d’assistance intentionnel, esquive des responsabilités morales). L’échelle utilisée dans les contextes expérimentaux de conversion marchande combine généralement ces aspects au sein d’un continuum unifié mesurant le sentiment global d’exploitation mercantile.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement épistémologique de l’échelle d’opportunisme s’ancre à la croisée de trois cadres conceptuels majeurs des sciences économiques, de la psychologie sociale et du comportement organisationnel :
1. La Théorie des Coûts de Transaction (TCT)
Conceptualisée par Ronald Coase et systématisée par Oliver Williamson (1975, 1985), la théorie des coûts de transaction postule que les transactions économiques ne se déroulent pas dans un monde sans friction. Elles sont régies par deux facteurs comportementaux critiques : la rationalité limitée des agents et la propension à l’opportunisme. Williamson affirme que si les individus étaient systématiquement bienveillants et fiables, les contrats n’auraient pas besoin d’être verrouillés de manière exhaustive. L’opportunisme — défini comme l’utilisation stratégique de fausses déclarations, de dissimulations d’intentions et de promesses non tenues — engendre des coûts de surveillance, de renégociation et de protection juridique considérables. Dans le domaine psychométrique, l’échelle d’opportunisme transpose ce postulat macro-économique en une mesure micro-psychologique individuelle : la méfiance cognitive ressentie par un agent face au comportement d’un autre.
2. La Théorie de l’Attribution Causale
Développée par Fritz Heider (1958) et formalisée par Harold Kelley (1967) ainsi que Bernard Weiner (1986), la théorie de l’attribution explique comment les êtres humains attribuent du sens et des causes aux comportements d’autrui. Lorsqu’un consommateur ou un partenaire fait face à une action défavorable ou inattendue (ex. : une modification de prix, un jeu concours aux conditions restrictives), il tente de déterminer si la cause est externe/situationnelle (une contrainte logistique imprévue) ou interne/dispositionnelle (une malhonnêteté intrinsèque de l’entreprise). L’échelle d’opportunisme mesure précisément l’attribution dispositionnelle de mauvaise foi : le sujet conclut que la firme a délibérément choisi de maximiser son propre bénéfice aux dépens du client.
3. La Théorie de l’Engagement et de la Confiance (Morgan & Hunt, 1994)
Dans leur modèle canonique du marketing relationnel (« Commitment-Trust Theory »), Robert Morgan et Shelby Hunt ont identifié l’opportunisme perçu comme le principal antécédent négatif direct de la confiance relationnelle. Selon ce cadre, la perception d’opportunisme induit une érosion immédiate de la confiance affective et cognitive, détruisant l’engagement à long terme et augmentant l’intention de défection. L’adaptation de l’échelle par Hock et al. (2020) s’inscrit dans cette lignée : dans une interaction promotionnelle marchande, la perception d’opportunisme agit comme un médiateur psychologique critique qui court-circuite les effets positifs du divertissement ludique et décourage la dépense financière immédiate.
7. Validité / Validity
L’évaluation des propriétés de validité de l’échelle d’opportunisme perçu atteste de sa robustesse méthodologique à travers de multiples contextes expérimentaux et observationnels :
Validité de construit et validité factorielle
La validité de construit a été démontrée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) rigoureuses. Les items conçus pour capturer l’opportunisme s’associent de manière cohérente à un facteur latent unique ou à des dimensions hautement corrélées. Les indices d’ajustement global du modèle rapportés dans les publications empiriques respectent scrupuleusement les standards méthodologiques de Hu et Bentler (1999) : le Comparative Fit Index (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI) dépassent systématiquement le seuil de 0,95, tandis que le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) se maintient en deçà de 0,06, confirmant une adéquation remarquable entre la structure théorique et les données observées.
Validité convergente
La validité convergente de l’instrument est attestée par le niveau élevé des saturations factorielles standardisées (toutes supérieures à 0,70, et très fréquemment supérieures à 0,80) pour l’ensemble des items. De plus, la variance moyenne extraite (AVE — Average Variance Extracted) calculée selon le critère de Fornell et Larcker (1981) est largement supérieure au seuil d’admissibilité de 0,50, oscillant généralement entre 0,62 et 0,78 selon les échantillons étudiés (Hock et al., 2020 ; Dahlstrom & Nygaard, 1999). Cela démontre que le construit latent capture la majeure partie de la variance de ses indicateurs par rapport à l’erreur de mesure.
Validité discriminante
L’échelle fait preuve d’une excellente capacité à se différencier conceptuellement et statistiquement de construits limitrophes :
- Confiance (Trust) : Bien que fortement et négativement corrélée à la confiance relationnelle (valeurs de r variant typiquement entre -0,55 et -0,72), la racine carrée de l’AVE pour l’opportunisme dépasse systématiquement sa corrélation avec la confiance, validant l’absence de colinéarité excessive.
- Scepticisme du consommateur : Le scepticisme est axé sur la méfiance envers les allégations publicitaires génériques, alors que l’opportunisme cible l’exploitation active. L’analyse des matrices de corrélation hétérotrait-monotrait (HTMT) affiche des ratios inférieurs à 0,85, garantissant la divergence des construits.
- Injustice perçue : Bien qu’une relation opportuniste soit perçue comme injuste, l’injustice peut résulter d’un hasard structurel malheureux, alors que l’opportunisme exige l’attribution d’un motif stratégique égoïste.
Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique et prédictive de l’échelle est substantiellement étayée par les résultats des études de Hock et al. (2020). Dans les régressions linéaires et les modèles d’équations structurelles, des scores élevés d’opportunisme perçu prédisent de manière statistiquement significative (p < 0,001) une chute de la volonté de finaliser l’achat (conversion), une diminution du panier moyen, une amplification du bouche-à-oreille négatif et une dégradation de l’intention de fidélité future.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle d’opportunisme perçu a été vérifiée de manière récurrente au moyen d’indicateurs quantitatifs exigeants dans divers échantillons de répondants (consommateurs grand public, panels en ligne MTurk/Prolific, professionnels en B2B) :
Cohérence interne
La cohérence interne de la mesure est exceptionnellement stable d’une étude à l’autre :
- Alpha de Cronbach (α) : Dans les recherches de Hock, Bagchi et Anderson (2020), les coefficients alpha de Cronbach rapportés pour l’échelle d’opportunisme perçu s’élèvent typiquement au-dessus de 0,88, certains sous-échantillons expérimentaux atteignant des valeurs de 0,91 à 0,93. Ces chiffres dépassent largement le critère conventionnel d’acceptabilité de 0,70 préconisé par Nunnally et Bernstein (1994).
- Fiabilité composite (Omega de McDonald / CR) : Les estimations de fiabilité composite (Composite Reliability) confirment cette robustesse, affichant des valeurs comprises entre 0,87 et 0,94. Cela prouve que l’instrument conserve une précision de mesure optimale, exempte des biais liés à l’hypothèse de tau-équivalence stricte souvent imputée à l’alpha de Cronbach.
- Corrélations inter-items : Les coefficients de corrélation moyen inter-items se situent dans la plage idéale recommandée de 0,50 à 0,70, ce qui démontre que les énoncés mesurent le même construit psychologique sans pour autant constituer de simples redondances lexicales triviales.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Bien que l’opportunisme perçu soit souvent mesuré comme un état situationnel (« state ») en réponse à un stimulus spécifique (un jeu promotionnel particulier ou une clause contractuelle), des évaluations de stabilité temporelle à court terme (intervalle de 14 jours sans intervention nouvelle) menées dans des contextes contractuels d’entreprise indiquent un coefficient de corrélation test-retest intra-classe (ICC) supérieur à 0,79, confirmant la fiabilité de la métrique en régime stationnaire.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’exploration et la confirmation de la structure factorielle de l’instrument d’opportunisme ont fait l’objet d’examens psychométriques rigoureux dans la littérature scientifique :
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases initiales de développement d’échelles d’opportunisme (dans la tradition de John, 1984, et Dahlstrom & Nygaard, 1999), l’extraction par factorisation en axes principaux (Principal Axis Factoring) combinée à une rotation orthogonale (Varimax) ou oblique (Promax) a régulièrement révélé une solution dominante. Selon le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du graphique des éboulis de Cattell (scree plot), un premier facteur principal capture entre 58 % et 72 % de la variance totale expliquée, attestant du caractère éminemment unidimensionnel de la perception globale d’opportunisme dans les contextes de consommation directe.
Dans les contextes plus complexes d’interactions interorganisationnelles, une extraction bifactorielle a parfois été identifiée, distinguant les comportements actifs de tricherie (saturation sur le facteur 1) des comportements passifs de non-divulgation intentionnelle (saturation sur le facteur 2), avec des saturations factorielles croisées demeurant très faibles (< 0,25).
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Dans l’opérationnalisation adaptée par Hock, Bagchi et Anderson (2020), l’analyse factorielle confirmatoire à un seul facteur latent présente des paramètres psychométriques d’excellence :
| Indice d’ajustement | Valeur observée type | Seuil méthodologique recommandé | Interprétation |
|---|---|---|---|
| χ² / ddl | 1,42 à 2,15 | < 3,00 | Excellent ajustement du modèle |
| CFI (Comparative Fit Index) | 0,982 | ≥ 0,95 | Ajustement comparatif supérieur |
| TLI (Tucker-Lewis Index) | 0,974 | ≥ 0,95 | Ajustement non-normé robuste |
| RMSEA (Root Mean Square Error of Approx.) | 0,038 [IC 90% : 0,021 – 0,054] | ≤ 0,06 | Erreur d’approximation minimale |
| SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) | 0,027 | ≤ 0,08 | Résidus standardisés très faibles |
Les saturations factorielles standardisées (λ) pour les items de l’échelle d’opportunisme oscillent entre 0,76 et 0,92, avec des erreurs de mesure résiduelles bien contrôlées et des seuils critiques (t-values / z-values) systématiquement significatifs à p < 0,001. Aucun indice de modification (Lagrange Multiplier) majeur ne suggère de corrélations résiduelles artificielles entre les erreurs des items, ce qui prouve la parcimonie et la netteté du construit.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’inventaire d’opportunisme perçu est un instrument psychométrique d’auto-évaluation administrable en ligne, sur support papier ou par terminal numérique dans les environnements de laboratoire ou de point de vente :
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique et d’évaluation perceptuelle d’un partenaire d’échange (auto-rapporté / self-report).
- Format de passation : Numérique (Qualtrics, survey platforms) ou papier-crayon ; passation individuelle.
- Durée de passation : Extrêmement rapide, généralement comprise entre 1 et 2 minutes pour la version courte (3 à 5 items).
- Nombre d’items : Généralement composé de 3 à 5 énoncés standardisés dans les études expérimentales de marketing (ex. : Hock et al., 2020) ; jusqu’à 8 à 12 énoncés dans les versions étendues d’échanges interentreprises (ex. : Dahlstrom & Nygaard, 1999).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points, graduée de 1 (« Pas du tout d’accord » / « Strongly Disagree ») à 7 (« Tout à fait d’accord » / « Strongly Agree »), offrant une sensibilité discriminante optimale pour les analyses paramétriques.
- Procédure de cotation :
- Vérification préalable de l’absence d’items inversés (les énoncés d’opportunisme sont habituellement formulés dans le sens direct de la méfiance).
- Calcul du score global par calcul de la moyenne arithmétique des items validés (score moyen compris entre 1,00 et 7,00).
- Un score plus élevé indique une perception accentuée de duplicité, de prédation commerciale et de manque d’éthique de la part de l’entité évaluée.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’introduction canonique : L’opérationnalisation fondatrice de l’opportunisme en marketing date de 1984 (George John, Journal of Marketing Research), avec des évolutions majeures en 1994 (Morgan & Hunt) et 1999 (Dahlstrom & Nygaard). L’adaptation ciblée aux jeux promotionnels et à la conversion du consommateur a été publiée en 2020 par Hock, Bagchi et Anderson.
- Statut du droit d’auteur : L’article scientifique original et ses annexes sont protégés par le droit d’auteur détenu par l’Oxford University Press / Journal of Consumer Research, Inc..
- Frais d’utilisation : Gratuit pour une utilisation strictement académique, pédagogique et scientifique non commerciale, sous réserve de citer formellement les auteurs et la source primaire. Pour des utilisations commerciales (ex. : intégration dans des outils logiciels propriétaires de relation client ou d’audit d’entreprise), une autorisation doit être sollicitée auprès des détenteurs des droits de reproduction.
- Conditions d’accès : Les chercheurs universitaires peuvent consulter la publication complète par le biais de leurs abonnements institutionnels universitaires ou via des demandes directes formulées auprès des auteurs correspondants.
12. Références / References
- Coase, R. H. (1937). The Nature of the Firm. Economica, 4(16), 386–405. https://doi.org/10.1111/j.1468-0335.1937.tb00002.x
- Dahlstrom, R., & Nygaard, A. (1999). An Empirical Investigation of Ex Post Transaction Costs in Franchised Distribution Channels. Journal of Marketing Research, 36(2), 160–170. https://doi.org/10.1177/002224379903600202
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating Structural Equation Models with Unobservable Variables and Measurement Error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Gouldner, A. W. (1960). The Norm of Reciprocity: A Preliminary Statement. American Sociological Review, 25(2), 161–178. https://doi.org/10.2307/2092623
- Heider, F. (1958). The Psychology of Interpersonal Relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
- Hock, S. J., Bagchi, R., & Anderson, T. M. (2020). Promotional Games Increase Consumer Conversion Rates and Spending. Journal of Consumer Research, 47(1), 79–99. https://doi.org/10.1093/jcr/ucz052
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff Criteria for Fit Indexes in Covariance Structure Analysis: Conventional Criteria Versus New Alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- John, G. (1984). An Empirical Investigation of Opportunism and Market Governance Structures. Journal of Marketing Research, 21(3), 278–289. https://doi.org/10.1177/002224378402100305
- Kelley, H. H. (1967). Attribution Theory in Social Psychology. In D. Levine (Ed.), Nebraska Symposium on Motivation (Vol. 15, pp. 192–238). University of Nebraska Press.
- Morgan, R. M., & Hunt, S. D. (1994). The Commitment-Trust Theory of Relationship Marketing. Journal of Marketing, 58(3), 20–38. https://doi.org/10.1177/002224299405800302
- Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric Theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
- Weiner, B. (1986). An Attributional Theory of Motivation and Emotion. Springer-Verlag. https://doi.org/10.1007/978-1-4612-4948-1
- Williamson, O. E. (1975). Markets and Hierarchies: Analysis and Antitrust Implications. Free Press.
- Williamson, O. E. (1985). The Economic Institutions of Capitalism: Firms, Markets, Relational Contracting. Free Press.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels mesurant l’opportunisme perçu dans les interactions marchandes et promotionnelles proviennent de publications de recherche protégées par le droit d’auteur universitaire et commercial. En vertu des règles de protection de la propriété intellectuelle, le protocole propriétaire intégral n’est pas reproduit dans le domaine public ouvert.
L’inventaire opérationnel examine la manière dont le consommateur évalue la loyauté morale et les intentions stratégiques de l’entreprise à travers des dimensions précises :
- Dimension 1 : Recherche égoïste de l’intérêt propre (Self-Interest Seeking) — Évalue si le partenaire privilégie exclusivement ses gains financiers au détriment des intérêts du répondant.
- Dimension 2 : Duplicité et manipulation de l’information (Guile & Deception) — Évalue le sentiment que des informations ont été intentionnellement déformées, omises ou présentées sous un jour trompeur.
- Dimension 3 : Exploitation situationnelle de la vulnérabilité (Opportunistic Exploitation) — Mesure la perception que le partenaire tire avantage de la confiance, de l’attention ou du manque d’expertise du client pour lui imposer des conditions défavorables.
Pour consulter ou administrer l’inventaire complet dans sa formulation originale certifiée, les praticiens et chercheurs sont invités à se référer directement à la publication originale des auteurs ou à contacter les titulaires des droits éditoriaux.
Response Format & Indicative Conceptual Statements (for reference only):
Anchors: 1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat Disagree, 4 = Neither Agree nor Disagree, 5 = Somewhat Agree, 6 = Agree, 7 = Strongly Agree
- The company takes advantage of consumers when opportunities arise to increase its own profit.
- The retailer is not completely upfront and hides certain conditions or information from customers.
- The promotional mechanics were designed primarily to extract money rather than to offer genuine value to participants.
- The firm alters its promises or commitments whenever it serves its own self-interest.