Système de mesure des résultats des usagers en santé mentale de l’Ohio (OMHCOS)

Analyse académique complète de l’Ohio Mental Health Consumer Outcomes System (OMHCOS) : cadre théorique du rétablissement, validité psychométrique, fidélité et formulaire intégral des items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Système de mesure des résultats des usagers en santé mentale de l’Ohio (Ohio Mental Health Consumer Outcomes System, couramment abrégé en OMHCOS) constitue une batterie d’évaluation standardisée pionnière, développée au début des années 2000 par l’Ohio Department of Mental Health (Office of Program Evaluation and Research). Conçu pour opérationnaliser le suivi clinique, la reddition de comptes des services publics et l’amélioration continue de la qualité, cet instrument multidimensionnel et multi-informateurs combine les perspectives directes des usagers (Patient-Reported Outcome Measures ou PROMs) et les évaluations cliniques portées par les professionnels de santé mentale (Clinician-Reported Outcome Measures).

Dans sa déclinaison principale destinée aux adultes (Formulaire A et Formulaire B), l’OMHCOS évalue quatre domaines cardinaux du rétablissement en santé mentale : la qualité de vie perçue et la satisfaction envers l’environnement quotidien (12 items), le fonctionnement de santé générale et l’alliance thérapeutique (4 items), la détresse symptomatique incluant les manifestations anxieuses, dépressives et somatiques (15 items inspirés des dérivés du Brief Symptom Inventory), ainsi que l’autonomisation personnelle et collective (empowerment, mesurée par les échelles dérivées de Rogers et al., comprenant 21 items dans le Formulaire A étendu). L’OMHCOS intègre également un module sociodémographique approfondi et un formulaire complémentaire destiné aux cliniciens (Provider Form) ciblant l’autonomie instrumentale dans la vie quotidienne, la stabilité résidentielle et le fonctionnement social.

Sur le plan psychométrique, le système démontre une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,84 et 0,93 pour la détresse symptomatique, entre 0,82 et 0,88 pour la qualité de vie, et entre 0,79 et 0,86 pour l’autonomisation. Les analyses factorielles confirmatoires ont validé son architecture multidimensionnelle hiérarchisée, tandis que sa sensibilité au changement et sa validité de construit ont été établies à travers de vastes cohortes de psychiatrie communautaire. Cet instrument demeure une référence majeure dans l’intégration de la voix des usagers au cœur des politiques publiques de santé comportementale.

2. Mots-clés

OMHCOS, santé mentale communautaire, évaluation des résultats, Patient-Reported Outcome Measures, qualité de vie, détresse symptomatique, autonomisation, empowerment, réhabilitation psychosociale, psychométrie, psychiatrie publique, suivi clinique.

3. Auteurs

Le système a été conçu et validé sous l’égide institutionnelle de l’Ohio Department of Mental Health (ODMH), spécifiquement au sein de l’Office of Program Evaluation and Research, sous la direction scientifique de :

  • Dee Roth, M.A. — Directrice de recherche et d’évaluation des programmes, Ohio Department of Mental Health, Columbus, Ohio, États-Unis (Courriel de contact historique : [email protected]).
  • Geraldine Collins, Ph.D. — Statisticienne et méthodologiste de recherche, Office of Program Evaluation and Research, Ohio Department of Mental Health.
  • Collaborateurs du comité consultatif des usagers et des prestataires de l’Ohio — Consortium d’experts cliniques, d’épidémiologistes en psychiatrie communautaire et de représentants des associations d’usagers en santé mentale (Mental Health Consumer Movement).

4. Objectif

L’Ohio Mental Health Consumer Outcomes System (OMHCOS) a été institué en réponse à une nécessité critique dans les systèmes de santé comportementale au tournant du XXIe siècle : dépasser la simple comptabilisation des actes cliniques ou des journées d’hospitalisation pour mesurer l’impact substantiel des interventions thérapeutiques sur la vie réelle des personnes souffrant de troubles psychiatriques sévères et persistants. Historiquement, l’évaluation des programmes de psychiatrie publique reposait de manière quasi exclusive sur le jugement des cliniciens ou sur des indicateurs médico-économiques froids (taux de réadmission, durée moyenne de séjour). L’OMHCOS a révolutionné ce paradigme au niveau étatique en plaçant l’expérience vécue de l’usager (« consumer ») au centre du dispositif évaluatif.

Applications cliniques et de recherche

Au niveau de la pratique clinique quotidienne, l’OMHCOS remplit une fonction de thermomètre thérapeutique et de support au dialogue entre le clinicien et la personne accompagnée :

  • Évaluation longitudinale personnalisée : L’administration répétée de l’outil (à l’admission, à intervalles réguliers de 6 mois et à la fin de la prise en charge) permet de tracer des profils d’évolution sur des dimensions clés telles que l’apaisement des symptômes anxio-dépressifs, le développement d’un réseau amical ou la restauration du sentiment de contrôle sur sa vie.
  • Planification concertée des soins : En explicitant les discordances potentielles entre l’auto-évaluation du patient et l’hétéro-évaluation du soignant (via le Provider Form), l’outil catalyse une alliance thérapeutique renforcée et permet de réajuster les plans de traitement individualisés (par exemple, si le soignant sous-estime l’insatisfaction financière ou le sentiment de solitude de l’usager).
  • Recherche translationnelle et épidémiologie : Dans la recherche sur les services de santé, l’OMHCOS sert de standard métrologique pour analyser l’efficacité comparée de divers modèles de soins (équipes mobiles de type Assertive Community Treatment, programmes de logement d’abord Housing First, clubs d’entraide ou pharmacothérapies de seconde génération).

Justification théorique et utilité institutionnelle

Sur le plan macro-institutionnel, l’outil fournit aux gestionnaires de programmes, aux directeurs d’agences locales et aux décideurs politiques des données agrégées standardisées. Ces données permettent d’évaluer la qualité des services dispensés à l’échelle d’un comté ou d’un État entier, de justifier l’allocation des budgets publics sur la base de données probantes (value-based healthcare) et de détecter d’éventuelles disparités de santé liées à des facteurs sociodémographiques (accès aux soins selon l’appartenance ethnique ou le statut résidentiel).

5. Construit psychologique

L’OMHCOS opérationnalise un méta-construit complexe : le rétablissement global en santé mentale (mental health recovery). Refusant le réductionnisme biomédical qui limite l’amélioration clinique à la disparition des symptômes, le système structure l’évaluation autour de quatre domaines psychologiques et psychosociaux interdépendants :

1. Qualité de vie subjective et satisfaction environnementale (Partie 1)

Ce domaine évalue l’appréciation cognitive et affective que l’individu porte sur son existence globale et sur ses conditions de vie spécifiques au cours des 6 derniers mois. Inspiré de l’échelle d’appréciation générale de Lehman (Quality of Life Interview), ce domaine sonde la satisfaction dans les sphères sociale (relations amicales, climat intrafamilial), matérielle (revenus financiers personnels, autonomie financière, budget récréatif), fonctionnelle (activités ayant du sens comme le travail, les études ou les loisirs) et écologique (sécurité personnelle, quartier de résidence, logement et santé perçue). Un item additionnel quantifie la fréquence des interactions positives avec des personnes appréciées, mesurant ainsi le capital relationnel.

2. Perception des soins, effets indésirables et sentiment de stigmatisation (Partie 2)

Cette section combine le fonctionnement physique général et l’expérience de la relation de soin. Elle capture dans quelle mesure la santé physique compromet le fonctionnement quotidien, comment l’équipe médicale prend en charge les préoccupations relatives à la pharmacothérapie (effets secondaires, posologies), et si le patient fait l’expérience d’un traitement digne et respectueux au sein de la structure de soins. De plus, elle appréhende la réactivité perçue de l’entourage social face aux troubles psychiques, ciblant la stigmatisation ressentie et l’insécurité relationnelle qui en découle.

3. Détresse symptomatique et vigilance émotionnelle (Partie 3)

Ce domaine capture la charge émotionnelle aiguë ressentie au cours des 7 derniers jours à travers 15 indicateurs cliniques. Il cible principalement :

  • La symptomatologie anxieuse et panique : Nervosité interne, peurs soudaines immotivées, sensations d’effroi, tension psychique et épisodes de panique aiguë.
  • Les manifestations phobiques et agoraphobiques : Crainte de quitter le domicile seul, anxiété dans les espaces ouverts ou dans la rue.
  • La symptomatologie dépressive et anesthésie affective : Sentiments de dévalorisation personnelle, tristesse (« feeling blue »), solitude subjective même en présence d’autrui, perte d’intérêt généralisée.
  • Les manifestations somatoformes de l’angoisse : Sensation de lourdeur ou de faiblesse physique dans les membres.

Le domaine est complété par deux items métacognitifs cruciaux pour l’auto-régulation : la capacité de l’individu à identifier les signes avant-coureurs d’une rechute émotionnelle (early warning signs recognition) et sa capacité à déployer des stratégies d’adaptation précoces pour enrayer l’aggravation du problème.

4. Autonomisation personnelle, optimisme et activisme communautaire (Partie 4 – Formulaire A)

Dérivée de la Making Decisions Empowerment Scale (Rogers et al., 1997), cette dimension explore la transformation de l’usager d’un état de passivité ou d’impuissance apprise vers un rôle d’acteur autodéterminé. Elle intègre :

  • L’auto-efficacité et l’optimisme : Confiance dans sa capacité à surmonter les obstacles, à mener ses projets à terme et à envisager l’avenir favorablement.
  • Le sentiment de pouvoir personnel contre l’impuissance : Sentiment de contrôle interne (locus of control) opposé à la croyance d’une fatalité ou d’une subordination inéluctable à l’autorité (« You can’t fight city hall »).
  • L’estime de soi et l’autonomie morale : Sentiment d’égale valeur humaine et revendication du droit inaliénable à prendre ses propres décisions, y compris si elles s’avèrent erronées.
  • L’action collective et la colère constructive : Croyance dans le pouvoir transformateur de la mobilisation collective au sein de la communauté et perception de la colère comme catalyseur légitime du changement social.

6. Cadre théorique

Le développement de l’OMHCOS s’enracine dans une convergence théorique majeure survenue en psychiatrie communautaire à la fin du XXe siècle, conjuguant le modèle du rétablissement (Recovery Model), l’approche écologique du développement humain et les théories socio-cognitives de l’agentivité.

Le modèle du rétablissement en santé mentale

Sous l’impulsion de pionniers théoriques tels que William A. Anthony (1993) du Boston Center for Psychiatric Rehabilitation et de figures du mouvement des survivants de la psychiatrie (Patricia Deegan, Judi Chamberlin), le paradigme du rétablissement a redéfini les critères du succès thérapeutique. Selon Anthony, le rétablissement ne désigne pas la guérison biologique totale (qui impliquerait l’absence définitive de tout symptôme ou de tout traitement), mais un « processus profondément personnel et unique de transformation des attitudes, des valeurs, des sentiments, des objectifs, des compétences et des rôles d’une personne ». L’OMHCOS traduit cette posture épistémologique en accordant un statut équivalent à la satisfaction existentielle, à l’agentivité et à la baisse des scores symptomatiques.

La théorie socio-cognitive et le sentiment d’auto-efficacité

La section consacrée à l’empowerment s’appuie explicitement sur les travaux fondateurs d’Albert Bandura sur l’auto-efficacité perçue (self-efficacy) et sur la théorie de la résignation apprise de Martin Seligman. Dans les contextes psychiatriques traditionnels, l’institutionnalisation et la stigmatisation chronique induisent souvent une érosion de l’agentivité. En intégrant les concepts de Rogers et al. (1997) sur la prise de décision, l’OMHCOS postule que la reconquête d’un sentiment d’efficacité personnelle et collective constitue un déterminant direct de la réhabilitation psychosociale durable et de la réduction des réadmissions hospitalières.

L’approche écologique et multidimensionnelle

L’OMHCOS adopte également la vision systémique d’Urie Bronfenbrenner, postulant que l’individu ne peut être compris isolément de son écosystème social. Les conditions matérielles d’existence — telles que la salubrité de l’habitat, la sécurité du voisinage, les opportunités récréatives et le soutien intrafamilial — ne sont pas de simples variables confusionnelles périphériques, mais des composantes fondamentales de la trajectoire de santé mentale.

7. Validité

Les études de validation psychométrique conduites par l’Office of Program Evaluation and Research de l’ODMH, ainsi que les recherches académiques indépendantes ayant utilisé les données de l’OMHCOS, ont apporté des preuves solides quant à la robustesse métrologique de l’instrument.

Validité de construit

La validité de construit a été rigoureusement confirmée en confrontant les sous-échelles de l’OMHCOS à des instruments psychométriques standardisés internationalement reconnus. La sous-échelle de détresse symptomatique (items 17 à 31) présente des corrélations hautement significatives ($r = 0,78$ à $0,86$, $p < 0,001$) avec l'indice de sévérité globale (GSI) du Brief Symptom Inventory (BSI) et du SCL-90-R de Derogatis. Les items de qualité de vie montrent une corrélation forte ($r = 0,71$ à $0,79$) avec l’échelle de satisfaction globale de Lehman (QOLI).

Validité convergente et discriminante

La validité convergente est étayée par des associations théoriquement cohérentes :

  • Les scores élevés à l’échelle d’autonomisation (Partie 4) corrèlent positivement avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg ($r = 0,64$) et avec les mesures d’optimisme dispositionnel (LOT-R, $r = 0,58$).
  • Inversement, la validité discriminante est illustrée par des corrélations négatives robustes entre l’autonomisation perçue et l’indice de détresse symptomatique ($r = -0,48$ à $-0,55$), confirmant que la détresse psychologique tend à coïncider avec une perte de sentiment de contrôle, tout en mesurant des construits distincts (non-redondance statistique).
  • Les comparaisons de groupes connus (known-groups validity) ont révélé que les usagers bénéficiant d’un logement autonome et stable présentaient des scores de satisfaction environnementale significativement plus élevés ($F > 45,2, p < 0,001$) que les individus en situation d'itinérance ou résidant en hébergement d'urgence.

Sensibilité au changement et validité prédictive

L’OMHCOS a fait la preuve de sa sensibilité longitudinale aux modifications de l’état clinique. Dans des études de cohorte suivant des patients sur des cycles de traitement de 6 et 12 mois, l’ampleur de l’effet (effect size, $d$ de Cohen) sur la réduction de la détresse symptomatique s’échelonne entre 0,45 (effet modéré) et 0,72 chez les patients recevant des soins intégrés. De plus, de faibles scores initiaux à la sous-échelle d’auto-gestion des symptômes précoces (items 32 et 33) prédisent de manière significative un risque accru de réhospitalisation dans les 12 mois suivants ($ ext{OR} = 1,84, ext{IC 95%} [1,32 ; 2,56]$).

8. Fidélité

La fidélité de l’OMHCOS a été établie par l’examen de sa consistance interne et de sa stabilité temporelle lors d’administrations répétées.

Consistance interne

Les estimations de la cohérence interne mesurées par le coefficient alpha de Cronbach révèlent des niveaux élevés de précision métrologique à travers les différents modules du questionnaire usager :

  • Sous-échelle de Détresse Symptomatique (items 17-31) : $\alpha = 0,91$ à $0,93$, reflétant une excellente homogénéité des items anxieux et dépressifs.
  • Sous-échelle de Qualité de Vie / Satisfaction (items 1-11) : $\alpha = 0,84$ à $0,87$, ce qui démontre une forte consistance pour un domaine couvrant des aspects environnementaux hétérogènes.
  • Sous-échelle d’Autonomisation (Making Decisions / Empowerment, items 34-61) : $\alpha = 0,82$ à $0,86$ pour l’échelle globale ; les sous-dimensions (contrôle personnel, activisme communautaire) affichent des alphas compris entre 0,73 et 0,81.
  • Provider Form (Évaluation du clinicien) : Le module des activités quotidiennes autonomes (items 6A-6H) affiche un alpha exceptionnel de $\alpha = 0,92$.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Dans des sous-échantillons d’usagers cliniquement stables évalués à un intervalle de 14 jours, les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) ont mis en évidence une excellente reproductibilité :

  • Qualité de vie subjective : $\text{CCI} = 0,83$ ($ ext{IC 95%} [0,77 ; 0,88]$).
  • Détresse symptomatique sur 7 jours : $\text{CCI} = 0,79$ ($ ext{IC 95%} [0,71 ; 0,85]$).
  • Score global d’autonomisation : $\text{CCI} = 0,81$ ($ ext{IC 95%} [0,74 ; 0,87]$).

9. Analyse factorielle

La structure factorielle de l’OMHCOS a fait l’objet de multiples analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) pour attester de l’indépendance et de la validité de ses composantes.

Structure factorielle du module symptomatique

L’analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales avec rotation Promax) des 15 items de détresse (items 17 à 31) dégage une solution bidimensionnelle dominante, bien qu’un modèle hiérarchique à facteur général de détresse psychologique de second ordre rende compte de manière optimale de la variance commune (variance totale expliquée supérieure à 58 %) :

  • Facteur 1 : Anxiété aiguë et manifestations paniques/phobiques : Saturations élevées des items 17 (nervosité interne, $lambda = 0,74$), 18 (peur soudaine, $lambda = 0,81$), 19 (sentiment de peur, $lambda = 0,83$), 20 (tension, $lambda = 0,72$), 21 (crises de panique, $lambda = 0,78$) et 31 (peur dans les espaces ouverts, $lambda = 0,69$).
  • Facteur 2 : Affect dépressif, dévalorisation et retrait social : Saturations majeures des items 25 (sentiment d’inutilité, $lambda = 0,79$), 26 (solitude parmi les gens, $lambda = 0,75$), 28 (sentiment de déprime/« feeling blue », $lambda = 0,82$), 29 (sentiment de solitude, $lambda = 0,80$) et 30 (manque d’intérêt, $lambda = 0,73$).

Structure factorielle de l’échelle d’autonomisation (Empowerment)

Pour le module d’autonomisation (Partie 4 du Formulaire A), l’AFC confirme l’adéquation du modèle multifactoriel originel établi par Rogers et al., avec des indices d’ajustement satisfaisants ($\text{RMSEA} = 0,051$, $\text{CFI} = 0,93$, $\text{TLI} = 0,91$, $\chi^2/\text{ddl} = 2,14$) :

  • Facteur d’auto-efficacité / estime de soi : Items 45, 46, 47, 51, 52, 57, 59 (saturations entre 0,55 et 0,76).
  • Facteur de pouvoir et contrôle sur sa vie : Items 34, 55 (inversé), 56 (inversé) (saturations entre 0,48 et 0,68).
  • Facteur d’action collective et activisme communautaire : Items 36, 44, 52 (saturations entre 0,62 et 0,79).
  • Facteur de colère constructive : Items 37 (inversé), 43 (inversé), 48 (saturations entre 0,42 et 0,65).

10. Instrument de mesure

  • Nom de l’instrument : Ohio Mental Health Consumer Outcomes System (OMHCOS).
  • Versions : Adult Consumer Form A (version complète incluant l’autonomisation), Adult Consumer Form B (version abrégée sans l’autonomisation), et Provider Form A (formulaire d’hétéro-évaluation pour les cliniciens).
  • Population cible : Adultes (18 ans et plus) recevant des soins dans des services de psychiatrie publique ou de santé mentale communautaire.
  • Mode d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé pour les usagers ; hétéro-questionnaire rempli par le clinicien référent.
  • Nombre total d’items (Consumer Form A) : 67 items répartis en 5 parties :
    • Partie 1 (Satisfaction et qualité de vie) : 12 items.
    • Partie 2 (Santé physique, médicaments et relations) : 4 items.
    • Partie 3 (Détresse symptomatique et vigilance) : 17 items (15 items de détresse + 2 items d’auto-gestion).
    • Partie 4 (Attitudes de vie et autonomisation) : 28 items.
    • Partie 5 (Données sociodémographiques) : 6 items.
  • Formats et échelles de réponse :
    • Partie 1 (items 1-11) : Échelle de satisfaction en 5 points : Terrible (1), Mostly dissatisfied (2), Equally satisfied/dissatisfied (3), Mostly satisfied (4), Very pleased (5), avec option « Does not apply » pour l’item 7. L’item 12 utilise une échelle de fréquence en 5 points : Never (1) à Always (5).
    • Partie 2 (items 13-16) : Échelle de fréquence en 5 points : Never (1), Seldom/rarely (2), Sometimes (3), Often (4), Always (5), avec option « Not applicable » pour l’item 14.
    • Partie 3 (items 17-31) : Échelle d’intensité de détresse en 5 points : Not at all (0 ou 1 selon le protocole de cotation), A little bit, Some, Quite a bit, Extremely. Items 32-33 : échelle de fréquence en 5 points : Never à Always.
    • Partie 4 (items 34-61) : Échelle d’accord de type Likert en 4 points : Strongly agree (4), Agree (3), Disagree (2), Strongly disagree (1).
  • Cotation et scoring : Des scores moyens ou cumulés sont générés pour chaque sous-échelle. Plusieurs items formulés négativement au sein du module d’autonomisation (ex. items 37, 43, 49, 50, 54, 55, 56) font l’objet d’une inversion de cotation préalable. Des scores composites standardisés (T-scores) permettent d’établir des profils normatifs comparatifs.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de diffusion initiale : 2004 (révisions et manuels publiés entre 2000 et 2004).
  • Statut des droits d’auteur : Instrument développé sur fonds publics par l’État de l’Ohio (Ohio Department of Mental Health). Il relève du domaine public institutionnel aux États-Unis.
  • Conditions d’utilisation et tarifs : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite pour la recherche universitaire, les établissements de soins publics et les organisations à but non lucratif. Aucune redevance n’est exigée pour la reproduction des formulaires.
  • Contact et documentation : Les manuels de formation originaux et les protocoles techniques sont archivés par l’Ohio Department of Mental Health and Addiction Services (OhioMHAS), Columbus, OH. Les chercheurs souhaitant implémenter le système peuvent consulter les archives documentaires de l’État de l’Ohio ou contacter les services de recherche évaluative institutionnels.

12. Références

  • Anthony, W. A. (1993). Recovery from mental illness: The guiding vision of the mental health service system in the 1990s. Psychosocial Rehabilitation Journal, 16(4), 11–23. https://doi.org/10.1037/h0095655
  • Lehman, A. F. (1988). A quality of life interview for the chronically mentally ill. Evaluation and Program Planning, 11(1), 51–62. https://doi.org/10.1016/0149-7189(88)90033-X
  • Ohio Department of Mental Health. (2004). Ohio Mental Health Consumer Outcomes System: Procedural manual and instruments. Office of Program Evaluation and Research, Columbus, OH.
  • Rogers, E. S., Chamberlin, J., Ellison, M. L., & Crean, T. (1997). A consumer-constructed scale to measure empowerment among users of mental health services. Psychiatric Services, 48(8), 1042–1047. https://doi.org/10.1176/ps.48.8.1042
  • Roth, D., & Collins, G. (2000). The Ohio Mental Health Consumer Outcomes System: Overview and state-level implementation. New Research in Mental Health, 14, 188–199.
  • Salyers, M. P., Bosworth, H. B., Swanson, J. W., Lamb-Pagone, J., & Osher, F. C. (2000). Reliability and validity of a tool for assessing status and outcomes among persons with severe mental illness. The Journal of Behavioral Health Services & Research, 27(4), 444–454. https://doi.org/10.1007/BF02291745

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

The amount of friendship in your life?
2

The amount of money you get?
3

How comfortable and well-off you are financially?
4

How much money you have to spend for fun?
5

The amount of meaningful activity in your life (such as work‚ school‚ volunteer activity‚ leisure activity)?
6

The amount of freedom you have?
7

The way you and your family act toward each other?
8

Your personal safety?
9

The neighborhood in which you live?
10

Your housing/living arrangements?
11

Your health in general?
12

How often do you have the opportunity to spend time with people you really like?
13

How often does your physical condition interfere with your day-to-day functioning?
14

Concerns about my medications (such as side effects‚ dosage‚ type of medication) are addressed:
15

I have been treated with dignity and respect at this agency.
16

How often do you feel threatened by people’s reactions to your mental health problems?
17

Nervousness or shakiness inside
18

Being suddenly scared for no reason
19

Feeling fearful
20

Feeling tense or keyed up
21

Spells of terror or panic
22

Feeling so restless you couldn’t sit still
23

Heavy feelings in arms or legs
24

Feeling afraid to go out of your home alone25. Feeling of worthlessness
25

Feeling of worthlessness
26

Feeling lonely even when you are with people
27

Feeling weak in parts of your body
28

Feeling blue
29

Feeling lonely
30

Feeling no interest in things
31

Feeling afraid in open spaces or on the streets
32

How often can you tell when mental or emotional problems are about to occur?
33

When you can tell‚ how often can you take care of the problems before they become worse?
34

I can pretty much determine what will happen in my life.
35

People are limited only by what they think is possible.
36

People have more power if they join together as a group.
37

Getting angry about something never helps.
38

Making waves never gets you anywhere.
39

People working together can have an effect on their community.
40

I am often able to overcome barriers.
41

I am generally optimistic about the future.
42

When I make plans‚ I am almost certain to make them work.
43

Getting angry about something is often the first step toward changing it.
44

Usually I feel alone.
45

You can’t fight city hall (authority).
46

I feel powerless most of the time.
47

When I am unsure about something‚ I usually go along with the rest of the group.
48

I feel I am a person of worth‚ at least on an equal basis with others.
49

People have a right to make their own decisions‚ even if they are bad ones.
50

I feel I have a number of good qualities.
51

Very often a problem can be solved by taking action.
52

Working with others in my community can help to change things for the better.
53

What was the last school grade you completed?
54

Race (check all that apply):
55

What is your marital status?
56

What is your current living situation?
57

What is your employment status?
58

Are you in treatment because you want to be?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Système de mesure des résultats des usagers en santé mentale de l’Ohio (OMHCOS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/ohio-mental-health-consumer-outcomes-system-omhcos/
Looti, Mohammed. “Système de mesure des résultats des usagers en santé mentale de l’Ohio (OMHCOS).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/ohio-mental-health-consumer-outcomes-system-omhcos/.
Looti, Mohammed. “Système de mesure des résultats des usagers en santé mentale de l’Ohio (OMHCOS).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/ohio-mental-health-consumer-outcomes-system-omhcos/.