Questionnaire multidimensionnel du concept de soi sexuel (MSSCQ)

Analyse psychométrique détaillée du Questionnaire multidimensionnel du concept de soi sexuel (MSSCQ) créé par William E. Snell, Jr. (100 items, 20 dimensions).

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire multidimensionnel du concept de soi sexuel (en anglais, The Multidimensional Sexual Self-Concept Questionnaire ou MSSCQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par le psychologue américain William E. Snell, Jr. en 1997. Cet outil a été élaboré pour opérationnaliser et quantifier de manière exhaustive la structure multidimensionnelle du concept de soi sexuel chez l’adulte et le jeune adulte. Contrairement aux mesures unidimensionnelles préexistantes qui réduisaient la sexualité subjective à l’estime de soi sexuelle ou à l’anxiété sexuelle globale, le MSSCQ conceptualise la perception de soi dans la sphère intime à travers vingt dimensions distinctes mais interdépendantes, intégrant des composantes cognitives, affectives, comportementales et motivationnelles.

L’instrument se compose de 100 items psychométriques répartis rigoureusement en 20 sous-échelles de 5 items chacune, complétés par un 101e item contextuel permettant d’identifier le cadre relationnel de référence (relation actuelle, relation passée ou relation imaginaire). Les répondants évaluent chaque énoncé sur une échelle de type Likert en 5 points allant de « Pas du tout caractéristique de moi » à « Très caractéristique de moi ». Les vingt dimensions couvrent des domaines variés tels que l’anxiété sexuelle, l’auto-efficacité, la conscience de soi sexuelle, la motivation à éviter les comportements sexuels à risque, le lieu de contrôle sexuel (interne, chance, personnes influentes), la préoccupation sexuelle, l’assertivité, l’optimisme, l’auto-blâme en cas de dysfonctionnement, le monitorage social, la gestion et la prévention des difficultés sexuelles, l’estime de soi sexuelle, la satisfaction, les schémas de soi sexuels, la peur du sexe et la dépression sexuelle.

Sur le plan des propriétés psychométriques, le MSSCQ présente une cohérence interne satisfaisante à excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,92 selon les sous-échelles dans les échantillons normatifs universitaires et communautaires. La stabilité temporelle test-retest sur un intervalle de deux à quatre semaines confirme la robustesse de l’évaluation. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires appuient la validité de construit de cette architecture à 20 facteurs, tout en démontrant une validité convergente et divergente robuste avec des mesures d’ajustement dyadique, d’estime de soi globale, de comportements de santé sexuelle et d’antécédents cliniques.

2. Mots-clés / Keywords

Concept de soi sexuel, MSSCQ, William E. Snell, psychométrie, estime de soi sexuelle, anxiété sexuelle, auto-efficacité sexuelle, lieu de contrôle sexuel, assertivité sexuelle, comportements sexuels à risque, schémas de soi sexuels, satisfaction sexuelle, évaluation sexologique.

3. Auteurs / Authors

Le MSSCQ a été développé par le professeur William E. Snell, Jr., Ph.D., professeur émérite de psychologie au département de psychologie de la Southeast Missouri State University (Cape Girardeau, Missouri, États-Unis). Le Dr Snell est reconnu à l’échelle internationale pour ses travaux pionniers en psychologie sociale de la personnalité, plus particulièrement dans le champ de la santé sexuelle, des dynamiques relationnelles intimes et du développement d’instruments psychométriques standardisés spécialisés dans l’évaluation de la sexualité humaine.

Affiliation institutionnelle principale : Department of Psychology, Southeast Missouri State University, One University Plaza, Cape Girardeau, MO 63701, USA. Contact académique archivé : [email protected].

4. Objectif / Purpose

Fondement et finalité diagnostique

L’objectif central du Multidimensional Sexual Self-Concept Questionnaire est de fournir aux chercheurs, cliniciens et praticiens de la santé mentale et sexuelle une cartographie granulaire, différentielle et multidimensionnelle de la manière dont un individu se perçoit, se définit, s’évalue et se régule dans sa vie sexuelle. Avant l’émergence des travaux de Snell dans les années 1990, la plupart des évaluations psychologiques de la sexualité se limitaient à des index unidimensionnels évaluant principalement le désir hypoactif, la dysfonction érectile mécanique ou l’anxiété de performance génitale. Une telle approche biomédicale négligeait la complexité cognitive et phénoménologique du soi sexuel.

Le MSSCQ est conçu pour combler ce vide en opérationnalisant le concept de soi sexuel comme une constellation organisée de croyances, d’attentes, de sentiments et de motivations concernant la sexualité. Cet outil permet d’analyser non seulement le bien-être subjectif et l’épanouissement intime, mais également les vulnérabilités psychosexuelles susceptibles de prédisposer un individu à des troubles relationnels, à des dysfonctions érectiles ou orgasmiques psychogènes, ou à l’adoption de comportements sexuels non protégés exposant aux infections sexuellement transmissibles (IST) et au VIH.

Applications en recherche fondamentale et appliquée

Dans le domaine de la recherche empirique, le MSSCQ est utilisé pour explorer les corrélats psychologiques des comportements préventifs face aux IST. Il permet d’étudier comment des dimensions telles que la motivation à éviter les comportements sexuels à risque, l’assertivité sexuelle ou le lieu de contrôle sexuel prédisent la négociation de l’usage du préservatif et la communication sécuritaire au sein des couples hétérosexuels et des minorités sexuelles et de genre. En psychologie de la santé, le questionnaire éclaire l’impact des traumatismes antérieurs, des agressions sexuelles et des messages socioculturels restrictifs sur l’altération du concept de soi intime.

Applications cliniques et thérapeutiques

En pratique clinique, en thérapie de couple et en sexothérapie cognitivo-comportementale (TCC), le MSSCQ constitue un instrument de bilan initial exhaustif :

  • Identification des distorsions cognitives : Il met en évidence les attributions dysfonctionnelles telles que l’auto-blâme excessif face aux difficultés sexuelles (sexual problem self-blame) ou la conviction erronée que la sexualité est régie par la fatalité ou des partenaires dominants (chance/luck ou power-other sexual control).
  • Évaluation des affects négatifs spécifiques : Il distingue l’anxiété sexuelle (tension, nervosité anticipatoire) de la dépression sexuelle (tristesse, découragement, résignation face aux expériences intimes).
  • Définition des cibles d’intervention : Il guide les programmes d’entraînement aux habiletés d’affirmation de soi (assertivité sexuelle), le renforcement de l’auto-efficacité et la restructuration des schémas de soi dysfonctionnels.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par le MSSCQ est le concept de soi sexuel (sexual self-concept). Ce méta-construit est défini comme la représentation cognitive et affective globale qu’une personne possède d’elle-même en tant qu’être sexuel. Le modèle théorique de Snell articule cette structure en 20 facettes distinctes, regroupées en quatre grands domaines fonctionnels : affectif, cognitivo-attributionnel, motivationnel/comportemental, et interpersonnel.

1. Composantes affectives et émotionnelles

  • Anxiété sexuelle (Sexual-Anxiety) : Tendance à ressentir de l’angoisse, de la nervosité et de l’appréhension lors de la confrontation aux aspects intimes ou sexuels de sa vie.
  • Estime de soi sexuelle (Sexual-Esteem) : Jugement globalement positif porté sur ses propres habiletés, tendances et comportements intimes, générant un sentiment de fierté personnelle.
  • Dépression sexuelle (Sexual-Depression) : Sentiments chroniques de tristesse, de déception, de découragement et de dysphorie directement liés à l’histoire et aux expériences sexuelles vécues.
  • Peur du sexe (Fear-of-Sex) : Répulsion, frayeur ou évitement phobique à l’idée d’un engagement ou d’un contact physique érotique avec un partenaire.
  • Satisfaction sexuelle (Sexual-Satisfaction) : Sentiment d’accomplissement, de contentement et d’évaluation favorable du degré de comblement de ses besoins sexuels actuels.

2. Composantes de compétence et de régulation cognitive

  • Auto-efficacité sexuelle (Sexual Self-Efficacy) : Croyance de l’individu en sa capacité perçue à satisfaire et réguler efficacement ses propres besoins et désirs intimes.
  • Conscience de soi sexuelle (Sexual-Consciousness) : Degré d’introspection, de lucidité et d’attention portée à ses propres désirs, motivations et sensations physiques érotiques.
  • Schémas de soi sexuels (Sexual Self-Schemata) : Généralisations cognitives selon lesquelles l’individu se perçoit et valorise le fait d’être un partenaire compétent, habile et capable d’entrer en connexion profonde.
  • Optimisme sexuel (Sexual-Optimism) : Attentes positives et anticipations sereines quant à l’évolution enrichissante et saine de sa vie intime future.
  • Préoccupation sexuelle (Sexual-Preoccupation) : Tendance cognitive compulsive ou envahissante à penser constamment à la sexualité, occupant une part disproportionnée des réflexions quotidiennes.

3. Croyances causales et lieu de contrôle sexuel (Locus of Control)

  • Contrôle sexuel interne (Internal-Sexual-Control) : Croyance selon laquelle la vie sexuelle et ses issues dépendent directement de ses propres actions, choix et comportements responsables.
  • Contrôle sexuel lié au hasard/chance (Chance/Luck Sexual Control) : Attribution des événements, déboires ou réussites sexuels à la fatalité, à la chance ou à des concours de circonstances accidentels.
  • Contrôle sexuel par autrui puissant (Power-Other Sexual Control) : Croyance selon laquelle ses conduites et opportunités intimes sont subordonnées au bon vouloir d’individus détenant le pouvoir ou l’influence (partenaires, pairs).
  • Auto-blâme face aux problèmes sexuels (Sexual Problem Self-Blame) : Disposition à s’attribuer personnellement et exclusivement la faute en cas d’émergence d’une difficulté ou d’un trouble érectile/orgasmique.
  • Gestion des problèmes sexuels (Sexual Problem Management) : Conviction active que si un dysfonctionnement survenait, son amélioration reposerait sur ses propres initiatives et démarches thérapeutiques.
  • Prévention des problèmes sexuels (Sexual Problem Prevention) : Sentiment de prévoyance selon lequel une prise en charge attentive de soi permet d’immuniser l’individu contre l’apparition de complications sexuelles.

4. Composantes comportementales, sociales et relationnelles

  • Assertivité sexuelle (Sexual-Assertiveness) : Aptitude à communiquer de manière directe, franche et affirmative ses préférences, désirs et limites érotiques à son partenaire.
  • Motivation sexuelle (Sexual-Motivation) : Degré d’énergie, de volonté et de temps investi dans la poursuite d’une activité sexuelle active et régulière.
  • Motivation à éviter le sexe à risque (Motivation to Avoid Risky Sex) : Volonté délibérée de proscrire les pratiques dangereuses susceptibles d’exposer à des maladies sexuellement transmissibles.
  • Monitorage sexuel (Sexual-Monitoring) : Vigilance sociale accrue quant au regard d’autrui, à l’image publique projetée et aux évaluations extérieures de ses comportements et croyances sexuels.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le MSSCQ s’inscrit au carrefour de plusieurs grands cadres de la psychologie contemporaine, articulant la théorie de l’apprentissage social, la psychologie cognitive du soi et les théories du contrôle perçu.

La théorie sociale cognitive et l’auto-efficacité d’Albert Bandura

Le concept d’auto-efficacité introduit par Albert Bandura (1977, 1986) constitue le fondement direct des sous-échelles d’auto-efficacité sexuelle, de gestion des problèmes et de prévention. Selon Bandura, la croyance en son efficacité personnelle régule l’effort fourni, la persévérance face aux obstacles et le niveau de détresse émotionnelle face aux défis de performance. Dans le modèle de Snell, les individus présentant un sentiment d’efficacité élevé abordent les interactions érotiques avec un optimisme accru et une résilience supérieure face aux échecs transitoires.

La théorie du lieu de contrôle de Julian Rotter et Hanna Levenson

Snell s’est inspiré de la conceptualisation tridimensionnelle du lieu de contrôle développée par Julian Rotter (1966) et raffinée par Levenson (1974, 1981), qui scinde les attributions causales en trois forces : l’internalité, la chance/fatalité, et l’influence d’autrui puissant (powerful others). En appliquant cette matrice au domaine de la sexualité, Snell démontre que le lieu de contrôle sexuel est une variable cognitive déterminante dans l’adoption de comportements préventifs (port du préservatif) et dans la gestion de la vulnérabilité aux dysfonctions relationnelles.

La théorie des schémas de soi de Hazel Markus

Dans la lignée des travaux pionniers de Hazel Rose Markus (1977) sur les schémas de soi et de leur adaptation ultérieure à la sexualité féminine par Andersen et Cyranowski (1994), le MSSCQ postule que les individus organisent leurs connaissances relatives à leur propre sexualité sous forme de structures cognitives stables (schémas de soi sexuels). Ces schémas filtrent le traitement des stimuli érotiques, guident les attentes interpersonnelles et structurent l’image corporelle et la réponse physiologique.

La conscience de soi et le monitorage de Fenigstein, Scheier et Buss

Enfin, les dimensions de conscience de soi sexuelle et de monitorage sexuel puisent leurs racines théoriques dans les recherches d’Allan Fenigstein, Michael Scheier et Arnold Buss (1975) relatives à la conscience de soi privée et publique. Snell applique cette distinction en séparant l’attention portée aux sensations intérieures intimes (conscience privée) de la préoccupation portée aux jugements d’autrui et aux normes sociales environnantes (monitorage public).

7. Validité / Validity

Les études de validation initiales et ultérieures menées par Snell (1997, 1998) ainsi que des recherches transculturelles indépendantes (notamment en Espagne, en Iran, en Turquie et au Canada) apportent des preuves convergentes de la robustesse métrologique du MSSCQ.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit du MSSCQ est confirmée par des corrélations théoriquement attendues avec des instruments mesurant des concepts psychologiques connexes :

  • Estime de soi globale et spécifique : La sous-échelle d’estime de soi sexuelle présente une corrélation positive modérée à forte avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (r = 0,38 à 0,54, p < 0,001), tout en capturant une variance spécifique irréductible à l’évaluation globale de soi.
  • Ajustement dyadique : Les sous-échelles d’assertivité sexuelle, de satisfaction et d’optimisme corrèlent positivement avec l’Échelle d’ajustement dyadique (Dyadic Adjustment Scale, DAS ; r variant de 0,35 à 0,58). Inversement, l’anxiété sexuelle et la dépression sexuelle sont associées à une détresse conjugale significative.
  • Échelles d’affectivité négative : La sous-échelle de dépression sexuelle présente une convergence robuste avec l’Échelle de dépression sexuelle (SDS) de Snell (r > 0,70) et avec l’inventaire de dépression de Beck (BDI) sur ses facettes de découragement spécifique.

Validité discriminante

Le MSSCQ démontre une excellente capacité à différencier des construits souvent amalgamés dans la littérature antérieure :

  • L’anxiété sexuelle et la dépression sexuelle, bien que positivement corrélées (r ≈ 0,45), ne partagent que 20 % de variance commune, démontrant qu’une appréhension anxieuse n’équivaut pas à une humeur dépressive réactive.
  • Les trois pôles du lieu de contrôle sexuel (interne, chance, personnes puissantes) présentent des corrélations faibles ou négatives entre eux (r variant de -0,28 à +0,15), confirmant leur indépendance conceptuelle.

Validité prédictive et écologique

Des investigations portant sur les comportements de santé sexuelle ont mis en évidence que les scores élevés à la motivation à éviter le sexe à risque et au contrôle sexuel interne prédisent significativement une utilisation systématique et correcte des préservatifs chez les étudiants (odds ratio > 2,1). De plus, l’assertivité sexuelle s’est révélée être un prédicteur robuste de la communication verbale sur les antécédents d’IST avant tout rapport non protégé.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du MSSCQ a fait l’objet de rigoureuses évaluations sur des échantillons hétérogènes d’hommes et de femmes adultes.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude princeps de Snell (1997, 1998) portant sur des cohortes universitaires, ainsi que dans les adaptations ultérieures, les coefficients de cohérence interne calculés pour chaque sous-échelle de 5 items se sont révélés très satisfaisants :

  • Anxiété sexuelle : α = 0,86 (hommes) ; α = 0,88 (femmes)
  • Auto-efficacité sexuelle : α = 0,84 (hommes) ; α = 0,87 (femmes)
  • Conscience de soi sexuelle : α = 0,80 (hommes) ; α = 0,82 (femmes)
  • Motivation à éviter le sexe à risque : α = 0,87 (hommes) ; α = 0,89 (femmes)
  • Contrôle lié à la chance/hasard : α = 0,79 (hommes) ; α = 0,81 (femmes)
  • Préoccupation sexuelle : α = 0,88 (hommes) ; α = 0,85 (femmes)
  • Assertivité sexuelle : α = 0,78 (hommes) ; α = 0,81 (femmes)
  • Optimisme sexuel : α = 0,82 (hommes) ; α = 0,83 (femmes)
  • Auto-blâme en cas de problème : α = 0,81 (hommes) ; α = 0,83 (femmes)
  • Monitorage sexuel : α = 0,77 (hommes) ; α = 0,79 (femmes)
  • Motivation sexuelle : α = 0,86 (hommes) ; α = 0,84 (femmes)
  • Gestion des problèmes : α = 0,85 (hommes) ; α = 0,87 (femmes)
  • Estime de soi sexuelle : α = 0,89 (hommes) ; α = 0,91 (femmes)
  • Satisfaction sexuelle : α = 0,89 (hommes) ; α = 0,91 (femmes)
  • Contrôle par autrui puissant : α = 0,82 (hommes) ; α = 0,84 (femmes)
  • Schémas de soi sexuels : α = 0,85 (hommes) ; α = 0,87 (femmes)
  • Peur du sexe : α = 0,79 (hommes) ; α = 0,82 (femmes)
  • Prévention des problèmes : α = 0,80 (hommes) ; α = 0,83 (femmes)
  • Dépression sexuelle : α = 0,87 (hommes) ; α = 0,88 (femmes)
  • Contrôle sexuel interne : α = 0,81 (hommes) ; α = 0,83 (femmes)

Tous les indices de cohérence interne dépassent le seuil psychométrique usuel de 0,70, la majorité excédant 0,80, ce qui atteste d’une grande homogénéité des items au sein de chaque échelle de 5 items.

Fidélité test-retest

Les coefficients de stabilité temporelle (test-retest) évalués sur un intervalle de trois à quatre semaines se situent entre r = 0,71 et r = 0,88 (p < 0,001) selon les sous-échelles. Cette stabilité indique que les traits mesurés capturent des dispositions psychologiques durables tout en conservant une sensibilité clinique suffisante aux changements thérapeutiques induits.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du MSSCQ a été examinée par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) avec rotation varimax et oblimin, ainsi que par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) multivariées.

Structure factorielle de premier ordre (20 facteurs)

L’analyse en composantes principales menée par Snell a mis en évidence 20 facteurs initiaux possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant cumulativement plus de 62 % de la variance totale. Les saturations factorielles (factor loadings) des items sur leur facteur théorique assigné étaient dans leur quasi-totalité supérieures à 0,50 (s’étalant de 0,52 à 0,84), sans saturation croisée majeure (les saturations secondaires demeurant systématiquement inférieures à 0,30).

Modélisation confirmatoire et facteurs d’ordre supérieur

Des études confirmatoires indépendantes (ex. Rostosky et al., 2008 ; Ziaei et al., 2013) ont testé l’adéquation de la structure à 20 facteurs. Les indices d’ajustement globaux obtenus soutiennent l’architecture théorique :

  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI) > 0,91
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≈ 0,046 à 0,054 (intervalle de confiance à 90 % : [0,042 – 0,058])
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) < 0,06

Plusieurs auteurs ont également identifié l’émergence de méta-facteurs d’ordre supérieur résumant la dynamique du concept de soi sexuel :

  1. Affectivité sexuelle positive / Compétence perçue : regroupant l’estime de soi sexuelle, l’auto-efficacité, la satisfaction, l’assertivité et l’optimisme.
  2. Détresse psychosexuelle : englobant l’anxiété sexuelle, la dépression sexuelle et la peur du sexe.
  3. Contrôle et responsabilité externe : associant le contrôle lié à la chance, le contrôle par autrui puissant et l’auto-blâme passif.
  4. Conscience et investissement comportemental : réunissant la motivation sexuelle, la préoccupation, la conscience de soi et la prévention des risques.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé papier-crayon ou informatisé, conçu pour une administration individuelle ou collective.

Caractéristiques formelles

  • Format d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique.
  • Nombre d’items : 100 items d’évaluation psychologique + 1 item de cadrage contextuel (item 101).
  • Temps d’administration : Environ 15 à 25 minutes.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 points cotée de 0 à 4 (ou de 1 à 5 selon les conventions du chercheur) :
    • A = Not at all characteristic of me (0 ou 1 point)
    • B = Slightly characteristic of me (1 ou 2 points)
    • C = Somewhat characteristic of me (2 ou 3 points)
    • D = Moderately characteristic of me (3 ou 4 points)
    • E = Very characteristic of me (4 ou 5 points)
  • Item contextuel (Item 101) : Permet au participant de préciser le référentiel de son auto-évaluation :
    • (A) A current sexual relationship (Une relation sexuelle actuelle)
    • (B) A past sexual relationship (Une relation sexuelle passée)
    • (C) An imagined sexual relationship (Une relation sexuelle imaginaire / anticipée)

Directives de cotation et calcul des scores

  • Items inversés (Reverse-scored items) : 6 items nécessitent une inversion préalable du codage avant sommation : 27, 47, 68, 77, 88 et 97. (Par exemple, pour un codage de 0 à 4 : 0 devient 4, 1 devient 3, 2 reste 2, 3 devient 1, 4 devient 0).
  • Calcul des sous-échelles : Pour chacune des 20 sous-échelles, on effectue la somme ou la moyenne arithmétique des 5 items constitutifs :
    • Sexual-Anxiety : Items 1, 21, 41, 61, 81
    • Sexual Self-Efficacy : Items 2, 22, 42, 62, 82
    • Sexual-Consciousness : Items 3, 23, 43, 63, 83
    • Motivation to Avoid Risky Sex : Items 4, 24, 44, 64, 84
    • Chance/Luck Sexual Control : Items 5, 25, 45, 65, 85
    • Sexual-Preoccupation : Items 6, 26, 46, 66, 86
    • Sexual-Assertiveness : Items 7, 27(R), 47(R), 67, 87
    • Sexual-Optimism : Items 8, 28, 48, 68(R), 88(R)
    • Sexual Problem Self-Blame : Items 9, 29, 49, 69, 89
    • Sexual-Monitoring : Items 10, 30, 50, 70, 90
    • Sexual-Motivation : Items 11, 31, 51, 71, 91
    • Sexual Problem Management : Items 12, 32, 52, 72, 92
    • Sexual-Esteem : Items 13, 33, 53, 73, 93
    • Sexual-Satisfaction : Items 14, 34, 54, 74, 94
    • Power-Other Sexual Control : Items 15, 35, 55, 75, 95
    • Sexual Self-Schemata : Items 16, 36, 56, 76, 96
    • Fear-of-Sex : Items 17, 37, 57, 77(R), 97(R)
    • Sexual Problem Prevention : Items 18, 38, 58, 78, 98
    • Sexual-Depression : Items 19, 39, 59, 79, 99
    • Internal-Sexual-Control : Items 20, 40, 60, 80, 100

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le Multidimensional Sexual Self-Concept Questionnaire (MSSCQ) a été officiellement présenté lors du congrès de la Midwestern Psychological Association à Chicago en 1997 et publié formellement en 1998 dans le recueil de référence Handbook of Sexuality-Related Measures dirigé par Clive M. Davis et ses collaborateurs (Sage Publications).

Conditions de licence et droits d’utilisation :

  • Accès et tarification : L’auteur, le Dr William E. Snell, Jr., a placé l’instrument dans le domaine de la recherche académique et clinique ouverte sans frais d’utilisation (free for non-commercial educational and research purposes). Aucun droit de redevance (royalties) n’est exigé pour un usage scientifique ou clinique non commercial.
  • Permissions : Les chercheurs et psychologues praticiens sont autorisés à reproduire, traduire et administrer l’échelle, sous réserve d’inclure la citation bibliographique complète des publications de Snell (1997, 1998).
  • Usage commercial : Toute intégration dans un produit commercial ou une plateforme numérique à but lucratif nécessite une autorisation préalable accordée par les détenteurs de droits et l’auteur.

12. Références / References

  • Andersen, B. L., & Cyranowski, J. M. (1994). Women’s sexual self-schema. Journal of Personality and Social Psychology, 67(6), 1079–1100. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.6.1079
  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Fenigstein, A., Scheier, M. F., & Buss, A. H. (1975). Public and private self-consciousness: Assessment and theory. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 43(4), 522–527. https://doi.org/10.1037/h0076760
  • Levenson, H. (1981). Differentiating among internality, powerful others, and chance. In H. M. Lefcourt (Ed.), Research with the locus of control construct (Vol. 1, pp. 15–63). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-443201-7.50006-3
  • Markus, H. (1977). Self-schemata and processing information about the self. Journal of Personality and Social Psychology, 35(2), 63–78. https://doi.org/10.1037/0022-3514.35.2.63
  • Rostosky, C. M., Dekhtyar, O., Cupp, P. K., & Anderman, E. M. (2008). Sexual self-concept and sexual risk-taking in young adulthood: A systematic review. Journal of Sex Research, 45(3), 277–286. https://doi.org/10.1080/00224490802204480
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Snell, W. E., Jr. (1997). Measuring multiple aspects of the sexual self-concept: The Multidimensional Sexual Self-Concept Questionnaire (MSSCQ). Paper presented at the 69th Annual Meeting of the Midwestern Psychological Association, Chicago, IL.
  • Snell, W. E., Jr. (1998). The Multidimensional Sexual Self-Concept Questionnaire. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (pp. 521–524). Sage Publications.
  • Ziaei, T., Khoei, E. M., Salehi, M., & Farajzadegan, Z. (2013). Psychometric properties of the Iranian version of Multidimensional Sexual Self-concept Questionnaire. Iranian Journal of Nursing and Midwifery Research, 18(2), 136–145.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I feel anxious when I think about the sexual aspects of my life.
2

I have the ability to take care of any sexual needs and desires that I may have.
3

I am very aware of my sexual feelings and needs.
4

I am motivated to avoid engaging in "risky" (i.e.‚ unprotected) sexual behavior.
5

The sexual aspects of my life are determined mostly by chance happenings.
6

I think about sex "all the time."
7

I’m very assertive about the sexual aspects of my life.
8

I expect that the sexual aspects of my life will be positive and rewarding in the future.
9

I would be to blame‚ if the sexual aspects of my life were not going very well.
10

I notice how others perceive and react to the sexual aspects of my life.
11

I’m motivated to be sexually active.
12

If I were to experience a sexual problem‚ I myself would in control of whether this improved.
13

I derive a sense of self-pride from the way I handle my own sexual needs and desires.
14

I am satisfied with the way my sexual needs are currently being met.
15

My sexual behaviors are determined largely by other more powerful and influential people.
16

Not only would I be a good sexual partner‚ but it’s quite important to me that I be a good sexual partner.
17

I am afraid of becoming sexual involved with another person.
18

If I am careful‚ then I will be able to prevent myself from ha‎ving any sexual problems.
19

I am depressed about the sexual aspects of my life.
20

My sexuality is something that I am largely responsible for.
21

I worry about the sexual aspects of my life.
22

I am competent enough to make sure that my sexual needs are fulfilled.
23

I am very aware of my sexual motivations and desires.
24

I am motivated to keep myself from ha‎ving any "risky" sexual behavior (e.g.‚ exposure to sexual diseases).
25

Most things that affect the sexual aspects of my life happen to me by accident.
26

I think about sex more than anything else.
27

I’m not very direct about voicing my sexual needs and preferences. (R)
28

I believe that in the future the sexual aspects of my life will be healthy and positive.
29

If the sexual aspects of my life were to go wrong‚ I would be the person to blame.
30

I’m concerned with how others evaluate my own sexual beliefs and behaviors.
31

I’m motivated to devote time and effort to sex.
32

If I were to experiences a sexual problem‚ my own behavior would determine whether I improved.
33

I am proud of the way I deal with and handle my own sexual desires and needs.
34

I am satisfied with the status of my own sexual fulfillment.
35

My sexual behaviors are largely controlled by people other than myself (e.g.‚ my partner‚ friends‚ family).
36

Not only would I be a skilled sexual partner‚ but it’s very important to me that I be a skilled sexual partner.
37

I have a fear of sexual relationships.
38

I can pretty much prevent myself from developing sexual problems by taking good care of myself.
39

I am disappointed about the quality of my sex life.
40

The sexual aspects of my life are determined in large part by my own behavior.
41

Thinking about the sexual aspects of my life often leaves me with an uneasy feeling.
42

I have the skills and ability to ensure rewarding sexual behaviors for myself.
43

I tend to think about my own sexual beliefs and attitudes.
44

I want to avoid engaging in sex where I might be exposed to sexual diseases.
45

Luck plays a big part in influencing the sexual aspects of my life.
46

I tend to be preoccupied with sex.
47

I am somewhat passive about expressing my own sexual desires. (R)
48

I do not expect to suffer any sexual problems or frustrations in the future.
49

If I were to develop a sexual disorder‚ then I would be to blame for not taking good care of myself.
50

I am quick to notice other people’s reactions to the sexual aspects of my own life.
51

I have a desire to be sexually active.
52

If I were to become sexually maladjusted‚ I myself would be responsible for making myself better.
53

I am pleased with how I handle my own sexual tendencies and behaviors.
54

The sexual aspects of my life are personally gratifying to me.
55

My sexual behavior is determined by the actions of powerful others (e.g.‚ my partner‚ friends‚ family).
56

Not only could I relate well to a sexual partner‚ but it’s important to me that I be able to do so.
57

I am fearful of engaging sexual activity.
58

If just I look out for myself‚ then I will be able to avoid any sexual problems in the future.
59

I feel discouraged about my sex life.
60

I am in control of and am responsible for the sexual aspects of my life.
61

I worry about the sexual aspects of my life.
62

I am able to cope with and to handle my own sexual needs and wants.
63

I’m very alert to changes in my sexual thoughts‚ feelings‚ and desires.
64

I really want to prevent myself from being exposed to sexual diseases.
65

The sexual aspects of my life are largely a matter of (good or bad) fortune.
66

I’m constantly thinking about ha‎ving sex.
67

I do not hesitate to ask for what I want in a sexual relationship.
68

I will probably experience some sexual problems in the future. (R)
69

If I were to develop a sexual problem‚ then it would be my own fault for letting it happen.
70

I’m concerned about how the sexual aspects of my life appear to others.
71

It’s important to me that I involve myself in sexual activity.
72

If I developed any sexual problems‚ my recovery would depend in large part on what I myself would do.
73

I have positive feelings about the way I approach my own sexual needs and desires.
74

The sexual aspects of my life are satisfactory‚ compared to most people’s.
75

In order to be sexually active‚ I have to conform to other more powerful individuals.
76

I am able to "connect" well with a sexual partner‚ and it’s important to me that I am able to do so.
77

I don’t have much fear about engaging in sex. (R)
78

I will be able to avoid any sexual problems‚ if I just take good care of myself.
79

I feel unhappy about my sexual experiences.
80

The main thing which affects the sexual aspects of my life is what I myself do.
81

I feel nervous when I think about the sexual aspects of my life.
82

I have the capability to take care of my own sexual needs and desires.
83

I am very aware of the sexual aspects of myself (e.g. habits‚ thoughts‚ beliefs).
84

I am really motivated to avoid any sexual activity that might expose me to sexual diseases.
85

The sexual aspects of my life are a matter of fate (destiny).
86

I think about sex the majority of the time.
87

When it comes to sex‚ I usually ask for what I want.
88

I anticipate that in the future the sexual aspects of my life will be frustrating. (R)
89

If something went wrong with my own sexuality‚ then it would be my own fault.
90

I’m aware of the public impression cr‎eated by my own sexual behaviors and attitudes.
91

I strive to keep myself sexually active.
92

If I developed a sexual disorder‚ my recovery would depend on how I myself dealt with the problem.
93

I feel good about the way I express my own sexual needs and desires.
94

I am satisfied with the sexual aspects of my life.
95

My sexual behavior is mostly determined by people who have influence and control over me.
96

Not only am I be capable of relating to a sexual partner‚ but it’s important to me that I relate very well.
97

I’m not afraid of becoming sexually active. (R)
98

If I just pay careful attention‚ I’ll be able to prevent myself from ha‎ving any sexual problems.
99

I feel sad when I think about my sexual experiences.
100

My sexuality is something that I myself am in ch‎arge of.
101

I responded to the above items based on:
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Questionnaire multidimensionnel du concept de soi sexuel (MSSCQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/multidimensional-sexual-self-concept-questionnaire-msscq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire multidimensionnel du concept de soi sexuel (MSSCQ).” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/multidimensional-sexual-self-concept-questionnaire-msscq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire multidimensionnel du concept de soi sexuel (MSSCQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/multidimensional-sexual-self-concept-questionnaire-msscq/.