Enquête Monitoring the Future / Désapprobation de l’usage de drogues

Découvrez l’analyse psychométrique complète de l’échelle de désapprobation de l’usage de drogues (DDUS) issue de l’enquête Monitoring the Future (Johnston et al.). Validité, cadre théorique, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle de désapprobation de l’usage de drogues (Disapproval of Drug Use Scale — DDUS), issue du programme de recherche longitudinal national américain Monitoring the Future (MTF), constitue l’un des instruments épidémiologiques et psychométriques les plus influents au monde pour évaluer les attitudes normatives personnelles et les réprobations morales envers la consommation de substances psychoactives chez les adolescents et les jeunes adultes. Conçue à l’origine par Lloyd D. Johnston, Patrick M. O’Malley et Jerald G. Bachman à l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan sous les auspices du National Institute on Drug Abuse (NIDA), cette mesure évalue le niveau de réprobation individuelle formulé à l’égard de divers degrés et fréquences de consommation de substances licites et illicites. La version standard ici examinée comprend 12 items fondamentaux couvrant quatre grandes classes de substances : les produits du tabac (cigarettes et tabac sans fumée), le cannabis (expérimentation, usage occasionnel et usage régulier), la cocaïne et le crack (expérimentation et usage occasionnel), ainsi que l’alcool (expérimentation, consommation quotidienne modérée et alcoolisation ponctuelle importante ou binge drinking).

Les items sont administrés au moyen d’une échelle de réponse ordinale en 3 points : « 1 = Don’t disapprove » (Ne désapprouve pas), « 2 = Disapprove » (Désapprouve), et « 3 = Strongly disapprove » (Désapprouve fortement), avec l’inclusion possible d’une option neutre d’indécision ou de non-familiarité avec la substance (« Can’t say, drug unfamiliar »). Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une consistance interne exceptionnelle, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,82 et 0,92 pour les échelles composites et les sous-dimensions spécifiques. Les analyses factorielles confirmatoires mettent en évidence soit une structure multidimensionnelle corrélée selon la classe de substance et la sévérité d’usage, soit un modèle hiérarchique gouverné par un facteur d’ordre supérieur traduisant un engagement normatif conventionnel et anti-drogue. La validité prédictive de l’échelle a été validée au fil de plusieurs décennies de suivis longitudinaux, démontrant qu’une désapprobation élevée constitue un facteur de protection individuel et collectif robuste contre l’initiation, l’escalade et la persistance des comportements d’addiction.

2. Mots-clés / Keywords

Désapprobation de l’usage de drogues, Monitoring the Future, attitudes normatives, consommation de substances, adolescents, psychométrie, prévention des addictions, alcoolisation ponctuelle importante, tabagisme, cannabis, cocaïne, normes personnelles.

3. Auteurs / Authors

L’échelle et son protocole d’administration ont été développés par les investigateurs principaux de l’étude Monitoring the Future à l’Institut de recherche sociale (Institute for Social Research) de l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis) :

  • Dr. Lloyd D. Johnston, Ph.D. — Distinguished Senior Research Scientist Emeritus, Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan. Courriel : [email protected].
  • Dr. Patrick M. O’Malley, Ph.D. — Research Professor Emeritus, Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan.
  • Dr. Jerald G. Bachman, Ph.D. — Distinguished Research Scientist Emeritus, Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan.
  • Chercheurs contemporains associés du programme MTF : Dr. Richard A. Miech, Dr. John E. Schulenberg, Dr. Katherine M. Keyes.

Adresse institutionnelle : Institute for Social Research, University of Michigan, 426 Thompson Street, Ann Arbor, MI 48104-2321, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de l’échelle de désapprobation de l’usage de drogues (DDUS) au sein de la cohorte Monitoring the Future est de quantifier la force des jugements normatifs individuels et le climat moral intériorisé entourant la consommation de psychotropes. Alors que l’épidémiologie traditionnelle se concentre principalement sur les taux de prévalence brute (consommation au cours de la vie, des 12 derniers mois ou des 30 derniers jours), les concepteurs de l’enquête ont postulé que les comportements manifestes d’usage de substances sont précédés, façonnés et médiés par deux construits cognitivo-affectifs cruciaux : le risque perçu d’effets néfastes (physiques, psychologiques et sociaux) et la désapprobation personnelle de l’usage. L’outil a été spécifiquement étalonné pour cerner ce second volet, en mesurant la frontière morale ou déontologique que l’individu établit face au comportement d’autrui.

D’un point de vue clinique et préventif, l’échelle remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Évaluation des facteurs de protection individuels : Dans le cadre d’évaluations psychologiques scolaires ou de bilans médico-sociaux, un score élevé de désapprobation indique une intériorisation solide des règles conventionnelles et une résistance accrue à la pression des pairs (peer pressure). Inversement, une absence de désapprobation, en particulier envers l’expérimentation précoce, signale une vulnérabilité psychologique et une disposition cognitive favorable à l’initiation de substances.
  • Surveillance épidémiologique et suivi des tendances séculaires : À l’échelle populationnelle, l’instrument permet de détecter les glissements normatifs préalables à l’augmentation effective de la consommation. Historiquement, les données de Johnston et al. ont démontré qu’une baisse de la désapprobation collective du cannabis ou de la cocaïne précède systématiquement, d’un intervalle de 12 à 24 mois, la hausse de la prévalence d’usage au sein des cohortes scolaires de la 8e à la 12e année (équivalent de la 4e à la terminale).
  • Évaluation des programmes de prévention primaire et secondaire : L’échelle sert de critère de jugement intermédiaire standardisé dans l’évaluation d’interventions communautaires, scolaires ou familiales. Elle permet de déterminer si un programme préventif a réussi à modifier le socle normatif des participants avant même que des changements comportementaux ne soient observables à long terme.
  • Distinction fine entre niveaux d’intensité d’usage : L’outil ne traite pas l’usage de drogues comme une entité dichotomique (consommer vs ne pas consommer). En distinguant méthodiquement l’expérimentation (« trying once or twice »), l’usage occasionnel (« taking occasionally ») et l’usage régulier ou intensif (« smoking regularly », « five or more drinks »), l’échelle permet de cartographier la tolérance différentielle accordée aux divers paliers de sévérité comportementale.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par cette échelle relève de l’attitude normative prescriptive personnelle (personal normative disapproval). Contrairement aux normes descriptives (ce que l’individu perçoit que les autres font) ou aux normes injonctives perçues (ce que l’individu croit que son entourage attend de lui), la désapprobation personnelle renvoie au code déontologique intériorisé de l’individu, c’est-à-dire à son évaluation morale subjective quant à la légitimité, la convenance ou l’inacceptabilité d’un acte réalisé par un pair.

Le construit est conceptualisé selon une granularité bidimensionnelle : la nature pharmacologique de la substance et le schéma d’administration (fréquence et intensité). Les douze items s’articulent autour de quatre domaines thématiques principaux :

1. Désapprobation du tabagisme et de la nicotine (Items 1 et 2)

Cette dimension mesure l’intolérance envers la consommation régulière de tabac fumé (un paquet ou plus par jour) et de tabac sans fumée (tabac à chiquer ou à priser). Ce construit reflète l’adhésion aux normes contemporaines de santé publique et la dénormalisation progressive du tabagisme dans les sociétés occidentales. La réprobation s’enracine ici principalement dans des considérations d’atteinte à la santé à long terme et de rejet de la dépendance physique manifeste.

2. Désapprobation du cannabis (Items 3, 4 et 5)

Cette composante explore un gradient d’implication allant de l’expérimentation unique ou brève (essayer une ou deux fois), à l’usage récréatif occasionnel, jusqu’à la consommation régulière chronique. Ce gradient est d’une importance psychométrique capitale : il sépare les individus qui maintiennent un tabou absolu envers toute incursion dans les substances illicites de ceux qui tolèrent une exploration exploratoire transitoire mais réprouvent l’ancrage dans une routine de consommation régulière susceptible d’altérer le fonctionnement psychosocial et académique.

3. Désapprobation des substances illicites dures : Cocaïne et crack (Items 6, 7, 8 et 9)

Cette dimension mesure la réprobation envers des drogues hautement addictogènes et socialement stigmatisées. L’échelle décompose l’évaluation selon la forme chimique et la voie d’administration habituelle (cocaïne en poudre par voie nasale vs forme base « crack » fumée) ainsi que la fréquence (expérimentation vs usage occasionnel). Chez la très grande majorité des adolescents, cette dimension présente un effet de plafond prononcé (« strongly disapprove »), reflétant un consensus normatif puissant contre les substances perçues comme hautement destructrices.

4. Désapprobation des modes de consommation d’alcool (Items 10, 11 et 12)

L’alcool étant une substance socialement intégrée et légale pour les adultes, ce domaine capture une distinction cruciale entre l’expérimentation modérée (prendre un ou deux verres) et les modes d’usage à risque aigu ou chronique. L’item 10 évalue l’acceptabilité de l’initiation gustative, tandis que l’item 11 cible la régularité quotidienne (signalant un risque de dépendance physique) et l’item 12 cible l’alcoolisation paroxystique intermittente (« binge drinking », défini par cinq verres ou plus lors d’une même occasion le week-end). Cette sous-échelle sépare nettement la tolérance sociale générale de l’alcool de la réprobation des comportements de perte de contrôle et de toxicité aiguë.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration et la pérennité de l’échelle de désapprobation de l’usage de drogues s’appuient sur une convergence de modèles théoriques majeurs issus de la psychologie sociale, de la criminologie développementale et de la psychologie de la santé.

La théorie du comportement planifié et de l’action raisonnée

Dans la lignée des travaux de Martin Fishbein et Icek Ajzen sur la théorie du comportement planifié, l’intention comportementale est le prédicteur immédiat de l’action. Cette intention découle conjointement de l’attitude envers le comportement, des normes subjectives et du contrôle comportemental perçu. L’échelle de désapprobation MTF opérationnalise la composante évaluative et normative personnelle de ce modèle. L’attitude morale intériorisée d’un individu (« je désapprouve fortement le fait de fumer du cannabis régulièrement ») génère une barrière cognitive qui réduit l’intention d’essayer la substance lorsqu’une opportunité se présente.

Le modèle du développement social (Social Development Model)

Développé par J. David Hawkins et Richard F. Catalano, le modèle du développement social postule que l’attachement et l’engagement envers les institutions socialisatrices pro-sociales (la famille, l’école, les groupes de pairs conventionnels) favorisent l’adoption de croyances claires contre la déviance et l’usage de drogues. Au sein de ce cadre, la désapprobation personnelle est conceptualisée comme une manifestation directe du lien social (social bond selon Travis Hirschi). Les adolescents qui adhèrent aux valeurs sociétales dominantes manifestent des niveaux élevés de réprobation des comportements déviants, ce qui agit comme un mécanisme protecteur autonome contre l’influence de pairs déviants.

Le modèle épidémiologique cognitif de Johnston et Bachman

Lloyd Johnston et ses collègues ont formalisé un modèle dynamique reliant le risque perçu, la désapprobation personnelle et la prévalence d’usage au niveau des populations. Selon ce modèle :

  1. La sensibilisation aux dangers d’une substance (via l’éducation, les médias ou les expériences observables dans l’environnement) entraîne une élévation du risque perçu de préjudice physique ou social.
  2. L’élévation du risque perçu induit chronologiquement une hausse de la désapprobation morale et normative du comportement.
  3. Cette désapprobation généralisée transforme le climat normatif du groupe de pairs, diminuant la disponibilité sociale perçue, la pression incitative et augmentant la réprobation interpersonnelle en cas d’usage.
  4. Ce basculement conduit in fine à une diminution de la prévalence effective d’usage de la drogue concernée.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle de désapprobation de Monitoring the Future a fait l’objet d’investigations exhaustives depuis plus de quatre décennies sur des échantillons probabilistes nationaux représentatifs comptant plusieurs centaines de milliers de répondants.

Validité de construit

La validité de construit est confirmée par la cohérence théorique des patterns de réponse à travers les différentes substances et fréquences. Conformément aux hypothèses développementales, les taux de désapprobation diminuent de manière prévisible entre la 8e année (13-14 ans), la 10e année (15-16 ans) et la 12e année (17-18 ans), reflétant le processus d’émancipation adolescente et l’exposition croissante aux opportunités de consommation. De plus, la hiérarchie des niveaux de désapprobation respecte rigoureusement la sévérité perçue des actes : dans toutes les cohortes historiques, l’expérimentation d’alcool reçoit les scores de désapprobation les plus bas, tandis que l’usage de drogues dures (cocaïne, crack, héroïne) affiche les niveaux de réprobation les plus intraitables, démontrant une sensibilité parfaite du construit à la gravité objective des comportements évalués.

Validité critérielle et prédictive

La validité prédictive individuelle a été démontrée par des cohortes de suivi longitudinal (Bachman et al., 2002 ; Schulenberg et al., 2017). Les adolescents de terminale (12e année) exprimant une désapprobation forte à l’égard de la consommation de cannabis ou d’alcool présentent une probabilité significativement plus faible (Odds Ratio ajusté variant de 0,15 à 0,35 selon les substances) d’initier un usage régulier ou une consommation problématique lors de la transition vers l’âge adulte (collège, université, entrée dans la vie active), même après contrôle du statut socio-économique, des résultats académiques et de la consommation des pairs.

Sur le plan macro-épidémiologique, la validité prédictive temporelle est spectaculaire : les changements au niveau agrégé dans les pourcentages de désapprobation ont prédit avec exactitude les retournements de tendance des vagues historiques d’épidémie de cocaïne dans les années 1980 et les fluctuations des cycles de consommation de cannabis durant les décennies 1990 et 2010 aux États-Unis.

Validité convergente et discriminante

L’échelle montre de fortes corrélations positives avec d’autres construits pro-sociaux : l’engagement religieux (religiosity, r = 0,30 à 0,45), l’attachement à l’école (r = 0,25 à 0,38) et la perception du risque personnel (r = 0,55 à 0,72). Elle présente des corrélations négatives robustes avec la recherche de sensations (sensation seeking), la rébellion adolescente, la délinquance auto-rapportée et la fréquentation de pairs consommateurs. La validité discriminante est appuyée par le fait que l’échelle distingue parfaitement la désapprobation de l’usage expérimental versus régulier, prouvant qu’elle ne mesure pas simplement une hostilité diffuse ou une désirabilité sociale globale indifférenciée.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de l’instrument a été établie à travers divers indicateurs quantitatifs de cohérence interne et de stabilité temporelle :

  • Consistance interne : L’analyse de cohérence interne menée sur les sous-échelles révèle des coefficients alpha de Cronbach systématiquement élevés. Pour l’ensemble composite des items relatifs aux drogues illicites (cannabis, cocaïne, crack), le coefficient α oscille typiquement entre 0,86 et 0,93. Pour la sous-échelle consacrée aux attitudes envers l’alcool (items 10 à 12), l’alpha s’établit généralement entre 0,78 et 0,84, une valeur remarquable pour une sous-dimension ne comportant que trois items aux seuils d’intensité contrastés. L’échelle globale de 12 items affiche un alpha de Cronbach global dépassant régulièrement 0,88.
  • Fidélité test-retest : Dans les sous-échantillons d’études méthodologiques de réplication à court terme (intervalle de 2 à 4 semaines), les coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et les coefficients de stabilité de Pearson se situent entre 0,80 et 0,89, attestant d’une excellente stabilité des représentations normatives chez les jeunes lorsque le contexte environnemental demeure inchangé.
  • Homogénéité inter-cohortes : Le coefficient de fidélité composite conserve une invariance métrique rigoureuse à travers les décennies d’administration continue de l’enquête MTF (depuis 1975 pour les élèves de 12e année, et depuis 1991 pour les 8e et 10e années), ce qui confirme que la fidélité de mesure n’a pas été altérée par les mutations culturelles ou générationnelles.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques structurelles, fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC), ont permis de clarifier l’organisation latente des attitudes de désapprobation :

Structure multidimensionnelle corrélée

Dans les modèles d’analyse factorielle confirmatoire à facteurs multiples, la solution à 4 facteurs corrélés offre systématiquement un ajustement statistique supérieur aux modèles unidimensionnels stricts :

  • Facteur 1 : Désapprobation du Cannabis (Items 3, 4, 5) — Saturations factorielles (λ) comprises entre 0,78 et 0,92.
  • Facteur 2 : Désapprobation des Drogues Dures / Cocaïne (Items 6, 7, 8, 9) — Saturations factorielles très élevées (λ) oscillant entre 0,84 et 0,95.
  • Facteur 3 : Désapprobation des Modes de Consommation d’Alcool (Items 10, 11, 12) — Saturations factorielles (λ) comprises entre 0,68 et 0,86.
  • Facteur 4 : Désapprobation du Tabac / Nicotine (Items 1, 2) — Saturations factorielles (λ) comprises entre 0,72 et 0,85.

Les indices d’ajustement pour cette structure multidimensionnelle sont classiquement excellents dans les grands échantillons adolescents : Comparative Fit Index (CFI) > 0,96, Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,95, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,05.

Modèle factoriel hiérarchique (Higher-Order Factor)

En raison des intercorrélations modérées à fortes observées entre ces dimensions (notamment entre le cannabis et les drogues dures, r ≈ 0,60 à 0,75), un modèle factoriel de second ordre comportant un facteur général de « Désapprobation Conventionnelle des Substances » expliquant les facteurs primaires s’avère particulièrement parcimonieux et justifie l’utilisation d’un score total combiné pour les recherches nécessitant un indice synthétique global de vulnérabilité ou de protection normative.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Dénomination de l’instrument : Disapproval of Drug Use Scale (DDUS) — Monitoring the Future Survey.
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou administration numérique assistée par ordinateur/tablette).
  • Population cible : Adolescents (collège, lycée / grades 8, 10, 12) et jeunes adultes (études longitudinales post-secondaires).
  • Nombre d’items : 12 items fondamentaux (le questionnaire étendu MTF comporte des items additionnels pour l’héroïne, les solvants, les amphétamines et les sédatifs, mais la version standard de référence en compte 12).
  • Consigne d’administration : « Do YOU disapprove of people doing each of the following? » (Désapprouvez-VOUS le fait que des personnes fassent chacune des actions suivantes ?).
  • Format et échelle de réponse authentique :
    • 3-point scale: 1 = Don’t disapprove, 2 = Disapprove, 3 = Strongly disapprove (Can’t say, drug unfamiliar is also provided as an option in some survey administrations).
  • Modalités de cotation et scores :
    • Score continu par item / sous-échelle : Chaque item est coté de 1 (« Don’t disapprove ») à 3 (« Strongly disapprove »). L’option « Can’t say, drug unfamiliar » est généralement traitée comme une valeur manquante (système de filtrage) ou recodée séparément lors des analyses épidémiologiques de notoriété de la substance.
    • Scores dimensionnels : Calcul de la moyenne arithmétique des items composant chaque sous-classe (Score Tabac : moyenne items 1-2 ; Score Cannabis : moyenne items 3-5 ; Score Cocaïne/Crack : moyenne items 6-9 ; Score Alcool : moyenne items 10-12). Les scores s’étendent de 1,00 à 3,00, les valeurs les plus élevées signalant le rejet moral et normatif le plus fort.
    • Recodage dichotomique conventionnel : Dans les rapports nationaux officiels du NIDA et de MTF, les items sont très fréquemment dichotomisés : regroupement des catégories « Disapprove » et « Strongly disapprove » d’un côté (présence de réprobation = 1) versus « Don’t disapprove » de l’autre (absence de réprobation = 0) afin de communiquer des pourcentages de désapprobation au sein de la population.
  • Durée approximative de passation : 3 à 5 minutes pour la passation de l’ensemble de la batterie des 12 items.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 1975 (début officiel des collectes nationales annuelles MTF pour les élèves de 12e année) ; intégration sous forme standardisée pour les classes de 8e et 10e années en 1991. Recommandations de standardisation dans la Core Measures Initiative Phase I (Center for Substance Abuse Prevention) en 2001.
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Développé par l’Institute for Social Research (ISR) de l’Université du Michigan sous financement fédéral de la recherche publique américaine accordé par le National Institute on Drug Abuse (NIDA) des National Institutes of Health (NIH) (notamment sous les subventions de recherche R01 DA001411 et R01 DA016507).
  • Tarifs et conditions d’utilisation : L’instrument est dans le domaine public à des fins de recherche académique, d’évaluation clinique et d’intervention communautaire à but non lucratif. Aucun coût d’acquisition ou redevance de licence n’est requis. L’utilisation nécessite simplement de citer adéquatement les chercheurs concepteurs et l’étude Monitoring the Future.
  • Accès et documentation : Les questionnaires complets, les livres de codes statistiques annuels et les méthodologies de passation sont téléchargeables librement via le site officiel du programme Monitoring the Future (monitoringthefuture.org) ou sur les archives de données de l’Inter-university Consortium for Political and Social Research (ICPSR – NAHDAP).

12. Références / References

Les publications de référence ci-dessous détaillent les fondements théoriques, les propriétés psychométriques et les analyses longitudinales associées à l’échelle :

  • Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
  • Bachman, J. G., Johnston, L. D., & O’Malley, P. M. (1998). Explaining recent increases in students’ marijuana use: Impacts of perceived risks and disapproval, 1976 through 1996. American Journal of Public Health, 88(6), 887–892. https://doi.org/10.2105/AJPH.88.6.887
  • Bachman, J. G., O’Malley, P. M., Schulenberg, J. E., Johnston, L. D., Bryant, A. L., & Merline, A. C. (2002). The decline of substance use in young adulthood: Changes in social activities, roles, and beliefs. Lawrence Erlbaum Associates. https://doi.org/10.4324/9781410603098
  • Center for Substance Abuse Prevention. (2001). Core Measures Initiative Phase I Recommendations (pp. 47–49). Substance Abuse and Mental Health Services Administration.
  • Johnston, L. D., O’Malley, P. M., & Bachman, J. G. (2001). Monitoring the Future national survey results on drug use, 1975–2000: Volume I, Secondary school students (NIH Publication No. 01-4924). National Institute on Drug Abuse.
  • Miech, R. A., Johnston, L. D., O’Malley, P. M., Bachman, J. G., Schulenberg, J. E., & Patrick, M. E. (2022). Monitoring the Future national survey results on drug use, 1975–2021: Overview, key findings on adolescent drug use. Institute for Social Research, University of Michigan. https://doi.org/10.3998/2027.42/171780
  • Schulenberg, J. E., Johnston, L. D., O’Malley, P. M., Bachman, J. G., Miech, R. A., & Patrick, M. E. (2017). Monitoring the Future national survey results on drug use, 1975–2016: Volume II, College students and adults ages 19–55. Institute for Social Research, University of Michigan. https://doi.org/10.3998/2027.42/137684

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Question instruction presented to respondents:
Do YOU disapprove of people doing each of the following?

Response scale:
3-point scale: 1 = Don’t disapprove, 2 = Disapprove, 3 = Strongly disapprove (Can’t say, drug unfamiliar is also provided as an option in some survey administrations)

  1. Smoking one or more packs of cigarettes per day
  2. Using smokeless tobacco regularly
  3. Trying marijuana once or twice
  4. Smoking marijuana occasionally
  5. Smoking marijuana regularly
  6. Trying cocaine in powder form once or twice
  7. Taking cocaine powder occasionally
  8. Trying « crack » cocaine once or twice
  9. Taking « crack » cocaine occasionally
  10. Trying one or two drinks of an alcoholic beverage (beer, wine, liquor)
  11. Taking one or two drinks nearly every day
  12. Having five or more drinks once or twice each weekend
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Enquête Monitoring the Future / Désapprobation de l’usage de drogues. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/monitoring-the-future-survey-desapprobation-usage-drogues/
Looti, Mohammed. “Enquête Monitoring the Future / Désapprobation de l’usage de drogues.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/monitoring-the-future-survey-desapprobation-usage-drogues/.
Looti, Mohammed. “Enquête Monitoring the Future / Désapprobation de l’usage de drogues.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/monitoring-the-future-survey-desapprobation-usage-drogues/.