Modèle d’investissement – travail

Le Modèle d’investissement appliqué au travail (IMS-Job) de Caryl Rusbult évalue l’engagement organisationnel à travers la satisfaction, la qualité des alternatives et la taille des investissements. Découvrez ses fondements théoriques, sa structure psychométrique et ses items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Le Modèle d’investissement appliqué au travail (en anglais, Investment Model Scale – Job ou IMS-Job) constitue une adaptation psychométrique majeure de la théorie de l’interdépendance développée initialement par Caryl E. Rusbult. Conçu pour explorer les mécanismes sous-jacents au maintien du lien d’emploi, à la fidélisation et au roulement du personnel (turnover), cet instrument évalue de manière exhaustive les prédicteurs psychologiques et structurels de l’engagement organisationnel (Job Commitment). S’éloignant des modèles unidimensionnels centrés exclusivement sur la satisfaction au travail, le modèle postule que l’engagement dépend conjointement du niveau de satisfaction professionnelle, de la qualité perçue des alternatives d’emploi et de l’ampleur des investissements consentis par le travailleur dans son poste actuel.

L’échelle opérationnalise ces construits à travers des sous-dimensions distinctes : l’évaluation des bénéfices et récompenses (Rewards), l’analyse des coûts et contraintes professionnelles (Costs), la satisfaction globale au travail (Job Satisfaction), la qualité perçue des alternatives (Quality of Alternatives), la masse des investissements intrinsèques et extrinsèques (Investment Size), et enfin le niveau d’engagement psychologique (Job Commitment). L’instrumentation standardisée comprend 22 items évalués au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 9 points, allant de 1 (ancrage minimal : absence, pas du tout satisfaisant, bien pire que la plupart) à 9 (ancrage maximal : abondant, extrêmement gratifiant, bien meilleur que la plupart).

Sur le plan psychométrique, les études longitudinales et transversales menées auprès de cohortes professionnelles diversifiées mettent en évidence des propriétés remarquables. La consistance interne mesurée par le coefficient alpha de Cronbach varie généralement entre 0,82 et 0,90 selon les sous-échelles : la satisfaction professionnelle présente une fiabilité d’α = 0,90, la taille des investissements d’α = 0,87, la qualité des alternatives d’α = 0,82, et l’engagement d’α = 0,88. Les analyses factorielles confirmatoires corroborent l’indépendance conceptuelle des dimensions tout en démontrant que l’engagement agit comme une variable médiatrice pivot entre les déterminants cognitifs-affectifs et les comportements effectifs de démission, offrant ainsi une puissance prédictive supérieure à celle des échelles traditionnelles de satisfaction.

2. Mots-clés / Keywords

Modèle d’investissement, engagement organisationnel, satisfaction au travail, roulement du personnel, théorie de l’interdépendance, coûts et récompenses professionnelles, investissements professionnels, alternatives d’emploi, psychométrie du travail, fidélisation des employés, Caryl Rusbult, psychologie organisationnelle.

3. Auteurs / Authors

Le développement conceptuel et empirique du modèle d’investissement appliqué à l’environnement organisationnel est le fruit des travaux pionniers du professeur Caryl E. Rusbult et de ses collaborateurs :

  • Caryl E. Rusbult, Ph.D. (1952–2010) : Psychologue sociale de renommée internationale, ancienne professeure émérite à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (University of North Carolina at Chapel Hill, États-Unis) et directrice du département de psychologie sociale à la Vrije Universiteit Amsterdam (Pays-Bas). Reconnue pour avoir conceptualisé le modèle d’investissement dans les relations interpersonnelles, elle a ensuite formalisé son application empirique aux contextes du travail et des organisations.
  • Dan Farrell, Ph.D. : Professeur émérite de management et de comportement organisationnel au Haworth College of Business de la Western Michigan University (États-Unis). Spécialiste des réponses des employés face à l’insatisfaction professionnelle (modèle EVLN : Exit, Voice, Loyalty, Neglect) et coauteur des études longitudinales inaugurales sur l’IMS-Job.
  • Christopher R. Agnew, Ph.D. : Professeur de sciences psychologiques à l’Université Purdue (Purdue University, États-Unis), ancien collaborateur direct de Rusbult, ayant co-développé l’échelle standardisée Investment Model Scale (1998) et ses dérivations professionnelles. Courriel académique institutionnel : [email protected].
  • Lucy Bayer : Chercheuse en psychologie organisationnelle, diplômée du département de psychologie du Haverford College, ayant contribué à la réactualisation méthodologique de l’instrument en 2009 dans l’évaluation des comportements de citoyenneté organisationnelle et du roulement du personnel.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Modèle d’investissement appliqué au travail est d’élucider, de quantifier et de modéliser les processus psychologiques qui déterminent la décision d’un employé de demeurer au sein d’une organisation ou de la quitter. Pendant des décennies, la recherche en psychologie industrielle et organisationnelle a postulé une relation causale linéaire directe entre l’insatisfaction au travail et le roulement volontaire du personnel (turnover). Cependant, les anomalies empiriques ont mis en lumière un paradoxe récurrent : de nombreux travailleurs hautement insatisfaits conservent leur poste pendant de longues périodes, tandis que certains employés déclarant un niveau de satisfaction adéquat choisissent néanmoins de démissionner.

L’IMS-Job répond précisément à cette faille théorique en postulant que la satisfaction n’est pas le déterminant direct du comportement de maintien en poste, mais seulement l’une des composantes alimentant une force psychologique intégrative plus puissante : l’engagement organisationnel (Commitment). L’outil a été spécifiquement conçu pour :

  • Démêler la satisfaction de l’engagement : Établir une distinction claire entre le plaisir affectif immédiat retiré de l’emploi (satisfaction) et l’état psychologique d’attachement à long terme et d’intention de persévérance (engagement).
  • Intégrer les forces d’ancrage structurelles (Investissements) : Mesurer l’effet des « coûts irrécupérables » (sunk costs) matériels, relationnels et professionnels qu’un travailleur a injectés dans son emploi et qui seraient irrémédiablement perdus en cas de départ.
  • Mesurer les forces d’attraction externes (Alternatives) : Quantifier l’attractivité et l’accessibilité perçues des opportunités extérieures, qu’il s’agisse d’autres postes dans une entreprise concurrente, d’un changement de carrière, de la création d’entreprise ou du retrait temporaire du marché du travail.
  • Fournir un modèle diagnostique prédictif en gestion des ressources humaines : Permettre aux cliniciens du travail, consultants et gestionnaires d’anticiper les démissions spontanées, d’identifier les causes précises du désengagement et d’adapter les interventions de fidélisation (ex. accroître les récompenses intrinsèques versus consolider les investissements non transférables).

Dans le domaine de la recherche fondamentale, l’instrument fournit une base robuste pour éprouver empiriquement les principes de la théorie des échanges sociaux et de l’interdépendance, en reliant les perceptions cognitives de l’individu à des indicateurs comportementaux objectifs tels que l’absentéisme, les comportements de citoyenneté organisationnelle (OCB) et les taux réels de démission constatés sur des périodes de suivi de six mois à deux ans.

5. Construit psychologique / Construct

Le modèle d’investissement opérationnalise l’attachement au travail à travers six construits interdépendants, articulés selon une structure fonctionnelle cohérente :

1. Récompenses professionnelles (Rewards)

Les récompenses représentent la valence positive globale associée à l’environnement de travail. Elles englobent l’ensemble des aspects matériels, psychologiques et sociaux gratifiants perçus par le collaborateur. Cela inclut le niveau de rémunération, les avantages sociaux, la reconnaissance hiérarchique, le climat de soutien entre pairs, l’autonomie dans les tâches et l’intérêt intellectuel des missions. Dans le modèle, une élévation des récompenses perçues exerce un impact positif direct et substantiel sur la satisfaction au travail.

2. Coûts professionnels (Costs)

Les coûts désignent l’ensemble des facteurs aversifs, exigeants ou délétères inhérents à l’emploi. Ils englobent le stress chronique, les horaires atypiques, la surcharge de travail, les conflits interpersonnels, les conditions physiques exigeantes, les trajets pendulaires prolongés ainsi que les dissonances éthiques. Conformément aux hypothèses de l’échange social, l’augmentation des coûts perçus dégrade directement le niveau de satisfaction professionnelle.

3. Satisfaction au travail (Job Satisfaction)

La satisfaction correspond à l’état affectif et évaluatif positif résultant de la comparaison entre les résultats réels de l’emploi (récompenses moins coûts) et le niveau de comparaison interne de l’individu (Comparison Level, ou les attentes préalables de l’employé). Un employé est pleinement satisfait lorsque les bénéfices surpassent largement les exigences et répondent à son standard d’évaluation personnel ou l’excèdent. La satisfaction agit comme le premier pilier prédictif de l’engagement.

4. Qualité des alternatives (Quality of Alternatives)

Ce construit renvoie à l’évaluation par l’employé de l’attractivité des solutions envisageables hors de son poste actuel. Ces alternatives comprennent l’obtention d’un autre emploi dans la même branche, la reconversion professionnelle, la poursuite d’études ou l’entrée en inactivité volontaire. Si les alternatives sont perçues comme florissantes, accessibles et supérieures au poste actuel, l’engagement envers l’organisation diminue drastiquement. À l’inverse, l’absence perçue de débouchés sur le marché de l’emploi renforce la dépendance et contraint l’engagement organisationnel.

5. Taille des investissements (Investment Size)

Les investissements renvoient aux ressources directes ou indirectes que l’employé a consacrées à son emploi et qui perdraient toute valeur ou deviendraient caduques s’il venait à démissionner. Le modèle distingue traditionnellement :

  • Les investissements intrinsèques : Les ressources directement injectées dans le travail, telles que le temps accumulé, l’effort cognitif, l’énergie émotionnelle et l’acquisition de compétences hautement spécifiques à l’entreprise (non transférables).
  • Les investissements extrinsèques : Les liens et ressources collatéraux développés en lien avec l’emploi, notamment le réseau d’amitiés sur le lieu de travail, l’ancienneté liée aux régimes de retraite, la proximité du logement ou les habitudes familiales coordonnées avec les horaires du poste.

Ces investissements agissent comme une force stabilisatrice majeure en créant des « barrières à la sortie », consolidant l’engagement indépendamment des fluctuations à court terme de la satisfaction.

6. Engagement professionnel (Job Commitment)

Construit central et intégrateur du modèle, l’engagement est un état psychologique caractérisé par l’intention explicite de maintenir son affiliation professionnelle à l’entreprise, le sentiment d’attachement affectif et structurel, et l’orientation à long terme vis-à-vis de l’emploi. Mathématiquement et conceptuellement, l’engagement est prédit par l’équation de base du modèle :

Engagement = f(Satisfaction − Qualité des Alternatives + Taille des Investissements)

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel du modèle d’investissement trouve ses racines épistémologiques dans la théorie de l’interdépendance formulée initialement par John Thibaut et Harold Kelley (1959, 1978), ainsi que dans la théorie de l’échange social de George Homans (1961) et Peter Blau (1964). Thibaut et Kelley ont proposé que les individus évaluent la valeur des relations sociales en comparant leurs issues (bénéfices nets) à deux normes fondamentales : le niveau de comparaison (Comparison Level, $CL$) et le niveau de comparaison pour les alternatives (Comparison Level for Alternatives, $CL_{alt}$).

Le $CL$ représente le seuil subjectif à partir duquel une issue est jugée satisfaisante, basé sur l’expérience passée et les attentes de l’individu. Le $CL_{alt}$ représente l’issue la plus basse qu’un individu acceptera compte tenu des options concurrentes disponibles sur le marché ; il détermine la dépendance de l’individu vis-à-vis de la relation. Une personne peut donc être insatisfaite ($Issues < CL$), mais demeurer captive et dépendante si aucune opportunité externe n’égale ses issues actuelles ($Issues > CL_{alt}$).

À partir de 1980, Caryl E. Rusbult a étendu cette modélisation relationnelle en introduisant la notion cruciale de « taille de l’investissement » (Investment Size), empruntée aux sciences économiques et au concept d’irréversibilité des investissements (sunk costs). En 1983, Rusbult et Dan Farrell publient dans le Journal of Applied Psychology l’étude fondatrice adaptant rigoureusement ce modèle aux dynamiques organisationnelles. Ils démontrent que l’engagement dans le monde du travail n’obéit pas à une simple logique de plaisir immédiat, mais à un arbitrage complexe entre forces attractives (satisfaction), forces répulsives (coûts), forces centrifuges (alternatives extérieures) et forces de captation inertielle (investissements irrécupérables).

Dans ce paradigme théorique, l’engagement n’est pas seulement une conséquence passive ; il fonctionne comme un médiateur psychologique central qui filtre et régule les réponses comportementales face au stress ou à la dégradation de l’environnement de travail. Un niveau élevé d’engagement favorise les stratégies d’expression constructive de la voix (Voice) ou de loyauté patiente (Loyalty), tout en inhibant les velléités de démission (Exit) ou les conduites de négligence passive (Neglect).

7. Validité / Validity

L’échelle du modèle d’investissement pour le travail a fait l’objet de nombreuses vérifications méthodologiques garantissant sa solidité psychométrique à travers plusieurs contextes professionnels, administratifs, industriels et éducatifs.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit est démontrée par la concordance empirique entre la théorie et les corrélations observées. Les études de Rusbult et Farrell (1983) et de Bayer (2009) indiquent que :

  • La sous-échelle de satisfaction corrèle très fortement et positivement avec les récompenses ($r = .65$ à $.72, p < .001$) et négativement a\vec les coûts perçus ($r = -.45$ à $-.54, p < .001$).
  • L’engagement corrèle positivement avec la satisfaction ($r = .58$ à $.68$) et avec la taille des investissements ($r = .52$ à $.61$).
  • L’engagement présente une corrélation systématiquement négative avec la qualité des alternatives perçues ($r = -.38$ à $-.49, p < .001$).

En matière de validité convergente, les scores de l’échelle d’engagement de l’IMS-Job présentent des corrélations fortes avec le modèle à trois composantes de l’engagement organisationnel de Meyer et Allen (1991), notamment avec l’engagement affectif ($r = .64$) et l’engagement de continuité ($r = .59$).

Validité discriminante

L’analyse discriminante a confirmé que la satisfaction et l’engagement représentent deux construits distincts et non redondants. Bien qu’ils partagent une variance commune, l’analyse par équations structurelles montre que les modèles forçant la satisfaction et l’engagement dans un facteur unique présentent une dégradation critique de leur ajustement par rapport à un modèle multifactoriel oblique ($Δχ^2(5) > 180, p < .0001$). De même, la dimension des investissements se distingue parfaitement de la simple durée de présence (ancienneté objective), captant la valeur subjective des ressources psychologiques investies.

Validité prédictive et critériée

La puissance prédictive de l’IMS-Job à l’égard du roulement du personnel (turnover) constitue l’un de ses atouts méthodologiques les plus remarquables. Dans les protocoles longitudinaux de suivi menés par Rusbult et Farrell (1983) :

  • L’engagement mesuré au temps 1 prédit de manière statistiquement significative la démission effective mesurée au temps 2 (β standardisé = −.41, $p < .001$), surclassant l'effet direct de la satisfaction professionnelle (β résiduel proche de zéro lorsque l'engagement est contrôlé).
  • Des régressions multiples révèlent que la combinaison des investissements, des alternatives et de la satisfaction explique entre 45 % et 62 % de la variance de l’engagement professionnel ($R^2 = .45$ à $.62$).
  • L’échelle prédit également de manière significative les comportements discrétionnaires, tels que l’entraide entre collègues, le civisme organisationnel et la réduction des comportements contre-productifs au travail.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’IMS-Job a été établie de manière cohérente au moyen de divers indices psychométriques, notamment la consistance interne et la stabilité temporelle.

Consistance interne

Dans l’ensemble des études empiriques fondatrices et des réplications ultérieures, les coefficients alpha de Cronbach (α) dépassent largement le seuil standard de recevabilité scientifique fixé à 0,70 par Nunnally :

  • Sous-échelle Satisfaction professionnelle : α = 0,90 (indiquant une excellente homogénéité des items évaluant le contentement global et l’adéquation au travail idéal).
  • Sous-échelle Engagement au travail : α = 0,88 (reflétant une consistance remarquable dans l’évaluation de l’attachement et de la persévérance).
  • Sous-échelle Investissements : α = 0,87 (démontrant la forte cohésion des questions portant sur les pertes potentielles de ressources en cas de départ).
  • Sous-échelle Qualité des alternatives : α = 0,82 (attestant d’une fidélité robuste dans la perception comparative des opportunités externes).
  • Sous-échelles Récompenses et Coûts : les coefficients oscillent généralement entre α = 0,78 et α = 0,85 selon les échantillons industriels ou tertiaires évalués.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Les études longitudinales intégrant des réévaluations à intervalles réguliers (trois mois et six mois) mettent en évidence des coefficients de corrélation test-retest oscillant entre $r = .72$ et $r = .81$ pour l’engagement et les investissements, démontrant une stabilité temporelle satisfaisante en l’absence de modifications substantielles des conditions de travail. Simultanément, l’instrument s’est avéré sensible aux changements environnementaux majeurs (ex. restructurations, réductions de salaire), attestant de sa réactivité aux transitions professionnelles réelles.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’IMS-Job a été validée par des procédures d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmée via des analyses factorielles confirmatoires (AFC) multivariées.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les extractions initiales en composantes principales assorties de rotations obliques (Promax ou Oblimin direct, compte tenu des intercorrélations théoriques attendues entre dimensions) font ressortir une structure claire à composantes multiples conformes au modèle de Rusbult :

  • Les items de satisfaction saturent fortement sur un premier facteur commun (saturations factorielles allant de 0,68 à 0,88) sans saturation croisée notable sur les autres dimensions.
  • Les items d’investissements se regroupent distinctement sur un facteur autonome (saturations entre 0,62 et 0,84), isolant avec précision la notion de perte de capital personnel et social.
  • Les items relatifs aux alternatives d’emploi définissent un axe bipolaire ou un facteur distinct (saturations entre 0,58 et 0,81).
  • Les items d’engagement professionnel forment une composante nette (saturations entre 0,71 et 0,89), confirmant qu’il ne s’agit pas d’un simple artefact de la satisfaction.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Dans les réévaluations méthodologiques plus récentes menées en équations structurelles (ex. Bayer, 2009 ; Rusbult et al., 1998), le modèle théorique à facteurs corrélés a été confronté à divers modèles concurrents (modèle unidimensionnel global, modèle à deux facteurs combinant satisfaction et engagement). Les indices d’ajustement soutiennent nettement le modèle multidimensionnel :

  • Chi-deux normalisé (χ²/df) : inférieur à 2,5, indiquant un bon ajustement global.
  • CFI (Comparative Fit Index) : ≥ 0,94 à 0,96, surpassant le critère habituel d’adéquation de 0,90.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : ≥ 0,93 à 0,95.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : compris entre 0,045 et 0,062, avec un intervalle de confiance à 90 % confirmant la précision de l’ajustement dans la population.
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : ≤ 0,051.

Ces résultats confirment que les items mesurent précisément les dimensions assignées et que la séparation théorique entre récompenses, coûts, alternatives, investissements et engagement est empiriquement solide.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique et organisationnelle (auto-rapporté).
  • Format : Formulaire psychométrique administrable sur support papier-crayon ou via des plateformes électroniques sécurisées.
  • Nombre total d’items : 22 items standardisés (comprenant les facettes relatives aux récompenses, coûts, satisfaction, alternatives, investissements et engagement).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 9 points allant de 1 à 9. Les libellés d’ancrage s’adaptent aux questions : de 1 (None / Not at all / Worse than most / Do not agree at all) à 9 (A great many / Extremely / Better than most / Agree completely).
  • Durée approximative de passation : 8 à 12 minutes.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Des scores moyens ou cumulés sont calculés séparément pour chaque dimension : Récompenses, Coûts, Satisfaction, Qualité des alternatives, Taille des investissements et Engagement professionnel.
    • Inversion de score : L’item 20 évaluant la probabilité de quitter l’emploi (« How likely is it that you will quit this job within the next year? ») fait l’objet d’une inversion de cotation (score inversé = $10 – ext{score brut}$) lors du calcul du score d’engagement, les valeurs élevées devant refléter la persévérance.
    • Interprétation dynamique : Un niveau élevé d’engagement combiné à une faible satisfaction et à un investissement massif signale un profil « d’employé captif » ou « piégé » (risque d’épuisement professionnel ou de présentéisme). À l’inverse, une satisfaction élevée couplée à une forte perception d’alternatives et de faibles investissements reflète un profil « volatile » à haut risque de démission face à une offre concurrente.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale de l’adaptation professionnelle : 1983 (Rusbult & Farrell, Journal of Applied Psychology), précédée par la formulation théorique princeps de Rusbult (1980) et complétée par les standardisations de Rusbult, Martz et Agnew (1998) ainsi que Bayer (2009).
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits théoriques originaux relèvent des auteurs et des éditeurs académiques (notamment l’American Psychological Association).
  • Conditions d’accès et utilisation : L’instrument est généralement mis à disposition sans frais d’acquisition pour la recherche académique, l’enseignement universitaire et les projets scientifiques non commerciaux, sous réserve d’une citation bibliographique intégrale des publications sources.
  • Utilisation en entreprise et conseil RH : Toute intégration de l’outil dans des progiciels commerciaux ou plateformes d’audit tarifées nécessite l’accord formel préalable des détenteurs des droits ou des auteurs concernés.

12. Références / References

Les publications de référence soutenant le cadre conceptuel et les qualités métrologiques du modèle d’investissement appliqué au travail incluent :

  • Bayer, L. (2009). The Investment Model and Organizational Commitment: Predicting Workplace Behaviors (B.A. thesis, Haverford College, Department of Psychology). Haverford College Scholarship. http://hdl.handle.net/10066/3733
  • Blau, P. M. (1964). Exchange and power in social life. John Wiley & Sons.
  • Kelley, H. H., & Thibaut, J. W. (1978). Interpersonal relations: A theory of interdependence. John Wiley & Sons.
  • Meyer, J. P., & Allen, N. J. (1991). A three-component conceptualization of organizational commitment. Human Resource Management Review, 1(1), 61–89. https://doi.org/10.1016/1053-4822(91)90011-Z
  • Rusbult, C. E. (1980). Commitment and satisfaction in romantic associations: A test of the investment model. Journal of Experimental Social Psychology, 16(2), 172–186. https://doi.org/10.1016/0022-1031(80)90007-4
  • Rusbult, C. E. (1983). A longitudinal test of the investment model: The development (and deterioration) of satisfaction and commitment in heterosexual involvements. Journal of Personality and Social Psychology, 45(1), 101–117. https://doi.org/10.1037/0022-3514.45.1.101
  • Rusbult, C. E., Drigotas, S. M., & Verette, J. (1994). The investment model: An interdependence analysis of commitment processes and relationship maintenance phenomena. In D. J. Canary & L. Stafford (Eds.), Communication and relational maintenance (pp. 115–139). Academic Press.
  • Rusbult, C. E., & Farrell, D. (1983). A longitudinal test of the investment model: The impact on job satisfaction, job commitment, and turnover of variations in rewards, costs, alternatives, and investments. Journal of Applied Psychology, 68(3), 429–438. https://doi.org/10.1037/0021-9010.68.3.429
  • Rusbult, C. E., Martz, J. M., & Agnew, C. R. (1998). The Investment Model Scale: Measuring commitment level, satisfaction level, quality of alternatives, and investment size. Personal Relationships, 5(4), 357–391. https://doi.org/10.1111/j.1475-6811.1998.tb00177.x
  • Thibaut, J. W., & Kelley, H. H. (1959). The social psychology of groups. John Wiley & Sons.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 9-point Likert scale (typically 1 = None / Not at all / Worse than most to 9 = A great many / Extremely / Better than most, or 1 = Do not agree at all to 9 = Agree completely)

  1. All things considered, to what extent are there good things associated with your job?
  2. In general, to what extent do you find your job to be rewarding?
  3. Does this job have more or fewer positive aspects than most people have at their places of employment?
  4. All things considered, to what extent are there unpleasant things associated with your job?
  5. In general, to what extent are there costs or hardships associated with your job?
  6. Does this job have more or fewer negative aspects than most people have at their places of employment?
  7. Overall, how satisfied are you with your job?
  8. All things considered, to what extent does your job compare to your ideal job?
  9. How does your job compare to what you expected it to be like when you first took it?
  10. How does your job compare to other jobs you might realistically obtain?
  11. If you had to leave this job, what would your alternatives look like?
  12. In general, to what extent are your alternatives to this job attractive?
  13. How does the pay/income of your alternatives compare to this job?
  14. All things considered, how do your alternatives compare to your current job?
  15. All things considered, to what extent have you invested resources (time, effort, emotional energy) in this job that you could not recover if you left?
  16. How much effort have you put into learning specific skills that are only useful at this particular job?
  17. In general, to what extent would you lose non-portable benefits or investments if you left this job?
  18. How much would you lose in terms of personal connections or workplace friendships if you left this job?
  19. How long do you think you will remain at your current job?
  20. How likely is it that you will quit this job within the next year?
  21. All things considered, how committed are you to remaining at your current job?
  22. In general, how much do you feel attached to and invested in staying at your job?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Modèle d’investissement – travail. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/modele-dinvestissement-travail/
Looti, Mohammed. “Modèle d’investissement – travail.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/modele-dinvestissement-travail/.
Looti, Mohammed. “Modèle d’investissement – travail.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/modele-dinvestissement-travail/.