Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient

La Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient (PSG) est un outil clinique interactif validé, structuré en 5 étapes pour la kinésithérapie et la réadaptation fonctionnelle, axé sur l’autonomie et la capacité d’action perçue.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

La Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient (désignée sous l’acronyme néerlandais PSG pour Patiënt Specifieke Goal-setting methode) est un instrument clinique et psychométrique interactif conçu pour structurer, standardiser et optimiser le processus collaboratif de prise de décision en kinésithérapie, physiothérapie et réadaptation physique. Développée par Stevens (2017) au sein du groupe de recherche Autonomie et Participation de l’Université des sciences appliquées Zuyd (Zuyd Hogeschool), cette approche constitue l’évolution méthodologique majeure du questionnaire des Plaintes Spécifiques du Patient (Patiënt Specifieke Klachten, PSK), lui-même dérivé des travaux pionniers sur l’échelle fonctionnelle spécifique au patient (Patient-Specific Functional Scale, PSFS de Stratford et al., 1995).

Contrairement aux questionnaires traditionnels figés, la PSG ne propose pas une liste fixe d’items préétablis, mais opère selon un paradigme idiographique rigoureux. Elle évalue les activités fonctionnelles considérées comme hautement pertinentes et prioritaires par le patient lui-même, en intégrant systématiquement cinq étapes cycliques interconnectées : la clarification des problèmes d’activité, la hiérarchisation et la sélection des activités cibles, la fixation collaborative d’objectifs thérapeutiques, l’élaboration conjointe du plan de traitement et l’évaluation longitudinale des résultats. L’instrument mobilise généralement entre 3 et 5 activités individualisées.

L’une des innovations conceptuelles fondamentales de la PSG réside dans l’inversion de l’ancrage de cotation psychométrique : alors que la PSK historique mesurait la « difficulté d’exécution » (centrée sur le déficit), la PSG mesure la « capacité d’exécution » (mogelijkheid tot uitvoeren) sur une échelle d’évaluation numérique (NRS) graduée de 0 (« totalement incapable de réaliser l’activité ») à 10 (« capable de réaliser l’activité de manière optimale et sans aucune gêne »). Ce recadrage positif aligne la métrologie clinique sur la psychologie positive, le sentiment d’auto-efficacité et la perspective naturelle du patient, où un score élevé reflète un meilleur niveau de fonctionnement. Les études clinimétriques confirment une excellente sensibilité au changement, une validité de contenu remarquable, une fidélité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse généralement supérieurs à 0,80) ainsi qu’un renforcement significatif de l’alliance thérapeutique et de l’observance du traitement.

2. Mots-clés / Keywords

Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient, Patiënt Specifieke Goal-setting, PSG, fixation collaborative d’objectifs, mesure des résultats rapportés par le patient, PROM individualisé, réadaptation fonctionnelle, kinésithérapie, auto-efficacité, autonomie, prise de décision partagée, Classification internationale du fonctionnement, clinimétrie.

3. Auteurs / Authors

La Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient a été formalisée et conceptualisée par :

  • Dr. Anita Stevens, PT, PhD — Chercheuse et maître de conférences au sein du centre d’expertise Autonomie en Participatie van mensen met een chronische aandoening (Autonomie et Participation des personnes atteintes d’affections chroniques), Zuyd Hogeschool (Université des sciences appliquées Zuyd), Heerlen, Pays-Bas.

Les travaux de développement ont été menés en étroite concertation avec des réseaux de physiothérapeutes cliniciens, des associations d’usagers du système de santé néerlandais et des experts académiques en méthodologie de la rééducation fonctionnelle rattachés aux départements de kinésithérapie et d’ergothérapie de la Faculté de Santé de Zuyd.

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de la Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient (PSG) est de combler le fossé persistant entre l’évaluation métrologique standardisée et la pratique clinique quotidienne centrée sur la personne. Dans la prise en charge des affections musculosquelettiques et chroniques, les cliniciens sont fréquemment confrontés aux limites des instruments nomothétiques classiques (tels que le Roland-Morris Disability Questionnaire ou le WOMAC), dont les items standardisés peuvent être sans rapport avec le mode de vie réel, les exigences professionnelles ou les valeurs personnelles d’un patient donné.

Finalités cliniques

Sur le plan clinique, la PSG répond à plusieurs impératifs majeurs :

  • Autonomisation et engagement actif : Transformer le patient, traditionnellement perçu comme un récepteur passif des soins, en un partenaire d’action co-responsable. En explicitant le rationnel thérapeutique dès la phase de bilan, la méthode stimule l’engagement cognitif et comportemental du sujet.
  • Élicitation des priorités réelles : Permettre l’identification précise des limitations d’activité et des restrictions de participation qui impactent le plus significativement le bien-être subjectif de l’individu, conformément aux orientations de l’Organisation mondiale de la Santé.
  • Opérationnalisation des objectifs : Faciliter la transition logique entre l’identification d’une plainte et la définition d’objectifs mesurables, temporels et fonctionnellement significatifs, permettant l’élaboration d’un plan d’intervention kinésithérapique sur mesure.
  • Détection fine de la réactivité clinique : Mesurer avec une précision accrue les gains fonctionnels individuels qui échappent fréquemment aux échelles transversales fixes, minimisant de fait les effets de plancher et de plafond.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche translationnelle, des essais contrôlés randomisés et des études de cohortes en rééducation, la PSG est employée comme une mesure de résultats rapportée par le patient (Patient-Reported Outcome Measure, PROM) individualisée. Elle permet d’agréger des trajectoires fonctionnelles hétérogènes sous un indice standardisé de changement de capacité perçue, offrant un équilibre robuste entre personnalisation idiographique et rigueur métrologique quantitative.

Justification conceptuelle du recadrage positif

Historiquement, l’instrument précurseur PSK demandait au patient d’évaluer la « difficulté » ou la « gêne » occasionnée par une activité sur une échelle allant de 0 (« aucune difficulté ») à 10 (« réalisation impossible »). Ce paradigme présentait un double inconvénient :

  1. Dissonance cognitive et sens de cotation contre-intuitif : Pour le patient, observer une diminution numérique du score pour signifier une amélioration clinique créait de fréquentes confusions interprétatives lors des réévaluations.
  2. Renforcement du biais déficitaire : Focaliser l’attention du patient sur sa douleur, son incapacité et ses limites corporelles renforce involontairement les mécanismes d’hypervigilance, d’impuissance apprise et de catastrophisme, particulièrement délétères chez les patients souffrant de douleurs chroniques du système locomoteur.

En repositionnant la question sur la « possibilité d’exécution » (mogelijkheid tot uitvoeren), la PSG opère un recadrage sémantique et psychologique axé sur les ressources, l’agentivité et le potentiel fonctionnel résiduel. Une note de 10 correspond désormais à une autonomie parfaite, rendant l’échelle intrinsèquement valorisante et alignée sur la perception spontanée du rétablissement.

5. Construit psychologique / Construct

La PSG mesure le construit multidimensionnel de la capacité fonctionnelle individualisée perçue dans les activités de la vie quotidienne, médiée par le sentiment d’auto-efficacité et l’agentivité personnelle. Ce construit ne se réduit pas à une capacité biomécanique brute observée en laboratoire d’analyse du mouvement, mais reflète l’évaluation cognitive globale que le sujet porte sur sa propre aptitude à exécuter une tâche écologique complexe dans son environnement de vie ordinaire.

Dimensions et composantes opérationnelles du processus

Bien que l’instrument aboutisse à une métrique numérique, le construit psychologique est structuré par les cinq phases séquentielles suivantes :

1. Clarification du problème d’activité (Probleemverheldering)

Cette composante explore la représentation que le patient se fait de ses restrictions fonctionnelles. À travers un entretien semi-directif standardisé, le clinicien aide le sujet à dépasser les plaintes purement symptomatiques (ex. : « j’ai mal au bas du dos ») pour accéder au niveau fonctionnel opératoire (ex. : « je ne parviens plus à soulever mon petit-fils de 12 kg depuis le sol sans déclencher une crise aiguë »). Cette démarche implique l’activation des processus de mémoire épisodique et d’auto-évaluation fonctionnelle.

2. Hiérarchisation et sélection des activités cibles (Selectie en prioritering)

L’individu est confronté à la nécessité d’ordonner ses restrictions selon leur valeur intrinsèque, leur urgence et leur impact sur sa qualité de vie. Ce processus mobilise la prise de décision fondée sur les valeurs (value-based decision making). Entre 3 et 5 activités sont formellement isolées pour constituer le panier d’items personnalisés du suivi thérapeutique.

3. Fixation collaborative d’objectifs (Doelen stellen)

Dimension ajoutée par Stevens (2017) par rapport à la PSK originale, cette phase opérationnalise l’engagement psychologique. L’objectif n’est pas simplement d’augmenter le score numérique global, mais de définir un contrat de comportement fonctionnel explicite selon les principes SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement défini). L’ancrage de la projection temporelle stimule les mécanismes motivationnels intrinsèques.

4. Co-construction du plan d’action thérapeutique (Behandelplan opstellen)

Cette étape intègre la perception de faisabilité par le patient. Le clinicien et le patient élaborent les stratégies thérapeutiques en reliant chaque exercice ou modalité d’intervention directement aux activités sélectionnées, ce qui renforce la pertinence perçue du traitement et consolide la relation thérapeutique.

5. Évaluation séquentielle de la capacité perçue (Evaluatie)

La mesure quantitative finale correspond à l’estimation chiffrée, par le patient, de sa capacité actuelle d’accomplissement pour chaque activité retenue, en utilisant l’ancrage positif standardisé (0 = totalement impossible, 10 = parfaitement possible sans problème). Cette composante reflète la perception actualisée de la maîtrise de la tâche, sensible à la fois aux gains musculaires/articulaires et à la réduction de la kinésiophobie.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture de la PSG s’appuie sur une convergence de plusieurs cadres conceptuels majeurs issus de la psychologie de la santé, des sciences de l’occupation et de la médecine fondée sur les preuves :

La Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF)

Développée par l’OMS en 2001, la CIF propose un modèle biopsychosocial unifié du fonctionnement humain. La PSG s’ancre délibérément aux niveaux des Activités (l’exécution d’une tâche ou d’une action par une personne) et de la Participation (l’implication d’une personne dans une situation de vie réelle). Elle évite l’écueil consistant à inférer arbitrairement une limitation d’activité à partir de la seule déficience anatomique ou structurelle (par exemple, postuler qu’une diminution d’amplitude articulaire de 15° de flexion du genou entraîne automatiquement une incapacité à descendre des escaliers).

La théorie de la fixation d’objectifs (Goal-Setting Theory)

Formulée par Locke et Latham (1990, 2002), cette théorie psychologique fondamentale démontre que l’assignation d’objectifs spécifiques, stimulants mais perçus comme atteignables, génère des niveaux de performance et d’autorégulation nettement supérieurs à des consignes vagues (telles que « faites de votre mieux »). Dans la PSG, l’étape formelle d’élaboration conjointe des objectifs mobilise quatre mécanismes psycho-comportementaux documentés :

  • La focalisation de l’attention : L’orientation des ressources cognitives et physiques du patient vers les activités ciblées.
  • La mobilisation de l’effort : Un investissement énergétique accru lors des séances d’entraînement fonctionnel.
  • La persistance : Le maintien des comportements de santé favorables malgré les fluctuations de la douleur.
  • Le développement de stratégies : La recherche active de solutions adaptatives par le patient pour surmonter les obstacles du quotidien.

La théorie de l’autodétermination (Self-Determination Theory)

Selon Deci et Ryan (2000), le maintien à long terme d’un comportement de santé repose sur la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux : le besoin d’autonomie, le besoin de compétence et le besoin d’affiliation sociale. La PSG nourrit directement :

  • L’autonomie : Le patient choisit souverainement les activités prioritaires de son traitement.
  • La compétence : L’échelle d’évaluation numérique positive (0-10) met en lumière les incréments de réussite et les compétences acquises plutôt que les déficits résiduels.
  • L’affiliation : La négociation partenariale du plan d’action crée une relation de coopération empathique avec le praticien.

Le modèle de salutogenèse

Proposé par Aaron Antonovsky, le modèle salutogénique postule que la santé découle de la capacité à comprendre, maîtriser et donner du sens aux situations de stress (le sens de la cohérence). En demandant « qu’êtes-vous capable de faire aujourd’hui et comment pouvons-nous accroître cette capacité ? » plutôt que « où avez-vous mal et qu’est-ce qui ne va pas ? », la PSG oriente l’appareil cognitif du patient vers les facteurs générateurs de santé fonctionnelle.

7. Validité / Validity

La validité métrologique de la PSG et de son modèle d’origine (la PSK / PSFS) a fait l’objet de nombreuses investigations dans le domaine des troubles musculosquelettiques (rachialgies cervicales et lombaires, pathologies de la coiffe des rotateurs, gonarthrose, coxarthrose) et de la réadaptation neurologique.

Validité de contenu et d’apparence (Face and Content Validity)

La validité de contenu de la PSG est intrinsèquement optimale compte tenu de sa nature individualisée : chaque item est généré directement par la personne concernée à partir de son écologie de vie. Des études qualitatives menées aux Pays-Bas lors du déploiement de la méthode (Stevens, 2017) ont documenté un consensus élevé parmi les cliniciens et les patients quant à l’adéquation parfaite de l’outil pour refléter les réelles entraves du quotidien, surpassant de manière significative les questionnaires standardisés génériques.

Validité de construit (convergente et discriminante)

La validité convergente de l’échelle d’évaluation de la capacité fonctionnelle spécifique a été confirmée par de fortes corrélations statistiques avec des instruments validés :

  • Corrélation avec les échelles d’incapacité régionale : Des corrélations de Pearson ou de Spearman modérées à fortes (r variant entre 0,60 et 0,78, p < 0,001) ont été établies entre les scores moyens d’activités de la PSG et des questionnaires de référence tels que l’Oswestry Disability Index (ODI) pour la lombalgie, le Neck Disability Index (NDI) pour la cervicalgie, et le DASH (Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand) pour les membres supérieurs.
  • Corrélation avec l’évaluation globale de la santé : Les analyses démontrent des corrélations modérées avec les sous-dimensions physiques du SF-36 ou de l’EQ-5D (r compris entre 0,45 et 0,62).
  • Validité discriminante : Les corrélations entre la PSG et des construits émotionnels non directement fonctionnels (tels que l’anxiété générale évaluée par la sous-échelle HADS-A) demeurent faibles (r < 0,30), prouvant que l’instrument capte spécifiquement la dimension de la capacité d’activité motrice sans se confondre avec la détresse affective globale.

Sensibilité au changement et réactivité (Responsiveness)

La réactivité de la PSG aux modifications de l’état clinique est un de ses atouts clinimétriques majeurs. La standardisation du calcul de la taille d’effet (Effect Size) et de la réponse moyenne standardisée (Standardized Response Mean, SRM) révèle des valeurs fréquemment supérieures à 1,00 (variant de 1,10 à 1,60 dans les prises en charge aiguës et subaiguës), ce qui surpasse régulièrement la sensibilité au changement d’instruments nomothétiques fixes comme le Roland-Morris Questionnaire. Le changement minimal cliniquement important (MCID / MIC) est couramment établi autour de 2,0 à 2,5 points sur l’échelle moyenne de 0 à 10.

8. Fidélité / Reliability

Bien que la PSG génère des items qualitatifs variables d’un patient à l’autre, la rigueur de sa procédure standardisée d’administration et la quantification numérique de ses ancrages assurent une excellente stabilité métrologique.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La fidélité test-retest, administrée à intervalle court (généralement 24 à 48 heures) chez des patients chroniques stables dont la symptomatologie ne subit pas de fluctuation majeure, affiche des coefficients de corrélation intraclasse (ICC, modèle à effets mixtes) très solides :

  • Score moyen des activités : L’ICC se situe régulièrement entre 0,82 et 0,92, témoignant d’une excellente reproductibilité relative de la mesure globale.
  • Scores des items individuels : Les coefficients ICC pour une activité donnée oscillent généralement entre 0,74 et 0,88.

Erreur de mesure et Détectabilité du changement

Les paramètres de fidélité absolue ont été méticuleusement quantifiés :

  • Erreur standard de mesure (SEM – Standard Error of Measurement) : Dans les cohortes de validation en soins primaires, la SEM oscille entre 0,70 et 1,10 point sur l’échelle de 0 à 10.
  • Changement minimal détectable (SDC / MDC à 95 %) : Le plus petit changement mesurable qui dépasse l’erreur de mesure aléatoire (MDC95% = 1,96 × √2 × SEM) se situe dans une fourchette de 1,8 à 2,4 points pour une activité isolée, et descend à environ 1,4 à 1,8 point lorsque l’on utilise la moyenne de 3 à 5 activités. Ainsi, un gain individuel supérieur ou égal à 2 points sur l’échelle globale de capacité peut être attribué avec certitude à un véritable progrès thérapeutique et non au bruit métrologique.

Fidélité inter-évaluateurs

L’uniformisation du protocole via le manuel de formation de Stevens (2017) garantit que différents cliniciens entraînés parviennent à des cotations hautement reproductibles lors d’un même entretien ou via des enregistrements vidéo d’anamnèse (ICC inter-examinateurs > 0,85), soulignant l’importance critique de la formation préalable requise pour administrer l’outil.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Sur le plan psychométrique traditionnel, l’analyse factorielle (qu’elle soit exploratoire ou confirmatoire) repose sur l’hypothèse nomothétique selon laquelle tous les sujets répondent à un même ensemble fixe de variables observables, régies par une matrice de covariance commune. La PSG relevant d’un paradigme de mesure individualisée centrée sur le patient, l’application directe des analyses factorielles classiques de type Pearson présente des particularités épistémologiques et statistiques strictes.

Modélisation clinimétrique versus psychométrique

D’un point de vue de théorie des tests, la PSG ne fonctionne pas comme une échelle de variables latentes réflectives (où chaque item serait une manifestation passive d’un trait latent unique sous-jacent, comme dans une échelle de dépression), mais plutôt comme un modèle formatif/clinimétrique. Les activités sélectionnées ne covarient pas nécessairement de manière mécanique entre elles : un patient peut éprouver des difficultés majeures à « passer l’aspirateur » tout en conservant une bonne capacité à « conduire sa voiture pendant 30 minutes ».

Analyses en théorie de réponse aux items (IRT) et modèles de Rasch

Des travaux méthodologiques appliqués à la famille des échelles personnalisées de type PSFS/PSK ont recouru à des approches de modélisation par la théorie de réponse aux items (Item Response Theory) et au modèle de Rasch en regroupant les activités choisies au sein de codes taxonomiques standardisés dérivés de la CIF :

  • Unidimensionnalité du construit d’exécution motrice : Lorsque les activités rapportées par les patients sont standardisées par domaines de mobilité de la CIF (chapitre d4 : mobilité), les analyses factorielles de résidus de Rasch confirment que l’instrument mesure bien une dimension sous-jacente prédominante de « capacité d’action physique perçue », la variance expliquée par la première dimension dépassant largement les critères standard de 50 à 60 %.
  • Indépendance locale : Les corrélations résiduelles entre items demeurent généralement faibles (< 0,20), confirmant l’absence de redondance fonctionnelle majeure lorsque le clinicien suit rigoureusement la consigne de retenir des activités de natures gestuelles distinctes.
  • Comportement des ancres d’échelle : L’analyse de l’utilisation des catégories de réponse numériques (0 à 10) démontre une monotonie ordinale exemplaire, sans inversion de seuils de transition (threshold disordering), validant empiriquement l’ancrage numérique unilatéral de 0 à 10 pour mesurer le continuum de la capacité.

10. Instrument de mesure / Instrument

La PSG n’est pas un simple questionnaire d’auto-évaluation passif à remettre en salle d’attente, mais un instrument structuré d’entretien clinique semi-dirigé et d’enregistrement séquentiel.

Caractéristiques formelles de l’instrument

  • Type d’évaluation : Entretien clinique semi-directif standardisé avec cotation quantitative par le patient (PROM individualisé hybride).
  • Mode d’administration : Co-administration guidée en face-à-face entre le clinicien et le patient.
  • Population cible : Adultes et personnes âgées présentant des limitations motrices d’origine musculosquelettique, orthopédique ou neurologique.
  • Temps d’administration : Environ 15 à 25 minutes lors du bilan initial complet (intégration dans l’examen kinésithérapique) ; 5 minutes lors des réévaluations d’étape ou de fin de traitement.
  • Nombre d’items : Variable, standardisé entre 3 et 5 activités fonctionnelles choisies par le patient.
  • Échelle de réponse : Échelle numérique (NRS) ordinale en 11 points, graduée de 0 à 10 avec bornes sémantiques explicites.

Format de cotation et calcul des scores

Pour chaque activité retenue :

  • Score individuel par activité : La valeur numérique choisie par le patient, comprise entre 0 et 10.
  • Score total composite de la PSG : La somme des scores de chaque activité divisée par le nombre total d’activités évaluées :
    Score global PSG = (Activité 1 + Activité 2 + ... + Activité n) / n
  • Interprétation du score :
    • 0 : Incapacité totale d’exécution (la personne ne peut en aucun cas réaliser l’activité).
    • 10 : Capacité optimale d’exécution sans aucune limitation ni symptôme perturbateur.
    • Sens du score : Plus le score est élevé, meilleur est le niveau de fonctionnement perçu de l’individu (ancrage positif).
    • Différence de score (Évolution) : Score post-traitement − Score initial. Un score positif traduit un progrès clinique avéré.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de formalisation : 2017 (évolution et refonte officielle de la PSK néerlandaise d’origine).
  • Auteur et Institution de recherche : Dr. Anita Stevens, Lectorat Autonomie en Participatie, Zuyd Hogeschool, Heerlen, Pays-Bas.
  • Statut des droits d’auteur : Les documents méthodologiques, formulaires d’explication, fiches d’évaluation et guides cliniques de la PSG sont la propriété intellectuelle de Zuyd Hogeschool et de leurs auteurs.
  • Conditions financières d’accès : L’accès aux formulaires indicatifs et aux guides d’implémentation mis en ligne sur le portail académique de Zuyd Hogeschool est généralement proposé à titre gratuit pour la recherche scientifique et la pratique clinique à visée non lucrative.
  • Exigence de formation (Scholing) : L’auteur stipule expressément qu’une formation certifiante spécifique (scholing) est indispensable pour appliquer la méthode conformément aux standards méthodologiques et garantir son intégrité clinique. L’instrument ne doit pas être utilisé comme un questionnaire isolé sans maîtrise des compétences communicationnelles associées au processus décisionnel partagé.
  • Site ressource officiel : Zuyd Hogeschool – Plateforme PSG.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études scientifiques associées à la méthode incluent :

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les éléments d’évaluation et formulaires officiels complets de la Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient (PSG) sont protégés par le droit d’auteur et régis par un cadre de formation clinique formalisé mis en œuvre par Zuyd Hogeschool. Ils ne sont pas reproduits in extenso sous forme de domaine public non régulé.

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Structure standardisée de l’inventaire clinique et des consignes administrées au patient

L’administration de la méthode s’effectue au travers du cheminement structuré suivant, guidé par le professionnel :

Phase 1 : Identification et clarification des limitations d’activité

Le clinicien formule à l’attention du patient la consigne d’exploration fonctionnelle suivante :

« Pouvez-vous m’indiquer quelles sont les activités de votre vie de tous les jours (dans votre domicile, votre travail, vos loisirs ou vos activités sportives) que vous ne pouvez plus réaliser actuellement, ou que vous réalisez avec de la difficulté, en raison de votre problème de santé ? »

Phase 2 : Sélection et priorisation des 3 à 5 activités principales

Le clinicien invite le patient à hiérarchiser ses activités pour retenir les plus pertinentes pour son traitement :

« Parmi toutes les activités que nous venons de relever ensemble, veuillez choisir les 3 à 5 activités qui sont les plus importantes pour vous et que vous souhaiteriez prioritairement voir s’améliorer au cours de notre accompagnement. »

  1. Activité fonctionnelle spécifique 1 : [Définie par le patient]
  2. Activité fonctionnelle spécifique 2 : [Définie par le patient]
  3. Activité fonctionnelle spécifique 3 : [Définie par le patient]
  4. Activité fonctionnelle spécifique 4 (facultative) : [Définie par le patient]
  5. Activité fonctionnelle spécifique 5 (facultative) : [Définie par le patient]

Phase 3 : Évaluation numérique de la capacité d’exécution perçue (Cotation à l’admission)

Pour chacune des activités sélectionnées ci-dessus, le clinicien présente l’échelle numérique graduée de 0 à 10 et pose la question d’estimation de capacité :

« Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure vous sentez-vous actuellement capable de réaliser cette activité ? »

Ancres de réponse standardisées (Échelle de possibilité d’exécution) :

0 = Totalement incapable d’exécuter l’activité
5 = Capacité moyenne / exécution partielle
10 = Parfaitement capable d’exécuter l’activité sans aucun problème
[ 0 ][ 1 ][ 2 ][ 3 ][ 4 ][ 5 ][ 6 ][ 7 ][ 8 ][ 9 ][ 10 ]

Phase 4 : Formulation de l’objectif fonctionnel ciblé

Pour chaque activité sélectionnée, clinicien et patient formalisent le contrat de progression :

« Quel score de capacité visez-vous pour cette activité d’ici [délai convenu, par ex. 6 semaines], et que souhaitez-vous être en mesure de faire concrètement ? »

  • Score cible visé (0-10) : [Note convenue]
  • Description qualitative de l’objectif SMART : [Critères précis d’intensité, de durée, de fréquence et de contexte]

Phase 5 : Réévaluation de suivi ou post-intervention

Lors de la séance d’évaluation intermédiaire ou terminale :

« En repensant à cette activité précise au cours des derniers jours, sur cette même échelle de 0 à 10, dans quelle mesure êtes-vous maintenant capable de la réaliser ? »

L’inventaire complet des grilles de suivi, les formulaires d’anamnèse officiels et le manuel d’instructions cliniques détaillées sont accessibles auprès du groupe de recherche Autonomie et Participation de Zuyd Hogeschool.

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/methode-de-fixation-d-objectifs-specifiques-au-patient/
Looti, Mohammed. “Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient.” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/methode-de-fixation-d-objectifs-specifiques-au-patient/.
Looti, Mohammed. “Méthode de fixation d’objectifs spécifiques au patient.” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/methode-de-fixation-d-objectifs-specifiques-au-patient/.