1. Résumé / Abstract
La Mesure du rétablissement en santé mentale (en anglais, Mental Health Recovery Measure ou MHRM), élaborée initialement par Sharon L. Young et Wesley A. Bullock (1999, 2003) à l’Université de Tolède, constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus reconnus et fondés sur l’expérience des personnes vivant avec un trouble psychiatrique sévère. Conçue pour opérationnaliser le paradigme contemporain du rétablissement en santé mentale en tant que processus personnel, multidimensionnel et non linéaire, la MHRM transcende la stricte rémission symptomatique clinique. L’échelle évalue la manière dont les individus reconstruisent une vie satisfaisante, pleine d’espoir et contributive, en dépit des limitations persistantes causées par des affections psychiatriques au long cours.
L’instrument comprend 30 items formulés à la première personne, administrés selon une échelle de réponse ordinale de type Likert en cinq points s’étendant de « Désaccord total » (Strongly Disagree) à « Accord total » (Strongly Agree), en passant par une modalité centrale « Pas certain / Indécis » (Not Sure). La structure conceptuelle et factorielle de la version originale met en évidence huit sous-échelles distinctes : Surmonter l’immobilisme (Overcoming Stuckness), Autonomisation / Pouvoir d’agir (Self-Empowerment), Apprentissage et redéfinition de soi (Learning and Self-Redefinition), Fonctionnement de base (Basic Functioning), Bien-être global (Overall Well-Being), Nouveaux potentiels (New Potentials), Défense des droits et enrichissement (Advocacy/Enrichment), et Spiritualité (Spirituality).
Sur le plan métrologique, la MHRM présente une consistance interne exceptionnelle pour le score total (coefficient alpha de Cronbach de 0,93), ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest (coefficients de corrélation r = 0,91 à un intervalle d’une et de deux semaines). Les indices de fidélité des sous-échelles oscillent entre 0,60 (pour le surmontement de l’immobilisme) et 0,89 (pour la spiritualité). Les investigations de validité démontrent de solides relations convergentes avec l’espoir, l’estime de soi, l’efficacité personnelle et la qualité de vie, ainsi qu’une corrélation négative avec la détresse psychologique et la symptomatologie psychiatrique active. La MHRM est ainsi un outil privilégié dans l’évaluation des programmes de réadaptation psychosociale et le soutien par les pairs.
2. Mots-clés / Keywords
Mesure du rétablissement en santé mentale, MHRM, rétablissement personnel, réadaptation psychosociale, pouvoir d’agir, autonomisation, psychométrie, psychiatrie communautaire, santé mentale, validation d’échelle, bien-être psychologique.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs du Département de psychologie de l’Université de Tolède (Ohio, États-Unis) :
- Sharon L. Young, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse, pionnière dans l’analyse qualitative et quantitative des récits de vie des personnes utilisatrices de services de santé mentale. Ses travaux fondateurs ont permis d’extraire les dimensions phénoménologiques du modèle du rétablissement.
- Wesley A. Bullock, Ph.D. : Professeur agrégé au Département de psychologie de l’Université de Tolède (Toledo, OH 43606-3390, États-Unis). Spécialiste de la psychologie clinique communautaire, des troubles psychiatriques sévères et de l’évaluation des interventions psychosociales. Contact institutionnel :
[email protected].
4. Objectif / Purpose
La genèse de la Mental Health Recovery Measure (MHRM) s’enracine dans un changement paradigmatique majeur survenu en psychiatrie à la fin du XXe siècle. Historiquement, l’évaluation de l’efficacité thérapeutique reposait presque exclusivement sur le modèle médical de la réduction des symptômes (échelles de psychopathologie générale comme la PANSS ou la BPRS) ou sur des mesures hétéro-évaluées de l’incapacité fonctionnelle (comme le GAF). Ces critères traditionnels ne tenaient pas compte de l’expérience subjective des personnes utilisatrices des services psychiatriques, qui revendiquaient la possibilité de vivre une existence digne, pleine de sens et intégrée dans la communauté, même en présence de fluctuations symptomatiques.
L’objectif premier de la MHRM est de combler cette lacune en fournissant un outil de mesure robuste, quantitatif et standardisé, conçu du point de vue de l’usager (« perspective à la première personne »). L’instrument mesure le degré auquel une personne s’engage activement dans son parcours de rétablissement personnel, développe des stratégies d’adaptation efficaces, reprend le contrôle de sa propre vie et transcende l’identité passive de « patient psychiatrique » chronique.
Applications cliniques et thérapeutiques
En pratique clinique et au sein des équipes de réhabilitation psychosociale, la MHRM remplit plusieurs rôles essentiels :
- Évaluation initiale des besoins et des forces : Identifier les ressources psychologiques, relationnelles et spirituelles déjà mobilisées par la personne, tout en mettant en lumière les domaines où un soutien accru est nécessaire (par exemple, le sentiment d’enlisement ou la gestion de la stigmatisation).
- Planification individualisée des soins : Faciliter le dialogue collaboratif entre l’usager et les professionnels de la santé mentale afin d’établir des objectifs de vie signifiants, alignés sur les priorités existentielles de la personne plutôt que sur de simples cibles pharmacologiques.
- Mesure longitudinale du progrès : Évaluer l’impact des approches de soutien par les pairs (peer support), des programmes d’entraînement aux compétences sociales, des interventions de remédiation cognitive et des approches orientées rétablissement.
Applications en recherche
Dans le domaine de la recherche translationnelle et évaluative, la MHRM permet de tester des modèles structuraux reliant les processus de rétablissement à des déterminants environnementaux (stigmatisation intériorisée, accès aux ressources communautaires, alliance thérapeutique) et individuels (résilience, sentiment d’auto-efficacité, métacognition). Elle sert également de critère de jugement principal dans les essais contrôlés randomisés évaluant des dispositifs innovants en santé mentale communautaire.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la MHRM est le rétablissement en santé mentale, conceptualisé non comme une guérison biologique ou une absence d’épisodes morbides, mais comme un parcours adaptatif continu, dynamique et multidimensionnel. La MHRM segmente ce métaconstruit en huit dimensions fondamentales interdépendantes :
1. Surmonter l’immobilisme (Overcoming Stuckness)
Cette dimension évalue la capacité de la personne à briser le sentiment d’impuissance acquise, de stagnation et de désespoir lié aux phases aiguës du trouble. Elle implique la reconnaissance que des jours difficiles peuvent survenir sans pour autant anéantir la trajectoire globale de progression, ainsi que la volonté active de travailler à son rétablissement (items 1 et 2).
2. Autonomisation / Pouvoir d’agir (Self-Empowerment)
Centrée sur le concept d’empowerment, cette sous-échelle mesure le rétablissement de l’agentivité. Elle sonde la confiance en ses propres capacités, la propension à prendre des risques positifs et calculés pour aller de l’avant, le sentiment de reprise de contrôle sur ses symptômes et sur l’ensemble de son existence, ainsi que l’aptitude à solliciter de l’aide de manière proactive (items 3, 4, 5, 6 et 7).
3. Apprentissage et redéfinition de soi (Learning and Self-Redefinition)
Cette composante explore la reconstruction identitaire au-delà du stigmate de la maladie mentale. L’individu réévalue sa valeur intrinsèque, développe une compréhension lucide et bienveillante de sa personnalité et aborde chaque journée comme une opportunité d’apprentissage et de maturation positive (items 9, 10, 11 et 12).
4. Fonctionnement de base (Basic Functioning)
Le rétablissement requiert un ancrage pragmatique dans le quotidien. Cette dimension quantifie la mise en œuvre de comportements favorables à la santé physique et mentale : maintien d’une alimentation nutritive, engagement régulier dans des activités récréatives agréables, structuration des contacts sociaux et rapport apaisé et responsable à la pharmacothérapie prescrite (items 8, 13, 14, 15 et 16).
5. Bien-être global (Overall Well-Being)
Ce domaine reflète les aspects affectifs et cognitifs du bien-être eudémonique et subjectif : présence d’une paix intérieure durable, sentiment positif à l’égard de soi-même, stabilité d’une humeur constructive sur plusieurs semaines consécutives, et sentiment de normalité dans le déroulement de la vie quotidienne (items 17, 18, 19, 20 et 21).
6. Nouveaux potentiels (New Potentials)
Cette dimension mesure l’optimisme prospectif, la projection temporelle dans l’avenir et l’accomplissement d’actes productifs au jour le jour. Elle apprécie la conviction que la qualité de vie future continuera de s’améliorer et la perception tangible de progresser vers l’atteinte de buts signifiants (items 22, 23 et 24).
7. Spiritualité (Spirituality)
La spiritualité ou la foi religieuse constitue souvent, pour les personnes confrontées à la souffrance psychique profonde, un ancrage de réconfort, de résilience et de transcendance. Cette échelle mesure l’apport de la vie spirituelle comme ressource directrice soutenant le processus de guérison et d’apaisement intérieur (items 25 et 26).
8. Défense des droits et enrichissement (Advocacy/Enrichment)
L’aboutissement du rétablissement se traduit fréquemment par un engagement social et citoyen. Cette sous-échelle saisit l’action de défense des droits des personnes vivant avec un problème de santé mentale, l’engagement dans des activités civiques ou professionnelles enrichissantes pour soi et autrui, la gestion active de la stigmatisation sociétale, ainsi que la détention de ressources matérielles suffisantes pour participer pleinement à la vie communautaire (items 27, 28, 29 et 30).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le socle théorique de la MHRM repose sur la convergence de trois courants majeurs de la psychologie contemporaine et des sciences sociales : le modèle du rétablissement expérientiel, la théorie socio-cognitive du sentiment d’efficacité personnelle et la psychologie humaniste et positive.
Le modèle du rétablissement issu des usagers (Consumer/Survivor Movement)
Au début des années 1990, des auteurs emblématiques tels que Patricia Deegan, William Anthony et Judi Chamberlin ont théorisé le rétablissement non pas comme une absence de symptômes, mais comme « une attitude, une façon d’aborder la journée et les défis qu’on y rencontre ». Selon Anthony (1993), le rétablissement est une transformation personnelle profonde de ses attitudes, valeurs, sentiments, buts et rôles sociaux. Young et Bullock (2003) ont traduit cette perspective phénoménologique en indicateurs opérationnels mesurables, en s’assurant que le langage de l’instrument reflète fidèlement le discours des personnes concernées plutôt que le jargon nosographique.
La théorie socio-cognitive et le pouvoir d’agir
La MHRM s’appuie explicitement sur la théorie de l’auto-efficacité d’Albert Bandura (1997). L’exercice du contrôle sur son existence, la conviction de pouvoir influencer le cours de ses difficultés et la prise de risques constructifs constituent des reflets directs de la croyance en son efficacité personnelle. Sans ce sentiment d’agentivité, l’individu demeure confiné dans la passivité institutionnelle. L’échelle opérationnalise l’autonomisation (empowerment) comme un processus progressif de reconquête de la souveraineté décisionnelle.
La psychologie humaniste et le bien-être eudémonique
En phase avec les conceptions de Carl Rogers sur le développement du potentiel humain et les modèles du bien-être psychologique de Carol Ryff, la MHRM postule que le fonctionnement humain optimal repose sur l’acceptation de soi, la croissance personnelle, le sens donné à sa trajectoire de vie, l’autonomie et les relations positives. L’accent mis sur la redéfinition identitaire (se percevoir comme une personne de valeur malgré la présence continue d’un trouble) incarne cette recherche d’actualisation de soi.
7. Validité / Validity
L’évaluation métrologique de la MHRM a fait l’objet de plusieurs vagues d’investigations empiriques menées auprès d’échantillons diversifiés d’adultes suivis dans des dispositifs de santé mentale communautaire et hospitalière.
Validité de contenu et d’apparence
La validité de contenu a été initialement établie au moyen de groupes de discussion (focus groups) et de consultations d’experts réunissant des personnes vivant avec des troubles psychiques sévères (schizophrénie, trouble bipolaire, dépression majeure récurrente), des pairs-aidants et des cliniciens. Ce processus participatif a garanti que les énoncés couvraient l’ensemble des dimensions signifiantes du rétablissement et employaient un vocabulaire respectueux, accessible et dénué de connotations péjoratives.
Validité convergente
Des corrélations statistiquement significatives et de magnitude modérée à élevée ont été démontrées entre le score total à la MHRM et divers instruments validés évaluant des concepts théoriquement apparentés :
- Espoir : Corrélations positives substantielles (r variant de 0,65 à 0,78) avec l’échelle d’espoir de Herth (Herth Hope Index) et la State/Trait Hope Scale de Snyder.
- Estime de soi : Forte association positive (r ≈ 0,70) avec l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg.
- Sentiment d’auto-efficacité : Corrélations élevées avec la General Self-Efficacy Scale de Schwarzer et Jerusalem (r = 0,68).
- Autonomisation : Association positive marquée avec l’échelle d’autonomisation de Boston (Empowerment Scale de Rogers et al., r = 0,72).
- Qualité de vie : Relations positives nettes avec les domaines psychologiques et sociaux de la WHOQOL-BREF et du Quality of Life Interview de Lehman.
Validité discriminante et divergente
La validité divergente a été confirmée par des corrélations négatives robustes avec des mesures de détresse psychologique et de psychopathologie :
- Corrélations négatives modérées à fortes (r variant de -0,50 à -0,68) avec le score d’inventaire de dépression de Beck (BDI-II).
- Corrélations négatives avec les sous-échelles d’anxiété et de détresse générale du Brief Symptom Inventory (BSI) et de la SCL-90-R.
- Corrélation négative marquée avec l’échelle de stigmatisation intériorisée de la maladie mentale (Internalized Stigma of Mental Illness, ISMI ; r = -0,64), attestant que les scores élevés de rétablissement sont incompatibles avec une forte adhésion aux stéréotypes négatifs sur les troubles mentaux.
Validité prédictive et sensibilité au changement
Des études longitudinales (notamment Bodine, 2013) ont démontré que les scores initiaux à la MHRM prédisent de manière significative l’intégration communautaire ultérieure, la réduction des réhospitalisations psychiatriques non consenties et l’adhésion thérapeutique collaborative. De surcroît, l’instrument démontre une excellente sensibilité au changement à la suite d’interventions orientées vers le rétablissement (telles que le programme Wellness Recovery Action Plan – WRAP).
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de cohérence interne et de stabilité temporelle de la MHRM ont été documentées lors des études de standardisation de Young et Bullock (2003) et confirmées dans des travaux indépendants ultérieurs.
Consistance interne
Pour le score global (30 items), le coefficient alpha de Cronbach atteint 0,93, ce qui témoigne d’une homogénéité interne remarquable sans redondance excessive des items. Les coefficients alpha calculés pour chacune des huit sous-échelles se répartissent comme suit :
- Surmonter l’immobilisme (Overcoming Stuckness) : α = 0,60
- Autonomisation / Pouvoir d’agir (Self-Empowerment) : α = 0,82
- Apprentissage et redéfinition de soi (Learning and Self-Redefinition) : α = 0,79
- Fonctionnement de base (Basic Functioning) : α = 0,62
- Bien-être global (Overall Well-Being) : α = 0,86
- Nouveaux potentiels (New Potentials) : α = 0,62
- Défense des droits et enrichissement (Advocacy/Enrichment) : α = 0,66
- Spiritualité (Spirituality) : α = 0,89
Si la plupart des sous-échelles présentent une très bonne fidélité (α ≥ 0,79 à 0,89), quelques dimensions composées d’un nombre restreint d’items (notamment le surmontement de l’immobilisme et les nouveaux potentiels) affichent des coefficients plus modérés (α ≈ 0,60 – 0,62), justifiant l’utilisation prioritaire du score global ou de regroupements factoriels d’ordre supérieur dans les contextes d’évaluation clinique individuelle.
Fidélité test-retest
La reproductibilité temporelle de la MHRM a été évaluée auprès de sous-échantillons de personnes cliniquement stables :
- À un intervalle de 1 semaine, le coefficient de corrélation test-retest de Pearson s’élève à r = 0,91.
- À un intervalle de 2 semaines, le coefficient demeure remarquablement stable à r = 0,91.
Ces résultats attestent d’une excellente stabilité métrologique à court terme, confirmant que l’outil mesure des traits et attitudes relativement stables plutôt que de simples fluctuations thymiques passagères.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de la MHRM a été explorée à travers des analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans divers contextes culturels et linguistiques.
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors des travaux initiaux de Young et Bullock (1999, 2003), les analyses en composantes principales assorties de rotations obliques (Promax) ont mis en lumière huit facteurs de premier ordre possédant des valeurs propres supérieures à 1,0 (critère de Kaiser). Les saturations factorielles de chaque item sur son facteur désigné variaient majoritairement entre 0,45 et 0,85. L’inter-corrélation substantielle entre ces huit facteurs a conduit à postuler l’existence d’un facteur général sous-jacent de second ordre, soutenant la pertinence du calcul d’un score total de rétablissement.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et Modèles Alternatifs
Dans la thèse de validation clinique de Megan N. Bodine (2013) ainsi que dans d’autres réplications internationales (versions espagnole, japonaise et italienne), différents modèles factoriels concurrents ont été comparés à l’aide d’équations structurelles :
- Modèle unidimensionnel : Ce modèle présente des indices d’adéquation médiocres (RMSEA > 0,08 ; CFI < 0,85), confirmant le caractère intrinsèquement multidimensionnel du construit.
- Modèle corrélé à 8 facteurs : Reproduit fidèlement la structure théorique originale de Young et Bullock avec des indices d’ajustement satisfaisants (RMSEA ≈ 0,05-0,06 ; CFI > 0,90 ; TLI > 0,89).
- Modèle hiérarchique de second ordre : Dans ce modèle, les huit facteurs de premier ordre chargent sur un facteur global unique de « Rétablissement en santé mentale », offrant un compromis idéal entre parsimonie théorique et adéquation statistique aux données empiriques.
- Modèles abrégés à 3 ou 4 facteurs : Certaines équipes ont proposé des structures simplifiées regroupant (1) l’auto-définition et le bien-être émotionnel, (2) l’autonomie et les relations sociales, et (3) la spiritualité et l’engagement civique. Toutefois, la version canonique à 8 sous-échelles demeure la plus largement employée pour la richesse de son profil clinique.
10. Instrument de mesure / Instrument
La MHRM est un auto-questionnaire standardisé structuré comme suit :
- Type d’évaluation : Auto-évaluation (auto-questionnaire administré individuellement sur support papier ou sous format numérique/en ligne). Une passation assistée par un clinicien ou un pair-aidant est envisageable en cas de difficultés de lecture ou d’attention.
- Population cible : Adultes (18 ans et plus) vivant avec des troubles psychiques sévères ou persistants (schizophrénie, troubles schizo-affectifs, troubles de l’humeur bipolaires ou unipolaires majeurs, troubles sévères de la personnalité).
- Nombre d’items : 30 items.
- Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 5 points comprenant les ancres suivantes :
- SD = Fortement en désaccord (Strongly Disagree) — coté 0 ou 1 selon le protocole de cotation retenu
- D = En désaccord (Disagree)
- NS = Pas certain / Indécis (Not Sure)
- A = D’accord (Agree)
- SA = Fortement d’accord (Strongly Agree)
- Modalités de cotation standard :
- Dans le barème usuel (0 à 4) : Strongly Disagree = 0, Disagree = 1, Not Sure = 2, Agree = 3, Strongly Agree = 4. Les items sont tous orientés positivement ; aucune inversion de score n’est requise.
- Le Score total s’échelonne ainsi de 0 à 120 (ou de 30 à 150 si la cotation 1 à 5 est employée). Plus le score cumulé est élevé, plus le niveau global de rétablissement personnel auto-perçu est important.
- Des scores sous-dimensionnels peuvent être obtenus par addition des items respectifs ou par calcul de moyennes item par dimension afin de dresser un profil des forces et des besoins de l’individu.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 1999 (version préliminaire) ; 2003 (formalisation psychométrique et présentation à l’APA).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par Sharon L. Young et Wesley A. Bullock, Ph.D., Department of Psychology, University of Toledo.
- Conditions d’utilisation et tarification : L’instrument a été mis à disposition dans le domaine public à des fins cliniques, de recherche et d’enseignement à titre gratuit. Les auteurs encouragent la diffusion libre du questionnaire pour soutenir l’évolution des pratiques en santé mentale communautaire.
- Autorisation : Aucune redevance commerciale n’est exigée pour les chercheurs ou les institutions publiques à but non lucratif. Toute utilisation à grande échelle, traduction officielle ou intégration dans des logiciels commerciaux requiert néanmoins la prise de contact préalable avec les auteurs via le Département de psychologie de l’Université de Tolède (contact :
[email protected]). - Ressource documentaire : Le document officiel de présentation et le protocole de cotation sont téléchargeables auprès du National Empowerment Center (https://www.power2u.org/downloads/pn-55.pdf).
12. Références / References
Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à la MHRM sont présentées ci-dessous en style APA (7e édition) :
- Anthony, W. A. (1993). Recovery from mental illness: The guiding vision of the mental health service system in the 1990s. Psychosocial Rehabilitation Journal, 16(4), 11–23. https://doi.org/10.1037/h0095655
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman.
- Bodine, M. N. (2013). Validation of the Mental Health Recovery Measure as a clinical assessment (Publication No. 27) [Master’s thesis, University of Toledo]. Theses and Dissertations at University of Toledo Digital Repository. http://utdr.utoledo.edu/theses-dissertations/27
- Bullock, W. A., & Young, S. L. (2003, August). The Mental Health Recovery Measure (MHRM) [Paper presentation]. 111th Annual Convention of the American Psychological Association, Toronto, ON, Canada.
- Deegan, P. E. (1988). Recovery: The lived experience of rehabilitation. Psychosocial Rehabilitation Journal, 11(4), 11–19. https://doi.org/10.1037/h0099565
- Rogers, E. S., Chamberlin, J., Ellison, M. L., & Crean, T. (1997). A consumer-constructed scale to measure empowerment among users of mental health services. Psychiatric Services, 48(8), 1042–1047. https://doi.org/10.1176/ps.48.8.1042
- Young, S. L., & Bullock, W. A. (1999). The Mental Health Recovery Measure. University of Toledo, Department of Psychology, Toledo, OH.
- Young, S. L., & Bullock, W. A. (2003). The Mental Health Recovery Measure (Research Monograph #918). Department of Psychology, University of Toledo, Toledo, OH.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
SD = Strongly Disagree | D = Disagree | NS = Not Sure | A = Agree | SA = Strongly Agree
- I work hard towards my mental health recovery.
- Even though there are hard days, things are improving for me.
- I ask for help when I am not feeling well.
- I take risks to move forward with my recovery.
- I believe in myself.
- I have control over my mental health problems.
- I am in control of my life.
- I socialize and make friends.
- Every day is a new opportunity for learning.
- I still grow and change in positive ways despite my mental health problems.
- Even though I may still have problems, I value myself as a person of worth.
- I understand myself and have a good sense of who I am.
- I eat nutritious meals every day.
- I go out and participate in enjoyable activities every week.
- I make the effort to get to know other people.
- I am comfortable with my use of prescribed medications.
- I feel good about myself.
- The way I think about things helps me to achieve my goals.
- My life is pretty normal.
- I feel at peace with myself.
- I maintain a positive attitude for weeks at a time.
- My quality of life will get better in the future.
- Every day that I get up, I do something productive.
- I am making progress towards my goals.
- When I am feeling low, my religious faith or spirituality helps me feel better.
- My religious faith or spirituality supports my recovery.
- I advocate for the rights of myself and others with mental health problems.
- I engage in work or other activities that enrich myself and the world around me.
- I cope effectively with stigma associated with having a mental health problem.
- I have enough money to spend on extra things or activities that enrich my life.