Mesure de l’inhibition comportementale chez l’adulte (AMBI)

L’Échelle de mesure de l’inhibition comportementale chez l’adulte (AMBI), développée par Gemma Gladstone et Gordon Parker en 2005, évalue le tempérament inhibé à travers 16 items et 4 sous-échelles. Découvrez ses propriétés psychométriques, son cadre théorique et son utilité clinique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de mesure de l’inhibition comportementale chez l’adulte (Adult Measure of Behavioural Inhibition, AMBI) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé par Gemma L. Gladstone et Gordon B. Parker en 2005 au sein du Black Dog Institute et de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Conçue pour évaluer les manifestations contemporaines du tempérament inhibé à l’âge adulte, l’AMBI s’inspire directement des travaux pionniers de Jerome Kagan sur l’inhibition comportementale infantile face à la nouveauté. L’échelle est composée de 16 items évaluant les réactions cognitives, affectives, physiologiques et comportementales d’un individu lorsqu’il est confronté à des environnements sociaux ou physiques non familiers, ainsi que des tendances générales de retrait social et d’aversion au risque.

Les analyses factorielles révèlent une structure multidimensionnelle stable articulée autour de quatre sous-échelles cliniquement pertinentes : l’inhibition craintive (fearful inhibition), la non-approche (non-approach), la faible sociabilité (low sociability) et l’évitement du risque (risk avoidance). Les réponses sont enregistrées sur une échelle ordinale à trois points (0 = « non / presque jamais », 1 = « parfois », 2 = « oui / la plupart du temps »). Sur le plan psychométrique, l’AMBI démontre une excellente cohérence interne, avec un coefficient alpha de Cronbach global variant entre 0,80 et 0,86 selon les cohortes cliniques et non cliniques, ainsi qu’une stabilité temporelle robuste (fidélité test-retest). Sa validité convergente et discriminante est solidement établie par des corrélations positives significatives avec l’échelle BIS/BAS de Carver et White, le névrosisme, les mesures d’anxiété sociale (telles que la Liebowitz Social Anxiety Scale) et des antécédents rétrospectifs d’inhibition dans l’enfance mesurés par l’instrument complémentaire, le RMBI (Retrospective Measure of Behavioral Inhibition). Cet outil est aujourd’hui indispensable pour identifier les phénotypes tempéramentaux de vulnérabilité aux troubles anxieux et à la dépression majeure.

2. Mots-clés / Keywords

Inhibition comportementale, AMBI, tempérament, anxiété sociale, vulnérabilité dépressive, Black Dog Institute, psychométrie, évitement du risque, timidité, système d’inhibition comportementale.

3. Auteurs / Authors

L’échelle AMBI a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de renommée internationale en psychiatrie et psychologie clinique :

  • Gemma L. Gladstone, Ph.D. — Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée à la School of Psychiatry de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) et au Black Dog Institute, Sydney, Australie. Ses travaux portent principalement sur les styles tempéramentaux, la thérapie des schémas et l’étiologie cognitive des troubles de l’humeur.
  • Gordon B. Parker, AO, MBBS, MD, PhD, DSc, FRANZCP — Scientifique émérite, professeur titulaire de psychiatrie à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud et fondateur du Black Dog Institute à Sydney, Australie. Figure majeure de la recherche internationale sur la classification et le traitement des troubles affectifs (dépression unipolaire, trouble bipolaire et mélancolie).
  • Collaborateurs réguliers sur les programmes de validation clinique : Philip B. Mitchell, Kay A. Wilhelm et G. S. Malhi, cliniciens et universitaires spécialisés dans les troubles anxio-dépressifs et la génétique psychiatrique à Sydney, Australie.

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier de la Mesure de l’inhibition comportementale chez l’adulte (AMBI) est d’opérationnaliser et de quantifier, au moyen d’un outil d’évaluation auto-rapporté bref et rigoureux, l’expression contemporaine du tempérament inhibé chez les individus adultes. Historiquement, le concept d’inhibition comportementale (Behavioral Inhibition) a été circonscrit à l’enfance par Jerome Kagan et ses collègues, qui l’ont défini comme une tendance constitutionnelle à manifester de la retenue, de la méfiance, de la détresse affective et un retrait physiologique marqué lorsqu’un enfant est confronté à des stimuli, des personnes ou des situations non familiers. Alors que de nombreuses études longitudinales ont démontré la persistance relative de ce profil jusqu’à l’adolescence, il existait un déficit méthodologique manifeste concernant des instruments standardisés permettant de mesurer la persistance de cette vulnérabilité tempéramentale à l’âge adulte sous sa forme active.

D’un point de vue clinique, l’AMBI a été développée pour combler cette lacune en offrant aux praticiens un outil diagnostique capable d’isoler un facteur de risque prémorbide majeur. Le tempérament inhibé est un précurseur étiologique bien documenté du développement des troubles du spectre de l’anxiété (en particulier le trouble anxiété sociale ou phobie sociale, l’agoraphobie et le trouble panique) et de la dépression majeure unipolaire. L’utilisation de l’AMBI permet aux cliniciens de différencier les symptômes passagers d’un épisode anxieux ou dépressif d’un trait sous-jacent stable de réactivité comportementale et neurovégétative. Cela permet d’adapter les interventions psychothérapeutiques (notamment les thérapies comportementales et cognitives axées sur l’exposition et la restructuration de l’évitement comportemental).

Dans le domaine de la recherche, l’AMBI remplit une fonction essentielle d’évaluation phénotypique au sein des protocoles de génétique comportementale, de neuro-imagerie fonctionnelle et d’épidémiologie psychiatrique. Elle permet de disséquer comment des interactions gènes-environnement façonnent le cours de vie des personnes inhibées. Utilisée fréquemment conjointement avec la Retrospective Measure of Behavioural Inhibition (RMBI), elle permet aux chercheurs de modéliser des trajectoires développementales complètes, en distinguant la stabilité temporelle continue de l’inhibition depuis l’enfance des mécanismes de compensation ou de résilience acquis au fil de la vie adulte.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’AMBI est l’inhibition comportementale adulte, un trait tempéramental stable caractérisé par une hyperréactivité aux stimuli nouveaux, ambigus ou sociaux, se traduisant par une retenue motrice, une appréhension cognitive et une activation autonome. Contrairement aux simples mesures de timidité ou d’introversion issues du modèle à cinq facteurs (Big Five), l’inhibition comportementale implique une composante neurobiologique spécifique de peur et de prudence défensive. Les analyses psychométriques conduites par Gladstone et Parker (2005) ont démontré que ce construit se structure en quatre dimensions interconnectées :

Inhibition craintive (Fearful Inhibition)

Cette composante capture la composante somatique, autonome et affective de l’inhibition en contexte de nouveauté. Elle reflète l’activation du système nerveux sympathique face à l’inconnu, se manifestant par des symptômes physiologiques (palpitations, transpiration, sensation de nœud à l’estomac) et un sentiment diffus d’insécurité ou de malaise interne. Par exemple, un individu présentant un score élevé sur cette dimension ressentira une hypervigilance aiguë et une maladresse marquée lorsqu’une personne étrangère s’approche de lui (illustré par les items 1, 2 et 8). Cette dimension est la plus étroitement liée à l’anxiété sociale phobique et à la sensibilité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien.

Non-approche (Non-Approach)

La non-approche désigne l’inhibition motrice et conversationnelle directe. Face à des personnes inconnues ou à une situation de groupe non familière, l’individu inhibé freine spontanément ses impulsions d’exploration et de contact. Il reste silencieux, se tient à l’écart et adopte une posture d’observateur passif plutôt que d’engager activement l’échange. Cette dimension évalue la tendance à maintenir une distance physique, à rester en retrait et à dépendre de figures d’attachement familières déjà présentes (items 3, 5, 7, 10 et 11). Elle se distingue d’un rejet de l’autre : l’individu souhaite potentiellement le contact, mais une force d’inhibition comportementale entrave son passage à l’action.

Faible sociabilité (Low Sociability)

Cette sous-échelle reflète une préférence intrinsèque pour les contextes solitaires ou restreints, non seulement dans les contextes inédits, mais de façon générale dans la vie quotidienne. Elle capture le penchant pour des activités individuelles plutôt que des rassemblements collectifs d’envergure (items 12, 13, 14 et 15). Alors que les dimensions d’inhibition craintive et de non-approche sont dépendantes de la nouveauté situationnelle, la faible sociabilité constitue un profil de préférence dispositionnelle qui modère l’intensité de l’engagement social global de l’individu.

Évitement du risque (Risk Avoidance)

L’évitement du risque représente l’aversion pour les stimuli physiquement stimulants, imprévisibles ou comportant un danger potentiel. Cette dimension traduit un faible besoin de recherche de sensations (sensation seeking) et une répulsion envers les activités de loisirs aventureuses ou imprévues (item 16). Sur le plan neurobiologique, cette dimension est en congruence avec les théories de la prudence défensive et de la minimisation active des aléas environnementaux.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique soutenant l’AMBI repose sur l’intégration de trois paradigmes fondamentaux : la théorie développementale du tempérament de Jerome Kagan, la théorie de la sensibilité au renforcement (Reinforcement Sensitivity Theory, RST) de Jeffrey Gray, et les modèles neurobiologiques des circuits de la peur centrés sur l’amygdale.

Le modèle développemental de Jerome Kagan

À partir de la fin des années 1980, Kagan et ses collègues de Harvard ont identifié chez les nourrissons de 4 mois deux phénotypes distincts de réactivité : les nourrissons hautement réactifs (qui pleurent vigoureusement et présentent une activité motrice excessive face à des odeurs, sons ou objets visuels nouveaux) et les nourrissons peu réactifs. Suivis longitudinalement, environ un tiers des nourrissons hautement réactifs ont conservé un profil d’inhibition comportementale tout au long de l’enfance : silence face aux pairs inconnus, refuge auprès de la mère, évitement du risque et hyperréactivité cardiaque. Gladstone et Parker ont postulé que bien que les adultes apprennent des compétences sociales d’adaptation, les fondations constitutionnelles de cette réactivité ne disparaissent pas entièrement et réapparaissent sous forme de réflexes de méfiance, d’évitement et de somatisation anxieuse.

La théorie de la sensibilité au renforcement (RST) de Jeffrey Gray

L’AMBI s’articule directement avec le modèle neuropsychologique de Jeffrey A. Gray et Neil McNaughton. Selon ce modèle, le comportement humain est régulé par trois systèmes fondamentaux : le système d’approche comportementale (BAS), le système de combat-fuite-immobilisation (FFFS), et le système d’inhibition comportementale (Behavioral Inhibition System, BIS). Le BIS est spécifiquement activé en présence de stimuli de conflit d’objectifs (par exemple, le désir d’approcher un pair couplé à la peur d’être rejeté). L’activation du BIS interrompt le comportement en cours, augmente le niveau de vigilance sensorielle, stimule l’évaluation du risque et inhibe l’approche motrice. L’AMBI mesure précisément l’expression phénoménologique d’une hyperactivité chronique du BIS à l’âge adulte.

Substrats neurobiologiques

Les recherches en neuro-imagerie (notamment celles de Schwartz et al., 2003) ont démontré que les adultes identifiés comme inhibés dans leur petite enfance présentent une réponse bilatérale accrue de l’amygdale lors de la présentation de visages inconnus par rapport à des visages familiers. Cette hyperexcitabilité du complexe amygdalien, associée à une connectivité altérée avec le cortex préfrontal ventromédian, génère une réponse autonome exagérée (tonus sympathique élevé, diminution de la variabilité de la fréquence cardiaque). L’AMBI traduit ces mécanismes neurobiologiques sous forme d’indicateurs comportementaux et émotionnels observables.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’AMBI a été rigoureusement établie dans l’étude initiale princeps de Gladstone et Parker (2005) ainsi que dans plusieurs cohortes cliniques, épidémiologiques et d’études gémellaires subséquentes.

Validité de construit et convergente

La validité convergente de l’AMBI a été confirmée par l’observation de corrélations statistiques robustes avec des instruments théoriquement proches :

  • Sensibilité au renforcement : Une corrélation positive très significative a été démontrée entre le score total de l’AMBI et la sous-échelle BIS de Carver et White ($r = 0{,}55$ à $0{,}65$, $p < 0{,}001$), confirmant que l'AMBI indexe bien le système neurocomportemental d'inhibition.
  • Dimensions de la personnalité : Sur l’inventaire de personnalité d’Eysenck (EPQ), l’AMBI est corrélée positivement de manière marquée avec le névrosisme ($r \approx 0{,}45$ à $0{,}52$) et négativement avec l’extraversion ($r \approx -0{,}50$ à $-0{,}62$).
  • Anxiété sociale : Des corrélations élevées ($r > 0{,}60$) ont été documentées avec les mesures de phobie sociale (Social Phobia Inventory – SPIN, et Liebowitz Social Anxiety Scale – LSAS), attestant de la proximité fonctionnelle entre l’inhibition adulte et l’angoisse d’évaluation sociale.
  • Continuité temporelle : L’AMBI corrèle fortement avec le RMBI ($r = 0{,}60$ à $0{,}68$), confirmant la continuité phénotypique entre le comportement rétrospectif dans l’enfance et le fonctionnement adulte contemporain.

Validité discriminante

L’AMBI se distingue nettement des mesures de dépression pure sans composante d’inhibition. Bien que les individus inhibés soient plus à risque de dépression, l’inhibition comportementale reste discernable des symptômes végétatifs de la mélancolie ou de l’anhédonie primaire. De même, l’analyse multivariée démontre que l’AMBI n’est pas un simple reflet inversé de l’extraversion, car elle intègre une charge spécifique d’appréhension et d’activation autonome face au danger potentiel que l’introversion simple ne capture pas.

Validité prédictive et clinique

Dans une cohorte clinique de patients souffrant de troubles de l’humeur et anxieux (Gladstone et al., 2006), des scores élevés à l’AMBI prédisaient significativement la comorbidité avec les troubles anxieux sur l’ensemble de la vie (lifetime anxiety disorders), en particulier la phobie sociale et le trouble panique. Par ailleurs, des études menées auprès de jumeaux adultes (Gladstone, Parker, & Nguyen, 2006) ont révélé que l’héritabilité de l’inhibition mesurée par l’AMBI s’élève à environ 40-50 %, les facteurs environnementaux non partagés expliquant le reste de la variance, ce qui corrobore la nature tempéramentale et biologique fondamentale du construit.

8. Fidélité / Reliability

Les indices de fidélité de l’AMBI ont été documentés dans diverses études internationales, démontrant une excellente consistance interne et une stabilité temporelle satisfaisante.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon initial de standardisation (Gladstone & Parker, 2005) comprenant à la fois des volontaires non cliniques et des patients ambulatoires, le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 16 items de l’échelle totale de l’AMBI s’est établi à :

  • Score total AMBI : $\alpha = 0{,}84$ dans l’échantillon de dérivation, oscillant entre $0{,}81$ et $0{,}86$ dans les réplications cliniques ultérieures.
  • Inhibition craintive : $\alpha$ variant de $0{,}75$ à $0{,}82$.
  • Non-approche : $\alpha$ variant de $0{,}70$ à $0{,}76$.
  • Faible sociabilité : $\alpha$ compris entre $0{,}68$ et $0{,}74$.
  • Évitement du risque : La sous-échelle de l’évitement du risque, composée d’un nombre restreint d’items, présente des coefficients légèrement inférieurs mais adéquats pour une sous-dimension spécifique ($\alpha \approx 0{,}62$ à $0{,}68$).

Fidélité test-retest

L’évaluation de la stabilité temporelle sur un intervalle de plusieurs semaines à plusieurs mois a mis en évidence un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) supérieur à $0{,}80$ ($r = 0{,}82$, $p < 0{,}001$), démontrant que l'outil évalue un trait tempéramentale structurellement stable chez l'adulte et non une simple fluctuation d'humeur dépendante de l'état (state-dependent artifact).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de l’AMBI a été analysée de façon rigoureuse par Gladstone et Parker par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale d’élaboration, une analyse en composantes principales avec rotation oblimin directe (tenant compte de la corrélation attendue entre les dimensions du tempérament) a été effectuée sur l’ensemble des items candidats. Les critères de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1) et l’examen du diagramme de Cattell (scree plot) ont convergé vers une solution à quatre facteurs distincts, expliquant cumulativement environ 48 % à 53 % de la variance totale :

  • Facteur 1 (Non-approche) : Expliquant la part la plus substantielle de variance. Les items 3, 5, 7, 10 et 11 saturent fortement sur ce facteur (saturations factorielles allant de $0{,}51$ à $0{,}77$).
  • Facteur 2 (Inhibition craintive) : Regroupe les items indexant la réponse autonome et l’anxiété immédiate (items 1, 2, 8), avec des saturations oscillant entre $0{,}54$ et $0{,}76$.
  • Facteur 3 (Faible sociabilité) : Composé des items évaluant le retrait des foules et la préférence pour la solitude (items 12, 13 inversé, 14, 15 inversé), avec des saturations factorielles comprises entre $0{,}48$ et $0{,}72$.
  • Facteur 4 (Évitement du risque) : Porté notamment par l’item 16 (inversé) et contribuant à la discrimination des conduites d’aventure et de recherche d’émotions ($> 0{,}60$).
  • Items d’approche sociale (items 4, 6, 9 inversés) : Saturent de manière croisée mais préférentielle sur l’axe de non-approche/sociabilité avec des coefficients négatifs nets avant recodage.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations par équations structurelles ont ultérieurement testé plusieurs modèles concurrents : un modèle unidimensionnel (tous les items sur un facteur unique), un modèle orthogonal à quatre facteurs, et un modèle hiérarchique de second ordre (où les quatre facteurs de premier ordre sont sous-tendus par un méta-facteur général d’inhibition comportementale). Le modèle hiérarchique et le modèle à quatre facteurs corrélés ont présenté les meilleurs indices d’ajustement :

  • $chi^2 / mathrm{ddl} < 2{,}5$
  • CFI (Comparative Fit Index) $> 0{,}92$
  • TLI (Tucker-Lewis Index) $> 0{,}90$
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) $\approx 0{,}055$ (IC 90 % : $0{,}045 – 0{,}065$)

Ces données confirment l’adéquation psychométrique de l’utilisation conjointe d’un score total global et de sous-scores dimensionnels distincts.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom du test : Échelle de mesure de l’inhibition comportementale chez l’adulte (Adult Measure of Behavioural Inhibition — AMBI).
  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory).
  • Nombre total d’items : 16 items.
  • Format de réponse : Échelle ordinale en 3 points :
    • 0 = « non / presque jamais » (no/hardly ever)
    • 1 = « parfois » (some of the time)
    • 2 = « oui / la plupart du temps » (yes/most of the time)
  • Structure des items :
    • Items 1 à 11 : Comportements en situation nouvelle ou non familière.
    • Items 12 à 16 : Préférences générales dans la vie courante.
  • Cotation et inversion des items :
    • Les items libellés de façon positive (indiquant une approche, une sociabilité ou une prise de risque) doivent être inversés avant le calcul des scores : Items 4, 6, 9, 13, 15 et 16. Pour ces items : $0 \rightarrow 2$, $1 \rightarrow 1$, $2 \rightarrow 0$.
    • Les items 1, 2, 3, 5, 7, 8, 10, 11, 12 et 14 conservent leur cotation directe ($0 = 0$, $1 = 1$, $2 = 2$).
  • Calcul du score total : Le score total s’obtient par la somme de tous les items après inversion des items requis. Il s’échelonne de 0 à 32. Un score élevé reflète un degré élevé d’inhibition comportementale contemporaine.
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2005.
  • Droits d’auteur et propriété : Détenus par Gemma L. Gladstone, Gordon B. Parker et les éditeurs originaux (Elsevier / Psychiatry Research). Outil affilié au Black Dog Institute (Sydney, Australie).
  • Conditions d’utilisation et tarifs : L’AMBI est mise gratuitement à la disposition des chercheurs, cliniciens et universitaires pour des usages non commerciaux, de recherche clinique et d’enseignement académique. Les praticiens peuvent administrer l’instrument sans paiement de redevance, à condition de citer adéquatement l’article original de validation (Gladstone & Parker, 2005).
  • Licence commerciale : Toute intégration dans une plateforme logicielle commerciale, application propriétaire ou essai parrainé par l’industrie nécessite l’accord explicite préalable des auteurs ou du Black Dog Institute.

12. Références / References

  • Carver, C. S., & White, T. L. (1994). Behavioral inhibition, behavioral activation, and affective responses to impending reward and punishment: The BIS/BAS Scales. Journal of Personality and Social Psychology, 67(2), 319–333. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.2.319
  • Gladstone, G., & Parker, G. (2005). Measuring a behaviourally inhibited temperament style: Development and initial validation of new self-report measures. Psychiatry Research, 135(2), 133–143. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2005.03.005
  • Gladstone, G. L., Parker, G. B., Mitchell, P. B., Wilhelm, K. A., & Malhi, G. S. (2006). Relationship between self-reported childhood behavioural inhibition and lifetime anxiety disorders in a clinical sample. Depression and Anxiety, 23(7), 411–419. https://doi.org/10.1002/da.20194
  • Gladstone, G. L., Parker, G. B., & Nguyen, T.-V. (2006). Retrospective and contemporary behavioral inhibition in adult twins: Genetic and environmental influences. Journal of Anxiety Disorders, 20(7), 903–918. https://doi.org/10.1016/j.janxdis.2005.11.002
  • Gladstone, G. L., & Parker, G. B. (2006). Is behavioral inhibition a risk factor for depression? Journal of Affective Disorders, 95(1–3), 85–94. https://doi.org/10.1016/j.jad.2006.04.015
  • Gray, J. A., & McNaughton, N. (2000). The neuropsychology of anxiety: An enquiry into the functions of the septo-hippocampal system (2nd ed.). Oxford University Press.
  • Kagan, J., Reznick, J. S., Clarke, C., Snidman, N., & Garcia-Coll, C. (1984). Behavioral inhibition to the unfamiliar. Child Development, 55(6), 2212–2225. https://doi.org/10.2307/1129793
  • Kagan, J., Reznick, J. S., & Snidman, N. (1987). The physiology and psychology of behavioral inhibition in children. Child Development, 58(6), 1459–1473. https://doi.org/10.2307/1130685
  • Schwartz, C. E., Wright, C. I., Shin, L. M., Kagan, J., & Rauch, S. L. (2003). Inhibited and uninhibited infants “grown up”: Adult amygdalar response to novelty. Science, 300(5627), 1952–1953. https://doi.org/10.1126/science.1083703

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format:
0 = “no/hardly ever”
1 = “some of the time”
2 = “yes/most of the time”

When you enter a new or unfamiliar social situation or whenever you are faced with new and unfamiliar surroundings or people:

  1. Do you tend to become vigilant and wary of your surroundings?
  2. Do you feel awkward when you are approached by someone new?
  3. Do you tend to become quiet?
  4. Do you tend to approach people whom you don’t know and talk to them?
  5. Do you tend to spend time observing strangers from a distance first, before being able to mix in?
  6. Do you tend to be chatty in conversation when you are speaking to someone new?
  7. Are you likely to spend most of your time next to a person whom you know well?
  8. Do you tend to feel physically anxious (e.g. racing pulse, sweaty, butterflies)?
  9. Do you tend to introduce yourself to new people?
  10. Do you tend to keep a fair distance away from strangers?
  11. Do you tend to withdraw and retreat from those around you?

Generally, not just in new or unfamiliar situations:

  1. Do you prefer your own company over the company of others?
  2. Do you usually enjoy going to social events with large crowds of people?
  3. Would you tend to choose solitary leisure activities over spending time with close friends?
  4. Do you prefer to be surrounded by lively activity rather than a quiet gathering?
  5. If physically able, would you enjoy adventure holidays with some element of risk?
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Looti, M. (2026, octobre 9). Mesure de l’inhibition comportementale chez l’adulte (AMBI). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-de-linhibition-comportementale-chez-ladulte-ambi/
Looti, Mohammed. “Mesure de l’inhibition comportementale chez l’adulte (AMBI).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-de-linhibition-comportementale-chez-ladulte-ambi/.
Looti, Mohammed. “Mesure de l’inhibition comportementale chez l’adulte (AMBI).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-de-linhibition-comportementale-chez-ladulte-ambi/.