Mesure de l’engagement envers le but

Analyse psychométrique détaillée de la Mesure de l’engagement envers le but (Hollenbeck-Klein Goal Commitment Scale) : fondements théoriques, validité, analyse factorielle et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

La Mesure de l’engagement envers le but (couramment désignée sous le nom de Hollenbeck-Klein Goal Commitment Scale) constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et largement validés dans le champ de la psychologie du travail et des organisations et des théories motivationnelles. Développée initialement à la fin des années 1980 par John R. Hollenbeck, Howard J. Klein et leurs collaborateurs (Hollenbeck, Williams, & Klein, 1989 ; Hollenbeck, Klein, O’Leary, & Wright, 1989), cette échelle a été conçue pour opérationnaliser avec rigueur le concept d’engagement envers un objectif (goal commitment), un modérateur pivot identifié dans la célèbre théorie de la fixation des objectifs (Goal Setting Theory) formulée par Edwin A. Locke et Gary P. Latham.

L’instrument original se compose de 9 items auto-rapportés évaluant la détermination subjective d’un individu à consacrer des efforts pour atteindre un but assigné ou auto-fixé, son refus d’abandonner face aux difficultés et la valeur psychologique qu’il accorde à cette réussite. Les participants expriment leur degré d’accord sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points, allant de Strongly Disagree (Fortement en désaccord) à Strongly Agree (Fortement d’accord). L’échelle intègre une combinaison d’items directs et d’items à formulation inversée (reverse-scored items), une particularité conçue initialement pour contrer le biais d’acquiescement mais ayant suscité d’importants débats méthodologiques ultérieurs quant à sa dimensionalité factorielle.

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’instrument présente une consistance interne globale solide, les coefficients de fidélité (alpha de Cronbach) oscillant traditionnellement entre 0,71 et 0,88 dans la littérature empirique. Les investigations factorielles confirmatoires menées par DeShon et Landis (1997) ainsi que la méta-analyse psychométrique de référence conduite par Klein, Wesson, Hollenbeck et leurs collègues (2001) ont approfondi la structure de l’outil, mettant en évidence que l’exclusion de certains items inversés problématiques (notamment l’item 3 relatif à la révisabilité du but) permet de consolider un modèle unidimensionnel invariant et d’optimiser la validité prédictive de l’instrument sur la performance effective.

2. Mots-clés / Keywords

Engagement envers le but, fixation d’objectifs, psychométrie, motivation au travail, théorie de Locke et Latham, persistance, auto-efficacité, performance organisationnelle, Hollenbeck, Klein.

3. Auteurs / Authors

L’échelle et son modèle théorique sous-jacent ont été formulés et testés empiriquement par une équipe de chercheurs de premier plan en comportement organisationnel et en psychologie appliquée :

  • John R. Hollenbeck : Professeur émérite distingué (University Distinguished Professor) à la Eli Broad Graduate School of Management de la Michigan State University (MSU). Ses travaux pionniers portent sur la dynamique des équipes, la prise de décision, la motivation et la psychométrie appliquée aux milieux organisationnels. (Courriel : [email protected]).
  • Howard J. Klein : Professeur titulaire de gestion et de ressources humaines au Fisher College of Business de l’Ohio State University (OSU). Reconnu mondialement comme l’expert de référence sur l’engagement au travail et l’intégration organisationnelle des nouveaux collaborateurs. (Courriel : [email protected]).
  • Anne M. O’Leary-Kelly : Professeure de management à la Sam M. Walton College of Business, University of Arkansas. Spécialiste de la dynamique interpersonnelle et des processus d’influence au sein des organisations.
  • Patrick M. Wright : Professeur titulaire de gestion des ressources humaines stratégiques à la Darla Moore School of Business, University of South Carolina.
  • Charles L. Williams : Chercheur et collaborateur méthodologique affilié à la Michigan State University lors des développements initiaux de l’échelle.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Mesure de l’engagement envers le but est de quantifier l’intensité du lien psychologique unissant un individu à un but spécifique et sa détermination inébranlable à persévérer dans sa poursuite jusqu’à son accomplissement. Dans le cadre de la recherche scientifique et des interventions organisationnelles, l’identification du niveau de difficulté d’un objectif ne suffit pas à prédire la performance ; l’engagement constitue la variable modératrice indispensable sans laquelle la relation postulée entre difficulté du but et performance s’effondre.

Avant les publications de Hollenbeck et ses collaborateurs en 1987 et 1989, la mesure de l’engagement envers les buts souffrait d’un déficit criant de standardisation. Les chercheurs utilisaient fréquemment des items uniques non validés (single-item measures), des mesures indirectes de performance confondues avec la motivation, ou des instruments hétérogènes mesurant l’acceptation initiale du but plutôt que la persistance à long terme face à l’adversité. L’objectif explicite des auteurs était donc de construire un instrument auto-rapporté psychométriquement robuste, multidimensionnel dans sa formulation empirique mais convergeant vers une mesure globale, économique et facile à administrer tant en milieu de laboratoire qu’en contexte de travail réel.

Sur le plan des applications pratiques et clinico-organisationnelles, cet outil répond à plusieurs impératifs critiques :

  • Diagnostic organisationnel et gestion de la performance : Permettre aux gestionnaires et consultants en ressources humaines d’évaluer si l’absence d’atteinte des objectifs stratégiques découle d’un déficit de compétences techniques ou d’un défaut critique d’engagement psychologique envers les buts assignés.
  • Recherche expérimentale et quasi-expérimentale : Fournir aux chercheurs un contrôle rigoureux du statut de modérateur ou de médiateur de l’engagement lors de la manipulation de variables telles que la participation à la prise de décision, l’octroi de primes incitatives, le feedback continu ou le cadrage des tâches.
  • Psychologie du sport et de la santé : Mesurer l’adhésion des athlètes à des programmes d’entraînement intensifs ou l’engagement des patients envers des buts thérapeutiques, rééducatifs et comportementaux rigoureux (observance thérapeutique, cessation tabagique, réadaptation physique).

5. Construit psychologique / Construct

Le concept d’engagement envers le but (Goal Commitment) est défini formellement par Locke, Latham et Erez (1988), puis affiné par Klein, Wesson, Hollenbeck et Alge (1999), comme « la détermination d’une personne à poursuivre un objectif et son refus de l’abandonner ou de le réviser à la baisse face aux obstacles ». Il ne s’agit pas d’un simple désir passif ou d’une préférence abstraite, mais d’une intention d’action résolue qui mobilise des ressources cognitives, affectives et comportementales.

Pour comprendre en profondeur la granularité de ce construit mesuré par l’échelle de Hollenbeck et al., il convient d’analyser ses composantes fonctionnelles et de le distinguer des construits adjacents :

5.1. Détermination et volonté d’effort (Items directs : 5, 7, 8)

Cette composante positive capture l’énergie psychologique investie dans l’objectif. Elle reflète l’état motivationnel actif de l’individu prêt à dépasser ses standards de travail habituels (« I am willing to put forth a great deal of effort beyond what I’d normally do… »). L’individu valorise la cible fixée, la juge digne d’intérêt (« good goal to shoot for ») et affirme une allégeance subjective explicite envers sa réalisation.

5.2. Résistance au désengagement et à la dévaluation (Items inversés : 1, 4, 6, 9)

L’engagement se manifeste de manière tout aussi décisive par la résistance aux pressions négatives et par l’immunité au désinvestissement affectif. Les items inversés évaluent l’absence d’indifférence cynique (item 4 : « Quite frankly, I don’t care… »), le refus d’abandonner à la moindre contrainte (item 6 : « It wouldn’t take much to make me abandon this goal ») et la perception d’un bénéfice tangible associé à l’effort (item 9 : « not much to be gained »). Un individu engagé traite le but avec sérieux (item 1) et refuse de le disqualifier sur le plan affectif.

5.3. Espérance d’atteinte et rigidité face à la révision (Items inversés : 2, 3)

Cette dimension confronte l’individu à la viabilité perçue du but. L’item 2 (« It’s unrealistic for me to expect to reach this goal ») relie directement l’engagement à l’attente subjective de succès. L’item 3 (« It is quite likely that this goal may need to be revised… ») aborde la flexibilité ou la propension à modifier la trajectoire. Comme l’ont souligné les critiques ultérieures, cet item mesure parfois le pragmatisme situationnel plutôt qu’un réel manque d’engagement, ce qui a suscité des réajustements structurels dans les versions courtes de l’instrument.

5.4. Distinctions conceptuelles

L’engagement envers le but doit être rigoureusement distingué de :

  • L’acceptation du but (Goal Acceptance) : Phénomène purement binaire et initial où l’individu consent initialement à une consigne externe. L’engagement est un construit continu qui perdure et fluctue tout au long de la phase d’exécution.
  • L’auto-efficacité (Self-Efficacy) : Jugement cognitif porté sur sa capacité à exécuter les comportements requis (Bandura). Bien que l’auto-efficacité soit l’un des antécédents les plus puissants de l’engagement, elle relève de la compétence perçue, tandis que l’engagement relève de la volonté et du dévouement.
  • L’attractivité du but (Goal Valence) : La valeur intrinsèque ou extrinsèque attribuée au but. L’attractivité alimente l’engagement mais ne garantit pas la volonté ferme d’agir face à l’effort douloureux.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise conceptuelle de la Mesure de l’engagement envers le but repose principalement sur deux édifices théoriques majeurs de la psychologie cognitive et motivationnelle : la Goal Setting Theory (Locke & Latham, 1990, 2002) et la théorie des attentes (Expectancy Theory) formulée par Victor Vroom (1964).

6.1. Le rôle central de l’engagement dans la théorie de la fixation des objectifs

Edwin Locke et Gary Latham ont établi de manière reproductible que des objectifs spécifiques et difficiles conduisent à des niveaux de performance nettement supérieurs à des objectifs vagues (tels que « faites de votre mieux ») ou faciles. Cependant, ce postulat fondamental repose sur une condition sine qua non : l’individu doit être résolument engagé envers le but fixé. Lorsque les objectifs sont faciles, l’engagement est quasi-automatique et exerce peu d’effet différentiel. En revanche, lorsque les objectifs atteignent des niveaux de difficulté stimulants ou extrêmes, le coût cognitif et physique de l’effort augmente drastiquement. À ce stade, la relation entre la difficulté et la performance est modérée par l’engagement :

« L’engagement envers le but modère la relation difficulté-performance : la corrélation positive entre des buts élevés et une haute performance est maximale lorsque l’engagement est fort, et devient nulle ou négative lorsque l’engagement est faible. » (Locke & Latham, 1990).

6.2. Le modèle intégrateur des antécédents de Hollenbeck et Klein (1987)

Dans leur publication fondatrice de 1987 parue dans le Journal of Applied Psychology, John Hollenbeck et Howard Klein ont proposé un cadre d’intégration conceptuel complet expliquant la genèse de l’engagement. S’appuyant sur le paradigme Valence-Instrumentalité-Attente (VIE) de Vroom, ils ont postulé que l’engagement est déterminé conjointement par deux forces motrices :

  1. L’attractivité de l’atteinte du but (Valence / Importance) : La mesure dans laquelle la réalisation du but apporte des bénéfices personnels, matériels ou psychologiques désirables. Cette attractivité est façonnée par des facteurs situationnels (systèmes de récompenses publiques, rétroaction, soutien du superviseur, normes de pairs) et des facteurs personnels (besoin d’accomplissement, valeurs professionnelles).
  2. L’espérance de succès (Expectancy of Goal Attainment) : La croyance subjective que l’on possède les capacités requises et le contrôle environnemental nécessaires pour atteindre le niveau de performance visé. Cette espérance découle de déterminants internes (locus de contrôle, auto-efficacité générale et spécifique, estime de soi) et de conditions externes (difficulté objective de la tâche, clarté des instructions, ressources allouées).

L’échelle de 9 items développée par Hollenbeck, Williams et Klein (1989) a été spécifiquement conçue pour mesurer le point de convergence de ces deux flux théoriques, traduisant l’évaluation globale que fait le sujet de la désirabilité et de la faisabilité de l’effort requis.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la Mesure de l’engagement envers le but a fait l’objet de plus de trois décennies de recherches empiriques rigoureuses, tant lors des études de validation initiales que dans le cadre de méta-analyses exhaustives à grande échelle.

7.1. Validité de construit et validité convergente

Lors des premières investigations psychométriques menées par Hollenbeck, Klein, O’Leary et Wright (1989), la validité de construit de l’échelle a été examinée à l’aide de matrices multi-traits multi-méthodes (MTMM) et de régressions multiples. Les résultats ont démontré que les scores à l’échelle corrèlent fortement avec d’autres indices d’engagement :

  • Corrélations élevées avec des mesures d’intention d’effort (r variant de .55 à .68).
  • Concordance substantielle avec les évaluations par les pairs et par les superviseurs du niveau de persistance observée (r = .38 à .52).
  • Forte corrélation convergente avec l’échelle de motivation intrinsèque et les indicateurs d’auto-efficacité de la tâche (Bandura), tout en conservant une variance distincte démontrée par l’analyse factorielle confirmatoire.

7.2. Validité discriminante

L’instrument discrimine avec succès l’engagement d’autres construits motivationnels ou de traits de personnalité susceptibles d’induire des covariations factices :

  • Désirabilité sociale : Les corrélations entre l’échelle de Hollenbeck et les échelles de désirabilité sociale (telles que celle de Marlowe-Crowne) demeurent non significatives ou négligeables (généralement r < .15), attestant que les scores ne reflètent pas simplement un besoin de conformité sociale ou de valorisation de soi.
  • Difficulté du but assigné : Bien que la difficulté perçue influence l’espérance de réussite, l’engagement se détache clairement de la manipulation objective du seuil de performance, confirmant son statut d’attitude subjective et non de simple transcription de la consigne.

7.3. Validité prédictive et modératrice

La preuve ultime de la validité de l’échelle réside dans sa capacité à vérifier le postulat modérateur de la théorie de la fixation des objectifs. La méta-analyse référence publiée par Klein, Wesson, Hollenbeck et Alge (1999) dans le Journal of Applied Psychology, englobant plus de 83 études empiriques et des milliers de participants, a démontré que :

  • La corrélation moyenne corrigée entre l’engagement envers le but et la performance est positive et significative ($rho = .23$).
  • Lorsque l’on isole les études manipulant des buts difficiles, l’effet modérateur est hautement significatif : sous condition d’engagement élevé, la relation difficulté-performance atteint des magnitudes robustes ($rho = .35$ à $.42$), alors qu’elle s’annule ou devient négative ($rho = -.08$) lorsque l’engagement est faible.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument a été rigoureusement quantifiée au fil des publications à travers des analyses de cohérence interne et des protocoles de stabilité temporelle (test-retest).

8.1. Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude princeps de Hollenbeck, Williams et Klein (1989), l’alpha de Cronbach de l’échelle à 9 items s’élevait à .71 dans un contexte d’objectifs académiques et à .88 dans une tâche de simulation organisationnelle complexe en laboratoire. Les études subséquentes de validation (Hollenbeck, Klein, et al., 1989 ; Tubbs, 1993) ont rapporté des coefficients variant typiquement entre .74 et .84.

Cependant, les coefficients de consistance interne ont révélé des fluctuations en fonction de l’inclusion ou de l’exclusion des items inversés. Klein et al. (2001) ont démontré via une méta-analyse de modèle de mesure que la suppression des items dont la saturation factorielle était instable (notamment l’item 3 et parfois l’item 2) permettait d’atteindre des alphas de Cronbach régulièrement supérieurs à .80 sur une forme réduite à 5 items, tout en réduisant l’erreur de mesure aléatoire.

8.2. Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest dépend intrinsèquement de la nature de la tâche et des événements intervenant entre les passations (comme la survenue de feedback de performance). Dans les contextes de suivi sans choc informationnel majeur, les coefficients de corrélation test-retest sur des intervalles de 2 à 4 semaines se situent entre .65 et .76, ce qui démontre une stabilité satisfaisante pour un construit d’état dynamique susceptible d’évoluer en fonction des contingences de l’environnement.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’analyse de la structure dimensionnelle de l’échelle de Hollenbeck et al. constitue un chapitre célèbre de la méthodologie psychométrique appliquée, illustrant l’impact des biais de méthode liés à la polarité des énoncés.

9.1. Le modèle unidimensionnel initial vs. l’artefact méthodologique de DeShon et Landis (1997)

Les concepteurs originaux (Hollenbeck et al., 1989) postulaient une structure strictement unidimensionnelle, considérant que les 9 items saturaient un facteur général unique de « dévouement envers l’objectif ». Cependant, des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ultérieures ont régulièrement fait émerger deux facteurs distincts :

  • Un premier facteur regroupant les items formulés positivement (items 5, 7, 8).
  • Un second facteur regroupant les items formulés négativement ou de manière inversée (items 1, 2, 3, 4, 6, 9).

Dans une analyse critique devenue classique, DeShon et Landis (1997) ont testé si cette structure bifactorielle représentait deux dimensions conceptuelles réelles (ex. : l’attrait du but vs la probabilité d’abandon) ou un simple artefact de méthode (method effect) lié à l’inversion syntaxique des items. En utilisant des techniques de modélisation par équations structurelles (SEM) avec contrôle des traits de méthode, ils ont prouvé que la scission factorielle résultait principalement d’un artefact causé par la formulation négative des items, plutôt que d’une véritable multidimensionnalité conceptuelle.

9.2. Le statut problématique de l’Item 3 et la méta-analyse de Klein et al. (2001)

DeShon et Landis (1997), puis Klein et al. (2001), ont également mis en évidence la faiblesse psychométrique structurelle de l’Item 3 (« It is quite likely that this goal may need to be revised, depending on how things go »). Cet item affiche de façon récurrente des saturations factorielles très faibles ($< .30$), voire quasi nulles, sur le facteur général d’engagement. La raison en est théorique : dans un environnement dynamique et complexe, envisager la révision pragmatique d’un but n’est pas synonyme de renoncement ou de manque d’engagement, mais peut au contraire refléter une stratégie intelligente d’autorégulation.

La vaste méta-analyse de modèles de mesure menée par Klein, Wesson, Hollenbeck et al. (2001) sur 41 échantillons indépendants a comparé plusieurs structures concurrentes :

  • Le modèle original à 9 items présentait des indices d’ajustement sous-optimaux : $\chi^2/dl$ élevé, CFI $\approx .86$, RMSEA $\approx .09$.
  • La forme révisée à 5 items (composée des items 1, 4, 5, 6 et 7), éliminant l’item 3 ainsi que les items affichant des redondances résiduelles (items 2, 8, 9), a produit un ajustement unifactoriel exceptionnel : CFI $ge .97$, TLI $ge .96$, RMSEA $le .05$, et SRMR $le .03$.

Néanmoins, l’instrument originel à 9 items reste la référence historique complète indispensable à partir de laquelle s’effectuent les calibrations psychométriques approfondies.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Mesure de l’engagement envers le but (Goal Commitment Measure / Hollenbeck-Klein Goal Commitment Scale).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Domaines d’application : Psychologie organisationnelle, psychologie du sport, psychologie de l’éducation, management, comportement humain.
  • Nombre total d’items : 9 items (version intégrale originale).
  • Format des réponses : Échelle de Likert ordinale en 5 points comprenant les libellés originaux suivants :
    • Strongly Disagree (1 point)
    • Moderately Disagree (2 points)
    • Neutral (3 points)
    • Moderately Agree (4 points)
    • Strongly Agree (5 points)
  • Procédure de cotation et inversion (Scoring) :
    • Les items 5, 7 et 8 sont des items directs cotés de 1 (Strongly Disagree) à 5 (Strongly Agree).
    • Les items 1, 2, 3, 4 et 6 portent la mention explicite (R) dans la publication originale et doivent faire l’objet d’une inversion de cotation avant tout calcul (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1). L’item 9 est également formulé négativement dans sa sémantique et inversé dans la majorité des analyses opérationnelles.
    • Le score global d’engagement est calculé en réalisant la moyenne arithmétique (ou la somme) des 9 items recodés. Un score moyen élevé (proche de 5) indique un engagement psychologique maximal envers le but, tandis qu’un score faible (proche de 1) traduit un désengagement marqué.
  • Temps moyen de passation : Environ 2 à 3 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1989 (développements préliminaires en 1987).
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les articles scientifiques fondateurs sont sous le copyright de l’American Psychological Association (APA) et de l’éditeur Elsevier. Cependant, le texte des items de l’échelle a été publié intégralement dans les revues académiques du domaine public scientifique à des fins de recherche.
  • Tarification et accès pour la recherche : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite pour les chercheurs académiques, les étudiants et les praticiens à des fins de recherche non commerciale, sous réserve de citer formellement les publications originales (Hollenbeck et al., 1989 ; Klein et al., 2001).
  • Utilisation commerciale et consulting : Toute intégration de l’outil dans un logiciel propriétaire payant ou dans une plateforme commerciale d’évaluation des ressources humaines nécessite de vérifier les politiques d’utilisation équitable de l’APA ou d’obtenir l’accord des auteurs.

12. Références / References

Les sources scientifiques ci-dessous constituent le socle de validation et d’analyse psychométrique de l’échelle :

  • DeShon, R. P., & Landis, R. S. (1997). The dimensionality of the Hollenbeck, Williams, and Klein (1989) measure of goal commitment on complex tasks. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 70(2), 105–116. https://doi.org/10.1006/obhd.1997.2700
  • Hollenbeck, J. R., & Klein, H. J. (1987). Goal commitment and the goal-setting process: Problems, prospects, and proposals for future research. Journal of Applied Psychology, 72(2), 212–220. https://doi.org/10.1037/0021-9010.72.2.212
  • Hollenbeck, J. R., Klein, H. J., O’Leary, A. M., & Wright, P. M. (1989). Investigation of the construct validity of a self-report measure of goal commitment. Journal of Applied Psychology, 74(6), 951–956. https://doi.org/10.1037/0021-9010.74.6.951
  • Hollenbeck, J. R., Williams, C. L., & Klein, H. J. (1989). An empirical examination of the antecedents of commitment to difficult goals. Journal of Applied Psychology, 74(1), 18–23. https://doi.org/10.1037/0021-9010.74.1.18
  • Klein, H. J., & Wright, P. M. (1994). Antecedents of goal commitment: An empirical examination of personal and situational determinants. Journal of Applied Social Psychology, 24(2), 95–114. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.1994.tb00554.x
  • Klein, H. J., Wesson, M. J., Hollenbeck, J. R., & Alge, B. J. (1999). Goal commitment and the goal-setting process: Conceptual clarification and empirical synthesis. Journal of Applied Psychology, 84(6), 885–896. https://doi.org/10.1037/0021-9010.84.6.885
  • Klein, H. J., Wesson, M. J., Hollenbeck, J. R., Wright, P. M., & DeShon, R. P. (2001). The assessment of goal commitment: A measurement model meta-analysis. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 85(1), 32–55. https://doi.org/10.1006/obhd.2000.2931
  • Locke, E. A., & Latham, G. P. (1990). A theory of goal setting & task performance. Prentice-Hall, Inc.
  • Locke, E. A., & Latham, G. P. (2002). Building a practically useful theory of goal setting and task motivation: A 35-year odyssey. American Psychologist, 57(9), 705–717. https://doi.org/10.1037/0003-066X.57.9.705
  • Locke, E. A., Latham, G. P., & Erez, M. (1988). The determinants of goal commitment. Academy of Management Review, 13(1), 23–39. https://doi.org/10.5465/amr.1988.4306771

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale (5-point Likert):

Strongly Disagree  |  Moderately Disagree  |  Neutral  |  Moderately Agree  |  Strongly Agree

Note: « (R) » denotes a reverse-scored item.

  1. It’s hard to take this goal seriously. (R)
  2. It’s unrealistic for me to expect to reach this goal. (R)
  3. It is quite likely that this goal may need to be revised, depending on how things go. (R)
  4. Quite frankly, I don’t care if I achieve this goal or not. (R)
  5. I am strongly committed to pursuing this goal.
  6. It wouldn’t take much to make me abandon this goal. (R)
  7. I think this is a good goal to shoot for.
  8. I am willing to put forth a great deal of effort beyond what I’d normally do to achieve this goal.
  9. There is not much to be gained by trying to achieve this goal.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Mesure de l’engagement envers le but. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-de-l-engagement-envers-le-but/
Looti, Mohammed. “Mesure de l’engagement envers le but.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-de-l-engagement-envers-le-but/.
Looti, Mohammed. “Mesure de l’engagement envers le but.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-de-l-engagement-envers-le-but/.