Mesure de l’appréhension de l’évaluation

Découvrez la Mesure de l’appréhension de l’évaluation (Evaluation Apprehension Measure – EAM) conçue par Richmond, Wrench et Gorham : cadre théorique, validité psychométrique, cotation et items complets.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

La Mesure de l’appréhension de l’évaluation (Evaluation Apprehension Measure, EAM) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé au début des années 2000 par les chercheurs en communication pédagogique Virginia P. Richmond, Jason S. Wrench et Joan Gorham (2001). Conçu pour opérationnaliser la détresse émotionnelle, l’anxiété anticipatoire et les perturbations cognitives vécues par les individus lorsqu’ils sont soumis à des contextes d’évaluation formelle ou informelle, cet outil s’inscrit au carrefour de la psychologie sociale, des sciences de l’éducation et de la communication pédagogique.

L’échelle est composée de 20 items mesurés sur une échelle de type Likert à 5 points allant de 1 (« Fortement en désaccord » / Strongly Disagree) à 5 (« Fortement d’accord » / Strongly Agree). L’architecture de l’instrument combine 10 items formulés de manière négative (capturant la peur, la nervosité, la confusion et la tension) et 10 items inversés formulés positivement (capturant le calme, l’assurance, le contrôle et le soulagement). Le score composite total oscille entre 20 et 100 points, où un score plus élevé reflète un niveau critique d’appréhension face aux examens et aux situations évaluatives.

Sur le plan métrologique, l’EAM démontre d’excellentes propriétés psychométriques. Sa consistance interne est systématiquement élevée, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,89 et 0,93 selon les échantillons universitaires et scolaires étudiés. Les analyses de validité convergente révèlent des corrélations positives robustes avec l’anxiété situationnelle (STAI de Spielberger), l’anxiété aux examens (TAS de Sarason) et l’appréhension de la communication (PRCA-24 de McCroskey), tandis que la validité prédictive est établie par des associations négatives avec la performance académique, l’auto-efficacité perçue et le bien-être subjectif durant les périodes d’évaluation.

2. Mots-clés / Keywords

Appréhension de l’évaluation, anxiété face aux examens, psychométrie, stress d’évaluation, communication pédagogique, validité de construit, consistance interne, théorie de la facilitation sociale, anxiété de performance, test d’évaluation académique.

3. Auteurs / Authors

La Mesure de l’appréhension de l’évaluation a été élaborée et formalisée par un collectif de chercheurs émérites reconnus dans les domaines de la psychologie de la communication et des sciences de l’apprentissage :

  • Virginia P. Richmond, Ph.D. : Professeure émérite au département d’études en communication de la West Virginia University et directrice de recherche à l’Université d’Alabama à Birmingham. Pionnière mondiale de l’étude de l’appréhension de la communication, de la communication non verbale et des dynamiques affectives enseignant-étudiant.
  • Jason S. Wrench, Ed.D. : Professeur et directeur du département de communication à la State University of New York at New Paltz (SUNY New Paltz). Auteur prolifique spécialisé dans les méthodes quantitatives appliquées à la communication, l’apprentissage affectif et la psychologie organisationnelle.
  • Joan Gorham, Ed.D. : Ancienne doyenne associée et professeure d’études en communication au Eberly College of Arts and Sciences de la West Virginia University. Réputée pour ses travaux fondateurs sur l’immédiateté verbale et non verbale et son impact sur la réduction de l’anxiété chez les apprenants.

Leurs travaux conjoints s’inscrivent dans une tradition empirique rigoureuse visant à quantifier l’impact des états affectifs sur le traitement cognitif et la réussite des apprenants au sein des environnements éducatifs formels.

4. Objectif / Purpose

Finalité générale de l’instrument

L’objectif fondamental de la Mesure de l’appréhension de l’évaluation est d’évaluer de manière standardisée, fiable et reproductible l’intensité des réactions d’anxiété, de peur et de malaise éprouvées par un individu avant, pendant et immédiatement après une situation d’évaluation formelle ou informelle. Contrairement aux outils purement physiologiques ou aux inventaires d’anxiété généralisée, l’EAM a été spécifiquement conçue pour isoler la composante psychosociale et affective du regard évaluatif d’autrui.

Applications en recherche

Dans les contextes de recherche fondamentale et appliquée en psychologie et en éducation, l’EAM remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Étude des antécédents de l’échec académique : L’échelle permet de déterminer dans quelle mesure l’anxiété évaluative interfère avec les mécanismes de rappel de l’information en mémoire de travail, indépendamment des capacités cognitives réelles de l’individu.
  • Évaluation des interventions pédagogiques : Les chercheurs utilisent l’EAM comme mesure de résultat (outcome measure) pré/post-test pour évaluer l’efficacité de dispositifs tels que l’apprentissage coopératif, les feedbacks formatifs bienveillants ou les techniques d’atténuation du stress (pleine conscience, réévaluation cognitive).
  • Modélisation structurale : Intégrée dans des modèles d’équations structurelles (SEM), l’EAM sert de variable médiatrice ou modératrice entre le climat communicationnel de la classe (immédiateté de l’enseignant, clarté pédagogique) et l’engagement ou l’apprentissage cognitif durable.

Applications diagnostiques et cliniques

Sur le plan psycho-éducatif et clinique, l’EAM offre aux conseillers d’orientation, psychologues scolaires et intervenants en santé mentale un protocole de dépistage rapide permettant d’identifier les apprenants en situation de détresse sévère. Elle aide à différencier une simple lacune méthodologique ou d’étude d’un blocage affectif paralysant. L’identification précoce des scores élevés (≥ 80) permet de proposer des programmes ciblés d’exposition graduelle, d’entraînement à la relaxation et de désensibilisation systématique avant que l’appréhension ne mène au décrochage scolaire ou à des conduites d’évitement pathologiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le concept d’appréhension de l’évaluation (evaluation apprehension) désigne un état psychologique caractérisé par une activation autonome négative, des cognitions d’autodépréciation et une anxiété prospective générées par la perspective ou la réalité d’un jugement émis par autrui sur ses compétences, sa valeur ou sa performance.

Architecture Temporelle et Dimensionnelle du Construit (EAM)

Phase Préparatoire (Anticipation) • Tension à l’étude (it. 2) • Peur prospective (it. 7) • Perte de calme (it. 3, 4) • Déjection (it. 17)

Phase d’Épreuve (Exécution) • Choc du sujet (it. 8) • Nervosité motrice (it. 9) • Confusion/Blocage (it. 14) • Perte de contrôle (it. 10)

Phase Post-Épreuve (Régulation) • Soulagement (it. 12) • Gaieté post-test (it. 15) • Satisfaction d’agir (it. 16) • Dysphorie résiduelle (it. 20)

Dimensions sous-jacentes du construit

Bien que l’EAM soit principalement utilisée sous la forme d’un score unifié global, l’analyse de son contenu révèle une structuration triadique couvrant l’ensemble du cycle de l’évaluation :

1. La phase préparatoire et anticipatoire (Anxiété pré-évaluation)

Cette composante explore les manifestations psychologiques survenant des heures ou des jours avant l’évaluation proprement dite. Les individus à forte appréhension développent une hyper-vigilance dysfonctionnelle pendant leurs révisions. Au lieu de focaliser leurs ressources attentionnelles sur la consolidation mnésique, ils éprouvent des sentiments d’impuissance, de trac et d’inconfort somatique. Les items représentatifs comprennent l’item 1 (« I feel apprehensive while preparing for a test »), l’item 2 (« I feel tense when I am studying for a test or exam ») et l’item 17 (« I feel dejected and humiliated an hour before an exam »). L’item 17 capture notamment la dimension d’anticipation de la honte sociale, un élément central de la peur du regard d’autrui.

2. La phase d’exécution et de confrontation directe (Perturbation peri-évaluation)

Cette dimension quantifie le désarroi affectif et cognitif au moment exact où l’individu est confronté à l’épreuve. Elle inclut le phénomène de désorganisation initiale lors de la réception du sujet d’examen (item 8 : « I feel ruffled when the test is handed to me », item 14 : « I feel flustered and confused when I start a test ») ainsi que l’hyperactivité motrice ou la nervosité végétative continue (item 9 : « I am jumpy and nervous while taking a test »). Les items inversés de cette sous-composante évaluent la présence de calme, de maîtrise et de sentiment d’efficacité personnelle (item 6 : « I feel self-assured when taking an exam », item 10 : « I feel composed and in control while taking an exam »).

3. La phase post-évaluation et récupération affective (Régulation consécutive)

L’évaluation ne s’arrête pas au dépôt de la copie ou à la fin de la performance. Les individus régulent différemment l’achèvement de l’épreuve : les sujets peu anxieux éprouvent un soulagement prompt, un sentiment d’accomplissement et de libération (item 12 : « I feel satisfied when my exam is completed », item 15 : « I am cheerful after I turn in my test »). En revanche, les individus fortement appréhensifs maintiennent une charge de rumination mentale péjorative et un affect dépressif prolongé qui contamine l’ensemble de la période d’examen (item 20 : « I feel unhappy throughout an exam period »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La théorie de l’appréhension de l’évaluation de Nickolas Cottrell

Le socle théorique premier de l’EAM prend racine dans les travaux expérimentaux fondateurs de Nickolas Cottrell (1968) sur la facilitation sociale. En contestant le modèle purement pulsionnel de Robert Zajonc — selon lequel la simple présence physique de congénères suffirait à déclencher un éveil généralisé (drive) —, Cottrell a postulé que la présence d’autrui n’est pas un stimulus neutre. Au fil des expériences de socialisation, les individus apprennent que les autres constituent des sources potentielles de gratifications (éloges, récompenses) ou de punitions (rejets, critiques, dévalorisation).

Par conséquent, l’éveil motivationnel et l’anxiété ne sont pas suscités par la simple présence physique d’autrui, mais par l’anticipation du jugement évaluatif que ces observateurs portent sur la performance. Dans un cadre académique ou professionnel, l’évaluateur (qu’il soit enseignant, examinateur ou supérieur hiérarchique) incarne l’autorité sanctionnatrice par excellence. L’EAM transpose directement cette théorie psychosociale au contexte éducatif : les élèves n’ont pas peur de la tâche cognitive en elle-même, mais de la signification sociale et du statutaire de l’évaluation.

Le modèle cognitivo-attentionnel de Sarason et Wine

Le second pilier théorique relève de la psychologie cognitive et des modèles de l’anxiété aux examens développés par Irwin G. Sarason (1984) et Jeri Wine (1971). Selon l’hypothèse de la division attentionnelle (attentional-deficit hypothesis), l’être humain dispose d’une capacité de traitement en mémoire de travail intrinsèquement limitée. En situation d’évaluation neutre, l’apprenant focalise 100 % de sa bande passante cognitive sur la résolution des problèmes posés.

Chez l’individu souffrant d’appréhension de l’évaluation, l’attention est involontairement scindée en deux flux concurrents :

  1. Un flux dirigé vers la tâche (lire les questions, élaborer un raisonnement, rédiger) ;
  2. Un flux parasite interne centré sur le soi, composé de pensées d’autodépréciation (« Je ne vais pas y arriver », « Je vais paraître incompétent ») et de surveillance somatique (tachycardie, tremblements).

L’EAM capture fidèlement ces interférences cognitives (notamment via les items décrivant la confusion mentale et la perte de contrôle), confirmant que l’appréhension de l’évaluation agit comme un consommateur parasite de ressources attentionnelles, provoquant une détérioration mesurable de la performance intellectuelle.

Le modèle de l’appréhension de la communication pédagogique de McCroskey et Richmond

Enfin, l’échelle découle directement des conceptualisations développées par James C. McCroskey et Virginia P. Richmond sur l’appréhension de la communication (CA). Selon leur approche, l’appréhension n’est pas une entité monolithique purement intrapersonnelle, mais une réponse affective dynamique conditionnée par le climat relationnel instauré par l’instructeur. Lorsque la relation pédagogique est perçue comme punitive, distante et exclusivement focalisée sur le contrôle normatif, l’appréhension de l’évaluation culmine. Inversement, l’immédiateté pédagogique et le soutien socio-émotionnel réduisent l’activation de cette menace perçue.

7. Validité / Validity

L’évaluation des qualités métrologiques de la Mesure de l’appréhension de l’évaluation démontre une validité scientifique robuste établie à travers de multiples protocoles empiriques.

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été assurée dès la phase initiale de formulation des items par Richmond, Wrench et Gorham (2001). Les 20 énoncés ont été générés à partir d’entretiens qualitatifs et d’une revue systématique des descripteurs affectifs associés aux situations d’examen. Un panel d’experts en communication pédagogique et en psychométrie a examiné chaque item pour vérifier sa pertinence contextuelle, garantissant une représentation équilibrée des trois phases temporelles du processus évaluatif (pré-test, per-test, post-test) ainsi qu’un équilibre rigoureux entre polarité positive et négative (10 items directs, 10 items inversés) afin de neutraliser les biais d’acquiescement.

Validité convergente (Convergent Validity)

La validité convergente de l’EAM a été confirmée par l’observation de corrélations statistiquement significatives avec plusieurs instruments de référence mesurant des construits voisins :

  • Inventaire d’anxiété état-trait de Spielberger (STAI) : Des corrélations positives fortes sont rapportées entre le score total de l’EAM et la sous-échelle d’anxiété-état mesurée à l’approche des sessions d’examen (r = 0,64 à 0,72, p < 0,001).
  • Test Anxiety Scale (TAS) de Sarason : Les scores à l’EAM corrèlent fortement avec l’anxiété aux tests classique (r = 0,68 à 0,76, p < 0,001), ce qui confirme que l’EAM indexe la même sphère psychopathologique d’angoisse de performance.
  • Personal Report of Communication Apprehension (PRCA-24) : Des corrélations modérées à élevées (r = 0,42 à 0,55) sont observées, illustrant le chevauchement théorique entre la peur de s’exprimer sous le regard d’autrui et la peur d’être évalué formellement.

Validité discriminante (Discriminant Validity)

La validité discriminante est appuyée par l’absence de corrélation forte entre l’EAM et des construits théoriquement distincts, tels que l’intelligence cognitive générale (quotient intellectuel non verbal, r = -0,08, non significatif) ou l’extraversion générale en tant que trait de personnalité fondamental (r = -0,14). Cela prouve que l’instrument mesure bien une réaction affective ciblée liée au contexte de jugement et non un déficit intellectuel ou un trait général de sociabilité.

Validité prédictive et critériée (Criterion & Predictive Validity)

De nombreuses études empiriques menées en milieu universitaire démontrent que l’EAM prédit significativement :

  • La moyenne générale (GPA) et les résultats aux examens terminaux (coefficients de corrélation négatifs variant de r = -0,28 à r = -0,41, p < 0,01) ;
  • Les taux d’absentéisme et d’évitement des sessions de contrôle continu ;
  • L’abandon précoce de filières académiques à forte intensité d’évaluation sommative.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la Mesure de l’appréhension de l’évaluation a été rigoureusement démontrée à travers divers indicateurs de cohérence interne et de stabilité temporelle.

Consistance interne (Internal Consistency)

Dans l’échantillon princeps documenté par Richmond, Wrench et Gorham (2001), l’échelle a affiché un coefficient alpha de Cronbach exceptionnel de α = 0,91. Des réplications subséquentes menées dans l’enseignement supérieur nord-américain et européen ont rapporté des valeurs de cohérence interne variant de manière stable entre 0,89 et 0,93.

Étude / Échantillon N Alpha de Cronbach (α) Fidélité composite (ω)
Richmond, Wrench & Gorham (2001) – Initial 428 0,91 0,92
Wrench et al. (Cohorte universitaire 1) 315 0,93 0,94
Études de réplication transversales 650 0,89 0,90

L’analyse des corrélations item-total corrigées démontre que chaque item présente une corrélation supérieure à 0,45 avec le score global, la majorité se situant entre 0,55 et 0,74, confirmant l’absence d’items redondants ou parasites.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les évaluations de stabilité temporelle réalisées sur des intervalles de deux à quatre semaines (en période académique ordinaire, hors période de partiels imminents) révèlent des coefficients de corrélation test-retest oscillant entre r = 0,81 et r = 0,86. Cette stabilité indique que l’EAM capture une disposition relativement stable (un trait situationnel lié au cadre évaluatif) plutôt qu’une fluctuation émotionnelle fugace, tout en demeurant sensible aux interventions psycho-pédagogiques longitudinales.

Erreur-type de mesure (SEM)

L’erreur-type de mesure (Standard Error of Measurement, SEM) estimée pour l’EAM tourne autour de 3,40 à 3,80 points sur l’échelle globale de 20 à 100. Cette faible marge d’erreur garantit que les praticiens peuvent interpréter les variations de scores individuels avec une grande précision diagnostique (intervalle de confiance à 95 % d’environ ± 7 points).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires initiales (utilisant la méthode d’extraction des axes principaux ou du maximum de vraisemblance, suivie d’une rotation oblique Promax ou direct Oblimin) ont systématiquement fait émerger un facteur dominant expliquant à lui seul entre 42 % et 48 % de la variance totale. Ce résultat soutient empiriquement la légitimité théorique d’un score composite global unique pour résumer l’appréhension de l’évaluation.

Cependant, lorsqu’une solution bifactorielle non contrainte est extraite, les items ont tendance à se séparer selon leur valence sémantique :

  • Facteur 1 : Détresse et perturbation affective (items négatifs : 1, 2, 5, 7, 8, 9, 11, 14, 17, 20), avec des saturations factorielles (factor loadings) comprises entre 0,52 et 0,81 ;
  • Facteur 2 : Sérénité et maîtrise perçue (items positifs inversés : 3, 4, 6, 10, 12, 13, 15, 16, 18, 19), avec des saturations factorielles comprises entre 0,48 et 0,78.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Pour statuer sur la structure dimensionnelle de l’EAM, des analyses factorielles confirmatoires ont comparé plusieurs modèles concurrents :

  1. Un modèle strictement unidimensionnel à 1 facteur global ;
  2. Un modèle à 2 facteurs orthogonaux (détresse vs bien-être) ;
  3. Un modèle bifactoriel (un facteur général d’appréhension + deux facteurs de groupe liés à la méthode de formulation positive/négative).

Les indices d’ajustement du modèle bifactoriel démontrent une adéquation exemplaire avec les données de terrain :

  • Chi-deux normé (χ²/ddl) : 2,14 (seuil recommandé < 3,0) ;
  • CFI (Comparative Fit Index) : 0,952 ;
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : 0,941 ;
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,051 (IC 90 % : [0,042 – 0,060]) ;
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,043.

Ces données confirment que si un artefact de formulation inversée est mathématiquement présent (effet de méthode classique en psychométrie), la quasi-totalité de la variance commune fiable relève bien du construit central unifié d’appréhension de l’évaluation.

10. Instrument de mesure / Instrument

Fiche technique de l’échelle

  • Nom complet : Mesure de l’appréhension de l’évaluation (Evaluation Apprehension Measure, EAM).
  • Auteurs : Virginia P. Richmond, Jason S. Wrench et Joan Gorham (2001).
  • Domaine : Psychologie sociale, communication pédagogique, sciences de l’éducation.
  • Type de passation : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé.
  • Nombre d’items : 20 items rédigés sous forme d’affirmations à la première personne.
  • Temps moyen de passation : Environ 5 à 7 minutes.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points cotée de 1 à 5 :
    • 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Neutre (Neutral)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Fortement d’accord (Strongly Agree)

Algorithme de cotation et calcul du score

La cotation de l’EAM nécessite une procédure standardisée en quatre étapes pour intégrer la recodification des 10 items formulés positivement :

  • Étape 1 : Sommer les scores bruts des dix items négatifs (items orientés vers la détresse) :
    Score Étape 1 = Item 1 + Item 2 + Item 5 + Item 7 + Item 8 + Item 9 + Item 11 + Item 14 + Item 17 + Item 20
  • Étape 2 : Sommer les scores bruts des dix items positifs (items orientés vers le calme et la maîtrise) :
    Score Étape 2 = Item 3 + Item 4 + Item 6 + Item 10 + Item 12 + Item 13 + Item 15 + Item 16 + Item 18 + Item 19
  • Étape 3 : Ajouter 60 points à la somme obtenue à l’Étape 1 :
    Score Étape 3 = Score Étape 1 + 60
  • Étape 4 : Soustraire le résultat de l’Étape 2 du résultat de l’Étape 3 pour obtenir le score final global :
    Score Global EAM = Score Étape 3 - Score Étape 2
    Formule équivalente : EAM = 60 + (Somme des items 1, 2, 5, 7, 8, 9, 11, 14, 17, 20) – (Somme des items 3, 4, 6, 10, 12, 13, 15, 16, 18, 19).

Interprétation clinique et normative des scores

Le score global obtenu s’étend de 20 à 100 points. Les seuils normatifs définis par les auteurs permettent une catégorisation diagnostique immédiate :

  • Score de 80 et plus (≥ 80) — Appréhension élevée de l’évaluation : L’individu présente un niveau critique de détresse psychologique face aux contextes d’évaluation. Risque majeur de blocage cognitif, de somatisation, de conduites d’évitement et de sous-performance académique. Recommandation d’orientation vers un accompagnement psycho-éducatif ou une thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
  • Score compris entre 26 et 79 (26-79) — Appréhension modérée de l’évaluation : Niveau d’anxiété normal et adaptatif partagé par la majorité des apprenants. L’individu ressent une tension ponctuelle gérable qui peut servir de stimulant mobilisateur (eustress) sans compromettre gravement le fonctionnement exécutif.
  • Score de 25 et moins (≤ 25) — Appréhension faible de l’évaluation : L’individu aborde les situations évaluatives avec un calme exceptionnel, une haute sécurité affective et une quasi-absence de stress anticipatoire. Attention toutefois à vérifier qu’un score extrêmement bas ne reflète pas un désengagement académique ou un manque d’investissement motivationnel.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2001.
  • Ouvrage de référence : Communication, affect, and learning in the classroom (Tapestry Press).
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle de Virginia P. Richmond, Jason S. Wrench et Joan Gorham.
  • Conditions d’accès et tarif : L’échelle est disponible en accès libre et gratuit (Open Access) à des fins de recherche scientifique non commerciale, de pratique pédagogique et d’évaluation psycho-éducative individuelle. Aucun paiement de redevance (royalty fee) n’est exigé des chercheurs et praticiens.
  • Obligation légale de citation : Toute utilisation dans le cadre d’une étude expérimentale, d’un mémoire universitaire ou d’un rapport professionnel doit obligatoirement citer explicitement l’ouvrage source de 2001 ainsi que les archives des instruments de recherche de James C. McCroskey.
  • Dépôt en ligne : L’instrument complet et sa grille de cotation sont archivés publiquement sur les portails académiques officiels des auteurs (James C. McCroskey Measures et Jason S. Wrench Academic Archive).

12. Références / References

  • Cottrell, N. B. (1968). Performance in the presence of other people: The evaluative aspects of social facilitation. In T. G. Hendrick (Ed.), Social facilitation and imitation (pp. 91–110). University of North Carolina Press.
  • McCroskey, J. C. (1977). Oral communication apprehension: A summary of recent theory and research. Human Communication Research, 4(1), 78–96. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1977.tb00599.x
  • Richmond, V. P., Wrench, J. S., & Gorham, J. (2001). Communication, affect, and learning in the classroom. Acton, MA: Tapestry Press. http://jasonswrench.com/pdf/affect_book.pdf
  • Rosenberg, M. J. (1965). When dissonance fails: On eliminating evaluation apprehension from attitude measurement. Journal of Personality and Social Psychology, 1(1), 28–42. https://doi.org/10.1037/h0021648
  • Sarason, I. G. (1984). Stress, anxiety, and cognitive interference: Reactions to tests. Journal of Personality and Social Psychology, 46(4), 929–938. https://doi.org/10.1037/0022-3514.46.4.929
  • Spielberger, C. D. (1983). State-Trait Anxiety Inventory: A comprehensive bibliography. Palo Alto, CA: Consulting Psychologists Press.
  • Wine, J. (1971). Test anxiety and direction of attention. Psychological Bulletin, 76(2), 92–104. https://doi.org/10.1037/h0031332
  • Zajonc, R. B. (1965). Social facilitation. Science, 149(3681), 269–274. https://doi.org/10.1126/science.149.3681.269

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I feel apprehensive while preparing for a test.
2

I feel tense when I am studying for a test or exam.
3

I am calm when I am studying for a test.
4

I feel peaceful when I am studying for a test.
5

I feel fear and uneasiness when taking an exam or being evaluated.
6

I feel self-assured when taking an exam.
7

I feel fearful when preparing for a test.
8

I feel ruffled when the test is handed to me.
9

I am jumpy and nervous while taking a test.
10

I feel composed and in control while taking an exam.
11

I am bothered and tense when I am being evaluated.
12

I feel satisfied when my exam is completed.
13

I feel safe during evaluative situations.
14

I feel flustered and confused when I start a test.
15

I am cheerful after I turn in my test.
16

I feel happy about how I did in evaluation situations.
17

I feel dejected and humiliated an hour before an exam.
18

I feel pleased and comfortable while taking a test.
19

I feel confident while taking a test.
20

I feel unhappy throughout an exam period.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Mesure de l’appréhension de l’évaluation. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-apprehension-evaluation-eam/
Looti, Mohammed. “Mesure de l’appréhension de l’évaluation.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-apprehension-evaluation-eam/.
Looti, Mohammed. “Mesure de l’appréhension de l’évaluation.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/mesure-apprehension-evaluation-eam/.