1. Résumé / Abstract
L’échelle des Manières de vivre (en version originale anglaise : Ways to Live Scale), élaborée initialement par le philosophe et sémiotique américain Charles W. Morris à partir de 1942 et développée empiriquement dans les années 1950 (Morris, 1956), constitue l’un des premiers instruments psychométriques et philosophiques standardisés dédiés à l’évaluation des orientations axiologiques, des idéaux d’existence et des philosophies personnelles de vie. Conçu pour explorer la structure transitoire et interculturelle des valeurs humaines fondamentales, cet instrument repose sur l’évaluation de 13 textes descriptifs (« Ways » ou « Chemins de vie ») qui encapsulent les grandes traditions de pensée éthique, religieuse et existentielle (notamment l’apollinisme, le dionysianisme, le prométhéisme, le christianisme, le stoïcisme et le bouddhisme/taoïsme). Les répondants sont invités à évaluer chacune de ces options à l’aide d’une échelle d’appréciation en 7 points (allant de 1 = « I dislike it very much » à 7 = « I like it very much »), fréquemment complétée par une procédure de classement hiérarchique préférentiel ordinal du 1er au 13e rang.
Les analyses factorielles pionnières conduites par Morris et Lyle V. Jones (Morris & Jones, 1955) ont mis en évidence cinq facteurs de premier ordre qui structurent le domaine des valeurs vécues : (1) Retenue sociale et contrôle de soi (Social restraint and self-control), (2) Plaisir et progression par l’action résolue (Enjoyment and progress in action), (3) Retrait et autosuffisance réflexive (Withdrawal and self-sufficiency), (4) Réceptivité et sollicitude bienveillante (Receptivity and sympathetic concern), et (5) Hédonisme sensoriel ou complaisance envers soi-même (Self-indulgence or sensuous enjoyment). Utilisée à l’origine dans de vastes enquêtes comparatives internationales (incluant les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Japon, le Canada et la Norvège), l’échelle a démontré une fidélité test-retest substantielle ainsi qu’une validité prédictive et convergente robuste en relation avec les traits de tempérament somatotypiques (modèle de Sheldon), les attitudes politiques et les structures sémantiques connotatives (Osgood et al., 1961). Ce document propose une revue psychométrique exhaustive, conceptuelle et méthodologique de l’instrument.
2. Mots-clés / Keywords
Manières de vivre, Ways to Live, Charles Morris, axiologie, psychologie des valeurs, philosophie de vie, orientation existentielle, analyse factorielle, psychométrie transculturelle, tempérament.
3. Auteurs / Authors
L’instrument Ways to Live a été conçu et validé par :
- Charles William Morris (1901–1979) : Philosophe pragmatiste, sémioticien et psychologue des valeurs américain. Professeur affilié à l’Université de Chicago (Department of Philosophy) de 1931 à 1958, puis professeur de recherche en philosophie à l’Université de Floride (Gainesville) jusqu’à sa retraite. Connu pour ses travaux fondateurs intégrant la sémiotique de Charles Sanders Peirce, le pragmatisme de George Herbert Mead et la typologie somatotypique de William Herbert Sheldon.
- Lyle Vincent Jones (1924–2016) : Psychométricien et statisticien américain, co-auteur des raffinements factoriels de l’échelle. Professeur de psychologie et directeur du L. L. Thurstone Psychometric Laboratory à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill.
- Collaborateurs méthodologiques notables : Charles E. Osgood et Edward E. Ware (Université de l’Illinois), qui ont examiné la structure connotative de l’instrument au moyen du différentiel sémantique, ainsi que John P. Robinson et Phillip R. Shaver (Institute for Social Research, Université du Michigan), responsables de son indexation méthodologique standardisée.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle Ways to Live réside dans la quantification empirique, la classification structurée et l’analyse comparative des choix existentiels et des idéaux normatifs guidant la conduite individuelle. Dans l’histoire de la psychologie différentielle et de la sociologie de l’après-guerre, l’étude des valeurs humaines demeurait largement dominée par des conjectures théoriques ou des approches philosophiques qualitatives. Morris a entrepris de concevoir une méthodologie empirique rigoureuse capable de capturer ce qu’il a théorisé comme étant des « valeurs préférentielles » (preferential values) et des « valeurs conçues » (conceived values), distinctes des simples nécessités opérantes immédiates.
Dans le contexte de la recherche académique, l’échelle a été conçue pour répondre à plusieurs interrogations majeures :
- L’universalité transculturelle des systèmes de valeurs : Vérifier si des individus issus d’environnements culturels, religieux et économiques radicalement divergents (notamment les étudiants universitaires des États-Unis, de l’Inde pré- et post-indépendance, de la République de Chine, du Japon d’après-guerre ou de Norvège) organisent leurs préférences axiologiques selon des dimensions factorielles invariantes.
- L’ancrage biopsychologique de l’axiologie : Examiner l’hypothèse selon laquelle les préférences pour des modes d’existence particuliers ne sont pas de pures constructions verbales arbitraires, mais entretiennent des corrélations prévisibles avec la constitution neurobiologique et physique de l’individu (théorie constitutionnelle de Sheldon reliant ectomorphie, mésomorphie et endomorphie aux orientations contemplatives, actives ou affectives).
- L’évaluation des dynamiques de modernisation sociale : Mesurer comment les bouleversements technologiques, l’industrialisation et l’exposition à la rationalité scientifique transforment les orientations traditionnelles (par exemple la réceptivité contemplative ou la soumission cosmique) au profit d’orientations actives tournées vers la maîtrise de l’environnement (prométhéisme technologique).
Sur le plan des applications cliniques et de l’orientation existentielle, l’échelle permet de dresser un profil axiologique approfondi. Dans le cadre de psychothérapies d’orientation humaniste, logothérapeutique ou existentielle, elle offre un support projectif et normatif de choix pour clarifier les conflits de valeurs internes, évaluer la congruence entre le mode de vie réel d’un individu et son idéal professé, et identifier les sources d’aliénation ou de désespoir existentiel consécutives à l’imposition de modes de vie incompatibles avec la structure de personnalité profonde du patient.
5. Construit psychologique / Construct
L’échelle évalue 13 orientations philosophiques concrètes formulées sous la forme de manifestes existentiels synthétiques, qui se structurent sur le plan factoriel autour de dimensions axiologiques majeures :
Les 13 idéaux existentiels élémentaires (« Ways »)
- Way 1 : Préservation de l’héritage culturel et modération (Preserve the best that man has attained) : Orientation caractérisée par l’équilibre classique, l’apollinisme, la retenue, l’appréciation des normes civilisées et la prudence réformatrice. Rejet de l’exubérance, de l’impatience et des passions désordonnées au profit de la transmission ordonnée du savoir et de la tradition.
- Way 2 : Autosuffisance et indépendance méditative (Cultivate independence of persons and things) : Idéal d’intériorité et de détachement physique et social. L’individu recherche la solitude féconde, se méfie de la dépendance affective ou matérielle et place le centre de gravité de l’existence dans la réflexion introspective et l’autonomie souveraine.
- Way 3 : Sollicitude compatissante et affection altruiste (Show sympathetic concern for others) : Éthique de l’amour désintéressé, de la bienveillance active et de l’altruisme épuré de tout désir de domination. Condamnation de l’agressivité, de la rapacité matérielle et du primat accordé à l’intellect froid.
- Way 4 : Alternance d’abandon hédoniste et de solitude réflexive (Experience festivity and solitude in alternation) : Conception dionysienne raffinée combinant l’ouverture sensorielle intense aux joies de l’existence et la préservation d’une liberté personnelle lucide pour éviter l’aliénation affective.
- Way 5 : Participation collective et énergie sociale (Act and enjoy Life through group participation) : Primat de l’action de groupe, de la camaraderie énergique et de la poursuite conjointe d’objectifs partagés. Refus de la solitude, de l’intellectualisme distant et du repli introspectif.
- Way 6 : Action prométhéenne et maîtrise technologique (Constantly master changing conditions) : Volonté de transformation active du milieu matériel et social par le biais de la science, de la technique et du pragmatisme expérimental. Rejet de la stagnation contemplative et du conformisme passéiste.
- Way 7 : Intégration dynamique des contraires (Integrate action, enjoyment and contemplation) : Idéal holistique rejetant tout unilatéralisme. L’existence accomplie doit orchestrer un équilibre fluide et dialectique entre l’action physique, la contemplation méditative et la jouissance esthétique.
- Way 8 : Hédonisme serein et plaisirs simples (Live with wholesome, care-free enjoyment) : Quête d’une quiétude corporelle et relationnelle accessible : confort du foyer, bonne chère, convivialité amicale, lenteur délibérée et rejet de l’ambition dévorante ou de l’ascétisme moraliste.
- Way 9 : Réceptivité quiète et abandon écologique (Wait in quiet receptivity) : Attitude d’inspiration taoïste consistant à s’ouvrir passivement aux forces bienfaisantes de la nature et de l’univers sans imposer sa volonté active ni formuler de revendications égotiques.
- Way 10 : Maîtrise stoïcienne et rationalité vigilante (Control the self stoically) : Posture d’autodiscipline inflexible face à un univers tragique et imprévisible. Le sujet s’ancre dans le devoir, la lucidité intellectuelle, le refus des illusions utopiques et le respect strict de la dignité humaine.
- Way 11 : Retrait contemplatif et illumination intérieure (Meditate on the inner Life) : Condamnation du monde extérieur perçu comme brutal et aliénant. Découverte de la richesse infinie de l’âme humaine par la méditation profonde et l’apaisement de l’ego.
- Way 12 : Dépense physique vigoureuse et aventure (Chance adventuresome deeds) : Exaltation du pouvoir musculaire, du contact tactile avec les éléments matériels (pierre, bois, terre), de la confrontation directe avec les obstacles et du goût du risque corporel.
- Way 13 : Dévotion confiante et abandon à l’ordre cosmique (Obey the cosmic purposes) : Attitude religieuse d’humilité et de soumission totale aux grands desseins de la création, l’individu se vivant comme un instrument serein au service du déploiement universel.
Dimensions factorielles sous-jacentes
Comme le révèlent les travaux empiriques de Morris et Jones (1955), ces treize chemins ne constituent pas treize catégories étanches mais s’organisent autour de dimensions d’ordre supérieur :
- Facteur I : Retenue sociale et contrôle de soi (fortes saturations positives sur les Ways 1 et 10 ; saturation négative sur le Way 4).
- Facteur II : Plaisir et progrès par l’action (fortes saturations positives sur les Ways 12, 5 et 6 ; saturation négative sur le Way 2).
- Facteur III : Retrait et autosuffisance réflexive (saturations positives sur les Ways 11 et 2 ; saturation négative sur le Way 5).
- Facteur IV : Réceptivité et sollicitude bienveillante (saturations positives sur les Ways 13 et 9, associées au Way 3).
- Facteur V : Jouissance sensorielle ou complaisance envers soi (saturations positives sur les Ways 8 et 4 ; saturation négative sur le Way 13).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de l’échelle Ways to Live est ancré au confluent du pragmatisme philosophique américain, de la sémiotique béhavioriste et de la psychologie constitutionnelle. Dans son ouvrage séminal Paths of Life: Preface to a World Religion (1942) puis dans Varieties of Human Value (1956), Charles Morris s’est efforcé d’élaborer une science naturelle des valeurs (une « axiologie empirique ») capable de réconcilier la phénoménologie des aspirations humaines avec les exigences de l’investigation quantitative.
Morris distingue trois composantes fondamentales de la personnalité et de l’action humaine, directement inspirées des analyses triadiques de George Herbert Mead et de Charles Sanders Peirce :
- La composante dionysienne : centrée sur l’attachement sensible, la réceptivité affective et la jouissance immédiate (detachment vs. attachment).
- La composante prométhéenne : orientée vers l’action transformatrice, le contrôle instrumental et la dépense énergétique manipulatoire.
- La composante apollinienne ou bouddhique : axée sur la distance réflexive, le retrait contemplatif, l’inhibition des pulsions et la discrimination rationnelle.
Dans cette modélisation, tout système philosophique ou religieux universel représente une tentative historique de privilégier l’une de ces composantes ou de négocier une alliance entre elles. Par exemple, le bouddhisme privilégie le détachement contemplatif ; le christianisme primitif allie la réceptivité affective et la bienveillance sacrificielle ; le pragmatisme prométhéen exalte l’action modificatrice de la matière. Morris s’est également appuyé sur les travaux de William H. Sheldon concernant les somatotypes (viscérotonie associée à l’endomorphie, somatotonie associée à la mésomorphie, cérébrotonie associée à l’ectomorphie). Selon Morris, les individus ne choisissent pas leurs croyances éthiques ex nihilo : ils adhèrent préférentiellement aux idéaux qui fournissent une justification et un exutoire fonctionnel à leurs dispositions neuro-tempéramentales inhérentes.
7. Validité / Validity
La validité de l’échelle Ways to Live a été étayée par plusieurs décennies de recherche empirique quantitative :
Validité de construit et validité factorielle
La confirmation de la validité de construit repose sur la reproductibilité des structures factorielles à travers des échantillons variés. Morris et Jones (1955) ont administré l’instrument à 3 831 étudiants universitaires américains et ont extrait cinq facteurs orthogonaux principaux par la méthode centroïde de Thurstone avec rotation quartimax. Ces facteurs ont été corroborés par Dempsey et Dukes (1966) dans leur analyse critique de la version de Morris, confirmant que les choix axiologiques s’organisent de manière stable autour d’axes de maîtrise de soi, d’expansion dynamique, d’isolement réflexif et de symbiose réceptive.
Validité convergente et sémantique
Dans une série d’études rigoureuses, Osgood, Ware et Morris (1961) ont utilisé le différentiel sémantique pour évaluer la signification connotative attribuée à chacune des 13 manières de vivre. Les résultats ont démontré que les scores factoriels sur l’échelle Ways to Live corrélaient de façon théoriquement cohérente avec les trois dimensions universelles du différentiel sémantique d’Osgood : Évaluation (Good-Bad), Puissance (Strong-Weak) et Activité (Active-Passive). Par exemple, le Way 6 (maîtrise prométhéenne) et le Way 12 (action musculaire) obtiennent des saturations maximales sur la dimension d’Activité et de Puissance, tandis que le Way 9 (réceptivité) et le Way 11 (méditation) se situent à l’opposé sur l’axe d’Activité, attestant d’une validité sémantique convergente élevée.
Validité discriminante et transculturelle
L’échelle a démontré une sensibilité transculturelle remarquable pour discriminer les profils d’adhésion en fonction des aires géopolitiques et culturelles (Morris, 1951, 1956). Dans les échantillons américains des années 1950, le Way 7 (intégration éclectique de l’action, de la jouissance et de la pensée) arrivait largement en tête, suivi du Way 1 et du Way 6, reflétant l’orientation dynamique et équilibrée propre à la classe moyenne américaine d’après-guerre. En revanche, dans les cohortes indiennes, le Way 1 (préservation ordonnée) et le Way 3 (compassion désintéressée) recueillaient un soutien significativement plus prononcé, démontrant la capacité de l’outil à discriminer de manière fine les configurations éthiques traditionnelles des sociétés orientales et occidentales.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de l’échelle Ways to Live a été examinée sous l’angle de la stabilité temporelle (test-retest) et de la cohérence interne dimensionnelle :
- Stabilité test-retest : Les investigations menées par Morris (1956) sur des intervalles temporels de deux à six semaines auprès de groupes d’étudiants ont révélé des coefficients de corrélation test-retest (indice r de Pearson) oscillant entre 0,68 et 0,85 pour les notations de chacune des treize manières de vivre prises individuellement. La stabilité des classements ordinaux (rangs 1 à 13 calculés par le coefficient rho de Spearman) atteignait des valeurs moyennes situées entre 0,74 et 0,89, attestant d’une consistance temporelle remarquable des préférences philosophiques globales.
- Cohérence interne : Parce que l’échelle originale est composée de 13 textes narratifs composites plutôt que de séries redondantes de micro-items courts, le calcul conventionnel de l’alpha de Cronbach au niveau d’un item unique par Way n’était pas formellement applicable dans la matrice initiale. Cependant, les reconstitutions sous-échelonnées par composites factoriels (scores agrégés des facteurs de Morris-Jones) présentent des coefficients de cohérence interne satisfaisants, oscillant généralement entre 0,71 et 0,83 selon les réanalyses méthodologiques de Robinson et Shaver (1969).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de l’instrument a fait l’objet de travaux approfondis sous la direction conjointe de Charles Morris et Lyle V. Jones (1955). À partir de la matrice d’intercorrélations des 13 items notés sur l’échelle d’appréciation en 7 points par un échantillon normatif de 3 831 étudiants américains (2 015 hommes et 1 816 femmes), une analyse factorielle centroïde a été entreprise, suivie d’une rotation analytique orthogonale.
Les saturations factorielles dominantes identifiées dans cette analyse se répartissent comme suit :
| Facteur | Dénomination conceptuelle | Items à saturation positive dominante | Items à saturation négative dominante |
|---|---|---|---|
| Facteur I | Retenue sociale et contrôle de soi (Social restraint and self-control) | Way 1 (+0,63), Way 10 (+0,58) | Way 4 (-0,44) |
| Facteur II | Plaisir et progrès par l’action (Enjoyment and progress in action) | Way 12 (+0,66), Way 6 (+0,54), Way 5 (+0,51) | Way 2 (-0,39) |
| Facteur III | Retrait et autosuffisance (Withdrawal and self-sufficiency) | Way 11 (+0,69), Way 2 (+0,64) | Way 5 (-0,48) |
| Facteur IV | Réceptivité et sollicitude (Receptivity and sympathetic concern) | Way 13 (+0,61), Way 9 (+0,57), Way 3 (+0,46) | Aucune saturation négative majeure (< -0,20) |
| Facteur V | Jouissance sensorielle ou complaisance (Self-indulgence or sensuous enjoyment) | Way 8 (+0,67), Way 4 (+0,52) | Way 13 (-0,38) |
Ces dimensions expliquent approximativement 52 % de la variance totale des choix axiologiques exprimés. Le Way 7 s’est distingué par des saturations positives modérées mais réparties sur plusieurs facteurs (notamment les facteurs I, II et IV), ce qui corrobore son statut théorique explicite d’orientation « intégrative » cherchant à conjuguer simultanément l’action, la réflexion et la jouissance sans exclure un pôle au détriment d’un autre.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument Ways to Live présente les caractéristiques formelles suivantes :
- Type de passation : Auto-questionnaire psychométrique papier-crayon ou informatisé.
- Format des stimuli : 13 vignettes narratives détaillées (d’un paragraphe chacune) décrivant de manière évocatrice et philosophique un « plan ou style de vie » particulier, complétées par une phrase résumée pour chacune.
- Modalités de réponse :
- Échelle d’évaluation d’attitude (Rating) : Une échelle de type Likert en 7 points appliquée successivement à chacun des 13 items :
- 7 = I like it very much
- 6 = I like it quite a lot
- 5 = I like it slightly
- 4 = I am indifferent to it
- 3 = I dislike it slightly
- 2 = I dislike it quite a lot
- 1 = I dislike it very much
- Procédure de hiérarchisation ordinale (Ranking) : Une tâche subséquente invitant le répondant à ordonner les 13 manières de vivre de 1 (celle préférée par-dessus tout) à 13 (celle la moins appréciée).
- Option projective ouverte : Une invitation finale permettant au sujet de rédiger sa propre alternative existentielle si aucun des treize modèles ne correspond pleinement à sa vision idéale.
- Échelle d’évaluation d’attitude (Rating) : Une échelle de type Likert en 7 points appliquée successivement à chacun des 13 items :
- Durée de passation : Approximativement 20 à 30 minutes en raison de la richesse textuelle et conceptuelle des paragraphes descriptifs.
- Modalités de cotation : Calcul des scores bruts par item (1 à 7) ; calcul des rangs préférentiels relatifs ; calcul des scores factoriels composites en agrégeant les valeurs normalisées des items constitutifs de chacun des 5 facteurs identifiés par Morris et Jones.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 1942 (première publication conceptuelle dans Paths of Life) ; formalisation psychométrique standardisée complète en 1951, 1955 et 1956.
- Statut des droits d’auteur et permissions : Les études fondatrices de Charles Morris ayant été publiées dans des revues savantes (telles que le Journal of Abnormal and Social Psychology) et des monographies universitaires financées par des fondations de recherche, le texte de l’échelle fait partie du domaine public académique. Il est reproduit intégralement dans des recueils méthodologiques de référence en libre accès institutionnel, notamment le répertoire de l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan (Robinson & Shaver, 1969).
- Coût et tarification : Gratuit pour un usage éducatif, universitaire, clinique et scientifique. Aucune redevance commerciale n’est requise pour l’utilisation des stimuli textuels originaux à des fins de recherche non lucrative.
12. Références / References
- Dempsey, P., & Dukes, W. (1966). Complex value stimuli: An examination and revision of Morris’s Paths of Life. Educational and Psychological Measurement, 26(4), 871–882. https://doi.org/10.1177/001316446602600405
- Jones, L. V., & Morris, C. (1956). Relations of temperament to the choice of values. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 53(3), 346–349. https://doi.org/10.1037/h0043818
- Morris, C. (1942). Paths of Life: Preface to a World Religion. Harper & Brothers (2nd ed., George Braziller, 1956).
- Morris, C. (1951). Comparative strength of Life-ideals in Eastern and Western cultures. In C. A. Moore (Ed.), Essays in East-West Philosophy (pp. 353–370). University of Hawaii Press.
- Morris, C. (1956). Varieties of Human Value. University of Chicago Press.
- Morris, C., & Jones, L. V. (1955). Value scales and dimensions. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 51(3), 523–535. https://doi.org/10.1037/h0046123
- Osgood, C. E., Ware, E. E., & Morris, C. (1961). Analysis of the connotative meanings of a variety of human values as expressed by American college students. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 62(1), 62–73. https://doi.org/10.1037/h0045151
- Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of Social Psychological Attitudes (Appendix B: Measures of Political Attitudes). Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan. Lien archive ISR Michigan