Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (ISEL) — Population générale

La Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (ISEL) de Sheldon Cohen est l’instrument de référence mesurant la disponibilité perçue du soutien social fonctionnel à travers 40 items répartis en quatre sous-échelles : évaluation, tangible, appartenance et estime de soi.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

La Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (Interpersonal Support Evaluation List, ISEL), développée par Sheldon Cohen et ses collaborateurs (Cohen & Hoberman, 1983 ; Cohen, Mermelstein, Kamarck, & Hoberman, 1985), constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et les plus rigoureux destinés à mesurer la disponibilité perçue de ressources d’aide sociale fonctionnelle. Conçue initialement pour tester empiriquement l’hypothèse du modèle tampon contre le stress (stress-buffering model), cette échelle multidimensionnelle s’est imposée comme un standard incontournable en psychologie de la santé, en épidémiologie comportementale et en psychométrie clinique.

La version pour la population générale (ISEL-40) comprend 40 items auto-rapportés répartis équitablement sur quatre sous-échelles distinctes de 10 items chacune :

  • Le soutien d’évaluation (Appraisal support) : disponibilité perçue d’interlocuteurs fiables avec qui aborder des difficultés intimes et solliciter des conseils.
  • Le soutien matériel ou tangible (Tangible support) : accès perçu à une assistance physique, matérielle, logistique ou financière directe en cas de besoin.
  • Le soutien d’estime (Self-esteem support) : perception de se comparer avantageusement ou favorablement à ses pairs et sentiment d’être estimé et valorisé par autrui.
  • Le soutien d’appartenance (Belonging support) : disponibilité d’un réseau social permettant de partager des activités récréatives, sociales et de loisirs.

L’instrument repose sur une échelle de réponse en 4 points (« definitely false » coté 0, « probably false » coté 1, « probably true » coté 2, « definitely true » coté 3). La moitié exacte des items (20 items) est formulée de manière négative et nécessite une inversion de cotation, neutralisant ainsi les biais de désirabilité sociale et d’acquiescement. Sur le plan psychométrique, l’ISEL démontre une consistance interne globale remarquable (α de Cronbach oscillant entre .88 et .92 pour le score global, et entre .70 et .84 pour les sous-échelles), une excellente stabilité temporelle test-retest, ainsi qu’une validité factorielle et prédictive robuste face aux pathologies induites par le stress chronique.

2. Mots-clés / Keywords

Soutien social perçu, Interpersonal Support Evaluation List, ISEL, modèle tampon du stress, soutien d’évaluation, soutien matériel, soutien d’appartenance, estime de soi sociale, psychométrie de la santé, santé cardiovasculaire, psychoneuroimmunologie, relations interpersonnelles.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de premier plan de l’Université Carnegie Mellon et de l’Université de l’Oregon :

  • Sheldon Cohen, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie (Robert E. Doherty University Professor Emeritus of Psychology) à l’Université Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis). Pionnier de la psychoneuroimmunologie et spécialiste mondialement reconnu des effets du stress et des réseaux sociaux sur les systèmes immunitaires et les infections respiratoires. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Harry M. Hoberman, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur, initialement affilié à l’Université de l’Oregon (Département de psychologie, Eugene, Oregon), ayant largement contribué aux travaux sur la psychopathologie développementale, la dépression chez les adolescents et les mécanismes d’amortissement psychosocial.
  • Robin J. Mermelstein, Ph.D. : Directrice de l’Institut de recherche sur les politiques de santé et professeure émérite au Département de psychologie de l’Université de l’Illinois à Chicago (UIC). Spécialiste des addictions, des facteurs contextuels du stress et du sevrage tabagique.
  • Tom W. Kamarck, Ph.D. : Professeur de psychologie et de psychiatrie à l’Université de Pittsburgh. Chercheur éminent dans le domaine de la réactivité cardiovasculaire au stress, de l’évaluation écologique momentanée et de l’épidémiologie cardiovasculaire.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Liste d’évaluation du soutien interpersonnel est d’opérationnaliser et de quantifier avec précision la disponibilité perçue des ressources de soutien social fonctionnel, par opposition à la simple intégration structurelle au sein d’un réseau social (comme le nombre brut d’amis, de membres de la famille ou le statut marital). Dans les années 1970 et 1980, la littérature épidémiologique a accumulé des preuves substantielles démontrant que les personnes socialement isolées présentaient des taux de morbidité et de mortalité significativement plus élevés. Néanmoins, les mécanismes sous-jacents demeuraient nébuleux : est-ce la présence numérique d’autres personnes qui protège l’individu, ou la croyance cognitive que des ressources spécifiques sont accessibles lorsque des stresseurs majeurs surviennent ?

Cohen et ses collègues ont postulé que le soutien social agit principalement par le biais de ses fonctions cognitives et psychologiques. Pour valider l’hypothèse du modèle tampon contre le stress (stress-buffering hypothesis), les chercheurs avaient besoin d’une mesure capable d’évaluer non pas le soutien rétrospectivement reçu — qui est fréquemment confondu avec la détresse psychologique préexistante ou la sévérité objective d’un événement de vie —, mais la perception prospective et cognitive qu’une assistance adaptée est à portée de main. En effet, mesurer le soutien réellement reçu introduit un biais de confusion majeur : un individu ayant reçu un soutien matériel massif au cours du mois passé est souvent un individu qui vient de vivre un traumatisme grave ou une crise invalidante, ce qui fausse l’analyse de l’effet protecteur du soutien.

En milieu clinique et épidémiologique, l’ISEL est largement mobilisé pour plusieurs applications majeures :

  • Recherche translationnelle en psychoneuroimmunologie : Explorer comment la perception de ressources d’aide atténue la dérégulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) et prévient la susceptibilité accrue aux agents pathogènes infectieux (comme le rhinovirus dans les célèbres études de Cohen à Pittsburgh).
  • Cardiologie comportementale : Évaluer le rôle protecteur de l’appartenance et de l’aide tangible contre l’élévation chronique de la pression artérielle ambulatoire et l’aggravation de l’athérosclérose coronaire.
  • Psychopathologie et clinique des troubles de l’humeur : Identifier les profils de vulnérabilité chez les patients souffrant d’épisodes dépressifs majeurs ou de troubles anxieux. L’absence d’interlocuteurs pour le soutien d’évaluation ou le sentiment d’isolement social constituent des indicateurs pronostiques de rechute.
  • Évaluation et orientation des interventions communautaires : Diagnostiquer avec précision les carences spécifiques d’une cohorte (par exemple, un déficit ciblé en aide matérielle par rapport au soutien affectif) afin d’ajuster les programmes d’assistance sociale et les thérapies de groupe.

5. Construit psychologique / Construct

L’ISEL repose sur une conception multidimensionnelle rigoureuse du soutien social perçu. Plutôt que de traiter ce construit comme une entité globale et indifférenciée, Cohen et al. (1985) ont décomposé les besoins relationnels fondamentaux des individus en quatre dimensions fonctionnelles distinctes, chacune représentée par 10 items équilibrés :

1. Soutien d’évaluation (Appraisal Support)

Cette dimension mesure la disponibilité perçue d’individus fiables avec qui échanger ouvertement sur ses difficultés personnelles, intimes ou existentielles. Le soutien d’évaluation remplit une fonction éminemment cognitive et informationnelle : il offre à l’individu une perspective extérieure, lucide et objective pour l’aider à réévaluer la gravité d’un problème et à formuler des stratégies d’adaptation (coping) constructives. Un score élevé reflète l’assurance de pouvoir trouver une oreille attentive et un conseil avisé en situation de doute déstabilisant.

Exemples d’items caractéristiques :

  • Item 1 : « There are several people that I trust to help solve my problems. » (Orientation positive)
  • Item 17 : « I feel that there is no one I can share my most private worries and fears with. » (Orientation négative, item inversé)
  • Item 38 : « There is at least one person I know whose advice I really trust. » (Orientation positive)

2. Soutien matériel ou tangible (Tangible Support)

Le soutien tangible quantifie l’accès perçu à une aide instrumentale, physique, financière ou logistique directe en période de crise aiguë ou de besoin quotidien. Contrairement aux aspects purement émotionnels de la relation, ce domaine touche à la matérialité de l’existence : dépannage automobile, prêt d’argent d’urgence, garde du logement, assistance physique lors d’un épisode de maladie ou hébergement d’urgence. Cette dimension capture la sécurité matérielle garantie par le filet relationnel.

Exemples d’items caractéristiques :

  • Item 2 : « If I needed help fixing an appliance or repairing my car, there is someone who would help me. » (Orientation positive)
  • Item 9 : « If I needed a ride to the airport very early in the morning, I would have a hard time finding someone to take me. » (Orientation négative, item inversé)
  • Item 23 : « If I needed an emergency loan of $100, there is someone (friend, relative, or acquaintance) I could get it from. » (Orientation positive)

3. Soutien d’estime (Self-Esteem Support)

Le soutien d’estime fait référence à la perception d’une valeur personnelle positive lorsqu’on se compare à ses pairs au sein de son environnement social, ainsi qu’au sentiment d’être respecté, admiré et valorisé par les autres. Cohen et ses collègues ont opérationnalisé ce construit en s’appuyant sur la théorie de la comparaison sociale de Leon Festinger (1954). Il s’agit d’évaluer dans quelle mesure l’individu s’estime compétent, respecté et à la hauteur des exigences de son cercle social, ou au contraire marginalisé par un sentiment d’infériorité.

Exemples d’items caractéristiques :

  • Item 4 : « There is someone who takes pride in my accomplishments. » (Orientation positive)
  • Item 8 : « Most people I know think highly of me. » (Orientation positive)
  • Item 24 : « In general, people do not have much confidence in me. » (Orientation négative, item inversé)
  • Item 40 : « I have a hard time keeping pace with my friends. » (Orientation négative, item inversé)

4. Soutien d’appartenance (Belonging Support)

Cette dimension évalue la disponibilité perçue de personnes avec qui l’individu peut partager des activités de loisirs, de détente et de divertissement. L’appartenance sociale ne nécessite pas nécessairement des confidences profondes ou une aide matérielle lourde, mais garantit une présence amicale pour briser la solitude, aller au cinéma, déjeuner ou partir en excursion d’une journée. Ce construit renvoie directement au sentiment de grégarité, de camaraderie et d’inclusion dans une communauté vivante.

Exemples d’items caractéristiques :

  • Item 5 : « When I feel lonely, there are several people I can talk to. » (Orientation positive)
  • Item 10 : « I feel like I’m not always included by my circle of friends. » (Orientation négative, item inversé)
  • Item 21 : « If I decide one afternoon that I would like to go to a movie that evening, I could easily find someone to go with me. » (Orientation positive)

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La création de l’ISEL s’inscrit au cœur d’un débat paradigmatique qui a profondément marqué la psychologie et l’épidémiologie sociale au tournant des années 1980 : l’opposition conceptuelle entre le modèle des effets directs (main effect model) et le modèle tampon contre le stress (stress-buffering model), magnifiquement synthétisée par Cohen et Wills (1985) dans leur article séminal du Psychological Bulletin.

Le modèle tampon du stress et la théorie transactionnelle

Le cadre théorique de référence repose en grande partie sur la théorie transactionnelle du stress et du coping formulée par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984). Selon ce modèle, l’impact pathogène d’un événement de vie délétère n’est pas automatique : il dépend de deux phases cognitives critiques :

  1. L’évaluation primaire (Primary Appraisal) : L’individu juge si l’événement constitue une menace, un défi ou un préjudice insurmontable.
  2. L’évaluation secondaire (Secondary Appraisal) : L’individu inventorie et soupèse les ressources dont il dispose pour neutraliser, affronter ou gérer cette exigence contextuelle.

Cohen et Hoberman (1983) ont postulé que le soutien social fonctionnel intervient précisément à ces deux articulations psychologiques. Lorsqu’un individu sait qu’il dispose de ressources relationnelles fiables (par exemple, un prêt financier en cas d’imprévu ou un ami loyal pour le conseiller), il est beaucoup moins susceptible d’évaluer la situation comme une catastrophe insurmontable lors de l’évaluation primaire. Si l’événement est malgré tout perçu comme menaçant, la certitude d’avoir accès à du soutien tangible et d’évaluation facilite la mise en œuvre de stratégies d’adaptation actives lors de l’évaluation secondaire. Par conséquent, le soutien social agit comme un « tampon » (buffer), atténuant la réponse au stress psychophysiologique, empêchant l’activation excessive de l’axe corticotrope et limitant l’apparition de symptômes anxio-dépressifs ou de dysfonctionnements somatiques.

Spécificité fonctionnelle versus intégration sociale globale

Un des apports théoriques majeurs de Cohen et ses collègues a été de dissocier formellement le soutien structurel du soutien fonctionnel :

  • Le soutien structurel : Correspond à la taille, à la densité et à l’interconnexion du réseau (par exemple, le nombre de contacts sociaux réguliers). Selon le modèle des effets directs, une forte intégration structurelle procure des bienfaits globaux et constants sur la santé, indépendamment du niveau de stress, en favorisant l’adoption de comportements sains, une régularité des rythmes biologiques et un sentiment de rôle social positif.
  • Le soutien fonctionnel (mesuré par l’ISEL) : Répond au principe de la correspondance fonctionnelle (optimal matching theory). Pour amortir efficacement l’impact d’un stresseur particulier, le type de soutien disponible doit correspondre précisément à la nature du besoin créé par ce stresseur. Une perte d’emploi soudaine nécessite principalement un soutien d’estime et une aide matérielle tangible, tandis qu’une rupture amoureuse exige un soutien d’évaluation et d’appartenance. L’ISEL a été délibérément calibré pour permettre l’étude fine de ces interactions d’amortissement fonctionnel.

7. Validité / Validity

Les études initiales de Cohen et ses collègues (Cohen & Hoberman, 1983 ; Cohen, Mermelstein, Kamarck, & Hoberman, 1985), complétées par des décennies de recherches empiriques indépendantes, ont établi un profil de validité psychométrique d’une grande rigueur.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit de l’ISEL a été démontrée par ses corrélations statistiquement significatives et théoriquement cohérentes avec une pluralité d’échelles validées :

  • Corrélations positives avec le bien-être et l’estime de soi : Le score global de l’ISEL et ses sous-échelles présentent des corrélations modérées à fortes (typiquement r = .45 à .65) avec l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (Rosenberg Self-Esteem Scale) et des mesures d’affects positifs.
  • Corrélations négatives avec la détresse psychologique : L’ISEL est systématiquement et négativement corrélé avec l’Échelle de dépression du Center for Epidemiologic Studies (CES-D, r = -.40 à -.55) et l’Échelle de stress perçu (Perceived Stress Scale, PSS, r = -.35 à -.50). Les individus déclarant des niveaux élevés de soutien d’évaluation et d’appartenance manifestent des niveaux de dépression et d’anxiété nettement inférieurs.
  • Convergence avec d’autres mesures de soutien : L’ISEL converge fortement (r = .60 à .75) avec d’autres inventaires de soutien social réputés, tels que la Multidimensional Scale of Perceived Social Support (MSPSS) de Zimet et al., tout en offrant une granulation supérieure concernant le soutien matériel tangible.

Validité discriminante

Les analyses corrélationnelles ont attesté que l’ISEL ne se confond pas avec de simples traits de personnalité ou avec la désirabilité sociale. Les corrélations entre les sous-échelles de l’ISEL et les mesures de besoin d’approbation sociale (comme l’échelle de Marlowe-Crowne) sont faibles (généralement r < .20). De plus, bien que le soutien social soit inversement associé au névrosisme (affectivité négative), des modèles d’équations structurelles ont confirmé que l’ISEL prédit la santé mentale et somatique résiduelle même après contrôle statistique rigoureux du névrosisme de base.

Validité prédictive et écologique

La force probante de l’ISEL réside dans sa capacité à prédire des variables physiologiques dures dans des protocoles expérimentaux hautement contrôlés :

  • Susceptibilité aux infections respiratoires aiguës : Dans les travaux pionniers de Cohen et al. (1997, 2003), des volontaires sains ont été exposés expérimentalement à des virus du rhume banal (rhinovirus). Les participants rapportant de faibles scores à l’ISEL présentaient une incidence d’infection clinique et une charge virale significativement accrues par rapport à ceux bénéficiant d’un soutien social perçu élevé.
  • Régulation neuroendocrinienne et cardiovasculaire : Des scores élevés à l’ISEL sont prédictifs d’une sécrétion de cortisol salivaire plus stable, d’une diminution des cytokines pro-inflammatoires (telles que l’IL-6) et d’une moindre réactivité de la pression artérielle face à des stresseurs de laboratoire (Kamarck et al., 1990).

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’ISEL ont été testées de façon exhaustive sur des échantillons diversifiés de la population générale, des étudiants universitaires et des populations cliniques chroniques.

Consistance interne

Dans les cohortes initiales de standardisation menées par Cohen et ses collègues (1985), la cohérence interne du score total et de ses dimensions s’est révélée très satisfaisante :

  • Score total (40 items) : Le coefficient α de Cronbach varie habituellement entre .88 et .92 dans les grands échantillons communautaires, indiquant une homogénéité globale exceptionnelle du construit.
  • Sous-échelle Évaluation (Appraisal) : α de Cronbach compris entre .77 et .84.
  • Sous-échelle Matériel (Tangible) : α de Cronbach compris entre .71 et .81.
  • Sous-échelle Estime (Self-esteem) : α de Cronbach compris entre .68 et .79 (cette sous-échelle présente parfois des indices légèrement plus modestes en raison de la nature comparative complexe des items d’estime de soi).
  • Sous-échelle Appartenance (Belonging) : α de Cronbach compris entre .73 et .78.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

L’ISEL mesure une ressource perçue relativement stable dans le temps, tout en conservant une sensibilité aux changements biographiques majeurs. Les coefficients de corrélation test-retest rapportés dans la littérature sont les suivants :

  • Intervalle de 2 jours : Les coefficients de corrélation de Pearson oscillent entre .80 et .87 pour le score total et les sous-échelles individuelles.
  • Intervalle de 6 semaines : La fidélité test-retest se maintient à r = .74 pour le score total, avec des coefficients de sous-échelles variant de .67 (Estime) à .73 (Appartenance et Tangible).
  • Intervalle de 6 mois : Le coefficient global demeure robuste aux alentours de r = .70, attestant que la perception du soutien fonctionne comme une caractéristique cognitive intermédiaire, stable sur le moyen terme mais modifiable par des transitions de vie significatives.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’ISEL a fait l’objet d’examens psychométriques poussés au moyen de l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Développement initial et sélection des items

Lors de la création de l’échelle, les auteurs ont débuté avec un réservoir plus vaste d’items potentiels. Pour maximiser l’indépendance statistique des sous-échelles tout en préservant leur cohérence conceptuelle, une procédure de sélection rigoureuse a été adoptée : chaque item retenu devait présenter une corrélation élevée avec le score de sa propre sous-échelle cible, tout en affichant des corrélations minimales avec les trois autres sous-échelles. Cette méthode a permis de contenir les intercorrélations entre dimensions dans une fourchette modérée (généralement r = .30 à .55), confirmant qu’elles capturent des facettes complémentaires mais distinctes du soutien interpersonnel.

Structure factorielle et débats psychométriques

Les analyses factorielles menées au fil des années ont mis en lumière deux configurations structurelles prédominantes :

  • Modèle à 4 facteurs corrélés : Les analyses factorielles confirmatoires menées sur des échantillons de la population générale valident fréquemment la structure originale à 4 facteurs théoriques (Évaluation, Tangible, Estime, Appartenance). Les indices d’ajustement (CFI > .90, RMSEA ≤ .06) confirment que le modèle quadri-factoriel est nettement supérieur à un modèle unidimensionnel strict. Les saturations factorielles des items sur leurs facteurs respectifs sont généralement supérieures à .40, la majorité oscillant entre .45 et .75.
  • Modèle hiérarchique ou bifactoriel (Bifactor Model) : De nombreuses études empiriques soulignent la pertinence d’un modèle bifactoriel comprenant un facteur général dominant de « Soutien social perçu global » ainsi que quatre facteurs spécifiques résiduels. Ce modèle rend compte du fait que les personnes qui perçoivent un soutien matériel abondant ont également tendance à se sentir incluses et écoutées. Ce constat justifie l’utilisation courante d’un score total composite sommé, tout en conservant l’interprétation clinique détaillée des scores des sous-échelles individuelles.
  • Effet de méthode lié à l’inversion des items : Certains travaux en modélisation structurelle ont identifié un facteur de méthode secondaire lié à la valence des énoncés (items positifs vs items négatifs inversés). Néanmoins, ce facteur résiduel n’obère pas la validité des 4 dimensions de contenu et confirme la pertinence d’avoir équilibré l’instrument avec 20 items positifs et 20 items négatifs pour prévenir l’acquiescement systématique.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’ISEL est un auto-questionnaire standardisé administrable sous format papier-crayon ou sur plateforme numérique. Ses caractéristiques techniques sont synthétisées ci-dessous :

  • Type d’évaluation : Auto-évaluation psychométrique (self-report inventory) évaluant la disponibilité perçue de ressources interpersonnelles.
  • Nombre total d’items : 40 items indépendants.
  • Nombre de dimensions / sous-échelles : 4 sous-échelles comprenant 10 items chacune :
    • Appraisal (Évaluation) : Items 1, 6, 11, 17, 19, 22, 26, 30, 36, 38.
    • Tangible (Soutien matériel) : Items 2, 9, 14, 16, 18, 23, 29, 33, 35, 39.
    • Self-esteem (Estime de soi) : Items 3, 4, 8, 13, 20, 24, 28, 32, 37, 40.
    • Belonging (Appartenance) : Items 5, 7, 10, 12, 15, 21, 25, 27, 31, 34.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 4 points sans point neutre central :
    • Definitely true (Absolument vrai)
    • Probably true (Probablement vrai)
    • Probably false (Probablement faux)
    • Definitely false (Absolument faux)
  • Règles de cotation (Scoring) :
    • Items formulés positivement (20 items) : Items 1, 2, 4, 5, 7, 8, 12, 16, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 26, 31, 32, 33, 37, 38.
      Cotation directe : Definitely true = 3, Probably true = 2, Probably false = 1, Definitely false = 0.
    • Items inversés formulés négativement (20 items) : Items 3, 6, 9, 10, 11, 13, 14, 15, 17, 24, 25, 27, 28, 29, 30, 34, 35, 36, 39, 40.
      Cotation inversée : Definitely true = 0, Probably true = 1, Probably false = 2, Definitely false = 3.
  • Calcul des scores et interprétation :
    • Chaque sous-échelle génère un sous-score compris entre 0 et 30 points.
    • Le score total de l’ISEL s’obtient par la somme des 40 items cotés et varie de 0 à 120 points.
    • Un score plus élevé indique une disponibilité perçue plus importante des ressources de soutien social fonctionnel.
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

La Liste d’évaluation du soutien interpersonnel a été formellement introduite dans la littérature scientifique en 1983 (Cohen & Hoberman) et consolidée dans sa forme définitive en 1985 (Cohen, Mermelstein, Kamarck, & Hoberman).

Statut des droits et conditions d’utilisation :

  • Accès et tarification : L’ISEL est un instrument du domaine public académique mis à disposition gracieusement pour la recherche scientifique et la pratique clinique non commerciale. Aucun droit de licence pécuniaire ni redevance d’auteur n’est requis pour son utilisation.
  • Permissions : Le professeur Sheldon Cohen et ses collaborateurs autorisent l’utilisation de l’ISEL sans demande d’autorisation formelle écrite préalable, à la condition expresse et impérative que les publications, mémoires ou rapports de recherche citent correctement les publications fondatrices originales (Cohen & Hoberman, 1983 ; Cohen et al., 1985).
  • Ressources institutionnelles : Les manuels originaux, les barèmes de cotation et les versions alternatives (notamment l’ISEL-College pour étudiants ou la version abrégée ISEL-12) sont hébergés et consultables sur la page académique officielle du laboratoire de Sheldon Cohen à l’Université Carnegie Mellon (Laboratory for the Study of Stress, Immunity, and Disease).

12. Références / References

  • Cohen, S., & Hoberman, H. M. (1983). Positive events and social supports as buffers of life change stress. Journal of Applied Social Psychology, 13(2), 99–125. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.1983.tb02325.x
  • Cohen, S., Mermelstein, R., Kamarck, T., & Hoberman, H. M. (1985). Measuring the functional components of social support. In I. G. Sarason & B. R. Sarason (Eds.), Social support: Theory, research, and application (pp. 73–94). Martinus Nijhoff Publishers. https://doi.org/10.1007/978-94-009-5115-0_5
  • Cohen, S., & Wills, T. A. (1985). Stress, social support, and the buffering hypothesis. Psychological Bulletin, 98(2), 310–357. https://doi.org/10.1037/0033-2909.98.2.310
  • Cohen, S., Doyle, W. J., Skoner, D. P., Rabin, B. S., & Gwaltney, J. M., Jr. (1997). Social ties and susceptibility to the common cold. JAMA: The Journal of the American Medical Association, 277(24), 1940–1944. https://doi.org/10.1001/jama.1997.03540480040036
  • Festinger, L. (1954). A theory of social comparison processes. Human Relations, 7(2), 117–140. https://doi.org/10.1177/001872675400700202
  • Kamarck, T. W., Manuck, S. B., & Jennings, J. R. (1990). Social support reduces cardiovascular reactivity to challenge. Psychosomatic Medicine, 52(1), 42–58. https://doi.org/10.1097/00006842-199001000-00004
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Merz, E. L., Roesch, S. C., Malcarne, V. L., Penedo, F. J., Llabre, M. M., Weitzman, O. B., Navas-Nacher, E. L., Perera, M. J., Levenson, M. R., & Gallo, L. C. (2014). Validation of interpersonal support evaluation list-12 (ISEL-12) scores among English- and Spanish-speaking Hispanics/Latinos in the HCHS/SOL Sociocultural Ancillary Study. Psychological Assessment, 26(2), 384–394. https://doi.org/10.1037/a0035248

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

There are several people that I trust to help solve my problems.
2

If I needed help fixing an appliance or repairing my car‚ there is someone who would help me.
3

Most of my friends are more interesting than I am.
4

There is someone who takes pride in my accomplishments.
5

When I feel lonely‚ there are several people I can talk to.
6

There is no one that I feel comfortable to talking about intimate personal problems.
7

I often meet or talk with family or friends.
8

Most people I know think highly of me.
9

If I needed a ride to the airport very early in the morning‚ I would have a hard time finding someone to take me.
10

I feel like I’m not always included by my circle of friends.
11

There really is no one who can give me an objective view of how I’m handling my problems.
12

There are several different people I enjoy spending time with.
13

I think that my friends feel that I’m not very good at helping them solve their problems.
14

If I were sick and needed someone (friend‚ family member‚ or acquaintance) to take me to the doctor‚ I would have trouble finding someone.
15

If I wanted to go on a trip for a day (e.g.‚ to the mountains‚ beach‚ or country)‚ I would have a hard time finding someone to go with me.
16

If I needed a place to stay for a week because of an emergency (for example‚ water or electricity out in my apartment or house)‚ I could easily find someone who would put me up.
17

I feel that there is no one I can share my most private worries and fears with.
18

If I were sick‚ I could easily find someone to help me with my daily chores.
19

There is someone I can turn to for advice about handling problems with my family.
20

I am as good at doing things as most other people are.
21

If I decide one afternoon that I would like to go to a movie that evening‚ I could easily find someone to go with me.
22

When I need suggestions on how to deal with a personal problem‚ I know someone I can turn to.
23

If I needed an emergency loan of $100‚ there is someone (friend‚ relative‚ or acquaintance) I could get it from.
24

In general‚ people do not have much confidence in me.
25

Most people I know do not enjoy the same things that I do.
26

There is someone I could turn to for advice about making career plans or changing my job.
27

I don’t often get invited to do things with others.
28

Most of my friends are more successful at making changes in their lives than I am.
29

If I had to go out of town for a few weeks‚ it would be difficult to find someone who would look after my house or apartment (the plants‚ pets‚ garden‚ etc.).
30

There really is no one I can trust to give me good financial advice.
31

If I wanted to have lunch with someone‚ I could easily find someone to join me.
32

I am more satisfied with my life than most people are with theirs.
33

If I was stranded 10 miles from home‚ there is someone I could call who would come and get me.
34

No one I know would throw a birthday party for me.
35

It would me difficult to find someone who would lend me their car for a few hours.
36

If a family crisis arose‚ it would be difficult to find someone who could give me good advice about how to handle it.
37

I am closer to my friends than most other people are to theirs.
38

There is at least one person I know whose advice I really trust.
39

If I needed some help in moving to a new house or apartment‚ I would have a hard time finding someone to help me.
40

I have a hard time keeping pace with my friends.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (ISEL) — Population générale. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/liste-evaluation-soutien-interpersonnel-isel-population-generale-2/
Looti, Mohammed. “Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (ISEL) — Population générale.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/liste-evaluation-soutien-interpersonnel-isel-population-generale-2/.
Looti, Mohammed. “Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (ISEL) — Population générale.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/liste-evaluation-soutien-interpersonnel-isel-population-generale-2/.