1. Résumé / Abstract
La Liste abrégée des problèmes (Brief Problem Checklist, ou BPC), développée par Bruce F. Chorpita et ses collaborateurs en 2010, est un instrument d’évaluation psychométrique ultra-court conçu pour mesurer et surveiller les progrès cliniques hebdomadaires d’enfants et d’adolescents âgés de 7 à 13 ans engagés dans une psychothérapie. Élaborée dans le cadre des approches de soins guidés par les données (Measurement-Based Care) et du réseau de recherche sur la santé mentale des jeunes (Research Network on Youth Mental Health), la BPC répond à la nécessité d’un suivi longitudinal fréquent qui ne surcharge ni le patient, ni la famille, ni le clinicien.
L’instrument comprend exactement 12 items administrés selon un format d’entretien semi-structuré, réalisable par téléphone ou en face-à-face en moins d’une minute en moyenne. Il existe en deux versions parallèles : une version auto-rapportée pour l’enfant (Child Version) et une version hétéro-rapportée pour le parent ou tuteur légal (Caregiver Version). Les items sont évalués sur une échelle de Likert en 3 points (0 = Pas vrai, 1 = Un peu ou parfois vrai, 2 = Tout à fait ou souvent vrai), se référant spécifiquement aux comportements et états émotionnels manifestés au cours des sept derniers jours.
Sur le plan structural, la BPC fournit trois scores principaux : l’échelle des Problèmes Internalisés (6 items capturant l’anxiété, la dépression, le retrait et les plaintes somato-émotionnelles), l’échelle des Problèmes Externalisés (6 items évaluant l’agressivité, l’opposition, la désobéissance et les conduites perturbatrices), et une échelle composite des Problèmes Totaux (somme des 12 items). Ses items ont été rigoureusement dérivés de deux instruments de référence de l’Achenbach System of Empirically Based Assessment (ASEBA) : la Child Behavior Checklist (CBCL) et le Youth Self-Report (YSR), via des analyses factorielles exploratoires et des critères d’optimisation de l’information clinique.
Les études de validation démontrent une excellente validité convergente avec les échelles mères du CBCL ($r ge .56$) et du YSR ($r ge .61$), ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle ($r = .72$ à $.79$ sur un intervalle de 8 à 9 jours). Sa sensibilité au changement thérapeutique longitudinal sur six mois en fait un dispositif central d’aide à la décision clinique en pédopsychiatrie et en psychologie clinique infanto-juvénile.
2. Mots-clés / Keywords
Liste abrégée des problèmes, Brief Problem Checklist, BPC, soins guidés par les données, psychopathologie développementale, troubles internalisés, troubles externalisés, évaluation répétée, Child Behavior Checklist, Youth Self-Report, suivi des progrès cliniques, psychométrie pédiatrique.
3. Auteurs / Authors
La Brief Problem Checklist a été créée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan affiliés au Research Network on Youth Mental Health de la fondation John D. and Catherine T. MacArthur, sous la direction de :
- Bruce F. Chorpita, Ph.D. — Département de psychologie, Université de Californie à Los Angeles (UCLA), Los Angeles, Californie, États-Unis. Spécialiste mondial du traitement empiriquement fondé des troubles anxieux et dépressifs chez l’enfant et l’adolescent. Courriel institutionnel : [email protected].
- Steven P. Reise, Ph.D. — Département de psychologie, Université de Californie à Los Angeles (UCLA), expert en psychométrie avancée, théorie de réponse aux items (IRT) et modélisation par équations structurelles.
- John R. Weisz, Ph.D., ABPP — Département de psychologie, Université Harvard, Cambridge, Massachusetts, États-Unis. Figure majeure de la recherche sur l’efficacité des psychothérapies chez les jeunes.
- Kelly M. Grubbs, Ph.D. — Département de psychologie, Université de Californie à Los Angeles (UCLA).
- Kimberly D. Becker, Ph.D. — Département de psychiatrie, École de médecine de l’Université du Maryland, Baltimore, Maryland, États-Unis.
- Kevin L. Krull, Ph.D. — Département d’épidémiologie et de contrôle du cancer, St. Jude Children’s Research Hospital, Memphis, Tennessee, États-Unis.
- The Research Network on Youth Mental Health — Consortium scientifique interdisciplinaire dédié à l’optimisation des services de santé mentale pour les jeunes.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Brief Problem Checklist (BPC) est d’opérationnaliser le paradigme des soins guidés par la mesure (Measurement-Based Care ou MBC) au sein des services de santé mentale infanto-juvénile. En pratique courante, les cliniciens s’appuient fréquemment sur leur seule intuition ou sur des évaluations globales sporadiques pour juger de l’évolution d’un patient. Or, la littérature en psychologie clinique démontre de façon constante que les praticiens éprouvent de grandes difficultés à détecter précocement la stagnation clinique, la non-réponse au traitement ou la détérioration symptomatique sans le support d’outils standardisés administrés à intervalles rapprochés.
Traditionnellement, l’évaluation dimensionnelle de la psychopathologie de l’enfant repose sur des batteries omnibus telles que la Child Behavior Checklist (CBCL) de Thomas M. Achenbach, qui compte plus de 110 items et exige entre 15 et 25 minutes de passation. Bien que ces inventaires offrent une granularité diagnostique et descriptive indispensable lors du bilan initial (baseline), leur longueur prohibitive interdit leur utilisation hebdomadaire répétée. Soumettre un parent ou un enfant à un questionnaire de 112 items chaque semaine induit une lassitude rapide (respondent burden), une dégradation de la qualité des réponses et un taux d’attrition élevé.
La BPC a été explicitement forgée pour résoudre ce dilemme logistique et psychométrique :
- Minimiser le fardeau temporel et cognitif : Avec seulement 12 items, l’administration de la BPC requiert en moyenne moins d’une minute (environ 45 à 60 secondes par téléphone ou en salle d’attente), permettant une répétition hebdomadaire sans générer de résistance chez les usagers.
- Offrir un système d’alerte clinique en temps réel : En suivant les trajectoires hebdomadaires des scores d’internalisation, d’externalisation et du total des problèmes, le clinicien peut immédiatement identifier si une technique thérapeutique (par exemple, l’exposition dans les troubles anxieux ou la gestion des contingences parentales dans les troubles oppositionnels) produit les effets escomptés ou si une révision du plan de traitement s’impose.
- Intégrer la dyade enfant-parent : En proposant deux formes parallèles (l’une destinée à l’enfant de 7 à 13 ans, l’autre à son parent), la BPC capture les divergences perceptives courantes entre informateurs, fournissant au praticien une vision multidimensionnelle des progrès observés dans l’environnement familial et scolaire versus l’expérience subjective interne de l’enfant.
- Recherche translationnelle et essais cliniques : L’outil sert également d’indicateur sensible du changement dynamique (dynamic tracking of clinical trajectory) au cours des protocoles expérimentaux d’efficacité comparée (effectiveness trials) et dans la modélisation de la courbe de croissance latente (latent growth curve modeling).
5. Construit psychologique / Construct
La BPC évalue la psychopathologie générale infanto-juvénile à travers l’architecture bi-dimensionnelle classique qui structure les taxonomies empiriques contemporaines : les troubles internalisés et les troubles externalisés, complétés par un indicateur de détresse globale nommé Problèmes Totaux.
1. L’Échelle des Problèmes Internalisés (Internalizing Scale)
Cette dimension regroupe les manifestations psychopathologiques dont la valence est principalement dirigée vers l’intérieur du soi (inward-directed distress). Chez les enfants âgés de 7 à 13 ans, ces manifestations englobent :
- La détresse anxieuse : Inquiétudes excessives et diffuses, tensions physiques, peurs incontrôlables et nervosité anticipatoire.
- La dépressivité et l’humeur dysphorique : Tristesse persistante, sentiment de solitude, découragement et pleurs fréquents non modulés par le réconfort.
- Le retrait social et le sentiment d’isolement : Sentiment d’être rejeté, incompris ou replié sur soi-même face aux exigences de l’environnement social et scolaire.
Les 6 items internalisés de la BPC agissent comme des indicateurs « sentinelles » hautement informatifs qui captent le noyau commun de la névrose développementale et des troubles affectifs pédiatriques sans s’encombrer de symptômes idiosyncrasiques de faible prévalence.
2. L’Échelle des Problèmes Externalisés (Externalizing Scale)
Cette sous-échelle quantifie les comportements mésadaptés orientés vers le monde extérieur, autrui ou l’environnement matériel (outward-directed behaviors). Elle est représentée par :
- L’opposition et la désobéissance : Refus actif et répété de se conformer aux consignes des figures d’autorité parentales ou scolaires.
- L’agressivité verbale et physique : Bagarres avec les pairs, menaces de blesser autrui, crises de colère violentes et explosives.
- Les transgressions comportementales : Mensonges, tricheries et destruction délibérée d’objets appartenant à autrui ou à la collectivité.
Ces manifestations correspondent aux critères cardinaux du trouble oppositionnel avec provocation (TOP), des prodromes du trouble des conduites (TC) et de la composante comportementale disruptive souvent associée au déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH).
3. L’Échelle des Problèmes Totaux (Total Problems Scale)
Le score des Problèmes Totaux représente la sommation linéaire des 12 items. Sur le plan théorique, ce score s’apparente au facteur général de psychopathologie (souvent dénommé facteur p dans les modèles hiérarchiques modernes tels que le HiTOP). Il quantifie la charge globale de morbidité psychiatrique et fournit un baromètre unifié de l’intensité symptomatique globale de l’enfant à un instant $T$.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La BPC s’ancre à la croisée de trois courants conceptuels majeurs de la psychologie clinique contemporaine : le modèle empirico-statistique d’Achenbach, la psychopathologie développementale et les théories du feedback clinique continu.
1. L’approche taxonomique empirique d’Achenbach (ASEBA)
Historiquement initiée par Thomas M. Achenbach dès 1966, l’approche empirico-statistique s’oppose aux classifications nosologiques purement catégorielles d’inspiration médicale (telles que le DSM classique). Elle postule que les troubles émotionnels et comportementaux des enfants se distribuent de manière continue le long de spectres quantitatifs d’intensité. Les analyses factorielles massives menées sur des dizaines de milliers d’enfants à travers le monde ont invariablement extrait deux grands métadomaines d’ordre supérieur : le large spectre internalisé (anxiété, dépression, somatisation) et le large spectre externalisé (agressivité, opposition, transgression des règles). La BPC puise directement ses fondations dans cette architecture vérifiée sur le plan transculturel.
2. La Théorie du Suivi Clinique et du Feedback (Measurement-Based Care)
Les travaux de Michael Lambert sur le système OQ (Outcome Questionnaire) et de Leonard Bickman sur le suivi systématique en santé mentale juvénile ont démontré que la mise à disposition de rétroactions périodiques aux cliniciens réduit drastiquement les taux d’échec thérapeutique et raccourcit la durée totale des interventions nécessaires à la rémission. En s’appuyant sur ce cadre, Chorpita et al. ont théorisé la BPC non pas comme un outil diagnostique statique, mais comme un capteur dynamique de trajectoire de soins. Le cadre conceptuel sous-jacent est cybernétique : évaluer $\rightarrow$ comparer à la trajectoire attendue $\rightarrow$ ajuster les techniques thérapeutiques en cours de route.
3. L’Ingénierie Psychométrique de Réduction d’Items
Sur le plan méthodologique, la création de la BPC repose sur la théorie moderne de la mesure, notamment la Théorie de Réponse aux Items (TRI / Item Response Theory) et l’analyse de l’information psychométrique. L’hypothèse fondamentale est qu’un petit sous-ensemble d’items hautement discriminants (possédant des paramètres de discrimination $a$ très élevés et des saturations factorielles massives) peut capturer l’immense majorité de la variance d’un trait latent ($\theta$), rendant superflue l’administration d’échelles de 100 items lorsque l’objectif exclusif est le suivi longitudinal de l’efficacité d’une intervention.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la BPC a été documentée en profondeur par Chorpita et al. (2010) au sein d’une cohorte clinique d’enfants âgés de 7 à 13 ans orientés vers des services ambulatoires de santé mentale en raison de problématiques anxieuses, dépressives ou de comportements perturbateurs.
Validité convergente
La validité convergente de la BPC a été testée en corrélant ses sous-échelles avec les dimensions correspondantes des instruments étalons de référence, à savoir le Youth Self-Report (YSR) pour l’enfant et la Child Behavior Checklist (CBCL) pour le parent :
- Version Enfant (BPC vs YSR) :
- Sous-échelle Internalisée : $r = .65$ ($p < .001$)
- Sous-échelle Externalisée : $r = .61$ ($p < .001$)
- Score Total des Problèmes : $r = .68$ ($p < .001$)
- Version Parent (BPC vs CBCL) :
- Sous-échelle Internalisée : $r = .56$ ($p < .001$)
- Sous-échelle Externalisée : $r = .75$ ($p < .001$)
- Score Total des Problèmes : $r = .72$ ($p < .001$)
Ces coefficients démontrent que, malgré son extrême brièveté (12 items contre plus de 110), la BPC conserve une communauté de variance substantielle avec les batteries complètes d’Achenbach.
Validité discriminante
Les analyses corrélationnelles révèlent que les sous-échelles de la BPC présentent des corrélations plus élevées avec leurs construits homologues qu’avec les construits hétérologues. Ainsi, l’échelle BPC-Externalisée de l’enfant corrèle plus fortement avec le facteur YSR-Externalisé ($r = .61$) qu’avec le facteur YSR-Internalisé ($r = .32$), confirmant la spécificité dimensionnelle de la mesure.
Validité prédictive et sensibilité au changement (Sensibilité longitudinale)
L’apport le plus décisif de l’étude princeps réside dans la modélisation longitudinale sur une durée de 6 mois de psychothérapie active. Les trajectoires de pente (slopes) dérivées des scores hebdomadaires de la BPC prédisent de manière statistiquement significative l’évolution des scores aux bilans complets CBCL et YSR de fin de traitement ($p < .001$). Les pentes de réduction des scores BPC reflètent fidèlement l'atténuation objective des symptômes mesurée par des évaluateurs indépendants, attestant d'une excellente réactivité clinique (responsiveness to treatment-induced change).
Concordance inter-informateurs (Accord Enfant-Parent)
L’accord direct entre la version enfant et la version parent de la BPC a produit des corrélations variant entre $r = .19$ et $r = .31$. Ces valeurs modérées, loin de constituer une faille psychométrique, sont parfaitement alignées avec la méta-analyse fondatrice d’Achenbach, McConaughy et Howell (1987) démontrant que les corrélations inter-informateurs en psychopathologie infanto-juvénile oscillent typiquement autour de $.25$ à $.30$. Les parents sous-estiment régulièrement les symptômes internalisés discrets (peurs, tristesse), tandis que les enfants ont tendance à minimiser leurs agissements externalisés perturbateurs.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité pour une échelle ultra-courte de 12 items pose des défis théoriques spécifiques. En effet, le coefficient classique Alpha de Cronbach ($lpha$) est mécaniquement dépendant du nombre d’items : à intercorrélation égale, une échelle courte obtiendra systématiquement un alpha inférieur à une échelle longue.
Fidélité de cohérence interne
Malgré cette contrainte mathématique, les sous-échelles de la BPC présentent une consistance interne satisfaisante à bonne pour des composites de 6 items :
- Version Parent : Le coefficient $\alpha$ pour l’échelle Externalisée se situe autour de $.76$ à $.82$, tandis que l’échelle Internalisée oscille entre $.70$ et $.75$. Le score Total atteint un $\alpha$ de $.80$ à $.85$.
- Version Enfant : Les coefficients $\alpha$ sont légèrement plus modestes, oscillant entre $.68$ et $.74$ pour les sous-échelles, et atteignant $.78$ pour le score Total des Problèmes.
Fidélité temporelle (Test-Retest)
La stabilité temporelle a été mesurée par Chorpita et al. (2010) auprès d’un sous-échantillon réévalué à un intervalle moyen de 8 à 9 jours, en période de stabilité thérapeutique :
- Échelle Internalisée : coefficients de corrélation intraclasse / de stabilité temporelle de $r = .72$ (enfant) et $r = .75$ (parent).
- Échelle Externalisée : coefficients de $r = .74$ (enfant) et $r = .79$ (parent).
- Score Total des Problèmes : coefficients de $r = .77$ (enfant) et $r = .79$ (parent).
Ces niveaux de fidélité test-retest ($> .70$) sont remarquables pour une mesure de moins d’une minute, garantissant que les fluctuations de scores observées d’une semaine à l’autre traduisent une véritable dynamique clinique plutôt qu’une erreur de mesure aléatoire.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le processus de sélection des items de la BPC a suivi une méthodologie psychométrique rigoureuse en plusieurs étapes, articulant réduction empirique et validation confirmatoire :
1. Bassin initial et sélection basée sur l’information
Les concepteurs ont extrait l’ensemble des items appartenant aux échelles d’internalisation et d’externalisation de la CBCL et du YSR. Des analyses factorielles initiales ont permis d’isoler un premier sous-ensemble de 14 items internalisés et 20 items externalisés présentant les saturations factorielles croisées les plus élevées et les plus stables sur les deux versions (parent et enfant). Par la suite, les items ont été filtrés selon leur capacité à maximiser la fonction d’information clinique (sensibilité maximale aux seuils cliniques de sévérité) et leur pertinence face aux interventions empiriquement soutenues pour l’anxiété, la dépression et les troubles du comportement.
2. Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Les 12 items finaux ont été soumis à une analyse factorielle exploratoire (AFE) utilisant la méthode d’extraction du maximum de vraisemblance (Maximum Likelihood Estimation). L’examen du graphique d’éboulis (scree plot) de Cattell et l’analyse parallèle de Horn ont formellement convergé vers une solution à deux facteurs dominants.
Une rotation oblique (Promax) a été appliquée, partant du postulat clinique réaliste que les problèmes internalisés et externalisés chez l’enfant présentent une corrélation modérée mais non nulle (comorbidité développementale fréquente). Les résultats ont mis en évidence une structure factorielle d’une grande pureté :
- Facteur 1 (Externalisation) : Les 6 items dédiés (désobéissance, menaces, bagarres, crises de colère, mensonges, destruction) ont révélé des saturations factorielles primaires robustes comprises entre $.52$ et $.78$, sans aucune saturation croisée significative ($< .20$) sur le versant internalisé.
- Facteur 2 (Internalisation) : Les 6 items spécifiques (tristesse/dépression, soucis/inquiétudes, solitude, nervosité/peur, pleurs, tension) ont affiché des saturations factorielles primaires oscillant entre $.48$ et $.74$, sans saturation croisée notable sur le versant externalisé.
3. Invariance de mesure et métrique
La structure factorielle à deux dimensions corrélées s’est avérée invariante au niveau de la configuration générale chez les filles et les garçons âgés de 7 à 13 ans, justifiant l’application de la même structure de cotation indépendamment du sexe du jeune patient.
10. Instrument de mesure / Instrument
La BPC se caractérise par une standardisation précise de ses modalités de passation et de son algorithme de calcul des scores :
- Type d’instrument : Échelle brève d’évaluation dimensionnelle de la psychopathologie sous forme d’entretien clinique ou de questionnaire semi-guidé.
- Modes d’administration :
- Entretien téléphonique hebdomadaire (mode privilégié dans l’étude princeps).
- Passation directe en face-à-face lors des séances de thérapie.
- Auto-administration sur support papier ou tablette numérique en salle d’attente.
- Durée de passation : Moins d’une minute (environ 45 à 60 secondes).
- Populations cibles :
- Enfants et adolescents âgés de 7 à 13 ans (version enfant).
- Parents, tuteurs légaux ou soignants principaux (version parent).
- Fenêtre temporelle d’évaluation : Les sept derniers jours précédant l’évaluation (la semaine écoulée).
- Nombre d’items : 12 items au total (6 items d’internalisation + 6 items d’externalisation).
- Format des réponses : Échelle ordinale de Likert en 3 points :
- 0 = Not True (Pas vrai)
- 1 = Somewhat True (Un peu ou parfois vrai)
- 2 = Very True (Tout à fait ou souvent vrai)
- Cotation et calcul des scores :
- Score Problèmes Internalisés : Somme des 6 items d’internalisation (Étendue : 0 à 12 points).
- Score Problèmes Externalisés : Somme des 6 items d’externalisation (Étendue : 0 à 12 points).
- Score Problèmes Totaux : Somme de l’ensemble des 12 items (Étendue : 0 à 24 points).
- Interprétation clinique : Une baisse continue des scores au fil des semaines témoigne d’une réponse clinique favorable. Une absence de décrément après 4 à 6 semaines de traitement standardisé déclenche une concertation d’équipe ou un changement de modalité interventionnelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2010.
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Le contenu lexical direct et la formulation des items originaux sont issus des travaux de Thomas M. Achenbach et du système ASEBA (Achenbach System of Empirically Based Assessment). L’adaptation BPC et son protocole d’administration ont été conçus sous l’égide du Research Network on Youth Mental Health financé par la John D. and Catherine T. MacArthur Foundation et l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).
- Accessibilité et frais (Tarification) : La BPC est mise à la disposition gratuite des cliniciens et des chercheurs pour les usages cliniques directs et les projets de recherche non commerciaux (libre d’accès via les plateformes de diffusion de l’UCLA Child FIRST / Child STEPs).
- Conditions d’utilisation : Toute utilisation institutionnelle ou numérisation au sein d’un logiciel commercial de dossier patient informatisé (DPI) nécessite l’approbation préalable des auteurs et le respect des droits sous-jacents relatifs aux instruments ASEBA.
- Liens institutionnels de consultation : Les formulaires officiels au format PDF sont archivés et téléchargeables sur les plateformes universitaires associées aux projets de Bruce Chorpita (notamment via le site childfirst.ucla.edu).
12. Références / References
- Achenbach, T. M. (1966). The classification of children’s psychiatric symptoms: A factor-analytic study. Psychological Monographs: General and Applied, 80(6), 1–37. https://doi.org/10.1037/h0093906
- Achenbach, T. M., McConaughy, S. H., & Howell, C. T. (1987). Child/adolescent behavioral and emotional problems: Implications of cross-informant correlations for situational specificity. Psychological Bulletin, 101(2), 213–232. https://doi.org/10.1037/0033-2909.101.2.213
- Achenbach, T. M., & Rescorla, L. A. (2001). Manual for the ASEBA School-Age Forms & Profiles. University of Vermont, Research Center for Children, Youth, & Families.
- Bickman, L., Kelley, S. D., Breda, C., de Andrade, A. R., & Riemer, M. (2011). Effects of routine feedback to clinicians on mental health outcomes of youths: Results of a randomized trial. Psychiatric Services, 62(12), 1423–1429. https://doi.org/10.1176/appi.ps.004052010
- Chorpita, B. F., Reise, S., Weisz, J. R., Grubbs, K., Becker, K. D., Krull, J. L., & The Research Network on Youth Mental Health. (2010). Evaluation of the Brief Problem Checklist: Child and caregiver interviews to measure clinical progress. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 78(4), 526–536. https://doi.org/10.1037/a0019602
- Lambert, M. J. (2010). Prevention of treatment failure: The use of clinical support tools for progress targeted mental health treatment. American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/12169-000
- Weisz, J. R., Chorpita, B. F., Frye, A., Ng, M. Y., Lau, N., Bearman, S. K., Ugueto, A. M., Langer, D. A., & Hoagwood, K. E. (2011). Youth Top Problems: Using idiographic, consumer-guided assessment to identify targets and monitor change in youth psychotherapy. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 79(3), 369–380. https://doi.org/10.1037/a0023307
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels complets de la BPC étant dérivés directement de la taxonomie protégée de l’ASEBA (Achenbach System of Empirically Based Assessment), ils sont protégés par le droit d’auteur. Les formulaires originaux doivent être consultés via les publications autorisées ou les dépôts universitaires de l’équipe Child STEPs de l’UCLA. Les descriptions ci-dessous présentent les formulations indicatives en miroir pour la passation enfant et la passation parent/tuteur.
Response scale for all items (referenced to the past 7 days):
0= Not True1= Somewhat or Sometimes True2= Very True or Often True
Part I: Child Version (Auto-évaluation enfant, 7-13 ans)
Instructions: Over the past week, think about how true each statement was for you.
- [Internalizing] I felt sad, unhappy, or depressed.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] I disobeyed my parents or people at school.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] I worried a lot about things.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] I got into fights or threatened to hurt people.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] I felt lonely or thought that nobody liked me.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] I had bad temper tantrums or hot tempers.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] I felt nervous, fearful, or tense.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] I told lies, cheated, or broke rules.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] I cried a lot or felt like crying.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] I deliberately destroyed or damaged things.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] I was troubled by scary thoughts, fears, or worries.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] I physically attacked or threatened someone.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
Part II: Caregiver Version (Évaluation par le parent/tuteur)
Instructions: For each item, please indicate how well it described your child during the past week.
- [Internalizing] Child seemed sad, unhappy, or depressed.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] Child was disobedient at home or at school.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] Child worried excessively about various matters.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] Child threatened to hurt people or got into physical fights.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] Child expressed feelings of loneliness or isolation.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] Child exhibited explosive temper tantrums or intense anger.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] Child appeared overly nervous, anxious, or tense.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] Child engaged in lying, cheating, or rule-breaking behaviors.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] Child cried frequently or showed tearfulness without clear cause.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] Child deliberately broke or destroyed property.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Internalizing] Child was distressed by specific fears, phobias, or worries.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)
- [Externalizing] Child threatened people or was physically cruel/aggressive.
(0 = Not True, 1 = Somewhat True, 2 = Very True)