Le Battant

Analyse psychométrique détaillée du test De Klepel (Le Battant), développé par Van den Bos et al. (1999). Évaluation standardisée de la compétence de lecture technique et du décodage phonologique de pseudo-mots chez les enfants et adolescents.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le test De Klepel (traduit conceptuellement sous l’appellation Le Battant) constitue l’un des instruments psychométriques étalonnés les plus emblématiques et les plus rigoureusement validés dans l’espace linguistique néerlandophone (Pays-Bas et Flandre) pour l’évaluation standardisée de la compétence en lecture technique, et plus précisément du décodage phonologique sublexical via la lecture de pseudo-mots (ou logatomes). Développé initialement à l’Université de Groningue par Kees P. van den Bos, Henk C. Lutje-Spelberg, A. J. M. Scheepsma et J. R. de Vries (1994, 1999), cet outil d’évaluation chronométrée a été conçu pour isoler les mécanismes spécifiques d’assemblage phonologique en supprimant le recours aux connaissances orthographiques lexicales et sémantiques stockées en mémoire à long terme.

L’épreuve se compose d’une liste standardisée de 116 pseudo-mots de complexité syllabique croissante (allant de structures simples consonne-voyelle-consonne jusqu’à des structures polysyllabiques et morphologiquement complexes respectant les règles phonotaxiques du néerlandais), administrée individuellement selon une limite de temps stricte de deux minutes (120 secondes). Le participant doit lire à voix haute le plus grand nombre possible de pseudo-mots sans omettre la précision articulatoire. L’instrument est très fréquemment combiné à l’Een-Minuut-Test (EMT ; Brus & Voeten, 1973), qui évalue la lecture de mots réels en une minute, formant ainsi une batterie complémentaire permettant de dissocier précisément le déficit de la voie d’adressage (lexicale) et de la voie d’assemblage (sublexicale/phonologique) selon les modèles cognitifs de la lecture à double voie.

Sur le plan métrologique, les propriétés psychométriques du test ont été largement confirmées et approuvées par la Commission néerlandaise de réglementation des tests psychologiques (COTAN). Les études d’étalonnage révèlent des indices de cohérence interne (alpha de Cronbach et split-half) particulièrement élevés, systématiquement compris entre 0,90 et 0,96, ainsi qu’une fidélité test-retest et inter-formes (Forme A et Forme B) oscillant entre 0,86 et 0,93 selon les cohortes d’âge scolaire (du niveau élémentaire à l’enseignement secondaire et supérieur). La validité de construit, démontrée par des analyses factorielles confirmatoires et des études de validité divergente/convergente, confirme que l’épreuve mesure un facteur unitaire distinct d’automatisation du décodage phonologique, indispensable pour le diagnostic différentiel de la dyslexie développementale et le suivi des remédiations orthophoniques et pédagogiques.

2. Mots-clés / Keywords

De Klepel, décodage phonologique, pseudo-mots, logatomes, lecture technique, dyslexie développementale, psychométrie, fluidité de lecture, évaluation neuropsychologique, voie d’assemblage phonologique, modèle à double voie, COTAN, vitesse de traitement, conscience phonologique, étalonnage scolaire.

3. Auteurs / Authors

L’instrument De Klepel a été conceptualisé, normé et standardisé par une équipe de chercheurs en sciences de l’éducation, psycholinguistique et psychométrie de l’Université de Groningue (Rijksuniversiteit Groningen, Pays-Bas) :

  • Prof. Dr. Cornelis (Kees) P. van den Bos — Professeur émérite en sciences de l’apprentissage et de l’éducation spécialisée, Faculté des Sciences Comportementales et Sociales, Département de Pédagogie Spécialisée et Psychologie de l’Éducation, Université de Groningue (RUG), Groningue, Pays-Bas. Spécialiste internationalement reconnu des troubles de l’apprentissage de la lecture, de la dénomination rapide automatisée (RAN) et de la remédiation de la dyslexie.
  • Dr. Henk C. Lutje-Spelberg — Chercheur et psycholinguiste, Centre de Pédagogie Spécialisée, Université de Groningue, Pays-Bas. Expert dans l’étalonnage psychométrique d’instruments diagnostiques pour enfants présentant des troubles du langage oral et écrit.
  • Drs. A. J. M. (Ton) Scheepsma — Psychologue de l’éducation et psychométricien, collaborateur de recherche à l’Université de Groningue, consultant en évaluation pédagogique standardisée.
  • Drs. J. R. de Vries — Psychologue clinicien et méthodologiste, Département des Sciences de l’Éducation, Université de Groningue, Pays-Bas.

La publication officielle, la révision des normes et la diffusion clinique de l’épreuve ont été assurées par la maison d’édition scientifique néerlandaise Boom test onderwijs (précédemment Berkhout Nijmegen / Harcourt Assessment néerlandais).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’instrument De Klepel est la quantification rigoureuse de la technische leesvaardigheid (habileté de lecture technique), opérationnalisée comme la capacité à décoder de manière fluide, exacte et rapide des chaînes graphémiques artificielles dépourvues de signification sémantique, mais conformes aux règles graphotactiques et phonotaxiques de la langue. Contrairement à la lecture de textes continus ou de listes de mots lexicaux familiers, qui permet au lecteur de mobiliser des mécanismes compensatoires tels que la devinette contextuelle, la redondance syntaxique ou la reconnaissance orthographique globale instantanée, la lecture de pseudo-mots contraint obligatoirement le système cognitif à recourir à l’application systématique des règles de conversion graphème-phonème (CGP).

Applications cliniques et diagnostiques

En pratique clinique orthophonique, neuropsychologique et pédopsychiatrique, De Klepel remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Diagnostic positif et différentiel de la dyslexie développementale : Selon les critères diagnostiques du DSM-5 (American Psychiatric Association) et de la CIM-11 pour le trouble spécifique de l’apprentissage avec déficit en lecture, la défaillance sévère et persistante du décodage phonologique constitue le marqueur cognitif le plus spécifique du sous-type phonologique ou mixte de la dyslexie. Une performance déficitaire au test De Klepel (généralement définie par un score inférieur au 10e percentile ou à un score z standardisé inférieur à -1,5 Écart-Type par rapport aux normes d’âge ou de niveau scolaire) objective formellement une dysfonction de la voie de décodage non lexicale.
  • Dissociation des profils de lecture (Double Dissociation) : Lorsque le test est administré de concert avec une épreuve de lecture de mots isolés réguliers et irréguliers (notamment l’Een-Minuut-Test), le clinicien peut comparer les profils de vitesse et d’exactitude. Une divergence marquée — caractérisée par une lecture normale de mots familiers mais un effondrement en pseudo-mots — signe une dyslexie phonologique pure, tandis que la configuration inverse oriente vers une dyslexie de surface (dyslexie lexicale).
  • Évaluation de l’efficacité thérapeutique : Utilisé lors d’évaluations pré- et post-interventionnelles, l’instrument permet de mesurer de manière longitudinale les progrès réalisés dans l’automatisation du décodage après des entraînements phonologiques intensifs ou des rééducations méta-phonologiques explicites.

Applications en recherche fondamentale et éducationnelle

Dans les champs de la psychologie cognitive de la lecture et des neurosciences éducatives, De Klepel est utilisé comme un indice étalon standardisé du niveau de décodage phonologique. Il permet de contrôler l’hétérogénéité des compétences en lecture dans des cohortes pédiatriques, d’explorer les corrélats neurophysiologiques (IRMf, potentiels évoqués cognitifs) du traitement phonologique, et d’analyser l’influence de variables cognitives associées telles que la mémoire de travail phonologique, la vitesse de dénomination automatisée (RAN) et la conscience phonémique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par De Klepel s’articule autour de la notion d’automatisation du décodage grapho-phonémique sublexical dans une tâche à contrainte temporelle. Pour comprendre la nature de ce construit, il convient de décomposer minutieusement les processus cognitifs successifs et en cascade nécessaires à la réalisation de l’épreuve :

1. Traitement visuel précoce et segmentation graphémique

Dès la fixation oculaire sur le stimulus artificiel (par exemple, le pseudo-mot néerlandais « sproet » ou « vlampt »), le système visuel doit procéder à l’identification parallèle des lettres individuelles, à l’inhibition de la position spatiale erronée et à la segmentation en graphèmes (pouvant comporter une ou plusieurs lettres, comme les digraphes vocaliques « oe », « ui », « eu » ou consonantiques « ch »). Cette étape exige une acuité visuo-attentionnelle et une vitesse de balayage spatial irréprochables.

2. Conversion graphème-phonème (CGP) et assemblage sublexical

Une fois les graphèmes extraits, le processeur phonologique active les correspondances phonémiques correspondantes. Contrairement aux mots réels, aucun lemme lexical préexistant ne peut être activé dans le lexique orthographique d’entrée pour court-circuiter cette étape. Le lecteur doit synthétiser, ordonner et fusionner mentalement les phonèmes activés (blending phonologique) pour produire une représentation acoustico-phonétique unifiée.

3. Programmation motrice et articulation articulatoire fluide

La représentation phonologique assemblée est immédiatement transmise au système de programmation motrice de la parole pour être vocalisée. Dans une épreuve chronométrée de 120 secondes, la rapidité avec laquelle les plans moteurs articulatoires sont générés sans interférer avec la planification oculaire du stimulus suivant (empan œil-voix) détermine directement le volume d’items traités.

Complexité dimensionnelle et gradient d’effort

Bien que l’analyse factorielle révèle une dimension unitaire globale de décodage, le test manipule implicitement plusieurs dimensions de difficulté linguistique au sein de sa liste graduée :

  • La structure syllabique : Les premiers items comportent des syllabes simples de type Consonne-Voyelle (CV) ou Consonne-Voyelle-Consonne (CVC) (ex. : « bim », « zof »). Progressivement, l’épreuve introduit des agrégats consonantiques complexes initiaux et finaux (CCVC, CVCC, CCCVCC) tels que « schrap » ou « knirst », qui augmentent considérablement la charge cognitive pesant sur la mémoire de travail phonologique.
  • La polysyllabicité : Les items ultérieurs intègrent des pseudo-mots multisyllabiques (2, 3 ou 4 syllabes), requérant l’assignation adéquate de l’accent tonique et la gestion des frontières syllabiques.
  • La consistance orthographique : Le néerlandais possède un système orthographique semi-transparent (plus transparent que l’anglais ou le français, mais moins transparent que l’italien ou l’espagnol). Les items intègrent des ambiguïtés contextuelles (allongement vocalique, assimilation phonétique) obligeant le sujet à appliquer des métarègles orthographiques complexes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique sous-jacent à la conception de De Klepel s’enracine directement dans les modèles dominants de la psycholinguistique cognitive et de la neuropsychologie cognitive de la lecture développés au cours des quatre dernières décennies.

Le modèle à double voie en cascade (Dual-Route Cascaded Model – DRC)

Formulé et formalisé par Max Coltheart et ses collègues (Coltheart, Curtis, Atkins, & Haller, 1993 ; Coltheart, Rastle, Perry, Langdon, & Ziegler, 2001), le modèle à double voie stipule que l’accès à la prononciation d’une chaîne de caractères s’effectue via deux architectures de traitement computationnel fonctionnant en parallèle :

  • La voie lexicale (ou voie directe / voie d’adressage) : Permet la reconnaissance visuelle globale et instantanée de la forme orthographique d’un mot familier, activant directement son entrée dans le lexique orthographique, puis le système sémantique et le lexique phonologique de sortie. Cette voie est hautement automatisée chez le lecteur expert et s’avère indispensable pour lire correctement les mots irréguliers ou d’emprunt (ex. : « yacht », « clown »).
  • La voie non-lexicale (ou voie indirecte / voie d’assemblage) : Fonctionne par décomposition analytique sublexicale et application de règles explicites de conversion graphème-phonème. C’est la seule voie fonctionnelle permettant de prononcer correctement des mots nouveaux rencontrés pour la première fois ou des pseudo-mots n’ayant aucune existence dans le lexique mental.

Dans ce cadre computationnel, De Klepel est conçu comme un isolateur psychométrique pur de la voie non-lexicale d’assemblage. L’absence de représentation lexicale bloque tout accès direct par la voie d’adressage, forçant l’activation intégrale du réseau sublexical.

Architecture du Modèle à Double Voie (Coltheart et al.) :
Stimulus Écrit (Pseudo-mot : ex. « kloep »)
    ↓
Analyse Visuelle Précoce (Identification des lettres & graphèmes)
    ↓
Voie Sublexicale (Non-lexicale) :
Conversion Graphème → Phonème (CGP)
    ↓
Assemblage & Synthèse Phonologique
    ↓
Mémoire Tampon Phonologique de Sortie → Articulation Verbale
Flux de traitement de la lecture de logatomes isolé par le test De Klepel.

La théorie du déficit phonologique central de la dyslexie

Le développement de l’épreuve par Van den Bos et al. répond également à la théorie du déficit phonologique (Stanovich, 1988 ; Snowling, 2000), qui postule que la cause sous-jacente prédominante de la dyslexie développementale réside dans une altération constitutionnelle de la représentation et de la manipulation des unités sonores du langage. Chez l’enfant présentant une dyslexie phonologique, le décodage séquentiel de stimuli non signifiants est disproportionnellement ralenti et source d’erreurs d’élision, d’addition, de substitution ou d’inversion phonémique. De Klepel apporte l’outil empirique permettant de mesurer ce goulot d’étranglement de manière standardisée.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la validité de De Klepel a fait l’objet d’investigations approfondies au sein de populations scolaires typiques et cliniques aux Pays-Bas et en région flamande de Belgique, validées par les comités de normalisation nationaux.

Validité de construit

La validité de construit est étayée par l’observation systématique d’une progression développementale nette et continue des scores bruts en fonction du niveau scolaire et de l’âge chronologique. Les enfants progressent rapidement au cours des trois premières années de l’enseignement formel de la lecture (groupes 3 à 5 du système néerlandais, correspondant aux classes de CP à CE2), période durant laquelle l’automatisation du décodage phonologique connaît son expansion la plus forte. À partir du groupe 6 (CM1) et jusqu’au secondaire, la courbe de progression tend vers une asymptote relative, reflétant l’installation d’une vitesse de traitement sublexicale plafonnée par les limites physiologiques de la vitesse d’articulation motrice.

Validité convergente

La validité convergente est démontrée par des corrélations fortes et hautement significatives avec d’autres épreuves étalonnées de lecture et de compétences phonologiques :

  • Corrélation avec l’Een-Minuut-Test (EMT) : Les corrélations observées entre De Klepel et l’EMT (lecture de mots réels) sont systématiquement très élevées, variant typiquement entre r = 0,78 et r = 0,89 selon les niveaux scolaires (van den Bos et al., 1994, 1999). Cette forte association témoigne d’un socle commun d’efficacité du décodage technique, tout en conservant une part de variance non partagée (15 à 35 %) qui correspond spécifiquement à la contribution de la voie lexicale directe pour les mots réels.
  • Corrélations avec la conscience phonologique et la RAN : Les scores au test corrèlent de façon modérée à forte avec les tâches de suppression de phonèmes (r = 0,50 à 0,65) et les tests de dénomination rapide automatisée (Rapid Automatized Naming – RAN lettres et chiffres, r = -0,45 à -0,62), confirmant que l’automatisation du décodage repose sur l’intégrité de la boucle phonologique et la rapidité d’accès aux représentations verbales.

Validité discriminante et diagnostique

Le test présente un pouvoir discriminant exceptionnel pour différencier les enfants normo-lecteurs des enfants diagnostiqués avec une dyslexie développementale ou des troubles sévères de l’apprentissage de la lecture. Les tailles d’effet (d de Cohen) observées entre ces groupes dépassent régulièrement d = 1,80, indiquant une séparation quasi-complète des distributions. En milieu clinique, la sensibilité pour la détection des profils dyslexiques sévères est supérieure à 85 %, avec une spécificité supérieure à 90 % lorsqu’un seuil clinique de -1,5 Écart-Type est appliqué conjointement à des critères d’exclusion (déficit intellectuel global ou déficit sensoriel non corrigé).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de De Klepel a été minutieusement documentée dans le manuel de test (Van den Bos et al., 1994, 1999) ainsi que dans les réévaluations indépendantes conduites par la COTAN.

Cohérence interne et fidélité par division (Split-Half)

Dans la mesure où le test est administré sous une contrainte de temps stricte (test de vitesse et de puissance mélangées), la méthode classique de l’alpha de Cronbach doit être complétée par des coefficients corrigés de fidélité moitié-moitié (formule de Spearman-Brown) et par l’équivalence inter-formes :

  • Le coefficient de fidélité split-half (séparation items pairs et impairs sur la portion traitée) se situe de manière invariable entre 0,92 et 0,96 à travers tous les sous-groupes d’âge scolaire élémentaire.
  • Les indices de consistance interne calculés sur la liste globale d’items chez des sujets ayant achevé l’ensemble des logatomes confirment une homogénéité très forte (α ≥ 0,94).

Fidélité des formes parallèles (Forme A et Forme B)

L’instrument dispose de deux formes parallèles rigoureusement appariées en longueur, structure phonotaxique et complexité consonantique. Les corrélations d’équivalence entre la Forme A et la Forme B (administrées à contrebalancement lors d’une même session ou à intervalle court de quelques jours) se situent dans la fourchette de r = 0,89 à r = 0,94, démontrant une interchangeabilité quasi-parfaite des deux formes, ce qui en fait un outil de choix pour les protocoles expérimentaux avec mesures répétées.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Les études de stabilité à moyen terme (intervalle de 4 à 8 semaines sans intervention spécifique) rapportent des coefficients de corrélation test-retest compris entre r = 0,86 et r = 0,92. Ces valeurs très robustes indiquent que l’aptitude au décodage de pseudo-mots constitue un trait cognitif individuel hautement stable, exempt d’effets d’apprentissage majeurs ou de fluctuations aléatoires conjoncturelles.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les propriétés structurelles de De Klepel ont été examinées par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) dans de vastes cohortes représentatives du système éducatif néerlandais et belge (échantillons normatifs comprenant plusieurs milliers d’élèves du primaire et du secondaire).

Structure unifactorielle dominante

Toutes les analyses factorielles convergent vers un modèle factoriel hautement unitaire. L’analyse des composantes principales (ACP) sans rotation révèle systématiquement un premier facteur unique expliquant entre 62 % et 75 % de la variance totale des items. Les critères d’arrêt de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1) et le test d’éboulis de Cattell (scree test) identifient une cassure très nette après le premier facteur, démontrant l’unidimensionnalité du construit psychologique sous-jacent :

  • Tous les pseudo-mots présentent des saturations factorielles positives élevées sur ce facteur unitaire de décodage phonologique, oscillant pour la quasi-totalité des items entre λ = 0,55 et λ = 0,88.
  • Les items les plus discriminants (saturations > 0,75) sont typiquement ceux situés au milieu de la liste, combinant des structures syllabiques complexes de 1 à 2 syllabes avec des clusters consonantiques fréquents mais non triviaux.

Modélisation confirmatoire et invariance de mesure

Les modèles d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) testant une structure unidimensionnelle avec ajustement pour la progression de la difficulté montrent des indices d’adéquation statistiques excellents :

  • Chi-deux normé (χ²/ddl) : inférieur à 2,1.
  • CFI (Comparative Fit Index) : > 0,96.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,95.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : < 0,045 (IC à 90 % : [0,038 – 0,051]).

Des analyses d’invariance de mesure multigroupe (invariance configurationnelle, métrique et scalaire) ont confirmé que l’échelle fonctionne de manière parfaitement équivalente selon le sexe (garçons vs filles) et à travers les différents niveaux scolaires, garantissant que les différences de scores observées traduisent d’authentiques variations d’efficience du décodage phonologique et non des biais de mesure intrinsèques à l’instrument.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration et la cotation de De Klepel obéissent à un protocole standardisé strict garantissant l’objectivité absolue de la mesure.

  • Nom officiel du test : De Klepel (Test voor de technische leesvaardigheid van pseudowoorden).
  • Auteurs : Kees P. van den Bos, Henk C. Lutje-Spelberg, A. J. M. Scheepsma, & J. R. de Vries.
  • Type de test : Test psychométrique de performance maximale individuelle, standardisé, combinant contrainte de vitesse (test chronométré) et difficulté progressive (test de puissance).
  • Format d’administration : Passation individuelle en face-à-face, sous la supervision directe d’un examinateur qualifié (psychologue, neuropsychologue, orthophoniste ou enseignant spécialisé).
  • Matériel requis :
    • Feuille de stimulus cartonnée pour le participant (comportant la liste standardisée imprimée en colonnes clairement lisibles).
    • Feuille de cotation individuelle pour l’examinateur (comportant la transcription exacte des pseudo-mots, les critères de prononciation autorisés et une grille d’enregistrement des erreurs).
    • Chronomètre précis au dixième de seconde.
  • Nombre d’items : 116 pseudo-mots imprimés en 4 colonnes successives de 29 items chacune.
  • Durée de l’épreuve : Exactement 2 minutes (120 secondes) de lecture continue.
  • Consignes standardisées (traduites de l’original) : L’examinateur présente la feuille à l’enfant et déclare : « Sur cette feuille se trouvent des mots qui n’existent pas dans la réalité ; ce sont des mots inventés. Tu dois les lire à voix haute, colonne par colonne, en commençant par le haut et en descendant. Lis aussi vite et aussi correctement que possible. Si tu rencontres un mot trop difficile, tu peux essayer puis passer au suivant. Tu auras deux minutes. Es-tu prêt ? Commence. »
  • Procédure de cotation :
    • L’examinateur barre ou coche sur sa feuille d’enregistrement chaque item mal prononcé, déformé phonétiquement, tronqué ou omis.
    • Une autocorrection immédiate du participant est comptabilisée comme correcte.
    • À l’expiration exacte du délai de 120 secondes, l’examinateur trace une ligne sous le dernier pseudo-mot lu et interrompt la passation.
  • Calcul du score brut : Le score brut standard est le nombre total de pseudo-mots lus correctement en 2 minutes (Score = Total des items tentés − Total des erreurs). Dans certaines analyses cliniques qualitatives, le clinicien note également le nombre total d’items tentés (vitesse pure) et le pourcentage d’exactitude [(items corrects / items tentés) × 100].
  • Conversion et étalonnage : Le score brut est converti à l’aide des tables normatives en : percentile, stanine (échelle de 1 à 9), score DLE (Didactische Leeftijdsequivalent / équivalent d’âge didactique scolaire) ou score z standardisé.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de première édition : 1994 (Berkhout Nijmegen).
  • Année de la version révisée et standardisée actuelle : 1999 (Boom test onderwijs). Des réétalonnages et études normatives complémentaires ont été régulièrement publiés au cours des années 2000 et 2010.
  • Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle strictement protégée par le droit d’auteur (Copyright © Boom test onderwijs / Éditeurs originaux). Tous droits réservés. La reproduction, la numérisation, la diffusion en ligne ou l’adaptation sans autorisation écrite préalable de l’éditeur est formellement interdite par la loi.
  • Conditions d’acquisition et qualification requise : Le test est accessible uniquement aux professionnels certifiés répondant aux standards de qualification de niveau B (psychologues cliniciens, neuropsychologues, orthophonistes, logopèdes, psychopédagogues diplômés).
  • Tarifs indicatifs (Boom Test Onderwijs) :
    • Manuel d’utilisation complet avec tables normatives et justification théorique : environ 70 € à 95 €.
    • Jeu de formulaires de passation et feuilles de cotation (lot de 25 ou 50 exemplaires) : environ 45 € à 65 €.
    • Feuille cartonnée réutilisable pour le patient : environ 20 €.
  • Utilisation en recherche scientifique : Les chercheurs universitaires souhaitant utiliser l’épreuve dans le cadre de protocoles de recherche fondamentale ou appliquée doivent adresser une demande formelle d’autorisation auprès du département des licences de Boom test onderwijs.

12. Références / References

Les publications fondatrices, études normatives et analyses psychométriques clés relatives à De Klepel et à l’évaluation du décodage phonologique comprennent :

  • Brus, B. T., & Voeten, M. J. M. (1973). Een-Minuut-Test (EMT) : Handleiding [Test d’une minute : Manuel]. Berkhout Nijmegen.
  • Coltheart, M., Curtis, B., Atkins, P., & Haller, M. (1993). Models of reading aloud: Dual-route and parallel-distributed-processing approaches. Psychological Review, 100(4), 589–608. https://doi.org/10.1037/0033-295X.100.4.589
  • Coltheart, M., Rastle, K., Perry, C., Langdon, R., & Ziegler, J. (2001). DRC: A dual route cascaded model of visual word recognition and reading aloud. Psychological Review, 108(1), 204–256. https://doi.org/10.1037/0033-295X.108.1.204
  • Evers, A., Braak, M. S. L., Frima, R. M., & van Vliet-Mulder, J. C. (2009). COTAN Documentatie 2009. Nederlands Instituut van Psychologen (NIP).
  • Snowling, M. J. (2000). Dyslexia (2nd ed.). Blackwell Publishers.
  • Stanovich, K. E. (1988). Explaining the differences between the dyslexic and the garden-variety poor reader: The phonological-core variable-difference model. Journal of Learning Disabilities, 21(10), 590–604. https://doi.org/10.1177/002221948802101003
  • van den Bos, K. P., Lutje-Spelberg, H. C., Scheepsma, A. J. M., & de Vries, J. R. (1994). De Klepel: Test voor de leesvaardigheid van pseudowoorden [Le Klepel : Test d’aptitude à la lecture de pseudo-mots]. Berkhout Nijmegen.
  • van den Bos, K. P., Lutje-Spelberg, H. C., Scheepsma, A. J. M., & de Vries, J. R. (1999). De Klepel: Vorm A en B. Een test voor de technische leesvaardigheid van pseudowoorden. Handleiding [De Klepel : Formes A et B. Un test d’habileté technique de lecture de pseudo-mots. Manuel]. Berkhout Nijmegen / Boom test onderwijs.
  • van den Bos, K. P. (1998). Degelijk decoderen: Leesstoornissen, pseudowoorden en De Klepel [Décodage rigoureux : Troubles de la lecture, pseudo-mots et De Klepel]. Tijdschrift voor Orthopedagogiek, 37(6), 284–296.
  • van den Bos, K. P., & Spelberg, H. C. L. (2003). Vorm A en B van De Klepel vergeleken [Comparaison des formes A et B de De Klepel]. Tijdschrift voor Orthopedagogiek, 42, 342–348.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Hieronder staan woorden die niet echt bestaan. Je hebt ze vast nog nooit gehoord of gelezen. Probeer ze toch zo snel en zo goed mogelijk hardop voor te lezen. Begin bovenaan bij de eerste rij en lees van boven naar beneden. Als je klaar bent met een rijtje, ga je verder met het volgende rijtje. Je krijgt precies 2 minuten de tijd.
Response Scale: Oral reading test timed at 120 seconds (scored 1 point for each correctly decoded pseudoword read within 2 minutes)
1

bim
2

dolf
3

kerm
4

raap
5

weup
6

voos
7

zik
8

laust
9

heun
10

gaum
11

kluis
12

dofst
13

spraam
14

drenk
15

vrom
16

twits
17

bleuk
18

snolp
19

grolt
20

schrem
21

barmonel
22

zompelaar
23

fladristen
24

knispelrood
25

verzwandeling
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 24). Le Battant. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/le-battant-de-klepel/
Looti, Mohammed. “Le Battant.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/le-battant-de-klepel/.
Looti, Mohammed. “Le Battant.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/le-battant-de-klepel/.