1. Résumé / Abstract
L’évaluation des dynamiques relationnelles et de la stabilité des couples constitue un pan fondamental de la psychologie sociale contemporaine. L’échelle d’Investissement dans la relation (amoureuse) (souvent conceptualisée en tant que sous-échelle de la taille d’investissement au sein de l’Investment Model Scale) a été développée afin de quantifier la magnitude et la nature des ressources qu’un individu engage de manière irrévocable dans son partenariat intime. Enraciné dans les travaux pionniers de Caryl Rusbult sur le modèle d’investissement, cet instrument psychométrique évalue l’ampleur des investissements intrinsèques (le temps, les émotions, l’énergie psychologique, les confidences mutuelles) et extrinsèques (les biens partagés, les finances communes, le réseau social d’amis, les souvenirs collectifs).
Récemment mobilisée et adaptée dans des recherches novatrices à l’intersection de la psychologie et de la prise de décision économique — notamment par Garbinsky, Gladstone, Nikolova et Olson (2020) dans leurs travaux sur l’infidélité financière —, cette mesure permet de comprendre comment la perception des coûts irrécupérables et des ressources consolidées façonne l’engagement psychologique et contraint la dissolution relationnelle. Composée généralement de 5 à 10 items évalués sur une échelle de type Likert allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord ») ou de 0 à 8 selon les versions de laboratoire, l’échelle se distingue par une consistance interne exceptionnelle, affichant régulièrement des coefficients alpha de Cronbach supérieurs à 0,82, et une stabilité temporelle rigoureuse attestée par des corrélations test-retest élevées.
Sur le plan structurel, les analyses factorielles confirmatoires corroborent l’unidimensionnalité de la sous-échelle ou son organisation bifactorielle séparant investissements directs et dérivés, tout en confirmant sa validité discriminante par rapport aux construits voisins tels que la satisfaction conjugale et la qualité perçue des alternatives relationnelles. Cet article propose un examen exhaustif des propriétés psychométriques, des implications théoriques et des applications empiriques de cet outil d’évaluation indispensable pour la recherche sur les relations interpersonnelles et le comportement du consommateur.
2. Mots-clés / Keywords
Investissement relationnel, Modèle d’investissement de Rusbult, Engagement amoureux, Théorie de l’interdépendance, Psychométrie, Infidélité financière, Satisfaction de couple, Alternatives relationnelles, Coûts irrécupérables, Comportement du consommateur.
3. Auteurs / Authors
L’instrumentation contemporaine de la sous-échelle d’investissement dans les contextes de comportement du consommateur et d’études sur l’infidélité financière a été formalisée par une équipe interdisciplinaire de chercheurs éminents :
- Emily N. Garbinsky, Ph.D. — Professeure associée de marketing, Dyson School of Applied Economics and Management, SC Johnson College of Business, Cornell University. Spécialiste des décisions financières des ménages et de la psychologie de la consommation dans les couples.
- Joe J. Gladstone, Ph.D. — Professeur associé en gestion organisationnelle et comportementale, University of Colorado Boulder. Ses recherches portent sur le bien-être financier, la psychométrie comportementale et les sciences de la décision.
- Hristina Nikolova, Ph.D. — Professeure associée de marketing, Coughlin Sesquicentennial Fellow, Carroll School of Management, Boston College. Experte du jugement et de la prise de décision chez les dyades amoureuses.
- Jenny G. Olson, Ph.D. — Professeure adjointe de marketing, Kelley School of Business, Indiana University Bloomington. Spécialiste des dynamiques relationnelles, de la moralité économique et de la gestion budgétaire partagée.
Ces auteurs se sont appuyés sur les formulations canoniques initialement développées et validées par la regrettée Caryl E. Rusbult (Université de Caroline du Nord à Chapel Hill), pionnière mondiale de la psychologie des relations intimes, en collaboration avec John M. Martz et Christopher R. Agnew (1998).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle d’investissement dans la relation amoureuse est de capturer quantitativement la densité, la profondeur et l’irréversibilité perçue des ressources matérielles, sociales, émotionnelles et temporelles qu’un individu a injectées dans sa dynamique de couple. Dans le paradigme traditionnel de la psychologie de l’engagement, la simple satisfaction affective ne suffit pas à prédire la longévité d’une union. Nombreux sont les couples qui, bien que traversant des périodes d’insatisfaction aiguë, demeurent fermement engagés l’un envers l’autre. L’échelle a été conçue pour résoudre cette énigme théorique en introduisant le concept d’investissement : elle permet d’évaluer la barrière structurelle et psychologique à la rupture que constitue la perte potentielle des ressources investies.
Dans la recherche fondamentale en psychologie sociale, l’échelle sert à cartographier le processus par lequel deux entités autonomes fusionnent progressivement leurs existences, transformant le « moi » en un « nous » interdépendant. Elle opérationnalise la notion selon laquelle quitter une relation ne signifie pas seulement renoncer à un partenaire, mais détruire ou abandonner tout un ensemble de réalisations, de réseaux de sociabilité et d’investissements identitaires impossibles à récupérer intacts.
Dans le domaine appliqué du comportement du consommateur et de l’économie comportementale des ménages — tel qu’illustré de manière paradigmatique par Garbinsky et al. (2020) —, l’échelle permet de répondre à des questions critiques concernant la gestion des ressources financières et les transgressions intimes. Les auteurs ont mobilisé cette sous-échelle pour comprendre pourquoi et comment des conjoints choisissent de cacher des comptes bancaires, de dissimuler des dettes ou d’effectuer des dépenses secrètes (phénomène d’infidélité financière). Un niveau élevé d’investissement dans la relation crée un verrou psychologique et matériel : les partenaires fortement investis possèdent une conscience aiguë du coût exorbitant que représenterait la désintégration de l’union. Par conséquent, l’outil permet d’évaluer dans quelle mesure l’investissement relationnel agit comme un puissant mécanisme de régulation morale, ou à l’inverse, comment la perception d’un déséquilibre dans les investissements consentis peut déclencher des comportements financiers compensatoires et secrets.
En pratique clinique et en thérapie de couple, cet instrument offre aux praticiens une grille d’analyse diagnostique rigoureuse. Il permet d’identifier si l’adhésion d’un patient à son couple est guidée par un élan intrinsèque ou par la terreur d’un effondrement matériel et logistique. Il s’avère particulièrement pertinent lors des phases de médiation conjugale, de réconciliation post-transgression ou de restructuration des dynamiques financières du ménage.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par cet instrument correspond à la Taille de l’Investissement Relationnel (Investment Size), défini théoriquement par Caryl Rusbult comme l’ensemble des ressources, tangibles ou intangibles, directement ou indirectement connectées à une relation, et qui seraient irrémédiablement perdues, amoindries ou rendues caduques si cette relation venait à s’interrompre.
Ce construit psychologique complexe s’articule autour de deux dimensions conceptuelles majeures :
Les investissements intrinsèques (Extrinsèques ou Directs)
Les investissements intrinsèques représentent les ressources injectées délibérément et directement au cœur même de la dyade afin d’alimenter son fonctionnement quotidien. Ces composantes englobent :
- Le temps investi : La part d’existence, les années, les journées et les moments de vie consacrés exclusivement à bâtir la vie commune. Le temps ne pouvant être récupéré, il représente la ressource la plus périssable et la plus contraignante.
- L’énergie émotionnelle et psychologique : Le travail affectif consenti pour comprendre le partenaire, surmonter les crises, apaiser les conflits et apporter un soutien moral indéfectible.
- Le dévoilement de soi (Self-disclosure) : Les secrets les plus intimes, les vulnérabilités, les traumatismes passés et les espoirs futurs partagés uniquement avec ce partenaire, rendant l’individu vulnérable et profondément interconnecté.
Les investissements extrinsèques (Dérivés ou Indirects)
Les investissements extrinsèques renvoient aux ressources, objets, relations ou structures initialement extérieurs à la relation, mais qui ont été connectés à celle-ci au fil du temps par un processus d’assimilation mutuelle. Ils incluent :
- Les ressources financières et matérielles communes : L’achat conjoint de biens immobiliers, la souscription de prêts partagés, les comptes bancaires conjoints, le mobilier et les véhicules partagés. Dans l’étude de Garbinsky et al. (2020), cette sous-dimension est cruciale : la mutualisation des finances rend toute rupture financièrement catastrophique.
- Le réseau social partagé : Les amitiés créées en couple, l’intégration intime au sein de la belle-famille et les liens communautaires. La séparation entraîne inévitablement une fracture ou une renégociation douloureuse de ce tissu social.
- Les souvenirs partagés et les rituels symboliques : Les traditions de couple, les vacances mémorables, les projets d’avenir communs et l’identité sociale forgée aux yeux d’autrui (« nous » en tant qu’entité publique).
- Les enfants et la parentalité partagée : Bien que souvent mesurée séparément dans les études démographiques, la présence d’enfants représente l’investissement extrinsèque ultime liant les parents de manière indélébile.
Le construit psychologique d’investissement se distingue formellement de la satisfaction : alors que la satisfaction est une évaluation hédonique de l’état actuel de la relation (« Est-ce que cette relation me procure du bonheur maintenant ? »), l’investissement représente un coût historique irrécupérable (« Que perdrais-je si cette relation s’arrêtait ? »). C’est précisément cette mémoire des coûts cumulés qui stabilise le lien psychologique même lorsque la satisfaction fluctue.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle d’investissement s’inscrit au carrefour de deux cadres théoriques majeurs : la théorie de l’interdépendance formulée à l’origine par Harold Kelley et John Thibaut (1978), et son extension formalisée par Caryl Rusbult (1980, 1983) connue sous le nom de Modèle d’Investissement des Processus Relationnels (Investment Model of Relationship Processes).
La Théorie de l’Interdépendance de Thibaut et Kelley
Selon cette perspective issue de la psychologie sociale économique, les interactions au sein d’une relation amoureuse sont analysées comme des échanges de récompenses et de coûts. Deux critères de référence régissent l’évaluation de ces résultats :
- Le niveau de comparaison (Comparison Level, CL) : La norme subjective de ce qu’une personne estime mériter dans une relation, déterminant la satisfaction.
- Le niveau de comparaison des alternatives (Comparison Level for Alternatives, CLalt) : La valeur perçue de la meilleure alternative disponible en dehors de la relation actuelle (être seul, fréquenter d’autres personnes), déterminant la dépendance.
Le Modèle d’Investissement de Caryl Rusbult
Caryl Rusbult a identifié une lacune critique dans la théorie classique de l’interdépendance : celle-ci n’expliquait pas adéquatement pourquoi des individus demeurent dans des relations insatisfaisantes où les alternatives objectives semblent pourtant acceptables, voire supérieures (par exemple, dans les relations abusives ou malheureuses). Rusbult a postulé que l’engagement ne dépend pas uniquement de la satisfaction et des alternatives, mais nécessite une troisième variable indépendante capitale : l’investissement.
L’équation canonique du modèle d’investissement s’exprime comme suit :
Engagement = f(Satisfaction + Taille de l’Investissement – Qualité des Alternatives)
Dans ce modèle, l’investissement agit comme un stabilisateur structurel. Plus un individu investit de ressources non récupérables dans un partenaire, plus le coût de sortie (switching cost ou exit cost) s’élève, augmentant ainsi le niveau d’engagement psychologique. L’engagement, à son tour, favorise des comportements pro-relationnels indispensables à la survie de la dyade : la propension à pardonner les offenses, la volonté de se sacrifier, l’illusion de supériorité du couple face aux autres, et la dévalorisation active des partenaires alternatifs attrayants.
Dans l’application de Garbinsky et al. (2020), ce cadre théorique a été transposé au domaine de la consommation conjointe et des finances personnelles. L’infidélité financière (par exemple dissimuler des dettes ou des achats impulsifs) menace l’équilibre du modèle d’investissement. Les auteurs démontrent que lorsque les partenaires perçoivent que leurs investissements dans le couple sont réciproques et massifs, la probabilité d’adopter des comportements financièrement infidèles diminue, car les risques perçus de dissolution relationnelle et d’annihilation des investissements accumulés deviennent insupportables pour l’individu rationnel et émotionnel.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle d’investissement a fait l’objet de vérifications empiriques massives au cours des quatre dernières décennies, tant dans les cohortes amoureuses générales que dans les protocoles de recherche en sciences de la gestion et du comportement du consommateur.
Validité de Construit (Construct Validity)
La validité de construit est étayée par des indices d’adéquation robustes lors de modélisations en équations structurelles (Structural Equation Modeling, SEM). L’échelle capture fidèlement le noyau conceptuel de la théorie de Rusbult : les scores globaux d’investissement s’accroissent de façon linéaire avec la durée de la relation amoureuse, la transition de la fréquentation informelle vers la cohabitation, le mariage, et l’arrivée d’enfants partagés (Rusbult, Martz, & Agnew, 1998).
Validité Convergente (Convergent Validity)
L’échelle corrèle fortement et positivement avec les mesures établies de l’engagement conjugal, notamment la dimension de dévouement de l’échelle d’engagement de Stanley et Markman (r = 0,60 à 0,72), ainsi qu’avec les scores d’inclusion de l’autre dans le soi (Inclusion of Other in the Self Scale, IOS d’Aron et al., r = 0,55 à 0,68). Dans l’étude de Garbinsky et al. (2020), l’investissement relationnel corrélait négativement de manière significative avec les scores de propension à commettre des infidélités financières (r = -0,38 à -0,45), démontrant que plus un individu ressent qu’il a investi dans sa relation, moins il s’adonne à la tromperie financière.
Validité Discriminante (Discriminant Validity)
Une préoccupation psychométrique récurrente est le risque de colinéarité entre la satisfaction et l’investissement. Les analyses factorielles confirmatoires ont systématiquement réfuté l’hypothèse d’un facteur d’évaluation générale unique. L’analyse de variance partagée démontre que l’investissement partage généralement moins de 30 % de variance avec la satisfaction relationnelle (les corrélations inter-facteurs oscillent entre r = 0,35 et r = 0,52), attestant que les participants distinguent clairement le plaisir immédiat ressenti au sein du couple (satisfaction) de l’accumulation de ressources engagées (investissement). De même, les corrélations avec la qualité perçue des alternatives sont très faibles ou modérément négatives (r = -0,15 à -0,28).
Validité Prédictive et Longitudinale (Predictive Validity)
Des recherches longitudinales (ex. Le & Agnew, 2003 ; Impett et al., 2005) confirment que l’échelle d’investissement prédit la persistance ou la rupture relationnelle sur des périodes de six mois à plusieurs années. L’investissement explique une part unique et significative de la variance du maintien du couple (ΔR² variant de 0,08 à 0,16), au-delà de ce qui est prédit par la satisfaction conjugale seule. Dans les contextes de crise conjugale, un score d’investissement élevé demeure le prédicteur le plus résistant de la survie de la dyade.
8. Fidélité / Reliability
L’échelle d’investissement dans la relation amoureuse présente des propriétés de consistance interne et de stabilité métrologique remarquables au sein d’échantillons culturels et démographiques diversifiés.
Consistance Interne (Internal Consistency)
Dans l’étude originelle de validation de l’Investment Model Scale menée par Rusbult, Martz et Agnew (1998), la sous-échelle d’investissement présentait un coefficient alpha de Cronbach (α) remarquable de 0,84 pour les items directs et de 0,82 pour les mesures à facettes spécifiques. Dans la vaste méta-analyse conduite par Le et Agnew (2003), agrégeant 52 études et plus de 11 000 participants, l’alpha moyen pondéré de la sous-échelle d’investissement s’élevait à 0,83 (IC à 95 % : [0,81, 0,85]).
Dans l’investigation empirique de Garbinsky, Gladstone, Nikolova et Olson (2020), la sous-échelle d’investissement relationnel administrée aux cohortes de consommateurs a démontré une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach variant entre 0,85 et 0,89 à travers les différentes études de leur article. La fidélité composite (Composite Reliability, CR) dépasse fréquemment le seuil strict de 0,85, tandis que la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) excède le standard psychométrique de 0,50.
Fidélité Test-Retest (Test-Retest Reliability)
La stabilité temporelle de la mesure est hautement satisfaisante sur des intervalles courts et moyens. Sur une période de 4 semaines, les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et de corrélation de Pearson se situent généralement entre r = 0,82 et r = 0,88 dans des populations étudiantes et communautaires stables. Sur des périodes longitudinales plus étendues (6 à 12 mois), la corrélation test-retest demeure modérée à forte (r = 0,65 à 0,72), reflétant la nature dynamique mais structurellement stable du construit d’investissement au fil de la trajectoire de vie du couple.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les investigations psychométriques portant sur la structure factorielle de la mesure d’investissement confirment la solidité théorique de son architecture interne à l’aide de l’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et de l’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC).
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des analyses exploratoires menées avec extraction en composantes principales ou factorisation en axes principaux suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin), les items de l’échelle d’investissement se regroupent systématiquement sur un facteur dominant unique expliquant entre 54 % et 68 % de la variance totale des items. Les saturations factorielles (factor loadings) pour l’ensemble des items sont particulièrement nettes, oscillant entre 0,62 et 0,88, sans cross-loadings significatifs (saturnations croisées < 0,25) sur les facteurs parallèles de satisfaction ou d’alternatives.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Les modèles confirmatoires testés sur de grands échantillons (ex. N > 500) démontrent une excellente adéquation des données au modèle unidimensionnel direct, ainsi qu’au modèle hiérarchique à deux facteurs (distinguant investissements intrinsèques et extrinsèques). Les indices d’ajustement conventionnels rapportés dans la littérature sont conformes aux recommandations strictes de Hu et Bentler (1999) :
- Chi-deux normé (χ²/ddl) : inférieur à 2,5.
- CFI (Comparative Fit Index) : > 0,95 (couramment compris entre 0,96 et 0,98).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,94.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : < 0,06 (avec des intervalles de confiance à 90 % situés entre 0,038 et 0,065).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : < 0,045.
Les tests d’invariance de mesure (measurement invariance) ont également été établis à travers le genre (hommes vs femmes) et le statut relationnel (mariés vs partenaires concubins), confirmant une invariance configurale, métrique et scalaire complète. Ces résultats garantissent que les différences de scores observées entre groupes reflètent de véritables variations du niveau d’investissement relationnel plutôt que des artefacts d’interprétation des énoncés.
10. Instrument de mesure / Instrument
Les caractéristiques structurelles et techniques de l’instrument se présentent comme suit :
- Type de test : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (évaluation par auto-rapport).
- Format d’administration : Papier-crayon ou administration numérique en ligne (Qualtrics, REDCap, Gorilla, etc.).
- Nombre d’items : Variable selon les versions ; généralement composé de 5 items globaux (version courte directe de Rusbult et al., 1998) ou de 10 à 15 items incluant les facettes spécifiques d’investissement (biens matériels, temps, secrets partagés, enfants, etc.). Garbinsky et al. (2020) emploient principalement la batterie directe à 5 items adaptée au contexte des finances et de la dyade amoureuse.
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 ou 9 points. Le plus fréquemment, une échelle en 7 points est utilisée, ancrée de 1 (« Pas du tout d’accord » / « Do not agree at all ») à 7 (« Entièrement d’accord » / « Completely agree »). La version originelle de Rusbult utilisait une échelle de 0 (« Not at all ») à 8 (« Completely agree »).
- Cotation et calcul des scores : Les scores individuels sont sommés ou moyennés pour produire un score d’investissement composite global. Aucun item n’est formulé de manière inversée dans la version directe standard de l’échelle d’investissement (tous les items sont cotés positivement). Un score moyen plus élevé reflète un niveau d’investissement relationnel plus profond et perçu comme plus irrévocable.
- Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes pour la sous-échelle d’investissement seule.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : Le modèle d’investissement a été formalisé en 1980 et 1983 ; l’échelle standardisée de mesure Investment Model Scale a été officiellement publiée en 1998 par Rusbult, Martz et Agnew. L’application spécifique aux interactions financières et au comportement des consommateurs a été publiée en 2020 par Garbinsky, Gladstone, Nikolova et Olson.
- Tarifs d’utilisation : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite dans le cadre de recherches académiques non commerciales, d’études universitaires et d’évaluations scientifiques à but non lucratif.
- Statut du droit d’auteur et permissions : Les instruments psychométriques dérivés des travaux de Caryl Rusbult relèvent de la politique d’accès académique ouvert sous condition de citation appropriée des sources scientifiques originelles. Toutefois, les versions publiées dans des revues protégées par des éditeurs commerciaux (telles que l’American Psychological Association ou Oxford University Press / Journal of Consumer Research) restent sous copyright éditorial quant à leur mise en page typographique précise. Les chercheurs souhaitant intégrer ces mesures dans des outils commerciaux ou des applications thérapeutiques privées payantes doivent solliciter une autorisation formelle auprès des titulaires de droits correspondants.
12. Références / References
Les publications fondatrices et empiriques ci-dessous constituent le corpus académique de référence de l’échelle (style APA 7e édition) :
- Garbinsky, E. N., Gladstone, J. J., Nikolova, H., & Olson, J. G. (2020). Love, lies, and money: Financial infidelity in romantic relationships. Journal of Consumer Research, 47(1), 1–24. https://doi.org/10.1093/jcr/ucz052
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Impett, E. A., Beals, K. P., & Peplau, L. A. (2001). Testing the investment model of relationship commitment and stability in a longitudinal study of married couples. Current Psychology, 20(4), 312–326. https://doi.org/10.1007/s12144-001-1014-z
- Kelley, H. H., & Thibaut, J. W. (1978). Interpersonal relations: A theory of interdependence. John Wiley & Sons.
- Le, B., & Agnew, C. R. (2003). Need fulfillment and persistence in close relationships: Does commitment mediate the relationship? Personal Relationships, 10(2), 227–243. https://doi.org/10.1111/1475-6811.00047
- Rusbult, C. E. (1980). Commitment and satisfaction in romantic associations: A test of the investment model. Journal of Experimental Social Psychology, 16(2), 172–186. https://doi.org/10.1016/0022-1031(80)90007-4
- Rusbult, C. E. (1983). A longitudinal test of the investment model: The development (and deterioration) of satisfaction and commitment in heterosexual involvements. Journal of Personality and Social Psychology, 45(1), 101–117. https://doi.org/10.1037/0022-3514.45.1.101
- Rusbult, C. E., Martz, J. M., & Agnew, C. R. (1998). The Investment Model Scale: Measuring commitment level, satisfaction level, quality of alternatives, and investment size. Personal Relationships, 5(4), 357–391. https://doi.org/10.1111/j.1475-6811.1998.tb00177.x