Inventory of Complicated Grief (ICG) | PsychScales

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1. Résumé / Abstract

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L’Inventaire du deuil compliqué (Inventory of Complicated Grief, ICG), développé initialement par le Pr Holly G. Prigerson et ses collaborateurs en 1995, est un instrument psychométrique de référence international conçu pour dépister, évaluer et quantifier la sévérité des manifestations cliniques associées au deuil pathologique, également désigné sous le terme de trouble du deuil prolongé (Prolonged Grief Disorder selon la CIM-11 et le DSM-5-TR). Contrairement aux réactions de deuil dites normatives ou intégrées, le deuil compliqué se caractérise par un état de détresse persistant, envahissant et invalidant, qui perdure bien au-delà de la période d’adaptation culturellement attendue après la perte d’un être cher.

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L’ICG se compose de 19 items auto-rapportés évaluant les composantes affectives, cognitives, somatiques et comportementales du deuil inadapté. Les répondants évaluent la fréquence d’apparition de chaque symptôme au moyen d’une échelle ordinale de type Likert en 5 points, allant de 0 (Never / Jamais) à 4 (Always / Toujours). Le score total varie ainsi de 0 à 76 points. Un score seuil clinique strictement supérieur à 25 (score > 25) permet d’identifier de manière fiable les personnes présentant un risque élevé d’altération fonctionnelle majeure, de morbidité psychiatrique et de complications somatiques sévères.

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Sur le plan psychométrique, l’ICG présente d’excellentes qualités de mesure : une consistance interne remarquable (coefficient alpha de Cronbach de α = 0,94 dans l’étude princeps), une stabilité temporelle satisfaisante à six mois d’intervalle (fidélité test-retest de r = 0,80), ainsi qu’une validité convergente et discriminante robuste vis-à-vis des échelles d’évaluation de la dépression majeure (comme le BDI) et des troubles anxieux (comme le STAI). L’instrument s’est imposé comme le gold standard dans la recherche clinique internationale et la pratique psychiatrique et psychologique pour l’évaluation empirique des trajectoires de deuil dysfonctionnel.

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2. Mots-clés / Keywords

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Inventaire du deuil compliqué, ICG, deuil prolongé, deuil pathologique, psychométrie, Holly G. Prigerson, attachement, validité clinique, échelle de mesure, perte traumatique, santé mentale, fidélité test-retest, détresse psychologique.

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3. Auteurs / Authors

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L’Inventaire du deuil compliqué a été conçu et validé par une équipe pluridisciplinaire d’experts en psychiatrie gériatrique, épidémiologie et méthodologie psychométrique au sein de l’Université de Pittsburgh (Western Psychiatric Institute and Clinic) :

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  • Holly G. Prigerson, Ph.D. : Professeure de sociologie en médecine et codirectrice du Cornell Center for Research on End-of-Life Care, Weill Cornell Medicine, New York, États-Unis. Spécialiste de renommée mondiale de l’épidémiologie du deuil et des soins palliatifs.
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  • Paul K. Maciejewski, Ph.D. : Professeur associé de biostatistique en radiologie et psychiatrie, Weill Cornell Medicine, New York, États-Unis.
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  • Charles F. Reynolds III, M.D. : Professeur émérite distingué de psychiatrie, University of Pittsburgh School of Medicine, Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis.
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  • David J. Bierhals, M.D. : Chercheur en psychiatrie clinique, Western Psychiatric Institute and Clinic, University of Pittsburgh Medical Center.
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  • John T. Newsom, Ph.D. : Psychologue et méthodologiste, Department of Psychology, Portland State University, Portland, Oregon, États-Unis.
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  • Amy Fasiczka, M.A. : Coordinatrice de recherche clinique, University of Pittsburgh, Pittsburgh, États-Unis.
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  • Ellen Frank, Ph.D. : Professeure émérite de psychiatrie et de psychologie, University of Pittsburgh School of Medicine.
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  • David J. Kupfer, M.D. : Professeur émérite de psychiatrie, University of Pittsburgh School of Medicine.
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4. Objectif / Purpose

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L’objectif fondamental de l’ICG est de distinguer empiriquement les réponses universelles et adaptatives au décès d’un proche des manifestations syndromiques d’un deuil figé, chronique et pathologique. Historiquement, la nosographie psychiatrique avait tendance à subsumer les difficultés liées au veuvage et au deuil sous les diagnostics de trouble dépressif majeur ou de trouble de stress post-traumatique (TSPT). Les travaux de Prigerson et al. ont démontré que le deuil compliqué constitue une entité psychopathologique distincte, possédant une étiologie propre, une trajectoire évolutive singulière et des conséquences sanitaires spécifiques qui ne répondent pas de manière optimale aux antidépresseurs tricycliques ou aux thérapies interpersonnelles standards non ciblées.

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Applications cliniques

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En contexte clinique (consultations psychiatriques, centres d’oncologie, unités de soins palliatifs, services d’urgences médico-psychologiques), l’ICG remplit plusieurs fonctions majeures :

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  • Dépistage précoce et triage : Identifier rapidement les individus endeuillés qui franchissent le seuil critique d’inadaptation psychologique (> 25) et nécessitent une prise en charge spécialisée, telle que la thérapie spécifique du deuil compliqué (Complicated Grief Therapy, CGT).
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  • Diagnostic différentiel : Établir une distinction claire entre la tristesse normale liée au travail de deuil, la dépression caractérisée (centrée sur la dévalorisation de soi et l’anhédonie généralisée) et le deuil prolongé (centré sur le manque obsessionnel et l’aspiration irrépressible envers le défunt).
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  • Évaluation de l’efficacité thérapeutique : Suivre longitudinalement l’atténuation des symptômes sous l’effet d’interventions psychothérapeutiques ou pharmacologiques ciblées.
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Applications en recherche

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Sur le plan de la recherche fondamentale et translationnelle, l’ICG permet de standardiser la sélection d’échantillons homogènes dans les études sur les mécanismes neurobiologiques de l’attachement, l’impact immunitaire du stress chronique consécutif à la perte, les anomalies de la régulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA), ainsi que les études d’épidémiologie longitudinale évaluant les risques cardiovasculaires, les altérations du sommeil et les conduites suicidaires post-perte.

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5. Construit psychologique / Construct

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L’ICG opérationnalise le construit du deuil compliqué comme un syndrome multidimensionnel unifié, caractérisé par la perturbation persistante du système d’attachement et de l’intégration cognitive de la perte. Les 19 items explorent plusieurs facettes phénoménologiques interconnectées :

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1. L’état de manque et l’aspiration douloureuse (Yearning / Pining)

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Considéré comme le symptôme cardinal du deuil compliqué, cet aspect reflète un désir intense, récurrent et envahissant d’être réuni avec la personne décédée. Il se traduit par une attraction irrépressible vers les lieux, objets et souvenirs rattachés au disparu (items 1, 4 et 5). Cette aspiration est si prenante qu’elle entrave la capacité de l’individu à accomplir ses routines quotidiennes fondamentales.

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2. L’incrédulité, la sidération et la non-acceptation cognitive (Disbelief & Non-Acceptance)

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L’individu éprouve une incapacité structurelle à intégrer la réalité définitive et irréversible de la mort. Cela s’exprime par un sentiment persistant d’irréalité, de choc ou d’hébétude cognitive (« stunned or dazed », items 3, 7 et 8). Le sujet vit psychiquement dans l’attente du retour du défunt, maintenant un clivage entre la réalité objective et l’expérience subjective.

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3. L’amertume, la colère et le sentiment d’injustice (Anger & Bitterness)

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La perte génère une révolte affective profonde dirigée contre le destin, le corps médical, l’entourage ou la personne décédée elle-même (items 6, 16, 17 et 18). L’endeuillé ressent une amertume envahissante face au caractère jugé inique de la situation et développe souvent des sentiments de jalousie ou d’envie envers les personnes qui n’ont pas vécu un tel déchirement.

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4. Le détachement social, la solitude et la perte de sens (Social Detachment & Emptiness)

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La disparition de la figure d’attachement entraîne une érosion drastique du sentiment d’utilité et de sécurité existentielle. L’individu estime que sa vie est dénuée de sens et vide sans la présence du défunt (item 13), s’isole affectivement, éprouve une méfiance accrue envers autrui (item 9) et perd sa capacité à investir émotionnellement de nouvelles relations (items 10 et 19).

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5. Les manifestations somatosensorielles et d’identification

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Dans les formes sévères, le deuil pathologique se manifeste par des distorsions perceptives quasi-hallucinatoires (entendre distinctement la voix du défunt ou percevoir sa présence physique, items 14 et 15), des conduites d’évitement phobique des rappels du décès (item 12), ou encore l’apparition de symptômes somatiques mimant ceux de la maladie terminale du proche décédé (douleurs d’identification, item 11).

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6. Cadre théorique / Theoretical Framework

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L’ICG s’ancre à la croisée de trois courants théoriques majeurs de la psychologie et de la psychopathologie contemporaines :

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1. La théorie de l’attachement (John Bowlby)

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Selon les travaux fondateurs de John Bowlby (1980) et les prolongements de Mary Ainsworth, la perte involontaire d’une figure d’attachement primaire déclenche une activation automatique et intense du système comportemental d’attachement. Chez l’adulte sécurisé, la phase initiale de protestation et de recherche cède progressivement la place à la désorganisation, puis à la réorganisation cognitive et affective. Dans le deuil compliqué, ce processus d’adaptation est entravé : l’individu reste piégé dans une boucle perpétuelle de protestation et de recherche anxieuse, exacerbée par des styles d’attachement insécures (anxieux-ambivalent ou désorganisé préexistant).

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2. Le modèle du double processus d’adaptation au deuil (Stroebe & Schut)

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Le Dual Process Model élaboré par Margaret Stroebe et Henk Schut (1999) postule qu’un deuil adapté requiert une oscillation dynamique et flexible entre deux orientations fondamentales :

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  • L’orientation vers la perte (Loss-orientation) : confrontation à la douleur, travail d’élaboration émotionnelle, remémoration.
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  • L’orientation vers la restauration (Restoration-orientation) : apprentissage de nouveaux rôles, réinvestissement du quotidien, développement de nouveaux projets de vie.
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Les items de l’ICG mesurent précisément la faillite de cette oscillation : le sujet endeuillé pathologique demeure massivement fixé dans l’orientation vers la perte, incapable d’activer les mécanismes de restauration.

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3. Les modèles cognitivo-comportementaux du deuil pathologique (Boelen et al.)

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Sur le plan cognitif (Boelen, van den Hout, & van den Bout, 2006), le deuil compliqué est modélisé comme un déficit d’intégration de l’information autobiographique liée à la perte. Des croyances dysfonctionnelles catastrophistes (« Si j’accepte sa mort, c’est que je l’oublie ou que je le trahis ») associées à des stratégies d’évitement expérientiel (évitement des indices de la réalité ou rumination anxieuse) empêchent la mise à jour des schémas mnésiques internes.

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7. Validité / Validity

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Les propriétés métrologiques de l’ICG ont fait l’objet d’investigations empiriques approfondies dans de nombreuses cohortes internationales :

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Validité convergente et concourante

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L’ICG montre des corrélations positives statistiquement significatives et modérées à élevées avec d’autres échelles mesurant la détresse psychologique globale :

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  • Inventaire de dépression de Beck (BDI) : corrélations de r = 0,67 à 0,73.
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  • Échelle d’anxiété de Spielberger (STAI) : corrélations de r = 0,55 à 0,62.
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  • Échelle de détresse péri-traumatique et symptômes de TSPT (IES-R) : corrélations de r = 0,60 à 0,70.
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Validité discriminante et incrémentielle

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L’apport méthodologique décisif de l’étude princeps de Prigerson et al. (1995) a été de prouver que l’ICG mesure un construit distinct de la dépression et de l’anxiété générale. Des analyses de régression multiple et des modèles d’équations structurelles ont démontré que les scores élevés à l’ICG prédisent de manière autonome et unique une série de conséquences néfastes à long terme, même après contrôle rigoureux des niveaux de dépression de base (BDI) :

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  • Altération sévère du fonctionnement psychosocial et de la qualité de vie globale.
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  • Augmentation significative des idéations et comportements suicidaires.
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  • Morbidités somatiques accrues à 13 et 25 mois de suivi (hypertension artérielle, événements coronariens aigus, vulnérabilité immunitaire, abus accru de tabac et d’alcool).
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Validité de critère et seuil diagnostique

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L’analyse des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) a établi qu’un score total strictement supérieur à 25 offre le compromis optimal entre sensibilité (> 0,82) et spécificité (> 0,85) pour identifier les endeuillés nécessitant une intervention thérapeutique spécialisée et présentant un handicap fonctionnel mesurable.

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8. Fidélité / Reliability

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La précision de mesure de l’ICG a été confirmée de manière constante à travers divers contextes culturels et linguistiques :

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  • Consistance interne : Dans l’échantillon initial de validation (Prigerson et al., 1995, N = 97 veufs et veuves âgés), le coefficient alpha de Cronbach a atteint α = 0,94. Les adaptations transculturelles (notamment en français, allemand, néerlandais, espagnol, italien, chinois et japonais) rapportent invariablement des coefficients alpha compris entre 0,90 et 0,96, indiquant une homogénéité remarquable des items sans redondance excessive.
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  • Fidélité test-retest : Chez un sous-groupe de participants réévalués après un intervalle de six mois dans des conditions cliniques stables, le coefficient de corrélation de Pearson était de r = 0,80 (p < 0,001), attestant de la stabilité temporelle du construit chez les sujets non traités.
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  • Cohérence inter-items : Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,45 et 0,81, aucun item n’affaiblissant la consistance interne globale en cas de suppression.
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9. Analyse factorielle / Factor Analysis

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La structure dimensionnelle de l’ICG a suscité des débats scientifiques enrichissants au sein de la communauté psychométrique :

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Structure unidimensionnelle princeps

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Dans l’analyse factorielle exploratoire (AFE) initiale avec rotation orthogonale et oblique menée par Prigerson et al. (1995), un facteur général prépondérant a émergé, expliquant à lui seul 43,9 % de la variance totale des scores. Tous les items présentaient une saturation factorielle supérieure à 0,40 (la majorité dépassant 0,60), ce qui a conduit les auteurs initiaux à préconiser l’utilisation d’un score composite unique reflétant la sévérité globale du deuil compliqué.

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Modèles factoriels multidimensionnels et hiérarchiques

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Des analyses factorielles confirmatoires (AFC) ultérieures menées sur des échantillons plus larges et plus diversifiés (endeuillés jeunes, parents ayant perdu un enfant, victimes de mort violente ou soudaine) ont proposé des ajustements structuraux alternatifs :

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  • Modèle à 3 facteurs :\n
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    1. Anxiété traumatique et intrusion : aspiration intense, intrusion des souvenirs douloureux, recherche des lieux (items 1, 2, 4, 5).
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    3. Détachement émotionnel et engourdissement : incapacité à faire confiance, sentiment de vide, perte d’empathie (items 9, 10, 13, 19).
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    5. Non-acceptation et amertume : refus de la réalité, colère, sentiment d’injustice (items 3, 6, 7, 8, 16, 17, 18).
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  • Modèle bifactoriel (Bi-factor Model) : Ce modèle démontre qu’un facteur général sous-jacent puissant coexiste avec des sous-facteurs spécifiques résiduels, confirmant que le calcul du score total global demeure la méthode la plus robuste et valide pour l’usage clinique quotidien.
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10. Instrument de mesure / Instrument

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  • Nom complet de l’instrument : Inventaire du deuil compliqué (Inventory of Complicated Grief, ICG).
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  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report questionnaire).
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  • Nombre d’items : 19 items rédigés sous forme d’affirmations à la première personne.
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  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :\n
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    • 0 = Never (Jamais)
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    • 1 = Seldom (Rarement)
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    • 2 = Sometimes (Parfois)
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    • 3 = Often (Souvent)
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    • 4 = Always (Toujours)
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  • Cotation et calcul des scores :\n
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    • Chaque item est coté de 0 à 4.
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    • Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens de la symptomatologie).
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    • Le score total s’obtient par la somme arithmétique simple des 19 items.
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    • Étendue des scores totaux : de 0 à 76 points.
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  • Seuil critique d’interprétation clinique :\n
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    • Score ≤ 25 : Réaction de deuil dans les limites de l’adaptation fonctionnelle normative.
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    • Score > 25 : Deuil compliqué / pathologique avéré, indiquant un risque élevé d’altération fonctionnelle majeure et justifiant une intervention clinique spécialisée.
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  • Temps moyen de passation : 5 à 10 minutes.
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  • Population cible : Adultes (18 ans et plus) confrontés au décès d’un proche (conjoint, enfant, parent, ami proche), idéalement évalués au moins six mois après la survenue de la perte pour satisfaire aux critères de chronicité du trouble.
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11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

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  • Année de publication princeps : 1995.
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  • Statut des droits et conditions d’accès : L’instrument original a été publié dans une revue scientifique à comité de lecture (Psychiatry Research). L’ICG est largement accessible pour la recherche académique et la pratique clinique non commerciale sans frais d’acquisition de licence, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Prigerson et al. (1995).
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  • Utilisation commerciale : Toute incorporation dans des plateformes numériques payantes, des essais cliniques parrainés par l’industrie pharmaceutique ou des batteries de tests commerciales propriétaires nécessite une autorisation formelle auprès des titulaires des droits d’auteur et des éditeurs concernés.
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12. Références / References

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  • Boelen, P. A., & Prigerson, H. G. (2007). The syntax of prolonged grief: A conceptual framework for prolonged grief disorder. Psychiatric Services, 58(8), 1042–1043. https://doi.org/10.1176/ps.2007.58.8.1042
  • \n

  • Boelen, P. A., van den Hout, M. A., & van den Bout, J. (2006). A cognitive-behavioral conceptualization of complicated grief. Clinical Psychology: Science and Practice, 13(2), 109–128. https://doi.org/10.1111/j.1468-2850.2006.00013.x
  • \n

  • Bowlby, J. (1980). Attachment and loss: Vol. 3. Loss: Sadness and depression. Basic Books.
  • \n

  • Maciejewski, P. K., Zhang, B., Block, S. D., & Prigerson, H. G. (2007). An empirical examination of the stage theory of grief. JAMA, 297(7), 716–723. https://doi.org/10.1001/jama.297.7.716
  • \n

  • Prigerson, H. G., Maciejewski, P. K., Reynolds, C. F., Bierhals, D. J., Newsom, J. T., Fasiczka, A., Frank, E., Doman, J., & Kupfer, D. J. (1995). Inventory of Complicated Grief: A scale to measure maladaptive symptoms of loss. Psychiatry Research, 59(1–2), 65–79. https://doi.org/10.1016/0165-1781(95)02757-2
  • \n

  • Prigerson, H. G., Horowitz, M. J., Jacobs, S. C., Parkes, C. M., Aslan, M., Goodkin, K., Raphael, B., Marwit, S. J., Wortman, C., Neimeyer, R. A., Bonanno, G. A., Block, S. D., Kissane, D., Boelen, P., Maercker, A., Litz, B. T., Johnson, J. G., First, M. B., & Maciejewski, P. K. (2009). Prolonged grief disorder: Psychometric validation of criteria proposed for DSM-V and ICD-11. PLOS Medicine, 6(8), e1000121. https://doi.org/10.1371/journal.pmed.1000121
  • \n

  • Shear, M. K., Frank, E., Houck, P. R., & Reynolds, C. F. (2005). Treatment of complicated grief: A randomized controlled trial. JAMA, 293(21), 2601–2608. https://doi.org/10.1001/jama.293.21.2601
  • \n

  • Stroebe, M., & Schut, H. (1999). The dual process model of coping with bereavement: Rationale and description. Death Studies, 23(3), 197–224. https://doi.org/10.1080/074811899201046
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13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

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\n Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :\n

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Response scale (5-point Likert scale):

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\n 0 = Never\n 1 = Seldom\n 2 = Sometimes\n 3 = Often\n 4 = Always\n

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    \n

  1. I think about this person so much that it’s hard for me to do the things I normally do.
  2. \n

  3. Memories of the person who died upset me.
  4. \n

  5. I feel I cannot accept the death of the person who died.
  6. \n

  7. I feel longing for the person who died.
  8. \n

  9. I feel drawn to places and things associated with the person who died.
  10. \n

  11. I can’t help feeling angry about his/her death.
  12. \n

  13. I feel disbelief over what happened.
  14. \n

  15. I feel stunned or dazed over what happened.
  16. \n

  17. Ever since he/she died it is hard for me to trust people.
  18. \n

  19. Ever since he/she died I feel like I have lost the ability to care about other people or I feel distant from people I care about.
  20. \n

  21. I have pain in the same area of my body or have some of the same symptoms as the person who died.
  22. \n

  23. I go out of my way to avoid reminders of the person who died.
  24. \n

  25. I feel that life is empty without the person who died.
  26. \n

  27. I hear the voice of the person who died speak to me.
  28. \n

  29. I see the person who died stand before me.
  30. \n

  31. I feel that it is unfair that I should live when this person died.
  32. \n

  33. I feel bitter over this person’s death.
  34. \n

  35. I feel envious of others who have not lost someone close to them.
  36. \n

  37. I feel lonely a great deal of the time ever since he/she died.
  38. \n

\n

« ,n « excerpt »: « L’Inventaire du deuil compliqué (ICG) de Prigerson et al. (1995) est l’outil psychométrique standard d’évaluation du deuil pathologique et prolongé. Découvrez ses 19 items, ses propriétés psychométriques et son score seuil clinique. »,n « slug »: « inventaire-du-deuil-complique-icg »,n « categories »: [n « Psychométrie »,n « Psychologie clinique »,n « Échelles d’évaluation »n ],n « tags »: [n « ICG »,n « Deuil compliqué »,n « Deuil prolongé »,n « Psychométrie »,n « Prigerson »,n « Santé mentale »,n « Psychopathologie »n ],n « seo_title »: « Inventaire du deuil compliqué (ICG) : Validation et Propriétés »,n « seo_description »: « Analyse clinique et psychométrique détaillée de l’Inventaire du deuil compliqué (ICG) de Prigerson : structure factorielle, fidélité, validité et cotation. »,n « focus_keyword »: « Inventaire du deuil compliqué »n}

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memjavad (2026, septembre 4). Inventory of Complicated Grief (ICG) | PsychScales. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventory-of-complicated-grief-icg-psychscales/
memjavad. “Inventory of Complicated Grief (ICG) | PsychScales.” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/inventory-of-complicated-grief-icg-psychscales/.
memjavad. “Inventory of Complicated Grief (ICG) | PsychScales.” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventory-of-complicated-grief-icg-psychscales/.