1. Résumé / Abstract
L’Inventaire révisé de culpabilité de Mosher (Revised Mosher Guilt Inventory, RMGI) constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et historiquement ancrés pour l’évaluation empirique des dispositions stables à la culpabilité au sein de la personnalité adulte. Conçu initialement par le psychologue américain Donald L. Mosher dans les années 1960 au sein d’un paradigme dérivé de la théorie de l’apprentissage social de Julian Rotter, puis révisé pour affiner ses qualités structurelles et s’affranchir du format initial à choix forcé, le RMGI conceptualise la culpabilité non pas comme un simple état affectif transitoire, mais comme une disposition cognitive et affective généralisée d’auto-punition face à la violation réelle ou anticipée de normes morales intériorisées.
Dans sa forme intégrale standardisée, l’instrument se compose de 114 items formulés comme des terminaisons de phrases complétant divers inducteurs thématiques ou des affirmations directes, évaluées au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 5 points (allant de 1 = « Pas du tout vrai pour moi » à 5 = « Extrêmement vrai pour moi »). L’inventaire mesure trois dimensions distinctes et interdépendantes de la culpabilité : la culpabilité sexuelle (Sex-Guilt), la culpabilité liée à l’hostilité (Hostility-Guilt), et la culpabilité morale et de conscience (Morality-Conscience Guilt).
Les propriétés métrologiques du RMGI démontrent une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant fréquemment entre 0,92 et 0,97 pour les sous-échelles dans les échantillons normatifs universitaires et communautaires (notamment α = 0,97 pour la culpabilité sexuelle, α = 0,96 pour la culpabilité liée à l’hostilité et α = 0,92 pour la conscience morale). La validité de construit, confirmée par des décennies de recherches expérimentales en sexologie clinique, en psychologie sociale et en psychopathologie, montre des corrélations prédictives robustes avec les comportements d’inhibition sexuelle, l’évitement de stimuli érotiques, l’anxiété sexuelle, ainsi que la modération des conduites agressives et vengeresses. Le RMGI demeure une référence incontournable pour investiguer les régulations émotionnelles autocréées face aux tabous moraux et corporels.
2. Mots-clés / Keywords
Culpabilité sexuelle, culpabilité morale, hostilité, auto-punition, inventaire révisé de culpabilité de Mosher, RMGI, Donald Mosher, théorie de l’apprentissage social, psychométrie, évaluation de la personnalité, inhibition sexuelle, tabou moral, régulation affective.
3. Auteurs / Authors
L’architecture théorique et les versions initiales et révisées du Mosher Guilt Inventory ont été élaborées par le professeur Donald L. Mosher, Ph.D., professeur émérite de psychologie à l’Université du Connecticut (University of Connecticut, Storrs, États-Unis). Chercheur pionnier dans l’investigation empirique de la sexualité humaine, de l’agressivité et de l’idéologie de genre, Donald L. Mosher a consacré une part majeure de sa carrière académique à formaliser des instruments de mesure standardisés capables de sonder les réponses subjectives et émotionnelles aux stimuli érotiques et agressifs.
Au fil des décennies, des chercheurs et psychométriciens contemporains ont contribué à la validation transculturelle, à l’adaptation de sous-échelles spécifiques et à la publication de versions abrégées de l’inventaire. Parmi ces contributeurs figurent notamment :
- Louis H. Janda et S. D. Bazemore (Old Dominion University, Norfolk, Virginie, États-Unis), qui ont examiné la structure factorielle moderne du test et proposé des versions condensées de l’échelle de culpabilité sexuelle (Janda & Bazemore, 2011).
- Sobia F. Ali-Faisal, Ph.D. (University of Windsor, Ontario, Canada), ayant conduit d’importantes études d’adaptation transculturelle et sous-factorielle de la sous-échelle de culpabilité sexuelle au sein de minorités religieuses et culturelles (Ali-Faisal, 2014).
- Delaram Asadzadeh Totonchi (Old Dominion University), dont les travaux ont investigué la divergence entre mesures explicites (RMGI) et mesures implicites de la culpabilité sexuelle dans la prédiction des conduites réelles (Totonchi, 2015).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Inventaire révisé de culpabilité de Mosher est de quantifier de manière standardisée la tendance individuelle à ressentir de la culpabilité face à des impulsions, des pensées ou des conduites transgressant des codes éthiques, corporels ou interpersonnels. Contrairement aux approches psychiatriques axées uniquement sur le sentiment de faute dépressif ou névrotique global, le RMGI a été conçu pour décomposer la culpabilité en domaines fonctionnels précis où les mécanismes d’inhibition internalisés exercent une influence déterminante sur le comportement manifeste.
Applications en recherche fondamentale et expérimentale
En psychologie sociale et en sexologie expérimentale, le RMGI constitue un outil prédictif de premier plan. Il permet aux chercheurs de vérifier comment des niveaux différentiels de culpabilité sexuelle modulent :
- L’exposition et les réactions affectives (dégoût versus excitation) face à du matériel érotique ou pornographique en laboratoire.
- L’adoption ou l’évitement de comportements de prévention en santé sexuelle (par exemple, l’acquisition et l’usage effectif de contraceptifs ou de préservatifs, l’accès au dépistage des infections transmissibles sexuellement).
- La propension aux distorsions cognitives et aux « mythes sexuels » (croyances erronées ou anxiogènes entourant la masturbation, la virginité ou les pratiques sexuelles non traditionnelles).
- L’inhibition des pulsions agressives suite à une provocation expérimentale, via la sous-échelle de culpabilité liée à l’hostilité.
Applications cliniques et sexothérapeutiques
Dans le domaine de l’évaluation clinique, le RMGI fournit aux psychothérapeutes, psychiatres et sexologues une cartographie détaillée des blocages intériorisés du patient. Une culpabilité sexuelle élevée est fréquemment corrélée à des dysfonctions sexuelles telles que le trouble du désir sexuel hypoactif, la dysfonction érectile psychogène, l’éjaculation prématurée, l’anorgasmie et le vaginisme/dyspareunie. La mesure permet d’identifier si les difficultés fonctionnelles sont enracinées dans une auto-évaluation morale négative, une répression de l’imaginaire érotique ou une anxiété d’anticipation de la punition.
Par ailleurs, la sous-échelle de culpabilité liée à l’hostilité s’avère particulièrement utile pour comprendre les tableaux d’agressivité passive, de somatisation, ou au contraire d’explosions colériques disproportionnées suivies d’effondrement dépressif et d’auto-dépréciation sévère chez des patients aux prises avec un surmoi tyrannique ou des règles éducatives hautement punitives.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit opérationnalisé par le RMGI repose sur la définition scientifique de la culpabilité comme une « disposition cognitive et affective généralisée » (generalized expectancy for self-mediated punishment). Il ne s’agit pas d’un état émotionnel passager consécutif à un acte répréhensible particulier (état de culpabilité), mais d’un trait de personnalité qui structure la manière dont l’individu anticipe, interprète et régule ses propres motivations interdites.
Le RMGI opérationnalise ce méta-construit à travers trois facettes majeures interdépendantes :
1. La culpabilité sexuelle (Sex-Guilt)
La culpabilité sexuelle représente la disposition à anticiper ou à ressentir une auto-punition émotionnelle (auto-dégoût, remords, anxiété morale, peur du jugement divin ou social) consécutivement à la prise de conscience de désirs sexuels, à des fantasmes érotiques ou à des conduites sexuelles réelles non conformes à un idéal moral restrictif. Les dimensions sondées englobent :
- La masturbation : jugée comme un acte destructeur, immoral, dégradant ou physiquement nocif versus une décharge physiologique saine et relaxante (ex. items 7, 8, 93, 94).
- La sexualité prémaritale et hors mariage : perçue comme une faute morale détruisant le couple versus une expérience relationnelle constructive et légitime (ex. items 11, 12, 13, 14, 67, 68).
- Les pratiques sexuelles non conventionnelles : appréhendées comme dangereuses, pathologiques ou répugnantes versus une exploration consensuelle et enrichissante (ex. items 15, 16, 61, 62, 103, 104).
- L’exposition à l’humour grivois et aux représentations érotiques : déclenchant un malaise intense et de la réprobation versus du divertissement partagé (ex. items 5, 6, 25, 26, 51, 52).
2. La culpabilité liée à l’hostilité (Hostility-Guilt)
Cette dimension mesure l’inhibition intériorisée et l’auto-sanction relative aux pulsions d’agression verbale ou physique, à la colère et aux conflits interpersonnels. Les individus présentant un score élevé sur cette échelle considèrent l’expression de la colère ou la confrontation compétitive comme fondamentalement mauvaises, dégradantes ou impardonnables :
- Les réactions post-conflictuelles : sentiment persistant de dégoût de soi, remords accablant, honte d’avoir perdu le contrôle émotionnel versus satisfaction d’avoir affirmé son point de vue ou soulagement des tensions (ex. items 19, 20, 23, 24, 39, 40, 43, 44, 55, 56).
- Les souvenirs de confrontations infantiles : perception des bagarres d’enfance comme des traumatismes honteux et des fautes graves versus des péripéties normales d’affirmation (ex. items 21, 22, 33, 34, 37, 38, 85, 86).
- L’inhibition de la riposte : tendance à retourner l’agressivité contre soi-même lorsqu’on est provoqué plutôt qu’à exprimer ouvertement son mécontentement (ex. items 3, 4, 29, 30, 97, 98).
3. La culpabilité morale et de conscience (Morality-Conscience Guilt)
Cette composante évalue la rigueur globale du système moral intérieur de l’individu, sa sensibilité scrupuleuse à la transgression de règles éthiques abstraites et sa tendance générale à l’auto-châtiment et au dégoût de soi :
- L’auto-dépréciation existentielle : détester sa propre personne pour ses échecs, ses imperfections ou des pensées intrusives jugées coupables (ex. items 9, 10, 27, 28, 47, 48, 105, 106).
- L’auto-punition systématique : tendance à s’infliger des privations ou à désirer être châtié lorsqu’une transgression non détectée a eu lieu (ex. items 1, 2, 73, 74, 89, 90).
- Le poids de la conscience morale : assimilation d’une mauvaise conscience à une maladie dévastatrice et insupportable (ex. items 49, 50, 65, 66).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du RMGI s’enracine principalement dans la théorie de l’apprentissage social de la personnalité formulée par Julian B. Rotter (1954), combinée à une relecture cognitive des formulations psychanalytiques freudiennes sur le Surmoi.
Le modèle d’apprentissage social de Rotter
Dans la perspective de Rotter, le comportement potentiel ($BP$) est fonction de l’attente ($E$) qu’un renforcement particulier surviendra à la suite d’un comportement, et de la valeur de ce renforcement ($RV$). Donald Mosher a adapté ce formalisme pour expliquer le fonctionnement interne du contrôle moral : la culpabilité est définie comme une attente généralisée d’auto-punition médiatisée par le soi consécutive à l’anticipation ou à l’exécution d’un comportement transgressif.
Au cours du développement infantile, l’enfant intériorise les punitions parentales et sociétales. Par conditionnement et médiation verbale, l’anticipation de la désapprobation d’autrui est remplacée par une auto-évaluation aversive. Dès lors, le simple fait d’éprouver une pulsion sexuelle ou agressive active immédiatement un affect négatif de culpabilité conditionnée, incitant l’individu à inhiber la conduite ou à recourir à des mécanismes d’évitement cognitif (répression, déni) pour restaurer son homéostasie affective.
Distinguer la culpabilité de la honte
Le cadre théorique de Mosher s’articule également avec les distinctions conceptuelles fondamentales établies ultérieurement en psychologie des émotions par Helen Block Lewis et June Price Tangney :
- La honte (shame) porte sur l’évaluation globale négative du soi (« Je suis une mauvaise personne ») et suscite un désir de fuite, de disparition ou de repli sous le regard d’autrui.
- La culpabilité (guilt), telle que mesurée par Mosher, se focalise sur la violation d’une règle morale spécifique ou d’une conduite précise (« J’ai commis un acte répréhensible ») et active des dynamiques d’auto-châtiment, de remords, de réparation ou d’inhibition comportementale active.
Le paradigme de l’inhibition tripartite de Mosher
Mosher (1966, 1979b) a postulé que la sexualité et l’agression représentent les deux grands domaines biologiques et relationnels nécessitant une socialisation et une canalisation normative strictes dans toutes les cultures humaines. En conséquence, la personnalité développe deux systèmes régulateurs spécialisés (culpabilité sexuelle et culpabilité liée à l’hostilité), chapeautés par un système intégrateur d’éthique personnelle (la conscience morale). Le RMGI formalise ce triptyque régulateur sous une forme métrologique rigoureuse.
7. Validité / Validity
Depuis sa publication princeps sous forme de test de complètement de phrases puis de choix forcé (Mosher, 1966, 1968) jusqu’à sa version révisée en format Likert (RMGI ; Mosher, 1988, 1998, 2011), l’inventaire a fait l’objet d’un corpus considérable d’études validant sa robustesse psychométrique.
Validité de construit et convergente
La validité convergente de la sous-échelle de culpabilité sexuelle a été démontrée par des corrélations positives élevées et significatives avec :
- L’anxiété sexuelle mesurée par l’échelle de Burt et l’échelle d’anxiété sexuelle de Fichten ($r = 0,60$ à $0,75$, $p < 0,001$).
- L’adhésion aux mythes entourant le viol et aux attitudes sexistes traditionnelles mesurées par les échelles de Burt ($r = 0,40$ à $0,55$).
- L’orthodoxie et le fondamentalisme religieux (corrélations variant de $r = 0,45$ à $r = 0,68$ selon les études de Jones, 2014, et Ali-Faisal, 2014).
À l’inverse, des corrélations négatives marquées sont systématiquement rapportées avec l’érotophilie mesurée par le Sexual Opinion Survey (SOS) de Fisher et al. ($r = -0,65$ à $-0,78$), attestant qu’une forte culpabilité sexuelle s’oppose directement aux dispositions favorables envers la sexualité.
Validité discriminante
La validité discriminante du RMGI a été confirmée par l’analyse multitrait-multiméthode (MTMM) originelle de Mosher (1966). Les trois sous-échelles (sexualité, hostilité, conscience morale) partagent une variance commune modérée ($r$ inter-échelles oscillant entre $0,35$ et $0,50$), démontrant qu’elles évaluent des domaines fonctionnellement distincts plutôt qu’un facteur unique d’affectivité négative non différenciée. De plus, les corrélations avec les mesures d’intelligence générale ou de désirabilité sociale (comme l’échelle de Marlowe-Crowne) demeurent généralement faibles ($r < 0,25$).
Validité prédictive et expérimentale en laboratoire
Le RMGI est réputé pour sa remarquable validité prédictive en contexte expérimental :
- Exposition aux stimuli érotiques : Les participants présentant des scores élevés de culpabilité sexuelle au RMGI rapportent significativement moins d’excitation sexuelle subjective, davantage de dégoût et de colère, et présentent un temps de regard réduit face à des images érotiques explicites (Mosher & O’Grady, 1979).
- Comportements sexuels réels : Les études longitudinales et transversales (Mosher & Cross, 1971 ; Janda & Bazemore, 2011) révèlent que les étudiants ayant des scores élevés de culpabilité ont une probabilité significativement plus faible d’avoir eu des rapports sexuels prémaritaux, ont leur premier rapport à un âge plus avancé, ont un nombre de partenaires sexuels inférieur et utilisent moins fréquemment des méthodes contraceptives fiables lorsqu’ils deviennent actifs sexuellement.
- Inhibition de l’agressivité : Dans les paradigmes de provocation expérimentale (comme la machine à chocs de Buss), les sujets ayant des scores élevés à la sous-échelle d’hostilité administrent des chocs de durée et d’intensité significativement plus faibles à leurs opposants fictifs (Mosher, 1966).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique de l’inventaire révisé de Mosher se caractérise par des indices de consistance interne et de stabilité temporelle parmi les plus élevés de la littérature psychométrique des émotions morales.
Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Dans les études normatives de référence (Mosher, 1988, 1998, 2011), les coefficients alpha de Cronbach calculés sur de larges échantillons universitaires et adultes se répartissent comme suit :
- Sous-échelle Culpabilité Sexuelle (Sex-Guilt) : $\alpha = 0,97$ (version complète standard) et $\alpha = 0,94$ à $0,95$ dans les adaptations de Ali-Faisal (2014) et Janda & Bazemore (2011).
- Sous-échelle Culpabilité liée à l’Hostilité (Hostility-Guilt) : $\alpha = 0,96$.
- Sous-échelle Conscience Morale (Morality-Conscience Guilt) : $\alpha = 0,92$.
Ces coefficients très élevés confirment l’homogénéité remarquable des construits opérationnalisés et l’absence quasi-totale de bruit de mesure au sein des regroupements d’items.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les coefficients de fidélité test-retest ont été évalués sur des intervalles allant de deux semaines à six mois :
- À 2 semaines d’intervalle, les corrélations de rang et de Pearson s’élèvent entre $r = 0,88$ et $r = 0,93$ pour l’ensemble des sous-échelles.
- À 3 mois d’intervalle, la stabilité demeure remarquable ($r = 0,82$ à $0,86$), confirmant que le RMGI évalue bien un trait stable de la personnalité plutôt qu’une fluctuation d’humeur dépendante du contexte immédiat.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle du Mosher Guilt Inventory a fait l’objet de multiples réévaluations au fil de ses versions successives, passant d’une conceptualisation initiale tridimensionnelle à des raffinements sous-dimensionnels au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
La structure trifactorielle de base
L’analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales avec rotation orthogonale Varimax et oblique Promax) sur l’ensemble des 114 items met en évidence trois macro-facteurs distincts expliquant plus de 48 % de la variance totale :
- Facteur I (Culpabilité sexuelle) : Rassemble l’ensemble des items relatifs à la sexualité avant le mariage, la masturbation, les pratiques sexuelles inhabituelles et l’humour grivois, avec des saturations factorielles très élevées comprises entre 0,55 et 0,84.
- Facteur II (Culpabilité liée à l’hostilité) : Regroupe les items portant sur les réactions émotionnelles aversives consécutives aux conflits verbaux, aux colères et aux bagarres (saturations entre 0,50 et 0,79).
- Facteur III (Conscience morale et auto-punition) : Isole les items mesurant l’auto-dépréciation existentielle et le besoin de sanction face aux erreurs non détectées (saturations entre 0,45 et 0,72).
Sous-structure factorielle de la culpabilité sexuelle
Les travaux récents menés sur la composante sexuelle de l’inventaire ont révélé une granularité interne supplémentaire. L’étude psychométrique de Sobia F. Ali-Faisal (2014), portant sur des populations multiculturelles, a mis en lumière trois sous-dimensions robustes au sein de la sous-échelle sexuelle :
- Comportements sexuels moraux et acceptables (Moral and Acceptable Sexual Behaviours) : ($lpha = 0,947$) regroupant les items focalisés sur les normes institutionnelles (mariage, virginité, masturbation morale).
- Comportements sexuels inhabituels ou privés (Unusual or Private Sexual Behaviours) : ($lpha = 0,929$) centré sur les pratiques non conventionnelles, les désirs privés et les fantasmes.
- Humour grivois et conversations sur le sexe (Telling Dirty Jokes and Talking About Sex) : ($lpha = 0,940$) mesurant le malaise communicatif et l’embarras lors d’interactions verbales à teneur érotique.
De leur côté, Janda et Bazemore (2011) ont conduit des analyses factorielles confirmatoires ayant permis d’isoler un sous-ensemble de 10 items hautement saturés ($> 0,70$) formant une version abrégée unidimensionnelle de la culpabilité sexuelle conservant une fidélité d’α = 0,91 et une quasi-parfaite équivalence de mesure avec l’échelle originale.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Auto-questionnaire psychométrique standardisé évaluant des traits de personnalité (dispositions à la culpabilité).
- Nombre total d’items : 114 items dans la version intégrale standard du RMGI (avec focalisation fréquente des chercheurs sur la sous-échelle sexuelle de 66 items adaptée par Ali-Faisal, 2014, ou la version abrégée à 10 items de Janda & Bazemore, 2011).
- Format des items : Paires de terminaisons de phrases complétant des amorces situationnelles (stems) telles que « I punish myself… », « Masturbation … », « After an argument … », présentées sous forme d’énoncés individuels alternés.
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points :
1 = Not at all true of (for) me (Pas du tout vrai pour moi)
2 = Slightly true of (for) me (Légèrement vrai pour moi)
3 = Moderately true of (for) me (Modérément vrai pour moi)
4 = Very true of (for) me (Très vrai pour moi)
5 = Extremely true of (for) me (Extrêmement vrai pour moi) - Cotation et calcul des scores :
- Chaque sous-échelle fait l’objet d’un calcul de score distinct par sommation ou calcul de moyenne des items correspondants.
- Certains énoncés sont orientés vers la culpabilité (items pro-culpabilité cotés directement de 1 à 5), tandis que les énoncés permissifs ou tolérants sont inversés (reverse-coded : $1
ightarrow 5, 2
ightarrow 4, 3
ightarrow 3, 4
ightarrow 2, 5
ightarrow 1$) avant sommation. - Un score élevé indique un niveau élevé de culpabilité dispositionnelle dans la dimension correspondante.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de création originale : 1966 (Mosher Guilt Inventory original à choix forcé).
- Année de révision majeure (format Likert) : 1988 / 1998 / 2011 (Revised Mosher Guilt Inventory).
- Statut des droits d’auteur et permissions : Le RMGI a été publié et mis à disposition par Donald L. Mosher à des fins académiques et scientifiques sans but lucratif. Il est reproduit dans les éditions successives du recueil de référence Handbook of Sexuality-Related Measures (Fisher, Davis, Yarber, & Davis, Eds., Routledge).
- Tarifs d’utilisation : Gratuit pour la recherche scientifique, l’enseignement universitaire et les travaux de thèses/mémoires académiques, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources d’origine. Les usages commerciaux ou cliniques intégrés à des plateformes logicielles propriétaires nécessitent une autorisation préalable auprès des ayants droit ou de l’éditeur du manuel.
12. Références / References
Les travaux académiques fondamentaux et contemporains validant et utilisant l’inventaire sont les suivants :
- Ali-Faisal, S. F. (2014). Crossing sexual barriers: The influence of background factors and personal attitudes on sexual guilt and sexual anxiety among Canadian and American Muslim women and men (Doctoral dissertation, University of Windsor). Electronic Theses and Dissertations, Paper 5051. https://scholar.uwindsor.ca/etd/5051/
- Asadzadeh Totonchi, D. (2015). Comparing Implicit and Explicit Measures of Sex Guilt in Predicting Sexual Behavior (Master’s thesis, Old Dominion University). Psychology Theses & Dissertations, Paper 16. https://doi.org/10.25777/sfx7-k814
- Janda, L. H., & Bazemore, S. D. (2011). The revised Mosher Sex-Guilt Scale: Its psychometric properties and a proposed ten-item version. Journal of Sex Research, 48(4), 392–396. https://doi.org/10.1080/00224499.2010.506679
- Jones, A. E. (2014). Moderating effect of religious orientation on the relationship between sexual self-discrepancies and guilt and anxiety (Master’s thesis, Indiana State University). Electronic Theses and Dissertations.
- Mosher, D. L. (1966). The development and multitrait-multimethod matrix analysis of three measures of three aspects of guilt. Journal of Consulting Psychology, 30(1), 25–29. https://doi.org/10.1037/h0022941
- Mosher, D. L. (1968). Measurement of guilt devoted to hostile tendencies. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 32(6), 690–695. https://doi.org/10.1037/h0026601
- Mosher, D. L. (1979a). Sex guilt and sex myths in college men and women. Journal of Sex Research, 15(3), 224–234. https://doi.org/10.1080/00224497909551042
- Mosher, D. L. (1979b). The meaning and measurement of guilt. In C. E. Izard (Ed.), Emotions in personality and psychopathology (pp. 305–329). New York: Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4684-3453-8_11
- Mosher, D. L. (1998). Revised Mosher Guilt Inventory. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (pp. 290–293). Thousand Oaks, CA: Sage Publications.
- Mosher, D. L. (2011). Revised Mosher Guilt Inventory. In T. D. Fisher, C. M. Davis, W. L. Yarber, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (3rd ed., pp. 321–324). New York: Routledge.
- Mosher, D. L., & Cross, H. J. (1971). Sex guilt and premarital sexual experiences of college students. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 36(1), 27–32. https://doi.org/10.1037/h0030501
- Mosher, D. L., & O’Grady, K. E. (1979). Sex guilt, trait anxiety, and females’ subjective sexual arousal to erotica. Motivation & Emotion, 3(3), 235–249. https://doi.org/10.1007/BF00994050
- Rotter, J. B. (1954). Social learning and clinical psychology. Englewood Cliffs, NJ: Prentice-Hall. https://doi.org/10.1037/10788-000