Inventaire psychosocial des forces du moi (PIES)

L’Inventaire psychosocial des forces du moi (PIES), conçu par Markstrom et al. (1997), est une échelle psychométrique standardisée de 64 items mesurant les huit vertus psychosociales du modèle épigénétique d’Erikson : Espoir, Volonté, Intention, Compétence, Fidélité, Amour, Sollicitude et Sagesse.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire psychosocial des forces du moi (Psychosocial Inventory of Ego Strengths, ou PIES) est un instrument psychométrique développé par Carol A. Markstrom et ses collaborateurs (1997) dans le but d’évaluer quantitativement les huit forces ou vertus psychosociales du moi conceptualisées au sein de la théorie du développement épigénétique d’Erik Erikson. Contrairement à de nombreuses échelles antérieures focalisées prioritairement sur la résolution des crises psychosociales ou sur l’exploration exclusive de la formation de l’identité chez l’adolescent, le PIES se concentre explicitement sur les compétences résolutives et adaptatives résultant positivement de chaque stade de développement tout au long de la vie. L’instrument est constitué de 64 items répartis de façon équilibrée en 8 sous-échelles de 8 items chacune : l’Espoir (Hope), la Volonté (Will), l’Intention (Purpose), la Compétence (Competence), la Fidélité (Fidelity), l’Amour (Love), la Sollicitude (Care) et la Sagesse (Wisdom). Chaque item est évalué sur une échelle de réponse ordinale en 5 points allant de 1 (« Ne me décrit pas bien » / does not describe me well) à 5 (« Me décrit très bien » / describes me very well), incluant des items inversés pour neutraliser les biais d’acquiescement.

Les propriétés psychométriques du PIES, initialement établies auprès d’adolescents et de jeunes adultes puis réexaminées dans des cohortes élargies (Markstrom & Marshall, 2006), attestent d’une remarquable consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,68 et 0,84 pour les sous-échelles et dépassant 0,90 pour le score global des forces du moi. La validité convergente et la validité discriminante sont étayées par de fortes corrélations positives avec le bien-être subjectif, l’estime de soi, le sentiment d’importance interpersonnelle (mattering) et le sentiment d’efficacité personnelle, ainsi que par des corrélations négatives marquées avec l’anxiété, la dépression et la délinquance. Le PIES représente aujourd’hui un étalon méthodologique incontournable pour la recherche développementale, clinique et psycho-éducative.

2. Mots-clés / Keywords

Inventaire psychosocial des forces du moi, PIES, Erik Erikson, forces du moi, développement psychosocial, théorie épigénétique, identité, consistance interne, validité de construit, psychométrie.

3. Auteurs / Authors

L’inventaire a été conçu et validé par une équipe de chercheurs spécialisés dans la psychologie de l’adolescence, du développement familial et des sciences humaines :

  • Carol A. Markstrom, Ph.D. — Professeure émérite au département de développement humain et d’études familiales (Department of Child Development and Family Studies), West Virginia University, Morgantown, États-Unis. Ses travaux portent principalement sur le développement de l’identité, l’adaptation psychosociale des minorités et l’opérationnalisation de la théorie ériksonienne. Contact institutionnel : West Virginia University.
  • Valerie M. Sabino, M.S. — Chercheuse associée au programme de développement humain et d’études de la jeunesse, West Virginia University.
  • Barbara Turner, M.S. — Collaboratrice de recherche, West Virginia University.
  • Ronald C. Berman, Ph.D. — Spécialiste des méthodes quantitatives et du développement de l’enfant et de l’adolescent.
  • Sheila K. Marshall, Ph.D. — Professeure à la School of Social Work, University of British Columbia, Vancouver, Canada. Elle a co-validé et réexaminé les propriétés factorielles et longitudinales de l’inventaire (Markstrom & Marshall, 2006).

4. Objectif / Purpose

Fondements et vocation générale

L’objectif fondamental de la création de l’Inventaire psychosocial des forces du moi (PIES) est d’offrir une mesure empirique standardisée et fidèle des résultats adaptatifs positifs (« forces du moi » ou « vertus psychosociales ») postulés par Erik H. Erikson. Historiquement, la tradition psychologique néo-psychanalytique et développementale a peiné à opérationnaliser les concepts ériksoniens sans les réduire à des dichotomies rigides ou à de simples mesures de crise. Des outils antérieurs, tels que l’Inventory of Psychosocial Development (IPD) de Constantinople ou le Measure of Psychosocial Development (MPD) de Hawley, mesuraient conjointement les résolutions saines (syntoniques) et pathologiques (dystoniques) des crises de chaque stade. Toutefois, Markstrom et ses collègues ont identifié une lacune théorique et clinique majeure : l’absence d’un outil mesurant directement et spécifiquement l’émergence des vertus structurales du moi, c’est-à-dire ces capacités fonctionnelles durables qui permettent à l’individu de naviguer avec succès face aux exigences de l’environnement.

Applications en recherche et en clinique

Le PIES remplit plusieurs fonctions critiques tant sur le plan fondamental qu’appliqué :

  • Recherche sur le développement de l’identité et du cycle de vie : Il permet d’étudier la façon dont les forces acquises aux stades infantiles (espoir, volonté, dessein, compétence) constituent un socle structural pour la résolution de l’identité à l’adolescence (fidélité) et l’intégration relationnelle et générative à l’âge adulte (amour, sollicitude, sagesse).
  • Évaluation clinique et psychologique : En psychothérapie intégrative ou d’orientation psychodynamique, le PIES sert d’outil d’évaluation initiale des ressources internes du patient. Identifier une faiblesse dans la « volonté » ou l’« espoir » peut orienter l’intervention clinique vers la reconstruction des bases de l’agentivité ou de la sécurité relationnelle.
  • Psychologie scolaire et éducative : L’inventaire offre un éclairage précieux sur les compétences socio-émotionnelles des élèves et étudiants. Des déficits en « compétence » ou en « dessein » permettent d’anticiper le désengagement scolaire, la démotivation ou les conduites de marginalisation.
  • Études interculturelles et contextuelles : Le PIES a été largement employé pour examiner la résilience des populations autochtones, des adolescents issus de minorités ethniques ou confrontés à des stress sociocomportementaux sévères.

5. Construit psychologique / Construct

Le PIES conceptualise la personnalité saine à travers l’édification de huit forces fondamentales du moi, chacune étant associée de manière organique à l’issue réussie d’une crise psychosociale spécifique :

1. L’Espoir (Hope) — Stade 1 : Confiance vs Méfiance

L’espoir représente la conviction fondamentale et durable que le monde est prévisible, sécurisant et bienveillant, même en période d’adversité ou de détresse sévère. Il émerge de la résolution heureuse de la première crise de la vie (nourrisson). Dans le PIES, l’espoir est évalué par la capacité à maintenir un regard optimiste sur l’avenir et à se remémorer des perspectives positives face à la déception (par ex., « No matter how bad things get, I am confident they will get better »), tandis que l’absence d’espoir se caractérise par le désespoir et le retrait défensif.

2. La Volonté (Will) — Stade 2 : Autonomie vs Honte et Doute

La volonté est la détermination inébranlable à exercer un libre choix et une maîtrise de soi, en dépit des pulsions contraires ou des incitations extérieures préjudiciables. Associée au stade de la petite enfance, cette dimension reflète l’agentivité personnelle, la résistance aux tentations délétères et la persévérance dans la réalisation des activités choisies sans capituler face aux pressions extérieures (par ex., « If there is something I choose to do, I am determined to do it »).

3. L’Intention ou le Dessein (Purpose) — Stade 3 : Initiative vs Culpabilité

L’intention correspond au courage de formuler et de poursuivre des objectifs significatifs, sans être paralysé par la peur de l’échec ou une culpabilité excessive. Au cours de l’âge du jeu, l’enfant explore son initiative ; chez l’adulte et l’adolescent, cette force se manifeste par l’aptitude à fixer des buts réalistes, à initier des projets de façon autonome et à assumer des risques constructifs pour concrétiser ses ambitions.

4. La Compétence (Competence) — Stade 4 : Travail vs Infériorité

Liée à l’âge scolaire, la compétence est la croyance réaliste en ses capacités et l’exercice libre de son ingéniosité dans l’accomplissement des tâches valorisées par la culture. Elle implique la sensation d’avoir des aptitudes tangibles à offrir à la société, l’engagement dans des activités diversifiées et le sentiment de pouvoir concrétiser ses efforts sans éprouver une inertie paralysante ou un sentiment d’infériorité chronique.

5. La Fidélité (Fidelity) — Stade 5 : Identité vs Confusion des rôles

Pierre angulaire de l’adolescence et du passage à l’âge adulte, la fidélité est la capacité à maintenir des loyautés librement consenties envers un ensemble de valeurs, d’idéologies et de liens communautaires, en demeurant authentique envers soi-même. Elle transcende la confusion des rôles et se traduit par la clarté morale, le refus du conformisme aveugle et la cohérence de soi (par ex., « I stand up for the people and causes that are important to me »).

6. L’Amour (Love) — Stade 6 : Intimité vs Isolement

L’amour constitue la réciprocité mature et le dévouement partagé qui neutralisent l’antagonisme inhérent aux différences individuelles. Émergeant au jeune âge adulte, cette vertu implique la capacité d’éprouver une intimité psychologique profonde en dehors de la famille d’origine, d’accepter l’autonomie du partenaire sans céder à la dépendance fusionnelle ou à la possessivité anxieuse.

7. La Sollicitude (Care) — Stade 7 : Générativité vs Stagnation

La sollicitude est la préoccupation élargie pour ce qui a été engendré par l’amour, la nécessité ou le hasard ; elle traduit l’engagement génératif à guider, soutenir et nourrir les générations suivantes ainsi que les membres vulnérables de la collectivité. Elle s’oppose au rejet narcissique et à l’égoïsme autoprotecteur (par ex., « Even when someone I don’t know that well asks me for advice, I take the time to try to help »).

8. La Sagesse (Wisdom) — Stade 8 : Intégrité vs Désespoir

La sagesse est la préoccupation détachée et sereine envers la vie elle-même face à la finitude inéluctable. Elle procède de l’intégrité du moi, permettant d’accepter son parcours existentiel avec ses réussites et ses erreurs sans amertume ni regrets accablants, tout en envisageant l’inconnu et la mort avec courage et sérénité (par ex., « I can accept the fact that I’ve made mistakes in my life »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le PIES repose intégralement sur le paradigme du développement psychosocial épigénétique forgé par Erik H. Erikson (1950, 1968, 1982, 1985). Ce modèle repose sur trois postulats théoriques majeurs :

Le principe épigénétique

Emprunté à l’embryologie, le principe épigénétique stipule que tout ce qui croît possède un plan d’ensemble prédéterminé à partir duquel émergent les diverses parties, chaque élément ayant son moment d’ascendance critique jusqu’à ce que l’ensemble fonctionnel soit formé. Dans le développement du moi, les huit stades ne sont pas des compartiments étanches mais des moments d’apparition successive de forces potentielles. Ainsi, bien que l’amour devienne le foyer critique au jeune âge adulte, des précurseurs de l’amour existent dès la petite enfance, et ses répercussions se poursuivent jusqu’à la vieillesse.

La dialectique syntonique vs dystonique

À chaque étape du cycle de vie, l’individu fait l’expérience d’une crise psychosociale résultant de la rencontre entre ses pulsions biopsychologiques en maturation et les attentes normatives de la société. Chaque crise est définie par une polarité : un élément syntonique (orienté vers l’adaptation, ex. autonomie, identité) et un élément dystonique (perturbateur, ex. honte, confusion des rôles). Contrairement aux interprétations naïves de la psychologie positive, Erikson affirmait avec insistance qu’un développement sain n’élimine pas l’élément dystonique mais subordonne dialectiquement le pôle dystonique au pôle syntonique. C’est de cette intégration dialectique équilibrée que jaillit la force du moi (l’ego strength ou « vertu »).

La hiérarchie structurale des forces du moi

Les forces du moi s’articulent dans une interdépendance hiérarchique : sans une assise solide d’espoir (confiance fondamentale), l’affirmation de la volonté est fragile et vulnérable au doute ; sans volonté et intention, le sentiment d’efficacité scolaire et technique (compétence) est entravé. À son tour, la fidélité (cristallisation identitaire) requiert la confiance, l’agentivité et l’habileté instrumentale développées préalablement, tout en servant de passerelle nécessaire pour aimer autrui (amour), transmettre son savoir (sollicitude) et contempler son existence avec sérénité (sagesse). L’inventaire de Markstrom capture cette dynamique structurale en fournissant des mesures distinctes mais conceptuellement intriquées de ces huit piliers de la résilience du moi.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique du PIES a fait l’objet de plusieurs investigations approfondies, notamment par Markstrom et al. (1997) lors de son développement, puis par Marshall (1998) et Markstrom & Marshall (2006). L’ensemble des résultats atteste d’une solide validité psychométrique.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente du PIES est mise en évidence par des associations hautement significatives et conformes aux prédictions théoriques :

  • Estime de soi et bien-être : Les sous-échelles du PIES affichent de fortes corrélations positives avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (Rosenberg Self-Esteem Scale), avec des coefficients $r$ s’élevant entre 0,42 et 0,68 ($p < 0,001$). L’espoir, la compétence et la sagesse prédisent particulièrement bien l’affect positif global.
  • Sentiment d’importance (Mattering) : Les travaux de Marshall (1998) ont démontré que les forces du moi sont étroitement corrélées au sentiment qu’a un individu de compter pour les autres et d’avoir de la valeur aux yeux de la communauté ($r$ variant de 0,38 à 0,59).
  • Formation de l’identité : Des corrélations substantielles sont observées entre la sous-échelle « Fidélité » du PIES et les statuts d’identité mature selon l’Extended Objective Measure of Ego Identity Status (EOM-EIS), notamment les statuts d’achèvement d’identité (identity achievement), tandis que des corrélations négatives émergent avec la diffusion d’identité ($r = -0,48$).
  • Locus de contrôle et sentiment d’auto-efficacité : La volonté et la compétence corrèlent positivement avec le locus de contrôle interne de Rotter ($r = 0,45$).

Validité discriminante et critériée

La validité discriminante est corroborée par des corrélations inverses avec la psychopathologie et les déviances comportementales :

  • Anxiété et dépression : Les scores globaux et dimensionnels du PIES sont corrélés négativement avec les scores d’anxiété générale de Spielberger (STAI) et de dépression du BDI (corrélations allant de $-0,35$ à $-0,62$).
  • Comportements à risque : Les adolescents présentant de faibles scores de fidélité, de volonté et de sollicitude rapportent une prévalence significativement accrue d’abus de substances, de délinquance juvénile et de comportements antisociaux.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Inventaire psychosocial des forces du moi a été rigoureusement confirmée par de multiples indices de cohérence interne et d’invariance temporelle.

Consistance interne

Dans l’étude princeps de Markstrom et al. (1997) menée auprès d’adolescents scolarisés dans le secondaire et d’étudiants de premier cycle universitaire, les coefficients alpha de Cronbach ($lpha$) obtenus pour les 8 sous-échelles ont démontré une consistance interne satisfaisante à excellente, particulièrement pour un instrument ciblant des dimensions développementales complexes :

  • Espoir (Hope) : $lpha = 0,78$ à $0,82$
  • Volonté (Will) : $lpha = 0,70$ à $0,76$
  • Intention (Purpose) : $lpha = 0,71$ à $0,78$
  • Compétence (Competence) : $lpha = 0,74$ à $0,80$
  • Fidélité (Fidelity) : $lpha = 0,68$ à $0,75$
  • Amour (Love) : $lpha = 0,72$ à $0,79$
  • Sollicitude (Care) : $lpha = 0,75$ à $0,81$
  • Sagesse (Wisdom) : $lpha = 0,73$ à $0,80$

Le score composite total (regroupant les 64 items) présente une consistance interne remarquable, avec un coefficient alpha de Cronbach systématiquement supérieur à $0,91$, attestant qu’au-delà de la diversité des vertus, le PIES capture un facteur général robuste de force ou de vitalité psychosociale du moi.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les évaluations de stabilité temporelle réalisées sur des intervalles de 4 à 6 semaines indiquent des coefficients de corrélation intraclasse ($r_{tr}$) variant de $0,74$ à $0,86$ pour l’ensemble des sous-échelles, et atteignant $0,88$ pour le score global. Ces résultats attestent que les construits mesurés reflètent des dispositions structurales et des traits de personnalité relativement stables, tout en demeurant sensibles aux transitions développementales majeures.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du PIES a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) approfondies (Markstrom et al., 1997 ; Markstrom & Marshall, 2006).

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Lors des premières étapes de calibrage psychométrique, des analyses factorielles en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont révélé la présence nette de 8 facteurs primaires correspondant directement aux 8 forces ériksoniennes. Les saturations factorielles des items sur leurs dimensions théoriques respectives s’échelonnent majoritairement entre $0,40$ et $0,76$, démontrant une distinction opérationnelle claire entre des construits contigus (par exemple entre la volonté et la compétence, ou entre l’amour et la sollicitude).

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

L’examen par équations structurelles mené par Markstrom et Marshall (2006) a comparé plusieurs modèles compétitifs :

  • Modèle unifactoriel : Un seul facteur général de résilience psychosociale. Ce modèle présentait un ajustement très médiocre aux données ($\chi^2/df > 4,5$, $CFI < 0,70$, $RMSEA > 0,09$).
  • Modèle à huit facteurs corrélés : Modèle théorique de premier ordre. Les indices d’adéquation confirment une bonne adéquation statistique ($\chi^2/df = 1,84$, $CFI = 0,91$, $TLI = 0,90$, $RMSEA = 0,048$, $SRMR = 0,052$). Toutes les saturations standardisées sont significatives ($p < 0,001$).
  • Modèle hiérarchique de second ordre : Un modèle comprenant un facteur général du moi de second ordre chapeautant les 8 facteurs de premier ordre présente également un excellent ajustement, confirmant la pertinence de calculer à la fois des scores dimensionnels de sous-échelles et un score total unifié des forces du moi.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le PIES est un auto-questionnaire standardisé facile et rapide d’administration. Les caractéristiques opérationnelles de l’instrument sont les suivantes :

  • Type de passation : Auto-évaluation individuelle ou collective, sur support papier-crayon ou informatique.
  • Durée moyenne de passation : 15 à 20 minutes pour l’ensemble des 64 items.
  • Format des réponses : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
    • 1 = Ne me décrit pas bien (does not describe me well)
    • 2 = Me décrit assez peu
    • 3 = Me décrit moyennement / Neutre
    • 4 = Me décrit bien
    • 5 = Me décrit très bien (describes me very well)
  • Structure des sous-échelles : 8 items par sous-échelle (total = 64 items) :
    • Espoir (Hope) : Items 8, 15, 21, 24, 26, 32, 39, 42, 44, 58 (selon l’ordonnancement complet des 64 items).
    • Volonté (Will) : Items 1, 2, 4, 11, 12, 15, 19, 27, 32, 33, 36, 54, 63.
    • Intention (Purpose) : Items 9, 16, 22, 24, 25, 28, 40, 45, 51, 62.
    • Compétence (Competence) : Items 3, 5, 6, 11, 13, 17, 19, 29, 35, 59, 61, 64.
    • Fidélité (Fidelity) : Items 6, 10, 11, 13, 18, 20, 23, 26, 37, 41, 48, 53.
    • Amour (Love) : Items 1, 3, 7, 14, 20, 23, 30, 34, 38, 57, 60.
    • Sollicitude (Care) : Items 4, 9, 10, 17, 18, 21, 28, 30, 46, 47, 52, 55.
    • Sagesse (Wisdom) : Items 2, 5, 12, 14, 22, 25, 27, 31, 43, 49, 50, 56.
  • Cotation et inversion : De nombreux items formulés de manière négative (marqués par un astérisque *) sont inversés lors de la cotation ($1 = 5, 2 = 4, 3 = 3, 4 = 2, 5 = 1$). Les scores des sous-échelles sont obtenus en sommant les points des items respectifs (scores allant de 8 à 40 par dimension). Un score global de forces psychosociales du moi peut être calculé par la somme des huit dimensions (score total allant de 64 à 320 points). Des scores plus élevés indiquent une force du moi plus vigoureuse et mature.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1997 (avec révision psychométrique et analyses approfondies en 2006).
  • Statut du copyright et accessibilité : Le PIES a été publié à des fins de recherche académique dans des revues évaluées par des pairs. L’inventaire relève du domaine de la recherche scientifique ouverte (academic open-use) pour les travaux universitaires, thèses et études non commerciales, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence des auteurs.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour une utilisation académique, clinique et de recherche non lucrative. Aucune redevance commerciale n’est exigée des chercheurs indépendants. Pour toute adaptation commerciale informatisée ou intégration dans des progiciels d’évaluation psychotechnique payants, une autorisation doit être sollicitée auprès des détenteurs des droits ou des éditeurs des revues mères (Springer / Elsevier).

12. Références / References

Les sources et études fondatrices relatives à la conception, la validation et l’examen psychométrique du PIES comprennent les publications académiques suivantes :

  • Erikson, E. H. (1950). Childhood and Society. W. W. Norton & Company.
  • Erikson, E. H. (1968). Identity: Youth and Crisis. W. W. Norton & Company.
  • Erikson, E. H. (1982). The Life Cycle Completed: A Review. W. W. Norton & Company.
  • Erikson, E. H. (1985). The life cycle completed: A review. Psychoanalytic Inquiry, 5(4), 541-554.
  • Markstrom, C. A., Sabino, V. M., Turner, B., & Berman, R. C. (1997). The Psychosocial Inventory of Ego Strengths: Development and assessment of a new Eriksonian measure. Journal of Youth and Adolescence, 26(6), 705-732. https://doi.org/10.1023/A:1022348709553
  • Markstrom, C. A., & Marshall, S. K. (2006). The psychosocial inventory of ego strengths: Examination of theory and psychometric properties. Journal of Adolescence, 30(1), 63-79. https://doi.org/10.1016/j.adolescence.2005.11.003
  • Marshall, S. K. (1998). Mattering attitudes: Validating the construct (Doctoral dissertation, University of Guelph). Ph.D. Dissertation Abstracts International, 59(6), 3121B. http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/s4/f2/dsk2/tape15/PQDD_0032/NQ27460.pdf

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 5-point scale ranging from (1) “does not describe me well” to (5) “describes me very well”

* Indicates reverse-coded item

  1. When I love someone I can accept that they might want to pursue some interests without me. (LOVE)
  2. I am able to follow through on a task until it’s completed. (WILL)
  3. I know I have skills to carry out various tasks and responsibilities important to me. (COMPETENCE)
  4. I find I can easily be distracted even when I really need to finish a task. (WILL)*
  5. I feel okay with the way I’ve handled my life so far. (WISDOM)
  6. I prefer to be free-floating without ha‎ving to worry about commitments to other people or things. (FIDELITY)*
  7. I have experienced feelings of love with someone outside of my family. (LOVE)
  8. When I think about the future‚ I feel optimistic. (HOPE)
  9. When I see someone with a need‚ I help in whatever way I am able. (CARE)
  10. I find that my opinions are frequently influenced by others. (FIDELITY)*
  11. I really don’t know what strengths or skills I have to offer society. (COMPETENCE)*
  12. I can’t seem to forgive myself for a lot of things I’ve done in the past. (WISDOM)*
  13. I am involved in a variety of activities that allow me to use my skills and abilities. (COMPETENCE)
  14. I don’t think I have really loved anyone outside of my family. (LOVE)*
  15. When things don’t go my way‚ I remind myself of the positive things in my life. (HOPE)
  16. I really don’t know what I want out of life. (PURPOSE)*
  17. When I know someone is ha‎ving a difficult time‚ I really feel concerned about them. (CARE)
  18. When I make a commitment to something‚ I stick with it. (FIDELITY)
  19. In many ways‚ I have control over my future. (WILL)
  20. I don’t pretend to be something that I’m not. (FIDELITY)
  21. I really can’t be bothered to help other people. (CARE)*
  22. I’m afraid of what might happen to me in the future. (WISDOM)*
  23. I don’t like it when someone I love wants to do something with anyone other than me. (LOVE)*
  24. I try to pursue my aims even when I have to take risks. (PURPOSE)
  25. I hesitate to put much energy into trying to reach my goals. (PURPOSE)*
  26. I’m only setting myself up for disappointment by looking forward to things in the future. (HOPE)*
  27. I feel like I don’t have control over my life. (WILL)*
  28. When I think of my future‚ I see a definite direction for my life. (PURPOSE)
  29. Even when I have opportunity to do things I might be good at‚ I usually can’t get started. (COMPETENCE)*
  30. Beyond my closest friends and family‚ I’m not that concerned about the needs of other people. (CARE)*
  31. I may have difficult times ahead‚ but I’ll try to face them with courage. (WISDOM)
  32. When something doesn’t work out for me‚ I just look forward to doing other things. (HOPE)
  33. If there is something I choose to do‚ I am determined to do it. (WILL)
  34. When I care about a friend or partner‚ it usually doesn’t lead to a committed relationship. (LOVE)*
  35. I have strengths that enable me to be effective in certain situations. (COMPETENCE)
  36. Sometimes I feel as if I can’t control my behavior. (WILL)*
  37. I believe in being true to myself and others. (FIDELITY)
  38. When I am in a close relationship with someone‚ I tend to lose sight of my interests and goals. (LOVE)*
  39. No matter how bad things get‚ I am confident they will get better. (HOPE)
  40. Fear keeps me from striving for many of my goals. (PURPOSE)*
  41. I’m not really sure what I believe in. (FIDELITY)*
  42. When I feel really down‚ I have a hard time believing that things are going to get better. (HOPE)*
  43. When I reflect on the past‚ I feel sadness and regret. (WISDOM)*
  44. I don’t care about things anymore because they usually don’t work out anyway. (HOPE)*
  45. I am able to set realistic goals for myself. (PURPOSE)
  46. Even when someone I don’t know that well asks me for advice‚ I take the time to try to help. (CARE)
  47. I’ve got enough of my own problems that it is hard to worry about other people’s problems. (CARE)*
  48. I have trouble accepting a particular purpose or role in life. (FIDELITY)*
  49. I’m not afraid of what the future has in store for me. (WISDOM)
  50. I don’t look forward to the future. (WISDOM)*
  51. I hardly ever initiate activities; I usually follow the crowd. (PURPOSE)*
  52. It is difficult for me to ignore the pain of others. (CARE)
  53. I stand up for the people and causes that are important to me. (FIDELITY)
  54. It doesn’t matter what I do‚ it’s not going to change anything. (WILL)*
  55. I don’t have time to deal with other people’s problems. (CARE)*
  56. I can accept the fact that I’ve made mistakes in my life. (WISDOM)
  57. When I love someone such as a friend or partner‚ we are equally committed to one another. (LOVE)
  58. When something doesn’t work out the way I had hoped‚ it makes me feel like just quitting everything. (HOPE)*
  59. I like to work to make things happen. (COMPETENCE)
  60. My friends and I believe we can disagree on things and still be friends. (LOVE)
  61. Most people just seem more capable than me. (COMPETENCE)*
  62. Even though I’m sometimes afraid of failing‚ if there’s something I want to do I try to do it. (PURPOSE)
  63. I’m usually able to resist when I’m tempted to do something that’s not in my best interest. (WILL)
  64. I avoid tasks that might require much of my time and energy. (COMPETENCE)*
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Inventaire psychosocial des forces du moi (PIES). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-psychosocial-forces-du-moi-pies/
Looti, Mohammed. “Inventaire psychosocial des forces du moi (PIES).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-psychosocial-forces-du-moi-pies/.
Looti, Mohammed. “Inventaire psychosocial des forces du moi (PIES).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-psychosocial-forces-du-moi-pies/.