Inventaire psychosocial des forces du moi

Découvrez l’Inventaire psychosocial des forces du moi (PIES), conçu par Carol A. Markstrom pour mesurer les 8 vertus psychosociales d’Erikson. Analyse complète de ses propriétés psychométriques, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire psychosocial des forces du moi (Psychosocial Inventory of Ego Strengths, PIES) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu initialement par Carol A. Markstrom et ses collaborateurs en 1997, puis affiné par Markstrom et Marshall (2006). Ancré de manière rigoureuse dans la théorie du développement psychosocial d’Erik H. Erikson, le PIES a été élaboré pour opérationnaliser et mesurer empiriquement les huit vertus ou « forces du moi » (ego strengths) émergeant de la résolution positive des huit crises développementales jalonnant le cycle de vie humain.

Le questionnaire complet comprend 64 items répartis équitablement entre huit sous-échelles distinctes de 8 items chacune : l’Espoir (Hope, lié à la confiance vs méfiance), la Volonté (Will, autonomie vs honte/doute), le Dessein ou le But (Purpose, initiative vs culpabilité), la Compétence (Competence, travail vs infériorité), la Fidélité (Fidelity, identité vs confusion des rôles), l’Amour (Love, intimité vs isolement), la Sollicitude ou l’Attention (Care, générativité vs stagnation), et la Sagesse (Wisdom, intégrité vs désespoir). Les répondants expriment leur degré d’accord à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert en 5 points allant de 1 (« does not describe me well » / ne me décrit pas bien) à 5 (« describes me very well » / me décrit très bien). L’inventaire intègre une alternance équilibrée d’items cotés positivement et d’items inversés afin de contrer le biais d’acquiescement.

Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une excellente cohérence interne globale (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,85 et 0,94 pour l’échelle totale, et entre 0,65 et 0,84 pour les huit sous-échelles selon les échantillons) ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires appuient la validité de construit multidimensionnelle tout en corroborant l’existence d’un facteur d’ordre supérieur reflétant la force globale du moi (total ego strength). Le PIES s’impose comme un outil incontournable pour la recherche développementale, la psychologie de l’adolescence et du vieillissement, ainsi que pour l’évaluation clinique du fonctionnement adaptatif de la personnalité.

2. Mots-clés / Keywords

Forces du moi, Erik Erikson, développement psychosocial, inventaire psychosocial des forces du moi, PIES, identité, vertus psychosociales, psychométrie, fidélité test-retest, maturité psychologique, fonctionnement du moi, adaptation psychosociale.

3. Auteurs / Authors

L’élaboration et la validation initiale du Psychosocial Inventory of Ego Strengths (PIES) sont l’œuvre d’une équipe de chercheurs spécialistes du développement de l’adolescent et de la psychologie psychosociale :

  • Carol A. Markstrom, Ph.D. — Professeure émérite au Département de développement humain et de sciences de la famille (Department of Child Development and Family Studies), West Virginia University, Morgantown, Virginie-Occidentale, États-Unis. Ses recherches pionnières portent sur la formation de l’identité, les transitions développementales de l’adolescence et l’application empirique des modèles eriksoniens. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Vera M. Sabino — Chercheuse associée, West Virginia University, ayant participé activement au développement opérationnel de la métrique originale.
  • Barbara Turner — West Virginia University, co-conceptrice des protocoles psychométriques initiaux.
  • Richard C. Berman — West Virginia University, co-auteur de l’étude princeps de 1997.
  • Sheila K. Marshall, Ph.D. — Professeure à la School of Social Work, University of British Columbia, Vancouver, Canada. Collaboratrice clé ayant codirigé avec Markstrom les études de réévaluation structurelle et d’extension psychométrique publiées en 2006.

4. Objectif / Purpose

Le PIES a été formulé pour combler un vide méthodologique majeur dans la recherche en psychologie du développement. Historiquement, bien que la théorie épigénétique d’Erikson ait profondément influencé les sciences humaines, la majorité des instruments disponibles (tels que l’Erikson Psychosocial Stage Inventory [EPSI] de Rosenthal et al., ou l’Inventory of Psychosocial Balance [IPB] de Domino et Affonso) mesuraient principalement la résolution des crises bipolaires (par exemple la confiance versus la méfiance) plutôt que les résultats structurels positifs pérennes qui en découlent, à savoir les forces ou vertus du moi. L’objectif fondamental du PIES est donc d’opérationnaliser et de quantifier directement ces forces adaptatives de l’ego chez les adolescents, les jeunes adultes et les populations adultes à travers le cycle de vie.

D’un point de vue clinique et diagnostique, l’inventaire sert à établir un profil individualisé des ressources intrapersonnelles et interpersonnelles du patient. Il ne se focalise pas sur la symptomatologie ou les déficits psychopathologiques, mais adopte une perspective résolument orientée vers les forces et la résilience psychologique. Il permet aux cliniciens :

  • D’identifier les vulnérabilités développementales spécifiques liées à des crises non résolues (par exemple, un faible score en Volonté suggérant des conflits persistants autour de l’autonomie et de la honte) ;
  • D’orienter les interventions psychothérapeutiques en s’appuyant sur les forces du moi préservées (par exemple, un score élevé en Fidélité pouvant servir de levier d’engagement thérapeutique) ;
  • D’évaluer le progrès longitudinal dans les thérapies axées sur la reconstruction de l’identité, le soutien psychosocial ou la transition vers l’âge adulte.

En recherche fondamentale, le PIES est largement mobilisé pour examiner les interrelations entre le développement du moi et diverses variables contemporaines : l’estime de soi, le bien-être subjectif, le sens de l’existence, les styles d’attachement, les conduites à risque, la réussite académique et l’ajustement socio-émotionnel face au stress chronique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le PIES repose sur le concept eriksonien de vertus fondamentales (ego strengths), définies comme des capacités psychosociales intrinsèques acquises de façon cumulative au cours de l’existence. Le modèle postule huit dimensions sous-jacentes, chacune correspondant au résultat adaptatif d’une crise psychosociale spécifique :

1. L’Espoir (Hope) — Stade 1 : Confiance vs Méfiance

L’Espoir représente la conviction fondamentale et durable que les désirs et aspirations profondes peuvent être réalisés, en dépit des vicissitudes de l’existence et des épreuves. Il s’agit d’une orientation optimiste primaire envers l’avenir, reposant sur un sentiment de sécurité intérieure. Les individus présentant un score élevé conservent leur confiance en des dénouements favorables même dans l’adversité (ex. item 39 : « No matter how bad things get, I am confident they will get better »), tandis qu’un faible niveau se traduit par le retrait et le découragement (ex. item 44 : « I don’t care about things anymore because they usually don’t work out anyway »).

2. La Volonté (Will) — Stade 2 : Autonomie vs Honte et Doute

La Volonté incarne la détermination ininterrompue d’exercer un libre choix et une maîtrise de soi, face aux pressions externes et aux pulsions internes. Elle reflète l’agentivité, le contrôle perçu sur son propre destin et la capacité à réguler ses impulsions (ex. item 19 : « In many ways, I have control over my future » ; item 63 : « I’m usually able to resist when I’m tempted to do something that’s not in my best interest »). Les scores faibles dénotent un sentiment d’impuissance, d’inhibition ou de compulsion (ex. item 54 : « It doesn’t matter what I do, it’s not going to change anything »).

3. Le Dessein ou But (Purpose) — Stade 3 : Initiative vs Culpabilité

Le Dessein traduit le courage d’imaginer, de poursuivre et d’orienter activement ses objectifs fondamentaux sans être paralysé par la peur de l’échec ou le sentiment de culpabilité. Il combine l’action orientée vers un but et la fixation d’objectifs réalistes mais ambitieux (ex. item 28 : « When I think of my future, I see a definite direction for my life » ; item 45 : « I am able to set realistic goals for myself »). À l’opposé, les personnes en déficit éprouvent une indécision chronique et une crainte d’entreprendre (ex. item 40 : « Fear keeps me from striving for many of my goals »).

4. La Compétence (Competence) — Stade 4 : Travail vs Infériorité

La Compétence renvoie à l’exercice libre et maîtrisé de l’habileté manuelle, intellectuelle et sociale dans l’accomplissement des tâches valorisées par la culture. Elle englobe le sentiment d’efficacité personnelle, la satisfaction dans l’apprentissage et le sentiment d’utilité collective (ex. item 35 : « I have strengths that enable me to be effective in certain situations » ; item 59 : « I like to work to make things happen »). Les scores bas reflètent une inertie, une dévalorisation de ses aptitudes et une tendance à la passivité (ex. item 61 : « Most people just seem more capable than me »).

5. La Fidélité (Fidelity) — Stade 5 : Identité vs Confusion des rôles

La Fidélité consiste en la capacité de maintenir des loyautés librement souscrites envers des idéaux, des systèmes de valeurs et des groupes d’appartenance, malgré les contradictions inhérentes aux systèmes de croyances. Elle implique l’authenticité envers soi-même et la clarté identitaire (ex. item 37 : « I believe in being true to myself and others » ; item 53 : « I stand up for the people and causes that are important to me »). Un déficit en fidélité se caractérise par la confusion idéologique et l’instabilité des convictions (ex. item 41 : « I’m not really sure what I believe in »).

6. L’Amour (Love) — Stade 6 : Intimité vs Isolement

L’Amour est conceptualisé par Erikson comme la réciprocité mature de dévouement mutuel qui neutralise les antagonismes naturels entre partenaires. Il mesure la capacité à nouer des relations intimes et profondes sans craindre de dissoudre sa propre individualité (ex. item 1 : « When I love someone I can accept that they might want to pursue some interests without me » ; item 57 : « When I love someone such as a friend or partner, we are equally committed to one another »). Les difficultés dans cette dimension se manifestent par la fusion anxieuse ou l’évitement de l’engagement (ex. item 38 : « When I am in a close relationship with someone, I tend to lose sight of my interests and goals »).

7. La Sollicitude (Care) — Stade 7 : Générativité vs Stagnation

La Sollicitude ou Attention élargie représente le souci universellement ressenti de guider, de nourrir et de protéger les générations suivantes ainsi que de contribuer au bien-être de la communauté au-delà du cercle familial immédiat (ex. item 9 : « When I see someone with a need, I help in whatever way I am able » ; item 52 : « It is difficult for me to ignore the pain of others »). Le pôle négatif correspond à l’égocentrisme et au rejet d’autrui (ex. item 21 : « I really can’t be bothered to help other people »).

8. La Sagesse (Wisdom) — Stade 8 : Intégrité vs Désespoir

La Sagesse est une préoccupation détachée et sereine pour la vie elle-même face à la mort inéluctable. Elle implique l’acceptation globale de l’histoire de sa propre vie, le pardon de ses erreurs passées et l’absence de regret accablant (ex. item 5 : « I feel okay with the way I’ve handled my life so far » ; item 56 : « I can accept the fact that I’ve made mistakes in my life »). Les scores faibles indiquent l’amertume, la terreur du vieillissement et le remords (ex. item 43 : « When I reflect on the past, I feel sadness and regret »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le PIES est fermement ancré dans le courant de la psychologie psychanalytique du développement et plus particulièrement dans l’architecture épigénétique développée par Erik H. Erikson (1963, 1968, 1982). Selon le principe épigénétique, tout être humain traverse huit stades universels prédéterminés par la maturation biologique et les exigences socioculturelles. Chaque stade est caractérisé par une tension dialectique ou « crise psychosociale » opposant un pôle syntonique (adaptatif) à un pôle dystonique (désadaptatif).

Loin de considérer les pôles négatifs comme de simples anomalies pathologiques, la métapsychologie eriksonienne insiste sur le fait qu’une saine résolution implique un équilibre dynamique où le pôle positif l’emporte de façon prépondérante sur le pôle négatif. La résultante structurante de cette balance réussie est précisément une force du moi (ego strength ou vertu). Ces vertus ne sont pas des traits statiques, mais des dynamismes structurels du moi qui confèrent à l’individu une résilience accrue pour négocier les crises ultérieures.

Le cadre théorique postule également une interdépendance hiérarchique et développementale : les forces acquises aux stades précoces (l’Espoir dans l’enfance, la Volonté chez le tout-petit) constituent le socle ontogénétique nécessaire à l’édification des forces plus sophistiquées de l’adolescence (la Fidélité) et de l’âge adulte avancé (la Sagesse). Carol Markstrom et ses collègues ont opérationnalisé ces forces en considérant que, bien que chaque vertu connaisse son apogée à un stade désigné, toutes les vertus coexistent et s’expriment à des degrés divers chez les individus ayant franchi l’enfance. Le PIES capture ainsi la synthèse intégrée de ces forces à un moment donné du parcours de vie.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du PIES a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques menées auprès de cohortes d’adolescents scolarisés, d’étudiants universitaires et d’adultes d’âges variés (Markstrom et al., 1997 ; Markstrom & Marshall, 2006).

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et théoriquement attendues avec des construits bien établis :

  • Estime de soi et bien-être psychologique : Le score global du PIES ainsi que ses sous-échelles corrèlent positivement et fortement avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (coefficients $r$ variant de 0,45 à 0,68, $p < 0,001$) et avec les dimensions de bien-être de Ryff (autonomie, maîtrise de l'environnement, croissance personnelle).
  • Statuts d’identité de Marcia : La sous-échelle Fidélité et le score total du PIES montrent des corrélations positives robustes avec le statut de réalisation de l’identité (Identity Achievement, $r \approx 0,40$ à $0,55$) et des corrélations négatives avec la diffusion de l’identité (Identity Diffusion, $r \approx -0,38$ à $-0,52$).
  • Locus de contrôle : Des corrélations positives substantielles ont été observées entre la sous-échelle Volonté et un locus de contrôle interne, attestant que le PIES mesure fidèlement le sentiment d’agentivité personnelle.
  • Générativité et altruisme : La sous-échelle Sollicitude (Care) montre une forte convergence empirique avec l’échelle de générativité de Loyola (Loyola Generativity Scale, $r > 0,50$).

Validité discriminante

Les études de validité discriminante confirment que le PIES ne se confond pas avec la simple désirabilité sociale. Les corrélations avec les échelles de désirabilité sociale (telle que l’échelle de Marlowe-Crowne) demeurent modestes ($r < 0,25$), indiquant que les scores reflètent véritablement les forces internes perçues plutôt qu’une complaisance d’auto-présentation. En outre, le PIES corrèle négativement a\vec les mesures d’anxiété manifeste, de dépression (BDI) et de détresse psychologique générale ($r = -0,35$ à $-0,60$).

Validité prédictive

Le PIES a démontré une excellente capacité à prédire l’ajustement scolaire, la réussite transitionnelle chez les jeunes adultes et la résilience face aux événements de vie stressants. Dans l’étude de Marshall (1998) sur les attitudes de « mattering » (sentiment de compter pour autrui), les scores de forces du moi prédisaient significativement la santé mentale positive et l’engagement social au-delà des facteurs démographiques standards.

8. Fidélité / Reliability

L’inventaire démontre des qualités de fidélité remarquables, tant en termes d’homogénéité interne que de stabilité temporelle à travers les cohortes étudiées :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon princeps de validation (Markstrom et al., 1997, $N = 345$ adolescents et jeunes adultes), le coefficient alpha de Cronbach pour le score total à 64 items atteignait un niveau d’excellence de $\alpha = 0,94$. Pour les sous-échelles individuelles composées de 8 items chacune, les indices de consistance interne se répartissent généralement comme suit :

  • Espoir (Hope) : $\alpha = 0,77$ à $0,82$
  • Volonté (Will) : $\alpha = 0,72$ à $0,78$
  • Dessein (Purpose) : $\alpha = 0,74$ à $0,80$
  • Compétence (Competence) : $\alpha = 0,75$ à $0,81$
  • Fidélité (Fidelity) : $\alpha = 0,70$ à $0,77$
  • Amour (Love) : $\alpha = 0,68$ à $0,75$
  • Sollicitude (Care) : $\alpha = 0,73$ à $0,79$
  • Sagesse (Wisdom) : $\alpha = 0,71$ à $0,78$

L’ensemble de ces coefficients dépasse largement le seuil psychométrique conventionnel de 0,70 recommandé pour les outils de recherche par les standards de l’American Psychological Association.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Les études de réévaluation temporelle à un intervalle de quatre à six semaines rapportent des coefficients de corrélation test-retest compris entre $r = 0,76$ et $r = 0,86$ pour le score global, et entre $r = 0,66$ et $r = 0,81$ pour les huit sous-échelles. Cette stabilité met en évidence que le PIES appréhende des dimensions structurelles durables de la personnalité plutôt que des fluctuations d’états émotionnels transitoires.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle du PIES a fait l’objet d’examens statistiques approfondis combinant l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) (Markstrom et al., 1997 ; Markstrom & Marshall, 2006) :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses initiales en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont corroboré la structure sous-jacente à huit dimensions. Les saturations factorielles des items sur leurs dimensions théoriques respectives sont majoritairement substantielles, oscillant entre 0,40 et 0,78. Les items inversés présentent parfois des saturations secondaires modestes, un phénomène classique dans les questionnaires contenant des formulations négatives, mais se regroupent sans équivoque avec les items positifs de leur dimension respective.

Modèle factoriel hiérarchique et AFC

L’analyse factorielle confirmatoire menée par Markstrom et Marshall (2006) a testé plusieurs modèles concurrents :

  • Modèle unidimensionnel : Postulant un facteur général unique de force du moi. Ce modèle présente un ajustement médiocre ($RMSEA > 0,08$, $CFI < 0,80$), rejetant l'hypothèse que les forces du moi forment un bloc indifférencié.
  • Modèle à huit facteurs orthogonaux : Postulant l’indépendance totale des vertus. L’ajustement demeure insatisfaisant en raison des intercorrélations théoriques fortes entre les stades eriksoniens.
  • Modèle de second ordre / facteurs corrélés : Un modèle à huit facteurs de premier ordre reliés à un facteur général d’ordre supérieur (Global Ego Strength). Ce modèle procure les indices d’adéquation les plus solides ($CFI \approx 0,90$, $TLI \approx 0,89$, $RMSEA \approx 0,049$ à $0,056$).

Ces données confirment l’hypothèse centrale d’Erikson : les huit forces du moi possèdent une spécificité fonctionnelle distincte tout en convergeant vers une force intégrée de l’appareil psychique.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory).
  • Cadre d’application : Recherche développementale, évaluation de la personnalité, conseil d’orientation chez l’adolescent, bilan psychologique chez l’adulte.
  • Nombre total d’items : 64 items (8 items par dimension).
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert en 5 points allant de (1) à (5) :
    • 1 = Does not describe me well (Ne me décrit pas bien)
    • 2 = Describes me slightly (Me décrit un peu)
    • 3 = Describes me moderately (Me décrit modérément)
    • 4 = Describes me well (Me décrit bien)
    • 5 = Describes me very well (Me décrit très bien)
  • Dimensions / Sous-échelles :
    • Espoir (Hope) : Items 8, 15, 21*, 26*, 32, 39, 42*, 44*, 58* (*inversés).
    • Volonté (Will) : Items 2, 4*, 12, 19, 27*, 33, 36*, 54*, 63.
    • Dessein (Purpose) : Items 9*, 16*, 24, 25*, 28, 40*, 45, 51*, 62.
    • Compétence (Competence) : Items 3, 5*, 6, 11*, 13, 17*, 19, 29*, 35, 59, 61*, 64*.
    • Fidélité (Fidelity) : Items 6*, 10*, 11, 13, 18, 20, 23*, 37, 41*, 48*, 53.
    • Amour (Love) : Items 1, 3, 7, 7*, 14*, 20*, 23*, 30, 34*, 38*, 57, 60.
    • Sollicitude (Care) : Items 4, 9, 10, 17, 18*, 21*, 28*, 30*, 46, 47*, 52, 55*.
    • Sagesse (Wisdom) : Items 2, 5, 12*, 14*, 22*, 25*, 27, 31, 43*, 49, 50*, 56.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Les items suivis d’un astérisque (*) sont inversés avant le calcul : $1 to 5$, $2 to 4$, $3 to 3$, $4 to 2$, $5 to 1$.
    • Les scores de chaque sous-échelle s’obtiennent par la somme ou la moyenne des 8 items constitutifs (fourchette de score brut : 8 à 40 par sous-échelle).
    • Le score composite de Force globale du moi (Total Ego Strength) s’obtient par la somme des 64 items (fourchette : 64 à 320).
  • Temps de passation estimé : 15 à 20 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1997 (publication princeps dans le Journal of Youth and Adolescence) ; révisé en 2006.
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par Carol A. Markstrom et ses co-auteurs ainsi que par Springer Nature / Academic Press.
  • Permissions d’utilisation : L’inventaire est accessible sans frais pour la recherche académique non commerciale, l’enseignement supérieur et les thèses doctorales. Les chercheurs souhaitant employer l’instrument doivent citer rigoureusement l’article princeps de 1997 et la publication de 2006.
  • Usage commercial et clinique : Toute intégration dans une plateforme logicielle commerciale, d’entreprise ou d’évaluation rémunérée nécessite une demande de permission formelle auprès des titulaires de droits d’auteur.

12. Références / References

Les publications fondamentales étayant le développement, la conceptualisation et la validation psychométrique du PIES comprennent :

  • Erikson, E. H. (1963). Childhood and society (2nd ed.). W. W. Norton & Company.
  • Erikson, E. H. (1968). Identity: Youth and crisis. W. W. Norton & Company.
  • Erikson, E. H. (1982). The life cycle completed: A review. W. W. Norton & Company.
  • Markstrom, C. A., & Marshall, S. K. (2006). The psychosocial inventory of ego strengths: Examination of theory and psychometric properties. Journal of Adolescence, 30(1), 63–79. https://doi.org/10.1016/j.adolescence.2006.01.003
  • Markstrom, C. A., Sabino, V. M., Turner, B., & Berman, R. C. (1997). The Psychosocial Inventory of Ego Strengths: Development and assessment of a new Eriksonian measure. Journal of Youth and Adolescence, 26(6), 705–732. https://doi.org/10.1023/A:1022370026211
  • Marshall, S. K. (1998). Mattering attitudes: Validating the construct (Publication No. 59(6), 3121B) [Doctoral dissertation, University of Guelph]. ProQuest Dissertations and Theses Global.
  • Rosenthal, D. A., Gurney, R. M., & Moore, S. M. (1981). From trust to intimacy: A new inventory for examining Erikson’s stages of psychosocial development. Journal of Youth and Adolescence, 10(6), 525–537. https://doi.org/10.1007/BF02139611

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 5-point scale ranging from (1) « does not describe me well » to (5) « describes me very well ».
* indicates reverse-scored item.

  1. I find I can easily be distracted even when I really need to finish a task.
  2. I feel OK with the way I’ve handled my life so far.
  3. I have experienced feelings of love with someone outside of my family.
  4. When I see someone with a need‚ I help in whatever way I am able.
  5. I really don’t know what strengths or skills I have to offer society.
  6. I am involved in a variety of activities that allow me to use my skills and abilities.
  7. I don’t think I have really loved anyone outside of my family.
  8. When things don’t go my way‚ I remind myself of the positive things in my life.
  9. I don’t really know what I want out of life.
  10. When I know someone is ha‎ving a difficult time‚ I really feel concerned about them.
  11. When I make a commitment to something‚ I stick with it.
  12. In many ways‚ I have control over my future.
  13. I don’t pretend to be something that I am not.
  14. I’m afraid of what might happen to me in the future.
  15. I feel like I don’t have control over my life.
  16. When I think of my future‚ I see a definite direction for my life.
  17. Even when I have opportunity to do things I might be good at‚ I usually can’t get started.
  18. Beyond my closest friends and family‚ I’m not that concerned about the needs of other people.
  19. I have strengths that enable me to be effective in certain situations.
  20. When I am in a close relationship with someone‚ I tend to lose sight of my interests and goals
  21. No matter how bad things get‚ I am confident they will get better.
  22. Fear keeps me from striving for many of my goals.
  23. I’m not really sure what I believe in.
  24. When I feel really down‚ I have a hard time believing that things are going to get better.
  25. When I reflect on the past‚ I feel sadness and regret.
  26. I have trouble accepting a particular purpose or role in life.
  27. I’m not afraid of what the future has in store for me.
  28. I don’t have time to deal with other people’s problems.
  29. When something doesn’t work out the way I had hoped‚ it makes me feel like just quitting everything.
  30. My friends and I believe we can disagree on things and still be fiends.
  31. Even though I’m sometimes afraid of failing‚ if there’s something I want to do I try to do it.
  32. I’m usually able to resist when I’m tempted to do something that’s not in mv best interest.
  33. If there is something I choose to do‚ I am determined to do it. (WILL)
  34. When I care about a friend or partner‚ it usually doesn’t lead to a committed relationship. (LOVE)*
  35. I have strengths that enable me to be effective in certain situations. (COMPETENCE)
  36. Sometimes I feel as if I can’t control my behavior. (WILL)*
  37. I believe in being true to myself and others. (FIDELITY)
  38. When I am in a close relationship with someone‚ I tend to lose sight of my interests and goals. (LOVE)*
  39. No matter how bad things get‚ I am confident they will get better. (HOPE)
  40. Fear keeps me from striving for many of my goals. (PURPOSE)*
  41. I’m not really sure what I believe in. (FIDELITY)*
  42. When I feel really down‚ I have a hard time believing that things are going to get better. (HOPE)*
  43. When I reflect on the past‚ I feel sadness and regret. (WISDOM)*
  44. I don’t care about things anymore because they usually don’t work out anyway. (HOPE)*
  45. I am able to set realistic goals for myself. (PURPOSE)
  46. Even when someone I don’t know that well asks me for advice‚ I take the time to try to help. (CARE)
  47. I’ve got enough of my own problems that it is hard to worry about other people’s problems. (CARE)*
  48. I have trouble accepting a particular purpose or role in life. (FIDELITY)*
  49. I’m not afraid of what the future has in store for me. (WISDOM)
  50. I don’t look forward to the future. (WISDOM)*
  51. I hardly ever initiate activities; I usually follow the crowd. (PURPOSE)*
  52. It is difficult for me to ignore the pain of others. (CARE)
  53. I stand up for the people and causes that are important to me. (FIDELITY)
  54. It doesn’t matter what I do‚ it’s not going to change anything. (WILL)*
  55. I don’t have time to deal with other people’s problems. (CARE)*
  56. I can accept the fact that I’ve made mistakes in my life. (WISDOM)
  57. When I love someone such as a friend or partner‚ we are equally committed to one another. (LOVE)
  58. When something doesn’t work out the way I had hoped‚ it makes me feel like just quitting everything. (HOPE)*
  59. I like to work to make things happen. (COMPETENCE)
  60. My friends and I believe we can disagree on things and still be friends. (LOVE)
  61. Most people just seem more capable than me. (COMPETENCE)*
  62. Even though I’m sometimes afraid of failing‚ if there’s something I want to do I try to do it. (PURPOSE)
  63. I’m usually able to resist when I’m tempted to do something that’s not in my best interest. (WILL)
  64. I avoid tasks that might require much of my time and energy. (COMPETENCE)*
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Inventaire psychosocial des forces du moi. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-psychosocial-forces-du-moi-pies-2/
Looti, Mohammed. “Inventaire psychosocial des forces du moi.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-psychosocial-forces-du-moi-pies-2/.
Looti, Mohammed. “Inventaire psychosocial des forces du moi.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-psychosocial-forces-du-moi-pies-2/.