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Inventaire multidimensionnel de la douleur – Version néerlandaise / Inventaire multidimensionnel de la douleur de West Haven-Yale

Guide psychométrique complet sur l’Inventaire multidimensionnel de la douleur (MPI / WHYMPI / MPI-DLV) développé par Kerns, Turk et Rudy (1985) et adapté en néerlandais par Lousberg et Groenman (1994). Présentation des 52 items, des 12 sous-échelles, du cadre théorique cognitivo-comportemental, de la taxonomie des clusters de douleur et des normes de validation.

PUBLIÉ

1. Résumé / Abstract

L’Inventaire multidimensionnel de la douleur (Multidimensional Pain Inventory, MPI), initialement développé sous l’appellation de West Haven-Yale Multidimensional Pain Inventory (WHYMPI) par Robert D. Kerns, Dennis C. Turk et Thomas E. Rudy en 1985, constitue l’un des instruments d’évaluation psychométrique les plus influents et rigoureux dans le domaine de la douleur chronique. Conçu dans le cadre du modèle biopsychosocial et cognitivo-comportemental, le MPI a été adapté et validé en langue néerlandaise (Multidimensional Pain Inventory – Dutch Language Version, MPI-DLV) par Richel Lousberg et ses collaborateurs en 1994. Cet auto-questionnaire standardisé de 52 items évalue de manière exhaustive l’expérience subjective de la douleur, son retentissement fonctionnel et psychosocial, ainsi que les dynamiques interactionnelles au sein de l’environnement du patient.

L’instrument est structuré en trois sections distinctes mais interdépendantes : la Section 1 (20 items) évalue cinq dimensions fondamentales de l’expérience douloureuse (Sévérité de la douleur, Interférence dans la vie quotidienne, Sentiment de contrôle sur sa vie, Détresse affective, Soutien social perçu) ; la Section 2 (14 items) mesure les réactions perçues du conjoint ou du partenaire significatif face aux manifestations de douleur du sujet, réparties en trois sous-échelles (Réponses punitives, Réponses solliciteuses, Réponses distrayantes) ; et la Section 3 (18 items) quantifie la fréquence d’engagement dans diverses activités quotidiennes regroupées en quatre sous-échelles (Tâches ménagères, Travaux extérieurs, Activités hors du domicile, Activités sociales), complétées par un Indice d’activité générale (General Activity Index).

Chaque item est évalué au moyen d’une échelle d’évaluation numérique en 7 points (graduée de 0 à 6) assortie d’ancrages descriptifs spécifiques à l’item. L’un des atouts majeurs de l’instrument réside dans sa capacité empirique à classifier les patients douloureux chroniques en trois profils ou clusters cliniques distincts : les « Dysfonctionnels » (Dysfunctional), les « Interpersonnellement en détresse » (Interpersonally Distressed) et les « Ajustés » ou « Copers adaptatifs » (Adaptive Copers). Les propriétés psychométriques de la version originale et de la version néerlandaise (MPI-DLV) démontrent une consistance interne élevée (coefficients alpha de Cronbach s’échelonnant généralement entre 0,70 et 0,90), une excellente stabilité temporelle test-retest ($r = 0,62$ à $0,91$), ainsi qu’une validité de construit, convergente et discriminante robuste confirmée par de nombreuses analyses factorielles confirmatoires.

2. Mots-clés / Keywords

Douleur chronique, West Haven-Yale Multidimensional Pain Inventory, WHYMPI, Multidimensional Pain Inventory, MPI-DLV, Évaluation biopsychosociale, Psychométrie, Thérapie cognitivo-comportementale, Profils de douleur, Comportements de douleur.

3. Auteurs / Authors

L’inventaire original a été conçu et validé par une équipe de chercheurs pionniers en psychologie de la santé et en médecine comportementale :

  • Robert D. Kerns, Ph.D. : Professeur émérite de psychiatrie, de neurologie et de psychologie à l’Université Yale (Yale University School of Medicine), New Haven, Connecticut, États-Unis ; ancien directeur national du programme de gestion de la douleur au Veterans Health Administration.
  • Dennis C. Turk, Ph.D. : Professeur émérite de recherche sur la douleur au Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur de l’Université de Washington (University of Washington), Seattle, Washington, États-Unis ; figure de proue internationale de l’approche cognitivo-comportementale de la douleur.
  • Thomas E. Rudy, Ph.D. : Professeur d’anesthésiologie, de biostatistique et de psychiatrie computationnelle à l’Université de Pittsburgh (University of Pittsburgh), Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis.
  • Richel Lousberg, Ph.D. (Auteur de la version néerlandaise MPI-DLV) : Chercheur et psychologue clinicien au Département de psychologie médicale et de psychiatrie de l’Université de Maastricht (Maastricht University) et au centre de réadaptation Hoensbroeck, Pays-Bas.
  • Albert J. M. Groenman, Ph.D. (Co-auteur de la version néerlandaise MPI-DLV) : Département de psychologie clinique, Université de Maastricht, Pays-Bas.

4. Objectif / Purpose

L’objectif principal du Multidimensional Pain Inventory (MPI / WHYMPI) et de son adaptation néerlandaise (MPI-DLV) est de fournir une évaluation multidimensionnelle, standardisée et quantitative de l’expérience globale des patients souffrant de syndromes douloureux chroniques persistant depuis plus de six semaines. Historiquement, l’évaluation médicale de la douleur s’est principalement cantonnée à des échelles unidimensionnelles d’intensité sensorielle (telles que l’Échelle Visuelle Analogique ou l’Échelle Numérique). Bien que ces outils soient utiles en phase aiguë, ils s’avèrent manifestement insuffisants pour appréhender la complexité d’un tableau douloureux chronique, où s’entremêlent des dimensions affectives, cognitives, comportementales et interpersonnelles.

Le MPI a été spécialement élaboré pour opérationnaliser la perspective biopsychosociale de la douleur. Il vise à combler le fossé existant entre les plaintes somatiques subjectives des patients, les croyances cognitives relatives au contrôle personnel, les répercussions émotionnelles (dépression, anxiété, irritabilité), le niveau d’incapacité fonctionnelle dans la vie domestique et sociale, et le rôle modulateur joué par les réactions de l’entourage immédiat (notamment le conjoint ou partenaire intime).

Applications cliniques

En pratique clinique, le MPI remplit plusieurs fonctions diagnostiques et thérapeutiques cruciales :

  • Évaluation initiale complète : Il permet d’établir un profil psychométrique de base avant toute intervention médicale, chirurgicale, pharmacologique ou psychothérapeutique dans les centres spécialisés d’évaluation et de traitement de la douleur.
  • Classification typologique (Clustering) : L’instrument permet de catégoriser empiriquement les patients en sous-groupes homogènes (Dysfonctionnels, En détresse interpersonnelle, Copers adaptatifs). Cette classification oriente directement le clinicien vers une médecine personnalisée et des interventions ciblées (par exemple, une thérapie de couple comportementale pour le profil en détresse interpersonnelle, ou une réactivation graduelle pour le profil dysfonctionnel).
  • Suivi de l’efficacité thérapeutique : Utilisé lors d’évaluations longitudinales post-traitement et lors de suivis à moyen et long terme, le MPI permet de mesurer précisément les gains thérapeutiques, non seulement sur l’intensité perçue de la douleur, mais également sur l’humeur, la reprise des activités et la modification des interactions conjugales.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche translationnelle et clinique, le MPI sert d’étalon-or (gold standard) pour tester l’efficacité d’essais contrôlés randomisés évaluant les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), les programmes de réadaptation fonctionnelle multidisciplinaire et les approches pharmacologiques novatrices. Il permet également d’explorer les mécanismes médiateurs et modérateurs reliant les croyances sur la douleur, le catastrophisme, le soutien social et l’invalidité fonctionnelle objective.

5. Construit psychologique / Construct

Le Multidimensional Pain Inventory évalue l’expérience douloureuse comme un phénomène composite intégrant des processus sensoriels, affectifs, cognitifs, comportementaux et systémiques. L’inventaire est subdivisé en trois sections principales et comprend un total de 12 sous-échelles validées :

Section 1 : Dimensions cognitives, affectives et fonctionnelles de la douleur (20 items)

Cette première section explore l’impact direct de la douleur sur la vie du patient à travers 5 sous-échelles :

  • Sévérité de la douleur (Pain Severity – 3 items) : Mesure l’intensité actuelle de la douleur, la douleur moyenne ressentie au cours de la semaine écoulée, ainsi que l’ampleur de la souffrance physique globale éprouvée par l’individu.
  • Interférence de la douleur (Interference – 9 items) : Évalue à quel point la condition douloureuse perturbe le fonctionnement quotidien du sujet. Cette sous-échelle couvre un large spectre : capacité de travail, loisirs, relations conjugales et familiales, amitiés et réalisation des tâches domestiques.
  • Contrôle sur sa vie (Life Control – 2 items) : Mesure le sentiment d’auto-efficacité personnelle et la perception qu’a le patient de maîtriser sa vie et de résoudre efficacement ses difficultés quotidiennes malgré la persistance des symptômes.
  • Détresse affective (Affective Distress – 3 items) : Évalue l’état émotionnel négatif global, incluant la dépression, le niveau d’anxiété, la tristesse, le sentiment d’abattement et l’irritabilité vécus durant la semaine précédente.
  • Soutien social perçu (Support – 3 items) : Quantifie le degré d’attention, de compréhension, d’aide et d’inquiétude bienveillante manifesté par le conjoint ou la personne significative face au problème de douleur.

Section 2 : Réponses perçues de l’entourage significatif (14 items)

Fondée sur les théories du conditionnement opérant appliquées à la douleur, cette section mesure la manière dont le patient perçoit les réactions de son partenaire face à ses communications et comportements de douleur :

  • Réponses punitives (Punishing Responses – 4 items) : Mesure les réactions perçues de rejet, d’agacement, de frustration, de colère ou d’ignorance active de la part du conjoint lorsque le patient exprime sa souffrance.
  • Réponses solliciteuses (Solicitous Responses – 6 items) : Évalue les comportements de surprotection, d’assistance bienveillante, de prise en charge des tâches du patient, d’encouragement au repos ou d’administration directe de médicaments. Bien que bien intentionnées, ces réponses peuvent involontairement renforcer l’invalidation fonctionnelle par renforcement positif des comportements douloureux.
  • Réponses distrayantes (Distracting Responses – 4 items) : Quantifie les efforts déployés par le partenaire pour détourner l’attention du patient de sa douleur en initiant des discussions, en allumant la télévision ou en l’engageant dans une activité stimulante.

Section 3 : Activités de la vie quotidienne (18 items)

Cette section mesure la fréquence d’engagement effectif du patient dans une série d’activités concrètes au cours de la semaine écoulée :

  • Tâches ménagères (Household Chores – 5 items) : Lavage de la vaisselle, préparation des repas, entretien ménager courant (aspirateur, dépoussiérage), lessive et réfection des lits.
  • Travaux extérieurs (Outdoor Work – 5 items) : Tonte de la pelouse, jardinage, déneigement ou ramassage des feuilles mortes, lavage de la voiture, entretien extérieur et réparations de la maison.
  • Activités hors du domicile (Activities Away from Home – 4 items) : Courses alimentaires au supermarché, sorties au cinéma, restaurants, et séances d’achats non alimentaires.
  • Activités sociales (Social Activities – 4 items) : Visites à des amis, jeux de cartes ou jeux de société, sorties au parc ou à la plage, et visites à la famille élargie.
  • Indice d’activité générale (General Activity Index) : Score composite reflétant le niveau global de réactivation physique et d’engagement comportemental de l’individu.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du West Haven-Yale Multidimensional Pain Inventory s’ancre à la croisée de trois paradigmes théoriques majeurs ayant révolutionné la médecine comportementale et la psychologie de la santé durant la seconde moitié du XXe siècle :

1. La théorie du Gate Control (Portillon) de Melzack et Wall

Proposée en 1965 par Ronald Melzack et Patrick Wall, la théorie du portillon a brisé la vision linéaire cartésienne de la douleur (selon laquelle l’intensité douloureuse serait strictement proportionnelle à la lésion tissulaire). En démontrant que les influx nociceptifs afférents sont modulés au niveau de la corne dorsale de la moelle épinière par des influences descendantes issues du cortex cérébral (pensées, émotions, attention, attentes), cette théorie a légitimé l’évaluation rigoureuse des composantes motivationnelles, affectives et cognitives dans l’expérience de la douleur.

2. Le modèle opérant et comportemental de Fordyce

Wilbert E. Fordyce (1976) a démontré que la douleur chronique ne se résume pas à une expérience privée intrapsychique, mais s’exprime par des « comportements de douleur » observables (plaintes verbales, gémissements, grimaces, postures antalgiques, évitement d’activités). Ces comportements sont soumis aux lois du conditionnement opérant de B.F. Skinner. Les réactions de l’environnement social immédiat jouent un rôle déterminant : des réponses excessivement solliciteuses (surprotection, dispense de corvées) peuvent agir comme des renforçateurs positifs ou négatifs maintenant l’incapacité, tandis que des réponses punitives (critiques, rejet) peuvent accroître la détresse affective et l’isolement du patient. La Section 2 du MPI est l’opérationnalisation directe de ce modèle opérant.

3. Le modèle cognitivo-comportemental de Turk et Rudy

Dennis Turk et Thomas Rudy ont élargi l’approche comportementale en intégrant les théories cognitives de l’évaluation du stress (Richard Lazarus & Susan Folkman) et le concept d’auto-efficacité d’Albert Bandura. Selon ce modèle, l’impact de la douleur est médiatisé par la façon dont l’individu évalue ses symptômes (menace perçue, catastrophisme) et ses propres ressources pour y faire face (contrôle perçu sur sa vie, stratégies d’ajustement ou coping). Le MPI a été conçu pour opérationnaliser ces postulats cognitivo-comportementaux et fournir une taxonomie empirique des profils d’ajustement à la douleur.

7. Validité / Validity

L’inventaire multidimensionnel de la douleur a fait l’objet de validations empiriques exhaustives, confirmant son excellente qualité métrologique à travers diverses populations cliniques (lombalgies chroniques, fibromyalgie, douleurs neuropathiques, céphalées, arthrose).

Validité de construit et profilage taxonomique (Clustering)

L’une des plus remarquables contributions psychométriques du MPI réside dans la démonstration de sa validité typologique. À l’aide de techniques de classification automatique (k-means cluster analysis), Turk et Rudy (1988), puis Lousberg et al. (1994) pour la version néerlandaise, ont identifié trois profils homogènes et réplicables :

  • Cluster 1 : Dysfonctionnel (Dysfunctional) : Caractérisé par des scores très élevés de sévérité de la douleur, une interférence fonctionnelle majeure, une détresse affective importante et un faible sentiment de contrôle personnel sur leur vie.
  • Cluster 2 : Interpersonnellement en détresse (Interpersonally Distressed) : Caractérisé par une perception extrêmement faible du soutien du partenaire, associée à des niveaux élevés de réponses punitives de la part de l’entourage et une détresse affective notable.
  • Cluster 3 : Copers adaptatifs (Adaptive Copers) : Caractérisé par une sévérité modérée de la douleur, un niveau d’interférence fonctionnelle très faible, une faible détresse affective et un sentiment élevé de maîtrise et de contrôle sur leur vie quotidienne.

Validité convergente et discriminante

Les études de validation menées par Kerns et al. (1985), Bernstein et al. (1995), ainsi que Lousberg et al. (1992, 1994) pour le MPI-DLV, révèlent des corrélations convergentes hautement significatives :

  • La sous-échelle Affective Distress corrèle fortement avec l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI, $r = 0,65$ à $0,78$) et l’échelle d’anxiété du STAI ($r = 0,60$).
  • La sous-échelle Interference montre de fortes corrélations positives avec le Roland-Morris Disability Questionnaire (RMDQ, $r = 0,71$) et l’Oswestry Disability Index (ODI, $r = 0,68$).
  • La sous-échelle Pain Severity corrèle étroitement avec l’Échelle Visuelle Analogique (EVA) d’intensité ($r = 0,74$ à $0,82$).
  • La validité discriminante est attestée par l’absence de corrélations significatives entre la sous-échelle Support ou les sous-échelles d’activités et des mesures sans rapport comme la désirabilité sociale (échelle de Marlowe-Crowne, $r < 0,15$).

Validité prédictive et sensibilité au changement

Le MPI a démontré une sensibilité clinique supérieure pour détecter les changements thérapeutiques après des programmes interdisciplinaires de gestion de la douleur. Les diminutions des scores d’interférence et d’inconfort affectif prédisent avec précision la reprise professionnelle et la réduction de l’utilisation des services de santé à 12 mois d’intervalle.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’inventaire a été établie par de multiples études psychométriques rigoureuses, tant pour la version américaine d’origine (Kerns et al., 1985) que pour la version néerlandaise MPI-DLV (Lousberg et al., 1994) et d’autres adaptations internationales :

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Les coefficients de cohérence interne calculés sur de larges cohortes de patients douloureux chroniques témoignent d’une remarquable homogénéité des sous-échelles :

  • Section 1 : Sévérité de la douleur ($lpha = 0,72$ à $0,86$), Interférence ($lpha = 0,86$ à $0,93$), Contrôle sur sa vie ($lpha = 0,70$ à $0,82$), Détresse affective ($lpha = 0,78$ à $0,87$), Soutien social ($lpha = 0,81$ à $0,90$).
  • Section 2 : Réponses punitives ($lpha = 0,76$ à $0,84$), Réponses solliciteuses ($lpha = 0,78$ à $0,88$), Réponses distrayantes ($lpha = 0,74$ à $0,81$).
  • Section 3 : Tâches ménagères ($lpha = 0,77$ à $0,86$), Travaux extérieurs ($lpha = 0,72$ à $0,81$), Activités hors du domicile ($lpha = 0,68$ à $0,75$), Activités sociales ($lpha = 0,65$ à $0,74$).

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Dans l’étude princeps de Kerns et al. (1985), la fidélité test-retest évaluée à un intervalle de deux semaines sans intervention thérapeutique a montré des coefficients de corrélation de Pearson stables et statistiquement significatifs ($p < 0,001$) :

  • Sévérité de la douleur : $r = 0,86$
  • Interférence : $r = 0,87$
  • Contrôle sur sa vie : $r = 0,79$
  • Détresse affective : $r = 0,84$
  • Soutien social : $r = 0,91$
  • Réponses du partenaire (Section 2) : $r = 0,77$ à $0,89$
  • Activités quotidiennes (Section 3) : $r = 0,62$ à $0,82$

Les analyses de stabilité menées par Lousberg et al. (1994) sur la cohorte néerlandaise confirment ces indices de reproductibilité avec des coefficients intra-classes (ICC) variant entre 0,71 et 0,89 sur un intervalle de trois semaines.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du MPI a été explorée et validée par une série d’analyses factorielles exploratoires (AFE) à extraction en composantes principales avec rotation varimax et oblimin, complétées ultérieurement par des modélisations en équations structurelles et des analyses factorielles confirmatoires (AFC) multigroupes.

Structure factorielle de la Section 1

L’AFE menée sur les 20 items de la Section 1 extrait de manière constante 5 facteurs distincts expliquant plus de 65 % de la variance totale :

  • Le Facteur 1 (Interférence) regroupe les 9 items correspondants avec des saturations factorielles très élevées comprises entre 0,62 et 0,85.
  • Le Facteur 2 (Soutien social) réunit les items 5, 10 et 15 avec des saturations supérieures à 0,78.
  • Le Facteur 3 (Sévérité de la douleur) rassemble les items 1, 7 et 19 avec des saturations comprises entre 0,70 et 0,84.
  • Le Facteur 4 (Détresse affective) regroupe les items 6, 12 et 18 (saturations entre 0,65 et 0,81).
  • Le Facteur 5 (Contrôle sur sa vie) isole les items 11 et 16 (saturations négatives avant inversion de -0,68 et -0,74).

Structure factorielle de la Section 2

Pour les 14 items portant sur les réponses du conjoint, l’analyse factorielle dégage sans ambiguïté une solution à 3 facteurs indépendants expliquant environ 58 % de la variance :

  • Facteur Sollicitude : Saturations comprises entre 0,55 et 0,82 pour les items 2, 5, 8, 11, 13 et 14.
  • Facteur Punitif : Saturations comprises entre 0,64 et 0,86 pour les items 1, 4, 7 et 10.
  • Facteur Distraction : Saturations comprises entre 0,58 et 0,79 pour les items 3, 6, 9 et 12.

Structure factorielle de la Section 3

L’analyse des 18 items d’activité confirme l’organisation en 4 sous-facteurs distincts correspondant aux différents domaines de la vie quotidienne, tout en autorisant le calcul d’un facteur d’ordre supérieur représentant le niveau global d’activation comportementale.

Ajustement des modèles confirmatoires (AFC)

Les études confirmatoires modernes (notamment Bernstein et al., 1995 ; Lousberg et al., 1997) ont testé l’adéquation du modèle théorique sous-jacent. Les indices d’ajustement rapportés attestent d’une excellente concordance aux données observées : $chi^2/dl < 2,5$, Comparative Fit Index (CFI) $> 0,92$, Tucker-Lewis Index (TLI) $> 0,91$, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $< 0,058$, validant ainsi l'invariance de mesure de l'instrument à travers les sexes et les sous-types étiologiques de douleur chronique.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Auto-questionnaire psychométrique standardisé sur papier ou informatisé.
  • Nombre total d’items : 52 items répartis en 3 sections.
  • Structure des sections et sous-échelles :
    • Section 1 (20 items, 5 sous-échelles) :
      • Sévérité de la douleur (Pain Severity) : Items 1, 7, 19.
      • Interférence (Interference) : Items 2, 3, 4, 8, 9, 13, 14, 17, 20.
      • Contrôle sur sa vie (Life Control) : Items 11, 16 (Items inversés).
      • Détresse affective (Affective Distress) : Items 6, 12, 18.
      • Soutien social (Support) : Items 5, 10, 15.
    • Section 2 (14 items, 3 sous-échelles de réponses du partenaire) :
      • Réponses punitives (Punishing Responses) : Items 21, 24, 27, 30 (notés 1, 4, 7, 10 dans la section 2).
      • Réponses solliciteuses (Solicitous Responses) : Items 22, 25, 28, 31, 33, 34 (notés 2, 5, 8, 11, 13, 14 dans la section 2).
      • Réponses distrayantes (Distracting Responses) : Items 23, 26, 29, 32 (notés 3, 6, 9, 12 dans la section 2).
    • Section 3 (18 items, 4 sous-échelles d’activités + indice composite) :
      • Tâches ménagères (Household Chores) : Items 35, 39, 43, 47, 51 (notés 1, 5, 9, 13, 17 dans la section 3).
      • Travaux extérieurs (Outdoor Work) : Items 36, 40, 44, 48, 52 (notés 2, 6, 10, 14, 18 dans la section 3).
      • Activités hors domicile (Activities Away from Home) : Items 37, 41, 45, 49 (notés 3, 7, 11, 15 dans la section 3).
      • Activités sociales (Social Activities) : Items 38, 42, 46, 50 (notés 4, 8, 12, 16 dans la section 3).
      • Indice d’activité générale (General Activity Index) : Moyenne de l’ensemble des 18 items d’activité.
  • Échelle de réponse : Échelle d’évaluation numérique en 7 points (0 à 6) avec descriptions d’ancrage spécifiques à chaque item (e.g., 0 = ‘No pain’ / ‘Not at all’ à 6 = ‘Severe pain’ / ‘Extremely’) / 7-point numerical rating scale (0 to 6) with item-specific anchor descriptions (e.g., 0 = ‘No pain’ / ‘Not at all’ to 6 = ‘Severe pain’ / ‘Extremely’).
  • Règles de cotation et scores inversés :
    • Dans la Section 1, les items 11 et 16 sont inversés : $\text{Score recodé} = 6 – \text{Score brut}$.
    • Le score de chaque sous-échelle est obtenu en calculant la moyenne arithmétique (ou la somme standardisée) des items correspondants, produisant un score variant de 0 à 6 pour chaque domaine.
    • Les scores peuvent être convertis en scores T standardisés (moyenne = 50, écart-type = 10) pour être comparés aux normes de référence cliniques et alimenter les algorithmes de classification en clusters (Dysfonctionnel, En détresse interpersonnelle, Coper adaptatif).
  • Durée de passation : Environ 15 à 20 minutes pour l’auto-administration complète.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1985 (WHYMPI Version 1.0 / Version 2.0 par Kerns, Turk & Rudy) ; 1994 pour la version autorisée en langue néerlandaise (MPI-DLV par Lousberg, Groenman et al.).
  • Statut du droit d’auteur : Le Multidimensional Pain Inventory est protégé par le droit d’auteur original détenu par ses auteurs universitaires (R.D. Kerns, D.C. Turk, T.E. Rudy).
  • Conditions d’utilisation et licences : L’utilisation du questionnaire à des fins de recherche clinique universitaire non commerciale, d’enseignement ou de pratique clinique hospitalière individuelle est généralement autorisée sans frais, sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse des publications princeps. Pour toute exploitation commerciale, intégration dans des progiciels de télésanté propriétaires ou essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique, une demande d’autorisation formelle doit être adressée aux détenteurs des droits ou aux distributeurs institutionnels agréés.

12. Références / References

  • Bernstein, I. H., Jaremko, M. E., & Hinkley, B. S. (1995). On the psychometric integrity of the West Haven-Yale Multidimensional Pain Inventory. Journal of Behavioral Medicine, 18(3), 295–307. https://doi.org/10.1007/BF01857876
  • Fordyce, W. E. (1976). Behavioral methods for chronic pain and illness. C.V. Mosby Company.
  • Kerns, R. D., Turk, D. C., & Rudy, T. E. (1985). The West Haven-Yale Multidimensional Pain Inventory (WHYMPI). Pain, 23(4), 345–356. https://doi.org/10.1016/0304-3959(85)90004-1
  • Lousberg, R., Groenman, A. J. M., Schmidt, A. J., & van Houwelingen, H. C. (1994). Profile interpretation of the Multidimensional Pain Inventory: Dutch Language Version. Pain, 59(2), 173–177. https://doi.org/10.1016/0304-3959(94)90069-8
  • Lousberg, R., Schmidt, A. J., & Groenman, A. J. M. (1992). The relationship between the Multidimensional Pain Inventory, the Pain Assessment Index, and the McGill Pain Questionnaire in Dutch chronic pain patients. Clinical Journal of Pain, 8(2), 140–147. https://doi.org/10.1097/00002508-199206000-00009
  • Melzack, R., & Wall, P. D. (1965). Pain mechanisms: A new theory. Science, 150(3699), 971–979. https://doi.org/10.1126/science.150.3699.971
  • Rudy, T. E., Turk, D. C., Zaki, H. S., & Curtin, H. D. (1989). An empirical taxometric alternative to traditional classification of temporomandibular disorders. Pain, 36(3), 311–320. https://doi.org/10.1016/0304-3959(89)90091-2
  • Turk, D. C., & Rudy, T. E. (1988). Toward an empirically derived taxonomy of chronic pain patients: Integration of psychological assessment data. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 56(2), 233–238. https://doi.org/10.1037/0022-006X.56.2.233

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: This questionnaire is designed to assess how your pain affects various aspects of your life. Please answer each question by circling the number that best describes your experience over the past week.
Response Scale: 7-point numerical rating scale (0 to 6) with item-specific anchor descriptions (e.g., 0 = 'No pain' / 'Not at all' to 6 = 'Severe pain' / 'Extremely')
Scoring / Reverse Items: The WHYMPI/MPI consists of three sections:
Section 1 (20 items, 5 subscales): Pain Severity (items 1, 7, 19), Interference (items 2, 3, 4, 8, 9, 13, 14, 17, 20), Life Control (items 11, 16), Affective Distress (items 6, 12, 18), Support (items 5, 10, 15). Items 11, 16 are reverse scored.
Section 2 (14 items, 3 subscales of significant other responses): Punishing Responses (items 1, 4, 7, 10), Solicitous Responses (items 2, 5, 8, 11, 13, 14), Distracting Responses (items 3, 6, 9, 12).
Section 3 (18 items, 4 subscales of general activity): Household Chores (items 1, 5, 9, 13, 17), Outdoor Work (items 2, 6, 10, 14, 18), Activities Away from Home (items 3, 7, 11, 15), Social Activities (items 4, 8, 12, 16), plus a General Activity Index.
1

SECTION 1
1

Rate the level of your pain at the present time.
2

In general, how much does your pain problem interfere with your day to day activities?
3

Since the time you developed a pain problem, how much has your pain changed your ability to work?
4

How much has your pain changed the amount of satisfaction or enjoyment you get from participating in social and recreational activities?
5

How supportive or helpful is your spouse (or significant other) to you in relation to your pain?
6

Rate your overall mood during the past week.
7

On the average, how severe has your pain been during the past week?
8

How much has your pain changed your ability to participate in recreational and other social activities?
9

How much has your pain changed the amount of satisfaction you get from family-related activities?
10

How worried is your spouse (or significant other) about you in relation to your pain problem?
11

During the past week, how much control do you feel that you have had over your life?
12

How much suffering do you experience because of your pain?
13

How much has your pain changed your relationship with your spouse, family, or other significant person?
14

How much has your pain changed your ability to do household chores?
15

How attentive is your spouse (or significant other) to your pain problem?
16

During the past week, how much do you feel that you've been able to deal with your problems?
17

How much has your pain changed your ability to engage in family and other social activities?
18

How irritable have you been during the past week?
19

How much pain are you having at the present time?
20

How much has your pain changed your ability to engage in everyday activities at home?
21

SECTION 2 (Responses by significant other when you are in pain)
21

Ignores me.
22

Asks me what he/she can do to help.
23

Reads to me.
24

Expresses irritation at me.
25

Takes over my chores.
26

Talks to me to take my mind off the pain.
27

Expresses frustration at me.
28

Encourages me to rest.
29

Tries to get me involved in some activity.
30

Expresses anger at me.
31

Gets me something to eat or drink.
32

Turns on the T.V. to take my mind off the pain.
33

Gets me pain medication.
34

Treats me with extra care.
35

SECTION 3 (Frequency of activities during the past week)
35

Wash dishes.
36

Mow the lawn.
37

Go to the grocery store.
38

Play cards or other games.
39

Clean the house (e.g., dusting, vacuuming).
40

Work in the garden.
41

Go to a movie.
42

Visit friends.
43

Prepare a meal.
44

Shovel snow or rake leaves.
45

Go to the park or beach.
46

Go out to eat.
47

Do laundry.
48

Wash the car.
49

Go shopping for non-food items.
50

Visit family or relatives.
51

Make the beds.
52

Do yard or house maintenance work.

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 4). Inventaire multidimensionnel de la douleur – Version néerlandaise / Inventaire multidimensionnel de la douleur de West Haven-Yale. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-multidimensionnel-douleur-whympi-mpi-dlv/
memjavad. “Inventaire multidimensionnel de la douleur – Version néerlandaise / Inventaire multidimensionnel de la douleur de West Haven-Yale.” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-multidimensionnel-douleur-whympi-mpi-dlv/.
memjavad. “Inventaire multidimensionnel de la douleur – Version néerlandaise / Inventaire multidimensionnel de la douleur de West Haven-Yale.” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-multidimensionnel-douleur-whympi-mpi-dlv/.