1. Résumé / Abstract
L’Inventaire Multidimensionnel des Traits Hypocondriaques (Multidimensional Inventory of Hypochondriacal Traits, MIHT), développé par Susan L. Longley, David Watson et Russell Noyes Jr. en 2005, représente une avancée psychométrique majeure dans l’évaluation empirique et dimensionnelle de l’hypocondrie et de l’anxiété liée à la santé. Face aux limites conceptuelles des classifications diagnostiques catégorielles traditionnelles, qui réduisaient souvent l’hypocondrie à une entité monolithique et dichotomique, le MIHT opérationnalise ce construit sous la forme d’un profil multifactoriel composé de 31 items répartis en quatre sous-échelles distinctes : l’aliénation hypocondriaque (composante cognitive, 7 items), la réassurance hypocondriaque (composante comportementale, 8 items), l’absorption hypocondriaque (composante perceptive, 9 items) et l’inquiétude hypocondriaque (composante affective, 7 items).
Chaque item est évalué sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« never » / jamais) à 5 (« always » / toujours). Les analyses psychométriques initiales et ultérieures démontrent des qualités remarquables : la cohérence interne des sous-échelles est élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,79 et 0,91 selon les échantillons cliniques et non cliniques. La stabilité temporelle test-retest à plusieurs semaines d’intervalle est également robuste, confirmant le statut de trait psychologique stable. La validité de construit a été amplement confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, démontrant la supériorité d’un modèle à quatre facteurs corrélés par rapport à un modèle unifactoriel. De surcroît, le MIHT présente une excellente validité convergente avec les mesures d’amplification somatosensorielle, de névrosisme et d’affectivité négative, ainsi qu’une validité discriminante nette le distinguant des mesures d’anxiété généralisée et de dépression majeure. Cet instrument s’impose ainsi comme un outil de référence en recherche clinique et en médecine comportementale.
2. Mots-clés / Keywords
Hypocondrie, anxiété liée à la santé, Inventaire Multidimensionnel des Traits Hypocondriaques, MIHT, psychométrie, évaluation cognitive, somatisation, réassurance médicale, absorption corporelle, névrosisme, validité factorielle, psychologie de la santé.
3. Auteurs / Authors
L’Inventaire Multidimensionnel des Traits Hypocondriaques a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de premier plan dans le domaine de la psychopathologie quantitative et des troubles anxieux :
- Susan L. Longley, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée au département de psychiatrie et de psychologie de l’Université de l’Iowa et à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health. Ses travaux sont centrés sur la taxonomie empirique des troubles de la somatisation et de l’anxiété médicale. Courriel institutionnel : [email protected].
- David Watson, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Notre Dame et à l’Université de l’Iowa. Figure majeure mondiale de la psychologie de la personnalité et de la psychopathologie structurale, co-développeur de la structure hiérarchique tripartie de l’affectivité (PANAS) et de l’approche dimensionnelle des troubles émotionnels.
- Russell Noyes Jr., M.D. : Professeur émérite de psychiatrie au Carver College of Medicine de l’Université de l’Iowa. Pionnier reconnu internationalement pour ses investigations cliniques et épidémiologiques sur l’hypocondrie, les attaques de panique et l’anxiété liée à la maladie.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du développement du Multidimensional Inventory of Hypochondriacal Traits (MIHT) est de fournir une évaluation psychométrique raffinée, dimensionnelle et structurée de l’hypocondrie, telle qu’elle se manifeste à travers les sphères cognitives, comportementales, perceptives et affectives de l’expérience humaine. Historiquement, l’évaluation de l’hypocondrie reposait sur des conceptualisations nosologiques issues du DSM-III et du DSM-IV, qui la traitaient comme un trouble somatoforme binaire, ou sur des échelles globales telles que l’Indice de Whiteley (Whiteley Index) ou l’Illness Behaviour Questionnaire (IBQ). Ces instruments antérieurs souffraient souvent d’un manque de clarté quant à la multidimensionnalité des traits et confondaient fréquemment la présence de symptômes physiques réels avec l’angoisse psychologique excessive liée à ces manifestations.
Le MIHT a été spécifiquement élaboré pour dépasser ces écueils théoriques et méthodologiques. Sur le plan fondamental, il vise à disséquer la variance du spectre hypocondriaque afin de comprendre comment les individus perçoivent les signaux internes de leur corps, comment ils interprètent la gravité potentielle de ces signaux, comment ils réagissent affectivement face à la perspective de la maladie grave, et comment ils mobilisent leur environnement social et médical pour apaiser leurs angoisses. Il permet de capturer la sévérité des traits d’anxiété de santé non seulement chez des patients consultant en psychiatrie ou en médecine interne, mais aussi au sein de la population générale, reconnaissant ainsi la nature intrinsèquement continue de ces traits psychologiques.
Dans la pratique clinique, le MIHT remplit plusieurs rôles déterminants :
- Diagnostic différentiel et profilage clinique : Il permet d’établir une cartographie précise des difficultés du patient, distinguant par exemple un individu dominé par une hypervigilance intéroceptive aiguë (forte absorption) d’un autre enfermé dans des conduites répétitives d’interpellation du corps médical (forte réassurance) ou dans un sentiment d’isolement et d’incompréhension face au corps médical (forte aliénation).
- Planification thérapeutique individualisée : En thérapie cognitive et comportementale (TCC), l’identification des dimensions prédominantes guide les interventions : exposition avec prévention de la réponse pour la quête de réassurance, restructuration cognitive pour les croyances d’aliénation et de menace vitale, ou encore entraînement attentionnel pour moduler l’absorption perceptive.
- Mesure de l’efficacité thérapeutique : Utilisé en pré- et post-traitement, il permet de quantifier précisément quelles facettes du trouble s’améliorent sous l’effet de la psychothérapie ou d’un traitement pharmacologique.
En recherche, le MIHT constitue un instrument de choix pour les études de génétique comportementale, de neurobiologie intéroceptive, ainsi que pour les modèles structuraux de psychopathologie dimensionnelle (tels que le modèle HiTOP – Hierarchical Taxonomy of Psychopathology), où l’anxiété de santé s’inscrit au carrefour des spectres internalisé et somatoforme.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le MIHT est l’hypocondrie envisagée comme un trait de personnalité multidimensionnel et stable. Loin d’être une manifestation unitaire, ce construit intègre quatre composantes interconnectées mais distinctes sur les plans conceptuel et empirique :
1. Composante cognitive : L’aliénation hypocondriaque (Hypochondriacal Alienation)
Cette dimension (items 1 à 7) quantifie le sentiment subjectif qu’éprouve l’individu que son entourage, ses proches et les professionnels de la santé ne prennent pas ses plaintes somatiques au sérieux, manquent d’empathie à son égard ou rejettent la réalité de sa souffrance. L’individu ressent une rupture communicative avec le corps social : il a l’impression d’être incompris, invalidé ou considéré comme un simulateur. Ce schéma cognitif engendre une méfiance accrue, de l’amertume et une détresse interpersonnelle profonde. Par exemple, l’item 5 (« The more I talk about my health problems the less others seem to listen ») capture ce cercle vicieux où la multiplication des plaintes entraîne l’épuisement de l’entourage, renforçant la conviction du patient d’être abandonné face au danger médical.
2. Composante comportementale : La réassurance hypocondriaque (Hypochondriacal Reassurance)
Composée de 8 items (items 8 à 15), cette sous-échelle évalue la propension active de l’individu à rechercher le soutien émotionnel, la sympathie, la sollicitude et la confirmation médicale auprès d’autrui lorsqu’il se sent mal ou inquiet. Il s’agit d’un comportement opérant de régulation émotionnelle externe : l’individu utilise le regard de l’autre pour dissiper temporairement sa peur panique de la mort ou de la pathologie dégénérative. L’item 9 (« I like to be reassured when I feel sick ») et l’item 15 (« Telling people about my health problems makes me feel better ») illustrent ce besoin impérieux de décharger l’anxiété somatique dans la relation interpersonnelle, un mécanisme qui paradoxalement entretient l’intolérance à l’incertitude à long terme.
3. Composante perceptive : L’absorption hypocondriaque (Hypochondriacal Absorption)
Cette sous-échelle (items 16 à 24) mesure l’hyperfocalisation attentionnelle sur les sensations corporelles internes et la conscience intéroceptive accrue. L’absorption corporelle renvoie à une tendance involontaire ou délibérée à surveiller en continu les battements cardiaques, le tonus musculaire, la digestion, la position spatiale du corps et les micro-stimulations cutanées. L’individu absorbe la quasi-totalité de ses ressources attentionnelles dans la scrutation somatique, ce qui amplifie considérablement la saillance sensorielle de bruits de fond physiologiques totalement bénins. L’item 19 (« Even when I listen to a lecture or talk‚ I am alert to how my body feels ») illustre cette rivalité attentionnelle entre le traitement des stimuli environnementaux externes et le monitoring permanent du milieu intérieur.
4. Composante affective : L’inquiétude hypocondriaque (Hypochondriacal Worry)
Regroupant 7 items (items 25 à 31), cette facette évalue la charge anxieuse, l’appréhension catastrophiste et la détresse émotionnelle directement provoquées par la pensée de contracter une maladie invalidante, dégénérative ou mortelle. Elle reflète l’anxiété de santé pure : la tendance à interpréter immédiatement une sensation banale (ex. une céphalée, une tache sur la peau) comme le prodrome certain d’une catastrophe clinique (cancer, tumeur cérébrale). Elle englobe également les conduites d’évitement cognitif ou situationnel destinées à ne pas penser à la mort ou à la maladie (item 31 : « I try to avoid things that make me think of illness or death »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique sous-jacent au MIHT s’ancre dans le modèle cognitivo-comportemental de l’anxiété de santé formulé initialement par Paul M. Salkovskis et Stanley Rachman, ainsi que dans le modèle structural de la psychopathologie quantitative développé par David Watson et Lee Anna Clark.
Dans la perspective cognitivo-comportementale classique, l’hypocondrie n’est pas comprise comme une illusion perceptive dénuée de fondement physique (contrairement au délire somatique), mais comme le résultat d’un traitement biaisé de l’information somatosensorielle. Ce processus repose sur un cycle vicieux interconnecté :
- Déclencheur interne ou externe : Une sensation corporelle ambiguë (extrasystole, douleur musculaire) ou une information sanitaire externe (article médical, décès d’une connaissance).
- Interprétation catastrophique et hypervigilance (Absorption & Inquiétude) : L’individu doté de croyances dysfonctionnelles concernant la fragilité du corps interprète cette sensation comme une menace vitale imminente. Cette interprétation déclenche une réponse d’anxiété physiologique médiée par le système nerveux autonome, intensifiant les sensations corporelles de base et augmentant l’attention sélective vers le corps (amplification somatosensorielle théorisée par Arthur Barsky).
- Comportements de sécurité et recherche d’apaisement (Réassurance) : Afin de faire chuter cette tension intolérable, le sujet sollicite activement des examens médicaux, consulte ses proches ou navigue sur des forums de santé. Si cette démarche procure un soulagement immédiat, elle bloque l’habituation cognitive et confirme insidieusement la réalité du danger.
- Conséquences interpersonnelles et érosion du soutien (Aliénation) : Face à la récurrence incessante des demandes de réassurance, les médecins et les proches manifestent de la lassitude, de l’irritation ou du scepticisme. Le patient perçoit ce recul relationnel comme un rejet ou une incompréhension tragique, ce qui alimente son sentiment de détresse, d’isolement (aliénation) et relance l’anxiété fondamentale.
Sur le plan de la théorie de la personnalité, Longley, Watson et Noyes ont intégré le modèle dimensionnel du Névrosisme / Affectivité Négative (NA). Selon cette approche, l’anxiété de santé est une manifestation d’ordre inférieur hautement spécialisée de la propension générale à ressentir des émotions aversives. En isolant les facettes cognitives, comportementales, perceptives et affectives, le MIHT permet de dépasser la simple équivalence entre hypocondrie et affectivité négative, en démontrant que l’absorption intéroceptive et l’aliénation interpersonnelle possèdent des composantes de variance spécifiques non réductibles au névrosisme général.
7. Validité / Validity
Les propriétés psychométriques relatives à la validité du MIHT ont été rigoureusement établies à travers de multiples échantillons collégiaux, communautaires et psychiatriques dans les travaux princeps de Longley, Watson et Noyes (2005) ainsi que dans des réplications indépendantes ultérieures.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente du MIHT a été confirmée par l’observation de corrélations statistiques robustes et théoriquement cohérentes avec les échelles étalons préexistantes :
- L’échelle d’inquiétude hypocondriaque (MIHT-Worry) présente des corrélations très élevées ($r = 0,72$ à $0,81$, $p < 0,001$) avec la sous-échelle de peur des maladies de l'Illness Attitude Scales (IAS) de Kellner et avec l’indice global du Whiteley Index.
- La sous-échelle d’absorption hypocondriaque est fortement corrélée ($r = 0,55$ à $0,68$) avec la Somatosensory Amplification Scale (SSAS) de Barsky, attestant de son aptitude spécifique à mesurer l’hypervigilance corporelle intéroceptive.
- La dimension d’aliénation hypocondriaque corrèle significativement avec les sous-échelles d’aliénation et d’inhibition interpersonnelle du MMPI-2 et de l’IBQ (Illness Behaviour Questionnaire), validant son ancrage dans la sphère relationnelle.
- L’ensemble des échelles du MIHT présente des corrélations modérées à fortes ($r = 0,40$ à $0,62$) avec l’échelle de névrosisme du Big Five Inventory (BFI) et le versant d’affectivité négative du PANAS.
Validité discriminante
Le MIHT démontre une excellente capacité à se différencier des construits psychiatriques connexes. Bien qu’il existe une corrélation modérée attendue avec la symptomatologie dépressive générale (mesurée par le BDI-II, $r \approx 0,30 – 0,42$), des analyses de régression multiple ont prouvé que les scores du MIHT prédisent spécifiquement la fréquentation des services médicaux et l’anxiété somatosensorielle, même après contrôle strict de la sévérité de la dépression et de l’anxiété généralisée. De surcroît, la sous-échelle d’absorption se distingue nettement des dimensions purement phobiques ou obsessionnelles, démontrant que la centration sur le corps mesurée par le MIHT n’est pas un simple sous-produit de l’anxiété diffuse.
Validité prédictive et clinique
En contexte clinique ambulatoire et hospitalier, les scores élevés au MIHT se sont révélés être des prédicteurs hautement significatifs du nombre de consultations médicales non programmées, de la multiplication des examens diagnostiques invasifs et de la persistance de l’insatisfaction thérapeutique à l’égard des praticiens généralistes.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité du MIHT atteste d’une grande précision de mesure et d’une robustesse psychométrique remarquable à travers différents contextes d’administration :
Cohérence interne (Consistance interne)
Les coefficients de cohérence interne calculés au moyen de l’alpha de Cronbach ($lpha$) et du coefficient oméga de McDonald ($\omega$) révèlent une homogénéité interne remarquable des sous-échelles, surpassant largement le seuil psychométrique conventionnel de 0,70 requis pour la recherche et de 0,80 pour la pratique clinique :
- Aliénation hypocondriaque (7 items) : $lpha = 0,83$ à $0,88$ dans les cohortes universitaires ; $lpha = 0,89$ en population clinique.
- Réassurance hypocondriaque (8 items) : $lpha = 0,81$ à $0,86$ selon les échantillons.
- Absorption hypocondriaque (9 items) : $lpha = 0,82$ à $0,87$.
- Inquiétude hypocondriaque (7 items) : $lpha = 0,86$ à $0,91$.
- Échelle totale du MIHT (31 items) : $lpha = 0,92$ à $0,94$.
Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,45 et 0,74, confirmant qu’aucun item n’introduit de bruit de mesure résiduel ou de redondance inutile.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité test-retest a été investiguée sur des intervalles temporels de 4 à 8 semaines auprès d’échantillons stables. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation de Pearson sont les suivants :
- Aliénation : $r_{tt} = 0,78$
- Réassurance : $r_{tt} = 0,75$
- Absorption : $r_{tt} = 0,82$
- Inquiétude : $r_{tt} = 0,84$
Ces indices chiffrés élevés confirment que le MIHT quantifie des dimensions structurales de la personnalité et des styles stables d’appréhension de la santé physique, plutôt que de simples fluctuations d’état émotionnel transitoire induites par un stress ponctuel.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture interne du MIHT a été minutieusement élaborée et confirmée par une méthodologie factorielle rigoureuse, combinant l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase initiale de développement de l’inventaire, un ensemble étendu de plus de 80 items préliminaires reflétant la sémiologie classique de l’hypocondrie a été administré à de larges cohortes d’étudiants et de patients. Les analyses factorielles en composantes principales suivies de rotations obliques (Promax) ont invariablement fait émerger un modèle à quatre facteurs majeurs dotés de valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,5, expliquant conjointement plus de 52 % de la variance totale des scores. Le critère d’éboulis de Cattell a nettement corroboré cette solution tétradique. Les items retenus ont été sélectionnés sur la base de critères drastiques : saturation factorielle primaire supérieure à 0,50 sur le facteur cible et saturations secondaires croisées inférieures à 0,25 sur les autres facteurs.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
La confirmation de cette structure a été testée sur des échantillons indépendants en comparant plusieurs modèles concurrents au moyen d’indices d’ajustement standardisés :
- Modèle unifactoriel global : Présente un ajustement médiocre ($\chi^2 / dl > 4,5$, RMSEA $> 0,09$, CFI $< 0,78$), réfutant empiriquement la thèse de l'hypocondrie comme bloc indivisible.
- Modèle à 4 facteurs corrélés (Modèle théorique MIHT) : Présente une adéquation statistique optimale avec les données empiriques : $\chi^2 / dl = 1,84$, Root Mean Square Error of Approximation ($ ext{RMSEA}$) = 0,046 (intervalle de confiance à 90 % : 0,041 – 0,052), Comparative Fit Index ($ ext{CFI}$) = 0,953, Tucker-Lewis Index ($ ext{TLI}$) = 0,948, et Standardized Root Mean Square Residual ($ ext{SRMR}$) = 0,049.
Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) de tous les 31 items oscillent entre 0,54 et 0,86 ($p < 0,001$). Les corrélations inter-facteurs sont positives et modérées (variant entre$r = 0,28$ et $r = 0,56$), ce qui justifie pleinement le traitement des quatre dimensions comme des composantes conceptuellement reliées mais psychométriquement autonomes au sein du macro-construit hypocondriaque.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le Multidimensional Inventory of Hypochondriacal Traits (MIHT) se présente sous les caractéristiques structurelles et d’administration suivantes :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
- Nombre total d’items : 31 items formulés sous la forme d’affirmations à la première personne du singulier.
- Format des réponses : Échelle ordinale de type Likert en 5 points graduée comme suit :
- 1 = Never (Jamais)
- 2 = Rarely (Rarement)
- 3 = Sometimes (Parfois)
- 4 = Usually (Habituellement)
- 5 = Always (Toujours)
- Temps de passation : Environ 5 à 8 minutes.
- Population cible : Adultes et grands adolescents (dès 16-18 ans), en contexte ambulatoire, hospitalier ou en population générale.
- Structure des sous-échelles et calcul des scores :
- Aliénation hypocondriaque (Cognitive) : Somme des items 1 à 7 (Étendue du score : 7 à 35).
- Réassurance hypocondriaque (Comportementale) : Somme des items 8 à 15 (Étendue du score : 8 à 40).
- Absorption hypocondriaque (Perceptive) : Somme des items 16 à 24 (Étendue du score : 9 à 45).
- Inquiétude hypocondriaque (Affective) : Somme des items 25 à 31 (Étendue du score : 7 à 35).
- Score total global : Somme des 31 items (Étendue théorique : 31 à 155). Tous les items sont cotés de manière directe ; il n’y a pas d’items inversés.
- Interprétation clinique : Plus le score à une sous-échelle est élevé, plus l’expression du trait correspondant est marquée chez l’individu, permettant d’établir un profil graphique en percentiles ou notes T pour guider la thérapie.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2005.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par Susan L. Longley, David Watson, Russell Noyes Jr., et l’American Psychological Association (APA).
- Tarifs et conditions d’accès : L’instrument a été mis à la disposition de la communauté scientifique et clinique à des fins de recherche fondamentale et de pratique clinique non commerciale. Aucun droit pécuniaire n’est exigé pour l’utilisation papier standard du questionnaire dans le cadre d’études académiques ou de bilans cliniques individuels.
- Demande d’utilisation : Pour toute utilisation institutionnelle formelle, traduction dans une langue tierce, intégration dans un logiciel propriétaire ou reproduction éditoriale, l’accord explicite des auteurs ou le respect des autorisations prévues par l’APA (fair use / academic permissions) est requis. Les correspondances scientifiques peuvent être adressées au premier auteur à l’adresse universitaire indiquée dans la section 3.
12. Références / References
Les publications de référence fondant la validité psychométrique et conceptuelle du MIHT incluent :
- Barsky, A. J., & Wyshak, G. (1990). Hypochondriasis and somatosensory amplification. British Journal of Psychiatry, 157(3), 404–409. https://doi.org/10.1192/bjp.157.3.404
- Kellner, R. (1986). Somatization and hypochondriasis. Praeger Publishers.
- Longley, S. L., Watson, D., & Noyes Jr., R. (2005). Assessment of the hypochondriasis domain: The Multidimensional Inventory of Hypochondriacal Traits (MIHT). Psychological Assessment, 17(1), 3–14. https://doi.org/10.1037/1040-3590.17.1.3
- Noyes, R. (1999). The relationship of hypochondriasis to anxiety disorders. General Hospital Psychiatry, 21(1), 8–17. https://doi.org/10.1016/s0163-8343(98)00063-4
- Noyes, R., Stuart, S., Longley, S. L., Langbehn, D. R., & Happel, R. L. (2002). Hypochondriasis: Illness anxiety or somatosensory amplification? Psychosomatics, 43(6), 461–467. https://doi.org/10.1176/appi.psy.43.6.461
- Salkovskis, P. M., & Warwick, H. M. C. (1986). Morbid sensations and palpitations: A cognitive approach to hypochondriasis. Behaviour Research and Therapy, 24(5), 597–602. https://doi.org/10.1016/0005-7967(86)90041-0
- Watson, D., & Clark, L. A. (1984). Negative affectivity: The disposition to experience aversive emotional states. Psychological Bulletin, 96(3), 465–490. https://doi.org/10.1037/0033-2909.96.3.465
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
1 = never, 2 = Rarely, 3 = Sometimes, 4 = Usually, 5 = always
I. Cognitive component: Hypochondriacal alienation
- Others do not seem sympathetic to my health problems.
- I wish others took my health complaints more seriously.
- I get upset about the way others respond to my illness.
- Sometimes others do not seem very concerned about my health complaints.
- The more I talk about my health problems the less others seem to listen.
- Few people seem to take my health concerns as seriously as I do.
- People seem unconvinced my symptoms are signs of illness.
II. Behavioral component: Hypochondriacal reassurance
- I turn to others for support when I do not feel well.
- I like to be reassured when I feel sick.
- If my symptoms worry me‚ I appreciate sympathy from others.
- When I am hurt or ill‚ I like to have someone help me.
- When I feel physical pain‚ I let others know.
- It is important that others care about my health complaints.
- When I was ill as a child‚ I liked to have my parents fuss over me.
- Telling people about my health problems makes me feel better.
III. Perceptual component: Hypochondriacal absorption
- I am aware of my body position.
- I am usually aware of how I feel physically.
- I am aware of physical sensation.
- Even when I listen to a lecture or talk‚ I am alert to how my body feels.
- I notice how clothes feel against my body.
- When lying in bed at night‚ I am often aware of my body.
- Generally‚ I am sensitive to changes in my body.
- I keep close track of what is happening to me physically.
- I am aware of how my body feels after a big meal.
IV. Affective component: Hypochondriacal worry
- I worry a lot about my health.
- When I experience pain‚ I fear I may be ill.
- Reading articles about disease makes me worry about my health.
- If I notice a skin blemish I worry it might lead to something serious.
- I am concerned with the possibility of being diagnosed with a serious disease.
- I worry about the physical problems of getting older.
- I try to avoid things that make me think of illness or death.