1. Résumé
L’Inventaire d’estime de soi de Coopersmith (Coopersmith Self-Esteem Inventory, CSEI), élaboré initialement par le psychologue américain Stanley Coopersmith en 1959 puis consolidé dans sa monographie de référence en 1967, constitue l’un des instruments psychométriques les plus emblématiques et les plus rigoureusement documentés pour l’évaluation quantitative de l’évaluation globale et multidimensionnelle qu’un individu porte sur lui-même. Conçu à l’origine pour les enfants et les préadolescents d’âge scolaire avant d’être étendu aux populations adolescentes et adultes, le CSEI opérationnalise l’estime de soi comme une attitude évaluative stable traduisant l’approbation ou la désapprobation que le sujet manifeste à l’égard de sa propre valeur, de ses compétences et de son identité générale.
La version intégrale de l’inventaire comprend 58 items formulés sous forme d’énoncés affirmatifs à la première personne, associés à un format de réponse dichotomique forcé (« Me ressemble » / Like Me versus « Ne me ressemble pas » / Unlike Me). Sur le plan structurel, l’instrument se décompose en une échelle d’évaluation de soi générale et trois sous-échelles contextuelles : le Soi général (26 items), le Soi social / Pairs (8 items), le Soi familial / Parents (8 items) et le Soi scolaire / Professionnel (8 items). À ces 50 items évaluant le construit d’estime de soi s’ajoute une Échelle de mensonge (Lie Scale) distincte de 8 items, conçue pour détecter la désirabilité sociale, la dissimulation défensive et les distorsions d’auto-présentation idéalisée.
Les propriétés psychométriques du CSEI ont fait l’objet de nombreuses validations empiriques internationales au fil des décennies. L’instrument démontre une cohérence interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,92 pour le score total, ainsi qu’une remarquable stabilité temporelle attestée par des corrélations test-retest s’échelonnant de 0,70 à 0,88 sur des intervalles de plusieurs semaines à plusieurs années. Les analyses factorielles confirmatoires et exploratoires corroborent sa structure multidimensionnelle tout en justifiant le recours à un score global composite. Utilisé dans le milieu scolaire, la pratique clinique infanto-juvénile, la psychologie du développement et la recherche organisationnelle, le CSEI demeure un standard incontournable pour investiguer l’architecture du concept de soi.
2. Mots-clés
Inventaire d’estime de soi de Coopersmith, CSEI, Stanley Coopersmith, psychométrie, évaluation psychologique, concept de soi, estime de soi globale, échelle de mensonge, désirabilité sociale, psychologie du développement, adaptation scolaire, validation factorielle, cohérence interne.
3. Auteurs
L’instrument a été conçu et théorisé par Stanley Coopersmith, Ph.D. (1926–1979), professeur associé de psychologie à l’Université de Californie à Davis (États-Unis). Coopersmith a consacré une partie majeure de sa carrière académique à la psychologie expérimentale et clinique de l’enfant, cherchant à disséquer les racines développementales, parentales et socioculturelles de l’évaluation de soi. Ses travaux pionniers ont été poursuivis, adaptés et enrichis par plusieurs chercheurs notables au fil des décennies, notamment :
- Muriel B. Ryden, Ph.D. : professeure émérite à la School of Nursing de l’Université du Minnesota, responsable de la validation psychométrique de la forme adulte du CSEI et de l’analyse détaillée des interactions entre désirabilité sociale et vieillissement.
- Barbara Kokenes, Ed.D. : chercheuse en sciences de l’éducation et en psychométrie, auteure des analyses factorielles structurales de référence sur des cohortes d’adolescents scolarisés publiées à la fin des années 1970.
4. Objectif
L’Inventaire d’estime de soi de Coopersmith a été spécifiquement développé pour combler un vide méthodologique criant qui caractérisait la psychologie des années 1950 et 1960 : l’absence d’un instrument standardisé, fiable et économiquement administrable permettant de quantifier le degré selon lequel les individus se perçoivent comme compétents, valorisés et dignes d’intérêt. Alors que les conceptualisations de l’estime de soi reposaient jusqu’alors sur des entretiens cliniques projectifs difficilement réplicables ou sur des inférences indirectes, Coopersmith a cherché à opérationnaliser la mesure directe de l’auto-évaluation consciente de l’individu à travers des domaines de vie écologiquement représentatifs.
Applications en recherche fondamentale et clinique
Dans le domaine de la recherche empirique, le CSEI s’est imposé comme un vecteur d’investigation essentiel pour explorer les liens entre la structure du soi et une vaste gamme de variables psychologiques, cognitives et comportementales. Il est couramment employé pour :
- Examiner les déterminants parentaux et familiaux de l’émergence de l’estime de soi, en évaluant notamment l’impact des styles parentaux (chaleur affective, clarté des limites, respect démocratique).
- Étudier les corrélats psychopathologiques associés à une faible estime de soi, tels que la dépression, l’anxiété sociale, les conduites addictives et le retrait relationnel.
- Mesurer l’impact de la victimisation par les pairs, de l’intimidation scolaire ou du harcèlement sur le sentiment de compétence interpersonnelle.
- Évaluer l’efficacité thérapeutique ou éducative de programmes d’intervention cognitivo-comportementale, de remédiation scolaire ou de thérapies familiales.
Applications pédagogiques et organisationnelles
Au sein des milieux d’enseignement, l’échelle permet aux psychologues scolaires et aux conseillers d’orientation de repérer les apprenants présentant une altération sévère du sentiment d’auto-efficacité, de prévenir le décrochage scolaire et de discriminer les difficultés scolaires d’origine strictement cognitive de celles induites par une auto-dévalorisation paralysante. Dans les environnements organisationnels et professionnels, les déclinaisons adultes du CSEI fournissent des indices précieux sur la capacité des employés à négocier les stresseurs au travail, à maintenir leur résilience face à l’échec et à exercer un leadership constructif sans basculer dans la défensivité narcissique.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par le CSEI est l’estime de soi (self-esteem), que Coopersmith (1967) définit formellement comme :
« L’évaluation qu’une personne fait et maintient habituellement à l’égard d’elle-même : elle exprime une attitude d’approbation ou de désapprobation et indique dans quelle mesure l’individu se croit capable, important, couronné de succès et digne. En bref, l’estime de soi est un jugement personnel de dignité qui s’exprime dans les attitudes que l’individu entretient à son propre égard. »
Contrairement aux modèles unidimensionnels stricts qui ne considèrent qu’une valence affective globale indifférenciée (comme l’échelle de Rosenberg), Coopersmith a postulé que l’estime de soi, bien qu’articulée autour d’un noyau évaluatif central, s’actualise à travers des sphères d’expérience spécifiques. L’architecture du CSEI repose ainsi sur quatre facettes interdépendantes complétées par un mécanisme de contrôle de validité :
1. Le Soi Général (General Self – 26 items)
Cette composante explore la vision globale que le sujet entretient sur sa personnalité, son niveau de contentement existentiel, sa clarté identitaire et son sentiment de valeur intrinsèque. Elle capture la perception d’adéquation personnelle, la résilience émotionnelle générale et la stabilité de l’humeur. Les items reflètent des sentiments d’auto-acceptation (« I’m pretty sure of myself »), de découragement chronique (« I often get discouraged ») ou d’impuissance (« I’m a failure »).
2. Le Soi Social / Pairs (Social Self-Peers – 8 items)
Cette sous-échelle évalue la confiance et la satisfaction de l’individu dans ses interactions avec ses pairs et son groupe d’appartenance. Elle apprécie la perception de sa popularité, de son attractivité relationnelle, de son aisance dans les contextes collectifs et de sa capacité à affirmer son point de vue au sein du groupe. Des énoncés tels que « I’m popular with people my own age » ou « I find it very hard to talk in front of a group » illustrent cette composante interpersonnelle de la valeur perçue.
3. Le Soi Familial / Parents (Home-Parents – 8 items)
Cette dimension examine le sentiment de sécurité, de reconnaissance et d’acceptation affective éprouvé au sein de la cellule familiale. Elle mesure si le sujet perçoit sa famille comme une source de soutien bienveillant ou, à l’inverse, comme un environnement hyper-exigeant, hostile ou indifférent. Les items représentatifs comprennent « My family usually considers my feelings » et « My family expects too much of me ».
4. Le Soi Scolaire / Professionnel (School-Academic / Work – 8 items)
Cette facette évalue la compétence perçue, la fierté d’accomplissement et le sentiment d’efficacité dans les activités d’apprentissage ou professionnelles. Elle cible la capacité perçue à satisfaire aux exigences académiques ou aux attentes d’un supérieur hiérarchique, sans ressentir une anxiété débilitante face au jugement d’autrui (« I’m proud of my work », « I’m not doing as well at work as I’d like to »).
5. L’Échelle de Mensonge (Lie Scale – 8 items)
Composée de 8 propositions décrivant des comportements ou attitudes socialement idéalisés mais statistiquement invraisemblables (« I never worry about anything », « I always tell the truth », « I like everyone I know »), cette échelle mesure la propension du sujet à adopter une attitude de façade irréaliste. Un score élevé trahit une démarche d’auto-présentation défensive invalidant l’interprétation des autres échelles.
6. Cadre théorique
L’assise conceptuelle du CSEI s’enracine dans la convergence historique entre la psychologie humaniste, le néo-béhaviorisme social et le courant phénoménologique du concept de soi. Coopersmith s’est explicitement inspiré des formulations fondatrices de William James (1890), pour qui l’estime de soi découle directement du ratio mathématique entre les succès réels d’un individu et ses prétentions (ou aspirations) :
Estime de soi = Succès / Prétentions
Dans le cadre de cette formulation, l’individu ne ressent pas une dévalorisation face à un échec dans un domaine donné à moins que ce domaine ne soit constitutivement investi d’une haute valeur personnelle. Coopersmith a combiné cette équation jamesienne avec la théorie de l’interactionnisme symbolique de Charles Horton Cooley (le « soi en miroir » ou looking-glass self) et de George Herbert Mead. Selon cette perspective, le regard des autruis significatifs (parents, pairs, éducateurs) sert de miroir par lequel le sujet intériorise progressivement les évaluations dont il fait l’objet.
Les quatre fondements de l’estime de soi selon Coopersmith
À l’issue de ses recherches empiriques rigoureuses combinant des observations cliniques en laboratoire et des enquêtes longitudinales, Coopersmith (1967) a identifié quatre critères psychologiques cardinaux régissant l’émergence d’une haute estime de soi :
- La Signifiance (Significance) : Le sentiment d’être aimé, apprécié et accepté par les personnes dont l’opinion importe pour l’individu. Ce facteur est particulièrement reflété dans les sous-échelles familiale et sociale du CSEI.
- La Compétence (Competence) : La réussite effective dans l’exécution de tâches valorisées, exigeant des compétences cognitives, physiques ou techniques, prépondérante dans la dimension scolaire/professionnelle.
- La Vertu (Virtue) : L’adhésion scrupuleuse aux normes éthiques, religieuses ou morales intériorisées par l’individu, mesurée indirectement par l’absence de sentiment persistant de culpabilité ou de honte.
- Le Pouvoir (Power) : La capacité à exercer un contrôle sur son environnement, à influencer les autres et à déterminer le cours de sa propre existence (« I can make up my mind and stick to it »).
Coopersmith a également démontré que les enfants dotés d’une estime de soi élevée provenaient généralement de foyers caractérisés non pas par un laxisme total ou une permissivité absolue, mais par une combinaison vertueuse d’amour inconditionnel, de règles de conduite claires et cohérentes, et d’un profond respect pour l’individualité de l’enfant dans les zones de liberté concédées.
7. Validité
La validité psychométrique du CSEI a été documentée à travers un grand nombre d’études cliniques et éducatives internationales, confirmant la pertinence de ses indicateurs.
Validité de construit
La validité de construit a été établie par la corrélation systématique entre les scores au CSEI et une multitude de variables comportementales et psychologiques congruentes. Les sujets obtenant des scores élevés au CSEI manifestent des niveaux significativement plus bas d’anxiété manifeste (mesurée par la Taylor Manifest Anxiety Scale ou la RCMAS), une plus faible vulnérabilité au stress psychosocial et une autonomie décisionnelle supérieure lors des tâches de conformisme expérimental de Asch (Coopersmith, 1967). Inversement, des scores faibles corrèlent substantiellement avec des échelles de sentiment d’aliénation, de détresse affective et d’impuissance acquise.
Validité convergente et discriminante
Les études examinant la validité convergente du CSEI révèlent des corrélations fortes et positives (généralement comprises entre r = 0,55 et r = 0,78) avec d’autres échelles réputées d’auto-évaluation, notamment l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (RSES), le Tennessee Self-Concept Scale (TSCS) et le Piers-Harris Children’s Self-Concept Scale. En termes de validité discriminante, les sous-échelles du CSEI parviennent à distinguer les facettes contextuelles spécifiques : par exemple, la sous-échelle scolaire corrèle plus fortement avec les performances académiques objectives (GPA) et le quotient intellectuel que la sous-échelle familiale, tandis que la sous-échelle familiale est le prédicteur le plus puissant de la détresse conjugale parentale perçue.
Validité prédictive et de critère
Dans les cohortes longitudinales de Coopersmith et les réplications ultérieures, les scores initiaux au CSEI prédisaient avec succès les performances scolaires futures, la propension à s’engager dans des activités de leadership étudiant et la résistance au conformisme social. De surcroît, Ryden (1978) a montré que la version adulte différenciait nettement les patients psychiatriques ambulatoires traités pour des épisodes dépressifs majeurs des participants sains au sein de la population générale.
8. Fidélité
La fidélité du CSEI a été examinée sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité temporelle (test-retest), attestant d’une robustesse métrique remarquable à travers les tranches d’âge.
Cohérence interne
Pour la forme intégrale scolaire (58 items), les estimations du coefficient alpha de Cronbach rapportées dans la littérature psychométrique varient typiquement entre 0,80 et 0,92 pour le score total d’estime de soi (items 1 à 58 hors échelle de mensonge). Pour les différentes sous-échelles, les alphas présentent les amplitudes suivantes :
- Soi Général : α = 0,78 à 0,84
- Soi Social : α = 0,68 à 0,76
- Soi Familial : α = 0,70 à 0,81
- Soi Scolaire : α = 0,65 à 0,75
- Échelle de Mensonge : α = 0,60 à 0,73
Dans la version adulte révisée (Ryden, 1978), la cohérence interne globale s’est maintenue à un niveau élevé (α = 0,88), attestant de la solidité des énoncés auprès d’individus âgés de 18 à 65 ans.
Stabilité test-retest
Dans l’échantillon princeps de Coopersmith (1967), une fidélité test-retest de r = 0,88 a été obtenue sur un intervalle de 5 semaines auprès d’un échantillon de 30 enfants de cinquième année, et un coefficient de r = 0,70 a été maintenu sur un intervalle longitudinal remarquable de trois ans auprès d’une cohorte de 56 sujets. Kimball (1973), administrant l’instrument à près de 7 600 enfants scolarisés dans le Connecticut, a observé des corrélations test-retest de r = 0,81 après plusieurs mois. Pour la version adulte, Ryden (1978) a établi un coefficient de stabilité test-retest de r = 0,80 sur une période de 4 à 8 semaines.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle du CSEI a fait l’objet de multiples controverses et explorations par analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), cherchant à déterminer si l’instrument mesure un facteur g unilatéral d’auto-évaluation ou une constellation de facteurs obliques distincts.
L’étude factorielle séminale de Kokenes (1978)
L’analyse factorielle la plus renommée de l’inventaire a été menée par Barbara Kokenes (1978) sur un vaste échantillon de plus de 1 500 élèves scolarisés du grade 4 au grade 8. Réalisant une factorisation en composantes principales suivie d’une rotation varimax, Kokenes a cherché à tester l’adéquation empirique des sous-échelles théoriques formulées par Coopersmith. Ses résultats ont mis en évidence la stabilité des facteurs à travers les différents groupes scolaires, confirmant la présence de dimensions différenciées :
- Un premier facteur massif regroupant les items du Soi Général (saturations oscillant entre 0,40 et 0,68), reflétant l’attitude générale de dépréciation ou d’affirmation de soi.
- Un facteur distinct correspondant au Soi Familial, où des items comme « My family understands me » ou « No one pays much attention to me at home » présentaient des saturations très nettes (> 0,50).
- Un facteur centré sur les Relations avec les pairs (Soi Social).
- Un facteur spécifique d’Inadaptation académique (Soi Scolaire).
- L’isolation parfaite des items de l’Échelle de Mensonge, qui saturent exclusivement sur un facteur indépendant d’auto-présentation irréaliste, ne polluant pas la variance des facteurs d’estime de soi.
Modèles factoriels confirmatoires contemporains
Les modélisations en équations structurelles modernes (AFC) ont comparé des modèles unifactoriels, des modèles à 4 facteurs corrélés et des modèles hiérarchiques (bifactoriels). Les indices d’ajustement (CFI, TLI, RMSEA) démontrent systématiquement la supériorité d’un modèle hiérarchique de second ordre, au sein duquel un facteur global d’estime de soi subsume les quatre domaines d’expérience spécifiques. Cette modélisation justifie pleinement la pratique consistant à calculer à la fois un score total d’estime de soi et des scores de profils sous-dimensionnels lors des bilans cliniques.
10. Instrument de mesure
L’Inventaire d’estime de soi de Coopersmith se présente sous la forme d’un questionnaire auto-rapporté en format papier-crayon ou informatisé. Les caractéristiques structurelles et les consignes d’administration sont synthétisées ci-dessous :
- Nombre total d’items : 58 énoncés déclaratifs brefs rédigés à la première personne du singulier.
- Format de réponse : Choix forcé dichotomique à deux modalités : « Me ressemble » (Like Me) ou « Ne me ressemble pas » (Unlike Me).
- Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes en passation individuelle ou collective.
- Découpage des échelles :
- Échelle d’estime de soi totale (50 items) : constituée par le cumul du Soi Général (26 items), du Soi Social (8 items), du Soi Familial (8 items) et du Soi Scolaire/Professionnel (8 items).
- Échelle de Mensonge (Lie Scale – 8 items) : items 1, 6, 13, 20, 27, 34, 41, 48.
- Procédure de cotation standard :
- Chaque réponse indiquant une estime de soi positive se voit attribuer 1 point.
- Items orientés vers une haute estime de soi (cotés 1 point si la réponse est « Me ressemble » / Like Me) : 2, 4, 5, 10, 11, 14, 18, 19, 21, 23, 24, 28, 29, 32, 36, 45, 47, 55, 57.
- Items inversés (cotés 1 point si la réponse est « Ne me ressemble pas » / Unlike Me) : 3, 7, 8, 9, 12, 15, 16, 17, 22, 25, 26, 30, 31, 33, 35, 37, 38, 39, 40, 42, 43, 44, 46, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 56, 58.
- Score total d’estime de soi : La somme brute des 50 items pertinents (score de 0 à 50) est traditionnellement multipliée par 2 pour obtenir un score global standardisé échelonné de 0 à 100 points.
- Seuil d’invalidation de l’Échelle de Mensonge : Un score égal ou supérieur à 3 ou 4 sur les 8 items de mensonge suggère une dissimulation défensive sévère ou une tentative outrancière de conformité sociale, rendant le protocole invalide pour l’analyse.
- Formes dérivées : Il existe une forme abrégée scolaire (Short Form) comprenant 25 items (sans sous-échelles ni échelle de mensonge, corrélant à r > 0,86 avec la forme longue), ainsi qu’une version adulte (Adult Form) adaptée sur le plan sémantique pour le milieu du travail.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
L’Inventaire d’estime de soi de Coopersmith a été initialement diffusé dans des publications académiques en 1959 et 1967. Par la suite, les droits commerciaux et les manuels standardisés officiels ont été acquis et édités par Mind Garden, Inc., un éditeur américain spécialisé dans les instruments de mesure en psychologie et sciences comportementales.
- Éditeur officiel : Mind Garden, Inc.
- Permissions et licences : L’utilisation des manuels officiels, des grilles de cotation étalonnées et des livrets de passation normalisés est soumise à l’achat d’une licence d’utilisation auprès de Mind Garden pour les applications cliniques, industrielles ou diagnostiques commerciales.
- Usage en recherche académique : Dans le cadre exclusif de la recherche fondamentale et des thèses universitaires, des versions d’étude et des tirés à part figurent dans le domaine public académique au sein de compendiums d’instruments ouverts (tels que les archives de la Fondation Fetzer), sous réserve de citation rigoureuse de la paternité de Coopersmith.
12. Références
Coopersmith, S. (1959). A method for determining types of self-esteem. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 59(1), 87–94. https://doi.org/10.1037/h0048001
Coopersmith, S. (1967). The antecedents of self-esteem. W. H. Freeman & Co.
Coopersmith, S. (1981). Self-Esteem Inventories. Consulting Psychologists Press / Mind Garden.
Kimball, O. M. (1973). Development of norms for the Coopersmith Self-Esteem Inventory: Grades four through eight (Doctoral dissertation, Northern Illinois University). Dissertation Abstracts International, 34, 1131A–1132A.
Kokenes, B. (1974). Grade level differences in factors of self-esteem. Developmental Psychology, 10(6), 954–958. https://doi.org/10.1037/h0037267
Kokenes, B. (1978). A factor analytic study of the Coopersmith Self-Esteem Inventory. Adolescence, 13(49), 149–155. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/665487/
Ryden, M. B. (1978). An adult version of the Coopersmith Self-Esteem Inventory: Test-retest reliability and social desirability. Psychological Reports, 43(3_suppl), 1189–1190. https://doi.org/10.2466/pr0.1978.43.3f.1189
Spatz, K. C., & Johnston, J. O. (1973). The Coopersmith Self-Esteem Inventory: Analysis of subscales and test-retest reliability with high school students. Educational and Psychological Measurement, 33(4), 875–878. https://doi.org/10.1177/001316447303300412
13. Questions et items du questionnaire
Response format: Participants indicate for each statement whether it is « Like Me » or « Unlike Me ».
- I spend a lot of time daydreaming.
- I’m pretty sure of myself.
- I often wish I were someone else.
- I’m easy to like.
- My family and I have a lot of fun together.
- I never worry about anything.
- I find it very hard to talk in front of a group.
- I wish I were younger.
- There are lots of things about myself I’d change if I could.
- I can make up my mind without too much trouble.
- I’m a lot of fun to be with.
- I get upset easily at home.
- I always do the right thing.
- I’m proud of my work.
- Someone always has to tell me what to do.
- It takes me a long time to get used to anything new.
- I’m often sorry for the things I do.
- I’m popular with people my own age.
- My family usually considers my feelings.
- I’m never happy.
- I’m doing the best work that I can.
- I give in very easily.
- I can usually take care of myself.
- I’m pretty happy.
- I would rather associate with people younger than me.
- My family expects too much of me.
- I like everyone I know.
- I like to be called on when I am in a group.
- I understand myself.
- It’s pretty tough to be me.
- Things are all mixed up in my life.
- People usually follow my ideas.
- No one pays much attention to me at home.
- I never get scolded.
- I’m not doing as well at work as I’d like to.
- I can make up my mind and stick to it.
- I really don’t like being a man/woman.
- I have a low opinion of myself.
- I don’t like to be with other people.
- There are many times when I’d like to leave home.
- I’m never shy.
- I often feel upset.
- I often feel ashamed of myself.
- I’m not as nice-looking as most people.
- If I have something to say, I usually say it.
- People pick on me very often.
- My family understands me.
- I always tell the truth.
- My employer or supervisor makes me feel I’m not good enough.
- I don’t care what happens to me.
- I’m a failure.
- I get upset easily when I am scolded.
- Most people are better liked than I am.
- I usually feel as if my family is pushing me.
- I always know what to say to people.
- I often get discouraged.
- Things usually don’t bother me.
- I can’t be depended on.
Scoring Information:
Lie Scale items: 1, 6, 13, 20, 27, 34, 41, 48. If a participant answered « Like Me » for 3 or more of these items, it suggests an elevated tendency to present oneself in an unrealistically favorable light.
High Self-Esteem Scoring Keys:
– Score 1 point for « Like Me » on items: 2, 4, 5, 10, 11, 14, 18, 19, 21, 23, 24, 28, 29, 32, 36, 45, 47, 55, 57.
– Score 1 point for « Unlike Me » on items: 3, 7, 8, 9, 12, 15, 16, 17, 22, 25, 26, 30, 31, 33, 35, 37, 38, 39, 40, 42, 43, 44, 46, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 56, 58.