1. Résumé
Le Balanced Inventory of Desirable Responding (BIDR), conçu à l’origine par Delroy L. Paulhus sous le nom de BIDR Version 6 (Paulhus, 1991, 1993), constitue le paradigme psychométrique de référence pour l’évaluation, la décomposition et le contrôle de la désirabilité sociale dans la recherche en sciences humaines et comportementales. Face aux limites conceptuelles des échelles unidimensionnelles classiques telles que l’échelle de Crowne-Marlowe (Marlowe-Crowne Social Desirability Scale), le BIDR opérationnalise une modélisation bifactorielle orthogonale distinguant deux mécanismes psychologiques étanches : l’auto-illusion positive ou valorisation auto-trompeuse (Self-Deceptive Enhancement, SDE) et la gestion des impressions (Impression Management, IM).
L’instrument comporte 40 items équilibrés (20 items formulés positivement et 20 items inversés pour neutraliser le biais d’acquiescement), répartis équitablement à raison de 20 propositions par dimension. Les participants répondent à l’aide d’une échelle de type Likert en 7 points ancrée de 1 (« Pas vrai » / Not true) à 7 (« Très vrai » / Very true), avec un point médian à 4 (« Plutôt vrai » / Somewhat true). Le calcul des scores s’effectue soit par sommation continue, soit via une cotation dichotomique conservatrice (attribution d’un point uniquement aux réponses extrêmes 6 ou 7 après inversion), isolant ainsi les individus présentant des distorsions manifestes.
Sur le plan psychométrique, le BIDR affiche d’excellentes qualités de mesure transversales et longitudinales. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillent généralement entre 0,70 et 0,82 pour la sous-échelle SDE, et entre 0,80 et 0,86 pour l’échelle IM. La stabilité temporelle test-retest à cinq semaines s’établit à r = 0,69 pour le SDE et r = 0,65 pour l’IM. La validité convergente est étayée par une corrélation globale de r = 0,71 avec l’échelle de Crowne-Marlowe. Tandis que la composante SDE est corrélée de manière significative avec les traits fondamentaux du modèle des Big Five (positivement avec l’extraversion et négativement avec le névrosisme), la composante IM converge préférentiellement vers l’amabilité et la conscience morale, confirmant la distinction théorique entre une défense inconsciente du soi et une dissimulation stratégique délibérée.
2. Mots-clés
Désirabilité sociale, BIDR, Paulhus, auto-illusion, gestion des impressions, biais de réponse, psychométrie, Big Five, validité de construit, évaluation de la personnalité.
3. Auteurs
Le Balanced Inventory of Desirable Responding a été élaboré, affiné et théorisé par :
- Delroy L. Paulhus, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université de la Colombie-Britannique (University of British Columbia – UBC), Vancouver, Canada. Pionnier international de l’étude des biais de réponse, des mécanismes d’illusion de soi et de la personnalité sombre (Dark Triad). Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif
Dans l’évaluation psychologique et la recherche par auto-questionnaires, la validité des conclusions repose sur le postulat fondamental de l’exactitude des déclarations des sujets. Or, ce postulat est régulièrement compromis par le phénomène omniprésent de désirabilité sociale, défini comme la propension des individus à projeter une image favorable d’eux-mêmes, conforme aux normes socioculturelles valorisées ou aux attentes perçues de l’évaluateur. L’objectif cardinal du BIDR est d’identifier, de quantifier et de disséquer ces distorsions de réponse afin d’en assainir les données empiriques ou d’en faire un objet d’étude clinique et différentielle à part entière.
Sur le plan méthodologique, le BIDR remplit une triple fonction :
- Variable de contrôle statistique : En administrant le BIDR conjointement à d’autres échelles de personnalité, d’attitude ou de bien-être, les chercheurs peuvent neutraliser par régression partielle ou analyse de covariance (ANCOVA) la variance parasite imputable aux distorsions de complaisance ou d’auto-glorification, évitant ainsi des corrélations fallacieuses.
- Outil d’exclusion ou de validation de protocole : Dans les contextes de sélection professionnelle, d’expertise médicolégale ou de recrutement militaire, l’identification de profils extrêmes permet d’invalider des protocoles suspects d’affabulation systématique (faking good).
- Mesure de traits dispositionnels : Loin d’être de simples artefacts de mesure, les deux facettes du BIDR incarnent des dimensions substantielles de la psyché humaine. L’auto-illusion positive renvoie à des processus d’ajustement adaptatif, d’estime de soi défensive et de résilience, tandis que la gestion des impressions reflète l’intégration des normes morales et la sensibilité à la réputation sociale.
En contexte clinique et psychiatrique, l’instrument permet d’explorer les mécanismes de défense immatures ou rigides, l’hypertrophie narcissique (souvent corrélée à un score SDE élevé) ou les stratégies d’évitement du conflit interpersonnel associées à un score IM démesuré. Dans la recherche en psychologie sociale et organisationnelle, le BIDR éclaire l’impact des caractéristiques de la demande expérimentale (demand characteristics), permettant de dissocier ce qui relève de l’adhésion sincère des participants de ce qui découle d’un conformisme de circonstance.
5. Construit psychologique
Le BIDR opérationnalise une partition conceptuelle majeure entre deux dimensions psychologiques complémentaires mais orthogonales. Contrairement aux approches traditionnelles qui traitaient la désirabilité sociale comme un construit unitaire, Paulhus démontre que cette tendance résulte de l’articulation entre une distorsion cognitive interne et une manipulation stratégique externe.
Auto-illusion positive / Valorisation auto-trompeuse (Self-Deceptive Enhancement – SDE)
La dimension Self-Deceptive Enhancement (items 1 à 20) capture une tendance honnête, inconsciente et spontanée à entretenir des auto-évaluations excessivement positives et irréalistes. L’individu ne ment pas délibérément à autrui : il croit véritablement en ses propres jugements infaillibles, en son immunité face aux faiblesses humaines ordinaires et en son contrôle absolu sur son environnement psychologique et relationnel. Il s’agit d’un mécanisme de défense cognitif axé sur le déni des vulnérabilités personnelles.
Sur le plan comportemental et intrapsychique, le répondant présentant un score SDE élevé rejette toute forme d’ambivalence ou d’insécurité. Par exemple, à l’énoncé « I am in full control of my own life » (item 14) ou « I am fully capable of succeeding in anything I try » (item 18), le sujet répondra par un accord sans nuance. Inversement, face à des vérités psychologiques universelles mais potentiellement menaçantes pour l’ego comme « When I make a decision, I usually wonder if it’s the right one » (item 15) ou « I have sometimes doubted my competence as a person » (item 11), l’individu niera catégoriquement ressentir de telles hésitations. Cette dimension est intimement liée à l’agentisme (agency), au narcissisme grandiose, à une estime de soi inébranlable et à une résistance au stress psychologique, bien qu’elle puisse masquer une fragilité adaptative sous-jacente.
Gestion des impressions (Impression Management – IM)
La dimension Impression Management (items 21 à 40) évalue la falsification intentionnelle et stratégique des déclarations dans le dessein d’optimiser son approbation sociale et d’éviter les sanctions réputationnelles. Le répondant adopte ici une posture de conformisme moral scrupuleux, revendiquant des comportements vertueux irréprochables et niant des écarts de conduite mineurs pourtant ubiquitaires dans la condition humaine.
Cette composante relève de la comédie sociale consciente et de l’adaptation opportuniste à un auditoire. Les items portent sur des transgressions normatives banales mais socialement réprouvées. Ainsi, un score élevé d’IM se manifeste par l’affirmation sans réserve de préceptes rigides : « I always obey laws, even if I’m unlikely to get caught » (item 26), « I never swear » (item 24) ou « I never cover up my mistakes » (item 22). Parallèlement, le sujet récuse des manquements ordinaires : « I sometimes tell lies if I have to » (item 21) ou « I have taken sick-leave from work or school even though I wasn’t really sick » (item 37). Cette dimension s’ancre dans le pôle de la communion (communion), reflétant le souci d’affiliation, l’évitement de l’agressivité et la désirabilité de rôle interpersonnelle.
6. Cadre théorique
Le développement du BIDR s’inscrit au carrefour de la tradition psychométrique des biais de réponse et des théories interactionnistes de la personnalité. Dès les années 1950 et 1960, les travaux pionniers d’Allen Edwards (1957) puis de Douglas Crowne et David Marlowe (1960) avaient mis en lumière la tendance des sujets à souscrire à des énoncés improbables mais valorisants. Cependant, l’échelle de Marlowe-Crowne agrégeait indistinctement des défenses psychiques profondes et des mensonges conscients, générant une hétérogénéité factorielle contestée.
Dans un effort de clarification décisif, Sackeim et Gur (1978, 1979) ont proposé une dissociation novatrice entre la tromperie dirigée vers soi (self-deception) et la tromperie dirigée vers autrui (other-deception). Delroy L. Paulhus (1984, 1986, 1991) a repris et approfondi cette architecture conceptuelle en démontrant empiriquement que ces deux modes d’expression de la désirabilité sociale constituent deux facteurs indépendants et orthogonaux. Paulhus a alors unifié cette dualité avec le grand modèle métathéorique de David Bakan (1966) sur les deux modalités fondamentales de l’existence humaine :
- L’Agentisme (Agency) : La tendance à l’individuation, au pouvoir, à la maîtrise et à l’expansion de soi. L’auto-illusion positive (SDE) représente la distorsion agentique par excellence : une surestimation narcissique de sa propre force, de sa rationalité et de son contrôle.
- La Communion (Communion) : La tendance à la participation, à la solidarité, à l’appartenance de groupe et à l’harmonie morale. La gestion des impressions (IM) incarne la distorsion communionnelle : une surexposition de sa propre sainteté, de son obéissance aux règles et de sa bienveillance désintéressée.
Cette conceptualisation s’articule également avec la sociologie goffmanienne de la présentation de soi (Erving Goffman, 1959), où l’acteur social gère sa « façade » (front stage) pour satisfaire aux rituels d’interaction (mécanisme IM), tout en maintenant dans ses coulisses cognitives (back stage) une illusion d’intégrité et de supériorité personnelle pour protéger son homéostasie affective (mécanisme SDE).
7. Validité
Les propriétés métrologiques du BIDR ont fait l’objet de centaines de validations croisées dans divers contextes culturels, linguistiques et organisationnels, confirmant la solidité de son architecture de construit, sa validité convergente et sa validité discriminante.
Validité convergente et discriminante
La validité convergente globale du BIDR est étayée par une corrélation élevée avec l’échelle de désirabilité sociale classique de Marlowe-Crowne (r = 0,71). Cependant, l’analyse différentielle des sous-échelles démontre une dissociation remarquable :
- Corrélations avec le modèle des Big Five : L’auto-illusion positive (SDE) présente de fortes corrélations positives avec l’extraversion (r = 0,35 à 0,45) et des corrélations négatives robustes avec le névrosisme (r = -0,40 à -0,55). Elle est également liée à l’estime de soi mesurée par l’échelle de Rosenberg (r ≈ 0,50). En revanche, la gestion des impressions (IM) ne corrèle que très faiblement avec ces variables, mais démontre des associations convergentes élevées avec l’amabilité (r = 0,30 à 0,40) et la conscience / caractère consciencieux (r = 0,35 à 0,45).
- Associations avec d’autres échelles de contrôle : L’échelle IM corrèle fortement avec l’échelle L (Lie scale) du MMPI (r = 0,60 à 0,70) et avec la sous-échelle de bonne impression (Gi) du California Psychological Inventory (CPI), confirmant son statut d’indicateur de conformité délibérée.
Validité expérimentale et prédictive
La validité de construit du BIDR est spectaculairement vérifiée par des protocoles expérimentaux d’incitation à la falsification (fake good paradigm). Lorsque des participants sont placés dans une condition de passation exigeant de se présenter sous leur jour le plus favorable (simulation d’embauche hautement sélective), les scores à l’échelle IM augmentent de façon massive et statistiquement significative (d de Cohen souvent supérieur à 1,00). À l’inverse, les scores à la sous-échelle SDE demeurent remarquablement stables ou ne subissent que des hausses marginales, démontrant que l’auto-illusion n’est pas facilement modulable par une injonction contextuelle explicite et reflète un biais cognitif intériorisé et stable.
8. Fidélité
L’inventaire démontre des indices de fidélité élevés tant en termes d’homogénéité interne que de constance temporelle à travers les cohortes étudiantes et professionnelles.
Cohérence interne
Les estimations du coefficient alpha de Cronbach rapportées dans le manuel de référence de Paulhus (1991, 1993) et corroborées par la littérature internationale indiquent :
- Sous-échelle SDE (20 items) : Les valeurs d’alpha s’échelonnent de 0,70 à 0,82 selon les populations, ce qui représente un niveau d’homogénéité tout à fait satisfaisant pour une échelle couvrant des domaines d’auto-évaluation aussi diversifiés (jugement intellectuel, attractivité, contrôle rationnel).
- Sous-échelle IM (20 items) : Les valeurs d’alpha sont régulièrement comprises entre 0,80 et 0,86, traduisant une excellente compacité thématique autour du respect scrupuleux des convenances et de la probité morale.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée dans des conditions longitudinales standardisées. Sur un intervalle de cinq semaines, Paulhus rapporte un coefficient de corrélation test-retest de r = 0,69 pour le SDE et de r = 0,65 pour l’IM. Sur des périodes plus courtes (deux à trois semaines), les coefficients grimpent au-delà de r = 0,75, attestant que les deux construits se comportent comme des caractéristiques dispositionnelles durables de la personnalité plutôt que comme de simples états affectifs transitoires.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle du BIDR a fait l’objet de rigoureuses analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), consolidant la validité du modèle bifactoriel face aux modélisations alternatives.
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors des extractions factorielles initiales par la méthode des axes principaux avec rotation varimax (orthogonale), Paulhus (1984, 1991) a systématiquement identifié deux facteurs majeurs expliquant la majeure partie de la variance commune des items :
- Facteur 1 (Gestion des impressions) : Caractérisé par de fortes saturations (> 0,40, atteignant parfois 0,65) sur les items décrivant des transgressions quotidiennes évitées (ex. items 24, 26, 30, 32, 36).
- Facteur 2 (Auto-illusion positive) : Saturé principalement par les items relatifs à l’infaillibilité personnelle, à la confiance épistémique et à la certitude cognitive (ex. items 1, 8, 10, 14, 18).
Les corrélations factorielles entre SDE et IM sont généralement très faibles, oscillant entre r = -0,05 et r = 0,20 selon la méthode de cotation, ce qui justifie pleinement le recours à une rotation orthogonale et confirme l’indépendance structurelle des deux mécanismes.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Des travaux contemporains (ex. Robinson, Shaver & Wrightsman, 1991 ; Kroner & Weekes, 1996 ; Paulhus, 2002) ont mis à l’épreuve le modèle bifactoriel orthogonal face à un modèle unifactoriel global de désirabilité sociale. Les indices d’ajustement soutiennent nettement le modèle à deux facteurs distincts, avec un RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) acceptable (< 0,06) et des indices CFI/TLI supérieurs aux seuils conventionnels, alors que le modèle unidimensionnel affiche un ajustement médiocre. Bien que certains sous-facteurs de second ordre aient parfois été suggérés au sein du SDE (tels que le déni vs la valorisation active), la structure canonique à deux facteurs de 20 items demeure le standard psychométrique prépondérant.
10. Instrument de mesure
- Type de test : Auto-questionnaire psychométrique standardisé sur papier ou format informatisé.
- Format : Inventaire équilibré de 40 items (20 items rédigés dans le sens du trait, 20 items inversés).
- Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Structure des sous-échelles :
- Self-Deceptive Enhancement (SDE) : Items 1 à 20.
- Impression Management (IM) : Items 21 à 40.
- Échelle de réponse (authentique et obligatoire) : Échelle de type Likert en 7 points :
- 1 = Not true (Pas vrai)
- 4 = Somewhat true (Plutôt vrai)
- 7 = Very true (Très vrai)
- Procédure de cotation (Scoring) :
- Items inversés (Reverse-coded) : Les items 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37 et 39 doivent être inversés avant le calcul (c’est-à-dire : 1 devient 7, 2 devient 6, 3 devient 5, 4 reste 4, 5 devient 3, 6 devient 2, 7 devient 1).
- Méthode continue (Continuous scoring) : Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus en additionnant la valeur brute des 20 items respectifs (après inversion). Les scores oscillent ainsi entre 20 et 140 par dimension. Cette méthode maximise la variance et est privilégiée pour les analyses corrélationnelles et de régression.
- Méthode dichotomique conservatrice (Dichotomous scoring) : Après inversion des items concernés, on attribue 1 point uniquement pour chaque réponse extrême indiquant une distorsion franche (notes 6 ou 7). Toutes les autres réponses (1 à 5) reçoivent 0 point. Le score de chaque sous-échelle varie alors de 0 à 20. Cette cotation est recommandée pour repérer les simulateurs avérés et purifier les échantillons de recherche.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
Le développement de la Version 6 du BIDR a été formalisé dans le manuel de référence publié en 1991 puis révisé en 1993 par Delroy L. Paulhus à l’Université de la Colombie-Britannique. Les conditions d’utilisation se déclinent selon deux cadres distincts :
- Usage académique et recherche non commerciale : La version universitaire BIDR Version 6 présentée ici est largement accessible à la communauté scientifique internationale à des fins de recherche fondamentale, de thèses et d’études non lucratives, sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales de l’auteur.
- Usage commercial et professionnel normé : La version commerciale étalonnée et standardisée à grande échelle, accompagnée de profils normatifs représentatifs (populations cliniques et professionnelles), est éditée et distribuée exclusivement par l’éditeur psychométrique Multi-Health Systems (MHS). L’achat de manuels officiels, de feuilles de réponses payantes et de grilles de cotation est requis pour toute utilisation en sélection des ressources humaines ou en expertise médico-légale.
12. Références
- Bakan, D. (1966). The duality of human existence: An essay on psychology and religion. Rand McNally.
- Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1960). A new scale of social desirability independent of psychopathology. Journal of Consulting Psychology, 24(4), 349–354. https://doi.org/10.1037/h0047358
- Edwards, A. L. (1957). The social desirability variable in personality assessment and research. Dryden Press.
- Goffman, E. (1959). The presentation of self in everyday life. Anchor Books.
- Kroner, D. G., & Weekes, J. R. (1996). Balanced Inventory of Desirable Responding: Factor structure, reliability, and validity with an offender sample. Personality and Individual Differences, 21(3), 323–333. https://doi.org/10.1016/0191-8869(96)00079-5
- Paulhus, D. L. (1984). Two-component models of socially desirable responding. Journal of Personality and Social Psychology, 46(3), 598–609. https://doi.org/10.1037/0022-3514.46.3.598
- Paulhus, D. L. (1986). Self-deception and impression management in test responses. Dans A. Angleitner & J. S. Wiggins (Dir.), Personality assessment via questionnaires (pp. 143–165). Springer-Verlag. https://doi.org/10.1007/978-3-642-70751-3_8
- Paulhus, D. L. (1991). Measurement and control of response bias. Dans J. P. Robinson, P. R. Shaver, & L. S. Wrightsman (Dir.), Measures of personality and social psychological attitudes (pp. 17–59). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-590241-0.50006-X
- Paulhus, D. L. (1993). The Balanced Inventory of Desirable Responding: Reference manual for BIDR Version 6. University of British Columbia.
- Paulhus, D. L. (2002). Socially desirable responding: The evolution of a construct. Dans H. I. Braun, D. N. Jackson, & D. E. Wiley (Dir.), The role of constructs in psychological and educational measurement (pp. 49–69). Lawrence Erlbaum Associates.
- Robinson, J. P., Shaver, P. R., & Wrightsman, L. S. (1991). Measures of personality and social psychological attitudes. Academic Press.
- Sackeim, H. A., & Gur, R. C. (1978). Self-deception, self-confrontation, and consciousness. Dans G. E. Schwartz & D. Shapiro (Dir.), Consciousness and self-regulation: Advances in research and theory (Vol. 2, pp. 139–197). Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4684-2571-0_4
- Sackeim, H. A., & Gur, R. C. (1979). Self-deception, other-deception, and self-reported psychopathology. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 47(1), 213–215. https://doi.org/10.1037/0022-006X.47.1.213
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale: 7-point Likert scale: 1 = Not true, 4 = Somewhat true, 7 = Very true
Self-Deceptive Enhancement (SDE)
- My first impressions of people usually turn out to be right. (R)
- It would be hard for me to break any of my bad habits.
- I don’t always know the reasons why I do the things I do. (R)
- I have not always been honest with myself.
- The reason I vote is because my vote can make a difference. (R)
- I have sometimes doubted my ability as a lover.
- It’s all right with me if some people happen to dislike me. (R)
- I am a completely rational person.
- I rarely appreciate criticism. (R)
- I am very confident of my judgments.
- I have sometimes doubted my competence as a person. (R)
- It’s all right with me if people don’t like me.
- I don’t always know what I’m doing. (R)
- I am in full control of my own life.
- When I make a decision, I usually wonder if it’s the right one. (R)
- I always know why I like things.
- I have sometimes lost out on things because I couldn’t make up my mind soon enough. (R)
- I am fully capable of succeeding in anything I try.
- It’s hard for me to know when I’m in love. (R)
- I always know what I’m doing.
Impression Management (IM)
- I sometimes tell lies if I have to. (R)
- I never cover up my mistakes.
- There have been occasions when I have taken advantage of someone. (R)
- I never swear.
- I sometimes try to get even rather than forgive and forget. (R)
- I always obey laws, even if I’m unlikely to get caught.
- I have said something bad about a friend behind his or her back. (R)
- When I hear people talking privately, I avoid listening.
- I have received too much change from a salesperson without telling him or her. (R)
- I always declare everything at customs.
- When I was young I sometimes stole things. (R)
- I have never dropped litter on the street.
- I sometimes drive faster than the speed limit. (R)
- I have never read a sexy book or magazine.
- I have done things that I don’t tell other people about. (R)
- I never take things that don’t belong to me.
- I have taken sick-leave from work or school even though I wasn’t really sick. (R)
- I have never damaged a library book or store merchandise without reporting it.
- I have some pretty awful habits. (R)
- I don’t gossip about other people’s business.
Note: (R) indicates items requiring reverse coding before scoring.