Inventaire des troubles du comportement alimentaire (EDI)

L’Inventaire des troubles du comportement alimentaire (EDI) de Garner, Olmsted et Polivy (1983) est une échelle psychométrique multidimensionnelle de 64 items évaluant les traits cognitifs, affectifs et comportementaux centraux dans l’anorexie mentale et la boulimie.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire des troubles du comportement alimentaire (Eating Disorders Inventory, EDI), élaboré initialement par David M. Garner, Marion P. Olmsted et Janet Polivy en 1983, constitue l’un des instruments psychométriques auto-rapportés les plus rigoureux et les plus largement utilisés à l’échelle internationale pour évaluer les caractéristiques psychologiques et comportementales associées à l’anorexie mentale et à la boulimie. Conçu pour dépasser la simple quantification des symptômes alimentaires manifestes, l’EDI adopte une perspective multidimensionnelle évaluant simultanément les attitudes envers l’alimentation, le poids et la silhouette corporelle, ainsi que des traits fondamentaux de la personnalité et du fonctionnement psychologique sous-jacents aux pathologies alimentaires.

L’instrument original se compose de 64 items répartis en huit sous-échelles cliniques indépendantes : Recherche de minceur (Drive for Thinness), Boulimie (Bulimia), Insatisfaction corporelle (Body Dissatisfaction), Sentiment d’inefficacité (Ineffectiveness), Perfectionnisme (Perfectionism), Méfiance interpersonnelle (Interpersonal Distrust), Conscience intéroceptive (Interoceptive Awareness) et Peur de la maturité (Maturity Fears). Les répondants évaluent la fréquence de leurs pensées et comportements sur une échelle de type Likert en 6 points allant de « Always » (Toujours) à « Never » (Jamais).

Sur le plan métrologique, l’EDI présente des propriétés psychométriques robustes établies sur des échantillons cliniques et non cliniques considérables. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillent généralement entre 0,80 et 0,92 pour les sous-échelles attitudinales et entre 0,65 et 0,88 pour les sous-échelles psychologiques générales. La validité différentielle de l’outil permet de discriminer de manière fiable les personnes présentant un trouble du comportement alimentaire avéré des populations témoins non cliniques, tout en offrant une cartographie différentielle fine entre les sous-types restrictifs et purgatifs. Cet outil a fourni la base empirique pour le développement ultérieur des versions EDI-2 et EDI-3.

2. Mots-clés / Keywords

Inventaire des troubles du comportement alimentaire, EDI, anorexie mentale, boulimie, insatisfaction corporelle, perfectionnisme, conscience intéroceptive, psychométrie, évaluation clinique, David M. Garner.

3. Auteurs / Authors

L’Inventaire des troubles du comportement alimentaire (EDI) a été conçu par une équipe de chercheurs et cliniciens de premier plan affiliés au Département de psychiatrie de l’Université de Toronto et au Clarke Institute of Psychiatry (maintenant intégré au Centre de toxicomanie et de santé mentale, CAMH) à Toronto, Canada :

  • David M. Garner, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur émérite, pionnier mondial de la recherche sur les troubles des conduites alimentaires. Ancien professeur au Département de psychiatrie de l’Université de Toronto et directeur du River Centre Clinic (Sylvania, Ohio, États-Unis). Auteur principal de l’EDI, de l’EDI-2, de l’EDI-3 et de l’Eating Attitudes Test (EAT). Courriel institutionnel : [email protected].
  • Marion P. Olmsted, Ph.D., C.Psych. : Psychologue clinicienne spécialisée dans les troubles de l’alimentation, ancienne directrice du programme ambulatoire des troubles alimentaires au Toronto General Hospital (University Health Network) et professeure agrégée au Département de psychiatrie de l’Université de Toronto.
  • Janet Polivy, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie au Département de psychologie de l’Université de Toronto Mississauga, théoricienne reconnue du comportement alimentaire, de la restriction cognitive et des mécanismes motivationnels de l’alimentation.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’EDI est de proposer une conceptualisation et une évaluation multidimensionnelle standardisée des construits psychologiques et comportementaux centraux dans le déclenchement, l’expression et la pérennisation des troubles des conduites alimentaires (TCA). Avant l’avènement de l’EDI, les outils d’évaluation disponibles dans les années 1970 et au début des années 1980 se concentraient de manière quasi exclusive sur les comportements visibles d’ingestion et de contrôle pondéral, négligeant la constellation de perturbations cognitives, affectives et organisationnelles de la personnalité identifiées par les cliniciens psychodynamiciens et cognitivo-comportementaux.

Dans sa visée clinique, l’EDI remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Profilage diagnostique et phénotypage : L’outil ne génère pas simplement un score global indifférencié, mais un profil à huit dimensions permettant de dégager les forces et les vulnérabilités singulières de chaque patient. Il permet d’objectiver l’intensité des obsessions relatives à la minceur tout en mesurant les distorsions de l’image corporelle et les perturbations du ressenti émotionnel.
  • Planification et ciblage des interventions thérapeutiques : En identifiant des déficits spécifiques (par exemple, un perfectionnisme inadapté extrême ou une incapacité sévère à différencier la faim physique des états de détresse émotionnelle), l’EDI offre aux psychothérapeutes des axes prioritaires de travail en thérapie cognitivo-comportementale ou en thérapie interpersonnelle.
  • Suivi longitudinal et mesure de l’efficacité thérapeutique : Utilisé de façon répétée au cours d’un protocole de soin (hospitalisation, hôpital de jour ou suivi ambulatoire), l’inventaire permet de quantifier l’évolution des symptômes et, plus important encore, la résolution ou la persistance des perturbations cognitives sous-jacentes qui constituent des facteurs majeurs de rechute.
  • Recherche fondamentale et épidémiologique : L’EDI a servi de standard d’évaluation dans des centaines d’études cliniques contrôlées, d’enquêtes épidémiologiques et d’analyses génétiques ou neurocognitives, facilitant la comparaison rigoureuse des données à travers différents centres et pays.

5. Construit psychologique / Construct

L’EDI repose sur une modélisation psychologique structurée en huit dimensions distinctes mais interconnectées. Celles-ci se divisent conceptuellement en deux grands ensembles : trois sous-échelles évaluant spécifiquement les attitudes et comportements liés au poids, à la nourriture et à la morphologie, et cinq sous-échelles mesurant des caractéristiques psychologiques plus générales associées de façon récurrente aux pathologies alimentaires.

1. Recherche de minceur (Drive for Thinness – items 1, 7, 11, 16, 25, 32, 49, 64)

Cette dimension mesure une préoccupation excessive et constante à l’égard de la restriction alimentaire, une préoccupation obsédante pour le poids corporel et une terreur panique de la prise de poids. Elle opérationnalise le symptôme cardinal de l’anorexie mentale et de la boulimie, à savoir la poursuite acharnée d’une minceur corporelle extrême considérée comme seule source de valeur personnelle (par exemple, item 16 : « I am terrified of gaining weight » ; item 32 : « I am preoccupied with the desire to be thinner »).

2. Boulimie (Bulimia – items 4, 5, 28, 38, 46, 53, 61)

La sous-échelle Boulimie capture la propension aux épisodes d’hyperphagie incontrôlée (accès boulimiques ou binge eating), ainsi que la présence de pensées ou de comportements compensatoires purgatifs tels que les vomissements provoqués et l’alimentation compulsive en secret (par exemple, item 28 : « I have gone on eating binges where I have felt that I could not stop » ; item 53 : « I have the thought of trying to vomit in order to lose weight »).

3. Insatisfaction corporelle (Body Dissatisfaction – items 2, 9, 12, 19, 31, 45, 55, 59, 62)

Cette dimension évalue le degré de déplaisir et de rejet éprouvé par le sujet envers la forme globale de son corps et, plus précisément, envers les régions anatomiques les plus sensibles aux variations adipeuses féminines lors de la puberté : le ventre, les cuisses, les hanches et les fesses (par exemple, item 2 : « I think that my stomach is too big » ; item 45 : « I think my hips are too big »).

4. Sentiment d’inefficacité (Ineffectiveness – items 10, 18, 20, 24, 27, 37, 41, 42, 52, 56)

Cette sous-échelle mesure un sentiment profond d’inadéquation personnelle, d’insécurité existentielle, d’incompétence et d’absence générale de contrôle sur sa propre vie. Elle reflète une estime de soi profondément altérée et une sensation de vide intérieur (par exemple, item 10 : « I feel ineffective as a person » ; item 56 : « I feel empty inside (emotionally) »).

5. Perfectionnisme (Perfectionism – items 13, 29, 36, 43, 52, 63)

Le perfectionnisme mesure la conviction selon laquelle seul un niveau de performance exceptionnel et sans faille est acceptable, souvent sous-tendu par la perception d’exigences parentales ou environnementales écrasantes (par exemple, item 13 : « Only outstanding performance is good enough in my family » ; item 36 : « I hate being less than best at things »). Chez les patientes souffrant de TCA, ce perfectionnisme est déplacé vers le contrôle du corps et du régime alimentaire.

6. Méfiance interpersonnelle (Interpersonal Distrust – items 15, 17, 23, 30, 34, 54, 57)

Cette échelle évalue la réticence à nouer des relations intimes, la difficulté à exprimer ses émotions à autrui et la tendance à maintenir une distance émotionnelle défensive face aux tiers, par peur d’être déçu, trahi ou rejeté (par exemple, item 54 : « I need to keep people at a certain distance » ; item 17 : « I trust others » – inversé).

7. Conscience intéroceptive (Interoceptive Awareness – items 8, 21, 26, 33, 40, 51, 60)

Cette composante explore la capacité à identifier et à distinguer adéquatement les signaux viscéraux internes (faim, satiété) ainsi que les états émotionnels affectifs (tristesse, colère, angoisse). Un score élevé signale une confusion majeure entre les sensations corporelles et les émotions (par exemple, item 40 : « I get confused as to whether or not I am hungry » ; item 51 : « When I am upset, I don’t know if I am sad, frightened, or angry »).

8. Peur de la maturité (Maturity Fears – items 3, 6, 14, 22, 39, 48, 58)

Cette échelle saisit le désir de régression vers la sécurité de l’enfance et l’appréhension marquée face aux exigences biologiques, psychologiques et sociales du passage à l’âge adulte (par exemple, item 3 : « I wish that I could return to the security of childhood » ; item 35 : « The demands of adulthood are too great »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel de l’EDI s’ancre principalement dans la pensée clinique et théorique de la psychiatre et psychanalyste Hilde Bruch (1904-1984), qui a révolutionné la compréhension de l’anorexie mentale dans ses ouvrages fondamentaux (notamment Eating Disorders: Obesity, Anorexia Nervosa, and the Person Within, 1973). Bruch soutenait que le refus de s’alimenter n’était pas un problème primitif d’appétit, mais la conséquence d’un déficit structural fondamental de l’autonomie et de la perception de soi, caractérisé par trois perturbations psychologiques majeures :

  • Une distorsion de l’image corporelle : une incapacité à percevoir la taille de son corps de manière réaliste, le corps étant vécu comme un objet étranger ou monstrueux.
  • Un déficit intéroceptif cognitif et perceptif : une incapacité développementale à reconnaître les signaux internes de faim, de satiété et les états affectifs différenciés, résultant d’interactions précoces où les réponses parentales n’ont pas validé les besoins intéroceptifs de l’enfant.
  • Un sentiment paralysant d’inefficacité générale : la conviction profonde de n’agir qu’en réponse aux exigences d’autrui, sans initiative propre, ce qui conduit la personne à utiliser le contrôle du corps comme l’unique domaine où elle peut affirmer son autonomie et sa maîtrise.

Garner, Olmsted et Polivy (1983) ont formalisé ces intuitions cliniques dans un modèle cognitivo-comportemental multidimensionnel. Ils ont postulé que les troubles du comportement alimentaire émergent à l’intersection de vulnérabilités individuelles (perfectionnisme, peurs du développement adulte, inefficacité) et de pressions socioculturelles valorisant la minceur. Dans ce cadre, la restriction alimentaire drastique et l’obsession de la minceur fonctionnent comme une solution adaptative dysfonctionnelle : le patient tente de résoudre des difficultés existentielles complexes (peur de grandir, manque de repères internes, sentiment de nullité) en les réduisant à un problème simple, quantifiable et maîtrisable : le poids corporel et l’apport calorique.

Ce cadre théorique a également anticipé le modèle transdiagnostique de Christopher G. Fairburn, en démontrant que l’anorexie et la boulimie partagent un noyau psychopathologique commun articulé autour de la surévaluation du poids et de la forme corporelle dans la détermination de la valeur personnelle.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’EDI a été documentée à travers de nombreuses études empiriques depuis sa parution initiale en 1983.

Validité de construit et validité différentielle

Dans l’étude princeps de Garner et collègues (1983), l’outil a été administré à un groupe clinique de 113 patientes souffrant d’anorexie mentale (dont un sous-groupe restrictif et un sous-groupe boulimique/purgatif) et à un groupe de contrôle composé de 577 étudiantes universitaires non cliniques. Les résultats ont démontré une validité différentielle exceptionnelle :

  • Le groupe clinique a obtenu des scores significativement plus élevés (p < 0,001) que le groupe non clinique sur l’ensemble des huit sous-échelles de l’instrument.
  • La sous-échelle Boulimie a discriminé de façon très nette les patientes anorexiques avec accès boulimiques/vomissements des patientes anorexiques de sous-type strictement restrictif (scores moyens respectifs d’environ 10,8 contre 1,2), confirmant la sensibilité clinique de cette dimension.
  • Les sous-échelles psychologiques générales (Inefficacité, Conscience intéroceptive, Perfectionnisme) ont également permis de distinguer les patientes anorexiques de sujets obèses et de groupes témoins présentant d’autres troubles psychiatriques légers.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente a été confirmée par de fortes corrélations positives entre la sous-échelle Recherche de minceur et l’Eating Attitudes Test (EAT-26 ; r = 0,70 à 0,82). La sous-échelle Boulimie corrèle fortement avec le Bulimic Investigatory Test, Edinburgh (BITE ; r > 0,75). La dimension Insatisfaction corporelle présente une excellente convergence avec la Body Shape Questionnaire (BSQ ; r = 0,78 à 0,85).

Concernant les dimensions psychologiques :

  • La sous-échelle Inefficacité corrèle négativement de façon très marquée avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (r = -0,68 à -0,75) et positivement avec l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI ; r = 0,60 à 0,70).
  • La sous-échelle Conscience intéroceptive corrèle significativement avec les échelles d’alexithymie (telles que la TAS-20 ; r = 0,55 à 0,68), illustrant la validité du concept de confusion affective.
  • La validité discriminante a été corroborée en montrant que les échelles comportementales alimentaires restent relativement indépendantes des mesures d’anxiété générale comparées aux échelles psychologiques.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’EDI a été établie sur de vastes cohortes cliniques et épidémiologiques internationales, tant sur le plan de la consistance interne que de la stabilité temporelle.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans les travaux initiaux de Garner et al. (1983) ainsi que dans les validations ultérieures (Olmsted et al., 1991 ; Machado et al., 2001) :

  • Drive for Thinness : α = 0,85 (échantillon clinique) ; α = 0,83 (échantillon non clinique).
  • Bulimia : α = 0,90 (clinique) ; α = 0,83 (non clinique).
  • Body Dissatisfaction : α = 0,91 (clinique) ; α = 0,92 (non clinique).
  • Ineffectiveness : α = 0,89 (clinique) ; α = 0,84 (non clinique).
  • Perfectionism : α = 0,82 (clinique) ; α = 0,73 (non clinique).
  • Interpersonal Distrust : α = 0,84 (clinique) ; α = 0,76 (non clinique).
  • Interoceptive Awareness : α = 0,83 (clinique) ; α = 0,74 (non clinique).
  • Maturity Fears : α = 0,83 (clinique) ; α = 0,72 (non clinique).

Ces coefficients témoignent d’une excellente consistance interne pour l’ensemble des dimensions cliniques.

Fidélité test-retest

Les études de stabilité temporelle sur des intervalles de 1 à 3 semaines auprès d’échantillons non cliniques révèlent des coefficients de corrélation test-retest (r de Pearson) compris entre 0,79 et 0,95 pour les huit sous-échelles, confirmant que l’EDI mesure des traits et attitudes stables plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement original de l’EDI reposait sur une démarche combinée rationnelle et empirique. Initialement, un bassin de 146 items a été généré à partir de la littérature clinique et examiné par un comité d’experts en troubles alimentaires. Ce pool d’items a ensuite été administré à des patientes et à des témoins, puis soumis à une analyse factorielle exploratoire (AFE) avec rotation varimax.

Cette analyse a permis de retenir 64 items présentant des saturations primaires élevées (> 0,40) sur leur facteur cible et de faibles saturations croisées sur les autres dimensions. Les huit facteurs identifiés expliquaient une part substantielle de la variance totale :

  • Les facteurs 1, 2 et 3 représentaient sans ambiguïté les composantes somatiques et comportementales directes : l’insatisfaction corporelle, la recherche de minceur et la boulimie.
  • Les facteurs 4 à 8 saturaient de façon cohérente sur les construits psychologiques : inefficacité, perfectionnisme, méfiance interpersonnelle, déficits intéroceptifs et peurs développementales.

Des études ultérieures d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) conduites dans plusieurs cultures (notamment aux États-Unis, en France, en Allemagne et au Portugal) ont généralement validé la structure théorique en 8 facteurs de premier ordre. Les indices d’ajustement observés dans les modélisations structurelles (CFI > 0,90, RMSEA < 0,06) confirment l’adéquation du modèle factoriel octodimensionnel, bien que certaines études en population générale soulignent une forte corrélation latente entre les dimensions Drive for Thinness et Body Dissatisfaction, ainsi qu’entre Ineffectiveness et Interoceptive Awareness.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique multidimensionnel (auto-rapporté).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / numérique standardisée.
  • Nombre d’items : 64 items formulés sous la forme d’affirmations à la première personne.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale à 6 points : 1 = Always, 2 = Usually, 3 = Often, 4 = Sometimes, 5 = Rarely, 6 = Never.
  • Système de cotation clinique standard (Garner) :
    • Pour les items formulés dans le sens de la pathologie : la réponse la plus symptomatique (« Always ») reçoit 3 points, la réponse immédiatement inférieure (« Usually ») reçoit 2 points, la suivante (« Often ») reçoit 1 point, et les trois réponses non pathologiques (« Sometimes », « Rarely », « Never ») reçoivent 0 point.
    • Pour les items formulés dans le sens inverse (items inversés : 1, 12, 15, 17, 19, 20, 22, 23, 26, 30, 31, 37, 39, 42, 50, 55, 57, 58, 62) : le codage est inversé de sorte que « Never » = 3, « Rarely » = 2, « Sometimes » = 1, et les options restantes = 0.
    • Cotation continue alternative : Certains chercheurs en sciences sociales utilisent une cotation directe de 1 à 6 pour éviter l’effet plancher en population non clinique.
  • Calcul des scores par sous-échelle :
    • Drive for Thinness (Recherche de minceur) : Somme des items 1, 7, 11, 16, 25, 32, 49, 64 (Score 0 à 24).
    • Interpersonal Distrust (Méfiance interpersonnelle) : Somme des items 15, 17, 23, 30, 34, 54, 57 (Score 0 à 21).
    • Perfectionism (Perfectionnisme) : Somme des items 13, 29, 36, 43, 52, 63 (Score 0 à 18).
    • Bulimia (Boulimie) : Somme des items 4, 5, 28, 38, 46, 53, 61 (Score 0 à 21).
    • Maturity Fears (Peur de la maturité) : Somme des items 3, 6, 14, 22, 39, 48, 58 (Score 0 à 21).
    • Interoceptive Awareness (Conscience intéroceptive) : Somme des items 8, 21, 26, 33, 40, 51, 60 (Score 0 à 21).
    • Body Dissatisfaction (Insatisfaction corporelle) : Somme des items 2, 9, 12, 19, 31, 45, 55, 59, 62 (Score 0 à 27).
    • Ineffectiveness (Sentiment d’inefficacité) : Somme des items 10, 18, 20, 24, 27, 37, 41, 42, 50, 56 (Score 0 à 30).
  • Temps de passation : Environ 15 à 25 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1983 (article scientifique princeps dans l’International Journal of Eating Disorders).
  • Évolutions de l’instrument : L’EDI a fait l’objet d’extensions officielles : l’EDI-2 en 1991 (ajoutant 27 items et trois nouvelles échelles) et l’EDI-3 en 2004 par David M. Garner.
  • Droits d’auteur et diffusion :
    • L’instrument dans sa forme commerciale standardisée (manuels officiels, feuilles de réponses protégées et normes étalonnées de l’EDI-2 et de l’EDI-3) est la propriété intellectuelle exclusive de Psychological Assessment Resources (PAR, Inc.).
    • L’utilisation clinique, diagnostique formelle ou en cabinet privé de la batterie standardisée nécessite l’acquisition d’un kit commercial payant auprès de l’éditeur ou de ses distributeurs agréés (comme Hogrefe ou les ECPA en Europe).
    • La version originale de recherche de 1983 (64 items) est largement documentée et réimprimée dans les revues académiques pour des travaux universitaires à but non lucratif, sous réserve de citation rigoureuse des auteurs originaux et du respect des conditions de fair use scientifique.

12. Références / References

Response format:
1 = Always
2 = Usually
3 = Often
4 = Sometimes
5 = Rarely
6 = Never

  1. I eat sweets and carbohydrates without feeling nervous
  2. I think that my stomach is too big
  3. I wish that I could return to the security of childhood
  4. I eat when I am upset
  5. I stuff myself with food
  6. I wish that I could be younger
  7. I think about dieting
  8. I get frightened when my feelings are too strong
  9. I think that my things are too large
  10. I feel ineffective as a person
  11. I feel extremely guilty after overeating
  12. I think that my stomach is just the right size
  13. Only outstanding performance is good enough in my family
  14. The happiest time in life is when you are a child
  15. I am open about my feelings
  16. I am terrified of gaining weight
  17. I trust others
  18. I feel alone in the world
  19. I feel satisfied with the shape of my body
  20. I feel generally in control of things in my life
  21. I get confused about what emotion I am feeling
  22. I would rather be an adult than a child
  23. I can communicate with others easily
  24. I wish I were someone else
  25. I exaggerate the importance of weight
  26. I can clearly identify what emotion I am feeling
  27. I feel inadequate
  28. I have gone on eating binges where I have felt that I could not stop
  29. As a child, I tried very hard to avoid disappointing my parents and teachers
  30. I have close relationships
  31. I like the shape of my buttocks
  32. I am preoccupied with the desire to be thinner
  33. I don’t know what’s going on inside me
  34. I have trouble expressing my emotions to others
  35. The demands of adulthood are too great
  36. I hate being less than best at things
  37. I feel secure about myself
  38. I think about bingeing
  39. I feel happy that I am not a child anymore
  40. I get confused as to whether or not I am hungry
  41. I have a low opinion of myself
  42. I feel that I can achieve my standards
  43. My parents have expected excellence of me
  44. I worry that my feelings will get out of control
  45. I think my hips are too big
  46. I eat moderately in front of others and stuff myself when they are gone
  47. I feel bloated after eating a small meal
  48. I feel that people are happiest when they are children
  49. If I gain a pound, I worry that I will keep gaining
  50. I feel that I am a worthwhile person
  51. When I am upset, I don’t know if I am sad, frightened, or angry
  52. I feel that I must do things perfectly or not do them at all
  53. I have the thought of trying to vomit in order to lose weight
  54. I need to keep people at a certain distance
  55. I think that my thighs are just the right size
  56. I feel empty inside (emotionally)
  57. I can talk about personal thoughts or feelings
  58. The best years of your life are when you become an adult
  59. I think my buttocks are too large
  60. I have feelings I can’t quite identify
  61. I eat or drink in secrecy
  62. I think that my hips are just the right size
  63. I have extremely high goals
  64. When I am upset, I worry that I will start eating
★

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