1. Résumé / Abstract
L’Inventaire des comportements face au cancer – Version abrégée (Cancer Behavior Inventory–Brief Version, CBI-B ; Heitzmann et al., 2011) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer l’auto-efficacité perçue dans l’adaptation et la gestion active des défis biopsychosociaux induits par le cancer. Dérivé des versions successives développées initialement par Thomas V. Merluzzi et ses collaborateurs (Merluzzi & Martinez-Sanchez, 1997 ; Merluzzi et al., 2001), cet outil synthétique de 14 items a été élaboré pour pallier la lourdeur d’administration des versions antérieures comptant respectivement 43 et 33 items, une considération primordiale chez des patients fréquemment confrontés à la fatigue oncologique et à une altération marquée de leur état fonctionnel.
L’échelle évalue le sentiment de compétence personnelle à travers quatre dimensions factorielles robustes : le maintien d’une attitude positive et de l’engagement affectif, la régulation des symptômes et la gestion du stress lié aux soins, la participation active aux décisions médicales et la communication avec les soignants, ainsi que la mobilisation du soutien social. Chaque énoncé est évalué à l’aide d’une échelle de type Likert en 9 points allant de 1 (« pas du tout confiant ») à 9 (« totalement confiant »), produisant un score global de confiance ainsi que des indices dimensionnels pertinents.
Sur le plan métrologique, le CBI-B présente des propriétés exemplaires, caractérisées par une consistance interne globale élevée (coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,84 et 0,88 selon les cohortes cliniques), une fidélité test-retest substantielle, ainsi qu’une validité de construit attestée par des corrélations positives marquées avec la qualité de vie globale et des corrélations inverses avec la détresse émotionnelle, l’anxiété et la dépression. Cet instrument s’impose ainsi comme une référence clinique et épidémiologique en psycho-oncologie contemporaine.
2. Mots-clés / Keywords
Auto-efficacité, psycho-oncologie, adaptation au cancer, coping, qualité de vie, détresse psychologique, psychométrie, gestion des symptômes, communication soignant-soigné, comportement de santé
3. Auteurs / Authors
Le développement de la version abrégée (CBI-B) ainsi que les versions fondatrices du Cancer Behavior Inventory sont l’œuvre d’une équipe de cliniciens et d’universitaires chevronnés en psychologie de la santé et oncologie comportementale :
- Carissa A. Heitzmann, Ph.D. : Département de psychologie, Université de Notre Dame, Notre Dame, Indiana, États-Unis. Spécialiste de l’adaptation psychologique aux pathologies chroniques et des déterminants motivationnels de la santé.
- Thomas V. Merluzzi, Ph.D. : Laboratoire de psycho-oncologie (Laboratory for Psycho-Oncology Research), Département de psychologie, Université de Notre Dame, Notre Dame, Indiana, États-Unis. Concepteur principal de la taxonomie du CBI (Courriel de correspondance : [email protected]).
- Pascal Jean-Pierre, Ph.D., MPH : Département de pédiatrie et de médecine comportementale, University of Rochester Medical Center, Rochester, New York, États-Unis.
- Joseph A. Roscoe, Ph.D. : University of Rochester Cancer Center, Rochester, New York, États-Unis. Chercheur émérite sur la gestion des nausées anticipatoires et des effets secondaires des thérapeutiques cytotoxiques.
- Kenneth L. Kirsh, Ph.D. : Pain and Palliative Medicine, The HealthCare Collection, Philadelphie, Pennsylvanie, États-Unis.
- Steven D. Passik, Ph.D. : Memorial Sloan Kettering Cancer Center et Vanderbilt University Medical Center, États-Unis. Figure de proue mondiale en soins palliatifs et en psycho-oncologie interventionnelle.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Inventaire des comportements face au cancer – Version abrégée (CBI-B) réside dans l’opérationnalisation précise et standardisée du construit d’auto-efficacité spécifique au cancer (cancer coping self-efficacy). La traversée de la maladie cancéreuse – depuis la phase initiale du diagnostic jusqu’aux phases de survie au long cours, de récidive ou de fin de vie – expose l’individu à un bouleversement existentiel, physique et social sans précédent. Face à une telle rupture biographique, les réponses comportementales et psychologiques ne découlent pas uniquement des compétences cognitives réelles ou des ressources matérielles objectives du patient, mais de sa croyance subjective en sa capacité à orchestrer avec succès les actions requises pour surmonter ces exigences complexes.
Sur le plan clinique, le CBI-B a été développé pour répondre à un défi majeur en oncologie médicale : le fardeau des questionnaires d’évaluation chez des patients affaiblis par des protocoles agressifs (chimiothérapie, radiothérapie, thérapies ciblées, chirurgies délabrantes). Les instruments exhaustifs antérieurs, bien que hautement informatifs, saturaient les capacités d’attention des malades et augmentaient l’attrition des études longitudinales. Avec ses 14 items concis, le CBI-B offre une évaluation rapide (moins de 4 à 5 minutes de passation) tout en conservant une granularité psychométrique suffisante pour :
- Le dépistage systématique (screening) : Identifier en routine ambulatoire ou hospitalière les patients vulnérables présentant une faible confiance en leurs capacités adaptatives, prédisposant à la dépression secondaire ou au renoncement thérapeutique.
- L’orientation personnalisée des soins de support : Aider les psycho-oncologues, infirmiers pivots et travailleurs sociaux à cibler précisément les sphères comportementales déficitaires (ex. réticence à questionner le médecin traitant, isolement émotionnel, anticipation anxieuse des traitements).
- L’évaluation de l’efficacité interventionnelle : Mesurer avec précision l’impact des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), des programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP) et des interventions basées sur la pleine conscience (MBSR), qui visent spécifiquement à restaurer l’agentivité et le sentiment d’autonomie personnelle du patient cancéreux.
En recherche fondamentale et translationnelle, le CBI-B permet de tester empiriquement des modèles médiateurs et modérateurs complexes où l’auto-efficacité agit comme un amortisseur direct (buffer) entre la sévérité objective des stresseurs liés au cancer et l’ajustement émotionnel global, conditionnant tant la résilience psychologique que l’observance aux protocoles thérapeutiques.
5. Construit psychologique / Construct
L’auto-efficacité liée au cancer ne constitue pas un trait de personnalité rigide, mais un répertoire dynamique de croyances orientées vers des tâches comportementales hautement contextualisées. Le CBI-B cartographie ce construit multidimensionnel à travers plusieurs axes opérationnels :
1. Maintien d’une régulation affective positive et préservation de l’autonomie
Ce pôle évalue la confiance du patient dans son aptitude à préserver son identité personnelle au-delà de son statut de malade. Il mobilise des processus d’adaptation centrés sur le sens et la réévaluation cognitive. Les items représentatifs ciblent le maintien de l’indépendance fonctionnelle (Item 1), la préservation d’une attitude constructive (Item 2), ainsi que le recours délibéré à l’humour (Item 3). L’humour n’est pas conçu ici comme un mécanisme de défense régressif ou un déni, mais comme un mécanisme de coping mature permettant de désamorcer l’effroi existentiel et de rétablir un sentiment d’équilibre psychosocial.
2. Gestion des stresseurs physiques et anticipation des soins
La trajectoire oncologique est marquée par des agressions somatiques intenses et des situations anxiogènes chroniques. Le construit englobe la capacité auto-perçue à maîtriser les effets indésirables et à endiguer l’anxiété d’anticipation. Cela se traduit par la régulation autonome des nausées et vomissements (Item 12), l’adaptation aux contraintes et limitations physiques (Item 13), le maintien du calme intérieur lors des séances de traitement tout en refoulant les pensées intrusives terrifiantes (Item 7), et la maîtrise de l’angoisse lors des périodes d’attente prolongée en milieu hospitalier (Item 14).
3. Agentivité communicative et prise de décision partagée
Rompre avec la passivité traditionnelle du patient hospitalisé est une exigence centrale du rétablissement. Cette dimension appréhende le sentiment d’aptitude à s’ériger en partenaire actif de l’alliance thérapeutique. Les comportements mesurés incluent la participation délibérée aux choix stratégiques thérapeutiques (Item 8) et la formulation proactive de questions techniques ou existentielles aux médecins (Item 9), réduisant le sentiment d’impuissance face aux décisions médicales hautement anxiogènes.
4. Partage émotionnel et mobilisation du réseau social
L’isolement affectif représente l’un des prédicteurs les plus constants de morbidité psychiatrique chez le patient atteint de cancer. L’échelle évalue la confiance en ses capacités à exprimer ouvertement ses affects douloureux vis-à-vis de la maladie (Item 4), à partager explicitement ses préoccupations et angoisses de mort avec ses proches (Item 11), et à solliciter activement une aide concrète ou émotionnelle au sein de son environnement social (Item 10).
5. Distraction cognitive adaptative et maintien des rôles de vie
Enfin, le construit intègre la capacité d’évitement cognitif fonctionnel : savoir délibérément évacuer la thématique du cancer de son esprit à certains moments de la journée pour s’accorder un répit psychologique (Item 5), tout en maintenant la continuité des rôles sociaux, professionnels, familiaux et récréatifs (Item 6).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ancrage conceptuel du CBI-B s’articule directement autour de la théorie sociocognitive formulée par Albert Bandura (1977, 1997), combinée au modèle transactionnel du stress et du coping de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984).
L’auto-efficacité bandurienne au cœur de l’adaptation oncologique
Selon Bandura, l’auto-efficacité (self-efficacy) désigne la croyance qu’a un individu en ses capacités d’exécuter les comportements nécessaires pour atteindre des performances désignées. Bandura distingue rigoureusement deux constructions cognitives distinctes mais interconnectées :
- L’attente d’efficacité (Efficacy Expectation) : La conviction intime de pouvoir exécuter avec succès le comportement prescrit ou requis (« Je suis capable de poser des questions claires à mon oncologue sur mon pronostic »). C’est précisément cette dimension qui est mesurée par le CBI-B.
- L’attente de résultat (Outcome Expectancy) : Le jugement selon lequel un comportement donné conduira nécessairement à un résultat précis (« Poser des questions à mon oncologue améliorera la pertinence de mes soins »).
Bandura postule que les croyances d’auto-efficacité régissent la quantité d’effort que les personnes déploieront et la persévérance dont elles feront preuve face aux obstacles et aux expériences aversives. Face aux chocs viscéraux du cancer, un individu doté d’une faible auto-efficacité s’enlisera dans des pensées catastrophiques d’incapacité, ce qui inhibera ses comportements d’auto-soin, favorisera l’impuissance apprise et déclenchera une hyperactivation neurovégétative délétère. À l’inverse, une auto-efficacité robuste galvanise des stratégies proactives de résolution de problèmes et une régulation homéostatique des émotions.
Articulations avec le modèle transactionnel de Lazarus et Folkman
Dans la perspective de Lazarus et Folkman, le stress psychologique émerge d’une relation transactionnelle entre l’individu et son environnement, évaluée comme excédant ses ressources et mettant en péril son bien-être. Ce modèle identifie deux étapes cognitives fondamentales :
- L’évaluation primaire (Primary Appraisal) : L’estimation de l’enjeu (« Le cancer menace ma vie, mon intégrité physique et mon avenir »).
- L’évaluation secondaire (Secondary Appraisal) : L’estimation des ressources et options d’adaptation disponibles (« Que puis-je faire pour faire face à cette menace ? »).
Le CBI-B se situe précisément au cœur de cette évaluation secondaire : il mesure le jugement méta-cognitif que porte le patient sur la disponibilité et l’efficacité de ses propres stratégies de coping (centrées sur le problème, sur l’émotion et sur la recherche de soutien). En intégrant la conceptualisation de Merluzzi, le CBI-B formalise l’idée que le coping efficace n’est pas simplement un catalogue d’actions menées mécaniquement, mais le reflet direct d’un socle de croyances d’agentivité sans lequel aucune stratégie comportementale ne peut être durablement soutenue.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du CBI-B a été corroborée par des études quantitatives rigoureuses menées sur des cohortes diversifiées de patients atteints de différents types de cancers (notamment sein, prostate, côlon, poumon) et à différents stades évolutifs.
Validité convergente et corrélats cliniques
Dans l’étude princeps d’évaluation de la version abrégée (Heitzmann et al., 2011), le CBI-B a démontré une validité convergente remarquable avec la version intégrale à 33 items (CBI v2.0), manifestant une corrélation quasi parfaite (r = 0,93, p < 0,001), attestant que la réduction drastique du nombre d’items n’a en rien dégradé le spectre conceptuel de l’instrument. Des corrélations hautement significatives ont été rapportées avec des instruments validés de la qualité de vie liée à la santé :
- Qualité de vie (FACT-G / Functional Assessment of Cancer Therapy-General) : Des corrélations positives robustes (r = 0,55 à 0,65, p < 0,001) ont été établies entre le score global du CBI-B et les sous-échelles de bien-être physique, fonctionnel, émotionnel et social du FACT-G.
- Indice d’activité et statut de performance (Karnofsky Performance Scale – KPS) : Les scores d’auto-efficacité sont positivement corrélés au niveau de fonctionnalité globale mesuré objectivement par l’échelle de Karnofsky (r = 0,35 à 0,42), illustrant que le sentiment d’efficacité s’ancre en partie dans la réalité somatique tout en conservant une variance psychologique propre.
Validité discriminante et concurrente
La validité discriminante et concurrente s’est vérifiée par l’observation d’associations inverses marquées avec des échelles standardisées de détresse psychologique :
- Dépression et Anxiété (CES-D, HADS) : Les scores au CBI-B présentent une corrélation fortement négative avec les indices dépressifs de la Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (r = -0,50 à -0,62, p < 0,001) et avec la sous-échelle d’anxiété de la Hospital Anxiety and Depression Scale.
- Anxiété spécifique au cancer et symptômes de stress post-traumatique (IES-R) : Une auto-efficacité élevée au CBI-B prédit des niveaux significativement moindres d’intrusion et d’évitement émotionnel pathologique.
Méta-analyses et validité prédictive
La méta-analyse d’envergure menée par Chirico et al. (2017), englobant des milliers de patients à travers des dizaines d’études empiriques, a confirmé la validité prédictive supérieure de l’auto-efficacité évaluée par la famille des instruments CBI. Les résultats soulignent que l’auto-efficacité est un prédicteur robuste et indépendant de la qualité de vie future et de l’amortissement de la fatigue liée au cancer, même après contrôle statistique de la sévérité du stade tumoral et des types de traitements reçus.
8. Fidélité / Reliability
La métrologie de l’Inventaire des comportements face au cancer – Version abrégée présente des caractéristiques de fidélité qui répondent aux standards méthodologiques les plus sévères (American Psychological Association, 2014) :
Consistance interne
Dans l’échantillon princeps de validation (Heitzmann et al., 2011 ; N = 305 patients sous chimiothérapie ou radiothérapie), le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 14 items s’est élevé à 0,84. Dans des cohortes de réplication ultérieures et des études d’adaptation transcuturelle, le coefficient alpha a régulièrement oscillé entre 0,84 et 0,88, ce qui démontre une excellente homogénéité des items sans redondance sémantique excessive. Les coefficients de corrélation item-total corrigés sont tous supérieurs au seuil critique conventionnel de 0,40, s’échelonnant majoritairement entre 0,45 et 0,68.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité temporelle a été documentée au sein de sous-échantillons cliniques stables sur des intervalles variant de deux à quatre semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) et les coefficients de corrélation de Pearson test-retest se maintiennent au-delà de r = 0,80 (généralement compris entre 0,78 et 0,85 en l’absence d’événement de santé aigu intercurrent), attestant d’une remarquable stabilité de la mesure, tout en demeurant suffisamment sensible aux variations induites par des psychothérapies ciblées ou des changements majeurs de protocole thérapeutique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La réduction du questionnaire original (CBI version 2.0 à 33 items répartis en 7 facteurs) vers la version abrégée (CBI-B à 14 items) a reposé sur une démarche factorielle rigoureuse, combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Émergence de la structure dimensionnelle
Les procédures d’AFE conduites avec extraction en axes principaux et rotation oblique (Promax) par Heitzmann et al. (2011) ont conduit à l’extraction de quatre facteurs majeurs représentant les piliers du coping efficace, expliquant une part prépondérante de la variance totale du construit :
- Facteur 1 : Maintien d’une attitude positive et d’activités (Positive Attitude & Maintaining Activities) : Regroupant les items 1, 2, 3 et 6. Ce facteur s’articule autour de la résilience émotionnelle, de l’humour et de la poursuite des rôles fonctionnels habituels. Les saturations factorielles s’étendent de 0,58 à 0,77.
- Facteur 2 : Régulation des émotions et du stress lié au traitement (Managing Symptoms & Stress) : Intégrant les items 5, 7, 12, 13 et 14. Ce facteur capture la capacité du patient à surmonter les manifestations aversives somatiques et cognitives (contrôle des nausées, calme dans les salles d’attente ou lors des perfusions). Saturations observées entre 0,49 et 0,72.
- Facteur 3 : Participation aux décisions et communication médicale (Medical Interaction & Decision Making) : Comprenant les items 8 et 9. Ce facteur reflète la confiance opérationnelle dans l’interaction technique avec l’équipe soignante (poser des questions ciblées, arbitrer les choix thérapeutiques). Saturations factorielles élevées comprises entre 0,71 et 0,83.
- Facteur 4 : Mobilisation du soutien social et affectif (Seeking Social Support & Affect Sharing) : Associant les items 4, 10 et 11. Ce pôle évalue la compétence à verbaliser son désarroi, à partager ses craintes et à solliciter activement l’aide de l’entourage. Saturations variant de 0,56 à 0,75.
Modélisation confirmatoire (AFC)
Les analyses factorielles confirmatoires menées sur des échantillons indépendants ont comparé un modèle unifactoriel de second ordre à une configuration multifactorielle corrélée. Les indices d’ajustement structurel confirment l’excellente adéquation du modèle à quatre dimensions reliées à un construit d’ordre supérieur :
- Indice de comparabilité (CFI – Comparative Fit Index) > 0,94
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,92
- Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA – Root Mean Square Error of Approximation) ≤ 0,056 (intervalle de confiance à 90 % : 0,042 – 0,068)
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) ≤ 0,048
Ces données confirment la double légitimité méthodologique du CBI-B : l’utilisation d’un score global sommatif ou moyen (reflétant l’auto-efficacité générale face au cancer) et l’exploitation des scores sous-dimensionnels pour un profilage clinique individualisé.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Dénomination officielle : Inventaire des comportements face au cancer – Version abrégée (Cancer Behavior Inventory–Brief Version, CBI-B).
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (patient-reported outcome).
- Population cible : Adultes (18 ans et plus) diagnostiqués avec une pathologie oncologique (toutes localisations anatomiques, du stade localisé au stade métastatique avancé).
- Nombre d’items : 14 items rédigés sous forme d’affirmations comportementales directes.
- Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 9 points allant de :
1 = not at all confident (pas du tout confiant)
à
9 = totally confident (totalement confiant). - Consigne d’administration : Le patient est invité à évaluer avec quelle confiance ou certitude personnelle il se sent actuellement capable de mettre en œuvre chacun des comportements décrits pour faire face à sa maladie et à ses traitements.
- Mode de passation : Auto-administration sur support papier-crayon, tablette numérique ou interface en ligne. Peut également être administré par entretien dirigé en cas de déficience visuelle ou d’asthénie majeure.
- Durée moyenne de complétion : Entre 3 et 5 minutes.
- Cotation et calcul des scores :
- Score total : Obtenu par la somme des 14 items (plage théorique de 14 à 126) ou par le calcul de la moyenne arithmétique globale (somme divisée par 14, échelle de 1 à 9). Aucun item n’est inversé.
- Scores des sous-échelles : Calculés en faisant la moyenne des items constitutifs de chaque facteur, permettant d’identifier les domaines comportementaux où le sentiment d’efficacité personnelle est préservé ou au contraire compromis.
- Interprétation : Des scores plus élevés traduisent une auto-efficacité et un sentiment d’agentivité plus forts. Des scores globaux ou sous-dimensionnels bas alertent sur une fragilité adaptative requérant un soutien psycho-oncologique ciblé.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication de la version abrégée (CBI-B) : 2011 (version initiale CBI v1.0 : 1997 ; version révisée CBI v2.0 : 2001).
- Titulaires des droits d’auteur : Thomas V. Merluzzi, Ph.D., et collaborateurs / John Wiley & Sons, Ltd. (au titre de la publication dans Psycho-Oncology).
- Conditions d’accès et d’utilisation : Le CBI-B est mis à disposition sans frais pour la recherche universitaire, les thèses académiques et la pratique clinique non commerciale.
- Procédure de demande de licence : Il convient d’adresser une notification formelle d’utilisation au Pr. Thomas V. Merluzzi (Département de psychologie, Université de Notre Dame, courriel : [email protected]). Pour toute exploitation commerciale ou intégration dans des essais cliniques industriels sponsorisés, une licence spécifique doit être requise auprès des détenteurs des droits.
- Versions traduites : L’outil a fait l’objet de traductions et de validations transculturelles rigoureuses en de multiples langues (notamment espagnol, italien, chinois, coréen). Toute nouvelle initiative d’adaptation linguistique transfrontalière doit respecter les lignes directrices internationales de traduction-rétrotraduction (back-translation) après accord préalable de l’auteur principal.
12. Références / References
Les fondements théoriques et les données psychométriques du CBI-B reposent sur les publications scientifiques majeures suivantes :
- Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
- Chirico, A., Lucidi, F., Merluzzi, T., Alivernini, F., Laurentiis, M. D., Botti, G., & Giordano, A. (2017). A meta-analytic review of the relationship of cancer coping self-efficacy with distress and quality of life. Oncotarget, 8(22), 36800–36811. https://doi.org/10.18632/oncotarget.15758
- Heitzmann, C. A., Merluzzi, T. V., Jean-Pierre, P., Roscoe, J. A., Kirsh, K. L., & Passik, S. D. (2011). Assessing self-efficacy for coping with cancer: Development and psychometric analysis of the brief version of the Cancer Behavior Inventory (CBI-B). Psycho-Oncology, 20(3), 302–312. https://doi.org/10.1002/pon.1735
- Heitzmann, C. A., Merluzzi, T. V., & Passik, S. D. (2013). Cancer Behavior Inventory–Brief Version. In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for strengths-based assessment and evaluation (pp. 295–297). Springer Publishing Company.
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
- Merluzzi, T. V., & Martinez-Sanchez, M. A. (1997). Assessment of self-efficacy in coping with cancer: Development and validation of the Cancer Behavior Inventory. Health Psychology, 16(1), 1–8. https://doi.org/10.1037/0278-6133.16.1.1
- Merluzzi, T. V., Nairn, R. C., Hegde, K., Martinez Sanchez, M. A., & Dunn, L. (2001). Self-efficacy and coping with cancer: Revision of the Cancer Behavior Inventory (Version 2.0). Psycho-Oncology, 10(3), 206–217. https://doi.org/10.1002/pon.511
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
1 = not at all confident, to 9 = totally confident
- Maintaining independence
- Maintaining a positive attitude
- Maintaining a sense of humor
- Expressing feelings about cancer
- Putting things out of my mind at times
- Maintaining activities (work‚ home‚ hobbies‚ social)
- Trying to be calm throughout treatments and not allowing scary thoughts to upset me
- Actively participating in treatment decisions
- Asking physicians questions
- Seeking social support
- Sharing my worries or concerns with others
- Managing nausea and vomiting (whether or not I have had these problems in the past)
- Coping with physical challenges
- Trying to be calm while waiting at least one hour for my appointment