1. Résumé / Abstract
L’Inventaire des Comportements d’Interaction Sociale (en anglais, Social Interactions Behavior Inventory ou SIBI), développé en 2012 par Winnie Wing Sum Chung à l’Université d’État de l’Ohio, constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer de manière écologique les comportements sociaux réels et observables des enfants et adolescents, en particulier ceux présentant un trouble du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle (auparavant qualifié de syndrome d’Asperger ou autisme de haut niveau). Contrairement aux échelles traditionnelles de compétences sociales qui mesurent des traits globaux ou des habiletés décontextualisées, le SIBI capture la fréquence et la nature des interactions sociales réelles survenues au cours d’une fenêtre temporelle précise (les deux dernières semaines précédant la passation) à travers de multiples contextes de vie : l’école (notamment la récréation), la communauté (activités extrascolaires, visites à domicile) et le foyer familial.
L’instrument se décline en deux versions complémentaires : une version hétéro-évaluée destinée aux parents (Parent Version) comprenant 28 items principaux et des sous-questions dyadiques, et une version auto-évaluée destinée à l’enfant (Child Version ou SIBI-C) comportant 31 items. Les formats de réponse s’appuient principalement sur des échelles de fréquence ordonnées de type Likert en 5 points (allant de « Pas du tout » à « Très souvent » pour les parents, et de « Non » à « Beaucoup » pour les enfants), complétées par des options nominales dichotomes (Oui / Non), des filtres conditionnels explorant la réciprocité amicale, ainsi que des questions ouvertes identifiant les partenaires de jeu et les activités préférentielles. Sur le plan psychométrique, le SIBI présente une cohérence interne satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,91 selon les sous-échelles), une validité convergente robuste avec des mesures établies telles que le Social Skills Improvement System (SSIS) et l’Autism Spectrum Rating Scales (ASRS), ainsi qu’une sensibilité clinique remarquable pour identifier les profils d’isolement social, de jeu solitaire, de victimisation par les pairs et d’engagement social en ligne versus en présentiel.
2. Mots-clés / Keywords
Évaluation des interactions sociales, Autisme de haut niveau, Syndrome d’Asperger, Psychométrie comportementale, Écologie du développement, Relations entre pairs, Récréation scolaire, Réciprocité sociale, Isolement social, SIBI-C, Hétéro-évaluation parentale, Auto-évaluation infantile, Habiletés sociales.
3. Auteurs / Authors
L’Inventaire des Comportements d’Interaction Sociale a été conceptualisé et validé par :
- Winnie Wing Sum Chung, M.A. : Chercheuse en psychologie du développement et psychologie clinique infantile au sein du Département de Psychologie de l’Université d’État de l’Ohio (The Ohio State University, Columbus, OH, États-Unis). Ses travaux de recherche doctoraux et prédoctoraux se sont focalisés sur la caractérisation quantitative des compétences relationnelles et de l’adaptation psychosociale chez les enfants d’âge scolaire présentant des troubles neurodéveloppementaux.
- Supervision académique et collaboration clinique : Les recherches entourant le développement initial du SIBI ont été menées sous la direction de membres du corps professoral du laboratoire de recherche sur le développement de l’enfant et de l’adolescent de l’Ohio State University, en synergie avec des cliniciens spécialisés dans les troubles neurodéveloppementaux affiliés au Nisonger Center (University Center for Excellence in Developmental Disabilities).
4. Objectif / Purpose
L’évaluation des compétences sociales chez les enfants présentant des particularités neurodéveloppementales — singulièrement ceux diagnostiqués avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA) de niveau 1 d’intensité d’aide — est traditionnellement confrontée à un écueil méthodologique majeur : l’écart entre la compétence hypothétique (ce que l’enfant sait théoriquement faire lorsqu’il est interrogé en cabinet ou soumis à un test standardisé en laboratoire) et la performance écologique réelle (la manière dont l’enfant s’engage concrètement avec ses pairs dans les contextes non structurés de la vie quotidienne). L’objectif primordial du Social Interactions Behavior Inventory (SIBI) est de combler cette lacune fondamentale en quantifiant directement les comportements réels manifestés in situ.
Sur le plan clinique, l’inventaire vise plusieurs finalités critiques :
- Cartographie comportementale contextualisée : Les enfants autistes sans déficience intellectuelle peuvent présenter des profils d’interaction très hétérogènes selon le degré de structuration de l’environnement. Le SIBI permet de dissocier les comportements manifestés en contexte scolaire (où les opportunités d’interactions libres se concentrent lors de la récréation), les activités communautaires (clubs, sports, visites amicales à domicile) et les dynamiques relationnelles au sein de la famille.
- Dépistage des risques psychosociaux : L’outil mesure spécifiquement des indices critiques de vulnérabilité, tels que le rejet par les pairs, la victimisation (intimidation/moqueries), le jeu parallèle ou passif (jouer à proximité immédiate des pairs sans interagir) et la solitude non choisie par rapport au désir explicite de nouer des liens d’amitié.
- Évaluation de l’efficacité thérapeutique : De nombreuses interventions ciblent les habiletés sociales (ateliers de compétences sociales, groupes d’entraînement aux habiletés relationnelles). Le SIBI sert de marqueur sensible aux changements longitudinaux en mesurant si les acquis thérapeutiques se transfèrent véritablement vers des interactions spontanées avec les pairs (ex. : augmentation du nombre d’invitations mutuelles, initiatives de communication téléphonique ou par SMS, participation à des jeux collectifs à la récréation).
- Intégration de la perspective de l’enfant : Grâce à sa version jumelée auto-rapportée (SIBI-C), l’instrument accorde une place centrale au vécu subjectif du jeune patient, mesurant son aspiration à avoir plus ou de meilleurs amis, son sentiment de proximité avec autrui et son éventuelle préférence pour les interactions médiatisées par les jeux vidéo en ligne, offrant un éclairage complémentaire sur son bien-être affectif.
5. Construit psychologique / Construct
Le SIBI conceptualise l’interaction sociale non pas comme un trait unitaire stable, mais comme un ensemble dynamique et multidimensionnel de comportements observables répartis en plusieurs domaines fondamentaux de l’écologie sociale de l’enfant. Chaque dimension opérationnalise des facettes distinctes du fonctionnement relationnel :
1. Engagement social en milieu scolaire et récréatif
Cette dimension évalue la capacité de l’enfant à naviguer dans les périodes scolaires non structurées, principalement la cour de récréation. Elle examine si l’enfant prend plaisir à jouer avec ses camarades (Item 1), s’il maîtrise les règles des jeux partagés par ses pairs (Item 3), s’il rejoint activement les activités collectives (Item 5) ou s’il est invité à intégrer une équipe (Item 7). Parallèlement, elle mesure l’isolement relatif, notamment le fait de jouer davantage seul qu’avec les autres (Item 2) ou de demeurer dans un registre de jeu parallèle (« jouer près des autres sans jouer avec eux », présent dans la version enfant).
2. Adversité sociale et victimation par les pairs
Dans la mesure où les enfants neurodivergents présentent une vulnérabilité accrue aux interactions négatives, le SIBI intègre une évaluation directe des comportements d’agression sociale et de harcèlement subis (Item 6 : « D’autres enfants ont intimidé ou taquiné votre enfant »). Cette dimension permet aux cliniciens de discriminer l’isolement social résultant d’un retrait spontané de celui induit par l’évitement protecteur face aux moqueries ou à l’hostilité des pairs.
3. Insertion communautaire et écologie extrascolaire
Ce construit élargit le champ d’observation au-delà des murs de l’école. Il quantifie la participation de l’enfant à des activités formelles collectives (clubs de scouts, équipes sportives, Item 14) et l’émergence d’interactions spontanées de proximité (jeux en plein air dans le quartier, Item 18). Il capture également des comportements marquant un engagement social plus intime et réciproque, tels que les invitations croisées à domicile (Items 15, 16 et 17), qui constituent des marqueurs écologiques déterminants de l’amitié stable durant l’enfance.
4. Réciprocité amicale, communication dyadique et médiation numérique
La présence d’un lien d’amitié préférentiel est explorée de manière approfondie à travers l’identification concrète du prénom de l’ami, complétée par une sous-section dyadique évaluant la fréquence des contacts initiés et reçus (appels téléphoniques, SMS) et les visites réciproques. Au-delà des contacts physiques, le construit aborde la conversation bidirectionnelle : la capacité à échanger sur des intérêts communs partagés (Item 27) versus la flexibilité cognitive et sociale requise pour converser sur un sujet qui n’intéresse que le pair (Item 28). De plus, l’inventaire évalue la propension émergente à privilégier la communication dans les environnements virtuels ou les jeux vidéo en ligne par rapport aux interactions en face-à-face à l’école (Item 10).
5. Relations intrafamiliales et régulation des conflits
Le comportement au sein du foyer sert de point de référence pour contraster les interactions avec les pairs et celles entretenues avec les figures d’attachement et la fratrie. Cette dimension mesure l’initiative de jeu partagé en famille (Items 21 et 22), l’exclusivité du jeu solitaire à domicile (Items 24 et 25), ainsi que la survenue de conflits interpersonnels et la capacité d’autorégulation manifestée pour résoudre les désaccords (Item 26).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement conceptuel du SIBI s’articule à l’intersection de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie du développement, de la psychopathologie neurodéveloppementale et de la sociométrie :
La théorie bioécologique de Bronfenbrenner
L’architecture du SIBI est directement imprégnée du modèle écologique du développement humain théorisé par Urie Bronfenbrenner (1979). Selon cette perspective, le comportement d’un individu ne peut être compris isolément de ses microsystèmes quotidiens (la classe/cour de récréation, le quartier, le domicile familial) et de leurs interconnexions (le mésosystème). En contextualisant explicitement chaque comportement dans son environnement naturel (« À l’école », « Dans la communauté », « À la maison »), le SIBI operationalise l’évaluation écologique préconisée par Bronfenbrenner, reconnaissant que les compétences sociales d’un enfant avec autisme sont hautement sensibles aux affordances et aux contraintes spécifiques de chaque cadre de vie.
Le modèle de traitement de l’information sociale (Crick & Dodge)
Le cadre théorique du traitement de l’information sociale développé par Nicki R. Crick et Kenneth A. Dodge (1994) postule que la compétence relationnelle repose sur une séquence d’étapes cognitives et comportementales : encodage des indices sociaux, interprétation des intentions d’autrui, clarification des buts, génération de réponses, prise de décision et enactment comportemental. Les items du SIBI portant sur la participation aux jeux collectifs, la résolution de conflits (Item 26) et la réaction face aux taquineries mesurent directement la traduction comportementale finale de ce traitement sociocognitif en situation réelle de groupe.
Théories de l’esprit, empathie et réciprocité sociale dans l’autisme
Sur le plan neuropsychologique, les travaux de Simon Baron-Cohen (1995) et d’Uta Frith (2001) sur la théorie de l’esprit (Theory of Mind) et le déficit de réciprocité socio-émotionnelle éclairent la conception de plusieurs items originaux du SIBI. L’Item 28, en particulier (« Votre enfant a eu une conversation avec un ami sur des choses qui n’intéressaient pas votre enfant, parce que l’ami s’y intéressait »), représente une opérationnalisation directe de la décentration cognitive et du compromis conversationnel, compétences réputées particulièrement déficitaires chez les individus présentant un syndrome d’Asperger, lesquels ont tendance à monopoliser les interactions autour de leurs centres d’intérêt spécifiques restreints.
Sociométrie et développement de l’amitié chez l’enfant
Enfin, l’inventaire s’appuie sur la littérature sociométrique classique relative aux relations d’amitié entre pairs (notamment les modèles de Kenneth H. Rubin, William M. Bukowski et Jeffrey G. Parker, 2006). Cette tradition met en exergue qu’avoir un « ami réciproque » constitue un puissant facteur de protection contre la détresse psychologique. Le SIBI intègre cette distinction cruciale entre la popularité globale au sein du groupe et la présence d’une amitié dyadique réciproque, intime et stabilisée dans le temps.
7. Validité / Validity
Les propriétés psychométriques de validité du SIBI ont été rigoureusement analysées lors des études empiriques initiales conduites par Chung (2012) auprès d’échantillons d’enfants d’âge scolaire avec et sans diagnostic d’autisme de haut niveau / syndrome d’Asperger :
Validité de contenu
La validité de contenu a été établie par une revue exhaustive de la littérature sur les dysfonctionnements sociaux dans le spectre de l’autisme et par la consultation d’un panel d’experts en psychopathologie développementale et d’éducateurs spécialisés. Les items ont été spécifiquement rédigés pour éviter les jugements d’attributs subjectifs et vagues (ex. : « mon enfant est sociable ») au profit d’actes comportementaux objectivement vérifiables survenus dans un intervalle temporel délimité (deux semaines), minimisant ainsi les biais rétrospectifs de rappel mémoriel.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives entre les scores globaux d’engagement social du SIBI et les échelles de référence validées :
- Une corrélation positive forte ($r = 0,65$ à $0,74$, $p < 0,001$) a été observée avec l’échelle de compétences sociales du Social Skills Improvement System Rating Scales (SSIS-RS ; Gresham & Elliott, 2008), attestant que les scores élevés au SIBI reflètent fidèlement une bonne adaptation prosociale.
- Une corrélation négative modérée à forte ($r = -0,52$ à $-0,68$, $p < 0,01$) a été mise en évidence avec les sous-échelles de retrait social et de comportements atypiques du Behavior Assessment System for Children (BASC-2).
- Les scores mesurant le jeu solitaire et le repli du SIBI corrélaient positivement avec les indices d’altération de la communication sociale mesurés par l’Autism Spectrum Rating Scales (ASRS ; Goldstein & Naglieri, 2009).
Validité discriminante et différentielle
Le SIBI a démontré une excellente capacité à discriminer le groupe d’enfants avec autisme de haut niveau du groupe contrôle d’enfants au développement typique appariés selon l’âge et le quotient intellectuel non verbal. Les enfants autistes présentaient des scores significativement inférieurs sur les dimensions de jeu partagé à la récréation ($t(58) = -5,42$, $p < 0,001$, $d$ de Cohen > $1,20$), d’invitations au domicile de pairs et de réciprocité conversationnelle (Item 28), tout en affichant des scores significativement plus élevés en matière de jeu solitaire et de victimisation par les pairs.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité psychométrique du SIBI et du SIBI-C documente une consistance et une stabilité de mesure solides à travers différents paramètres statistiques :
Cohérence interne
La cohérence interne a été examinée au moyen du coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) :
- Score total de la version parentale : $lpha = 0,88$, indiquant une excellente homogénéité globale des items mesurant les interactions positives.
- Sous-échelles de la version parentale : Le coefficient alpha varie entre $0,79$ et $0,86$ pour le domaine des interactions scolaires, entre $0,74$ et $0,82$ pour le domaine communautaire, et s’établit à $0,71$ pour le domaine des relations familiales.
- Version auto-évaluée enfant (SIBI-C) : Le score composite d’engagement social présente un $lpha = 0,83$, démontrant que les enfants dès l’âge de 8 à 9 ans peuvent rapporter leurs comportements avec une fiabilité psychométrique tout à fait satisfaisante.
Fidélité test-retest
Dans un sous-échantillon réévalué à un intervalle de deux semaines sans modification thérapeutique, la fidélité test-retest mesurée par le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) s’est avérée élevée pour la version parentale ($CCI = 0,84$, intervalle de confiance à 95% : $[0,73 ; 0,91]$), attestant d’une bonne stabilité temporelle tout en restant sensible aux variations événementielles réelles.
Concordance inter-informateurs (Parent – Enfant)
La concordance entre les évaluations des parents et les auto-évaluations des enfants sur les items homologues (ex. : récréation, invitations amicales) a révélé des corrélations modérées à substantielles ($r = 0,48$ à $0,62$, $p < 0,01$). Cette convergence modérée est classique en psychopathologie développementale ; elle confirme que l’enfant et le parent apportent des perspectives complémentaires et non redondantes, l’enfant ayant un accès privilégié à son vécu interne à l’école et le parent observant plus précisément la logistique des contacts extrascolaires.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Lors des analyses psychométriques initiales (Chung, 2012), une analyse factorielle exploratoire (AFE) utilisant une extraction en composantes principales avec rotation oblique (Promax) a été menée sur les items continus de la version parentale, suivie d’une vérification de l’adéquation structurelle :
Structure factorielle de la version parentale
Les critères de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du diagramme de Cattell (scree plot) ont mis en évidence une organisation multidimensionnelle claire articulée autour de 4 facteurs majeurs expliquant plus de 54 % de la variance totale du construit :
- Facteur 1 : Engagement paritaire et sociabilité scolaire (Valeur propre $lambda = 6,85$ ; $24,5%$ de la variance). Ce facteur regroupe les items relatifs au plaisir partagé à l’école, à l’intégration dans les jeux de groupe, à la sélection dans les équipes et au maintien d’amitiés scolaires (Items 1, 3, 4, 5, 7, 8, 9). Les saturations factorielles de ces items s’échelonnent de $0,58$ à $0,81$.
- Facteur 2 : Interactions dyadiques extrascolaires et réciprocité (Valeur propre $lambda = 3,42$ ; $12,2%$ de la variance). Il s’articule autour des invitations à domicile, des sorties de jeu extérieures et des communications directes avec un ami privilégié (Items 15, 16, 17, 18, 19, 27, 28). Les saturations oscillent entre $0,52$ et $0,77$.
- Facteur 3 : Retrait social et jeu solitaire (Valeur propre $lambda = 2,74$ ; $9,8%$ de la variance). Ce facteur bipolaire comprend le jeu solitaire à l’école, le jeu exclusif en solo à la maison et l’évitement des pairs (Items 2, 24, 25), avec des saturations factorielles positives variant de $0,61$ à $0,79$.
- Facteur 4 : Climat et interactions intrafamiliales (Valeur propre $lambda = 2,15$ ; $7,7%$ de la variance). Il englobe le jeu et les sollicitations ludiques au sein de la famille ainsi que la conflictualité domestique (Items 21, 22, 23), saturant entre $0,48$ et $0,73$.
Modélisation confirmatoire (AFC)
Des analyses factorielles confirmatoires conduites sur les échantillons subséquents ont corroboré ce modèle quadridimensionnel par rapport à un modèle unifactoriel global. Les indices d’ajustement structurel indiquent une adéquation satisfaisante aux données empiriques : un indice de Tucker-Lewis ($TLI = 0,91$), un indice comparatif de Bentler ($CFI = 0,92$) et une racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation acceptable ($RMSEA = 0,058$, IC à 90% $[0,047 ; 0,069]$).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Batterie combinant un questionnaire hétéro-rapporté par les parents (Parent Version) et une échelle auto-rapportée par l’enfant/adolescent (Child Version – SIBI-C).
- Population cible : Enfants et adolescents d’âge scolaire (généralement de 7 à 16 ans), spécifiquement adaptée aux jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme de niveau 1 (autisme sans déficience intellectuelle / syndrome d’Asperger) ou des difficultés d’adaptation sociale.
- Fenêtre temporelle d’évaluation : Les comportements sont rapportés sur les deux dernières semaines précédant l’évaluation (In the past two weeks), garantissant un ancrage écologique récent.
- Nombre d’items :
- Version Parent : 28 items numérotés principaux + 4 sous-items dyadiques conditionnels (a, b, c, d), incluant des questions ouvertes de spécification nominative et qualitative.
- Version Enfant (SIBI-C) : 31 items numérotés principaux + 4 sous-items conditionnels dyadiques (a, b, c, d), avec des zones de réponse textuelle libre.
- Formats d’échelle et cotation :
- Échelle de fréquence ordonnée standard (Parent) : Échelle en 5 points avec option d’abstention :
Not at all(0),Seldom(1),Sometimes(2),Often(3),Very often(4), etDon’t know(non coté / valeur manquante). - Échelle de fréquence simplifiée (Enfant) : Échelle ordonnée en 5 points adaptée aux enfants :
No(0),Not really(1),Sometimes(2),Often(3),A lot(4). - Items nominaux / binaires : Questions dichotomiques (
Yes / No), notamment pour l’accès aux réseaux sociaux (Item 12), la survenue de conflits (Item 26 parent, Item 29 enfant). - Échelle d’efficacité de résolution de conflit : Échelle ordonnée en 5 points :
Not at all,Not really successful,Neutral,Somewhat successful,Very successful. - Échelle d’assiduité extrascolaire : Modalités spécifiques :
Not at all,Attended A Few Meetings/Practices,Attended Some Meetings/Practices,Attended Most Meetings/Practices,Attended Almost All Meetings/Practices. - Modalités techniques spécifiques : Options d’exclusion contextuelle :
Does Not Play Online GamesouNot Allowed/No Phone.
- Échelle de fréquence ordonnée standard (Parent) : Échelle en 5 points avec option d’abstention :
- Temps moyen de passation : Environ 10 à 15 minutes pour le parent ; 15 à 20 minutes pour l’enfant (une assistance à la lecture par le praticien peut être requise selon l’âge et la fluidité verbale).
- Cotation et interprétation : Des sous-scores composites sont calculés pour chaque domaine contextuel (École, Communauté, Foyer, Réciprocité amicale). Les items inversés reflétant le repli ou l’agression (ex. : Items 2, 6, 24) font l’objet d’un recodage ou sont analysés séparément comme indices spécifiques d’isolement et de victimation.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 2012.
- Statut des droits d’auteur : Winnie Wing Sum Chung et The Ohio State University. L’instrument a été développé dans le cadre de travaux académiques universitaires (thèse de Master of Arts).
- Accessibilité et tarification : L’instrument a été diffusé à des fins de recherche académique et clinique sous format ouvert via le dépôt institutionnel OhioLINK Electronic Theses and Dissertations Center (ETD). Son utilisation est généralement gratuite pour les chercheurs, praticiens et étudiants dans le cadre d’études scientifiques sans but commercial ou d’évaluations cliniques universitaires.
- Conditions d’utilisation : Les cliniciens et chercheurs souhaitant administrer le SIBI ou le SIBI-C sont tenus de citer explicitement la source originale (Chung, 2012) et de ne pas altérer la formulation des items afin de préserver les propriétés psychométriques de l’outil. Toute utilisation commerciale ou intégration dans une plateforme logicielle payante requiert l’autorisation formelle préalable de l’auteure.
12. Références / References
Les publications et ouvrages de référence fondant la théorie, la conception et l’évaluation psychométrique du SIBI sont les suivants :
- Baron-Cohen, S. (1995). Mindblindness: An essay on autism and theory of mind. MIT Press. https://doi.org/10.7551/mitpress/4635.001.0001
- Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development: Experiments by nature and design. Harvard University Press.
- Chung, W. W. S. (2012). Development of the Social Interactions Behavior Inventory (SIBI) for Children with High-Functioning Autism/Asperger’s Syndrome [Master’s thesis, The Ohio State University]. OhioLINK Electronic Theses and Dissertations Center. http://rave.ohiolink.edu/etdc/view?acc_num=osu1339177398
- Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74–101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
- Frith, U. (2001). Mind blindness and the brain in autism. Neuron, 32(6), 969–979. https://doi.org/10.1016/S0896-6273(01)00552-9
- Goldstein, S., & Naglieri, J. A. (2009). Autism Spectrum Rating Scales (ASRS): Technical manual. Multi-Health Systems.
- Gresham, F. M., & Elliott, S. N. (2008). Social Skills Improvement System: Rating scales manual. Pearson Assessments.
- Rubin, K. H., Bukowski, W. M., & Parker, J. G. (2006). Peer interactions, relationships, and groups. In N. Eisenberg, W. Damon, & R. M. Lerner (Eds.), Handbook of child psychology: Social, emotional, and personality development (6th ed., Vol. 3, pp. 571–645). John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/9780470147658.chpsy0310