1. Résumé / Abstract
L’Inventaire des attitudes envers le genre (Gender Attitude Inventory, GAI), développé par Richard D. Ashmore, Frances K. Del Boca et S. M. Bilder en 1995, constitue un instrument psychométrique multidimensionnel conçu pour évaluer de manière exhaustive l’éventail des croyances, des valeurs et des orientations idéologiques relatives aux rôles de genre, aux relations entre les sexes et à l’organisation sociopolitique des rapports de pouvoir. Contrairement aux échelles unidimensionnelles traditionnelles qui réduisaient les attitudes de genre à un continuum simpliste allant du traditionalisme au féminisme libéral, le GAI opérationnalise la complexité de l’idéologie de genre à travers 109 items regroupés en 14 sous-échelles de premier ordre et 3 domaines de second ordre : les stéréotypes de genre (Stereotypes), les relations sexuelles et affectives (Sexual Relationships) et l’organisation sociétale (Societal Organization).
Les quatorze sous-échelles capturent des construits hautement différenciés, incluant l’adhésion à la supériorité féminine, l’acceptation des stéréotypes traditionnels, la condamnation de l’homosexualité, la désapprobation de l’initiative sexuelle féminine, la désapprobation de la sexualité occasionnelle chez la femme, l’adhésion à la chevalerie, l’acceptation de la violence hétérosexuelle masculine, l’adhésion aux rôles familiaux traditionnels, la croyance en la division différentielle du travail, le rejet du leadership politique féminin, l’opposition aux droits des femmes, l’adhésion à l’action individuelle, l’opposition aux services de garde subventionnés et l’opposition à l’avortement. Les participants répondent à l’aide d’une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (fortement d’accord / strongly agree) à 7 (fortement en désaccord / strongly disagree). Les analyses psychométriques démontrent une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach variant généralement de 0,65 à 0,96 selon les sous-échelles et le genre des participants, ainsi qu’une validité de construit remarquable confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires.
2. Mots-clés / Keywords
Attitudes de genre, stéréotypes de genre, sexisme, psychométrie, rôles de genre, relations entre les sexes, leadership féminin, attitudes sociopolitiques, validation d’échelle, idéologie de genre.
3. Auteurs / Authors
L’Inventaire des attitudes envers le genre a été conceptualisé et validé par une équipe de chercheurs de premier plan en psychologie sociale :
- Richard D. Ashmore, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université Rutgers (Rutgers, The State University of New Jersey, New Brunswick, NJ, États-Unis). Spécialiste reconnu de l’identité sociale, de la cognition sociale et de la psychologie des relations intergroupes et de genre.
- Frances K. Del Boca, Ph.D. : Chercheuse et professeure affiliée à l’Université Rutgers et au National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism. Ses travaux portent sur les représentations cognitives du genre, les stéréotypes implicites et explicites, et les méthodologies quantitatives appliquées à la psychologie sociale.
- S. M. Bilder, Ph.D. : Chercheuse associée au Département de psychologie de l’Université Rutgers, ayant contribué de façon déterminante aux analyses psychométriques et à la standardisation de l’inventaire.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Gender Attitude Inventory (GAI) est de combler les lacunes théoriques et méthodologiques des instruments d’évaluation développés durant les années 1970, notamment l’échelle Attitudes Toward Women Scale (AWS) de Spence et Helmreich. Bien que pionnières, ces premières échelles postulaient une dimensionnalité bipolaire unique opposant un pôle conservateur/traditionnel à un pôle libéral/égalitaire. Or, les recherches en psychologie sociale ont démontré que les individus peuvent simultanément soutenir l’égalité professionnelle des femmes tout en conservant des attentes strictement traditionnelles en matière de dynamique conjugale, de sexualité ou d’obligations familiales.
Le GAI a donc été conçu pour capturer la nature multidimensionnelle, fragmentée et parfois contradictoire des systèmes de croyances contemporains sur le genre. Il répond à un double impératif académique et appliqué :
- Dans la recherche fondamentale : Permettre une modélisation fine des attitudes sexistes, en distinguant l’hostilité manifeste, les mythes liés au viol, la chevalerie bienveillante et les orientations idéologiques relatives à la politique publique (comme le financement public des garderies ou l’accès à l’interruption volontaire de grossesse).
- Dans la recherche appliquée et organisationnelle : Évaluer les obstacles attitudinaux à l’accession des femmes aux postes de direction politique et d’entreprise, diagnostiquer les climats sexistes au sein des organisations et examiner l’efficacité des programmes de sensibilisation à la diversité et à l’inclusion.
- Dans le contexte clinique et médico-légal : Servir d’outil d’investigation pour explorer les schémas cognitifs sous-tendant la violence conjugale, l’adhésion aux mythes entourant les agressions sexuelles et la tolérance envers les comportements coercitifs dans les relations de couple.
5. Construit psychologique / Construct
Le GAI appréhende l’attitude envers le genre comme un construit multidimensionnel structuré autour de 14 facettes opérationnelles, reflétant à la fois les attitudes interpersonnelles, les représentations normatives et les croyances institutionnelles :
1. Adhésion à la supériorité féminine (Endorsement of female superiority)
Cette dimension mesure la tendance à percevoir les femmes comme étant moralement, affectivement ou humainement supérieures aux hommes (ex. l’idée que les femmes sont une force créatrice et les hommes une force destructrice). Elle capture une forme d’idéologie différentialiste attribuant une pureté morale intrinsèque au groupe féminin.
2. Acceptation des stéréotypes traditionnels (Acceptance of traditional stereotypes)
Elle évalue le degré auquel un individu adhère aux représentations descriptives et prescriptives conventionnelles associant la compétitivité, l’indépendance et l’arrogance aux hommes, et la douceur, la vulnérabilité et l’abnégation aux femmes.
3. Condamnation de l’homosexualité (Condemnation of homosexuality)
Cette sous-échelle quantifie l’homophobie et l’hétéronormativité, mesurant le rejet moral, légal et social des relations homosexuelles masculines et lesbiennes comme déviations des normes hétérosexuelles traditionnelles.
4. Désapprobation de l’initiative sexuelle féminine (Disapproval of female sexual initiative)
Elle examine l’attachement aux scripts sexuels traditionnels stipulant que l’homme doit initier le contact amoureux et la sexualité, tandis que la femme doit adopter une posture de passivité et de réceptivité.
5. Désapprobation de la sexualité occasionnelle chez la femme (Disapproval of female casual sex)
Cette composante évalue le double standard sexuel pénalisant les femmes qui s’engagent dans des relations sexuelles sans engagement affectif ou en dehors d’une relation amoureuse formelle.
6. Adhésion à la chevalerie (Endorsement of chivalry)
Mesurant l’adhésion aux normes de politesse et de protection masculine (portes ouvertes, protection physique, évacuation prioritaire), cette sous-échelle préfigure le concept de sexisme bienveillant défini par Glick et Fiske (1996).
7. Acceptation de la violence hétérosexuelle masculine (Acceptance of male heterosexual violence)
Elle mesure la tolérance à l’égard des violences conjugales et l’adhésion aux mythes du viol (blâmer la victime, présumer une provocation par la tenue ou le comportement, banaliser la coercition masculine).
8. Adhésion aux rôles familiaux traditionnels (Endorsement of family roles)
Cette dimension examine la conviction que la sphère domestique et l’éducation des enfants incombent prioritairement à la femme, tandis que l’homme doit assumer le rôle de pourvoyeur financier et de décideur principal.
9. Croyance en la division différentielle du travail (Belief in differential work roles)
Elle évalue la croyance selon laquelle certains métiers devraient être fermés ou réservés préférentiellement aux hommes en raison de prérequis physiques ou d’aptitudes intrinsèques présumées.
10. Rejet du leadership politique féminin (Rejection of female political leadership)
Cette sous-échelle cible la réticence à voir des femmes accéder aux plus hautes fonctions politiques (présidence, gouvernement) en invoquant des stéréotypes d’instabilité émotionnelle.
11. Opposition aux droits des femmes (Opposition to women’s rights)
Elle mesure l’hostilité envers le mouvement de libération des femmes, le scepticisme envers l’Equal Rights Amendment et la négation des discriminations systémiques subies par les femmes.
12. Adhésion à l’action individuelle (Endorsement of individual action)
Cette dimension capture l’idéologie méritocratique libérale affirmant que les femmes doivent surmonter les obstacles par leurs seuls efforts personnels, rejetant ainsi les actions collectives ou les réformes structurelles.
13. Opposition aux services de garde subventionnés (Opposition to funded day care)
Elle quantifie la résistance politique et financière envers la prise en charge publique des garderies pour les mères qui travaillent.
14. Opposition à l’avortement (Opposition to abortion)
Cette composante évalue le conservatisme moral et juridique limitant l’autonomie reproductive des femmes et assimilant l’avortement à un crime.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique du GAI s’inscrit au confluent de la théorie des rôles sociaux d’Alice Eagly (1987) et des modèles de cognition sociale développés par Ashmore et Del Boca (1981, 1986). Selon ces perspectives, le genre n’est pas simplement une variable biologique ou démographique, mais un système symbolique et sociostructurel fondamental qui organise les interactions humaines, la répartition des ressources et l’auto-définition psychologique.
Ashmore et Del Boca articulent leur instrument autour de la distinction cruciale entre les croyances descriptives (ce que les hommes et les femmes sont censés être) et les croyances prescriptives (ce que les hommes et les femmes doivent être ou faire). Les attitudes envers le genre sont conçues comme des structures de schémas cognitifs interconnectés mais distincts. Un individu peut parfaitement intégrer un changement normatif dans un domaine (par exemple, accepter qu’une femme travaille en dehors du foyer) tout en maintenant des schémas profondément conservateurs dans d’autres sphères (par exemple, exiger la primauté décisionnelle de l’époux ou adhérer aux mythes minimisant la gravité du viol).
Ce modèle théorique a également anticipé la théorie du sexisme ambivalent (Glick & Fiske, 1996). En intégrant des sous-échelles consacrées à la chevalerie et à la supériorité morale des femmes, Ashmore et ses collaborateurs ont démontré que les attitudes envers les femmes ne se résument pas à une antipathie ouverte (sexisme hostile), mais incluent des sentiments protecteurs condescendants qui renforcent indirectement la subordination des femmes en les cantonnant à des rôles de dépendance.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques du GAI ont été documentées à travers plusieurs échantillons d’étudiants universitaires et d’adultes au cours de programmes de validation rigoureux menés par Ashmore, Del Boca et Bilder (1995) :
- Validité de construit : L’indépendance relative des 14 facteurs démontre que l’attitude envers le genre ne peut être réduite à un score global unitaire sans une perte substantielle d’information clinique et théorique. Les corrélations inter-échelles modérées à fortes soutiennent la présence de sous-domaines distincts.
- Validité convergente : Les sous-échelles du GAI présentent de fortes corrélations positives avec des instruments établis, tels que l’échelle des rôles sexuels traditionnels (Traditional Sex Role Scale) et les versions abrégées de l’Attitudes Toward Women Scale (AWS). Par exemple, la sous-échelle d’opposition aux droits des femmes et celle de l’adhésion aux rôles familiaux corrèlent fortement (r > 0,60) avec les scores de conservatisme de l’AWS.
- Validité discriminante : Le GAI se distingue clairement des mesures de conservatisme politique général ou d’autoritarisme de droite (RWA). Bien que corrélé avec ces orientations, le GAI explique une variance incrémentielle significative lors de la prédiction des jugements portés sur des candidates politiques ou des victimes d’agression sexuelle.
- Validité différentielle selon le genre : Les hommes obtiennent systématiquement des scores significativement plus élevés que les femmes sur l’acceptation de la violence hétérosexuelle masculine, le rejet du leadership politique féminin et la désapprobation de l’initiative sexuelle des femmes, validant la sensibilité de l’instrument aux asymétries de genre dans l’adhésion au statu quo patriarcal.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du GAI a été évaluée au moyen du coefficient de cohérence interne alpha de Cronbach, calculé séparément pour les hommes et les femmes lors de l’étude princeps de standardisation :
- Adhésion à la supériorité féminine : α = 0,74 (hommes) ; α = 0,79 (femmes)
- Acceptation des stéréotypes traditionnels : α = 0,86 (hommes) ; α = 0,83 (femmes)
- Condamnation de l’homosexualité : α = 0,90 (hommes) ; α = 0,91 (femmes)
- Désapprobation de l’initiative sexuelle féminine : α = 0,74 (hommes) ; α = 0,79 (femmes)
- Désapprobation de la sexualité occasionnelle chez la femme : α = 0,79 (hommes) ; α = 0,81 (femmes)
- Adhésion à la chevalerie : α = 0,84 (hommes) ; α = 0,57 (femmes)
- Acceptation de la violence hétérosexuelle masculine : α = 0,96 (hommes) ; α = 0,79 (femmes)
- Adhésion aux rôles familiaux : α = 0,89 (hommes) ; α = 0,76 (femmes)
- Croyance en la division différentielle du travail : α = 0,87 (hommes) ; α = 0,84 (femmes)
- Rejet du leadership politique féminin : α = 0,94 (hommes) ; α = 0,66 (femmes)
- Opposition aux droits des femmes : α = 0,78 (hommes) ; α = 0,84 (femmes)
- Adhésion à l’action individuelle : α = 0,74 (hommes) ; α = 0,65 (femmes)
- Opposition aux services de garde subventionnés : α = 0,80 (hommes) ; α = 0,79 (femmes)
- Opposition à l’avortement : α = 0,83 (hommes) ; α = 0,79 (femmes)
Au niveau des macro-domaines composites, la fiabilité s’avère particulièrement élevée : le domaine des Stéréotypes (16 items) affiche un alpha de 0,88 pour les hommes et 0,89 pour les femmes ; le domaine des Relations sexuelles (14 items) atteint 0,81 (hommes) et 0,86 (femmes) ; enfin, le domaine de l’Organisation sociétale (37 items) présente un alpha exceptionnel de 0,95 chez les hommes et 0,90 chez les femmes. La fidélité test-retest sur un intervalle de quatre semaines s’est révélée stable (coefficients oscillant entre 0,75 et 0,88 selon les sous-échelles).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement structurel du GAI a reposé sur une démarche combinant analyses factorielles exploratoires (AFE) par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax), suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) pour tester la robustesse des modèles de mesure hiérarchiques.
Les analyses factorielles exploratoires initiales ont confirmé que la variance totale des 109 items ne pouvait être expliquée par un facteur général dominant (g-factor). Au contraire, une solution à 14 facteurs de premier ordre correspondait fidèlement aux dimensions théoriques postulées a priori, chaque item présentant des saturations primaires substantielles (> 0,40) sur son facteur de rattachement et de faibles saturations croisées (< 0,25) sur les autres facteurs.
Une analyse factorielle de second ordre sur les corrélations inter-factorielles des 14 dimensions a mis en évidence trois méta-facteurs stables :
- Domaine des stéréotypes (Stereotypes) : Regroupant l’acceptation des stéréotypes traditionnels et l’adhésion à la supériorité féminine.
- Domaine des relations sexuelles et affectives (Sexual Relationships) : Combinant la désapprobation de l’initiative sexuelle féminine, le rejet de la sexualité occasionnelle et la condamnation de l’homosexualité.
- Domaine de l’organisation sociétale (Societal Organization) : Englobant la division du travail, les rôles familiaux, le leadership politique, les droits des femmes, l’action individuelle, la politique des garderies, l’avortement, la violence masculine et la chevalerie.
Les indices d’ajustement confirmatoire obtenus lors des validations croisées ont appuyé la validité structurale de ce modèle hiérarchique (CFI > 0,90, RMSEA < 0,06), confirmant que le GAI peut être utilisé aussi bien au niveau analytique fin (14 sous-échelles) qu’au niveau synthétique (3 domaines majeurs).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom de l’instrument : Inventaire des attitudes envers le genre (Gender Attitude Inventory – GAI).
- Type de passation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou informatisé).
- Nombre total d’items : 109 items.
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points : de 1 (fortement d’accord / strongly agree) à 7 (fortement en désaccord / strongly disagree).
- Cotation et inversion : Les items marqués d’un astérisque (*) dans le protocole original correspondent aux énoncés formulés dans le sens de la dimension mesurée. Pour obtenir des scores où une valeur élevée reflète une plus forte adhésion à l’attitude ciblée par la sous-échelle, les items non marqués (ou inversés selon le sens théorique de l’énoncé) doivent être recodés numériquement (score recodé = 8 – score brut).
- Calcul des scores : Un score moyen ou un score sommatif peut être calculé indépendamment pour chacune des 14 sous-échelles, ou pour les 3 macro-domaines composites. Il n’est pas recommandé de calculer un score global total unique sans distinction des sous-dimensions.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1995 (avec des travaux préparatoires circulant sous forme de manuscrits depuis 1987).
- Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs (Richard D. Ashmore, Frances K. Del Boca, S. M. Bilder) et de la revue Sex Roles (Springer Science+Business Media).
- Conditions d’utilisation et tarifs : L’inventaire est accessible sans frais pour la recherche académique, scientifique et non commerciale. Les chercheurs souhaitant administrer l’instrument dans leurs études sont autorisés à reproduire les items en citant rigoureusement la publication originale de référence. Toute utilisation à visée lucrative, commerciale ou en cabinet de conseil nécessite l’autorisation formelle préalable des détenteurs des droits.
12. Références / References
Voici les références scientifiques fondamentales relatives à la conception, à la structure théorique et à la validation du Gender Attitude Inventory :
- Ashmore, R. D. (1990). Sex, gender, and the individual. In L. A. Pervin (Ed.), Handbook of personality: Theory and research (pp. 486–526). Guilford Press.
- Ashmore, R. D., & Del Boca, F. K. (1981). Conceptual approaches to stereotypes and stereotyping. In D. L. Hamilton (Ed.), Cognitive processes in stereotyping and intergroup behavior (pp. 1–35). Lawrence Erlbaum Associates.
- Ashmore, R. D., & Del Boca, F. K. (1986). Toward a social psychology of female-male relations. In R. D. Ashmore & F. K. Del Boca (Eds.), The social psychology of female-male relations: A critical analysis of central concepts (pp. 1–18). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-065280-8.50005-2
- Ashmore, R. D., & Del Boca, F. K. (1987). The development and validation of a structured inventory to assess the multiple components of gender-related verbal attitudes: A progress report (Unpublished manuscript). Rutgers University, New Brunswick, NJ.
- Ashmore, R. D., Del Boca, F. K., & Bilder, S. M. (1995). Construction and validation of the Gender Attitude Inventory, a structured inventory to assess multiple dimensions of gender attitudes. Sex Roles, 32(11–12), 753–785. https://doi.org/10.1007/BF01560187
- Ashmore, R. D., Del Boca, F. K., & Wohlers, A. J. (1986). Gender stereotypes. In R. D. Ashmore & F. K. Del Boca (Eds.), The social psychology of female-male relations: A critical analysis of central concepts (pp. 69–119). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-065280-8.50008-8
- Eagly, A. H. (1987). Sex differences in social behavior: A social-role interpretation. Lawrence Erlbaum Associates.
- Glick, P., & Fiske, S. T. (1996). An ambivalent alliance: Hostile and benevolent sexism as mutually reinforcing ideologies. Journal of Personality and Social Psychology, 70(3), 491–512. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.3.491
- Spence, J. T., & Helmreich, R. (1972). The Attitudes toward Women Scale: An objective instrument to measure attitudes toward the rights and roles of women in contemporary society. JSAS Catalog of Selected Documents in Psychology, 2, 66.